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mercredi 30 septembre 2026

Le Dr Yehuda David, Clément Weill-Raynal et Actualité juive condamnés pour avoir diffamé Jamal al-Dura

Le 29 avril 2011, la XVIIe chambre du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris a condamné le Dr Yehuda David, chirurgien, Clément Weill-Raynal, journaliste, et Actualité juive à payer solidairement 5 000 euros en dommages et intérêts à Jamal al-Dura pour l'avoir diffamé dans deux articles publiés en 2008 par cet hebdomadaire. Le Tribunal a jugé diffamatoires des propos alléguant que, le 30 septembre 2000, ce Gazaoui avait participé à une mise en scène diffusée par France 2, puis avait imputé à tort à des tirs israéliens la mort de son fils Mohammed et ses anciennes blessures afin de berner l'opinion publique, et ce, avec la complicité de médecins palestiniens. Ce jugement laisse entières certaines questions, voire en suscite d'autres notamment sur la date de l'hospitalisation à Amman de Jamal al-Dura et la "foi" de magistrats en un "rapport" médical jordanien. Ce qui affaiblit la crédibilité de ces images télévisées. Article republié en ce 26e anniversaire de la diffusion par le Journal télévisé (JT) de 20 h France 2 de ce "blood libel" (allégation infondée de meurtre rituel d'un enfant non-juif par des Juifs), et alors que, depuis et notamment durant la guerre israélienne existentielle Swords of Iron (Epées de fer), Pallywood/Gazawood a continué de mettre en scène, produire et diffuser à des médias occidentaux, naïfs ou cyniques, d'autres blood libels alimentant l'antisémitisme et diffamant l'Etat d'Israël. Faute d'une défaite judiciaire, politique et médiatique dans cette affaire al-Dura, Pallywood a continué sa production léthale pour Israël et les juifs. Le 30 septembre 2026, l'historien Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood").

Cet article a été publié en une version américaine plus concise par Ami magazine.
That article was published in American English and in a more concise version by Ami magazine.
Les blessures de Jamal al-Dura étudiées par le Tribunal correctionnel de Paris
La Cour d’appel de Paris a évoqué les blessures de Jamal al-Dura 
« Le fusillé du mur des cons » par Clément Weill-Raynal


C'est un jugement de treize pages à la motivation sévère, mais il ne convainc pas et ne clôt pas l'affaire al-Dura.

Des images aux "blessures"
L'affaire al-Dura a débuté le 30 septembre 2000, quand France 2 a diffusé le reportage de Charles Enderlin, son correspondant permanent à Jérusalem, déclarant en voix off sur des images signées par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma :
« Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».
Jamal al-Dura a été filmé alité dans un hôpital à Gaza le 1er octobre 2000, puis à Amman (Jordanie) le 5 octobre 2000 lors de la visite du roi Hussein de Jordanie.

L’image du « petit Mohamed » devient l’icône de l’Intifada II.

Ce reportage suscite des doutes, et des enquêtes dès fin 2000 de Nahum Shahaf, physicien israélien, de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l’agence de presse Mena (Metula News Agency). 

Nahum Shahaf et la Ména contestent l'authenticité des faits allégués dans ce reportage, et concluent à la mise en scène.

Au sein de la Ména, Gérard Huber, psychanalyste, et Luc Rosenzweig, journaliste confirmé, poursuivent leurs investigations. Gérard Huber publie un livre au titre significatif.

Dans son documentaire Trois balles et un enfant mort. Qui a tué Mohamed al-Dura ? diffusé en 2002 par ARD, Esther Schapira, documentariste allemande, soutient que l'enfant serait mort vraisemblablement par des balles palestiniennes. 

C'est Richard Landes, historien américain, qui parvient à interviewer Charles Enderlin, et forge le néologisme Pallywood pour désigner l'industrie audiovisuelle palestinienne de propagande…

La polémique sur ce reportage controversé est alimentée par le long refus de France 2 de rendre publics les rushes du reportage, et les versions successives et contradictoires de Talal Abu Rahma qui, le 3 octobre 2000, affirme sous serment, au Centre palestinien des droits de l’homme : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne », puis se rétracte le 30 septembre 2002, soit deux ans plus tard, dans un fax adressé à France 2 Jérusalem : « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohamed al-Dura et blessé son père ».

Le 23 octobre 2004, Talal Abu Rahma a filmé (13'04") Jamal al-Dura à son domicile Gazaoui en train de montrer les cicatrices censées remonter à l'incident du 30 septembre 2000. France 2 a diffusé ce film lors d’une conférence de presse le 18 novembre 2004 afin de mettre un terme à cette controverse.

Le 19 octobre 2006, la XVIIe chambre du TGI de Paris a condamné Philippe Karsenty, directeur de l'agence de notation des médias Média-Ratings, pour diffamation à l’égard de France 2 et de Charles Enderlin : il avait évoqué une « mise en scène » de ces images. Un jugement infirmé par la Cour d’appel de Paris qui a relaxé Philippe Karsenty le 21 mai 2008.

Les 4 septembre et 25 septembre 2008, Actualité juive (1) a publié l'interview du Dr Yehuda David, chirurgien à l’hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv, par Clément Weill-Raynal - article titré Les blessures de Jamal al-Dura existaient déjà en 1993 sans la moindre ambiguïté possible ! -, puis une réponse de ce journaliste à un droit de réponse de Charles Enderlin.

Le Dr Yehuda David y affirmait que Jamal al-Dura, victime en 1992, de blessures au couteau lors d’une rixe entre Palestiniens, avait d'abord été opéré dans la bande de Gaza : ces coups avaient sectionné des nerfs médian et cubital ; ils avaient induit une paralysie de la main droite. En 1994, le Dr David a opéré Jamal al-Dura à l'hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv : pour restaurer la flexibilité des doigts de cette main droite, il a prélevé un tendon dans le pied et la jambe gauches du patient pour les transférer dans sa main droite. Ce chirurgien a d'une part reconnu dans des cicatrices de Jamal al-Dura au pied et à la jambe gauches ainsi qu'à la main et à l'avant-bras droit les cicatrices de blessures originelles et celles de son opération, et d'autre part, douté de l'authenticité de faits allégués par Jamal al-Dura, en particulier l'imputation à des balles israéliennes d'autres blessures (artère fémorale).

Le 9 septembre 2008, le professeur israélien Raphaël Walden a écrit un "rapport" d'une page en se fondant seulement sur "le dossier médical pour l'hospitalisation de Jamal al-Dura à l'Al-Hussein Medical City Hospital" à Amman le "1er octobre 2000". Il a listé les blessures de Jamal al-Dura selon leur localisation : "membre supérieur droit", "membre inférieur droit" et "membre inférieur gauche" en évoquant des "blessures par balles" dans les seuls deux membres inférieurs.

Le 8 février 2011, le Dr Yehuda David et Clément Weill-Raynal, journaliste à Actualité juive, ont comparu et, Serge Bénattar, directeur de cet hebdomadaire français, était représenté, devant la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris.  Ils étaient poursuivis pour diffamation par Jamal al-Dura, A Dura ou Dura, absent de l'audience.

10 000 euros à verser à Jamal al-Dura
Le Tribunal n'a donc pas suivi les réquisitions de relaxe des prévenus proposées par Dominique Lefebvre-Ligneul, représentant le Parquet.

Il a condamné chaque défendeur à une amende de 1 000 euros, assortie d'un sursis total, et tous trois solidairement à verser à Jamal al-Dura 5 000 euros au titre des dommages et intérêts, ainsi que 5 000 euros au titre de ses frais de justice.

Il a aussi ordonné la publication par Actualité juive d'un communiqué sur ce jugement dans le mois suivant sa notification.

Il a débouté Jamal al-Dura du surplus de ses demandes.

Une diffamation établie
La diffamation est une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne » (article 29 de la loi du 29 juillet 1881).

Le Tribunal estime que les six passages incriminés de ces deux articles sont diffamatoires car ils allèguent que Jamal al-Dura a participé à un incident mis en scène et qu'il a rendu "des tirs émanant de l'armée israélienne" responsables de "blessures anciennes", dans le but de tromper l'opinion publique "en faisant croire que des blessures venaient de lui être infligées au cours d'une fusillade qui avait fait perdre la vie à son fils", et avec le concours de complices médecins palestiniens.

Poursuivis pour diffamation, les prévenus peuvent être relaxés s’ils prouvent la vérité des faits allégués - exception de vérité -, ou s'ils démontrent leur bonne foi.

La « preuve des faits diffamatoires doit être parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires dans leur matérialité et toute leur portée ». Le Tribunal estime que celle des trois défendeurs ne l'est pas, et n'examine pas celle de Jamal al-Dura. Ainsi, il écarte des articles de presse et l'arrêt de la Cour d'appel de Paris de 2008 tançant Charles Enderlin au motif qu'ils ne "sont pas probants au regard des imputations dont la vérité est recherchée", ainsi que les témoignages de Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), et de Luc Rosenzweig, journaliste ayant enquêté sur l'affaire car "ils n'ont pas permis d'établir la preuve recherchée par les prévenus". Quant à l'attestation du Dr Stéphane Romano du 7 juin 2010, certes elle reconnaît que "l'aspect de la main et le handicap au membre supérieur de ce patient sont consécutifs à un traumatisme précédent son éventuelle implication dans la fusillade d'octobre 2000", mais "la description des blessures ne permet pas d'identifier celles qui proviennent des interventions précédentes et celles qui seraient nouvelles".

Par contre, le Tribunal retient le "document médical" que Jamal al-Dura "avait présenté lors de l'entretien télévisé du mois d'octobre 2004, ainsi que la capture d'écran du rapport médical (avec sa traduction), établi par les docteurs Ahmaed Abdallah, Mohamed al Zaher et Hakem al Kadi, médecins de la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie où il avait été hospitalisé le 4 décembre 2000" et qui "constate :
- un état anémique grave dû à l'hémorragie,
- une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit,
- une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite",
- une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza),
- des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes,
- d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit".

Ces "constatations distinguent clairement des blessures anciennes de la main droite d'autres blessures dont il n'est pas dit qu'elles seraient anciennes et dont il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport, qu'elles auraient été constatées lors de l'admission de Jamal al-Dura à l'hôpital Al Hussein d'Hammam".

Ces constatations "n'excluent nullement l'existence de blessures survenues ultérieurement à l'intervention du docteur Yehuda David et ne permettent donc pas de rapporter la preuve des imputations diffamatoires".

Pour résumer cet extrait du jugement fondé sur un argument chronologique : sur la base de ce "rapport médical", les "constatations" lors de l'admission de Jamal al-Dura dans cet hôpital "le 4 décembre 2000" ne permettent pas, selon le Tribunal, d'exclure l'hypothèse de blessures postérieures à 1994.

Sur la bonne foi, la jurisprudence requiert la réunion de quatre conditions : l’absence d’animosité personnelle, un but légitime, la prudence dans l’expression et une enquête préalable sérieuse.

Certes, le Tribunal reconnaît l'absence d'animosité du journaliste et du chirurgien à l'égard de Jamal al-Dura, ainsi que la nécessité d'informer sur un reportage ayant donné lieu à un "débat public et la polémique" et ayant généré une "affaire internationale particulièrement médiatisée", les "images de la mort du jeune Mohammed ayant fait le tour du monde et étant devenues emblématiques de la cause palestinienne".

Cependant, le Tribunal reproche au Dr David d'avoir manqué de prudence dans ses déclarations, de n'avoir pas examiné récemment Jamal al-Dura ni lu ses dossiers médicaux à Gaza et en Jordanie avant de s'exprimer sur certaines blessures. Quant à Clément Weill-Raynal, le Tribunal blâme son "engagement rédactionnel", son "acquiescement" aux propos du chirurgien, et une rétention d'informations à l'égard de celui-ci et des lecteurs, sans "donner au lecteur des éléments contradictoires lui permettant d'apprécier "la thèse de la mise en scène" développée".

Les trois défendeurs ont interjeté appel de leur condamnation.

Des avocats interrogés, seule Me Orly Rezlan, avocate de Jamal al-Dura, m'a répondu. Le 1er mai 2011, Me Orly Rezlan s'est réjouie de cette décision qui "reflète le contenu des débats à l’audience. Le docteur David a admis que son dossier médical ne pouvait expliquer les cicatrices les plus impressionnantes constatées sur le corps de Jamal al-Dura et en particulier, la cicatrice à l’aine... Il est ainsi démontré que les blessures de Jamal al-Dura ne préexistaient pas à la fusillade. Ce procès aura permis de poser à ce médecin des questions précises et de montrer les limites de son propos”.

Carences informatives et contradictions
Pourtant, le jugement laisse dubitatif par certaines assertions - notamment l'avis négatif sur l'enquête sérieuse menée par Clément Weill-Raynal -, ses contradictions et ses carences informatives, ainsi que ses partis pris non motivés : le Tribunal cite des déclarations officielles israéliennes anciennes (octobre et novembre 2000), mais non celles plus récentes, par exemples la lettre de la Direction nationale de l'Information auprès du Premier ministre le 21 octobre 2010 réfutant toute responsabilité israélienne dans la "mort de Mohamed al-Dura" ou les déclarations de Daniel Seaman, alors responsable du Bureau de presse gouvernemental (GPO), affirmant fin septembre 2007 au cabinet israélien d’avocats Shurat HaDin que "le cameraman Talal Abu Rahma a mis en scène tout l’incident" et précisant en 2008 que ce cameraman s'était vu retirer sa carte de presse par le GPO "car il était impliqué "dans la mise en scène d'évènements dans la bande de Gaza". On pourrait donc retourner au Tribunal le reproche de rétention d'informations qu'il adresse à Clément Weill-Raynal.

A cet égard, on comprend mal les louvoiements du gouvernement israélien entre deux thèses inconciliables : celle de la "mise en scène de l'incident al-Dura" et celle de la "mort de Mohamed al-Dura" selon "une forte probabilité" par des "balles palestiniennes". Il conviendrait qu'il fixe enfin sa position, et en tire toutes les conséquences.

