Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)
Affichage des articles dont le libellé est Musulmans. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Musulmans. Afficher tous les articles

dimanche 26 juillet 2026

Le studio Léon & Lévy (1864-1917)

Éditeur-photographe et imprimeur, deuxième « plus important éditeur de cartes postales en France », le studio Léon & Lévy a créé un patrimoine photographique qui accompagne l'expansion coloniale de la France sous le Second Empire et la IIIe République en proposant une vision d'un Orient exotique.

En un demi-siècle d'activité, le studio Léon & Lévy (1864-1917) a constitué un patrimoine documentaire et artistique varié sur le monde, notamment l'Orient.

Moyse Léon (1812- ?)  est le beau-père d'Isaac, dit Georges Lévy (1833-1913).

« Moyse Léon et Isaac dit Georges Lévy débutent comme assistants au sein du studio photographique parisien Ferrier-Soulier sous le Second Empire ». 

« Ils fondent leur propre studio dès 1864 et vendent des tirages sur papier albuminé, principalement des vues stéréoscopiques, sous la signature Léon et Lévy « L. L. ». 

« La firme Léon & Lévy participe à l’Exposition Universelle de 1867 où elle remporte la Grande médaille d’or de l’Empereur. En 1874, le studio Léon et Lévy devient J. Lévy et Cie, Isaac Georges Levy étant seul directeur de la société à partir de cette date. A l’arrivée des deux fils de Georges Lévy en 1895, Ernest et Lucien, la société prend de l’ampleur et devient Lévy & fils, les œuvres conservent de fait la signature « L. L. ». 

« Cette firme photographique a une activité intense, éditant des tirages vendus à l’unité́, des albums compilant des photographies de voyages ainsi que des cartes postales, le tout entre 1864 et 1917, date à laquelle ils cessent leurs activités ». 

En 1922, la société fusionne avec les studios Neurdein "lors de leur rachat par l'imprimeur Émile Crété" et sa dénomination est dorénavant « Lévy et Neurdein réunis ».

« La collection Léon et Lévy a été rachetée en 1970 par l’Agence Roger-Viollet. » 

« Aujourd’hui, ces négatifs sur plaques de verre sont conservés par la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris et diffusés en exclusivité par l’Agence Roger-Viollet. » Créée en 1938 par Hélène Roger-Viollet à Paris, sur la rive gauche de la Seine, l’agence photographique Roger-Viollet « est une des plus anciennes agences françaises. Ses collections constituent un fonds photographique unique en Europe avec plus de 6 millions de documents couvrant plus de 180 ans d’histoire parisienne, française et internationale ». 

« L’Orient en grand. Une épopée photographique au format panoramique »
En 2021-2022, la Galerie Roger-Viollet a présenté cinquante photographies panoramiques des studios Léon et Lévy dans l’exposition « L’Orient en grand. Une épopée photographique au format panoramique ». 

« Maroc, Tunisie, Algérie, Egypte, autour des années 1900, les studios Léon & Lévy envoient leurs opérateurs photographes parcourir le monde et en particulier à destination de l’Orient méditerranéen ». 

« Ils se déplacent avec leurs encombrantes chambres photographiques employant d’imposantes plaques de verre au format 16 x 42 cm. Ces dimensions inhabituelles leur permettent d’obtenir des vues panoramiques horizontales et verticales, d’une qualité exceptionnelle. »

« Ruines romaines, Touaregs priant dans le Sahara, oasis, scènes de rue à Marrakech, à Tunis et au Caire, portraits de la tribu des Ouled Naïl en Algérie, dahabiehs sur le Nil et pyramides de Gizeh, rythment cette aventure autour de la Méditerranée. »

« Ce regard européen sur un monde lointain était destiné à l’édition de cartes postales et d’albums photographiques à l’attention d’une clientèle curieuse de voyages exotiques difficilement accessibles à l’époque. »

« Les tirages modernes de l’exposition sont en vente à la Galerie Roger-Viollet ».


