Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)
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jeudi 9 juillet 2026

« Les coulisses du pouvoir » de Dror Moreh

Arte diffusera le 21 juillet 2026 à 23 h 25 « Les coulisses du pouvoir », documentaire partial de Dror Moreh. « Pourquoi, malgré le "Plus jamais ça" promis au lendemain de la Shoah, les massacres et les génocides se sont-ils succédé depuis la fin de l'URSS ? Pour tenter de comprendre, Dror Moreh ("The Gatekeepers") confronte d'ex-secrétaires d'État américains (James Baker, Colin Powell, Madeleine Albright et Hillary Clinton) à leurs décisions passées. » 

Les chrétiens en "Palestine"
« Gaza, la vie » par Garry Keane 

« Au lendemain de la Shoah, les Nations unies s'étaient engagées à ne plus jamais laisser perpétrer ni génocide ni crimes contre l'humanité, notions juridiques reconnues pour la première fois lors du procès de Nuremberg. »

« Or, dans l'après-guerre froide, les crimes de masse se sont multipliés sous l'œil des caméras, des massacres de la population musulmane durant la guerre de Bosnie (1992-1995) au génocide des Tutsi rwandais de 1994, de la désintégration de l'Irak après l'invasion américaine de 2003 aux guerres civiles libyenne (2014-2020) et syrienne (2011-2024). » Une juxtaposition de faits : quel rapport entre le génocide des Tutsis au Rwanda et le djihad de l'Etat islamique en Syrie ?

« Pourquoi la superpuissance américaine, gendarme autoproclamé du monde après la chute de l'URSS, n'a-t-elle pas su prévenir ou interrompre ces massacres dont elle n'ignorait rien ? » Le nouvel ordre mondial né de la Charte des Nations unies n'impose pas aux Etats-Unis de s'affranchir du droit international et de devenir le gendarme du monde. Et ce d'autant que les Etats-Unis sont critiqués, qu'ils interviennent contre la République iranienne ou signent un cessez-le-feu avec le régime des mollahs iraniens. Quid des forces des Nations unies dans le monde ? Quid de la FINUL critiquée pour avoir laissé le mouvement islamiste Hezbollah avoir créé une infrastructure terroriste au sud-Liban ? 

« Cherchant à comprendre son inaction au regard des millions de vies humaines sacrifiées, Dror Moreh interroge les plus hauts responsables de la politique extérieure américaine sous les administrations Bush senior, Bush junior, Clinton, puis Obama : entre autres les ex-secrétaires d'État James Baker (1989-1992), Colin Powell (2001-2005), Madeleine Albright (1997-2001) et Hillary Clinton (2009-2013), ainsi que leurs conseillers, mais aussi Samantha Power, journaliste devenue ambassadrice auprès de l'ONU, puis, de 2021 à 2025, administratrice de l'USAid, l'agence américaine pour le développement. » Des démocrates...

« Par le biais des archives et du montage parallèle, le réalisateur confronte leurs doutes, leurs justifications et leurs remords à la réalité des guerres contemporaines dont les civils sont les premières cibles. »

« Au travers des choix militaires et politiques qui ont façonné notre présent, un face à face avec le pouvoir, la décision et la responsabilité, que le réalisateur des Gatekeepers a tourné sur sept années. »

« Alors que l'Ukraine subit depuis plus de quatre ans une invasion russe d'une violence terrifiante, alors que la guerre d'anéantissement menée par Israël contre les populations civiles à Gaza se poursuit, qu'une nouvelle guerre à l'initiative de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou, lequel s'affranchit de toute considération du droit international, embrase encore plus le Moyen-Orient, que l'USAid a été pratiquement démantelée et que le droit du plus fort cherche partout à s'imposer, on ne peut plus tout à fait regarder ce documentaire comme lors de sa sortie en salle en 2024 ». 