Ce jugement du Tribunal suscite de nombreuses questions.

1. A quelle date Jamal al-Dura a-t-il été hospitalisé dans "la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie" ?
            - "sur la foi" du rapport jordanien d'hospitalisation de Jamal al-Dura à Amman, le Tribunal écrit que ce patient y "avait été hospitalisé le 4 décembre 2000".
            - se fondant sur le "rapport médical d'hospitalisation" de Jamal al-Dura à Amman, le professeur Raphaël Walden mentionne, dans son "rapport" évoqué devant le Tribunal, une autre date d'hospitalisation : le "1er octobre 2000".
            - le film montré par France 2 devant la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et sur son site Internet, indique que "le lendemain des faits", donc le 1er octobre 2000, "Jamal al-Dura est allongé sur son lit d'hôpital à Gaza" (11'13").
            - le rapport médical jordanien traduit par la Metula News Agency (ou Mena) est signé par les docteurs Issam Albshari, Mohamed Altihar et Hakim Alkadi. Il indique que Jamal al-Dura a été admis dans cet hôpital al-Hussein " le 1er octobre 2000 après avoir été transféré de la bande de Gaza, Camp de El Burej, des suites de blessures par balles deux jours avant son transfert", soit le 29 septembre 2000. Or, le reportage de France 2 sur l'incident al-Dura date du 30 septembre 2000.
            - Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Mena (1), a indiqué :
"en date du 26 novembre 2000, la Direction de la Coordination et des Liaisons de l’armée israélienne fait parvenir par courrier au chef de la Commission d’enquête sur les événements du 30 septembre 2000 à Nétzarim, Nahum Shahaf, un compte-rendu des "Mouvements de sorties à l’étranger de Jamal Mohamed Ahmed Dura – carte d’identité 942395930". Le rapport des mouvements de sorties est signé par Yekhezkel Dgani, le coordinateur de l’Enregistrement de la population – Mirsham Ha-okhluzinn -, l’administration israélienne en charge du Contrôle de l’Habitant. Le compte-rendu référencie les cinq derniers mouvements de Jamal. Or ce document mentionne spécifiquement que c’est le 4 octobre qu’A-Dura [Nda : "La carte d’identité israélienne et le rapport jordanien mentionnent Dura et A Dura, ce qui est équivalent", précise Stéphane Juffa] a quitté le territoire alors contrôlé par l’Etat d’Israël, au poste de l’aéroport de Dahanya, dans le sud de la Bande de Gaza".
            - le roi Hussein de Jordanie a été filmé le 5 octobre 2000 au chevet de Jamal al-Dura qui a été interviewé par deux journalistes israéliens.

C'est d'autant plus étrange qu'il ressortait des débats que Jamal al-Dura avait été hospitalisé une seule fois dans cet hôpital jordanien en 2000.

2. Quelles blessures ? Quelles cicatrices de quelles blessures ?
Il est regrettable qu'après les dix heures d'audience du 8 février 2011, et même en reprenant la teneur du "rapport médical" de trois médecins de l'hôpital Al Hussein à Amman, le Tribunal ne fournisse pas des données essentielles et indispensables : nombre, nature et localisations exacts des blessures de Jamal al-Dura attribuées aux tirs israéliens le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim. De même, manquent les comparaisons entre les blessures de 1992, celles opérées en 1994 et celles datant du 30 septembre 2000.

Selon le Tribunal, ce "rapport médical" jordanien évoque des "blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes", et pour elles seules. Pourquoi les trois auteurs de ce "rapport médical" jordanien ont-ils tenu à spécifier la nature des blessures - "par balles" - pour ces seuls membres ? Par cette précision, ses trois auteurs ont opéré une distinction parmi toutes les blessures, selon leur nature.

A contrario, et ipso facto, les autres blessures constatées - "une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit, une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite", une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza)" et "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit" - ne résulteraient donc pas de balles si l'on suit la distinction opérée par ces trois médecins. Et elles ne pourraient donc pas avoir été causées par des balles israéliennes le 30 septembre 2000.

Poursuivons ce raisonnement respectueux du sens littéral du "rapport médical" rédigé par trois praticiens jordaniens :

- ce "rapport médical" jordanien exclut ipso facto toute nouvelle blessure "au niveau de la main droite" et toute nouvelle "section du nerf cubital droit". L'état de la main droite de Jamal al-Dura se trouve donc en l'état résultant de l'opération chirurgicale effectuée par le Dr Yehuda David dans un hôpital réputé de Tel-Aviv en 1994.

- pourquoi le bras droit jusqu'à la main de Jamal al-Dura, hospitalisé le 1er octobre 2000 à Gaza, est-il entouré d'un plâtre ou bandage taché de rouge (surtout au niveau de la main, 11'12'') ? Surtout si seul "l'humérus droit" a subi une "double fracture" ?

- quand "l'intervention à la cuisse droite" a-t-elle été pratiquée "dans la bande de Gaza" ? Et dans quel hôpital ?

- quid du petit rond sur la fesse droite de Jamal al-Dura présenté comme la cicatrice d'une "blessure par balle" du 30 septembre 2000, filmé par Talal Abu Rahma le 23 octobre 2004 (13'40'') et omis par ce "rapport médical" jordanien et par le Tribunal qui a vu ce film ? Admettons qu'un médecin de cet hôpital d'Amman n'ait pas vu cette "blessure par balle" sur la fesse droite de Jamal al-Dura. Mais trois !? Ces trois médecins de l'hôpital d'Amman ont-ils ausculté leur patient à son arrivée ou se sont-ils fiés au dossier médical de l'hôpital palestinien en en recopiant une partie ? De quand date ce petit rond ? A l'audience, le Dr Yehuda David avait informé le Tribunal que des Palestiniens tirent une balle dans la fesse de ceux présumés avoir collaboré avec l’Etat d’Israël.

- Combien de "blessures par balles" ? "Neuf" selon des "sources médicales palestiniennes". Le Tribunal évoque, "sur la foi" du "rapport médical" jordanien, "des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes". Dans le film tourné par Talal Abu Rahma pour France 2 le 23 octobre 2004 sur les cicatrices provoquées par des "blessures par balles" le 30 septembre 2000, Jamal al-Dura dirige son index le long de tracés de ce qui semble de longues et fines cicatrices sur sa jambe gauche (13'47''), puis désigne dans sa jambe droite ce qu'il présente aussi comme deux cicatrices : une petite zone que l'on peine à distinguer et qui semble au-dessous d'un rond foncé près du genou (14'22''), et un petit rond près du pied (14'28'').

- Jambe gauche. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura a " deux blessures par balles" situées " au milieu et au tiers supérieur". Cependant, Jamal al-Dura désigne de son index ce qui semble des cicatrices qui parcourent sa jambe du genou jusqu'au pied, donc bien au-delà du "milieu" de la jambe (13'47''-14'19''). Le Dr Yehuda David affirme que certaines cicatrices datent de son opération chirurgicale en 1994.
- Jambe droite. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura aurait de "multiples blessures par balles" et une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Jamal al-Dura ne désigne que deux zones de cicatrices de "blessures par balles". Pointée par l'index de Jamal al-Dura, la zone du petit rond près du pied droit apparaît dépourvue de plâtre ou bandage et sans aucune blessure le 1er octobre 2000 dans le film de France 2 (11'21'') ; elle ne peut donc pas correspondre à une blessure par balle israélienne le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim. Comment Jamal al-Dura a-t-il pu se tromper ? Reste donc une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Cette prétendue cicatrice est peu visible, et la caméra de Tala Abu Rahma la quitte rapidement pour se déplacer vers le petit rond près du pied.

- Quels calibres de balles ? A la différence du "rapport médical" jordanien cité par le Tribunal, le "rapport" du professeur Raphael Walden ne distingue aucune différence de calibre dans les balles censées avoir blessé Jamal al-Dura. Comment des balles de même calibre, provenant du même endroit, tirées par les mêmes soldats, peuvent elles provoquer des blessures tantôt aux "cicatrices" minuscules et rondes et tantôt aux cicatrices longues et fines ?

- Comment une fusillade aussi nourrie dans la durée - « Les balles pleuvaient autour de nous comme de la pluie » et ce, "pendant 45 minutes" selon Talal Abu Rahma -, a-t-elle pu laisser sur le corps de Jamal al-Dura si peu d'impacts de balles, toutes étrangement focalisées "au niveau des deux jambes", alors que sa tête était visible au-dessus du baril pendant 16 secondes sans être atteinte par des balles (7'58''-8'03'' et 8'19''-8'30'') ? "Les armes utilisées [par les soldats israéliens] sont des fusils d’assaut, capables de tirer par rafales et dont la cadence de tir est de six cents à huit cents coups à la minute. En supposant même qu’un seul tireur ait tiré 50 coups à la minute, le nombre de coups de feu sur une durée de 40 minutes aurait été de DEUX MILLE...", écrit l'expert balistique mandaté par Philippe Karsenty dans son rapport du 19 février 2008.

- Comment concilier "l'hémorragie" évoquée dans ce "rapport médical" jordanien et l'absence de sang sur les vêtements, le sol et le mur derrière Jamal al-Dura, pendant et après les "tirs venus des positions israéliennes" ? "Du sang sur un tee-shirt blanc, cela se voit", a ironisé le Dr David Yehuda interviewé par le rédacteur en chef Michel Zerbib sur Radio J, le 5 mai 2011. Et sur un pantalon bleu aussi, serait-on tenté d'ajouter. Le commentaire du film présenté par France 2 à la Cour d'appel de Paris en 2008 allègue qu'une tache près du bras droit serait du sang (8'14''). Mais le "rapport médical" jordanien, auquel le Tribunal accorde une telle "foi", ne relève des "blessures par balles" qu'au "niveau des deux jambes".

Quel crédit accorder à ce "rapport médical" jordanien ? C'est sur ce "rapport" que le Tribunal se fonde - "il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport" - avant de conclure que la "preuve des imputations diffamatoires" n'est pas apportée. En fondant ainsi sa décision sur ce "rapport médical" jordanien - certaines de ses phrases contredisent notamment un autre "rapport médical" -, le Tribunal semble avoir renoncé à son devoir de statuer en droit, avec bon sens et avec logique. A noter que la justice française offre des exemples où des magistrats motivent leurs jugements en se fondant sur des rapports d'experts - psychiatre, spécialiste en immobilier - contestables par leurs imprécisions, leurs contradictions, etc. Ce qui est préjudiciable pour les justiciables qui subissent des dommages.

Curieusement, ce Tribunal qualifie de "déclaration péremptoire" une observation du Dr Yehuda David induite par son expertise acquise en particulier sur les champs de guerres au sein d'unités de Tsahal. Ce chirurgien émérite a affirmé, notamment à l'audience, que Jamal al-Dura n'aurait pas survécu - il se serait "vidé de son sang en quelques minutes sans pouvoir atteindre l'hôpital de Gaza" - si son artère fémorale avait été touchée par des balles de M16 israéliens ce 30 septembre 2000.

On demeure au moins étonné, voire choqué, par le faible niveau des magistrats ayant rendu ce jugement. Des juges semblant dénués d'esprit logique, de raison... au pays de Descartes.

Une information majeure
En qualifiant de "limitée" la portée de la révélation du Dr Yehuda David, le Tribunal minore sans raison une information majeure.

En effet, en 2000, Jamal al-Dura avait attribué toutes ses blessures à Tsahal. C'est aussi ce qui ressort de ce film de Talal Abu Rahma pour France 2 et en date du 23 octobre 2004. Un film intégré dans celui montré par France 2 et Charles Enderlin à la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et visible sur le site de France 2 (13'04''). En rappelant son opération de chirurgie réparatrice de 1994, le Dr Yehuda David non seulement a annihilé les allégations de Jamal al-Dura, de Talal Abu Rahma et de France 2 en ce qui concerne les membres opérés, mais a aussi réduit le crédit à apporter à leurs allégations d'autres "blessures par balles".

Et ce chirurgien se voit conforté dans ses affirmations par ledit "rapport médical" jordanien qui évoque, aux dires mêmes du Tribunal, "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit", et donc, a contrario, aucune autre nouvelle blessure à cette main de Jamal al-Dura.

Enfin, on peut s'interroger sur le choix de Jamal al-Dura d'avoir judiciarisé les questions visant ses blessures, alors qu'il aurait pu répondre aux questions de Clément Weill-Raynal et de Luc Rosenzweig, venir s'exprimer devant le Tribunal et surtout accepter d'être examiné par les experts d'une commission d'enquête indépendante chargée d'établir la vérité sur ce qui s'est produit le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim, et dont la constitution a été demandée par Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en 2008, puis en 2011.

D'autant que les autorités israéliennes ont toujours indiqué qu'elles ne mettraient "aucun obstacle à ses déplacements".

Il est désolant qu'aucune des institutions publiques françaises - notamment la direction de France Télévisions, le ministère de la Culture et de la Communication et le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) - ne soit intervenue depuis tant d'années pour mettre un terme par des réponses à ces questionnements légitimes et logiques sur "l'incident al-Dura".

21es Rendez-vous de l'Histoire
Les 21es Rendez-vous de l'Histoire à Blois ont eu pour thème "La puissance des images" (10-14 octobre 2018).

Al-Jazeera
Le 30 septembre 2024, AJ+ français, branche française de la chaine qatari al-Jazeera, a diffusé sur X, ex-Twitter, un reportage (3'22'') ainsi commenté : 
"C'était le pire jour de ma vie.”
Le 30 septembre 2000, Mohammed al-Durrah, 12 ans, est tué par l'armée israélienne alors qu'il se trouve dans les bras de son père.Les images, diffusées le soir même sur France 2, marqueront le monde entier.
Ses parents témoignent pour AJ+ ".
Manal al-Durrah, présentée comme la mère de Mohammad al-Durrah - au lieu de "al-Dura" -, évoque ce dernier comme un "martyr" (shahid).