« Le monde colorié à la main. Photographies du XIXe siècle du studio Léon & Lévy » 
En 2026, la Galerie Roger-Viollet a présenté  l’exposition « Le monde colorié à la main », des photographies du XIXe siècle du studio Léon & Lévy ». « Pour la première fois un ensemble de 67 tirages contemporains issus de ces plaques de verre stéréoscopiques. »

« La galerie Roger-Viollet a présenté pour la première fois un ensemble de 66 tirages contemporains issus de ces plaques de verre stéréoscopiques, aujourd’hui détenues et conservées par la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. » 

« Peu de temps après l’invention de la photographie par Nicéphore Niepce, en 1826-1827, et la possibilité de diffuser des images fixes à grande échelle, les ingénieurs mettent au point le procédé des vues stéréoscopiques sur verre. Celui-ci permet de restituer en relief paysages, scènes de rue et portraits, offrant une nouvelle expérience visuelle du monde. » 

Représentant une rue animée londonienne avec ses bus à impériale tirés par des chevaux (vers 1865) ou l'intérieur d'une maison japonaise donnant sur un jardin (vers 1900), voire un "Nubien paré pour le combat" vers 1880, ces photographies délicatement colorées informaient, ouvraient sur le monde et faisaient rêver. 

« Les opérateurs du studio Léon & Lévy sont envoyés aux quatre coins du globe — du Japon à l’Espagne, de l’Égypte aux États-Unis. Le plus souvent anonymes, ces photographes ont pour mission de restituer avec la plus grande fidélité les sites et lieux touristiques tout en réalisant des portraits des « populations autochtones ». Ils photographient notamment le Kotel ou mur des Lamentations, à Jérusalem alors dans l'empire Ottoman.

« À ces images, cependant, il manque encore l’essentiel : la couleur. » 

« De retour à Paris, dans les ateliers du studio Léon & Lévy, d’autres petites-mains entrent en jeu. Tels les peintres miniaturistes, à l’aide d’aquarelle et de pinceaux de martre, des coloristes appliquent les teintes sur une plaque de verre insérée entre le positif photographique et une plaque de verre dépoli. Le ciel, les vêtements, l’architecture se parent alors de couleurs, laissant cette fois libre cours à l’imaginaire et à la sensibilité des exécutants. » 

« Avant même l’apparition de la carte postale, ce commerce de l’image coloriée manuellement constitue une véritable industrie, mobilisant des centaines de salariés. Observées à l’aide d’un stéréoscope, ces photographies coloriées proposent à une clientèle bourgeoise un voyage immobile, à la fois outil de connaissance et invitation à l’évasion.
 
A partir de 250 euros (format 30 x 30 cm). 
Tirage numéroté limité à 30 exemplaires. 
Impression jet d’encre pigmentaire de qualité muséale, sur papier Rag Photographique Infinity Canson 310g.

Chronologie du studio Léon & Lévy 

« Second Empire (1852–1870) 
Moyse Léon et Isaac, dit Georges Lévy, débutent comme  assistants au sein du studio photographique parisien Ferrier-Soulier. 

1864 
Fondation du studio Léon & Lévy. Commercialisation de tirages sur papier albuminé, principalement des vues stéréoscopiques, signées « L. L. ». 

1867 
Participation à l’Exposition universelle de Paris. Le studio reçoit la Grande Médaille d’Or de l’Empereur. 

1874 
Le studio devient J. Lévy et Cie. Isaac Georges Lévy est alors seul directeur de la société. 

1895 
Entrée des deux fils de Georges Lévy, Ernest et Lucien. La société prend le nom de Lévy & fils, tout en conservant la signature « L. L. ». 

1864 – 1917 
Période d’activité du studio : édition de tirages à l’unité, d’albums de voyages puis de cartes postales. (Des centaines de salariés) 

1917 Cessation des activités du studio Léon & Lévy. 

1970 La collection Léon & Lévy est rachetée par l’Agence Roger-Viollet. 
Aujourd’hui Les négatifs sur plaques de verre sont conservés par la Bibliothèque historique de la Ville de Paris. Les tirages son diffusés en exclusivité par l’Agence Roger-Viollet. »


Du 26 février 2026 au 5 juin 2026
Du 7 octobre 2021 au 8 janvier 2022
6, rue de Seine. 75006 Paris
Tél. : 01 55 42 89 00
Du mardi au samedi de 11 h à 19 h
Visuels :
Affiche
Les pyramides et le sphinx de Gizeh (Egypte), vers 1900.
1111-3 © Léon & Lévy / Roger-Viollet

Le port et la ville d’Alger.
Algérie, vers 1875.
Détail d’une vue stéréoscopique.
Impression jet d’encre pigmentaire sur papier coton Rag Photographique Infinity Canson 310g, sans marges, encadrement aluminium anodisé noir mat.
Édition limitée à 30 exemplaires numérotés.
Tirage seul 40x40cm 330 € / Encadré 430 €
Tirage seul 30x30cm 250 € / Encadré 340 € (exposé)

