mardi 14 octobre 2014

Le théâtre yiddish en France


Dans le cadre d’une Saison polonaise en France – Nowa Polska (mai-décembre 2004) -, la Bibliothèque Medem a proposé en 2004 une exposition sur le théâtre yiddish en France. Affiches, photographies et manuscrits ont rappelé la variété et l’activité intense d’un mouvement artistique populaire et parfois d’avant-garde, nourri d’apports divers. Un art Juif associant aussi des éléments musicaux, illustrant l’histoire du peuple Juif ou des scènes de la vie quotidienne, et évoluant au fil de ses recherches d’avant-garde. 


C’est une histoire méconnue du grand public qui renaît en 2004 grâce aux archives photographiques déposées à la Bibliothèque Medem , par Gérard Frydman et Jean-Marc Zelwer, et à la collection personnelle de Liliane Poliakoff pour évoquer l’apogée et le déclin du théâtre yiddish en France.

Une aventure artistique juive  
Le théâtre yiddish est né à la fin du Moyen Age lors des fêtes de Pourim, qui autorisent les déguisements.

Programmes, affiches, livres, photographies et manuscrits retracent la variété et l’activité intense d’un mouvement artistique juif populaire et parfois avant-gardiste, né en Roumanie et disséminé dans le reste de l’Europe et en Amérique du Nord.

Vers 1870, le théâtre yiddish  bénéficie de circonstances qui favorisent son essor : l’émancipation d’une bourgeoisie juive, les effets du mouvement des Lumières, etc.

Et Iasi (Roumanie) accueille en 1876, dans une taverne, la pièce « Pomul Verde » de Abraham Goldfaden (24 juillet 1840-9 janvier 1908), poète et auteur dramatique juif russo-roumain de 40 pièces, et considéré comme le père du théâtre yiddish.

Le théâtre yiddish associe des éléments musicaux, s’inspire parfois de l’histoire Juive, présente des scènes issues de la vie quotidienne ou affiche un souci de recherches d’avant-garde.

Ses troupes, en partie professionnelles, voyagent au sein de l’Europe et aux Etats-Unis, et se mêlent aux comédiens locaux.

Parmi ce répertoire présenté à la fin du XIXe au Théâtre israélite de Paris, figurent « Der yiddisher Kenig Lear » (Le roi Lear) de Yankev Gordin, « Mishki mashki » (Méli Mélo) et « Gzerjres Portugal » (L’Expulsion du Portugal).

La Shoah marque tragiquement le monde yiddish.

Après 1945, le théâtre yiddish poursuit son activité grâce au Yidisher Kunst Teater (Théâtre artistique yiddish) et l’Ensemble théâtral juif.

La Shoah apparaît sous la forme d’allégorie, notamment dans « Les Jonas et la Baleine » de Haïm Slovès, une pièce dont des extraits ont été montés par la Maison de la Culture Yiddish avec des artistes amateurs début 2004.

La Bibliothèque Medem présente l’exposition Affiches du théâtre yiddish d’État de Varsovie.  « En 1950, un théâtre yiddish d’État est créé à Wrocław et à Łódź » (Pologne). « Installé définitivement à Varsovie en 1955, il est dirigé par Ida Kaminska, fille d’Esther-Rachel Kaminska, la grande comédienne yiddish de la Pologne d’avant-guerre. Ida Kaminska quitte la Pologne en 1968. Après son départ, le théâtre est dirigé par Szymon Szurmiej. Le théâtre existe toujours, alternant des productions en yiddish et en polonais. Les affiches présentées couvrent une période allant de 1980 à nos jours. Elles proviennent des collections de la Maison de la culture yiddish ; certaines d’entre elles ont été offertes en 2013 par Alik et Charlotte Messer. L’exposition est complétée par des photographies et des programmes du théâtre yiddish d’État de Varsovie, provenant du fonds d’archives de la Maison de la culture yiddish ».


Jusqu'au 15 octobre 2014
A La Maison de la culture yiddish
29, rue du Château-d'eau. 75010 Paris
Tél. : +33(0)1 47 00 14 00
Cet article avait été publié en 2004 par Guysen

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