Citations

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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
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lundi 27 juillet 2026

« La marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir »

Le musée national de la Marine à Paris présente l’exposition « La marine et les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir » accompagnée du 46e Salon de la Marine. « À l’occasion des 400 ans de la Marine, l’exposition explore, à travers près de 150 œuvres - Claude Gellée dit Le Lorrain, Joseph Vernet, Théodore Gudin, Antoine-Léon de Morel‑Fatio, Édouard Manet, Félix Ziem, Paul Signac, Albert Marquet, Mathurin Méheut, Marin‑Marie -, les liens entre création artistique, pouvoir et imaginaire maritime du XVIIe au XXe siècle, ainsi que la variété des statuts des peintres. »

« Dans le cadre de l’anniversaire des 400 ans de la Marine en 2026, le musée national de la Marine invite à poser un nouveau regard sur les peintres du XVIIe au XXe siècle qui ont été les témoins de l’évolution du monde maritime et de la conquête des mers. »

« Ce sujet méconnu du grand public, encore peu voire jamais abordé, est traité de manière chronologique à travers près de 150 peintures et plus de 90 artistes. La scénographie se déploie depuis l’essor de la Marine sous Louis XIII jusqu’aux visions modernes du siècle dernier, en assumant des accrochages denses et de grands formats immersifs. »

« À partir du XVIIe siècle, l’affirmation du pouvoir souverain se manifeste aussi à travers les arts. Alors que la spécificité du genre de la peinture de marine, rattaché au paysage, insuffle une nouvelle perception de la mer, des navires et des milieux maritimes, des peintres sont mobilisés à travers les époques pour magnifier les images de la Marine et de l’univers marin : Claude Gellée dit Le Lorrain, Joseph Vernet, Théodore Gudin, Antoine-Léon de Morel‑Fatio, Édouard Manet, Félix Ziem, Paul Signac, Albert Marquet, Mathurin Méheut ou encore Marin‑Marie. »

« Outre la diversité des genres, du pittoresque au drame historique, le parcours s’intéresse aux relations entre art et pouvoir, à travers la façon dont le monde militaire marin et l’Histoire navale ont été représentés. Le public est invité à comprendre les liens, parfois complexes, entre la Marine et les artistes, l’évolution de leurs rôles, la singularité de leurs parcours et la variété de leurs statuts : peintres pour les mers du roi, peintres de la Marine du roi, puis peintres inscrits en 1830 sur la liste des officiers de la Marine (on dit aussi « sur l’Annuaire de la Marine »), avant la création d’un statut de peintres du département de la Marine en 1920, préfiguration du corps des Peintres communément appelés désormais Peintres officiels de la Marine (POM), sans oublier ceux qui ont travaillé autour des institutions militaires et artistiques. »

Le commissariat de l’exposition est assuré par  Bertrand de Sainte-Marie, conservateur en chef du patrimoine, chef du service de la Conservation du musée national de la Marine Inès d’Arche de Pessan, assistante de conservation, chargée de recherche et d'étude d'exposition au musée national de la Marine. 

Le Comité scientifique, placé sous la présidence de Thierry Gausseron et Marion Veyssière, directeur et directrice adjointe du musée national de la Marine, est composé de :
— Émilie Beck-Saiello, maîtresse de conférences en histoire de l’art moderne, université Sorbonne Paris Nord, laboratoire Pléiade, habilitée à diriger des recherches
— Contre-amiral (2s) François Bellec, de l’Académie de Marine
— Denis-Michel Boëll, conservateur général du patrimoine, ancien directeur adjoint du musée national de la Marine
— Jean‑Claude Boyer, chargé de recherche honoraire au CNRS
— Olivier Chaline, professeur d'histoire moderne, Sorbonne Université, directeur de la FED 4124 Histoire et archéologie maritimes
— Stéphane Guégan, conseiller scientifique auprès de la présidence du musée d’Orsay
— David Mandrella, historien de l’art
— Contre-amiral David Samson, président du jury du 46e Salon de la Marine, commandant du Pôle Écoles Méditerranée
— Magali Théron, maître de conférences en Histoire de l’art Moderne, Université d’Aix‑Marseille

Le musée propose une programmation culturelle : ateliers peinture, visites guidées, la conférence inaugurale « La Marine et les peintres » et celle « L'histoire maritime à travers les sortilèges de la peinture », et un salon littéraire en musique.

Le Colloque "Les marines avant la Marine" a été organisé en partenariat avec l'Académie de marine. « Si l'édit de Saint-Germain marque la naissance d'une Marine d'État en 1626, des éléments antérieurs ont joué un rôle dans sa mise en oeuvre par Richelieu. En parcourant près de 500 ans d'histoire, des Rôles d’Oléron (fin du XIIe siècle) jusqu'au XVIIe siècle, une dizaine d'intervenants raconteront comment la France a très tôt déployé des actions dans le domaine maritime. Des sujets multiples y ont été abordés :
— L'architecture et la construction navale au xive siècle
— Les coutumes et usages des gens de mer en France du Ponant à la fin du Moyen Âge
— La marine du Levant sous François Ier et Henri II
— Les antécédents des grands voyages d’exploration des xvie et xviie siècles
— L’information hydrographique et la cartographie marine en France avant Colbert
— Richelieu et la mer
— Les modèles de navires dans l'orfèvrerie européenne au xvie siècle
— Les marines avant la Marine dans les collections et la bibliothèque du musée national de la Marine ».

Avec la participation du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

Prêteurs
— Angers, musée d'Angers
— Auxerre, musées d’Auxerre
— Baltimore, Baltimore Museum of Art
— Bordeaux, musée des Beaux-arts
— Caen, musée des Beaux-arts
— Cherbourg-en-Cotentin, bibliothèque Jacques Prévert
— Cherbourg-en-Cotentin, musée Thomas-Henry
— Clermont Auvergne Métropole, musée d'art Roger Quilliot
— Douai, musée de la Chartreuse
— Fontainebleau, château de Fontainebleau
— Guéret, musée d'art et d'archéologie
— Grenoble, musée de Grenoble
— La Rochelle, collection des musées d’Art et d’Histoire
— Londres, Royal Museums Greenwich
— Maisons-Laffitte, centre des monuments nationaux, château de Maisons-Laffitte
— Marseille, musée des Beaux-arts
— Narbonne, Palais-Musée des Archevêques
— Orléans, musée des Beaux-arts
— Paris, centre des monuments nationaux, Hôtel de la Marine
— Paris, centre national des arts plastiques
— Paris, collection du ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères
— Paris, collection Sylvie David-Rivérieulx
— Paris, Madame Marguerite Louradour
— Paris, Monsieur des Acres de L’Aigle
— Paris, ministère des Anciens combattants / Marine nationale
— Paris, musée du Louvre, département des Peintures et des Arts graphiques
— Paris, musée d’Orsay
— Rouen, musée des Beaux-Arts
— Sceaux, Château de Sceaux, musée départemental
— Tours, musée des Beaux-Arts
— Versailles, Famille Boucher

Une exposition labellisée « 400 ans de la Marine », réalisée avec le soutien du Cercle Neptune, le club des mécènes du musée national de la Marine. 

Port-Louis – Machines des mers : Les inventions (extraordinaires) d’Henri Dupuy de Lôme
Du 22 mai au 15 novembre 2026
« La saison spéciale « L’appel des profondeurs » commencera à la Citadelle de Port-Louis par une exposition dédiée à Henri Dupuy de Lôme (1816-1885), concepteur du Gymnote, premier sous-marin opérationnel français, à qui l'ont doit également l'invention du procédé de la cuirasse. En écho aux 400 ans de la Marine, le musée proposera au public une immersion au cœur des grandes innovations qui ont transformé la marine française de la seconde moitié du XIXe siècle et ont permis d’affirmer la puissance navale de la France. »

Brest – Le dessous des mers. L’aventure de la cartographie sous-marine
Du 26 juin 2026 au 7 mars 2027
« Présentée au musée national de la Marine à Brest, la deuxième exposition du cycle thématique « L’appel des profondeurs » sera consacrée à l’histoire de la cartographie sous-marine et à l’évolution de ses enjeux au fil du temps. »

Rochefort – Au poste de plongée ! L’aventure des premiers submersibles
Du 25 septembre 2026 au 2 janvier 2028
« L’appel des profondeurs » à Rochefort sera l'occasion de s'intéresser aux origines des premiers navires submersibles militaires, dont l'histoire est intimement liée à l'arsenal charentais.

Toulon – Plongée(s) dans l'inconnu. L'aventure sous-marine en Méditerranée
Du 18 novembre 2026 au 27 juin 2027
« Dernier volet de la saison thématique « L’appel des profondeurs », l’exposition du musée national de la Marine à Toulon mettra en lumière l'un des berceaux de l'exploration des fonds marins : le littoral méditerranéen. »

Colloque "400 ans d'opérations navales"
Lundi 19 octobre, 9h-17h30
Auditorium, gratuit sur réservation
Le colloque se poursuit mardi 20 octobre à La Sorbonne
En partenariat avec la Marine nationale, le SHD, Sorbonne Université, l’École navale avec le soutien de la Direction de la mémoire, de la culture et des archives (DMCA)
« Durant deux jours, ce colloque international invite à une réflexion sur quatre thématiques récurrentes des opérations navales : protéger, surveiller, perturber les routes maritimes ; frapper depuis la mer ; débarquer ; durer en opérations. Une dizaine de spécialistes de ces thématiques - marins, militaires, industriels, chercheurs, universitaires, historiens, économistes ou encore sociologues - échangeront sur les tendances, les lignes de force et les enseignements de ces enjeux, en associant la profondeur historique des 400 ans de la Marine à un regard contemporain, à la fois opérationnel, économique, historique, technique et social. »

Coédité par le Musée national de la Marine et les Éditions Sans égal, le catalogue de l’exposition "retrace quatre siècles d'art pictural consacré au fait naval français et révèle son rôle dans la construction de l'imaginaire et de l'histoire de la marine militaire. De Claude Lorrain à Marin-Marie, de Vernet à Manet et Signac, il explore les relations entre les peintres et le pouvoir à travers les représentations de l'histoire navale, et invite à redécouvrir les enjeux maritimes comme un territoire majeur de l'histoire de l'art." Il comprends 216 pages, 140 illustrations, et coûte 36 €.

Auteurs
Bertrand de Sainte-Marie, conservateur en chef du patrimoine, chef du service de la Conservation au musée national de la Marine, et directeur de l'ouvrage
Inès d'Arche de Pessan, assistante de conservation, chargée de recherche et d’étude d’exposition au musée national de la Marine
Émilie Beck Saiello, maîtresse de conférences en histoire de l’art moderne, université Sorbonne Paris Nord, laboratoire Pléiade,
habilitée à diriger des recherches
François Bellec de l’Académie de marine
Denis-Michel Boëll, conservateur général du patrimoine, ancien directeur adjoint du musée national de la Marine
Jean-Claude Boyer, chargé de recherche honoraire au CNRS
Olivier Chaline, professeur d’histoire moderne, Sorbonne Université, directeur de la FED 4124 Histoire et archéologie maritimes
Benjamin Couilleaux, conservateur en chef du patrimoine, responsable du département décors, mobilier et arts décoratifs
au musée Carnavalet – Histoire de Paris
Marine Désormeau, chargée des collections de photographies, musée national de la Marine
Rémi Freyermuth, chef de la cellule conservation de la délégation au patrimoine de la Marine, Marine nationale
Stéphane Guégan, conseiller scientifique auprès de la Présidence du musée d’Orsay
David Mandrella, historien de l’art
Sarah Montebello, doctorante en Histoire, université Sorbonne Paris Nord, laboratoire Pléiade
François Robichon, professeur émérite d’histoire de l’art, spécialiste d’iconographie historique et militaire

Sommaire
— Le geste pictural et la Marine de France, de 1626 à 1870
Bertrand de Sainte-Marie
— Les enjeux d’une marine d’État
Olivier Chaline
— Peintres néerlandais de marines en France au Grand Siècle
David Mandrella
— Peindre la mer en France au xviiie siècle
Émilie Beck Saiello
— Peindre à la plage : Courbet, Boudin et Manet avant 1870
Stéphane Guégan
— La Marine nationale sous la Troisième République (1870-1914)
François Robichon
— Une spécificité française : les Peintres officiels de la Marine
François Bellec de l’Académie de marine


Parcours de l'exposition

« L’exposition suit une progression chrono-thématique et explore les enjeux historiques et esthétiques, selon les contextes politiques, militaires et académiques. Cette peinture de marine a connu des métamorphoses et des analyses critiques contrastées : cette expression hybride tributaire du paysage, à travers les influences nordiques et italiennes, conquiert une transcription de plus en plus sensible, impressionniste et imaginative de la mer. Elle se nourrit des codes de la peinture de bataille pour représenter les batailles navales historiques et modernes mais aussi de la rhétorique de la peinture savante qui mêle la fable et l’histoire, que ce soit pour des grands décors ou des portraits historiés.