Charing Cross à Londres.
Angleterre, vers 1865.
Détail d’une vue stéréoscopique.
Impression jet d’encre pigmentaire sur papier coton Rag Photographique Infinity Canson 310g, sans marges, encadrement aluminium anodisé noir mat.
Édition limitée à 30 exemplaires numérotés.
Tirage seul 40x40cm 330 € / Encadré 430 €
Tirage seul 30x30cm 250 € / Encadré 340 € (exposé)

Le Mur des Lamentations à Jérusalem.
"Palestine", vers 1870.
Détail d’une vue stéréoscopique.
Impression jet d’encre pigmentaire sur papier coton Rag Photographique Infinity Canson 310g, sans marges, encadrement aluminium anodisé noir mat.
Édition limitée à 30 exemplaires numérotés.
Tirage seul 40x40cm 330 € / Encadré 430 € (exposé)
Tirage seul 30x30cm 250 € / Encadré 340 €


Les citations proviennent de communiqués de presse. Cet article a été publié le 5 janvier 2022.

jeudi 9 juillet 2026

« Les coulisses du pouvoir » de Dror Moreh

Arte diffusera le 21 juillet 2026 à 23 h 25 « Les coulisses du pouvoir », documentaire partial de Dror Moreh. « Pourquoi, malgré le "Plus jamais ça" promis au lendemain de la Shoah, les massacres et les génocides se sont-ils succédé depuis la fin de l'URSS ? Pour tenter de comprendre, Dror Moreh ("The Gatekeepers") confronte d'ex-secrétaires d'État américains (James Baker, Colin Powell, Madeleine Albright et Hillary Clinton) à leurs décisions passées. » 

Les chrétiens en "Palestine"
« Gaza, la vie » par Garry Keane 

« Au lendemain de la Shoah, les Nations unies s'étaient engagées à ne plus jamais laisser perpétrer ni génocide ni crimes contre l'humanité, notions juridiques reconnues pour la première fois lors du procès de Nuremberg. »

« Or, dans l'après-guerre froide, les crimes de masse se sont multipliés sous l'œil des caméras, des massacres de la population musulmane durant la guerre de Bosnie (1992-1995) au génocide des Tutsi rwandais de 1994, de la désintégration de l'Irak après l'invasion américaine de 2003 aux guerres civiles libyenne (2014-2020) et syrienne (2011-2024). » Une juxtaposition de faits : quel rapport entre le génocide des Tutsis au Rwanda et le djihad de l'Etat islamique en Syrie ?

« Pourquoi la superpuissance américaine, gendarme autoproclamé du monde après la chute de l'URSS, n'a-t-elle pas su prévenir ou interrompre ces massacres dont elle n'ignorait rien ? » Le nouvel ordre mondial né de la Charte des Nations unies n'impose pas aux Etats-Unis de s'affranchir du droit international et de devenir le gendarme du monde. Et ce d'autant que les Etats-Unis sont critiqués, qu'ils interviennent contre la République iranienne ou signent un cessez-le-feu avec le régime des mollahs iraniens. Quid des forces des Nations unies dans le monde ? Quid de la FINUL critiquée pour avoir laissé le mouvement islamiste Hezbollah avoir créé une infrastructure terroriste au sud-Liban ? 

« Cherchant à comprendre son inaction au regard des millions de vies humaines sacrifiées, Dror Moreh interroge les plus hauts responsables de la politique extérieure américaine sous les administrations Bush senior, Bush junior, Clinton, puis Obama : entre autres les ex-secrétaires d'État James Baker (1989-1992), Colin Powell (2001-2005), Madeleine Albright (1997-2001) et Hillary Clinton (2009-2013), ainsi que leurs conseillers, mais aussi Samantha Power, journaliste devenue ambassadrice auprès de l'ONU, puis, de 2021 à 2025, administratrice de l'USAid, l'agence américaine pour le développement. » Des démocrates...

« Par le biais des archives et du montage parallèle, le réalisateur confronte leurs doutes, leurs justifications et leurs remords à la réalité des guerres contemporaines dont les civils sont les premières cibles. »

« Au travers des choix militaires et politiques qui ont façonné notre présent, un face à face avec le pouvoir, la décision et la responsabilité, que le réalisateur des Gatekeepers a tourné sur sept années. »

« Alors que l'Ukraine subit depuis plus de quatre ans une invasion russe d'une violence terrifiante, alors que la guerre d'anéantissement menée par Israël contre les populations civiles à Gaza se poursuit, qu'une nouvelle guerre à l'initiative de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou, lequel s'affranchit de toute considération du droit international, embrase encore plus le Moyen-Orient, que l'USAid a été pratiquement démantelée et que le droit du plus fort cherche partout à s'imposer, on ne peut plus tout à fait regarder ce documentaire comme lors de sa sortie en salle en 2024 ». 