Mediapart
Le 30 septembre 2025 à
 10h32, Mediapart diffuse l'interview de Jamal al-Dura intitulée "Jamal al-Dura : « Le sang de Mohammed n’en finit pas de couler » et signée par Gwenaelle Lenoir.

Réservé aux abonnés, cet article débute ainsi :
"Il y a vingt-cinq ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes, derrière un cylindre de béton, à un carrefour de la bande de Gaza. Ce père, Jamal al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. Mediapart a pu le joindre et l’écouter.

L’image est mauvaise, le son se hache avant de revenir et puis de repartir, la liaison coupe souvent. Mais les mots et les traits de Jamal al-Dura nous parviennent quand même, depuis le camp d’Al-Bureij, dans la partie centrale de la bande de Gaza. Son visage est long et émacié, ses cheveux gris, sa peau semble un peu jaune. « Je me suis rendu chez des amis pour vous parler, dit-il à Mediapart, le 15 septembre en fin d’après-midi. Chez moi, c’est impossible, j’habite dans les ruines de ma maison, j’ai réussi à y aménager un coin, mais obtenir une liaison internet"

Co-fondateur de Mediapart, Edwy Plenel a annoncé ainsi cet article sur X, ex-Twitter à 11 h13 :
"Il y a 25 ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes à un carrefour de la bande de #Gaza. Ce père, Jamal  al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. @Mediapart  a pu le joindre."

Pourquoi ce regain d'intérêt pour l'affaire al-Dura ? Pour tenter d'effacer le souvenir des fakes, notamment sur "la famine dans la bande de Gaza" ? Pour renforcer l'image diffamant Israël et ses soldats présentés faussement comme "tueurs d'enfants" depuis des décennies, notamment auprès de la génération née en 2000 (génération Z ou Gen Z) ?

Richard Landes
Le 30 septembre 2026, Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood") :
"Le 30 septembre 2000, Charles Enderlin, correspondant de France 2 au Moyen-Orient, a présenté une cinquantaine de secondes d'images floues, filmées par son caméraman palestinien Tala abu Rahmeh, comme illustrant l'histoire d'un garçon et de son père pris entre deux feux, cachés derrière un baril au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, visés et tués « par des tirs provenant d'une position israélienne ». En réalité, les images ne montrent rien de tel : les tirs proviennent d'une position opposée (c'est-à-dire palestinienne ), ils n'ont pas été pris au piège mais placés là, comme le révèlent des images de l'AP et de Reuters, il n'y a aucune trace de sang sur le mur ni sur le père (qui a reçu 11 blessures), et le garçon, après avoir été déclaré mort par Enderlin, lève le coude et regarde la caméra (une scène qu'Enderlin a coupée au montage).
Rien dans les images utilisées par Enderlin ne confirme le récit qu'il a diffusé avec son caméraman : une pluie de balles, une blessure à l'estomac, un meurtre de sang-froid, un ambulancier tué en venant à la rescousse. S'il avait fait preuve d'un tant soit peu du scepticisme professionnel qu'exigeait un reportage aussi sensationnaliste, Enderlin n'aurait certainement pas utilisé ces images (comme CNN l'avait fait auparavant). Au lieu de cela, il n'a pas raisonné selon le principe : « Est-ce crédible ? » mais plutôt : « Que puis-je rendre crédible ? »
Et, hélas, l'histoire se propagea comme une traînée de poudre. Dans le monde musulman, elle devint la preuve irréfutable que les Infidèles – les Juifs ! – tuaient des musulmans innocents, justifiant ainsi le ciblage des « civils » infidèles. En Occident, elle fut largement adoptée par les progressistes comme un moyen d'« effacer, de remplacer » l'icône de l'Holocauste : une échappatoire à la honte de l'Holocauste . L'inversion de l'Holocauste – les Juifs sont les nouveaux nazis, les Palestiniens les nouvelles victimes juives du génocide – se banalisa.
Al Durah était le saint patron de Durban, le cri de ralliement de la vague d'antisémitisme qui a déferlé sur ces événements, la présence dominante au mariage des progressistes occidentaux et des suprémacistes musulmans.
Il s'agissait de la première accusation de crime rituel « post-moderne », la première à réussir en Occident après la Shoah, la première diffusée par un Juif (et Israélien), la première relayée par des médias d'information modernes et professionnels. Pourtant, à ce jour, les journalistes occidentaux, y compris israéliens, ont-ils manifesté une grande réticence à envisager la possibilité d'une mise en scène, le plus grand succès de Pallywood, cette industrie cinématographique vouée à accuser Israël de crimes de guerre. Cette affaire a électrisé le monde entier, attisant une haine qui a lié les progressistes occidentaux aux suprémacistes djihadistes.
À l'instar de la blessure infligée par la lame de Morgul dans Le Seigneur des Anneaux (Lord of the Rings), tant que ce fragment de l'œuvre la plus malveillante de Pallywood restera ancré dans le récit des médias traditionnels, présenté comme une information plutôt que comme une erreur professionnelle colossale, la couverture occidentale d'Israël et de ses ennemis sera gangrenée par la propagande de guerre djihadiste : ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui ciblent les enfants ; ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui commettent un génocide. L'Occident est littéralement aveuglé, désorienté, moralement écœuré par ce journalisme de guerre contre-productif et son appétit apparemment insatiable pour les récits de Juifs se comportant mal."


Articles à lire sur
- l'affaire al-Dura/Israël
- la France
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- le Monde arabe/Islam
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Cet article a été modifié le 15 octobre 2011 puis les 13 mai 2011, 30 septembre 2016, 2 octobre 2018, 29 septembre 2019, 2 octobre 2020, 28 septembre 2022, 28 septembre 2023, 30 septembre 2024, 30 septembre 2025.

samedi 30 mai 2026

Arlette Chabot et l'affaire al-Dura

Le 18 septembre 2008, Arlette Chabot, alors directrice de l’information de France 2 et directrice générale adjointe chargée de l’information de France 2 (2004-2010), puis Philippe Karsenty, directeur de l’agence de notation des médias Media-Ratings (M-R.fr), se sont exprimés lors d’une soirée publique sur l’affaire al-Dura, le blood libel emblème de l'Intifada II, pour la première fois hors de l’enceinte judiciaire, au siège parisien du Mouvement juif libéral de France (MJLF). Une réunion filmée calamiteuse pour France 2, oscillant, au fil des interventions, entre le grotesque, le passionnant, le choquant, le comique et la raison. Aux interrogations légitimes suscitées par le "reportage" controversé de Charles Enderlin et du cameraman palestinien Talal Abu Rahma sur la « mort de Mohamed al-Dura » diffusé le 30 septembre 2000 lors du JT de France 2, aux arguments fondés de Philippe Karsenty, Arlette Chabot n’a opposé aucune réponse argumentée. A tort, elle a nié le non-renouvellement de la carte israélienne de presse de Talal Abu Rahma. En 2017, la première promotion de la Légion d'Honneur du Président Emmanuel Macron s'est caractérisée par un nombre "exceptionnellement resserré" de 101 noms, illustres ou inconnus du grand public. Parmi eux, Arlette Chabot. En 2023, Arlette Chabot, éditorialiste sur LCI, a été une invitée régulière de Radio J, notamment dans les émissions "Ça reste entre nous" présentée par David Revault d'Allonnes et "Le Grand Journal" de Steve Nadjar. Sur LCI, le 29 mai 2026, elle a exhorté Patrick Bruel, accusé d'agressions sexuelles et de viols et qui nie les avoir commis, à cesser toutes ses activités le temps que la justice passe. Pourquoi n'a-t-elle pas agi de même envers Charles Enderlin durant les années de procès pour diffamation contre Philippe Karsenty ?

Ce fut théâtral à souhait, avec vraies et fausses sorties d’Arlette Chabot, venue accompagnée de trois journalistes de France 2, dont « certains sont de grands reporters, ayant travaillé en Israël, dans les territoires ». Signe d’une « rédaction solidaire ».

Une pièce, parfois houleuse, d’environ trois heures, en trois actes, devant une salle quasi comble, d’environ 150 spectateurs, attentifs et respectueux, dont Francis Lentschner, président du MJLF, le rabbin Daniel Farhi, le général Michel Darmon, président d’honneur de l’association France-Israël/Alliance général Kœnig (1) et le journaliste Gil Mihaely.

Le journaliste Antoine Spire annonce, avec gêne, le déroulement de la soirée : Arlette Chabot commentera ses images, puis répondra aux questions posées par la salle et par lui-même. Ensuite, elle quittera la salle, car elle « ne souhaite pas écouter Philippe Karsenty », qui présentera sa démonstration et répondra aussi aux questions. Enfin, après « le retour d’Arlette Chabot, nous aurons un débat ». Rires.

Le but d’Antoine Spire : « Savoir quelle est la vérité, donc être le plus rationnel possible ». Un mot est inscrit en hébreu sur un panneau de la salle : « Emet » – vérité.

Un prochain « groupe de travail d’experts indépendants »
Quelques heures auparavant, le CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) avait annoncé l’accord de Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, pour « la mise en place d’un groupe de travail d’experts indépendants, chargé de répondre, à partir de tous les documents disponibles, aux diverses questions qui se posent » sur les images de la « mort de Mohammed al-Dura » (2). Un groupe qui sera présidé par Patrick Gaubert, président de la LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme) (3).

« Ce n’est pas une commission d’enquête, car, enquête, cela veut dire qu’il y a justice, et la justice nous oppose à M. Karsenty », ergote Arlette Chabot, directrice générale adjointe chargée de l’information de France 2 (2004-2010). Les missions de ces experts : examiner les cicatrices de Jamal al-Dura et son dossier médical, faire de nouvelles radios, analyser les images (en particulier le timecode)…

« Plutôt que de ressasser les éternels arguments et de scruter les images à l’infini, [Arlette Chabot] veut sortir du fantasme, de l’accusation sans preuve et cherche des faits objectifs nouveaux ». Ainsi, « Jamal al-Dura et des autorités religieuses musulmanes ont donné leur accord sur l’analyse ADN des restes de l’enfant exhumé ». Une exhumation et un test que nul, hormis France 2, ne propose, et dont les résultats, conditionnés par une ADN probante, n’arrêteront pas toutes les polémiques. Alors pourquoi cette analyse ? Peut-être pour contourner le but majeur assigné à cette commission par le Dr Richard Prasquier, président du CRIF, le 2 juillet 2008 : « Il s’agit de déterminer si, le 30 septembre 2000, Charles Enderlin pouvait affirmer, avec les images et informations dont il disposait, que Mohammed al-Dura est mort » (4). « Nous souhaitons arrêter cette affaire… et que l’enquête aille jusqu’au bout, et nous nous rangerons au verdict de ces éléments objectifs », promet Arlette Chabot. Et d’ajouter : « Si une faute avait été commise, nous reconnaîtrons la faute. Le bureau de Jérusalem sera fermé dans l’heure qui suivra. Tout le personnel sera licencié. Nous dirons à la TV que nous avons commis une erreur et que nous avons été abusés ». Mais France 2 remettra-t-elle en question sa chaîne de contrôle de l’information ?

Puis Arlette Chabot précise : « En revanche, nous demandons que tout le monde fasse preuve de la même honnêteté, et que si des gens de bonne volonté arrivent à donner des éléments objectifs qui apportent des réponses au maximum de questions… Nous acceptons les réponses. Et nous espérons que tout le monde [les] acceptera, et qu’on en aura fini de cette affaire... Ni la France - qui a beaucoup de problèmes, euh, avec ses communautés différentes -, ni ce qui se passe au Proche-Orient, personne n’a besoin de rallumer des guerres… mêmes médiatiques qui n’ont pas lieu d’être. C’est très dangereux ».

Les auditions de ces experts seront-elles ouvertes à la presse ? Leur compte-rendu et les résultats des analyses seront-ils publiés ? Ces points, et d’autres, demeurent inconnus.

On pouvait espérer que cet accord entre le CRIF et France 2 augurât d’une atmosphère pacifiée entre les deux orateurs, prélude à un dialogue. Eh bien, non, il a fallu vite déchanter. Chacun a campé sur sa position, sans réel dialogue.

« France 2 bidonne, ou ne bidonne pas ? » (Arlette Chabot)
Rappelons les faits (5) :

Le 30 septembre 2000, au JT de 20 h, France 2 diffusait un reportage commenté ainsi par Charles Enderlin, son correspondant à Jérusalem, sur des images du cameraman (ou fixer [en anglais]) palestinien, Talal Abu Rahma :
« 15 heures. Tout vient de basculer près de l’implantation de Netzarim dans la bande de Gaza... Ici, Jamal et son fils Mohammed sont la cible de tirs venus de la position israélienne... Mohammed a 12 ans. Son père tente de le protéger... Il fait des signes... Mais une nouvelle rafale... Mohammed est mort et son père gravement blessé » (6).
Ces images ont circulé dans le monde entier, alimentant la haine et la violence contre les Juifs. « Rien n’a été aussi dévastateur du point de vue de l’image d’Israël que la mort de ce petit Mohammed al-Dura. En réponse à ce crime, quelques jours plus tard, deux réservistes israéliens ont été lynchés par des Palestiniens », rappelle Antoine Spire. « J’ai rencontré des mères de famille françaises qui m’ont dit : "Mon gosse a payé très cher, dans son collège, dans son école, l’affaire al-Dura". Je partage cette douleur », déclare Arlette Chabot. L’incident et ce reportage ont fait l’objet d’enquêtes, notamment du physicien Nahum Shahaf, du réalisateur Pierre Rehov (7), de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Metula News Agency (ou Mena) (8), de la journaliste Esther Schapira (9), du psychanalyste Gérard Huber (10), de l’historien Richard Landes (11) et de Philippe Karsenty.

Des doutes ont surgi sur l’authenticité des faits allégués par le commentaire de ces images (12).