La guerre en Ukraine n'a pas commencé en 2022, mais en 2014. Le protocole de Minsk, ou Minsk I est un accord signé le 5 septembre 2014 à Minsk (Biélorussie), accord de cessez-le-feu en Ukraine orientale. En février 2015, les accords de Minsk II le remplacent en conférant à la France et à l'Allemagne le soin de veiller à son respect. Ainsi que l'a avoué François Hollande, alors Président socialiste français, la France et l'Allemagne ont gagné du temps pour permettre à l'Ukraine de mieux affronter militairement la Russie qui a vu les Etats-Unis ne pas respecter son engagement en intégrant dans l'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique nord) des pays limitrophes de la Russie. Celle-ci ne pouvait pas demeurer indifférente à la guerre menée par l'Ukraine au régime corrompu, au Président Vladimir Zélensky sans mandat, contre sa minorité russophone. 

Le samedi 7 octobre 2023 au matin, lors de Sim’ha Torah (Souccot), environ 6 000 Gazaouis lourdement armés - 3 800 terroristes islamistes, notamment du Hamas, et 2 200 civils -, ont envahi, le sud de l’Etat d’Israël pour commettre le djihad en criant « Allah Akbar ». Nul ne qualifie pertinemment d’agression djihadiste les actes - invasion, viols, 1200 assassinats, razzias, rapts… - commis par 6 000 Gazaouis : civils, dont des employés de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East), et membres d'au moins cinq mouvements islamistes : Hamas - dont la Nukhba, unité militaire d'élite -, Djihad islamique, Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP) et Brigades des martyrs d'Al Aqsa liées au Fatah. 

Depuis, Israël mène une guerre existentielle Swords of Iron (Epées de fer) contre l'Iran et ses proxys : le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen, les factions islamistes en Judée et en Samarie... L'armée israélienne vise exclusivement les djihadistes, prévient les civils par tracts, appels téléphoniques, créations de corridors humanitaires, etc. Bien que les djihadistes utilisent les civils comme boucliers humains - armes et munitions stockées dans des maisons, tirs de roquettes à partir d'hôpitaux, etc. -, le rapport entre terroristes tués et civils victimes collatérales dans la bande de Gaza est le plus faible au monde (1/1,5). Chaque victime civile innocente est à déplorer. Et l'armée israélienne se conduit d'une manière éthique, encadrée par des juristes.

Quant à l'US Aid (Agence américaine pour le développement international), elle contrôlait 50 milliards de dollars par an, dont une partie importante finançait comme l'AFD françaises des actions absurdes : "par exemple, 2 millions de dollars pour des opérations de changement de sexe au Guatemala, 20 millions pour Sesame Street en Irak, 8 millions pour former des journalistes sri-lankais à éviter le langage binaire des genres, 1,5 million pour la défense des droits des personnes transgenres en Jamaïque, 1,5 million pour les médias cubains, 3,9 millions pour les causes transgenres en Macédoine, 1 million « pour aider les personnes handicapées du Tadjikistan à devenir des leaders climatiques ». Mais le pire, ce sont les révélations selon lesquelles l'USAID a dépensé de l'argent pour faire tomber des populistes dans le monde entier – Bolsonaro au Brésil, Le Pen en France – et a versé 20 millions de dollars pour obtenir des informations compromettantes sur Rudy Giuliani susceptibles de servir à destituer Donald Trump. Des sommes colossales ont été dépensées pour financer la « vérification des faits » – et nous savons ce que cela signifie. Un demi-milliard de dollars a été versé au réseau Internews, qui a « formé » des milliers de journalistes à travers le monde et encouragé la censure sur les réseaux sociaux. « La quasi-totalité des médias traditionnels – dans le monde entier – a été financée par le gouvernement américain par le biais de l'USAID », a tweeté Ron Paul. Le plus incroyable, c'est que l'USAID a bel et bien envoyé de l'argent à des groupes et des États terroristes, comme l'a révélé Daniel Greenfield : par exemple, 2,3 milliards de dollars à la Somalie ces deux dernières années, 2,1 milliards à Gaza et en Cisjordanie depuis le 7 octobre 2023, 3,7 milliards aux talibans depuis leur prise de pouvoir en Afghanistan et 1,1 milliard au Liban, contrôlé par le Hezbollah. Même des projets qui semblent relever des compétences de l'USAID se révèlent avoir été menés avec une incompétence notoire : des envois de matériel médical jamais arrivés à destination, une centrale électrique jamais achevée. On découvre que l'USAID était un instrument de la CIA et d'autres services de renseignement, menant pour leur compte des activités secrètes sans aucun lien avec l'aide étrangère. Sans parler des fraudes pures et simples, des pots-de-vin, de la corruption, des escroqueries : toutes sortes de chiffres et de noms circulent – ​​Bill Kristol, les Clinton (inévitablement) – même si la vérité et les chiffres exacts restent à établir. Et ce qui est encore plus sidérant que l'ampleur de ces dépenses, c'est l'ampleur des réactions hypocrites et moralisatrices de nombre de ceux qui y ont participé, l'ont dissimulée et/ou en ont profité – ou qui, tout simplement, partagent l'idéologie des radicaux d'extrême gauche de l'USAID et savaient pertinemment qu'il s'agissait d'une opération malhonnête. Au lieu de se cacher honteusement, ces individus ont redoublé d'efforts dans leur malhonnêteté et se sont mis à indigner de façon outrancière... La BBC a eu l'honnêteté d'admettre que sa propre organisation caritative, BBC Media Action, avait reçu 3,23 millions de dollars de l'USAID en 2024 – sans toutefois expliquer pourquoi l'USAID distribuerait une telle somme d'argent du contribuable américain à la BBC, qui tire déjà suffisamment de revenus du vol des citoyens britanniques" (Defending USAID de Bruce Bawer, FrontPage Magazine, 12 février 2025). 