La guerre en Ukraine n'a pas commencé en 2022, mais en 2014. Le protocole de Minsk, ou Minsk I est un accord signé le 5 septembre 2014 à Minsk (Biélorussie), accord de cessez-le-feu en Ukraine orientale. En février 2015, les accords de Minsk II le remplacent en conférant à la France et à l'Allemagne le soin de veiller à son respect. Ainsi que l'a avoué François Hollande, alors Président socialiste français, la France et l'Allemagne ont gagné du temps pour permettre à l'Ukraine de mieux affronter militairement la Russie qui a vu les Etats-Unis ne pas respecter son engagement en intégrant dans l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) des pays limitrophes de la Russie. Celle-ci ne pouvait pas demeurer indifférente à la guerre menée par l'Ukraine au régime corrompu, au Président Vladimir Zélensky sans mandat, contre sa minorité russophone. 

Le samedi 7 octobre 2023 au matin, lors de Sim’ha Torah (Souccot), environ 6 000 Gazaouis lourdement armés - 3 800 terroristes islamistes, notamment du Hamas, et 2 200 civils -, ont envahi, le sud de l’Etat d’Israël pour commettre le djihad en criant « Allah Akbar ». Nul ne qualifie pertinemment d’agression djihadiste les actes - invasion, viols, 1200 assassinats, razzias, rapts… - commis par 6 000 Gazaouis : civils, dont des employés de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East), et membres d'au moins cinq mouvements islamistes : Hamas - dont la Nukhba, unité militaire d'élite -, Djihad islamique, Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) et Brigades des martyrs d'Al Aqsa liées au Fatah. 

Depuis, Israël mène une guerre existentielle Swords of Iron (Epées de fer) contre l'Iran et ses proxys : le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, les factions islamistes en Judée et en Samarie... L'armée israélienne vise exclusivement les djihadistes, prévient les civils par tracts, appels téléphoniques, créations de corridors humanitaires, etc. Bien que les djihadistes utilisent les civils comme boucliers humains - armes et munitions stockées dans des maisons, tirs de roquettes à partir d'hôpitaux, etc. -, le rapport entre terroristes tués et civils victimes collatérales dans la bande de Gaza est le plus faible au monde (1/1,5). Chaque victime civile innocente est à déplorer. Et l'armée israélienne se conduit d'une manière éthique, encadrée par des juristes.