En 2004, M. Karsenty qualifiait de "mise en scène" et "supercherie médiatique" ces images controversées (13). Condamné en première instance, en 2006, pour diffamation, sur plaintes de France 2 et de Charles Enderlin (14), il interjetait appel et était relaxé le 21 mai 2008 par la Cour d’appel de Paris, par un jugement qui tançait sévèrement les intimés. Ceux-ci se sont pourvus en cassation (15). Le Nouvel Observateur a publié, le 27 mai 2008, un appel Pour Charles Enderlin, qu’Antoine Spire trouve « particulièrement étrange (17) ».

« Une sale affaire »
Troisième directrice successive de l’information de France 2 à « gérer » cette affaire, Arlette Chabot n’était pas « en fonction à l’époque. Ce qui [lui] donne une totale liberté pour avoir mené et continuer à rechercher le maximum d’informations sur cette… sale affaire ».

« La première polémique, que je n’ai pas gérée, était sur l’origine des balles, ironise-t-elle. Et quand je suis arrivée il y a quatre ans, on m’a dit : « Ah, c’est formidable ! On va enfin avoir un directeur de l’information qui va dire la vérité : "Cette scène est totalement bidon, elle est jouée, et l’enfant n’est pas mort" - j’ai même entendu dire qu’il vendait des fruits à Gaza –, "et le père n’a jamais été blessé. Tout ceci est une scène qui a été montée"… J’ai essayé de reprendre les faits. J’ai essayé de mettre un peu de raison et de chercher des faits objectifs dans une affaire qui devenait extrêmement passionnelle, voire irrationnelle, avec des débats interminables ».

Cette affaire, qui l’espère-t-elle ne « sera pas l’affaire de sa vie », elle a été « mal gérée » par ses prédécesseurs. Au fait, comment Arlette Chabot l’a-t-elle « gérée » ?

En sélectionnant les happy few – les journalistes Luc Rosenzweig (18), Denis Jeambar et Daniel Leconte (19) – autorisés à découvrir, le 22 octobre 2004, les rushes de France 2.

En refusant la communication de ces rushes à l’armée israélienne (20) - même si Arlette Chabot fait « confiance à la démocratie israélienne pour organiser des enquêtes » -, ainsi qu’au président du CRIF (21).

En filtrant les invités de sa conférence de presse du 18 novembre 2004 (22). Une décision critiquée par le Syndicat national des personnels de la communication et de l’audiovisuel (SNPCA) (23).

En disqualifiant les partisans de la mise en scène, assimilés aux révisionnistes ou aux adeptes des théories du complot. Et, pour l’avoir rangé quelque peu parmi ces derniers, la chaîne Canal + (24) et l’hebdomadaire L’Express (25) sont poursuivis pour diffamation, en 2008, par Philippe Karsenty.

Enfin, en adoptant, pour clore tout débat (26), une stratégie judiciaire, qui s’est révélée désastreuse pour France 2 (27) - celle-ci avait poursuivi pour diffamation ceux qui avaient diffusé, sur des sites Internet, des articles gênants sur cette affaire, et non leurs auteurs. La seule exception, involontaire, a visé Philippe Karsenty et s’est retournée en boomerang contre France 2.

Ainsi, les trois procédures judiciaires lancées par France 2 et Charles Enderlin se sont soldées, d’une part, par la relaxe d’un prévenu au terme d’une audience ubuesque (28), et, d’autre part, par deux condamnations des prévenus, en première instance : l’une, celle de Philippe Karsenty, a été annulée en appel (29) ; l’autre, celle de Charles Gouz, webmaster du site Desinfos.com, a donné lieu à un jugement aux attendus sévères à l’égard de France 2 (30).

Si lors de l'audience du 27 février 2008 devant la Cour d'appel de Paris, Arlette Chabot avait éludé les questions légitimes justifiant le doute sur l'authenticité des faits allégués, Charles Enderlin, absent de la scène du tournage des images par le cameraman Talal Abu Rahma, avait réitéré son commentaire off de 2000.

Et les rushes de France 2 ?
Habilement, Arlette Chabot ne présente pas les 18 minutes de rushes de France 2 en date du 30 septembre 2000, et présentés à la Cour d’appel de Paris le 14 novembre 2007. Et pour cause, il eût été délicat de montrer 17 minutes de saynètes de guerre et deux interviews de responsables palestiniens, s’achevant par la minute sur les al-Dura, et une rue palestinienne sans trace de sang, ni projection de chair, ni les 2 000 impacts de balles israéliennes que n’eussent pas manqué de produire « 45 minutes » de fusillades (31). En 2000, Talal Abu Rahma affirmait que ces rushes duraient 27 minutes. Quid des neuf minutes manquantes dans ces rushes ? « Nous avons donné à la justice l’intégralité des rushes », assène Arlette Chabot (32).

Et voici donc les reportages diffusés par France 2 et TF1, le 30 septembre 2000, par France 2, les 1er et 2 octobre 2000, puis des « rushes décryptés par France 2 », avec des images d’autres caméramans présents au dit carrefour le 30 septembre 2000 (33).

C’est avec concision, aplomb et calme, qu’Arlette Chabot répond aux interrogations d’Antoine Spire et de spectateurs. Seule sa gestuelle – jambes parfois tordues, main cachant une partie du visage - trahit nervosité ou embarras.

Un abîme de questionnements
Arlette Chabot dévide une litanie à donner le vertige. Elle avance la transparence - « Nous répondons à toutes les questions. Nous n’avons rien à cacher ». Alors que le caméraman palestinien, Talal Abu Rahma, admettait, vers 2001-2002 : « France 2 a ses secrets ». Pourquoi France 2 a-t-elle donné ces images aux télévisions du monde entier ? - « C’est normal. Il y a un système d’échanges gratuits internationaux entre toutes les TV. S’il y a un embargo, c’est plutôt vis-à-vis de la concurrence… Quand Charles Enderlin a monté ces images, personne n’a imaginé une seconde l’impact qu’elles auraient », explique Arlette Chabot.

Nidra Poller ironise : arrivé à 7 h, Talal Abu Rahma n’aurait produit en une journée de travail que 18 minutes d’images, en manquant la mort de l’enfant !? « Quelle était la durée de sa cassette ? », demande-t-elle. Arlette Chabot élude, insistant sur l’insuffisance des batteries du cameraman. Mais alors, pourquoi Talal Abu-Rahma a-t-il gaspillé ses faibles batteries à filmer tant de saynètes de guerre ? Antoine Spire exprime son incompréhension : tous les Palestiniens fuient, sauf « ce père palestinien et son fils ». « Le père est très con de rester derrière ce qu’il pense être un abri », note Arlette Chabot.

Les balles « ayant tué Mohammed et blessé Jamal al-Dura » ? Selon Talal Abu Rahma, France 2 les détient. Ce que nie farouchement Arlette Chabot : « Les balles ont été récupérées par les Palestiniens. Si on les avait, je vous promets, on les donnerait ».

Concernant « le débat sur les tirs » : Arlette Chabot se « fie à la conclusion de la commission d’enquête israélienne, de l’Armée... On ne saura sans doute jamais... Si les Israéliens avaient la preuve que le gamin n’a pas été tué par des Palesti… par des militaires israéliens, je pense que, depuis longtemps, pour éviter que ce gamin ne devienne un martyr dans le monde musulman, ils l’auraient fournie, évidemment... On nous dit que cette scène est jouée, c’est-à-dire qu’on a mis en scène… Comment on dit ? C’est Hollywood, Pallywood... C’est-à-dire qu’avec la complicité de l’équipe de France 2, on a mis un "acteur" et un enfant qui joue à être blessé… Si c’est une mise une scène, il n’y a plus de problème d’origine des tirs : c’est forcément des balles palestiniennes. Il n’y a que les Palestiniens qui peuvent monter cette opération contre Israël (34) ».

Talal Abu Rahma a déclaré au journal marocain Le Matin, en 2001, qu’il était « venu au journalisme afin de poursuivre la lutte en faveur de son peuple » (35) ? - « On peut toujours dire des conneries ! », réplique Arlette Chabot. Huées. Elle persifle avec ironie : « Charles Enderlin peut être journaliste pour défendre la cause israélienne ! Je n’en sais rien ». Esclaffement général de la salle. « Cela n’a pas de sens ! Je ne dis pas que [Talal Abu Rahma] n’a pas donné d’interviews dans tous les sens. Cela m’est égal que Talal ait dit des conneries. Il a filmé une scène : nulle ou pas ? » Ce 30 septembre 2000, Charles Enderlin se trouve en Cisjordanie, et non au carrefour de Netzarim. Il a fait « confiance à Talal, avec lequel [il] travaille depuis 12 ans », et a déclaré en 2005 que « l’image [des al-Dura] correspondait à la situation à Gaza et en Cisjordanie » (36). Ancienne co-présentatrice de Jeudi Investigation sur Canal +, et notamment de l’émission sur l’affaire al-Dura, qui « établit que l’enfant a été tué par balles », Emilie Raffoul allègue : « L’image [de l’enfant] déclenche une espèce d’hystérie émotive… Si je peux me permettre de le dévoiler, la moitié des journaux télévisés sont faits avec des images qui arrivent de l’extérieur par des journalistes, à l’intérieur des rédactions, qui vont dans des cabines de montage et de mixage, et qui sont, à 50%, dans le JT, pas sur place ».

Dans son commentaire, « Charles Enderlin a dit le point de vue de l’armée israélienne le premier et le deuxième jour », estime un des trois journalistes de France 2. Une allégation qui contredit le récit de Luc Rosenzweig - Charles Enderlin « n’obtient pas de confirmation de cet incident du côté israélien, où le porte-parole de Tsahal de service ce jour-là, Yarden Vatikaï, lui répond qu’il va faire une enquête dont il le tiendra informé. Enderlin accuse donc Tsahal de ce crime, car c’en est un aux yeux des lois de la guerre, sans même citer la non-réponse à ses questions des responsables de l’armée israélienne » (37). Et qui n’explique pas le commentaire prudent du JT de TF1, ce 30 septembre 2000.

Si Charles Enderlin « avait été convaincu par les autorités israéliennes de s’être prêté à cette manipulation, il y a longtemps qu’il aurait été expulsé : il y a des journalistes qui ont été expulsés… Un journaliste de France 2, qui je le signale est juif. On l’a accusé d’antisémitisme [brouhaha]... On a dit que Charles Enderlin était antisémite [« Ben oui ! » dans la salle]. Il a eu le Prix Goebbels (38) [Ah !] ! J’ai eu du mal à comprendre », déclare Arlette Chabot. Et de poursuivre : « S’il y avait un élément qui permette de… soulager les âmes, de dire : on a la preuve que c’est un montage, que ce sont des balles palestiniennes… Vous pensez que cela n’aurait pas été dit depuis huit ans ? ». « Cela a été dit par l’armée israélienne », rétorque Antoine Spire. « Personne n’a prouvé [que l’enfant] était encore vivant », constate Arlette Chabot. Oui, mais personne, et notamment pas France 2, n’a prouvé qu’il était mort… Arlette Chabot compare l’affaire al-Dura aux rumeurs sur les attentats islamistes du 11 septembre 2001. « On se repasse les images en boucle… Personne n’a pu démontrer que le 11 septembre, ça n’est pas vrai, que c’est une organisation de George Bush, que ce sont les Juifs [Le Mossad, disent des spectateurs], que le Mossad a fait tomber les tours… Au bout d’un moment il y a un doute permanent ». « Nous poursuivons toujours ceux qui disent, et n’apportent pas la moindre preuve, que cette affaire est un montage et est totalement bidon », avertit Arlette Chabot. En l’accusant de « manipulation intentionnelle de l’opinion », Serge Farnel, ancien webmaster de l’ex-site La Vérité Maintenant (39), la défie. Arlette Chabot ironise, un peu éberluée.

Un blood libel
« Ces images ont été utilisées, ont eu des conséquences émotionnelles et politiques considérables. Dans le monde entier, ces images représentent la responsabilité israélienne, surtout vis-à-vis du monde arabe… », résume Antoine Spire.

Arlette Chabot interroge à la cantonade : « Et si c’était vrai, est-ce que c’est acceptable ? » « Que l’armée israélienne ait tué un enfant ? Non, c’est insupportable, pour nous tous ! », répond Antoine Spire. « Mais est-ce que cette version, si elle pouvait être… confirmée, c’est ça mon problème, en admettant, il y a eu combien d’enfants [tués] depuis que cette affaire al-Dura existe ? C’est la première fois qu’un enfant qui ne jette pas de pierres est tué, et qu’a priori on se dit que peut-être ce sont les Israéliens, que peut-être ce ne sont pas les Israéliens ? Et si ce sont les Israéliens, est-ce que c’est supportable ? Est-ce qu’on peut l’accepter ? ». Brouhaha. Un spectateur : « La question n’est pas là ». « C’est la guerre ! Il y a des gamins israéliens qui se font tuer dans des attentats par des bombes de Palestiniens ». Brouhaha.  « Je pose juste la question ». Brouhaha. Une voix : « Vous avez dit que… l’enfant palestinien a été… volontairement assassiné. Ce n’est pas la même chose ».

En fait, la question d’Arlette Chabot touche à la déontologie de Tsahal (40), et à un point particulièrement sensible : l’accusation millénaire, non fondée, formulée contre les Juifs, de commettre des crimes rituels (blood libel) (41). L’image des al-Dura a réactivé « le stéréotype du Juif tueur d’enfants » (Pierre-André Taguieff) (42), et ce, dans le cadre d’un djihad mondial.

Antoine Spire souligne la responsabilité du correspondant de France 2 à Jérusalem : « Quand on voit les conséquences de cette image et qu’on la rapporte au commentaire de Charles Enderlin disant, sans avoir de preuve : "Ce sont les Israéliens qui ont tué cet enfant", on se rend compte que là, il y a une question qui est posée : comment est-ce possible ? ».