Allouant des salaires mirobolants à des dirigeants, "l'USAID a bel et bien dilapidé l'argent des contribuables. De même, le magazine Time a dressé une longue liste de programmes de l'USAID, pour la plupart aux allures louables, dont l'efficacité reste à prouver, mais, là encore, n'a pas cherché à justifier les dépenses absurdes mises au jour par Musk..." 

"Et Samantha Power, la directrice de l'USAID fidèle alliée d'Obama, a proclamé que les merveilleuses personnes qui travaillent à l'USAID ne choisissent pas d'y travailler « pour l'argent » mais parce qu'elles « veulent changer le monde » – oui, en poursuivant leurs propres objectifs avec des milliards de dollars provenant de l'argent des autres, sans aucune transparence, sans aucun contrôle et sans le moindre souci des souhaits ou du bien-être des contribuables américains. Power a pris la parole pour défendre « les personnes vulnérables du monde entier ». Qu'en est-il des personnes vulnérables aux États-Unis ? Pourquoi l'USAID n'a-t-elle pas aidé les habitants de Maui, de Pacific Palisades ou de l'ouest de la Caroline du Nord ? Bien sûr, nous savons pourquoi : parce que pour un progressiste illuminé, dépenser 1,5 million de dollars pour promouvoir la diversité, l'équité et l'inclusion en Serbie ou 2 millions de dollars pour soutenir « l'activisme LGBT » au Guatemala est bien plus excitant que de loger et nourrir les Américains sans abri suite à un incendie ou une inondation."

« Les contempteurs de la raison d'État (dont Samantha Power, qui fustige "l'anesthésie émotionnelle générée par la bureaucratie") pourront y voir un riche nuancier des diverses couleurs de la langue de bois, dans lequel les droits humains ne comptent pas, ou si peu. »

« Mais s'il pointe avec une terrible efficacité les limites, voire les mensonges de la diplomatie, Dror Moreh interroge surtout la nature de l'aveuglement et de l'indifférence, bien au-delà des positions de ces hauts responsables et de leur personne. Il rend ainsi hommage à toutes les victimes abandonnées à leur sort et rappelle combien la démocratie et la paix sont fragiles. » 

 