Quant à l'US Aid (Agence américaine pour le développement international), elle contrôlait 50 milliards de dollars par an, dont une partie importante finançait comme l'AFD françaises des actions absurdes : "par exemple, 2 millions de dollars pour des opérations de changement de sexe au Guatemala, 20 millions pour Sesame Street en Irak, 8 millions pour former des journalistes sri-lankais à éviter le langage binaire des genres, 1,5 million pour la défense des droits des personnes transgenres en Jamaïque, 1,5 million pour les médias cubains, 3,9 millions pour les causes transgenres en Macédoine, 1 million « pour aider les personnes handicapées du Tadjikistan à devenir des leaders climatiques ». Mais le pire, ce sont les révélations selon lesquelles l'USAID a dépensé de l'argent pour faire tomber des populistes dans le monde entier – Bolsonaro au Brésil, Le Pen en France – et a versé 20 millions de dollars pour obtenir des informations compromettantes sur Rudy Giuliani susceptibles de servir à destituer Donald Trump. Des sommes colossales ont été dépensées pour financer la « vérification des faits » – et nous savons ce que cela signifie. Un demi-milliard de dollars a été versé au réseau Internews, qui a « formé » des milliers de journalistes à travers le monde et encouragé la censure sur les réseaux sociaux. « La quasi-totalité des médias traditionnels – dans le monde entier – a été financée par le gouvernement américain par le biais de l'USAID », a tweeté Ron Paul. Le plus incroyable, c'est que l'USAID a bel et bien envoyé de l'argent à des groupes et des États terroristes, comme l'a révélé Daniel Greenfield : par exemple, 2,3 milliards de dollars à la Somalie ces deux dernières années, 2,1 milliards à Gaza et en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023, 3,7 milliards aux talibans depuis leur prise de pouvoir en Afghanistan et 1,1 milliard au Liban, contrôlé par le Hezbollah. Même des projets qui semblent relever des compétences de l'USAID se révèlent avoir été menés avec une incompétence notoire : des envois de matériel médical jamais arrivés à destination, une centrale électrique jamais achevée. On découvre que l'USAID était un instrument de la CIA et d'autres services de renseignement, menant pour leur compte des activités secrètes sans aucun lien avec l'aide étrangère. Sans parler des fraudes pures et simples, des pots-de-vin, de la corruption, des escroqueries : toutes sortes de chiffres et de noms circulent – ​​Bill Kristol, les Clinton (inévitablement) – même si la vérité et les chiffres exacts restent à établir. Et ce qui est encore plus sidérant que l'ampleur de ces dépenses, c'est l'ampleur des réactions hypocrites et moralisatrices de nombre de ceux qui y ont participé, l'ont dissimulée et/ou en ont profité – ou qui, tout simplement, partagent l'idéologie des radicaux d'extrême gauche de l'USAID et savaient pertinemment qu'il s'agissait d'une opération malhonnête. Au lieu de se cacher honteusement, ces individus ont redoublé d'efforts dans leur malhonnêteté et se sont mis à indigner de façon outrancière... La BBC a eu l'honnêteté d'admettre que sa propre organisation caritative, BBC Media Action, avait reçu 3,23 millions de dollars de l'USAID en 2024 – sans toutefois expliquer pourquoi l'USAID distribuerait une telle somme d'argent du contribuable américain à la BBC, qui tire déjà suffisamment de revenus du vol des citoyens britanniques" (Defending USAID de Bruce Bawer, FrontPage Magazine, 12 février 2025). 

Allouant des salaires mirobolants à des dirigeants, "l'USAID a bel et bien dilapidé l'argent des contribuables. De même, le magazine Time a dressé une longue liste de programmes de l'USAID, pour la plupart aux allures louables, dont l'efficacité reste à prouver, mais, là encore, n'a pas cherché à justifier les dépenses absurdes mises au jour par Musk..." 

"Et Samantha Power, la directrice de l'USAID fidèle alliée d'Obama, a proclamé que les merveilleuses personnes qui travaillent à l'USAID ne choisissent pas d'y travailler « pour l'argent » mais parce qu'elles « veulent changer le monde » – oui, en poursuivant leurs propres objectifs avec des milliards de dollars provenant de l'argent des autres, sans aucune transparence, sans aucun contrôle et sans le moindre souci des souhaits ou du bien-être des contribuables américains. Power a pris la parole pour défendre « les personnes vulnérables du monde entier ». Qu'en est-il des personnes vulnérables aux États-Unis ? Pourquoi l'USAID n'a-t-elle pas aidé les habitants de Maui, de Pacific Palisades ou de l'ouest de la Caroline du Nord ? Bien sûr, nous savons pourquoi : parce que pour un progressiste illuminé, dépenser 1,5 million de dollars pour promouvoir la diversité, l'équité et l'inclusion en Serbie ou 2 millions de dollars pour soutenir « l'activisme LGBT » au Guatemala est bien plus excitant que de loger et nourrir les Américains sans abri suite à un incendie ou une inondation."

« Les contempteurs de la raison d'État (dont Samantha Power, qui fustige "l'anesthésie émotionnelle générée par la bureaucratie") pourront y voir un riche nuancier des diverses couleurs de la langue de bois, dans lequel les droits humains ne comptent pas, ou si peu. »

« Mais s'il pointe avec une terrible efficacité les limites, voire les mensonges de la diplomatie, Dror Moreh interroge surtout la nature de l'aveuglement et de l'indifférence, bien au-delà des positions de ces hauts responsables et de leur personne. Il rend ainsi hommage à toutes les victimes abandonnées à leur sort et rappelle combien la démocratie et la paix sont fragiles. » 

 

« Les coulisses du pouvoir » de Dror Moreh
France, Israël, 2022, 2 h 09
Coproduction : ARTE France Cinéma, Dror Moreh Productions, Les Films du Poisson, Katuh Studio, SWR, BR/ARTE, The Post Republic
Sur Arte le 21 juillet 2026 à 23 h 25 
Sur arte.tv du 21/07/2026 au 27/07/2026
Visuels : © Les Films du Poisson