« S’il y avait une preuve que ce n’est pas le cas, personne ne l’aurait dit depuis huit ans bientôt ? Il y a une preuve en Israël ? On rouvre une enquête ? Je ne demande pas mieux. Je suis ouverte à toutes les enquêtes », dit Arlette Chabot avant de reconnaître : « Quand on sait, compte tenu de la charge émotionnelle [de ces images], on ne l’aurait pas diffusée ». Et de se définir comme « probablement la plus pro-israélienne de la salle », ce qui suscite des « Ah ? Oh ! » de la part du public. Et d’ajouter : « Compte tenu de la charge émotionnelle qui montre une vérité… extrêmement difficile à supporter. Autant que cela doit être difficile à supporter, en tout cas j’aimerais l’espérer, pour des Palestiniens de voir des enfants israéliens couverts de sang, morts dans un attentat kamikaze ». Brouhaha.

Talal Abu Rahma sans carte de presse israélienne depuis 2001
« Je signale que Talal n’est absolument pas fiché dans les services israéliens. Il n’y a aucun dossier contre lui. Talal n’est pas du tout tricard, puisqu’il peut quitter Gaza via Tel-Aviv, et comme il a des petits problèmes de santé, et vient se faire soigner en Europe depuis des années. Si c’était un imposteur, ou un salopard, j’espère que les autorités israéliennes depuis longtemps ne lui donneraient pas de visa de sortie pour se faire soigner en Europe. Il n’est pas au service des Palestiniens. Il collabore à France 2 depuis des années », fanfaronne Arlette Chabot.

« Daniel Seaman, directeur du Bureau gouvernemental israélien de presse (GPO) (43), a déclaré que Talal Abu Rahma n’avait pas vu sa carte de presse renouvelée depuis 2001 car il avait mis en scène des reportages. France 2 est-elle au courant ? Pourquoi France 2 garde-t-elle ce cameraman », s’enquiert l’auteur de ces lignes.

« C’est faux ! L’autorisation existe toujours. [Talal Abu Rahma] continue à travailler, il continue à circuler, il continue à venir, à sortir d’Israël », tranche sèchement Arlette Chabot, qui répète une deuxième fois : « C’est faux. On ne va pas faire un débat là-dessus. C’est faux ». En fin de soirée, Arlette Chabot persiste : Talal Abu Rahma « continue à travailler à Gaza avec une carte de presse ».

Or, en mars 2008, Nidra Poller, pour The Wall Street Journal Europe (WSJE), et Guysen, informaient Arlette Chabot, via Internet, des déclarations de Daniel Seaman. Le courrier électronique de Nidra Poller était transmis à Charles Enderlin. Le 4 mars 2008, celui-ci demandait à Glenys Sugarman, une responsable de l’Association de la presse étrangère (FPA) à Tel-Aviv (44), par courriel envoyé en copie à Arlette Chabot et à Nidra Poller, de confirmer que « toutes les cartes de presse accordées par le GPO aux employés palestiniens des médias étrangers n’avaient pas été renouvelées par Daniel Seaman après le début de l’Intifada ». Curieusement, quelques jours auparavant, Charles Enderlin affirmait à la Cour d’appel de Paris que Talal Abu Rahma disposait de cette carte de presse…

« Je n’ai pas reçu de réponse de Glenys Sugarman. En 24 heures, Charles Enderlin et moi avons échangé environ cinq courriels sur ce thème. Arlette Chabot était en copie de nos messages », confie Nidra Poller à Guysen, le 24 septembre. Le 19 septembre, Daniel Seaman rappelait à GIN-Paris : « Talal Abu Rahma n’a pas la carte de presse du GPO qui est la seule carte de presse officielle reconnue en Israël (45) . Il n’en recevra aucune, sous aucune circonstance. Il n’a pas un permis de travail et n’est autorisé à se rendre en Israël que pour des raisons humanitaires, pour un traitement médical selon les dires de France 2. S’il travaillait, ce serait illégal. Les propos d’Arlette Chabot risquent de porter atteinte à ses relations avec les autorités israéliennes… Ce serait honteux de sa part de m’accuser de mentir » (Nda : Daniel Seaman a mis en caractères gras ces termes).

Ce même jour, et à la demande de Daniel Seaman, Arlette Chabot était informée de la teneur de ce message, et invitée à confirmer ou infirmer ses allégations. Le 21 septembre, Charles Enderlin écrivait sur son blog : « La réalité est : Talal Abou Rahmeh s’est vu retirer sa carte en même temps que tous les employés palestiniens de la presse étrangère (46) ». GIN publiera la réponse d’Arlette Chabot dès réception.

Incohérences et invraisemblances des images et dires des protagonistes
Après le départ volontaire des quatre représentants de France 2, Philippe Karsenty énumère les invraisemblances et incohérences des témoignages des protagonistes et des rushes montrés à la Cour d’appel de Paris (47). Il dénonce un « bidonnage par les images, le discours et le bruitage de la bande son ». A plusieurs reprises, le public s’esclaffe, voire s’exclame : « C’est incroyable ! »

Les sources de Philippe Karsenty : « Associated Press, Reuters, la chaîne publique allemande ARD, qui collabore généralement avec France Télévisions, et des documents intérieurs de France 2 ».

Combien de cameramen au carrefour de Netzarim ? Talal Abu Rahma en est sûr et certain, vers 2001 : « Il n’y avait personne d’autre que le père et le fils ». « Avec Talal, il y avait au moins 4 caméras », estime France 2, en 2008, dont trois cameramen derrière l’adulte et l’enfant. Une ambulance arrive si vite – 2 secondes et demie – secourir un Palestinien, qu’elle a dû démarrer avant le moment exact où il a été blessé à la jambe.

La position israélienne ? Dans un courrier du 10 septembre 2007, adressé à Charles Enderlin et Patrick de Carolis, le colonel Shlomi Am-Shalom, adjoint du porte-parole de Tsahal, a écrit :
« Une enquête diligentée peu après par le chef du commandement sud, le général Yom-Tov Samia, a établi qu’un certain nombre de faits ne cadraient pas avec ce qui avait été décrit dans le reportage de France 2… L’analyse de toutes les données sur le terrain, l’emplacement de la position de Tsahal, les angles de tir, l’emplacement du père et de son fils derrière un tonneau leur servant d’abri, la fréquence des tirs, les angles de pénétration des balles dans le mur placé derrière le père et le fils ainsi que le timing de l’événement, rendaient hautement improbable que les tirs ayant soi-disant atteint le père et son fils aient pu être tirés par les soldats de Tsahal se trouvant dans cette position… Etant donné que nous sommes bien conscients de tentatives de mises en scène médiatisées, et comme un doute s’est insinué à cet égard envers le dit reportage, nous demandons les prises de vue en question afin de découvrir la vérité et de mettre un terme à cette affaire » (48).
Une demande à laquelle France 2 et Charles Enderlin n’ont pas accédé. Philippe Karsenty déplore l’inintérêt de certains responsables de Tsahal et, plus généralement, celui de dirigeants israéliens, pour une affaire qui « n’est pas dans leur agenda politique ». Et, surtout, anecdote à l’appui, il est navré [de ce] que les Israéliens ne se défendent pas mieux sur le terrain de la bataille des images (49).
Talal Abu Rahma a allégué « 40 impacts de balles sur le mur ». Jean-Claude Schlinger, expert balistique près la Cour d’appel de Paris, en a compté huit (50).

L’origine des tirs ? Talal Abu Rahma a affirmé sous serment, le 3 octobre 2000, au Centre palestinien des droits de l’homme : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne » (51) ; mais il s’est rétracté le 30 septembre 2002, dans un fax adressé à France 2 Jérusalem : « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohammed al-Dura et blessé son père ». Pour Charles Enderlin et Jamal al-Dura, Tsahal est responsable (52) ; quant à Arlette Chabot, elle est convaincue qu’on ne saura jamais la provenance des tirs.

Quant aux autres témoins présents au carrefour de Netzarim, leurs témoignages fantaisistes ne sont corroborés ni par les images ni par la carte des lieux. Citons, for fun (Nda : pour s’amuser), Iyad Azzeim, cameraman pour Abu Dhabi TV : « Il y avait des hélicoptères, des snipers israéliens qui tiraient des missiles antitanks sur le poste de sécurité palestinien ». Faut-il que les Israéliens soient incompétents pour user de missiles antitanks de manière inappropriée ! Selon l’ambulancier Youssef Khadra, « il y a eu des tirs directs sur le merlon où [les al-Dura] se cachaient. Le merlon de béton derrière lequel ils se trouvaient était plein de trous… Il y avait un avion qui tirait d’en haut. Le camp militaire israélien se trouvait exactement en face d’eux ».

Les blessures de Jamal al-Dura ? Sur son lit d’hôpital, il porte un plâtre saignant au bras [qui], la veille, [était] indemne de toute blessure. Ses cicatrices longues et fines ? Selon le Dr Yehuda David (53), spécialisé dans la microchirurgie réparatrice, il s’agit de cicatrices d’opérations, et non de blessures par balles. Ce chirurgien a opéré, en 1994, à l’hôpital Tel HaShomer de Tel Aviv, Jamal al-Dura, blessé en 1992 à l’arme blanche par des Palestiniens qui le soupçonnaient de collaboration (54).

Quelle partie du corps de l’enfant a été atteinte par balles ? Au fil des années, c’est la jambe gauche, puis le genou droit. Et, en février 2008, France 2 annonce une blessure à la tête. Rien de tel n’apparaît sur les images controversées. « J’ai coupé l’agonie de l’enfant. C’était trop insupportable », déclarait en octobre 2000 Charles Enderlin (55). Or, cette scène ne figure pas dans les rushes de France 2. Déclaré mort par Charles Enderlin, l’enfant soulève, de manière étonnante, son coude, regarde la caméra, et maintient ses pieds au-dessus du sol. Aucun des moments critiques – instants où les al-Dura sont atteints par balles, décès de l’enfant – n’a été filmé. Talal Abu Rahma aurait manqué de batterie pour sa caméra. Maktoub (Nda : en arabe, c’était écrit) ! « Si ce n’était pas si grave, j’en rirais », soupire un spectateur.

Le "courage" d’Arlette Chabot
Arlette Chabot se trouve dans une situation délicate : si elle décline l’invitation à débattre sur cette affaire, elle risque de donner l’impression de vouloir cacher des faits ou de craindre le débat ; si elle l’accepte, elle entre dans un débat qu’elle alimente par ses déclarations.

Nombreux, ce soir-là, louent son « courage » d’avoir accepté l’invitation. Il convient cependant de ne pas galvauder les mots, ou, en tout cas, de les relativiser. Le courage, c’est le journaliste juif américain Daniel Pearl qui en a fait preuve en enquêtant sur le terrorisme islamiste au Pakistan. Au risque de sa vie. Dans la vidéo de son assassinat barbare, la tête tranchée par un djihadiste, a été incrustée l’icône médiatique du djihad, à savoir l’image du petit Mohammed blotti contre Jamal al-Dura. De plus, avec Francis Lentschner, Antoine Spire veille à maintenir la courtoisie, à l’égard de cette directrice de l’information, d’un public poli, dépourvu de grenade et bazooka. Enfin, il obtient, en dernière partie de soirée, le silence de l’impétueux Philippe Karsenty.

Une soirée instructive
« Bidonnage ou pas… ne serait-il pas normal de faire une émission sur France Télévisions, à 20 h 30, pour dire il y a un doute… sur la provenance des balles ? », interroge Me Stéphane Haddad (56). Refus net d’Arlette Chabot pour qui la question du « bidonnage est fondamentale ».

Pourquoi la directrice de l’information de France 2 a-t-elle amené trois journalistes étrangers à l’affaire, dont deux sont demeurés silencieux, et non Talal Abu Rahma, ou Charles Enderlin, présent trois jours plus tôt, le 15 septembre, sur la scène du théâtre du Chatelet (Paris), lors de la soirée pour « défendre le service public » (57) ?

Et pourquoi ? Et pourquoi ?... Les questions n’en finissent pas.

Face à un public qui ne lui est majoritairement ni acquis ni hostile, drapée dans la [posture de la] vertu outragée, posant en défenseur de l’honneur de France 2, Arlette Chabot élude, déplace le débat, exhorte à [produire] des « faits objectifs », mais écarte ceux qui sont gênants pour France 2, les banalise ou leur oppose l’indifférence. Elle n’explique rationnellement ni les invraisemblances, ni les contradictions entre les dires de Charles Enderlin, ceux de Jamal al-Dura et ceux de Talal Abu Rahma, ni les images controversées. Elle fait preuve d’une étrange attitude : refusant la conclusion (bidonnage), elle balaie d’un revers de main toutes les prémisses, tout le faisceau d’indices concordants aboutissant logiquement à une mise en scène [façon] Pallywood, cette industrie audiovisuelle de la propagande palestinienne qui transforme la rue palestinienne en studio à ciel ouvert, traversé à pied, en bicyclette, en voiture, ou en ambulance par autant de premiers rôles et figurants potentiels, ou spectateurs complaisants. Et elle révèle ainsi les limites d’un discours, immuable depuis des années, et producteur d’interrogations abyssales. Donc, entre une rhétorique dans le registre de la déclamation et un raisonnement étayé de faits et d’analyses, y’a pas photo ! C’est sous des applaudissements nourris qu’Arlette Chabot, et son équipe, ainsi que Philippe Karsenty, sortent de la salle.

Acta est fabula (58).

ADDENDUM

En août 2010, Le Point annonçait le départ de France 2 d'Arlette Chabot. "Le nouvel organigramme de France Télévisions est prêt. Rémy Pflimlin a réglé le "détail" le plus important : l'éviction d'Arlette Chabot du poste de directrice de l'information du groupe. Thierry Thuillier, qui a présenté sa démission d'i-Télé, la remplacera derechef. Un peu embêté, Rémy Pflimlin n'a pas osé directement demander la tête d'Arlette Chabot. Il a procédé en douceur en lui laissant le choix : ou bien rester à son poste ou bien conserver son émission À vous de juger. Dès le premier contact, mi-juillet, Arlette Chabot avait fait son choix : rester à l'antenne. On la retrouvera, dès le 9 septembre, à la présentation de À vous de juger (un spécial "retraites")".