« Les coulisses du pouvoir » de Dror Moreh
France, Israël, 2022, 2 h 09
Coproduction : ARTE France Cinéma, Dror Moreh Productions, Les Films du Poisson, Katuh Studio, SWR, BR/ARTE, The Post Republic
Sur Arte le 21 juillet 2026 à 23 h 25 
Sur arte.tv du 21/07/2026 au 27/07/2026
Visuels : © Les Films du Poisson


jeudi 11 juin 2026

Jean Ziegler (1934-2026)

Jean Ziegler (1934-2026) était un politicien, édile, altermondialiste et sociologue suisse. Rapporteur spécial auprès de l’ONU sur la question du droit à l’alimentation dans le monde, il a été vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des Nations unies de 2009 jusqu'à son décès. Arte diffusa « Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté » (Jean Ziegler - Der Optimismus des Willens), documentaire de Nicolas Wadimoff. Encensé par la gauche, il a été controversé car il a soutenu des dictateurs – Fidel Castro, Robert Mugabe, Hugo Chavez, Colonel Mengistu -, a instrumentalisé sa fonction onusienne au profit de son idéologie biaisée anti-américaine, a créé le Prix Kadhafi, a soutenu le Tribunal Russell sur la Palestine… Et en plus, il s’est avéré incompétent, menteur, anti-israélien.

« Stéphane Hessel - L´homme d´un siècle » par Hans Helmut Grotjahn et Antje Starost 
« Genève n’a pas le sens de l’accueil »

Devenu célèbre dans les années 1970 par ses livres polémiques sur la Suisse, Jean Ziegler  représente une figure d’intellectuel engagé : conseiller municipal socialiste de la ville de Genève (1963-1967), membre socialiste du parlement fédéral suisse (représentant du canton de Genève) de 1967 à 1983 et de 1987 à 1999.

Mais, il a toujours, systématiquement, choisi les pires causes.

En 1970, Jean Ziegler aurait servi de médiateur entre Farouk Kaddoumi, cofondateur du Fatah et chef du département politique du mouvement terroriste Organisation de libération de la Palestine (OLP), et le conseiller fédéral Pierre Graber, chargé des Affaires étrangères. Selon lui, un accord officieux aurait épargné la Suisse du terrorisme palestinien en échange de son soutien à l’OLP pour sa reconnaissance diplomatique auprès de l’organisation onusienne à Genève. La Suisse renonçait à déposer plainte contre un suspect palestinien de l’attentat contre le vol Swissair 330 en 1970. En janvier 2016, Jean Ziegler a révélé son rôle de facilitateur « par respect et en mémoire des 47 victimes de Würenlingen et de leurs familles, qui ont droit à la vérité ». Ces allégations ont suscité le doute par le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) et des historiens.

Jean Ziegler a soutenu des dictateurs, dont Hugo Chavez. Fidel Castro ? Lors d’une visite comme représentant onusien, Jean Ziegler a refusé de rencontrer des dissidents cubains. Collaborateur à la revue Afrique-Asie dans les années 1970 et 1980, il a défendu les interventions cubaines en Afrique. Robert Mugabe ? « Mugabe a l’histoire et la moralité avec lui ». Quant au Colonel Mengistu, Jean Ziegler l’a conseillé en 1986 en l’aidant à rédiger la constitution au parti unique. En 1993, il s’est rendu auprès de Saddam Hussein et Kim Il-sung.

Il a comparé le président américain conservateur George W. Bush à un « Pinochet assis à la Maison Blanche » !

En 1989, après l'attentat de Lockerbie (1988) fomenté par des services de renseignements libyens, Jean Ziegler a co-créé et co-dirigé le Prix Mouammar Kadhafi des droits de l’homme. Montant ? 250 000 dollars grâce à la mise en place d’un fond de dix millions de dollars abrité en Suisse. Un Prix créé pour redorer l’image de la Libye et que Jean Ziegler a présenté comme « l’anti Prix Nobel du Tiers monde ». Il alléguait que la Libye était en voie de « démocratisation » et niait le soutien de Kadhafi au terrorisme.

Ce Prix a été remis à Roger Garaudy, Louis Farrakhan, les enfants palestiniens de l’Intifada  ou le turc  Recep Tayyip Erdoğan , et en 2002 à… Jean Ziegler.