L’apogée du fait moderne après la Révolution française se retrouve ainsi dans les peintures de bataille navale classique, dans le sillage du génie de Joseph Vernet au XVIIIe siècle. La bataille navale n’est pas la seule catégorie du genre naval. Le portrait de navire, la vue de port ou d’arsenal et surtout la fête maritime constituent les autres registres de ce répertoire où la Marine est célébrée ou à travers lesquels elle promeut ses équipements ou sublime les limites et les échecs du fait naval.  »

— 1626 : l’essor de la Marine française au service du pouvoir

« L’exposition commence en octobre 1626, lorsque le roi Louis XIII octroie au cardinal de Richelieu, son principal ministre depuis deux ans, la charge de « Grand Maître, Chef et Surintendant général de la navigation et commerce de France ».

« Avant cette date, il n’existe pas de véritable corps de la marine de guerre. La création d'une Marine permanente devient nécessaire, à la fois pour renforcer les frontières maritimes du royaume, mais aussi pour participer à la maîtrise des mers et se hisser au rang des grandes puissances du temps, aux côtés des Provinces-Unies, de l'Espagne, l'Angleterre, Venise ou l'Empire ottoman.»

« Louis XIII unifie et centralise le pouvoir sur mer. Il écarte, en faveur de Richelieu, les grands seigneurs amiraux tels que Charles Ier de Lorraine duc de Guise, amiral du Levant, qui assure la retraite de l'escadre anglaise à La Rochelle. Le cardinal Grand-Maître recrute des gentilshommes pour les former « au fait de la marine et de la navigation » et nomme à la tête de son escadre des officiers issus de l'Ordre de Malte. Le portrait immortalise ces princes et chevaliers marins comme le duc de Beaufort, Jean des Acres ou le chevalier Paul qui servent à la mer. »

« À la demande du roi et du cardinal, une rhétorique symbolique et allégorique du pouvoir se développe autour du maritime. Le cardinal s’approprie la figure d’Hercule et le symbole de l’ancre de marine. Le sujet naval bénéficie alors de la scène artistique parisienne marquée par une forte présence d’artistes nordiques, surtout flamands, qui maîtrisent la peinture de marine. »

Subdidit oceanum « Il a vaincu l’océan »
« Au milieu de la guerre de Trente Ans, le siège de La Rochelle (septembre 1627 - octobre 1628), place de sûreté du parti protestant soutenue par les Anglais, constitue une victoire militaire et politique majeure d’une grande portée artistique. Louis XIII, qui a conduit ce siège avec le cardinal de Richelieu, confie à Jacques Callot, en 1629, des gravures sur l’attaque du fort de Saint-Martin-de-Ré et le siège de La Rochelle. De nombreux peintres français, flamands et hollandais, anonymes ou non, s’inspirent de ce travail : vues à vol d’oiseau, paysage de marine et bataille terrestre et navale. »

« Le ravitaillement de l’Île de Ré par Claude de Razilly en 1627 est commandé plus tardivement par le roi et Richelieu à Claude Vignon, en 1642, pour en faire don à cet héroïque officier de marine, membre de l’Ordre de Malte, qui a soutenu le feu de l’escadre anglaise. Cette peinture est l’une des premières marines qui mêle le portrait mythologique, celui des époux Razilly, l’allégorie politique, avec l’inscription latine Subsidit oceanum, la bataille navale et le portrait du navire de guerre de haut-bord La Couronne, en service de 1637 à 1643. Ce mélange des sujets et des chronologies glorifie la politique navale du cardinal. »

« La fusion de la tradition nordique du paysage maritime et des paysages antiquisants italiens, qui atteignent leur sommet avec Claude Gellée dit Le Lorrain, trouve sa place à l’Académie royale de peinture et de sculpture, fondée à Paris en 1648, grâce aux « peintres du Roy pour les mers ».

— La magnificence de la puissance navale
« Après la victoire sur la Fronde et la mort du cardinal Mazarin, le jeune Louis XIV nomme Jean-Baptiste Colbert ministre, puis secrétaire d’État à la Marine en 1669, qui succède à l’intrépide duc de Beaufort. Colbert dote le royaume d’une puissante armée navale. »

« L’Académie royale de peinture et de sculpture accueille des artistes chargés de représenter les hauts faits maritimes du roi. Premier peintre du roi « pour les mers », Matthijs Van Plattenberg, dit Matthieu de Plattemontagne, né à Anvers en 1608, rejoint l’Académie dès 1648. Suivront le génois Francesco Maria Borzone et le hollandais Jan Karel Donatus van Beecq dont les batailles navales ornent les maisons royales. Charles Le Brun et Pierre Mignard rivalisent dans le langage allégorique maritime pour les décors du Louvre et de Versailles. »

«  Remarqué par le cardinal Mazarin, Jean-Baptiste de La Rose porte en 1667 le titre de « maître peintre entretenu par le Roy ». Ses vues de ports allient paysage italien, activités portuaires et réalisme topographique. Son succès sur les chantiers navals de Toulon et Marseille s’étend auprès des collectionneurs comme le secrétaire d’État à la Marine Colbert de Seignelay. La Rose et son fils Pascal exécutent aussi des décors intérieurs de vaisseaux. »

« Entre 1670 et 1680, cinquante-cinq peintres travaillent à l’arsenal de Toulon. L’esthétisation du fait naval est à son apogée. Pierre Puget et Jean Bérain fournissent des portraits de vaisseaux, notamment le Soleil royal, navire amiral qui participe à la victoire du Cap Béveziers sur les Anglo-hollandais en 1690 et connaît une fin tragique deux ans après. »

« La rareté des œuvres conservées de Jean-Baptiste de La Rose rend l’appréciation globale de son corpus difficile. Pourtant, Le Port de La Ciotat en 1664 illustre parfaitement sa technique et son inspiration classique, héritée de la tradition italienne portée par Claude Lorrain (1600-1682) et Salvator Rosa (1615-1673), dans la production duquel le paysage de marine est traité comme une fenêtre ouverte sur le monde. Dans cette toile, La Rose propose un paysage de marine rappelant les capriccio : l’artiste y dépeint une scène contemporaine ponctuée de ruines imaginaires, tout en y insérant des éléments topographiques reconnaissables de La Ciotat, à l’image du Bec de l’Aigle.
La Rose joue habilement avec les contrastes lumineux pour rythmer sa toile. La composition s’appuie sur une structure diagonale où les zones d’ombre s’opposent aux éclats de lumière, à l’instar du chantier naval à droite, guidant ainsi le regard vers les points névralgiques de l’activité portuaire. Au XVIIe siècle, ces vues de ports sont particulièrement prisées, autant pour leur esthétique que pour leur valeur de témoignage. Si le commanditaire demeure inconnu, la présence du chantier naval suggère une oeuvre destinée à un officier de haut rang, membre de la Marine royale. »
Texte tiré du catalogue de l'exposition. Auteur : Sarah Montebello,
Doctorante en histoire, université Sorbonne Paris Nord, laboratoire Pléiade

— Un moment de perfection de l’art pour la Marine royale
« Les bénéfices de la paix sous la Régence et au début du règne de Louis XV, puis les revers de la flotte française lors de la guerre de Sept Ans, reportent l’attention sur les ports qui symbolisent l'expansion économique. Si la marine de guerre apparaît dans les morceaux de réception académique, chez Adrien Manglard comme chez Joseph Vernet, la vogue des points de vue depuis le rivage répond au goût des amateurs et des marchands. Ce siècle est autant celui d’un art unissant grand genre, vraisemblance et naturel que celui des sciences, notamment en matière de navigation. »

« L’Académie royale de peinture et de sculpture accueille Vernet avec zèle. L’emblématique série des Ports de France de ce dernier, commandée en 1753 par Louis XV, met en image un rêve grandiose de prospérité et de puissance. Les suiveurs de Vernet tels que les frères Ozanne, ou encore Jean-François Hue, propagent l’art maritime et sont en faveur à la cour. »

« Le duc de Choiseul, nommé ministre de la Marine en 1761, amorce le redressement de la flotte qui s’accentue sous Louis XVI. Formé aux enjeux maritimes et féru d’expéditions lointaines, ce dernier confie la Marine au maréchal de Castries qui assure la victoire française lors de la guerre d’Indépendance américaine, grâce à des officiers tels que d’Estaing, Suffren, De Grasse, La Motte-Picquet ou Du Couëdic. L’officier de marine Auguste-Louis de Rossel, quittant sa carrière de marin pour la peinture, reçoit du roi la commande des victoires navales du conflit, inscrivant au pinceau cette revanche dans l’Histoire. »

« Le Combat naval de l’île de la Grenade, 6 juillet 1779 décrit la victoire de la France sur l'Angleterre lors d'un épisode célèbre de la guerre d’Indépendance américaine. En 1779, l'escadre commandée par le vice‑amiral Charles Henri d’Estaing livre une bataille contre les forces anglaises au large de Grenade, aux Antilles. La victoire de la Marine sur la Royal Navy permet de conquérir l'île de la Grenade et connaît un large écho en métropole. Répondant à une commande de Louis XVI, Jean-François Hue représente les derniers instants du combat, avec un grand souci de réalisme et d’exactitude historique. Au premier plan, un vaisseau anglais démâté navigue sous gréement de fortune ; tandis qu'au second plan, la ligne anglaise, rompue, fait face à la flotte française qui poursuit sa manoeuvre et montre ainsi son avantage durant l'affrontement. »
Source : Les Chroniques des Amis de Versailles - le magazine des amis du château

— La Marine et l’irruption de l’Histoire dans l’art
« La Révolution française ouvre un siècle passionné d’Histoire et d’actualité. Si la Marine révolutionnaire, puis impériale ne parvient pas à vaincre l’Angleterre, elle trouve dans la peinture de bataille navale le moyen de magnifier les actes de courage. Par le portrait, René Théodore Berthon célèbre le vice‑amiral Decrès, nommé ministre par Napoléon Ier, et Jean-François Millet décrit vers 1845 de manière naturaliste Aimable Gachot, lieutenant de vaisseau. Les héritiers de Vernet que sont Hue, Louis-Philippe Crépin et l’anversois Mathieu Ignace Van Brée mettent en scène la force navale de l’Empire. »

« Sous la Restauration, le romantisme sombre de Théodore Géricault s’empare du naufrage de la Méduse et projette le Salon de 1819 en pleine mer. Les peintures de marine et d’histoire navale (Crépin, Pierre-Julien Gilbert, Ambroise Louis Garneray) se nourrissent de la référence à Vernet, régénérée par l’énergie romantique (Théodore Gudin, Eugène Isabey, Paul Huet) et l’influence anglaise (John Constable, Richard Parkes Bonington, William Turner) lors du Salon de 1824 qui présente le portrait du duc d’Angoulême, Grand Amiral de France, en généralissime de l’armée d’Espagne. Corsaire devenu « peintre pour les marines » de ce dernier, Garneray peint les côtes et ports de France, pour la gravure et leur diffusion. »

« Après l’expédition d’Alger de juin 1830, Crépin et Théodore Gudin deviennent peintres du ministère de la Marine. Proche de Louis-Philippe d’Orléans, Gudin s’affirme en maître du fait naval. Eugène Delacroix et François‑Auguste Biard, pour le genre historique rétrospectif, et Horace Vernet, Gudin et Antoine‑Leon Morel-Fatio, pour les sujets navals, participent aux galeries historiques du château de Versailles que le roi Louis-Philippe conçoit en vue de la réconciliation nationale. La IIe République poursuit les commandes de peintures d’histoire, célèbre l’abolition de l’esclavage et consacre l’essor de la peinture de genre et de paysage. »

« En 1834, Louis-Philippe commande à Eugène Delacroix, pour la Galerie militaire du Musée historique du château de Versailles, ce portrait rétrospectif et historiciste du comte de Tourville, vice-amiral et maréchal de France et célèbre héros de la Marine royale de Louis XIV. Ce portrait reprend la sculpture représentant le vice-amiral et commandée par le comte d’Angiviller en 1779 qu’il ordonna à Houdon.
La pose de Tourville que lui réserve Delacroix est élégante et empreinte des manières de la Cour, malgré son armure, quand la sculpture de Houdon transcrit un Tourville fougueux et batailleur.
Ouvrant l’arrière-plan vers un paysage de marine au ciel nuageux aux accents romantiques, Delacroix aborde ici l’Histoire nationale à travers ce grand marin victorieux à Béveziers en 1690. »
Texte tiré du catalogue de l'exposition. Auteur : Bertrand de Sainte-Marie, conservateur en chef du patrimoine, chef du service de la Conservation du musée national de la Marine