Et d'expliquer : "Elle abandonne donc la direction de l'information après y avoir établi un record de longévité pour le service public : 6 ans et 6 mois après son entrée en fonction, le 1er mars 2004. Selon Pflimlin, on ne peut donc cumuler présentation et rédaction en chef... Un point qu'Arlette Chabot conteste, du reste, mais sans non plus en faire toute une histoire. À vous de juger représente 8 émissions par saison... Honnêtement, la tâche n'est pas franchement incompatible avec l'animation d'une rédaction, même houleuse comme peut l'être celle de France 3 (qu'elle chapeaute également depuis l'entreprise unique). Dans ce domaine, Olivier Mazerolle avait beaucoup plus d'appétit puisqu'en plus de 100 minutes pour convaincre, il s'invitait régulièrement sur le plateau du JT de 20 heures pour co-interviewer les invités politiques. Mais qu'importe ses arguties. Arlette Chabot est sur la sellette depuis plusieurs mois. Nicolas Sarkozy souhaite son départ. Il n'aime pas ses émissions, qu'il trouve brouillonnes ("trop d'invités !")... Rémy Pflimlin, qui doit son nouveau sceptre au président de la République, règle l'affaire en y mettant les formes. Certains spéculent déjà sur la durée de vie d'À vous de juger. Une saison dans le meilleur des cas et, au pire, trois mois... Thierry Thuillier avait quitté France 2 sur un désaccord avec Arlette Chabot".

A l'automne 2015, pour le quinzième anniversaire de la diffusion au JT de 20 h de France 2 du reportage controversé sur la « mort de Mohamed al-Dura », La Maison d’Edition  publie « L'enfant, la mort et la vérité », d’Esther Schapira et de Georg M. Hafner, journalistes réputés d’ARD, chaîne de télévision publique allemande. Ce livre passionnant relate les deux enquêtes successives d’Esther Schapira sur ce blood libel (accusation mensongère selon laquelle les Juifs tuent des enfants non-juifs pour mettre leur sang dans la fabrication de matzot, galette de Pessah) de l’Intifada II, et s’étonne de pratiques du « journalisme à la française » distinctes de la déontologie de cette profession. Les auteurs révèlent des faits inédits et l’abaissement de la condition Juive en France. Une lecture éclairante en cette actualité brûlante marquée en particulier par « l’Intifada des couteaux palestiniens », un épisode du djihad mondial.

Cet ouvrage offre le regard précieux de journalistes allemands réputés d’une télévision publique d’outre-Rhin. Des professionnels dont les demandes de précision, l’exigence de rigueur se sont heurtés à l’opacité, aux « vérités » successives, parfois contradictoires ou invraisemblables, et toujours assénées sans argumentation, des principaux acteurs de cette affaire emblématique de Pallywood.

Un exemple significatif à maints égards : celui d’Arlette Chabot, directrice de l’information de France 2 (2004-2010). Sa position ? « On ne peut pas dire à 100% que ce sont les Israéliens. On ne peut pas dire à 100% que ce sont les Palestiniens !... On ne saura jamais l’origine des tirs », avait déclaré le 16 novembre 2004, sur Radio J, Arlette Chabot, dans le cadre d’une stratégie en direction de la communauté Juive française majoritairement indignée : conférence de presse, etc. 

Or, qu’apprend-on dans ce livre ? En 2008, peu après les audiences devant la Cour d’appel de Paris, Arlette Chabot a déclaré à Esther Schapira que les tirs provenaient de la position israélienne. Et ce, sans argumenter. Vertigineux. 

Comment expliquer ce revirement à 180° d’Arlette Chabot ? 

Flash back. 21 mai 2008, la Cour d’appel de Paris relaxe Philippe Karsenty poursuivi pour diffamation par France 2 et Charles Enderlin. 16 juin 2008 : Richard Prasquier, alors président du CRIF (Conseil représentatif des institutions Juives de France), a demandé par lettre au Président de la République Nicolas Sarkozy, que soit instituée une commission indépendante d’experts en analyse d’images, balistique, traumatologie et médecine légale afin d’établir les faits  sur l’incident al-Dura. 22-24 juin 2008 : visite en Israël du président Sarkozy. 18 septembre 2008 : lors d’une réunion  au siège parisien du Mouvement juif libéral de France (MJLF), Arlette Chabot a annoncé l’accord de France Télévisions, alors présidé par Patrick de Carolis, pour participer à un « groupe de travail d’experts indépendants  » chargés d’examiner les cicatrices de Jamal al-Dura et son dossier médical, faire de nouvelles radios, analyser les images (timecode)…

C’est dans ce contexte défavorable à France Télévisions qu’Arlette Chabot a modifié sa thèse, première étape de la stratégie dilatoire du groupe audiovisuel public : celui-ci va saborder cette commission, et a donc unifié sa position en se retranchant sur la position de Charles Enderlin. Ce qui évitait toute prise ou critique sur les discours divergents au sein de France 2. Ce plan d’actions a été conforté par le retour galopant de la « politique arabe » de la France : condamnation par le Président Sarkozy de « l'usage disproportionné de la force » lors de l’opération Plomb durci (27 décembre 2008-18 janvier 2009) et lors de l’arraisonnement (31 mai 2010) de la flottille visant à forcer le blocus naval israélien légal et légitime de la bande de Gaza, vote de la France pour en faveur de la « Palestine » comme Etat membre de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco) (31 octobre 2011), niant en 2011 la pertinence et la légitimité d’un « Etat Juif  »…

Une vérité d’Arlette Chabot à « conjoncture variable » ? Est-ce là un modèle pour des étudiants en journalisme ou débutants dans la profession ? Est-ce ainsi que les journalistes à des postes clés formeront les apprentis journalistes ?

Pour mieux saisir Arlette Chabot, il convient de rappeler sa « question qui tue ». En 1995, Lors de la campagne présidentielle, alors que les sondages présidaient la victoire d’Edouard Balladur, Arlette Chabot, embarrassée, « ose demander à Jacques Chirac s'il compte renoncer à sa candidature. Une question qui crée le malaise en direct et aussi une grande incompréhension entre la journaliste et le futur chef de l’Etat ». Un euphémisme. « Quelqu’un va le voir, et lui dit que c’est un piège cette question : la journaliste avait une oreillette... En régie, Nicolas Sarkozy [alors proche de Balladur, nda] aurait téléphoné à Jean-Pierre Elkabbach [président de France Télévision, nda] pour me demander de poser la question. Eh bien non !... Je n’en ai jamais parlé avec Chirac. L’occasion ne s’est jamais présentée. Je ne l’ai pas vu pendant deux ans. J’en ai parlé dix ans plus tard, il y avait prescription, à Claude Chirac [conseillère de son père, nda] : « Je te demande une chose. Tu peux trouver la question maladroite, que mon tailleur était ridicule, que j’étais super mal coiffée. Je te demande de croire une chose : jamais, on ne m’a demandé de poser cette question. J’espère que quelqu’un un jour lui a dit que je n’avais pas été mauvaise journaliste, ni manipulée, ni soumise à une pression. Parce que cela n’avait pas le cas », a confié  Arlette Chabot, le 4 août 2015, sur BFM TV qui saluait son « courage ». 

Pour une journaliste politique, ne pas voir le président pendant deux ans, c’est une éternité. 

Et Arlette Chabot a tenu, dix années après, à assurer le pouvoir politique, donc télévisuel, de sa neutralité. Et « l’affaire al-Dura » ? Passée en « profits et pertes » ?

Le 1er octobre 2021, sur LCI, Arlette Chabot a évoqué de nouveau cette question. Vingt-et-un an après la diffusion du reportage controversé, Darius Rochebin ne l'a pas interrogé sur cette icône médiatique de l'Intifada II.

La première promotion du 14 juillet du Président de la République Emmanuel Macron se caractérise par un nombre "exceptionnellement resserré" de 101 noms, illustres ou inconnus du grand public. Parmi eux, Arlette Chabot. La liste a été publiée au Journal officiel du 14 juillet 2017. « Selon la volonté du Président de la République, grand maître de la Légion d'honneur, cette promotion est exceptionnellement resserrée autour de 101 noms, illustres ou inconnus du grand public », a souligné la grande chancellerie de la Légion d'honneur dans un communiqué. Le choix d'une liste courte a pour but de « renforcer la valeur symbolique de la plus haute distinction française », a précisé l'Élysée à l'AFP. Cette promotion distingue notamment la journaliste politique Arlette Chabot (grade d'officier). Le décret du 12 juillet 2017 portant nomination et promotion est ainsi libellé :
"Ministère de la culture
Au grade d'officier
Mme Chabot (Arlette, Josiane, Marie-Ange), journaliste et éditorialiste. Chevalier du 3 avril 2008".

En 2023, Arlette Chabot, éditorialiste sur LCI, a été une invitée régulière de Radio J. Elle était l'invitée de "Ça reste entre nous" présenté par David Revault d'Allonnes et "Le Grand Journal" de Steve Nadjar. Ses interventions filmées sont visibles sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter et la chaine YouTube de la station de la fréquence juive francilienne, et le site Internet lent et peu efficient de Radio J. 

A la mi-février 2023, Steve Nadjar a salué ainsi la première intervention d'Arlette Chabot : "On est très heureux et  honoré" de la recevoir tous les jeudis après-midi. 

La vision d'Arlette Chabot ? Politicarde, à très court terme, d'une vie politicienne peu intéressante. 
Exemples le 9 mars 2023 : "Le coup de gueule d’Arlette Chabot à propos des comportements déplacés au Palais Bourbon : « Ils ont été élus, c’est pas pour rigoler, pas pour foutre le bordel à l’Assemblée ! » et « C’est pas le niveau d’emmerdement des Français qui détermine le succès du mouvement syndical » hostile à la réforme du système de retraites.

Question éludée lors de cette émission : alors que la pauvreté s'aggrave en France, alors que son projet de réforme du système de retraites suscite l'opposition d'une majorité de Français selon des sondages et des manifestations intersyndicales, le Président de la République française, Emmanuel Macron, qui, après une tournée diplomatique désastreuse, passe la nuit, "fait la teuf" dans une boite de nuit de République démocratique du Congo (RDC), c'est... ? Les Internautes ont abondamment commenté cette soirée. Et pas toujours de manière positive. 

Aucun des journalistes de Radio J, notamment Frédéric Haziza, Ilana Ferhadian, Christophe Dard, Eva Soto, Steve Nadjar, Christophe Barbier ou Alexis Lacroix n'a interrogé Arlette Chabot sur le sujet qui fâche : la manière dont elle a évité que la commission d'enquête se réunisse afin que France 2 contribue à faire émerger la vérité sur l'affaire al-Dura. Cette vérité a émergé. Sans elle. Malgré elle.

Ce sont ces mêmes journalistes qui ont refusé d'inviter le candidat Eric Zemmour lors de la campagne présidentielle en 2022, ses candidats lors des élections législatives en 2022 et les dirigeants de Reconquête ! à ce jour, ainsi que d'évoquer des actes antisémites visant des candidats de Reconquête !

On peut douter qu'Arlette Chabot ait pu être invitée de ces émissions durant l'ère Serge Hajdenberg, précédent propriétaire de Radio J qui avait largement couvert cette affaire.

Des plaintes pour viols et agressions sexuelles visent le chanteur, comédien et producteur Patrick Bruel qui nient les avoir commis. Le 29 mai 2026, sur LCI, la chroniqueuse Arlette Chabot a été interrogée par le journaliste Yves Calvi sur le "scandale Patrick Bruel". Le scandale, c'est surtout ces émissions où des personnalités ignorant tout du dossier bafouent la présomption d'innocence.

Arlette Chabot a exhorté Patrick Bruel à arrêter toutes ses activités artistiques : « Il faut qu’il arrête, qu’il recule… Il avait renoncé à participer aux concerts des Enfoirés, des restos du cœur…. Une manière de protéger tous les artistes. Un premier recul salué. "Continue Patrick, tu es sur la bonne voie…" Sa tournée dans tous les festivals de juin à septembre… ils sont annulés pour le public… sous contrainte…. La situation s’est détériorée… Au théâtre Edouard VII, mercredi soir, quelques militantes féministes ont perturbé un peu le spectacle. »

Elle a poursuivi : « C’est vrai qu’il y a la présomption d’innocence… Il y a des situations tenables ou non… Une tournée en France, au Canada, en Belgique… C’était compliqué. Au Canada, des [récitals] ont été annulés, en Belgique aussi…. C’est difficile pour un maire d'annuler… Il y a un petit peu de sagesse arrivée dans le cerveau de Patrick Bruel. Des radios qui refusent de diffuser ses chansons, des émissions de télé… Oui, c’est à la justice de décider… Une trentaine de jeunes femmes ont témoigné, douze plaintes pour agressions sexuelles, viols… Bruel ne pouvait plus dire « Je vais me défendre. Je continue comme si de rien n’était »… Il a pris une décision sage… Patrick Bruel, c’était une grande star." " C'était" ? Arlette Chabot l'a déjà classé parmi les has been !? Peu lui importe que des dizaines de professionnels, intermittents du spectacle, recrutés pour ses spectacles estivaux perdent leur emploi. Ce n'est pas le nombre de plaignantes qui détermine la culpabilité. Ce sont les preuves. Et des décennies après les faits allégués, quelles sont les preuves ? Cela sera-t-il parole contre parole ?

Arlette Chabot a conclu : "Il faut continuer... Il faut arrêter, se mettre en réserve, en retrait, laisser la justice travailler… Ce n’est plus possible de dire ou faire semblant d’ignorer… Je voudrais qu’il continue, qu’il annule tous ses spectacles… Ce serait une marque de respect pour une partie de son public… C’est extrêmement difficile pour ces femmes de raconter ce qu’elles ont subi... C’est difficile de perturber un spectacle parce qu’on repère… Cela devenait injouable sur le plan de l’organisation… Cela va lui coûter de l’argent. [Il faut] se montrer à la hauteur ». C'est une mort socio-professionnelle qu'a requise la procureure Arlette Chabot. Est-ce le rôle d'une journaliste ? Des plaignantes s'expriment dans les médias, notamment sur Mediapart ou RTL. Patrick Bruel a choisi de laisser s'exprimer ses avocats. Son silence ne suffit pas à Arlette Chabot qui veut lui imposer l'inaction totale, et ce, avant que la justice n'ait statué de manière contradictoire !?  Personne sur le plateau télévisé ne s'indigne de ce discours attentatoire au droit, à la démocratie, aux libertés.