En 2010, Jean Ziegler a contribué à un livre qui louait « le colonel Kadhafi en le comparant au philosophe Jean-Jacques Rousseau » - une publication distribuée au Conseil onusien des droits de l’homme en novembre 2010 lors de discussions sur des violations de droits de l’homme par la Libye. 

En 1996, au nom de la liberté d'expression, il a d’abord soutenu Roger Garaudy, auteur négationniste des Mythes fondateurs de la politique israélienne (1995), par une lettre que Me Jacques Vergès rendit publique avec celle de l'abbé Pierre. Ensuite, Jean Ziegler a condamné « avec la plus grande fermeté toutes les entreprises et propos négationnistes visant à nier ou à relativiser le génocide du peuple juif par les nazis » et a accusé Garaudy, dans un article publié par Charlie Hebdo, d'avoir déformé la teneur de son courrier.

De 2000 à mars 2008, Jean Ziegler a été nommé rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation du Conseil des droits de l’homme de l’Organisation des Nations unies (ONU). De 2009 à 2012, il a été membre du Comité consultatif de ce Conseil des droits de l'Homme, poste auquel il a été réélu en 2013 et en 2016. Il est vice-président de ce Comité consultatif depuis 2009.

Il est actuellement vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l'homme des Nations unies.

En 2001, Jean Ziegler a rédigé un rapport pour la Commission onusienne des droits de l'homme accusant Israël de mener des politiques qui « génèrent la faim et menacent les plus indigents de famine », qualifiant les soldats israéliens de « gardiens de camp de concentration » de Gaza en 2005. « En 2006, après la Guerre du Liban, Jean Ziegler  s'auto-saisit pour aller enquêter au Pays des Cèdres sur les violations du droit à l'alimentation des Libanais de la part des Israéliens, bien que 4 experts du Conseil des droits de l'homme y aient été dépêchés afin de mener une enquête officielle pour le compte de l'agence onusienne ». En 2006, il a déclaré : « Je refuse de qualifier le Hezbollah d’organisation terroriste. C’est un mouvement de résistance nationale. Je peux comprendre le Hezbollah quand il kidnappe des soldats ». Jean Ziegler est membre du comité de parrainage du tribunal Russell sur la Palestine fondé en 2009.

En 2006, 2008 et 2011, UNWatch, des organisations de droits de l’homme, des Libyens victimes de violations des droits de l’homme, des parlementaires scandinaves ont exhorté le gouvernement suisse de retirer sa nomination à Jean Ziegler à son poste au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, d’expulser Jean Ziegler, d’enquêter sur la légalité des comptes bancaires liés au groupe genevois Nord-Sud 201 financé par la Libye et le fonds de dix millions de dollars déposés à Genève.

« Nommé une première fois en 2000 pour une durée de 3 ans, sous l'initiative de Cuba, « Rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation » par la Commission de l'ONU pour les droits de l'homme, Jean Ziegler n'a non seulement pas « cherché le consensus » - cela ne fait pas partie de l'ADN de ce sociologue-polémiste -, bien qu'il il le prétendît, pendant les 7 ans de son mandat renouvelé, il a aussi fait la preuve de sa partialité contre les Etats-Unis, en faveur de Cuba, sinon de son incompétence  ». Il a dénoncé en 2005 un prétendu « génocide » que commettraient les Etats-Unis à Cuba, mais éprouvait une « préoccupation » envers le génocide commis par le régime de Khartom.

Il a fustigé le capitalisme occidental qui « met la planète sous le scalpel de la destruction économique organisée » dans un désir de profit maximum. Or, les statistiques prouvent un déclin de la pauvreté mondiale. En 1820, « environ 85% de la population mondiale vivaient en pauvreté absolue  – soit vivant avec moins d’un dollar par jour. En 1950, ce taux a baissé à 50%. Et aujourd’hui, il avoisine les 20%. Quant à la globalisation, le revenu global moyen per capita a quasi-doublé au cours des 35 dernières années avec le cinquième le plus pauvre de la population augmentant leur revenu plus vite que le cinquième le plus riche ».

Sur 35 pays concernés en 2004, 17 avaient souffert d'une crise en raison d'actions humaines, et non de désastres naturels. Or Jean Ziegler mit en cause 34 fois les USA, mais jamais les responsables de 14 des 17 crises alimentaires d'origine humaine, jamais les dirigeants de pays à la population affamée en raison de la politique désastreuse de leurs dirigeants. Il demeura inactif à l’égard des victimes de ces famines. Ont ainsi été délaissés le Burundi, la République Centre-africaine, la République du Congo, la République démocratique du Congo, la Côte-d'Ivoire, l'Erythrée, la Guinée, Haïti, le Liberia, la Tchétchénie, la Sierra Leone, la Somalie, la Tanzanie et l'Ouganda. 

Wikileaks a révélé que depuis les années 2000 les dirigeants du Programme alimentaire mondial (PAM), dont le Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), James Morris en 2002 ont alerté le Secrétaire général de l’ONU sur l’incompétence et les actions politiques de Jean Ziegler, Rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation. Ils lui ont reproché  d’entraver la lutte onusienne contre la faim, d’avoir « contribué à aggraver la situation des affamés, d’avoir multiplié les attaques contre les Etats-Unis, Israël, les multinationales et le système capitaliste - ce qui a dissuadé les donateurs indispensables au PAM -, de « faire de la politique avec l’assistance » ce qui est « profondément immoral », d’avoir fait des déclarations « profondément immorales » et « sans scrupules », de mener une « politique clairement provocatrice ayant eu un impact négatif sur la vie de ceux qui ont faim. Les déclarations publiques de M. Ziegler et les rapports qu’il a soumis au Secrétaire général témoignent d’un sérieux manque de compréhension de l’économie et des particularités des situations alimentaires dans les régions qu’il prétend analyser au nom du Haut Commissaire », ses déclarations personnelles contre les OGM, prononcées comme s’il parlait au nom de l’ONU. Le PAM a demandé – en vain – la destitution de Jean Ziegler   de son mandat de rapporteur spécial entre 2002 et 2008. Catherine Bertini avait alerté le Secrétaire général au sujet d’une déclaration pour le moins surprenante de Ziegler : celui-ci aurait affirmé que l’aide alimentaire à la Corée du Nord était détournée par les militaires; parallèlement, il aurait approuvé le retrait d’ONG telles que Médecins sans frontières, sous prétexte que le gouvernement refusait l’accès sans restrictions aux délégués des ONG à toutes les parties du pays. Le Secrétaire général d’alors, Kofi Annan, n’a jamais répondu. En octobre 2011, son successeur, Ban Ki-moon a été saisi d’une demande de destitution immédiate de Jean Ziegler de tous ses mandats onusiens, et Ziegler est resté en place ».

Aucune des ONG célèbres – Amnesty International, etc. - n’a critiqué Jean Ziegler qui bénéficie de majorités automatiques dans les instances onusiennes en sa faveur. Seul UNWatch a consacré un dossier intitulé Les Folies Ziegler à Jean Ziegler.

Ce membre honoraire du Conseil d'Administration de la Fondation France Libertés est Chevalier des arts et des lettres de la République française (1994) et Médaille d'or du Président de la République italienne.

Selon un biographe de Tariq Ramadan, Jean Ziegler aurait joué un  rôle majeur dans l'ascension de cet islamiste.

Au début des années 2020, il a été membre du « conseil scientifique » de l'Institut La Boétie lié à La France Insoumise (LFI) et co-présidé par Jean-Luc Mélenchon et Clémence Guetté.

« Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté »
Arte diffusa le 3 avril 2018 à 23 h « Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté » (Jean Ziegler - Der Optimismus des Willens) par Nicolas Wadimoff. 

« Depuis plus d'un demi-siècle, il est vent debout contre le capitalisme financier. De sa rencontre avec Sartre et « Che » Guevara, au milieu des années 1960, à ses missions actuelles pour l'ONU, portrait éclairant de Jean Ziegler, le plus célèbre des altermondialistes suisses ».