— L’ancre et le pinceau sous le Second Empire et la IIIe République
« L’arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte, qui devient Napoléon III en 1852, favorise les innovations techniques et scientifiques en matière navale. Jean-Baptiste Durand‑Brager, élève d’Isabey, peint cette renaissance de la flotte à l’occasion de la guerre de Crimée. Son élève Pierre-Émile de Crisenoy, à la suite de Morel-Fatio, devient en 1867 le deuxième et dernier peintre du ministère de la Marine sous le Second Empire. »

« Les commandes de tableaux valorisent les expéditions coloniales à travers le monde. La peinture d’histoire ou contemporaine navale hérite d’une tradition de composition équilibrée, offrant une vue large du champ de la scène, une vraisemblance visuelle et une lisibilité des navires. Elle évolue vers le genre, le décoratif et l’histoire sociale, confrontée à la révolution réaliste (Gustave Courbet, Édouard Manet), naturaliste et impressionniste, par la force du sujet moderne. La peinture militaire, genre nouveau qui s’affirme après 1870, s’attache à la figure du marin. »

« Le tableau de marine est vu par les critiques d’art comme un genre toujours assimilé au paysage et minoré dans les comptes rendus de Salon. Les thèmes traités par les peintres pour la Marine de la République sont la fête maritime, les parades d’escadres dans le cadre diplomatique, l’expansion coloniale et des événements tels que le décès de l’amiral Courbet, considéré comme un héros national. Les peintres illustrent aussi les stratégies navales, à l’image de Paul Jobert qui promeut le torpilleur. La IIIe République commande et achète ainsi des œuvres mettant sa flotte à l’honneur. »

« Pendant possible d’une Vue de Calais contemporaine, et preuve que le peintre se montre sensible à la politique portuaire du Second Empire, l’oeuvre du musée d’Orsay se distingue des autres marines réalisées au cours de ses nombreux séjours balnéaires. Sous un titre apocryphe qui convient mal à sa note presque endeuillée, elle confirme l’ouverture de la peinture de Manet à une véritable dimension sociale, moins caractérisée chez lui le plus souvent. En attente de leurs maris ou de leurs parents partis en mer, un groupe de femmes à coiffes traditionnelles, serrées les unes contre les autres, mobilisent potentiellement la compassion du spectateur. Inspirée par les nocturnes du XVIIe siècle flamand et hollandais, l’oeuvre, de facture souple et douce, associe amèrement l’angoisse des femmes et la nuit magnétique. »
Texte tiré du catalogue de l'exposition. Auteur : Stéphane Guégan, Conseiller scientifique auprès de la Présidence du musée d’Orsay

— Le statut des peintres et la diversité des inspirations
« La transition de la peinture d’histoire navale vers la peinture militaire se manifeste chez Léon Couturier qui s’attache à la figure du marin. À l’apogée de sa carrière, Félix Ziem peint, sous le soleil de Toulon comme son ami François Nardi, la visite du président Émile Loubet aux escadres en 1901. Charles Fouqueray, peintre voyageur de marine et d’histoire, Lucien Simon et Eugène-Louis Gillot s’impliquent dans la communauté des peintres de la mer. La nomination de Paul Signac comme peintre de la Marine en 1915 marque l’infléchissement en faveur des tendances postimpressionnistes, cézaniennes, fauves (Albert Marquet) et cubistes (André Lhote). »

« Pendant le conflit mondial, la Marine missionne les artistes dans les ports et l’armée navale. Le décret du 10 avril 1920 autorise le ministre de la Marine à décerner le titre de « Peintre de département de la Marine ». Les peintres peuvent ajouter une ancre à leur signature et effectuer des missions sur les navires et dans les ports. En 1931, Simon, Fouqueray, Jean-Louis Paguenaud et Du Gardier réalisent les décors du Cercle naval de Toulon. Albert Brenet et Marin‑Marie, embarqués dès les années 1930, poursuivent leurs missions après la Libération, tout en abordant différentes marines. Les représentations héroïques laissent place à de nouvelles expressions qui caractérisent une modernité picturale compatible avec les formules réalistes des sujets maritimes. De Charles Lapicque, engagé dans l’étude des couleurs, à Arnaud d'Hauterives et Michel Bez qui pratiquent un réalisme utopique, les pratiques se diversifient chez les artistes pour lesquels le décret de 1981 officialise le titre de « Peintre des armées, spécialité Marine ».

« Les jeunes années d’Albert Marquet entre Bordeaux et le bassin d’Arcachon influencent sa carrière de peintre des quais et du littoral. Grand voyageur, des rivages français aux pourtours du Proche‑Orient, Marquet célèbre les bords de Seine, les ports d’Europe et les littoraux du Maghreb.
Le Sergent de la coloniale représente, comme le trahit son uniforme à large galon d’or hérité de la Grande Armée, un plus modeste caporal-fourrier. Le modèle, à ce jour anonyme, pose avec autant de nonchalance que de distinction, assis sur un simple tabouret dans une pièce pour le moins dépouillée. La touche large, le coloris sombre et la silhouette cernée se découpant sur un fond neutre témoignent de la dette évidente de Marquet à l’égard de l’oeuvre de portraitiste d’Édouard Manet. »
Texte tiré du catalogue de l'exposition. Auteur : Benjamin Couilleaux, Conservateur en chef du patrimoine, responsable du département décors, mobilier et arts décoratifs au musée Carnavalet – Histoire de Paris

D’un Salon à l’autre : le processus de création du Salon de la Marine

« Depuis le XVIIe siècle, le Salon de peinture et de sculpture a consacré des carrières d’artistes et rythmé la vie des arts, jusqu’en 1881. La IIIe République met alors fin au monopole de l’Académie des beaux-arts sur le Salon, renommé Salon des artistes français. S’ensuit l’apparition d’autres sociétés d’artistes, comme la Société nationale des beaux-arts, le Salon des indépendants ou le Salon d’automne. »

« La plupart des peintres de la Marine ont participé au Salon officiel, puis aux suivants. Les artistes les plus attachés à la Marine fondent en 1900 une association amicale ayant pour but de créer un « Salon de la mer ». Fouqueray fonde en 1905 la Société des peintres de Marine afin d’aider « au développement de la marine française ». La Société nationale des beaux-arts de la mer est créée en 1924, à l’initiative du peintre Gillot, avec le haut patronage du ministre de la Marine Georges Leygues. Les artistes Philippe Dauchez et Simon s’y impliquent et Mathurin Méheut, Léon Haffner, Lucien-Victor Delpy, Auguste Matisse et Gustave Alaux participent à ces Salons tenus à la galerie Zivy, avenue Montaigne à Paris. »

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement de Vichy instrumentalise ces aspirations à des fins de propagande. Cette période s’accompagne également d'une guerre complexe des images, entre celles des artistes sollicités ou reconnus par le régime de Vichy, ceux qui rejoignent ou soutiennent les Forces navales françaises libres (FNFL) ou les défenseurs de la « Belle Marine » de 1939. C'est dans ce contexte qu'est inauguré en 1942 le premier Salon de la Marine, suivi en 1943 du deuxième Salon, organisé au musée national de la Marine qui a quitté Le Louvre pour le Palais de Chaillot. Après la Libération, les expositions et les Salons de la Marine au Palais de Chaillot reprennent. Le Salon témoigne depuis de la variété des expériences maritimes et des expressions artistiques modernes, de la persistance des sujets historicistes aux explorations individualistes, réalistes, hyperréalistes et abstraites. »

Peintres embarqués et reporters
« Les peintres du département de la Marine peuvent être embarqués sur les bâtiments de la flotte nationale et invités à la table des officiers. Les peintres‑reporters servent la cause de la Marine et certains sont correspondants de guerre : Delpy, Brenet, Marin-Marie ou Roger Chapelet. Méheut s’attache à la vie des communautés littorales, tandis que Brenet développe une vision objective du travail humain et prend part aux manoeuvres. Il cale son chevalet sur les navires de guerre français, sur un trois-mâts barque ou sur les remorqueurs de New‑York. Embarqué dès 1935 sur un cuirassé, il décrit par la gouache une des cinq tourelles doubles de la Provence pendant un exercice de pointage et de chargement. Éternel voyageur et hanté par les défis de l’océan, l’artiste suit les carénages et partage les quarts de nuit en haute mer. Embarqué avec le commandant Charcot à bord du Pourquoi pas ?, Marin-Marie peint d’après nature les mouvements de la mer. Signac, Fouqueray, Brenet et André Hambourg ont ainsi restitué sur le vif des centaines de motifs, d’expériences visuelles et de sensations sur leurs carnets lors de leurs voyages, opérations navales et explorations. Sans être peintre du département de la Marine, Jean Badeuil documente les missions de Jean-Baptiste Charcot à bord du Pourquoi Pas ? à partir de 1934 et jusqu’au naufrage de 1936. Son corps et sa boîte de couleurs sont retrouvés après le naufrage, impliquant concrètement l’art dans la dimension tragique de l’aventure humaine. »

Les collections en mouvement : restaurations, acquisitions, dépôts
« La peinture tient une place singulière dans les collections du musée. Au fil de l’histoire du premier musée naval, au sein du musée du Louvre, les peintures sont déjà présentes, parmi les modèles et les maquettes de navires. Elles le sont également dans les musées des arsenaux des ports. »

« L'exposition La Marine & les peintres. Quatre siècles d'art et de pouvoir a été l'occasion pour le musée de compléter et mieux connaître ce fonds. En effet, près de la moitié du corpus de l'exposition, soit plus de soixante pièces, provient des collections du musée. Parmi celles-ci, une quarantaine a fait l'objet de restaurations (peintures, arts graphiques et cadres). »

« Par ailleurs, le musée a enrichi son fonds grâce à l'acquisition de trois tableaux visibles dans l'exposition : Vue d'un port avec un navire en construction de Jean-Baptiste de La Rose (vers 1665) et Lancement d'un navire croiseur cuirassé à Toulon de Félix Ziem (deuxième quart du XIXe - début du XXe siècle). La préemption en vente publique du Portrait de Jean‑Paul de Saumeur, dit le Chevalier Paul (1597‑1667) permet de faire entrer dans les collections nationales le seul portrait connu (à l'exception d'un dessin à la sanguine conservé à la bibliothèque Méjanes d'Aix‑en-Provence) de cette grande figure des opérations navales françaises en Méditerranée et de la cour de Louis XIV. »

« Enfin, un dépôt exceptionnel de vingt-quatre peintures d'Ambroise Louis Garneray a été consenti par la Chambre de commerce et d'industrie régionale de Paris Ile‑de‑France, dont vingt‑trois sont présentées dans l'exposition. Cet ensemble s'inscrit dans une série, plus large, de vues de ports de France peintes au début du XIXe siècle, dans la lignée de la célèbre série de Joseph Vernet, réalisée un siècle plus tôt. »

46e Salon de la Marine

« Le 46e Salon de la Marine s’inscrit dans le cadre des 400 ans de la Marine nationale avec la thématique « 400 ans d’Art et de combat ». Il se tient du 13 mai au 2 août 2026, dans la continuité de l’exposition La Marine & les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir. »

« Unifiée et centralisée en 1626 par Louis XIII et le cardinal de Richelieu, la Marine de France protège les Français, sur tous les océans, depuis sa création. Ce sont quatre siècles d’engagement en mer, d’hommes et de femmes au service de la France, des Français et de leurs intérêts. 2026 marque ainsi le 400e anniversaire de la Marine nationale, célébré tout au long de l’année par de nombreuses manifestations qui mettront en avant cet héritage. »

« Le Salon est co-organisé par la Marine nationale avec le Centre d’études stratégiques de la Marine (CESM), l’association des Peintres officiels de la Marine et le musée national de la Marine. »

« Comme à chaque édition, le Salon compte trois volets : — une exposition des oeuvres des Peintres officiels de la Marine (POM) en activité ;
— une exposition d’oeuvres sélectionnées sur dossier par un jury, ouverte à tous les artistes et à toutes les sensibilités et pratiques artistiques ;
— un hommage aux Peintres officiels de la Marine disparus depuis la précédente édition, qui s’était exceptionnellement tenue à Brest, en 2021. »

« Ce sont au total 84 oeuvres qui sont ici réunies, dont 43 sélectionnées par le jury à l’issue de l’appel à concours. Toutes illustrent ainsi la continuité d’une tradition d’artistes témoins de leur temps, célébrant l’audace, le courage, l’esprit d’équipage et la recherche permanente d’innovation hérités de 400 ans de combat naval. »