Pourquoi Arlette Chabot n'avait-elle pas agi de même envers Charles Enderlin durant les années de procès pour diffamation contre Philippe Karsenty ? Pourquoi n'avait-elle pas mis un terme, momentané, au travail du correspondant à Jérusalem de France 2 ?

Curieusement, nul n'analyse ce mouvement qui, au nom des droits des femmes, veut violer les droits de l'homme.

Le chroniqueur Dominique Seux a abondé dans son sens en invoquant l'enjeu économique consistant à rembourser les places réservées pour les spectacles estivaux de Patrick Bruel.

Le 2 juin 2026, sur FaceBook, l'écrivain Marco Koskas a dressé un parallèle entre Patrick Bruel et Achraf Hakimi, "latéral du PSG. C’est comme ça qu’on appelle maintenant un défenseur en foot. Achraf  est marocain, musulman, fan du Hamas". Il a poursuivi :
Accusé de viol, il a été "mis en examen pour ce motif... Il devrait être condamné à des années de zonzon... Personne n’a empêché Achraf de disputer la Champions League, surtout la finale [le 30 mai 2026], tandis que Patrick a dû renoncer à sa tournée. Et on peut se demander pourquoi l’un ne peut plus exercer son métier et doit se cacher, tandis que l’autre a participé non seulement à la finale mais aussi à la cérémonie grandiose du PSG de retour à Paris. Achraf a même été reçu avec toute l’équipe par le président Macron à l’Elysée. Et personne n’a rien trouvé à redire. Que le président et Madame serrent la main d’un violeur, quoi de plus normal ?  Il faut juste différencier l’homme de son œuvre, comme on dit pour Céline… 
Mais la vraie différence entre Achraf est Patrick, c’est qu’ils n’ont pas le même type d’employeur. Patrick est un indépendant, tandis que Achraf est payé par l’Émir du Qatar.  Et ce n’est pas une mince différence, car l’Émir peut passer un coup de fil au Président Macron pour qu’on laisse tranquille son latéral. C’est l’argent de l’Emir qui a permis à une équipe française, parisienne de surcroît, de remporter d’affilée deux Champions League. C’est l’Émir et son pognon qui ont permis cette prouesse, dont Ashraf est un des artisans. C’est l’Émir qui a mis ainsi un peu de baume au cœur des Français avec cette deuxième victoire, tandis que le Président Macron n’est même pas foutu d’empêcher une nuit d’émeute dans les rues de Paris. Alors quoi ! l’Émir est bien en droit de réclamer un peu d’indulgence pour Ashraf Hakimi, son latéral marocain. 
À travers ces deux histoires de viol, on voit comment la République s’incline devant l’Émirat et comment la plupart des médias ne réservent pas le même traitement infâmant à un entrepreneur français indépendant, qu’à un footballeur marocain stipendié par  les Qataris. Si on doutait encore de l’emprise de l’Emirat sur la France, on peut enfin lever ce doute.  On peut d’ailleurs comparer avec l’Angleterre. Là-bas, un footballeur accusé de viol couche en prison. Ce fut le cas du latéral français Benjamin Mendy, champion du monde avec les Bleus de 2018… et finalement acquitté. [...]
Notons quand même que Patrick est juif et Benjamin Mendy  chrétien, tandis qu’Ashraf Hakimi est musulman. Notons aussi que l’employeur de Benjamin Mendy, c’était Manchester City et le propriétaire du club les Emirats Arabes Unis, signataires des Accords d’Abraham.  Ça n’a peut-être rien à voir, mais comment ne pas y penser quand on se questionne sur les atermoiements de Macron à honorer son accord de défense avec les Émirats Arabes Unis bombardés par les Gardiens de la Révolution ?
Le Qatar lui, n’a pas reçu de missile iranien sur la tronche pendant la guerre. Pas un seul. Épargné par la vindicte médiatique en France contre son latéral violeur, épargné par les missiles iraniens, qui c’est le roi du monde ? Qatar tra la la li, Qatar tra la la".

Sur LCI, aucun de ces trois journalistes - Yves Calvi,  Arlette Chabot et Dominique Seux - n'a évoqué le cas, que dis-je, le "scandale Achraf Hakimi". Oubli ? Autocensure ? Ou Champions League oblige ? Il ne fallait pas gâcher la fête future et surtout éviter un surplus de "violences urbaines". 

Ce même vendredi 29 mai 2026, l'hebdomadaire Paris-Match publiait l'article « Les soldats avaient envie de s’amuser » : En Cisjordanie, l’enfance assassinée" de Manon Quérouil-Bruneel, "envoyée spéciale en Cisjordanie". 

Blood libels, terminologie partiale - Cisjordanie au lieu de "Judée" et "Samarie", "colonies" au lieu d'agglomérations, territoires "occupés" au lieu de "disputés" ou "contestés" -, photographies problématiques d'enfants présentés comme morts non créditées, questions légitimes sur l'authenticité de faits allégués... Un festival de haine antisémite. 

Cet article débute par la description de la mort d'un garçon prénommé Mohammed à "Al Rayhiyya, village de poussière à 6 kilomètres au sud d’Hébron". A croire que tous les enfants palestiniens sont des garçons, se prénomment Mohammed, et qu'aucun n'a pour prénom Jean, Pierre, Marie ou Paul...

Le jeudi 28 mai 2029, sur le parvis de l'Institut du Monde Arabe, a eu lieu l'inauguration de l'exposition itinérante et gratuite "Gaza, histoires d'espoir et de résilience - Une exposition itinérante" (27 mai-31 mai 2026) en présence notamment d'Anne-Claire Legendre, Présidente de l'Institut du monde arabe, et d'Audrey Pulvar, conseillère régionale et adjointe au Maire de Paris, Emmanuel Grégoire. 

Anne-Claire Legendre est photographiée près d'une "oeuvre" sur laquelle est écrit "From the River to the Sea" (Du fleuve Jourdain à la mer Méditerranée), donc la disparition de l'Etat d'Israël. Elle a été porte-parole du ministère français des Affaires étrangères (2021-2023), puis conseillère du Président de la République Emmanuel Macron pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient (décembre 2023-février 2026).

"Depuis l'année dernière, un conteneur un peu particulier se transporte à travers  l'Europe : il présente une exposition de peintures de l'artiste gazaoui Ahmed Muhanna, réalisées notamment sur des emballages alimentaires du Programme alimentaire des Nations Unies (PAM)." Cet artiste, qui glorifie le djihad contre Israël, peint notamment un garçon palestinien blessé à la tête, une tache rouge sur le pansement entourant son crâne.. Un énième blood libel. Dans la vidéo accompagnant l''exposition, une de ses "œuvres" représente un garçon portant le keffieh sur fond d'un drapeau palestinien.
 
Bref, des actes politiques...

Lors de l’édition du 19.45 du 28 octobre 2025 sur M6, une infographie à l’écran indiquait que les accords en discussion prévoyaient « le retour des otages dans les deux camps ». Or, si des otages israéliens sont effectivement retenus par le Hamas, les personnes susceptibles d’être libérées en Israël sont des prisonniers palestiniens, incarcérés après des condamnations judiciaires. Elles ne sont donc pas considérées comme des otages, au sens strict du terme. Alertée rapidement, la chaîne a tenu à corriger l’erreur dès le 12.45 du lendemain. « Hier, dans le 19.45, nous avons désigné, par erreur, dans une infographie, les prisonniers palestiniens détenus en Israël sous le terme d’“otages”. C’est évidemment une erreur », a déclaré à l’antenne la présentatrice Nathalie Renoux. Elle a ajouté : « La rédaction de M6 tient à présenter ses excuses. Nous sommes très vigilants à maintenir un traitement équilibré et juste des faits rapportés dans nos journaux. » L’incident n’est pas passé inaperçu dans la sphère politique. Sur Instagram, le sénateur Roger Karoutchi a réagi vivement. « Otages ? Vous avez dit otages ? Le journal parle d’un échange entre les otages israéliens vivants ou morts détenus par le Hamas et les prisonniers palestiniens en Israël, en qualifiant ces derniers d’“otages”. Non, M6. Israël est un État démocratique, un État de droit, où il n’y a pas d’otages mais des prisonniers condamnés. La banalisation dévoyée du terme est scandaleuse. » Il poursuit : « Imagine-t-on l’Algérie ou l’Iran demander d’échanger les otages français qu’ils détiennent contre des ‘otages’ qui seraient détenus dans des prisons françaises ? Des excuses ou des sanctions. Et l’Arcom doit se saisir de tous les dérapages. » 

Le 2 juin 2026, dans l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, "un faux prêtre a piégé  l’émission de M6 « Appel à témoins », présentée par Julien Courbet et diffusée en direct, "en affirmant en direct avoir confessé en 2022 ce suspect d’un quintuple homicide familial, ce qui a été démenti et a contraint la chaîne à présenter ses excuses. "Les investigations que nous avons lancées dès hier soir, ainsi que le démenti formulé ce matin par l'évêque de Carcassonne, nous ont permis d'établir qu'il s'agissait d'un faux témoignage. Nous lui présentons donc sans réserve nos excuses", a indiqué la chaîne dans une réaction transmise à l'AFP. 

Arlette Chabot n'a jamais présenté d'excuse à l'armée israélienne diffamée à tort.



« Méfiez vous de la théorie du complot. L’idée que les médias traditionnels vous cacheraient la vérité. C’est vrai grâce à Internet aucune information ne pourra être dissimulée, mais un jour vous apprendrez que vous avez été manipulé, trompé » « Médias: quand la pensée unique s’en prend à la pensée unique », Marianne, 9 février 2010

« J’ai pris connaissance du communiqué émanant du CRIF concernant le commentaire du voyage du président Bush en Israël diffusé dans le journal de 20 heures du mercredi 9 janvier. Vous retenez la formule du journaliste qualifiant “de dérapage de langage” la phrase du président américain parlant de la “sécurité d’Israël en tant qu’Etat Juif”. La formulation journalistique aurait dû être différente de manière à ce qu’il soit clairement établi que cette critique avait été exprimée par des responsables palestiniens. Notre journaliste Philippe Rochot est un journaliste très expérimenté. Ce jour-là exceptionnellement il a été maladroit mais en aucun cas il n’a voulu être malhonnête. Pour éviter tout malentendu je vous présente nos excuses, vos remarques ayant été comprises et acceptées. » « Affaire Rochot : Chabot présente ses excuses à Prasquier », Crif.org, 14 janvier 2008


(1) Le 13 octobre 2000, le général Michel Darmon, alors président de l’association France-Israël, a émis un communiqué, dans lequel il écrivait, croquis des positions au carrefour de Netzarim à l’appui : « Les Palestiniens tiraient de six endroits différents. L’enfant palestinien et son père se trouvaient entre deux positions de tireurs palestiniens. Ces deux positions étaient vues par les soldats israéliens en oblique, dans un champ de visée étroit, presque en enfilade... Il faut une grande volonté de nuire à Israël pour faire passer ses soldats pour des assassins d’enfants ».  Gil Mihaely collabore notamment au site Causeur.

(3) Comme l’historien et ancien ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavi, Patrick Gaubert, qui est aussi vice-président de la sous-commission des Droits de l’Homme du Parlement européen, avait souhaité la « mise en place d’une commission neutre d’enquête pour faire toute la lumière sur cette affaire ». Le droit de vivre, n° 622, juillet 2008. Elie Barnavi, "L’honneur du journalisme", Marianne, 7 au 13 juin 2008.

(5) Chronology.

(6) Nouvel Observateur.

(8) Metula News Agency; "L’enquête vidéo sur l’affaire al-Dura".

(9) Esther Schapira a réalisé le documentaire Qui a tué Mohammed al Dura ? (2001-2002), disponible en DVD. Transcription intégrale, sur le site de l’Upjf, des textes du film d’Esther Schapira : « 3 balles et un enfant mort ». La vidéo de ce documentaire figure également sur le site de l’UPJF.

(10) Véronique Chemla, "Interview de Gérard Huber", 27 décembre 2007; Gérard Huber, Contre-expertise d’une mise en scène. Editions Raphaël. Paris, 2003. 242 pages. ISBN : 2-87781-066-6; voir aussi sur le site de Gérard Huber, ici (document pdf).

(11) Véronique Chemla, "Interview de Richard Landes", sur le site de Second Draft, le 6 janvier 2008, sur le site de Guysen, et sur le site Augean Stables.

(16) Sur le site du Nouvel Observateur. Anne-Elisabeth Moutet, "L’Affaire Enderlin, Being a French journalist means never having to say you’re sorry", The Weekly Standard, volume 013, Issue 41, 7 juillet 2008; Traduction française de Menahem Macina.

(17) Antoine Spire explique : « Combien d’exemples, dans l’histoire récente de la presse, prouvent que des journalistes peuvent se tromper et nous tromper. Comment oublier, par exemple, les fausses informations sur les charniers de Timişoara ? ». En décembre 1989, lors de l’ébranlement du régime communiste du dirigeant roumain Nicolae Ceauşescu, de nombreux médias ont annoncé la découverte, à Timişoara, ville située à l’Ouest de la Roumanie, de charniers contenant des milliers, voire des dizaines de milliers de cadavres de victimes de ce régime. Il s’est avéré que ces cadavres, au nombre d’environ une centaine, provenaient de la morgue d’un hôpital.