« La faim, c'est le crime organisé et on peut désigner les assassins. » À l'arrière d'une voiture, Jean Ziegler, 82 ans, rassemble ses notes et nous confronte avec des photos d'enfants au visage dévoré par le noma, une maladie de la malnutrition qui fait des ravages en Afrique ». 

« Au palais des Nations, le vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l'homme et ancien rapporteur spécial auprès de l'ONU sur la question du droit à l'alimentation monte au créneau contre l'avidité des « fonds vautours » qui mettent à genoux les services publics des pays endettés ». 

« À Munich, l'ancien professeur de sociologie de l'université de Genève et de la Sorbonne donne de la voix à la tribune lors d'une manifestation anti-G7 ». 

« Invité à La Havane avec son épouse Erica, il s'enthousiasme de l'organisation d'une coopérative agricole, discute avec les gens dans la rue, et loue, le temps d'une hospitalisation imprévue, le système de santé hérité du régime castriste ».

Jean Ziegler a participé aux travaux sur des déportés spoliés de leurs comptes bancaires en Suisse au profit de l'Allemagne nazie. Dans La Suisse, l'or et les morts (éditions du Seuil, 1997), Jean Ziegler explique comment les banquiers suisses ont contribué à financer la machine de guerre des nazis. « Sans les banquiers suisses, la Deuxième Guerre mondiale aurait été terminée plus tôt et des centaines de milliers d’être humains auraient eu la vie sauve. Ils ont fourni des milliards de francs suisses à Hitler, lui permettant d’acheter sur le marché mondial les matières premières stratégiques dont il avait besoin. Les profits astronomiques de la guerre ont ensuite fondé la puissance mondiale de la place financière helvétique. Des rapports de services secrets, surtout américains, récemment déclassifiés, révèlent la complicité active des banquiers suisses (marchands d’art, agent fiduciaire, bijoutiers, avocats d’affaires, etc.) qui ont recelé, « lavé » l’or que les SS avaient volé dans les banques centrales, les entreprises et les demeures privées des pays occupés, ou arrachés aux victimes des camps. Dans le même temps, le gouvernement suisse refoulait à ses frontières des dizaines de milliers de réfugiés juifs, les renvoyant parfois directement vers les bureaux SS. Jean Ziegler, l’un des meilleurs connaisseurs des rouages bancaires suisses, a mené l’enquête sur ces ahurissantes compromissions. Les documents sont accablants. Son livre – explosif, bourré de révélations et de récits à peine croyables – paraît simultanément en France et en Allemagne. »

« Nourri d'archives et d'entretiens réalisés entre 2015 et 2016, ce portrait éclairant revient sur les étapes marquantes de l'itinéraire politique du plus célèbre des altermondialistes suisses, de sa rencontre avec Sartre et « Che » Guevara, au milieu des années 1960, à ses missions actuelles pour l'ONU ». 

« Empruntant son titre à une citation du philosophe marxiste Antonio Gramsci (« Je suis pessimiste par l'intelligence et optimiste par la volonté »), le film que lui consacre le documentariste Nicolas Wadimoff, qui fut l'un de ses étudiants, ne laisse pas dans l'ombre erreurs et regrets, et met en lumière l'infatigable combat pour un monde plus juste d'un intellectuel qui, en une vingtaine d'ouvrages et plus un demi-siècle d'engagement, ne s'est pas fait que des amis ».

Ce documentaire a été présenté  le 1er décembre 2017 en ouverture de la 8e édition du Festival International du Cinéma d’Alger . C’était le deuxième documentaire du réalisateur suisse Nicolas Wadimoff diffusé en Algérie après la projection de son documentaire « Aisheen » sur la bande de Gaza, projeté lors des JCA (Journée Cinématographiques d’Alger) en 2011.


« Jean Ziegler, l’optimisme de la volonté » par Nicolas Wadimoff
France, Suisse, 2016
Sur Arte le 3 avril 2018 à 23 h

Visuels : © dreampixies 2016

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Les citations sur l'émission proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 3 avril 2018.