— Les Peintres officiels de la Marine : des artistes au service de la Marine
« Dès l’Ancien régime, des artistes reçoivent des commandes d’oeuvres qui célèbrent et décrivent la marine de guerre, ses figures, ses batailles et ses arsenaux. En 1830, pour la première fois, deux peintres, Louis-Philippe Crépin (1792-1851) et Théodore Gudin (1802-1880) sont officiellement attachés au ministère de la Marine. Cette décision n’est fondée sur aucun texte mais est pourtant à l’origine du corps actuel des Peintres officiels de la Marine. En 1920, un premier décret institue le statut de peintre du département de la Marine. Plusieurs fois remanié et désormais interarmées, c’est un décret du 2 avril 1981 qui officialise le titre de « Peintre des armées, spécialité Marine ». Ces derniers sont nommés par le ministre des Armées sur proposition du jury du Salon. Ils ont rang d’officier et peuvent porter l’uniforme mais sans galon. Par tradition, ils sont appelés « Maître », et ont le privilège de pouvoir embarquer sur les bâtiments de la Marine nationale. Il faut distinguer les peintres agréés, nommés pour trois ans renouvelables, des peintres titulaires, pouvant être nommés après trois agréments successifs. Le titre de « Peintre » doit être compris au sens large : il réunit aussi des graveurs, des sculpteurs, des photographes et des hommes de cinéma.
« On compte aujourd’hui trente-huit POM qui mettent leur talent au service du rayonnement de la Marine. Pour cette 46e édition, trente-trois d’entre eux présentent une oeuvre. »

— Les candidats exposants
« Le Salon expose, outre les oeuvres des Peintres officiels de la Marine, le travail d’autres artistes ayant proposé leur candidature au concours organisé à l’automne 2025 par la Marine nationale. Chaque artiste propose une oeuvre correspondant à la thématique du Salon. »

« Pour cette 46e édition, quarante-trois artistes ont été sélectionnés par un jury composé de représentants des mondes maritime et culturel et présidé par le contre-amiral David Samson. Leurs oeuvres traduisent la diversité des regards portés sur la Marine nationale et la mer tant par les techniques utilisées (peintures, arts graphiques, photographies, bandes dessinées, sculptures et oeuvres digitales) que par les scènes et interprétations choisies. »

« Parmi ces artistes, certains postulent au titre de Peintre de la Marine. Ils font l’objet d’une sélection par le jury du Salon qui se réunit une deuxième fois pendant la tenue du Salon. Un décret signé du ministre officialise la nomination des lauréats. Quelques artistes sont également sélectionnés par ce même jury pour se voir remettre une distinction ou un prix au regard de la qualité de l’oeuvre qu’ils ont exposée. »

Hommage aux peintres disparus
« Depuis le précédent Salon de la Marine, présenté à Brest en 2021, huit Peintres officiels de la Marine ont disparu. Une section spéciale leur rend hommage en exposant une oeuvre de chacun d'entre eux, témoignant de leur regard artistique singulier sur le monde, la mer, la Marine et la communauté des gens de mer. »
— André Bailhache (1942-2025)
— Michel Bernard (1931-2022)
— Michel Hertz (1933-2022)
— Michel Jouenne (1933-2021)
— Michel King (1930-2025)
— Ronan Olier (1949-2020)
— Jacques Perrin (1941-2022)
— Jean-Paul Tourbatez (1942-2025) »

⚓ L'ancre de Marine, un symbole pour les Peintres
« L’ancre est l’un des signes distinctifs des Peintres officiels de la Marine qu’ils peuvent accoler à la signature de leurs oeuvres ou à leur nom d’artiste. Ce privilège leur a été octroyé par décret, le 8 avril 1953. Cette ancre, symbole d’un amarrage fort, traduit leur attachement à la Marine nationale et au monde de la mer. »


Avant-propos 
Texte tiré du catalogue de l'exposition

 Thierry Gausseron
Directeur du musée national de la Marine

« Il y a plus de 400 ans que la Marine a noué un pacte avec les arts. Et ce n’est pas seulement parce que la mer a généralement inspiré poètes, musiciens et peintres, depuis Homère, Baudelaire, Debussy, Turner et Courbet…
La Marine française fut aussi elle-même une muse pour de nombreux artistes dont certains ont été membres de son équipage : Victor Segalen, Pierre Loti, Théodore Gudin ou Jean Cras pour ne citer que nos préférés.
Reflets et instruments de quatre siècles d’histoire nationale, les chefs-d’œuvre rassemblés pour la première fois dans l’exposition « La Marine & les peintres. Quatre siècles d’art et de pouvoir » célèbrent judicieusement les noces d’un mariage somme toute assez exotique entre l’art et la Marine de guerre.
La Marine a également, en retour, eu recours aux artistes pour soigner son image, appelant les ornemanistes aux proues et aux poupes puis convoquant les Peintres officiels, « photojournalistes » de l’époque, pour la plus grande gloire du souverain et nos forces navales. L’État séducteur s’est ainsi appuyé sur la puissance universelle des images pour communiquer. De la même manière que l’art se met au service du politique, Trafalgar devient une bataille de pinceaux dans laquelle Turner et Mayer s’affrontent à quelques années d’écart par marines interposées pour le plaisir tranquille des visiteurs de musées français ou anglais : « Il est doux, quand sur la vaste mer les vents soulèvent les flots, d’apercevoir du rivage les périls d’autrui »…
Malgré l’avènement de la photographie au début du xixe siècle et de l’image animée un peu plus tard qui aurait pu décrédibiliser les modes de représentation anciens, les beaux-arts n’en ont toujours pas fini avec la Marine. Son instinct combattant n’a pas éteint son goût pour les arts. Car la Marine sait que l’artiste est capable d’atteindre les cœurs et que la peinture en particulier, au-delà de la réalité dont elle peut rendre compte de manière plus ou moins fidèle, peut se faire allégorie, susceptible de figurer une idée, une pensée et pas seulement un cuirassé. « Ceci n’est pas un bateau », aurait dit Magritte, mais l’image de la puissance navale. Une vérité artistique et politique à la fois. »

Bertrand de Sainte-Marie
Commissaire de l'exposition, conservateur en chef du patrimoine, chef du service de la Conservation du musée national de la Marine

« J’avais été marin, j’étais peintre de marine. J’estime que la peinture de marines forme un genre distinct qui nécessite des études spéciales »1. Si le mot du grand peintre des sujets maritimes et navals qu’est Théodore Gudin résonne de manière encore si juste, il ne saurait couvrir tout le champ de cette exposition. Les célébrations des 400 ans de la Marine invitent en effet à rassembler des oeuvres extrêmement variées, au-delà des seules peintures de marines, en vue de montrer la relation entre la Marine combattante et protectrice et les peintres, depuis 1626, date de son établissement en tant que flotte pérenne et unifiée.
Les représentations picturales ont pris un nouvel essor à l’aune des évolutions des théories et de la pratique de la peinture, des explorations maritimes et du développement des flottes des États modernes dès le xvie siècle. Cette exposition inédite – le sujet naval en termes picturaux n’a jamais fait l’objet d’études scientifiques globales et approfondies – mêle étroitement art visuel, pouvoir, histoire nationale et enjeux navals. Le public peut y découvrir les oeuvres des artistes témoins de l’évolution du monde maritime et de la conquête des mers par la France du XVIIe siècle à la fin du XXe siècle. L’exposition propose ainsi un regard nouveau sur la diversité formelle et la fascination picturale, du pittoresque au drame historique, que ces artistes ont transmises au fil des siècles. Elle entend montrer ces représentations du monde militaire marin et de l’histoire navale et interroger les rapports complexes entre la Marine, le pouvoir et les artistes. Ces derniers s’ouvrent aussi à toutes les marines, à des dimensions plus sensibles de la mer et à la restitution du face à face physique avec son spectacle.
Dans un contexte où les mers sont redevenues des espaces de compétition et de conflits, les célébrations des 400 ans de la Marine française invitent à reconsidérer ce puissant attribut de la souveraineté au prisme de l’art et de l’histoire. Dès le XVIIe siècle, l’affirmation du pouvoir royal s’est accompagnée de la création d’un commandement maritime centralisé au service des intérêts de l’État. Cette politique de puissance s’est aussi manifestée à travers les arts, et grâce à des peintres aux statuts et aux dénominations variés selon les périodes : peintre pour les mers du roi, dessinateur et maître-peintre entretenu, peintre de paysages et de marines, peintre de marines du roi, peintre des batailles du département de la Guerre, peintre rattaché au ministère de la Marine, peintre du Département de la Marine et enfin peintre officiel de la Marine (POM), sans oublier ceux qui, sans avoir un de ces statuts, évoluent autour ou au sein des institutions militaires et artistiques. Ce développement de la peinture au service de la Marine, des ateliers des arsenaux aux cercles académiques, va traverser les courants artistiques du XIXe siècle puis les nouvelles tendances modernes, s’inscrivant dans les mutations, les fractures historiques et les tensions esthétiques, entre réalisme et abstraction, qui vont jalonner la modernité du XXe siècle.
L’exposition suit une progression chrono-thématique et explore les enjeux historiques et esthétiques, selon les contextes politiques, militaires et académiques. Cette peinture de marine a connu des métamorphoses et des analyses critiques contrastées : cette expression hybride tributaire du paysage, à travers les influences nordiques et italiennes, conquiert une transcription de plus en plus sensible, impressionniste et imaginative de la mer. Elle se nourrit des codes de la peinture de bataille pour représenter les batailles navales historiques et modernes mais aussi de la rhétorique de la peinture savante qui mêle la fable et l’histoire, que ce soit pour des grands décors ou des portraits historiés.
L’apogée du fait moderne après la Révolution française se retrouve ainsi dans les peintures de bataille navale classique, dans le sillage du génie de Joseph Vernet au XVIIIe siècle. La bataille navale n’est pas la seule catégorie du genre naval. Le portrait de navire, la vue de port ou d’arsenal et surtout la fête maritime constituent les autres registres de ce répertoire où la Marine est célébrée ou à travers lesquels elle promeut ses équipements ou sublime les limites et les échecs du fait naval.
À partir de 1870, la peinture de genre s’intéresse davantage à la condition sociale du marin et à la sensibilité maritime et envahit la peinture d’histoire, instaurant ainsi une peinture militaire plus spécialisée et moins soucieuse des grands panoramas grand genre.
Les codes de la bataille navale académique s’estompent au bénéfice d’un académisme pénétré par le genre et le renouvellement du style. N’oublions pas le portrait qui n’a de cesse, du XVIIe siècle au XXe siècle, d’exhiber la stature et l’expression des hommes de pouvoir et de commandement. Confrontée aux avant-gardes du XXe siècle, ces représentations évoluent tout en conservant leurs spécificités plastiques.
Alors que le développement de la navigation de plaisance, des stations balnéaires et des bains de mer va changer l'image des activités nautiques et de la mer, les artistes voués au théâtre de l'histoire navale et aux scènes de naufrage vont modifier aussi leur approche. À cette ouverture, sur le fond comme sur la forme des techniques employées, vont s’ajouter des fractures aussi bien historiques, pendant la Seconde Guerre mondiale, et même après, qu’esthétiques, à travers des choix parfois divergents entre les différents types de réalismes et les formules abstraites. S’ajoutent aussi les dimensions documentaires, la diffusion des images, le positionnement des artistes et de l’institution ainsi que l’art comme fruit d’une expérience embarquée. La conquête et la traversée des mers ont suscité également celle des images. Quand l’art révèle, dans la variété de ses formes et de ses moyens, la force de l’engagement et l’expérience individuelle du peintre, il offre au public ses mythes autant que sa part de transcription du réel. C’est cette part composite qu’une telle exposition hautement mémorielle entend restituer. »

1 Souvenirs du baron Gudin, peintre de la marine (1820-1870), publiés par Edmond Béraud, 1921, p. 33-34


Du 13 mai au 2 août 2026
Palais de Chaillot 
17, place du Trocadéro et du 11 Novembre. 75016 Paris 
Tel : 01 53 65 69 69
Ouvert tous les jours de 11h à 19h, sauf le mardi
Nocturne jusqu’à 22h le premier jeudi du mois
Visuels :
Affiche ci-contre
Combat de Gondelour, 20 juin 1783
Auguste Louis de Rossel, 1791,
© Musée national de la Marine/A. Fux
© Conception graphique : Studio Camille Guitton

Ravitaillement de l’île de Ré par Claude de Razilly, 1627
Claude Vignon (1593-1670), 1642
Huile sur toile, H. 162 x l. 202 cm
Paris, musée national de la Marine
© musée national de la Marine/P. Dantec

Matelots à bord du croiseur Desaix 
Etienne Berne-Bellecour, 1884 
© Musée national de la Marine/P.Dantec

Portrait de Jean-Paul de Saumeur, dit le Chevalier Paul (1597-1667)
Anonyme, vers 1660
Huile sur toile, H. 217,5 x l. 147 cm
Paris, musée national de la Marine
© musée national de la Marine/C. Rabourdin

Vue d’un port avec un navire en construction
Jean-Baptiste de La Rose (1612-1687), vers 1665
Huile sur toile, H. 45 x l. 70 cm
Paris, musée national de la Marine
Œuvre acquise avec le soutien de l’Association des Amis du musée national de la Marine (AAMM) en 2025
© musée national de la Marine/C. Rabourdin