(18) Luc Rosenzweig, Charles Enderlin, menteur en toutes les langues, 3 février 2005,

(21) Le 16 août 2007, Richard Prasquier demandait à France 2 de voir ces rushes. Son prédécesseur, Roger Cukierman, avait formulé la même demande : Roger Cukierman, Ni fiers ni dominateurs. Ed. du Moment, 2008. 275 pages. ISBN : 978-2354170332, p. 235.

(23) A Paris, le Syndicat national des personnels de la communication et de l’audiovisuel (SNPCA) s’étonne que Arlette Chabot, directrice générale adjoint chargée de l’information de la TV France 2, ait « refoulé à l’entrée l’(es) indésirable(s), évitant [ainsi] la moindre question sur le dossier al-Dura. Il est temps d’établir la vérité. Puisque France 2 dit avoir en sa possession tous les éléments permettant de ’’lever la rumeur ’’, que ne se livre-t-elle, avec tous ceux qui ont légitimement fait connaître leurs doutes, à un véritable travail de démonstration, quitte à ce qu’un comité ad hoc se prononce sur le contenu des images et des rushes à l’origine de cette polémique ? » (Guysen, 24 novembre 2004)

(24) "Rumeurs, intox : les nouvelles guerres de l’info, reportage de Stéphane Malterre", de l’agence Tacpresse pour Canal + ; Voir la vidéo, sur le site du Nouvel Observateur.

(25) Vincent Hugeux, "Manipulation : les faussaires de la Toile", 24 avril 2008.

(28) Le 24 octobre 2006, la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris a examiné les plaintes de France 2 et de Charles Enderlin, qui poursuivaient pour diffamation Pierre Lurçat, ancien président de l’association Liberté, démocratie et judaïsme, dans le cadre de l’affaire al-Dura. Vivant en Israël, M. Lurçat était absent lors de cette audience. Estimant l’infraction constituée, le procureur de la république a requis la condamnation du prévenu. Me Bénédicte Amblard, avocate des parties civiles, a demandé la condamnation de M. Lurçat à verser un euro de dommages et intérêts à ses clients. Me David Dassa-Ledeist, avocat du prévenu, a sollicité la relaxe de son client en soulignant la faille principale des poursuites : l’absence de preuve identifiant M. Lurçat comme responsable du site Internet de la Ligue de Défense Juive, www.liguededefensejuive.com qui a publié un texte appelant à manifester le 2 octobre 2002 pour remettre le Prix de la désinformation à France 2 et à M. Enderlin, ou comme auteur du communiqué incriminé publié sur ce site. Le 28 novembre, la XVIIe chambre du TGI de Paris a débouté les plaignants de leurs demandes. Elle n’a pas examiné au fond les propos incriminés. Elle a aussi débouté le prévenu de sa demande de dommages intérêts pour avoir été attrait en justice sans raison. Elle a reproché notamment aux parties civiles de n’avoir pas prouvé que Pierre Lurçat fût le directeur de la publication du site de la Ligue de Défense Juive. Me David Dassa-Le Deist s’est réjoui de ce jugement qui « rappelle les principes fondamentaux du droit pénal garantissant que nous sommes dans une société de liberté ». Me Bénédicte Amblard s’est indignée de ce jugement. Source : GIN.

(29) Véronique Chemla, "La Cour d’appel de Paris demande à France 2 les rushes sur l’incident al-Dura", 19 septembre 2007 ;  "France 2 a accepté de remettre ses rushes de l’incident al-Dura à la Cour d’appel de Paris", 9 octobre 2007 ; "Mohammed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !", 15 novembre 2007 ; "Un expert balistique estime «sérieuse» la possibilité d’une «mise en scène» de la «mort» de Mohammed al-Dura", 27 février 2008 ; et (en pdf) sur le site de Media-Ratings; "France 2 et Charles Enderlin n’expliquent pas à la Cour d’appel de Paris les incohérences et invraisemblances relatives à l’incident al-Dura", 2 mars 2008 ; "Affaire al-Dura : les rushes de France 2 en exclusivité sur Youtube", 24 avril 2008 ; "La Cour d’appel de Paris a relaxé Philippe Karsenty dans l’affaire al-Dura", 22 mai 2008 ; "L’arrêt de la Cour d’appel de Paris relaxant Philippe Karsenty tance sévèrement France 2 et Charles Enderlin", 24 mai 2008.

(30) Le 30 novembre 2006, Charles Gouz a comparu devant la XVIIe chambre du TGI de Paris. Il lui était reproché quatre extraits d’une dépêche de la Mena, mise en ligne le 20 octobre 2002 et opposée à la manifestation préludant à la remise du Prix de la désinformation aux parties civiles. Sandrine Alimi-Uzan, substitut du procureur de la République, et Me Aude Weill-Raynal, avocate de M. Gouz, ont demandé la relaxe du prévenu. Elles ont stigmatisé le refus des parties civiles de produire les rushes du 30 septembre 2000. Me Weill-Raynal a stigmatisé l’absence, à trois reprises, de M. Enderlin devant la justice française. Me Bénédicte Amblard, avocate de France 2 et du journaliste, a réclamé un euro au titre des dommages intérêts. Le 18 janvier 2007, la XVIIe chambre du TGI de Paris a condamné Charles Gouz pour diffamation à l’égard de France 2 et Charles Enderlin, en raison de cette phrase de la dépêche de la Mena : « Affirme que de graves présomptions de désinformation existent autour de cette affaire [al-Dura] et du rôle joué par le personnel de France 2 ». Ce tribunal n’a pas estimé diffamatoires ces extraits de ladite dépêche : « Ces éléments [Ndlr : les graves présomptions de désinformation autour de cette affaire et du rôle joué par le personnel de France 2] sont de nature à ternir indûment l’image de l’un des belligérants [Ndlr : Israël] et à favoriser les sentiments populaires de haine ethnique et raciste envers les Israéliens et les israélites », « Si Charles Enderlin a commis des erreurs professionnelles graves dans l’affaire al-Dura », « Considère les refus successifs de France 2 face à ses propositions comme autant d’obstructions brutales et inacceptables dans la recherche et dans la démonstration de la vérité ». Le juge pénal a condamné M. Gouz à 1 000 euros d’amende avec sursis et à verser à chaque partie civile un euro, au titre des dommages et intérêts. Il a rejeté les demandes des parties civiles au titre de l’article 475-1 du Code de procédure pénale (CPP) relatif aux frais judiciaires exposés par les plaignants. "Une victoire : Desinfos.com a été relaxé en grande partie dans la plainte en diffamation, intentée en 2002 par France 2 et Charles Enderlin dans l’affaire Al-Dura", 4 février 2007. Ce 18 septembre [2008], Charles Gouz interpelle vivement Arlette Chabot en lui citant la Recommandation du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel) du 7 décembre 2004, relative aux conflits internationaux et à leurs éventuelles répercussions en France.

(31) La première partie se trouve sur YouTube ; la seconde, également. Ceux qui manquent de temps peuvent voir les 10 secondes après l’image sur laquelle Charles Enderlin annonçait l’enfant palestinien mort. On y voit cet enfant « décédé » soulever le coude pour voir la caméra, et maintenir ses jambes au-dessus du sol.

(32) Véronique Chemla, "Mohammed al-Dura est vivant à la fin des rushes de France 2 !", 15 novembre 2007.

(33) L’intégralité figure sur le blog de Charles Enderlin.

(34) Sur le site Second Draft.

(35) Richard Landes souligne la spécificité des « journalistes islamiques » respectant la Charte des médias islamiques de grande diffusion (Jakarta, 1980), qui énumère des règles distinctes des principes déontologiques journalistiques des Occidentaux : "Al-Dura and the ’Public Secret’ of Middle East Journalism", 11 novembre 2007, sur Pajamas Media. En français, "Al-Dura et le ’secret d’intérêt public’ du journalisme au Moyen-Orient", traduction de Menahem Macina ; Luc Rosenzweig, "Charles Enderlin, menteur en toutes les langues", 3 février 2005,

(36) Charles Enderlin, "Non à la censure à la source", Le Figaro, 27 janvier 2005. Extraits de l’arrêt de la Cour d’appel de Paris : Charles Enderlin a déclaré « que "l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie", alors qu’un reportage [se définit] comme le témoignage de ce que le journaliste a vu et entendu ». Le correspondant de France 2 à Jérusalem a ainsi « reconnu que le film qui a fait le tour du monde en entraînant des violences sans précédent dans toute la région ne correspondait peut-être pas au commentaire qu’il avait donné, ce qui est également l’avis exprimé par Daniel Dayan, directeur de recherches au CNRS et spécialiste des médias ». Véronique Chemla, "L’arrêt de la Cour d’appel de Paris relaxant Philippe Karsenty tance sévèrement France 2 et Charles Enderlin", 24 mai 2008.

(37) Luc Rosenzweig, "Charles Enderlin, menteur en toutes les langues", 3 février 2005.

(39) Avec Me Stéphane Haddad, Serge Farnel a saisi diverses instances, judiciaires et administratives, pour obtenir un rectificatif de France 2.

(40) Pierre Razoux, Tsahal, nouvelle histoire de l’armée israélienne, Editions Perrin, collection Tempus, Paris, version actualisée 2008, 736 pages, ISBN : 978-2-262-02792-6 ; Véronique Chemla, " « Tsahal, nouvelle histoire de l’armée israélienne », de Pierre Razoux ", 25 mai 2008.

(41) Le mythe du meurtre rituel d’hier à aujourd’hui, Collège des Etudes Juives - AIU, Paris, novembre 2007 ; Raphaël Israeli, Poison: The Use of Blood Libel in the War against Israel, JCPA, n°. 476, 3 Iyar 5762 / 15 avril 2002.

(42) Pierre-André Taguieff, "L’affaire al-Dura ou le renforcement des stéréotypes antijuifs..." [Voir aussi la mise en ligne du même article sur le site de l’Upjf. Note d’upjf.org] ; La Judéophobie des Modernes, Des Lumières au Jihad mondial, Odile Jacob, 2008, 688 pages, ISBN : 2-7381-1736-8 [Voir les Bonnes feuilles mises en ligne sur le site de l’Upjf. Note d’upjf.org].

(43) « Il y a suffisamment de preuves de sources indépendantes prouvant que l’incident al-Dura a été mis en scène pour les caméras », déclarait Daniel Seaman, chef du GPO qui dépend du Premier ministre israélien, à Guysen-Paris, le 2 mars 2008. Il poursuivait : « L’Etat d’Israël a un respect immense pour les médias. De nombreux médias du monde arabe, sans même mentionner l’Iran, travaillent librement en Israël. Les autoriser à travailler librement en Israël n’implique en aucune façon que nous partagions leurs positions. Comme toute démocratie, Israël assure une liberté absolue à la presse et ne retire pas aisément les accréditations aux journalistes. C’est particulièrement vrai pour les journalistes travaillant pour une organisation aussi respectée que France 2. Charles Enderlin en est parfaitement conscient et se cache derrière cela pour tenter de distraire l’attention de son échec professionnel évident [à respecter les critères minimum du journalisme en matière de vérification]. Le fait que Charles Enderlin dispose toujours de son accréditation presse de l’Etat d’Israël atteste de la force et de la tolérance de la démocratie israélienne, et non de l’intégrité du reportage de Charles Enderlin ce jour-là. La question n’est pas ’’Pourquoi a-t-il encore son accréditif presse de l’Etat d’Israël’’, mais plutôt, pourquoi France 2 l’emploie-t-elle encore ? » « Quand nous avons pris conscience de l’implication de Talal Abu Rahma dans la mise en scène d’événements dans la bande de Gaza, nous n’avons pas renouvelé sa carte de presse, qui a expiré en 2001’’, déclarait Daniel Seaman, directeur du GPO, à Guysen-Paris, le 3 mars 2008.

(45)Voir sur le site du gouvernement et sur celui du Consulat de France.
http://www.pmo.gov.il/PMOEng/PM+Office/Departments/GPO.htm http://www.consulfrance-jerusalem.org/spip.php?article288.

(46) Sur le blog de Charles Enderlin.

(48) Voir le site de Media-Ratings ; et "Al-Dura: une lettre de Tsahal à Ch. Enderlin, qui infirme les allégations du tribunal français" ; Véronique Chemla, "France 2 a accepté de remettre ses rushes de l’incident al-Dura à la Cour d’appel de Paris", 9 octobre 2007.

(49) Un avis exprimé par Nicolas Sarkozy, alors ministre. Roger Cukierman, op. cit. p. 121.

(50) « Au moins un projectile a touché le mur devant lequel se trouvaient le père et le fils, puisque ce tir est visible sur le film de France 2. Cependant, ce tir correspond à un coup de feu tiré perpendiculairement au mur et ne peut provenir que du poste palestinien "Pita", ou de tireurs isolés situés dans le même axe que ce dernier. Les autres impacts sur le mur peuvent provenir de tirs effectués alors que Jamal et Mohammed al-Dura ne se trouvaient pas derrière le baril, puisque les coups de feu n’ont pas été filmés ». Véronique Chemla, "Un expert balistique estime «sérieuse» la possibilité d’une «mise en scène» de la «mort» de Mohammed al-Dura", 27 février 2008; voir le rapport balistique en pdf, sur le site Media-Ratings, [voir aussi la transcription qui figure sur le site d’upjf.org, sous le titre "Rapport d’expertise consacré à la mort et aux blessures présumées de Mohammed et Jamal Al-Dura"].

(52) Ali Waked, "Al-Dura’s father: Israel’s claims ridiculous", 2 octobre 2007.

(53) Voir, sur le site de l’Upjf, "Al-Dura : Pièces à verser au dossier du futur groupe de travail d’experts indépendants". Curieusement, le dossier médical jordanien indique que, « deux jours avant son transfert [dans l’hôpital d’Amman, le 1er octobre 2000], les blessures suivantes ont été diagnostiquées ». Or, la scène controversée s’est déroulée la veille, le 30 septembre 2000.

(54) "Al-Dura : spin ou symbole ?". Reportage exclusif de la TV israélienne", 7 mars 2008 ; Jean Tsadik, "Hier sur Aroutz 10 : