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vendredi 9 octobre 2026

Les BRICS+

Les BRICS+ regroupent le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine, l'Afrique du Sud, l'Iran, l'Égypte, les Émirats arabes unis (EAU), l'Indonésie et l'Éthiopie. Se réunissant en sommets annuels, ils se veulent un "contre-G 7" (Groupe des 7) et se montre en représentant le Sud Global. Arte diffusera le 13 octobre 2026 à 21 h « Chine, Russie, Inde et Co, nouveaux maitres du monde ? », documentaire de Sophie Lepault.

Des Etats et entités arabes ont encore politisé la récente réunion du Comité du Patrimoine Mondial (CPM) 
Le Comité du Patrimoine mondial de l'UNESCO a "palestinisé" Battir/Beitar 

En 2009, Brésil, Russie, Inde et Chine se regroupent pour créer un organisme dont l'acronyme reprend l'initiale de ces quatre Etats : « BRIC ».Ce vocable a été créé en 2001 par Jim O'Neill, économiste de Goldman Sachs.

En 2010, avec l'adhésion de l'Afrique du Sud (South Africa), l'acronyme devient BRICS.

En 2023, l'essayiste Amir Taheri a étudié les relations entre les BRICS et l'Iran dans son article "Iran: With Friends Like That" ("Iran : Avec des amis comme ça") publié par le Gatestone Institute (30 juillet 2023) :
"La République islamique demande à être admise au sein du groupe BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud] depuis 2010, date à laquelle le « Guide suprême », l'ayatollah Ali Khamenei, a annoncé son intention de créer un « Nouvel Ordre Mondial » par le biais d'une triple alliance entre l'Iran, la Chine et la Russie.
Selon des sources téhéranes, la demande iranienne, bien que soutenue par l'Afrique du Sud et l'Inde, a été discrètement bloquée par la Russie et froidement ignorée par la Chine.
Le rêve de Khamenei d'un « Nouvel Ordre Mondial » dirigé par l'Iran, la Chine et la Russie s'est révélé être une chimère forgée dans l'esprit d'un dirigeant évoluant dans un univers fantasmé.
Ce rêve illusoire a été en partie brisé la semaine dernière lorsque le président turc Recep Tayyip Erdogan a effectué sa première visite à l'étranger après sa victoire électorale en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar, ignorant totalement l'Iran.
Depuis des années, l'ancien chef de la Commission de sécurité nationale du Majlis islamique, Heshmatallah Falahat-Pisheh, avertit que la Chine et la Russie n'ont traité la République islamique que comme une source de profit pour elles-mêmes.
'ancien ministre du Pétrole, Bijan Zangeneh, a averti que la Russie, après avoir évincé l'Iran du marché pétrolier européen, tente désormais de faire de même sur les marchés indien et chinois en proposant des rabais alléchants. Depuis mars dernier, les importations chinoises de pétrole iranien ont chuté de près de 40 %, selon des estimations non officielles, la Russie revendiquant la part perdue par l'Iran.
Par ailleurs, face à ce que certains Iraniens perçoivent comme une atteinte à l'intégrité nationale de la part de Lavrov, nombreux sont ceux qui déplorent le refus, voire l'incapacité, de Raïssi à recadrer fermement les Russes. Ils craignent que l'absence de réaction de Téhéran aux initiatives russes et chinoises n'incite d'autres nations à adopter une position similaire à l'égard de l'Iran.
Khamenei, âgé de 84 ans, semble peu susceptible d'abandonner ce qu'il espérait être son « héritage historique », ou, selon ses propres termes, « chasser le Grand Satan et ses alliés de la région ». C'est peut-être pourquoi, tant que Khamenei sera au pouvoir, ni Pékin ni Moscou ne craignent de s'attirer les foudres de l'Iran, quoi qu'ils fassent."
En 2024, avec l'élargissement à l'Égypte, aux Émirats arabes unis (E.A.U.), à l'Éthiopie et à l'Iran, le groupe devient les BRICS+.

L'année suivante, l'Indonésie rejoint les BRICS+.

En 2026, ces dix Etats membres des BRICS+ se réunissent en sommets annuels et s'opposent au Groupe des Sept (G7). Ils représentent environ la moitié de la population mondiale et 35 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial en valeur courante, contre 44 % pour les pays du G7. Contrant la suprématie du dollar américain, ils utilisent dans leurs échanges internationaux le yuan, devise chinoise. Leur but est de créer leur monnaie commune afin de détrôner le dollar américain.