Napoléon Ier et Marie-Louise assistent au lancement du vaisseau Le Friedland dans le port d'Anvers
Ignace Van Bree, 1810 
© GrandPalaisRmn (Château de Versailles) / Franck Raux 

Le Port de La Ciotat en 1664
Jean-Baptiste de La Rose (1612-1687), 1664
Huile sur toile, H. 115 x l. 191,5 cm
Paris, musée national de la Marine
© musée national de la Marine/P. Dantec

Manoeuvres navales à Toulon, juillet 1777
Chevalier Flotte de Saint-Joseph 
©Musée national de la Marine/P.Dantec

La flotte française se rendant de Cherbourg à Brest, 1858
Théodore Gudin, 1861
© musée national de la Marine/P.Dantec

Retour des cendres de l’Amiral Courbet aux Salins d’Hyères en 1885 sur le Bayard
Émile Mathon, 1885 
© musée national de la Marine/P. Dantec

Escadre en rade de Toulon, effet brumeux
François Nardi, 1895 
©Musée national de la Marine/A. Fux

Le Sergent de la coloniale
Albert Marquet (1875-1947), vers 1906
Huile sur toile, H. 81 x l. 65 cm
Bordeaux, musée des Beaux-arts
© Mairie de Bordeaux - Musée des Beaux-Arts – Photo F. Deval


mercredi 15 juillet 2026

Incendies de forêts

A chaque été, des incendies ravagent des forêts. Des commentateurs ou experts allèguent comme cause unique le "changement ou réchauffement climatique". Or, c'est faire fi de décisions politiques catastrophiques - bureaucratie ignorante, absence de prévisions, insuffisance de moyens techniques, etc. -, souvent inspirées par la doxa écologique - absence de débroussaillage des chemins ruraux, inflation de normes freinant le travail de sapeurs-pompiers -,- et de l'origine humaine - imprudence, intention criminelle - de 90% des feux de forêt. Arte diffusera le 25 juillet 2026 à 22 h 25 « Incendies, innover pour mieux lutter », documentaire d’Eberhard Rühle.

« Une femme d'exception. Le royaume d’Anna » par Beate Thalberg

Au fil des siècles, la superficie des forêts a progressé en France.

En France, l'Office national des forêts (ONF) préconise la “forêt mosaïque”, une nouvelle sylviculture face au "changement climatique". Pour l’ONF, réussir l’adaptation des forêts au "changement climatique" passe par l’introduction d’un nouveau concept : "la forêt mosaïque". L’objectif : renforcer la diversification des essences, par des expérimentations menées dans des îlots d’avenir, et varier les modes de sylviculture".

Certains imputent la responsabilité d'incendies au "changement climatique". Ce qui évite de s'interroger sur des causes relevant de décisions politiques françaises : choix d'essences d'arbres dans les forêts avec un objectif de rentabilité devant se concilier avec la variété d'essences, réduction du personnel de l'Office national des forêts (ONF) - son directeur Bernard Munch a été limogé en conseil des ministres et l'ONF est resté plusieurs mois sans directeur pour lui succéder car la candidate de l'Elysée, Valérie Metrich-Hecquet, responsable de la disparition de 500 emplois à l'ONF, devait être auditionnée par le Parlement qui vote ensuite pour ou contre sa nomination hâtive par le Président de la République Emmanuel Macron (
Le Canard enchaîné, 10 août 2022) -, répression de manifestations de pompiers réclamant plus de moyens, matériel insuffisant - Canadair - et en maintenance en été (!?), métier de pompiers peu attractif en raison de sa faible rémunération et des traquenards tendus dans des "zones sensibles", refus dogmatique et injustifié de réintégrer les pompiers non-vaccinés contre le coronavirus suspendus sans rémunération depuis l'automne 2021 mais recours à des pompiers d'Etats européens sans attestation de leur vaccination, intervention d'écologistes ignorants, insuffisant débroussaillage et entretien de chemins ruraux, reconnaissance de l'accès pastoral pour garantir l'accès des éleveurs-bergers et de reconnaissance du pastoralisme comme acteur préventif des incendies dans les bois et garrigues - des pompiers ne parviennent pas à pénétrer dans les sous-bois car les voies sont bouchées, les maires doivent entretenir les territoires par des éleveurs-bergers, comme Jean Liander, de chèvres ou brebis qui,  comme au Portugal, réduisent la fréquence et la gravité des incendies -, subventions étatiques aux vignerons qui arrachent des vignes précieuses pourtant pour ralentir la propagation des incendies, etc. 

"Le colonel Jérôme Boulanger a détaillé, pour Public Sénat, l'effectif de la flotte anti-incendie : « La flotte aérienne française est composée de 12 Canadair, mais aussi de 8 Dash qui sont capables de larguer 10 tonnes d’eau d’un coup. Nous louons 10 hélicoptères qui permettent d’opérer des frappes plus ciblées, dont 6 bombardiers d’eau et 4 plus légers, sans oublier des petits avions bombardiers d’eau, les Air Tractor », dit-il. Malheureusement, comme le confiait, voilà un mois, le directeur général de la Sécurité civile à l’AFP, à propos des Canadair : « On les sollicite beaucoup et, donc, ils sont régulièrement confrontés à des avaries, mais ils sont réparés. » Après les dramatiques incendies de La Teste-de-Buch, dans le bassin d’Arcachon, et Landiras, dans les Landes, en 2022, Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, avait promis « d’étudier la création d’une base de Canadair dans le sud-ouest » pour compléter les forces stationnées à Nîmes. C’est resté à l’état de promesse. Deux Canadair ont été commandés à la société canadienne De Havilland, la seule qui les produit, ce qui portera le nombre à 14 en 2028 et 16 en 2032. L’Espagne en compte actuellement 21 et l’Italie 18…" Il faut environ quatre ans pour former un pilote de Canadair...

Les Canadair et les Dash, les camions citernes et les véhicules logistiques qui roulent au diesel doivent se conformer à une régulation bureaucratique ubuesque : l'adjonction d’AdBlue, "liquide composé d’eau déminéralisée et d’urée qui a vocation à transformer une partie des oxydes d’azote (produits par les moteurs diesel) en azote et en eau avant leur échappement. Autrement dit, l’AdBlue permet à ces véhicules de moins polluer. Le système n’est pas obligatoire, mais il est généralisé depuis 2015, depuis que la norme environnementale européenne Euro 6, qui a drastiquement baissé les seuils d'émission de particules fines et d’oxydes d'azote autorisés, est entrée en vigueur. Concrètement, les propriétaires des véhicules concernés ont un réservoir supplémentaire réservé à l'AdBlue et doivent le remplir régulièrement. Si ce n’est pas fait, un message d’alerte s’affiche. Dans certains cas, les performances du véhicule sont limitées ou, pire, son redémarrage est bloqué jusqu’au remplissage. Ce qui est vrai pour les voitures est aussi vrai pour les poids lourds et… les camions de pompiers. Cette règle s’applique de la même manière, qu’ils soient en intervention ou non. Si bien que lorsqu’ils sont sur le terrain en train de lutter contre les flammes qui ravagent des milliers d'hectares de végétation, ils doivent, en plus d’accomplir leur mission première, penser à approvisionner leur fourgon en AdBlue, comme l’explique à BV un cadre des sapeurs-pompiers : « C’est une contrainte supplémentaire car, en plus d’avoir des réserves de carburant, il faut aussi des réserves d’AdBlue. »

Le 14 juillet 2026, Le Point a publié l'article "Incendies : des agriculteurs ou des écologistes, il faudra choisir !" de Jean-Paul Pelras. "Face aux contraintes environnementales, le monde paysan se retrouve impuissant ou empêché d’agir là où le feu menace..." L'auteur dénonce "ces territoires où il ne faut surtout pas faucher le bord des routes tant que l’herbe n’a pas épépiné, tout comme il ne faut surtout pas enlever les troncs dérivant dans les cours d’eaux pour ne pas perturber la nidification des oiseaux, et encore moins creuser des retenues (désormais appelées bassines) car elles pourraient impacter la biodiversité. Sans oublier cette propension à laisser s’exprimer la nature pour que la ronce et le genêt colonisent l’arpent « outrageusement » cultivé. Résultat des courses : quand les embâcles envahissent les retenues d’eau, les canadairs gênés par les troncs dérivants ne peuvent pas écoper. Quand une réserve idéalement située peut permettre de noyer un départ de feu, c’est à des kilomètres de là qu’il faut se transporter. Quand les cultures servaient de rempart aux incendies, c’est la friche qui part désormais en fumée... Incendies : des agriculteurs ou des écologistes, il faudra choisir !"

Le 16 juillet 2026, le Président de la République Emmanuel Macron a posté sur X, ex-Twitter :
"
Le constat en 2017 était sans appel : quinze ans sans nouveau Canadair, dix ans sans nouveau Dash" - avion civil -, "une flotte aérienne vieillissante et une chaîne de production à l’arrêt.
Depuis 2017, nous avons changé d’échelle en investissant plus d’1,5 milliard d’euros pour renforcer les moyens de la sécurité civile.
Dès 2017, plus de 400 millions d’euros ont permis l’acquisition de six Dash 8 MRBET pour remplacer les anciens Tracker et renforcer la lutte contre les feux de forêt.
À partir de 2022, plus d’un milliard d’euros supplémentaire a été engagé pour renouveler la flotte d’hélicoptères, acquérir de nouveaux Canadair, renforcer les moyens aériens et financer plus de 1000 camions-citernes supplémentaires.
Jamais la Nation n’avait autant investi dans la sécurité civile. Cet effort se poursuivra."

Après avoir affirmé que la France disposait de moyens suffisants contre ces incendies, Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur, a le 23 juillet 2026 été contraint de recourir à l’armée, à l’Union européenne (UE)  et à  l’avion militaire A400M. Grâce au mécanisme de protection civile européen, la France bénéficiera « rapidement » de renforts aériens européens pour lutter contre les incendies, a précisé dans la nuit de jeudi à vendredi 24 juillet le Président Emmanuel Macron sur X : « Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque... La situation reste sous très forte tension face aux incendies qui frappent le pays, en particulier en Gironde ». Après le déni de la réalité, le pouvoir politique national a du réagir, mais tardivement. 
L’avion A400M n’a été déployé que le 25 juillet 2026 en Gironde à la demande du Premier ministre Sébastien Lecornu.

Créé en 2001, le mécanisme européen de protection civile (MEPC) vise à organiser une coopération entre les autorités nationales de protection civile des pays européens. En plus des 27 pays de l’UE, y participent l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine, l’Islande, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Norvège, la Serbie, la Turquie, l’Ukraine et la Moldavie. Le pays demandeur s'adresse au Centre de coordination de la réaction d’urgence (ERCC) qui évalue la situation, et attribue les moyens dans les zones du sinistre.

L'Etat d'Israël, en guerre existentielle depuis l'agression djihadiste du 7 octobre 2023, a proposé son aide à la France. 
Le Dr Joel Hanhart a écrit sur LinkedIn le 31 juillet 2026 :
"Plus de 250 000 hectares ont brûlé dans l'Union européenne, ce qui en fait la deuxième saison la plus destructrice jamais cartographiée.  Pour la seule France dépasse: 116 000 hectares pour plus de treize mille départs, un sinistre record. En Espagne, les foyers à l'ouest de Madrid ont fusionné en un front unique de 80 000 hectares, celui d'Ávila devenant le plus vaste jamais enregistré dans le pays. Le tableau américain est du même ordre.
Lorsque les moyens d'extinction sont saturés et les fronts simultanés, la variable décisive n'est pas la puissance de la réponse mais bien le délai de détection. Un départ repéré dans les premières minutes se traite avec une équipe au sol ; le même feu, repéré une heure plus tard, mobilise des flottes entières. 
C'est cette latence que vise le système testé le mercredi 29 juillet 2026, en Israël, fruit d'un consortium associant le ministère de la Sécurité nationale, Israel Aerospace Industries, le Technion, l'Autorité de l'innovation et les pompiers.
Le dispositif est embarqué sur l'APUS 25, un drone tactique à décollage vertical, ce qui autorise un déploiement sans piste, au plus près des zones vulnérables. Sa motorisation à combustion interne, dépourvue de batteries, lui conserve une endurance que les architectures électriques n'atteignent pas encore. La chaîne de traitement combine imagerie diurne et nocturne, infrarouge capable de percer une fumée dense, algorithmes spectraux et détection d'anomalies. 
Avant le décollage, un pompier trace sur la carte le polygone à surveiller ; l'appareil balaie ensuite le secteur en autonomie pendant quatre à cinq heures et transmet ses alertes au centre de commandement.
Restent les inconnues que les essais devront lever : le taux de fausses alertes par vents forts, l'intégration effective aux procédures d'engagement, le coût d'une mise à l'échelle".

Le 25 juillet 2026, sur FranceInfo, Grégory Prats, commandant de bord Canadair et chef de noria (nom donné à un groupement de Canadair), récemment en exercice à Fontainebleau, en Corse et la veille dans le Var, a déploré : "Sur les douze Canadair que la France possède, nous n'en avons que cinq disponibles, c'est juste scandaleux. À chaque fois qu'il y a un feu, il faut diviser nos forces par le nombre de feux, puisqu'on essaye d'intervenir sur chacun des feux. Et on se retrouve avec des norias, des patrouilles d'avions, qui sont insuffisantes, c'est-à-dire deux avions pour un feu et c'est très insuffisant". En effet, selon lui, ce manque d'avions rend "pratiquement totalement inefficace" l'action des Canadair. Sur un feu, il faudrait au moins quatre Canadair, quand ils se sont que deux actuellement."

"L'industriel privé qui s'occupe de la maintenance n'arrive pas à suivre le rythme, les pièces détachées n'arrivent pas en temps et en heure" pour réparer les avions Canadair qui ne peuvent pas être actuellement utilisés par les sapeurs-pompiers, relate le commandant de bord de Canadair. Ces avions sont "sont entretenus correctement durant une année normale, mais là nous avons une année exceptionnelle, certaines pièces cassent et il faut les remplacer" et "malheureusement, elles arrivent trop tard", détaille Grégory Prats. Il souligne que la flotte française est "vieillissante", avec des premiers Canadair qui sont "arrivés en France en 1995". Le pilote est par exemple intervenu à Fontainebleau et "mesure le tragique de situation. J'étais en train d'écoper sur la Seine, j'étais en train de prendre de l'eau qui avait coûté 2 milliards d'euros aux Français pour une dépollution, alors qu'avec 2 milliards d'euros on peut acheter quinze Canadair et dix ans de maintenance", se désole Grégory Prats.

"On change un peu de de logiciel mental à ce moment là. Quand on voit qu'on ne sert pas à grand chose, on va éviter d'aller larguer sur le feu et on se raccroche au principe de base. La protection des personnes, la protection des biens et loin derrière la protection de la végétation. Donc on va garder cette eau pour des largages de sécurité sur des pompiers qui seraient en difficulté ou sur des maisons qui seraient menacées par les flammes. On en est réduits à faire ça", déplore le pilote.

"À propos de la mobilisation de l'avion de transport militaire Airbus A400M, déployé le mercredi 29 juillet en France pour lutter contre les incendies, "c'est un pansement sur une jambe de bois", estime Grégory Prats. "Effectivement, au niveau des chiffres, au niveau des annonces politiques, c'est exceptionnel. Vous avez un avion qui qui emporte 20 tonnes d'eau ou de retardant, mais ce n'est pas comme ça qu'il faut qu'il faut raisonner", balaie-t-il".

"Il faut raisonner en nombre de tonnes délivrées sur un sinistre à l'heure. Cet avion, il ne pourra se poser qu'à Orléans, à Mont de Marsan ou à Istres. Il n'y aura trois bases pour couvrir toute la France, c'est à dire qu'il aura des rotations de plus de 45 à 1 heure. Il va délivrer 20 tonnes sur un chantier toutes les heures ou toutes les heures et demie, alors que quatre Canadair avec un plan d'eau qui en général se situe aux alentours de de 20 kilomètres du début du chantier, nous on est capable de délivrer 120 tonnes à l'heure", conclut le pilote qui se dit "désabusé".

LeDindonFiscal a posté sur X :
"🚨 Les élus EELV ont une responsabilité directe dans l’ampleur des incendies.
Pendant des années, la France maîtrisait les feux de forêt.
Les départs restaient limités. Les pompiers intervenaient vite grâce à un travail de prévention en amont : entretien, pistes, pare-feu.
Depuis 10 ans, tout a changé.
Les Associations écologistes et élus EELV bloquent systématiquement : 
• l’entretien des forêts
• la création et l’élargissement des pistes d’accès
• les travaux demandés par la DFCI
Leur argument ? Couper un arbre mort ou créer une coupure de combustible, c’est déjà trop.
On l’a DÉJÀ vu en 2022 en Gironde justement 🤡 
Ils se sont opposés à l’élargissement des pistes, au débroussaillement lourd et aux abattages nécessaires.
Résultat : les pompiers ont mis plus de temps à accéder au cœur du massif au moment critique.
Et ça continue partout en France.
Des gens qui ne connaissent pas le terrain veulent tout contrôler.
Puis, quand le feu devient incontrôlable, ils pointent uniquement le « réchauffement climatique ».
La réalité est plus simple : beaucoup de ces incendies sont criminels ou accidentels.
Ce qui les transforme en catastrophes, c’est l’absence d’entretien et de préparation du massif.
Alors on fait quoi maintenant ?"

David Lisnard, Maire de Cannes, Président de Nouvelle Énergie, a posté sur X :
"En direct de Ponteves, où l’incendie repart violemment, après Cotignac, en soutien aux maires, habitants, pompiers, protection civile et tous les bénévoles mobilisés. 
Le diagnostic est posé depuis l’été 2022 : commissions, rapport du Sénat, propositions des forestiers; les solutions sont connues. Il faut agir sur les trois temps du feu : avant, pendant, après.
La prévention bute sur cinq verrous.
Premier verrou : la contradiction de l’État avec lui-même. Le code forestier impose le débroussaillement, le code de l’environnement le limite au nom des espèces protégées. L’arrêté du 29 mars 2024 présumait les débroussaillements conformes non attentatoires à ces espèces, mais le Conseil d’État, le 6 février 2026, a jugé qu’une dérogation reste nécessaire en cas de risque caractérisé. Il faut sécuriser juridiquement les propriétaires et consolider par la loi la présomption de conformité.
Deuxième verrou : les moyens des maires, qui assument la police du débroussaillement et la défense incendie parfois sans ingénierie technique, et pour qui créer une réserve d’eau coûte souvent plus en études qu’en travaux. Le modèle des Alpes-Maritimes (ingénierie mutualisée à l’échelle départementale) doit se généraliser, tout comme l’arrêt de l’urbanisation diffuse aux interfaces habitat-forêt.
Troisième verrou : le financement. Les SDIS (services départementaux d’incendie et de secours, financés par les départements et les intercommunalités) manquent de ressources propres, alors qu’une part de la taxe sur les conventions d’assurance (environ 1,1 milliard d’euros) va à la CNAF plutôt qu’aux départements. Le Parlement a préféré créer une taxe nouvelle sur l’assurance auto plutôt que flécher autrement l’existant. Il faut l’inverse : aucun impôt supplémentaire, mais la réaffectation de ce qui est déjà collecté.
Quatrième verrou : une sanction inappliquée. 90 % des maisons détruites étaient sur des terrains mal débroussaillés, mais l’amende de 50 €/m² reste théorique. À défaut, l’assurance peut faire ce que la loi n’a pas fait, en conditionnant primes et franchises à la conformité.
Cinquième verrou : les incendiaires. 90 % des feux sont d’origine humaine. Fauchage des bords de route, extincteurs obligatoires, interdiction réelle d’accès aux massifs à risque extrême : l’administration contrôle plus les travailleurs légaux que les imprudents. En Gironde, le parquet de Bordeaux a requalifié des infractions en mise en danger de la vie d’autrui. Cette fermeté doit devenir la norme.
La lutte se joue dans les premières minutes, avec l’eau au bon endroit. Or, on puise encore dans l’eau potable de communes rurales sous-dimensionnées. Il faut un plan de stockage pluriannuel et la réduction du recours à l’eau potable. Les moyens aériens (du ressort de l’Etat) resteront insuffisants avant 2028, la flotte ne passant de douze à seize appareils qu’en 2033 : l’effort des prochaines saisons se joue donc au sol.
La reconstitution est le grand oublié : une forêt brûlée devient source de carbone plutôt que puits, et pénaliser le renouvellement forestier en pleine sécheresse, c’est préparer les incendies suivants.
Les forestiers ne demandent pas des milliards, mais du bon sens : une piste DFCI n’est pas une blessure à la nature, un débroussaillement raisonné n’est pas un recul écologique. La vraie menace pour la biodiversité et le carbone, c’est le feu. Le feu, lui, ignore les délais de recours et les études d’impact. À chaque niveau, les moyens de ses obligations ; et à l’État, sa mission première : sanctionner ceux qui détruisent, non entraver ceux qui protègent."

Le 26 juillet 2026, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire, a posté sur X :
"Face aux incendies qui frappent la Gironde et le Var, des milliers d’agriculteurs venus de nombreux territoires se mobilisent une nouvelle fois aux côtés des sapeurs-pompiers. 
Avec leurs tracteurs, leurs tonnes à eau et leur connaissance du terrain, ils apportent un soutien logistique indispensable pour la création de pare-feux ou la sécurisation des accès, avec un engagement exemplaire. 
Solidarité ! Fraternité ! 
Merci à tous."  
Quelques heures plus tard, Sophie Brocas, préfète de Gironde, conseillère spéciale (2019-2020) d'Élisabeth Borne alors ministre de la Transition écologique et Solidaire, a déclaré : "Nous ne souhaitons pas que les agriculteurs prennent des initiatives individuelles. Il y a un fichier pour s'inscrire à la Chambre d'agriculture de l'Aveyron, puis sur la page des inscriptions, des volontaires se déclarent Il y a une organisation avec les sapeurs-pompiers. On doit pouvoir apporter de l'eau aux sapeurs-pompiers de manière ordonnée et sécurisée... La générosité c'est très bien, à condition que ce soit organisé". 

Sans ces initiatives spontanées, combien de maisons auraient pu être préservées par les seuls sapeurs-pompiers ? 

Contre les feux de forêts, se renforce la France de la ruralité dont les revendications, notamment en matière de revenu et d'allègement de normes, avaient été ignorées par le pouvoir macronien prônant la mondialisation à leurs dépens et réprimant durement leurs manifestations. 

La Macronie a préféré donné des milliards d'euros en aides au développement (AFD), même à la Chine et à l'Algérie, ainsi qu'au régime corrompu ukrainien, et se ruiner par une immigration massive plutôt que de miser sur la prévention, mieux rémunérer les sapeurs-pompiers et augmenter la flotte de Canadair et autres appareils afin d'éviter les feux de forêts.

Le "réchauffement climatique" et la nécessité de "sauver la planète" sont assénés depuis des décennies. l'Etat et des collectivités locales ont misé sur des "énergies renouvelables", difficilement pilotables et intermittentes, et ont investi dans des entreprises fabriquant de la farine d'insectes destinée aux êtres humains. L'Etat disposait notamment d'un Commissariat au Plan. A la différence de la Chine ou la Russie, il n'a pas favorisé une industrie aéronautique nationale, voire européenne, produisant des bombardiers d'eau, et s'est trouvé dépendant d'entreprises étrangères aux intérêts induisant parfois l'arrêt des chaines de fabrication faute de commandes.

Ajoutons que le Code forestier et le Code de l'environnement contiennent des prescriptions parfois contradictoires, et l'absence de mise en vigueur du rapport sur la Sécurité civile déposé en septembre 2025.

Résultats de cette incurie politique : trois sapeurs-pompiers tués en juillet 2026 dans l'exercice de leur métier, des centaines de milliers d'habitants contraints de fuir leurs maisons souvent en partie ou totalement calcinées, près de 20 000 entreprises impactées, souvent par l'arrêt de leur activité, dans 22 villes, des milliers d'annulations de réservations estivales de chambres d'hôtels, des maisons aux habitants évacués en urgence cambriolées par des pillards, des agriculteurs amenant citernes aux sapeurs-pompiers et une solidarité de commerçants, d'ouvriers, de chasseurs, d'artisans et autres entrepreneurs, sans masques ni tenues de protection, bien accueillis par les sapeurs pompiers appréciant leur aide tandis que le Président Emmanuel Macron et les ministres concernés multiplient les conférences de presse et réunions sans exprimer aucun mea culpa, la dégradation de la "qualité de l’air dépassant le seuil d’alerte selon l’ATMO France" en juillet 2026 en raison de "fumées engendrées par les incendies dans les Landes et en Gironde, la Région Nouvelle-Aquitaine" - l'ARS (Agence régionale de la santé) Nouvelle-Aquitaine, "afin de protéger les patients les plus vulnérables et les professionnels de santé de notre région, a acheminé sur ses plateformes régionales 2,5 millions de masques FFP2, issus des stocks stratégiques. Dès le week-end du 25 juillet 2026 les officines de garde des zones limitrophes à l’incendie en Gironde et dans les Landes seront approvisionnées afin de pouvoir mettre à disposition 2 masques aux personnes fragiles" -, des animaux assoiffés, asphyxiés ou brûlés, des dizaines de milliers d'hectares et leur flore détruits par les incendies, une flore disparue, des modèles économiques forestiers à revoir, etc.

"Le coût des incendies en 2026, dépassera sans doute les 2 milliards d’euros. Je vous laisse calculer le nombre de Canadair que cela représente, au prix unitaire de 50 ou 60 millions, parce que des crétins au pouvoir ont préféré dilapider des dizaines de milliards dans une guerre qui n’est pas la nôtre ou dans une immigration sous-qualifiée qui nivelle le pays par le bas. Le pouvoir responsable de notre ruine a fait des choix budgétaires catastrophiques, limitant les investissements dans la Sécurité civile en misant tout sur la mutualisation des moyens avec l’Europe. C’est typiquement macronien. La France ne sait plus rien faire sans l’Europe", a estimé Jacques Guillemain, ancien officier de l'air.

Et ce pilote de ligne retraité poursuit : "Actuellement, sur nos 12 Canadair, seulement 7 sont opérationnels, dont 2 stationnés en Corse. Il en reste 5 pour opérer sur le continent, sachant que les feux sont cette année très précoces, multiples et  intenses. Il est donc impossible de traiter efficacement plusieurs feux simultanés. Par ailleurs, avec 258 000 sapeurs pompiers, l’épuisement gagne vite les forces sur le terrain. Il manque 150 000 pompiers au niveau national.
"Voici l’état de nos moyens aériens actuels (IA)
En France, la lutte aérienne contre les incendies repose sur une flotte diversifiée d’avions et d’hélicoptères gérée principalement par le Groupement des Moyens Aériens (GMA) de la Sécurité civile, basée à Nîmes-Garons. Ce dispositif national est complété par des appareils loués par l’État ou les départements, ainsi que par des renforts militaires et européens.
Les avions bombardiers d’eau (ABE)
– 12 Canadair vieux de 30 ans, pouvant écoper en 12 secondes et larguer 6 000 litres d’eau
– 8 Dash 8, transportant 10 000 litres d’eau ou de produit retardant
– 6  Air Tractor emportant 3 100 litres d’eau ou de retardant
– Une quarantaine d’hélicoptères légers Dragon
– Des hélicoptères Super Puma et Condor loués pour l’été (4 000 et 1 000 litres largués)
Trois  avions de reconnaissance et de coordination + des drones.
De plus, un Airbus A400M a effectué sa première mission feu, équipé d’un kit capable de larguer 20 tonnes d’eau ou de retardant. La France a commandé 2 Canadair en 2024 et deux autres en urgence en juin 2026 ! Mais les premiers arriveront en 2028 et les deux autres en 2032 si tout va bien... Tout cela relève d’un amateurisme et d’une irresponsabilité consternants après les mégafeux de 2022. "

Jacques Guillemain a rappelé quelques statistiques : « Le budget de la Sécurité civile  est passé de 450 millions en 2017 à 800 millions aujourd’hui." De 2017 à 2025, le taux d'inflation s'élève à 20,4% selon l'INSEE. Donc, en 2025, en tenant compte de l'inflation, le montant initial a atteint 541,8 millions d'euros. Restent donc 258,2 millions d'euros pour d'éventuelles augmentations de salaires des sapeurs-pompiers non-bénévoles, l'achat d'équipements, le renchérissement du coût de l'énergie, etc. Les manifestations des sapeurs-pompiers ont révélé le manque cruel d'équipements et de salaires décents.

Et Jacques Guillemain a poursuivi : "De 2022 à ce jour, la France s’est engagée pour 47 milliards en faveur de l’Ukraine, dont 9 milliards de dons bilatéraux... Nous avons 258 000 pompiers. 17 % de professionnels, 5 % de militaires et 78 % de volontaires. C’est insuffisant face aux incendies simultanés (13 566 feux déjà traités cette année)... En 2022, après le terrible incendie des Landes, le Président Emmanuel Macron promettait de renouveler la totalité de la flotte des Canadair et de la porter à 16 appareils neufs en 2027.  Cette promesse d’atteindre 16 Canadair neufs d’ici 2027 n’a pas été tenue. La flotte actuelle de la Sécurité civile reste limitée à 12 appareils vieillissants. En 2028 nous aurons 2 avions neufs supplémentaires et toujours 12 rossignols vieux de 30 ans, dont 7 sont en état de voler, compte tenu d’une maintenance de plus en plus difficile à observer. Et en 2032, si tout va bien, deux autres appareils porteront la flotte à 16. Ce qui signifie que les 3/4 de nos Canadair auront 36 ans de service. En milieu marin, voilà qui fait beaucoup. Or, au sein de la panoplie de moyens évoqués, le Canadair reste le meilleur outil pour combattre les feux, y compris s’il y a du relief. »

Il a évoqué des "alternatives françaises au Canadair :
1. Positive Aviation et le projet « FF72 » (image ci-dessus)
Fondée en 2024 et basée à Toulouse-Blagnac, la start-up Positive Aviation a choisi de modifier un avion de ligne régional existant, l’ATR 72, pour le transformer en bombardier d’eau amphibie. 
Le concept : L’avion conserve son fuselage d’origine mais ses trains d’atterrissage sont remplacés par deux gigantesques flotteurs écopeurs. L’entreprise vient d’ailleurs de franchir une étape majeure en juillet 2026 avec la livraison de son tout premier flotteur fabriqué à Vannes par le chantier naval Multiplast. 
Performances visées : Le FF72 pourra écoper et larguer 8 tonnes d’eau en une seconde (contre un peu plus de 6 tonnes pour un Canadair). 
Avantages : Repartir d’un avion déjà éprouvé et certifié permet de diviser le prix par deux par rapport au modèle canadien et d’accélérer le calendrier. 10 appareils ont déjà été précommandés par l’opérateur américain Bridger Aerospace. 
Calendrier : Les essais en vol débuteront début 2027 pour une mise en service opérationnelle visée en 2029. 
2. Hynaero et le projet « Frégate-F100 » 
.Installée à Istres, la start-up Hynaero a choisi de concevoir un tout nouvel hydravion bombardier d’eau en partant d’une feuille blanche. 
Le concept : Le Frégate-F100 est un appareil à coque centrale nativement conçu pour la lutte incendie du XXIe siècle, développé en partenariat technique avec Airbus Defence and Space. 
Performances visées : Il surclassera nettement le Canadair avec une capacité d’écopage de 10 tonnes d’eau et une vitesse de croisière de 450 km/h. Grâce à sa rapidité, il pourra effectuer deux fois plus de rotations qu’un Canadair traditionnel sur une mission de 3 à 4 heures. 
Avantages : L’avion intègre des technologies modernes de largage de précision et une meilleure résistance à la corrosion. La Sécurité civile française et deux exploitants étrangers ont déjà signé des lettres d’intérêt pour un total de 27 appareils. 
Calendrier : S’agissant d’un programme entièrement neuf estimé à un milliard d’euros, le temps de développement est plus long. Les premiers vols d’essai sont prévus pour 2031, visant une entrée en service fin 2032. 
3. Kepplair Évolution et la modification des Dash ou ATR 72
.Une troisième start-up toulousaine, Kepplair Evolution, travaille quant à elle sur un système de largage amovible par gravité (baptisé KREWS) adaptable sur des avions de transport régionaux comme les ATR ou d’anciens Dash. Contrairement aux deux autres, cet avion ne serait pas amphibie (pas d’écopage sur l’eau) mais ravitaillé au sol en aérodrome (pélicandrome), à l’image des Dash 8 de la Sécurité civile." 

La galaxie écologique s'est décrédibilisée, a révélé son incompétence  - profusion de textes normatifs, absence de mesures préventives, instauration d'un climat de peur accentué par les sanctions draconiennes, etc. -, son cynisme, son ignorance, son idéologie dangereuse fondée sur l'idée que l'action de l'Homme, par essence mauvais, serait néfaste sur la Nature dont il faut favoriser la diversité fût-elle celle logée dans des broussailles - ces incendies ont détruit la diversité de la faune et de la flore -... Ces feux de forêts ont momentanément occulté le scandale de l'absence de climatisation, honnie par les écologistes, dans les EHPAD, les écoles et les  hôpitaux, et les "bouilloires thermiques" même bien classées (A ou B) dans le DPE (Diagnostic de performance énergétique). Les électeurs sanctionneront-ils les candidats se réclamant de l'écologie lors des élections en 2027 ? 

A l'heure où l'association Trait d'union publie le bilan du Président Emmanuel Macron (2017-2026) en faisant l'impasse sur la protection des forêts, ces incendies destructeurs de patrimoines naturels et familiaux - économies de toute une vie pour acquérir une maison - rappellent la réalité à une Macronie déconnectée. Ainsi, lors d'une réunion filmée avec des sapeurs-pompiers, le Chef  de l'Etat élu en 2017 a appris que les Canadair ne volaient pas la nuit.  Même après les incendies gigantesques de 2022, le Président Emmanuel Macron ignorait cette information essentielle.

Edouard Philippe et surtout Gabriel Attal, anciens Premiers ministres sous les deux mandats du Président Emmanuel Macron, voient leur candidature à la magistrature suprême être affaiblie : impréparation, suppression de crédits budgétaires destinés à l'achat de Canadair, etc.

Selon Le Canard enchainé, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, ancienne Présidente du WWF France, "est partie dans sa maison du Var juste après avoir annoncé qu'elle ne démissionnait pas de son poste. Depuis, Monique Barbut n'a pas pointé son nez sur les lieux des incendies, et se contente de participer en visio aux réunions de crise en direct de son transat… Après l’adoption, le 21 juillet 2026, de la loi d’urgence agricole actant la réintroduction de dangereux pesticides, l’acéta­mipride et le flupyradifurone, la très discrète Monique Barbut était sortie de ses gonds, dénonçant « le recul environnemental de trop ». Mais la ministre de la Transition écologique, contrairement à ce qu’elle avait annoncé, n’a pas ­démissionné, jurant qu’elle restait ministre pour faire face à l’« urgence d’agir face au réchauf­fement climatique ». Une profession de foi qui ­n’aura tenu… que quelques heures." Après avoir déjeuné avec les membres de son cabinet, elle s'est rendue à la gare de Lyon le mercredi 22 juillet à 16 h pour rejoindre sa villa dans la huppée Sainte-Maxime, dans le Var, où elle est demeurée jusqu’au lundi 27 juillet... alors que des incendies ravageaient plusieurs régions. "Déjà surnommée « Madame Transat » au ministère, elle a participé aux réunions de crise en visioconférence. Chargée notamment de préparer un plan pour gérer les milliers de tonnes de déchets toxiques produits par les incendies, elle a répondu : « Il faut mettre les sites d’incinération en sécurité. » Une réponse laconique qui a créé le malaise, rapporte le palmipède. Ajoutée à sa vraie-fausse démission, cette séquence achève de lui faire perdre le peu de crédit politique qui lui restait et révèle, en creux, la déliquescence de cette fin de mandat…"

Le 26 juin 2026, la ministre Monique Barbut avait déclaré : "Je suis horrifiée par les gens qui me disent qu'il n'y a qu'à mettre la clim' partout (...) Vous croyez que ça va éviter un feu de forêt, la mort des animaux ? Ça n'est pas de l'adaptation, c'est une mesure d'urgence".

Le 31 juillet 2026, Patrick Pouyann, PDG de Total Energies, a écrit sur X:
"TotalEnergies prendra en charge les carburants terrestres et aériens nécessaires aux services de sapeurs-pompiers partout en France métropolitaine du 1er juillet au 31 août. #France #Incendies #Solidarité #Totalenergies".

Des habitants ayant été évacués ont découvert leurs habitations entièrement détruites. Un grand nombre s'interroge sur les choix politiques, tactiques et stratégiques, de l'Etat : celui-ci aurait-il privilégié la protection de zones huppées au détriment de celles populaires ?

Rares sont les médias ayant analysé toutes les causes de ces incendies. La quasi-totalité se cantonnent ad nauseam à ânonner le discours "écologiquement correct" sur le réchauffement climatique, la diffusion d'images de paysages rougeoyants dévorés par les feux, d'interviews de personnes ayant du fuir leurs habitations, de bénévoles venus aider des pompiers valeureux subissant l'incompétence de dirigeants politiques. Les rares qui imputent aux décideurs politiques une part de responsabilité, éludent l'idéologie écologiste. Peur de l'ARCOM, autorité de régulation des radios et chaines de télévision ?

Hasard ? Des projets de production d'énergies renouvelables sont prévus dans des zones ravagées par des feux de forêts : "il y a bien un projet de centrales solaires là où ça a brûlé dans l’Aude, le journal local L’Indépendant en a parlé en 2024, évoquant même les Corbières comme « un nouvel Eldorado » des marchands de panneaux solaires. Deux centrales photovoltaïques au sol d’environ 40 ha chacune, sont effectivement prévues, limitrophes, sur les communes de Tournissan et Ribaute, là donc où ça a brûlé. Les collectivités et la société Investis un portent ce projet, avec pour objectif d’augmenter la part de la production d’énergie renouvelable. Rappelons que ces énergies renouvelables sont largement subventionnées par de l’argent public et qu’elles produisent une énergie plus chère que celle d’EDF et de ses centrales nucléaires. Des voix s’élèvent pour s’inquiéter de leur impact écologique dans des zones préservées." 