Les BRICS+ ont bénéficié de l'action de désinformation de la Chine dans les réseaux sociaux où ils sont "présentés comme un groupe pacifique, coopératif et respectueux de la souveraineté", à la différence de l'OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique-nord). 

Les BRICS+ sont fragilisés par leur absence de valeurs et d'intérêts communs, leurs divergences : le régime des ayatollahs iraniens veut détruire Israël qui est lié par les accords d'Abraham avec les E.A.U., l'Iran a attaqué de février à avril 2026 les E.A.U. après la guerre américano-israélienne contre le régime iranien, la Russie et la Chine sont rivales dans la domination du groupe, la Chine et l'Inde sont des rivales économiques, l'Inde entend préserver ses bonnes relations avec les Etats-Unis et Israël, etc.

Dans "Un bref aperçu du XXIe siècle jusqu'à présent" (Gatestone Institute, 9 février 2024), le juriste et philosophe Drieu Godefridi a écrit :
"Nombreux sont ceux qui prédisent le remplacement du dollar américain par le yuan comme monnaie internationale – une transformation que la Chine s'efforce manifestement d'opérer – mais si vous étiez un pays, préféreriez-vous être protégé par la Chine ou par le monde libre ?...
Il y a ensuite le reste du monde, ce qu'on appelait au XXe siècle le « Tiers Monde ». Comparé au siècle précédent, le Tiers Monde, du moins par endroits, se porte mieux : certains pays se sont considérablement enrichis grâce à l'économie de marché et à l'ouverture au capitalisme international. Les experts nous disent que les pays des BRICS [Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud] incarnent l'avenir, tout comme ils nous disaient hier que le XXIe siècle serait chinois. Le problème, c'est que les deux principaux pays des BRICS – la Chine et l'Inde – sont quasiment en guerre à leur frontière commune, et que les points de divergence entre les pays membres sont bien plus nombreux que les points d'union. De plus, une organisation ne peut décider qu'en fonction du principe du plus grand dénominateur commun, qui, dans le cas des BRICS, semble proche de zéro.
Les pays BRICS s'enrichissent, des milliards de personnes sortent de la pauvreté, et nous nous en réjouissons. Il est frappant de constater que des pays comme la grande démocratie brésilienne envisagent un avenir moins dépendant de l'Occident. Cependant, l'idée que les BRICS façonneront le XXIe siècle ne résiste pas à l'analyse. Le professeur Jyrki Käkönen écrivait en 2014 : « Il n’est pas aisé de supposer que les BRICS seraient une organisation capable de transformer le système international tant que leurs membres nourrissent des attentes différentes quant au futur ordre mondial. À cet égard, les pays les plus importants des BRICS sont la Chine et l’Inde, qui ont également des intérêts et des attentes contradictoires concernant l’avenir de l’Asie et de l’ordre mondial dans son ensemble. »
L'Argentine a récemment annoncé qu'elle renonçait à sa candidature pour rejoindre les BRICS."
Dans "Slavery: The Ostentatious Hypocrisy of BRICS towards Black Africans" ("L’esclavage : l’hypocrisie ostentatoire des BRICS envers les Africains noirs") publié par le Gatestone Institute (30 août 2023), Paul Trewhela a fustigé l'occultation par les BRICS des massacres d'Africains noirs par des milices Arabes islamistes :
"Dans un exemple flagrant d'hypocrisie collective étatique antidémocratique et anti-occidentale, les dirigeants du bloc BRICS — représentant le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud — réunis en Afrique du Sud pendant trois jours la semaine dernière ont invité quatre États musulmans et deux autres à rejoindre le bloc, tout en gardant un silence total sur le massacre raciste et islamiste de civils africains noirs perpétré par des milices arabes lourdement armées au Darfour occidental, au Soudan, au cours des semaines précédentes...
Le Forum africain de la défense a révélé le 16 mai que le groupe russe Wagner supervisait l'exploitation minière de l'or au Darfour et faisait sortir clandestinement du pays près de 2 milliards de dollars d'or.
Pourtant, les « grands et les bons » — le président chinois Xi Jinping, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, et le président russe Vladimir Poutine s'adressant à l'assemblée par vidéo pour soutenir la guerre de la Russie en Ukraine — n'ont fait aucune mention de ce massacre génocidaire.
Au lieu de cela, les dirigeants des BRICS ont invité à les rejoindre des États ayant la plus longue histoire d'esclavage des Africains noirs au monde.
L'agence de presse chinoise Xinhua a rapporté comment le président iranien Ebrahim Raisi, qui a participé à la conférence des BRICS, a salué cette initiative comme une « mesure louable qui facilitera le développement mondial tout en respectant les principes de justice ».
Justice ? Raisi était procureur général adjoint au sein d'un comité de quatre membres surnommé la « commission de la mort » en Iran en 1988, responsable de l'exécution de milliers de prisonniers politiques fidèles à un mouvement d'opposition interdit, « sur ordre de Raisi et de ses trois collègues ».
Pire encore, bien que l'esclavage ait persisté légalement en Iran jusqu'en 1929, « il n'a jamais disparu ». — iranwire.com, 30 avril 2020. L'article présentait une série de photos d'esclaves africains noirs en Iran, comme celle-ci datant des années 1880. — Denise Hassanzade Ajiri, « Le visage de l'esclavage africain dans l'Iran qajar – en images », The Guardian , 14 janvier 2016.
La question de l’esclavage et de l’oppression des Africains noirs – qui perdure encore aujourd’hui au Darfour et ailleurs – est une question occultée par les BRICS."

« Chine, Russie, Inde et Co, nouveaux maitres du monde ? »
Arte diffusera le 13 octobre 2026 à 21 h « Chine, Russie, Inde et Co, nouveaux maitres du monde ? », documentaire de Sophie Lepault.

« L'organisation des Bric a été lancée en 2009 par le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine avec l'ambition affichée de "dédollariser" et "désoccidentaliser" l'ordre mondial. »

« Les Brics (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud) représentent plus de la moitié de la population mondiale et 40% des richesses de la planète, plus que le G7. Ils ont déjà leur propre banque, leurs propres médias, leurs entraînements militaires… »

« Dix-sept ans après sa fondation, la coalition des Bric, aujourd'hui Brics+ - des États comme l'Iran, l'Égypte, l'Éthiopie, l'Indonésie et les monarchies du Golfe l'ont rejointe (le "+" de l'acronyme) – a plus que jamais le vent en poupe. »

« De nombreux autres Etats attendent à la porte de ce club opulent, dont la Turquie, pourtant membre de l'Otan… »

« Face à la multiplication des conflits et à l'urgence climatique, aggravés par l'erratique présidence Trump, le bloc occidental se fragmente et la faiblesse de l'ONU et de ses agences apparaît au grand jour. »

« Les Brics+, qui disent représenter le "Sud global", ont le sentiment que leur moment est venu. » 

« Lors de leur sommet annuel 2025, à Rio, ils ont plaidé pour un nouvel ordre multipolaire, affranchi de l'hégémonie américaine mais aussi des valeurs dont ils contestent l'universalisme : la démocratie libérale et le respect des droits humains, aux fondements du droit international. Quel monde alternatif construisent-ils tandis que l'Occident regarde ailleurs ? L’Europe peut-elle y trouver une place ? »

« Partant du 17e sommet des Brics+, en 2025 à Rio – le 18e vient d'avoir lieu les 12 et 13 septembre à New Delhi –, ce passionnant état des lieux géopolitique et historique fait entendre la parole convergente d'observateurs et de responsables chinois, russes, brésiliens, indiens et africains. »

« Comme le journaliste brésilien d'extrême gauche Pepe Escobar et le philosophe russe d'extrême droite Alexandre Douguine, ils appartiennent parfois pourtant à des bords politiques opposés. »

« En parallèle, les archives montrent comment cette coalition de puissances émergentes, majoritairement dirigée par des pays autoritaires, se structure, depuis presque vingt ans, en dénonçant le "deux poids deux mesures" d'un Occident qui n'hésite pas à sacrifier ses grands principes à ses intérêts. »

« Les Brics+ disposent déjà de leurs propres banque et médias, et travaillent à créer une force militaire, une monnaie et un Parlement communs. »

« Même si deux puissances impériales, la Chine et la Russie, font figure de leaders, ils prônent la souveraineté absolue des États et se revendiquent héritiers de l'anticolonialisme et du Mouvement des non-alignés. »

« Une majorité de pays du Sud a ainsi refusé de s'associer aux sanctions contre Moscou après l'invasion de l'Ukraine. »

« Alors que les États-Unis manifestent eux aussi leur hostilité au droit international, comment l'Europe peut-elle continuer à le défendre ? Peut-être, comme l'y invitent les protagonistes de ce documentaire, en décentrant le regard pour prendre acte de sa propre fragilité, et de la légitime aspiration à une autre répartition du pouvoir, politique comme économique. »


France, 2026, 92 min
Coproduction : ARTE GEIE, Studiofact Productions
Production : Studiofact Presse & Docs,
Productrice : Véronique BLANC
Auteure : Sophie Lepault,
Sur Arte les 13 octobre 2026 à 21 h,19 octobre 2026 à 9 h 50
Sur arte.tv du 12/09/2026 au 20/03/2027


mercredi 26 novembre 2025

« L'exode oublié des Juifs arabes » de Marcel Prins

Arte diffuse sur son site Internet « L'exode oublié des Juifs arabes » (
Een Vergeten Uittocht  ; A Forgotten Exodus), série documentaire en deux parties de Marcel Prins (2023). Des témoignages, parfois illustrés par des animations, sur l'exil d'environ un million de Juifs contraints de quitter des pays Arabes, l’Iran, la Turquie, la vieille ville de Jérusalem occupée par la (Trans)Jordanie, le Golan, la Judée, la Samarie, etc., essentiellement des années 1940 aux années 1970 et en direction d'Israël, de l'Europe, de l'Australie et de l'Amérique du nord. Lors de l'office du chabbat du 29 novembre 2025, de nombreuses synagogues rappelleront cet exode et un kaddish y sera dit. Votre présence permettra d'y avoir le minyan. 

Il faut bien chercher pour trouver sur les sites d’ARTE la série documentaire « L'exode oublié des Juifs arabes » réalisée par Marcel Prins, auteur aussi de livres sur les enfants juifs durant la Deuxième Guerre mondiale. ARTE n’en informe que sur son site www.arte.tv. Alors que sa programmation empathique pour les "pov' Palestiniens" est surabondante.

Rappelons que cette « chaîne franco-allemande de service public et à vocation européenne » avait refusé de diffuser les documentaires de Pierre Rehov, notamment « Le cheval de Troie » (« Trojan Horse - Israel and the War of Images », 2001), « Terre Sainte : Chrétiens en péril » sur les persécutions des chrétiens par l’Autorité palestinienne (2002), et « Les réfugiés du silence » (« Silent Exodus ») sur l'exode des Juifs ayant dû quitter les pays arabo-musulmans.

Environ un million de Juifs ont été contraints de quitter des pays arabes, l’Iran, la Turquie, la vieille ville de Jérusalem occupée par la (Trans)Jordanie, du Golan, etc., essentiellement des années 1940 aux années 1970 et en direction d'Israël, de l'Europe et de l'Amérique du nord. La valeur de leurs biens abandonnés est évaluée à 150-200 milliards de dollars. La superficie des biens dont ces Juifs ont été spoliés (100 000 km²) est cinq fois supérieure à celle de l'Etat d'Israël.

En 2014, la Knesset a choisi le 30 novembre comme Journée commémorant "l'exode oublié" ou plutôt « l'exil et l'expulsion des Juifs des États arabes et de l'Iran ». Soit le lendemain de l'adoption le 29 novembre 1947, par le vote de la résolution 181 de l'Assemblée générale de l'ONU, du plan de partage de la Palestine mandataire et le jour du début de la réaction violente annoncée d'Etats musulmans contre "leurs" Juifs ("Une guerre d'extermination et un massacre capital"). 

Depuis quelques années, cet évènement tragique est rappelé chaque année dans les synagogues soit le 30 novembre si cette date tombe un chabbat, soit le dernier chabbat avant le 30 novembre, afin qu’un Kaddish soit dit et une Azkara, ou Hazkara aient lieu à la mémoire des Juifs enterrés dans des cimetières situés dans ces pays et aux tombes souvent inaccessibles. Cette année, ce sera durant le chabbat du samedi 29 novembre 2025.

C’est ce thème qu’évoque le réalisateur néerlandais Marcel Prins dans sa série documentaire en deux parties « A Forgotten Exodus » (Een Vergeten Uittocht ; A Forgotten Exodus) qui a été diffusée sur NPO, chaine nationale des Pays-Bas et projetée dans des festivals cinématographiques juifs au Canada, aux Etats-Unis... Le documentariste a été interviewé par Harif, "association de Juifs originaires de la MENA" (Afrique du nord et Moyen-Orient), et défendant les droits des juifs réfugiés.

Arte a traduit de manière erronée le titre original par « L'exode oublié des Juifs arabes ». Or, ces juifs vivaient dans ces pays bien avant l'invasion Arabe musulmane, souvent depuis des millénaires, et étaient généralement des autochtones, souvent berbères, turcs ou iraniens. Ils n'étaient donc par Arabes. En outre, en Israël, des essayistes les qualifient de « mizrahi » (Orientaux, en hébreu), ce qui surprend car les juifs d'Afrique du Nord vivaient à l'ouest du monde musulman, et se définissaient plutôt comme "sépharades" pour se distinguer des "ashkénazes".

« Au début du XXᵉ siècle, environ un million de Juifs vivaient au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Les Juifs y étaient souvent ostracisés, parfois parqués dans des quartiers vétustes où les lois du pays ne s’appliquaient pas de la même manière pour eux ». Les Etats colonisateurs européens ont libéré les juifs de la dhimmitude qui leur avait été imposée sous domination islamique.

« Cette série documentaire raconte leur exode. Après la proclamation de l’État d’Israël en 1948, les violences à leur encontre se sont intensifiées. Jusqu’à la fin des années 1970, quasiment toute la population juive a alors fui le monde arabe, la majorité d’entre eux rejoignant Israël. Raphael, Shaul, Yehuda et d'autres relatent leur histoire. »

« Huit anciens réfugiés, nés à Bagdad, Alep, Tripoli, Fès, Le Caire, Aden et Sanaa, racontent comment ils ont été contraints de fuir vers Israël alors qu'ils étaient enfants ou adolescents. Ils évoquent le changement d'atmosphère et comment ils ont été obliger de quitter leur pays natal (la plupart illégalement) en camion, en bateau ou en avion. "

"Leurs récits sont illustrés par des animations et des extraits de films rarement vus auparavant. Chez plusieurs personnes interrogées, les horreurs du 7 octobre 2023 ont ravivé le souvenir des violences et de la terreur anti-juives dans les pays Arabes. Les expériences qu'ils décrivent sont plus pertinentes que jamais".

La première partie évoque « Raphaël, Shaul, Edy et Lily, qui alors enfants, habitaient Fez, Alep ou Bagdad. » La seconde partie est consacrée à « Yehuda, Levada, Shimon, Liliana, qui, alors enfants, habitaient Sanaa, Le Caire, Aden ou Tripoli. » 

INTERVIEW DE MARCEL PRINS

« Pourquoi avez-vous choisi de traiter ce sujet ?
Marcel Prins : C'est une partie importante de l'histoire et du patrimoine juifs, et j'ai été surpris que si peu de gens connaissent cette histoire. Celle-ci est également totalement absente du discours sur le conflit israélo-palestinien. Le fait que l'énorme croissance de la population israélienne dans les années 1950 ait été principalement causée par les réfugiés mizrahim est presque totalement inconnu. Je voulais faire connaître et rendre accessibles ces histoires.

Comment avez-vous travaillé ? Avez-vous trouvé facilement des témoignages ?
Je me suis rendu dans les différents « centres » qui représentent les différents groupes : le Centre du patrimoine juif babylonien à Or Yehuda pour l'Irak, le Centre du patrimoine juif libyen également à Or Yehuda, le Centre du patrimoine juif d'Aden à Tel Aviv, etc. Ils m'ont aidé à trouver des histoires intéressantes. 

Pourquoi avez-vous choisi d'illustrer certains évènements par des scènes d'animation ?
Je voulais recréer certaines images issues de mes souvenirs d'enfance. J'avais déjà utilisé l'animation pour cela dans un autre projet (sur les Juifs cachés pendant la Seconde Guerre mondiale https://hiddenlikeannefrank.com/index.html). Je trouve que c'est un outil très intéressant, car il permet d'entrer dans une autre « dimension » de l'histoire.

Le documentaire a été réalisé pour la télévision néerlandaise et diffusé là-bas. Au début, d'autres chaînes étrangères ont manifesté beaucoup d'intérêt, mais cela s'est « arrêté » immédiatement après le 7 octobre 2023.

Comment votre documentaire a-t-il été accueilli par le public ?
J'ai reçu beaucoup de commentaires positifs de la part des gens ici en Hollande. Mais à titre personnel. Malheureusement, le film n'a finalement pas été diffusé à l'étranger. À l'exception d'Arte/Canal+.
J'ai passé un très bon moment avec Harif dans un cinéma à Londres. »


« L'exode oublié des Juifs arabes » de Marcel Prins
Pays-Bas, 2023, 2x57 min
Disponible sur arte.tv jusqu'au 20/04/2026