Le compte Myriam🕊️Sauvons L’humanité🕊️@CelebritesSM a posté :
"Et si ce n’était pas une simple coïncidence ? Pendant que la Gironde brûle, 19 000 hectares partent en fumée, que 110 000 personnes fuient et que les pompiers se battent contre un feu « XXL », le projet Horizeo d’Engie et Neoen continue de traîner dans les cartons. 680 hectares de forêt à raser pour un parc solaire géant. Et si certains regardaient ces flammes avec un sourire en coin ? Une forêt déjà fragilisée, des pins morts ou brûlés, un massif affaibli… et soudain le défrichement nécessaire devient plus facile à justifier, les oppositions s’essoufflent, les compensations se négocient à la baisse. Business avant tout : on laisse le feu faire le sale boulot, on pleure hypocritement la nature, puis on plante les panneaux sur les cendres. Une hypothèse cynique. Mais dans un monde où le profit passe avant les arbres, la nature, les animaux et les habitants, cette hypothèse a le goût amer du possible. ~ https://lefigaro.fr/bordeaux/gironde-engie-et-neoen-presentent-leur-projet-ambitieux-de-parc-solaire-geant-prevoyant-de-raser-700-hectares-de-foret-20240306Site ~ https://horizeo-saucats.fr"

Incendies à Los Angeles
"Bouches d’incendie à sec, réserves d’eau insuffisantes, absence de débroussaillage, réduction du budget des pompiers, urbanisation anarchique", réseau ancien, dense de lignes à haute tension traversant des forêts, mauvaise gestion du gouverneur démocrate Newsom… Telles étaient les causes des incendies à Los Angeles en 2025. "La région de Los Angeles est connue pour ses paysages escarpés, ses collines arides et ses forêts de chaparral, un écosystème particulièrement propice aux incendies. Mais l’urbanisation effrénée, la gestion peccamineuse des réserves d’eau et l’utilisation de matériaux très inflammables, combinées à une végétation dense, accroissent grandement le risque de propagation des flammes. Les choix urbanistiques amplifient la vulnérabilité des habitations face aux flammes. À Los Angeles, le marché immobilier est l’un des plus florissants du pays. Les promoteurs n’hésitent pas à exploiter chaque parcelle de terrain, construisant des habitations au plus près des zones boisées. Ces zones résidentielles, appelées « Wildland-Urban Interface », sont particulièrement vulnérables. Selon le département californien des forêts et de la protection, près de la moitié des habitations en Californie sont situées dans ces zones à risque. Quand on sait que plus de neuf maisons sur dix sont construites en bois, selon le paradigme écolo-woke de retour à la nature et de culte à Gaïa, très en vogue dans l’électorat démocrate local, on ne peut s’étonner des conséquences. Ce matériau, qui coûte en moyenne 15 à 30 % moins cher que d’autres, permet une construction rapide et accroît donc l’anarchie urbanistique."

Djihad par le feu
Ajoutons l'Intifada par le feu en Israël : des "Palestiniens" incendient des forêts représentant, par excellence, l'oeuvre sioniste. Naftali Bennet a dit que "la terre d’Israël ne peut appartenir à des gens qui la ravagent".

Le 25 avril 2024, Cambridge University Press a publié “Hot Forests”: Spatial Concentration of Forest “Pyro-Terrorism” in Israel" de Simon Perry et Shai Amram. "L’un des domaines de la recherche sur le terrorisme qui n’a pas été suffisamment examiné est la concentration géographique des attaques pyro-terroristes (PT). La littérature relative à la répartition géographique de la terreur se concentre généralement sur les macro-lieux : continents, pays, régions et micro-lieux – « points chauds ». Cependant, à notre connaissance, la répartition géographique de la terreur dans les forêts reste encore à étudier. Les résultats des études sur les « points chauds » sont d’une grande importance pour les praticiens de l’application des lois. Cette étude examine les caractéristiques spatiales de la forêt PT et s’il y a une concentration d’. Attaques PT dans un nombre limité de « forêts chaudes » stables dans le temps. Cette étude a examiné l’ensemble de la population forestière suspectée de PT. en Israël entre 2008 et 2022 (hors 2016), totalisant 2 297 attaques. La recherche a révélé un regroupement spatial élevé des forêts PT attaques concentrées dans des « forêts chaudes » spécifiques et qu’elles étaient stables dans le temps. En conclusion, la concentration de PT attaques nécessitent une réponse antiterroriste spécialisée, équivalente à une « surveillance des points chauds », basée sur les caractéristiques des forêts chaudes potentiellement terroristes."

« Incendies géants : enquête sur un nouveau fléau »
Arte diffusa « Incendies géants : enquête sur un nouveau fléau » (Megafeuer: Der Planet brennt) de Cosima Dannoritzer. « À l'image de la tragédie qui touche le Canada et la Turquie, des incendies d’une violence inédite dévorent les forêts partout dans le monde. Comment expliquer l'apparition de ces mégafeux ? Pourquoi sont-ils incontrôlables ? Comment s'en protéger ? » Par des décisions politiques rompant avec la doxa écologique.

« Australie, Californie, Sibérie, Suède, Portugal, Grèce, Amazonie… : depuis plus d'une décennie, la litanie des "mégafeux" rythme l'actualité, si fréquemment désormais qu'une catastrophe chasse la précédente dans les esprits ». 

Cette liste de pays ou régions induit en erreur le lecteur. Par exemple, l'Australie est un pays-continent-île dont la superficie est de 7,688 millions km², et la France est un Etat continental dont la superficie s'élève à 543 940 km². Les incendies n'ont pas embrasé toute l'Australie, mais ont été localisés dans deux Etats de la fédération australienne.

« Beaucoup ont oublié qu'en 2016, dans la ville pétrolière de Fort McMurray (Canada), des incendies de forêts incontrôlables ont atteint l'agglomération, entraînant l'évacuation de la quasi-totalité des 100 000 habitants et la destruction de milliers de maisons ». 

« Cette fois-là, les secours sont parvenus à sauver toutes les vies, mais depuis, des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans l'un de ces incendies géants ». 

« S'ils anéantissent déjà chaque année plus de 350 millions d'hectares de forêts, soit six fois la France, et se propagent de plus en plus souvent aux zones habitées, le pire est à venir ». Il convient d'indiquer que des habitants, favorables au retour à la nature, ont choisi d'habiter dans des forêts, difficiles d'accès pour les véhicules de pompiers.

« Dans cette enquête planétaire, Cosima Dannoritzer (Prêt à jeter) part à la rencontre de pompiers, de scientifiques et d’experts du feu, de l'Europe à l'Indonésie en passant par les États-Unis et le Canada, et montre que la plupart des forêts du globe constituent de véritables "bombes à retardement", susceptibles de se déclencher à la moindre étincelle. » La plupart des incendies (90%) sont d'origine criminelle, parfois causés par des individus imprudents.

« Hausse des températures, et donc de la sécheresse, en raison du changement climatique, fragilisation des arbres, extension constante des zones habitées, défaut d'entretien des campagnes, défrichage sauvage par feux de tourbière pour la production d'huile de palme… : l'enquête détaille aussi bien les causes que le fonctionnement de ces brasiers géants, semblables à des "centrales nucléaires en mouvement", qui aggravent à leur tour le changement climatique, consumant l'oxygène et libérant le carbone dans l'atmosphère ». 

Ce film évoque aussi la fragilisation d'arbres attaqués par des insectes et par le manque d'eau, ainsi que la différence de paysages boisés en un siècle : les forêts anciennes comprenaient des espaces quasi-vides, constitués de bois morts, brûlés par des "feux modérés", ce qui freinait ou arrêtait l'avancée des feux et s'avérait "nécessaire à l'équilibre des forêts", alors que celles actuelles, plus denses, sans espace dénudé, causent des "méga-incendies" car le feu rencontre toujours des combustibles-arbres. 

Le feu est désormais conçu comme un élément de l'écosystème des forêts avec lequel des scientifiques invitent à "faire avec", pour leur régénérescence, à utiliser comme "un outil" à l'instar des pratiques traditionnelles des Amérindiens.

Ce choix partial du documentaire se poursuit par la sélection d'experts alarmistes. « Les cataclysmes auxquels nous assistons constitueraient les signes avant-coureurs de notre entrée dans une nouvelle ère, celle du "pyrocène". "Il nous reste vingt ans pour réagir", estime Paul Hessburg, l'un des spécialistes mondiaux des feux de forêt ». 

« Si, entre technologies de pointe et réactivation de méthodes oubliées, on s'efforce de concevoir de nouveaux moyens de lutte, cet état des lieux très fouillé, qui substitue l'explication à l'alarmisme, souligne que le remède passe aussi par de nouveaux comportements collectifs : il nous faut apprendre à vivre avec le feu, processus naturel qu'on ne peut espérer contrôler par la seule technique. » 

« Une prévention plus aisée à mettre en œuvre que la lutte contre le changement climatique. » Le climat a toujours changé, et, grâce à son intelligence, l'homme s'est adapté à ces changements.


« Incendies, innover pour mieux lutter »
« Comment se préparer ? Plus d'un million d'hectares sont partis en fumée dans l'Union européenne à l'été 2025. Un record, que l'année 2026 pourrait bien surpasser... Le changement climatique rend plus fréquent et plus intense les épisodes de canicule, allongeant ainsi la saison des feux, ainsi que leur fréquence et leur intensité. Au-delà de l'Europe, des régions du monde jusqu'ici épargnées ne le seront plus forcément. Face à ce sombre tableau, comment se préparer ?


Arte diffusera le 25 juillet 2026 à 22 h 25 « Incendies, innover pour mieux lutter », documentaire d’Eberhard Rühle.

« Alors que le dérèglement climatique augmente chaque été les risques d'incendies en Europe, des stratégies innovantes sont mises en œuvre pour lutter plus efficacement contre le feu. »

« À Ispra, dans le nord de l'Italie, le Centre commun de recherche de la Commission européenne exploite les données météorologiques et satellitaires pour publier des analyses et recenser tous les feux de forêt en Europe. Il a ainsi suivi les incendies dévastateurs du continent en 2025 ».

« Violemment touché, le massif des Corbières, dans l'Aude, tente depuis de se réinventer : alors que la vigne domine le paysage, la région implante de nouveaux cépages et des arbres plus résistants à la chaleur. Dans le nord-ouest montagneux de l'Espagne, les incendies meurtriers de cet été ont notamment été imputés aux anciennes surfaces agricoles envahies par les broussailles, et un entretien plus rigoureux des terres tente désormais d'être appliqué, alors que l'endroit se vide de ses habitants. En Grèce, la région de l'Attique mise, quant à elle, sur des patrouilles de volontaires. Ils scrutent l'horizon sans relâche durant l'été et donnent l’alerte au moindre départ de feu. Mais de telles initiatives peuvent-elles suffire pour lutter contre les méga-feux ? »

« Si l'Europe se révèle de mieux en mieux armée face au phénomène récurrent des incendies de forêt, la crise climatique exige des actions plus vigoureuses, notamment en matière de prévention et de formation. »

« Aujourd'hui, des chercheurs expérimentent des techniques innovantes comme le déploiement de drones permettant de surveiller les feux en temps réel, mais aussi plus anciennes comme le brûlage dirigé en hiver pour éliminer la végétation morte. »

« La construction de réservoirs d'eau et le réaménagement des paysages en une mosaïque de terres agricoles, de pâturages et de forêts de différentes densités font aussi partie des solutions préconisées. »

« Accompagnant des équipes de pompiers professionnels et bénévoles en intervention, ce documentaire dresse, avec des chercheurs, un état des lieux de ces avancées. »


« Incendies, innover pour mieux lutter », documentaire d’Eberhard Rühle
France, 2026, 52 min
Production : Apollofilm, en association avec ZDF/ARTE
Sur Arte les 25 juillet 2026 à 22 h 25, 16 août 2026 à 7 h 20
Sur arte.tv du 05/05/2026 au 31/10/2026
Visuels : © Eberhard Rühle und Nikolaus Tarouquella, DR

France, 2019, 94 min
Coproduction : ARTE France, Georama
Auteurs : Cosima Dannoritzer et Nicolas Koutsikas
Sur Arte les 16 août 2022 à 20 h 50, 19 août 2022 à 9 h 25, 15 septembre 2022 à 9 h 25
Disponible du 09/08/2022 au 14/10/2022
Visuels :
Banlieue aux Etats-Unis entourée de feux de forêts
© Jack Cohen / USDA Forest Serv

Burnt suburb

Pompier avec enfant
© Istock / Getty Images

Pompiers professionnels français s' entraînant à éteindre des incendies
© Cosima Dannoritzer / Georama T

Canadair essayant d' étouffer un feu de forêt
© Kari Greer/ USFS

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Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 15 août 2022.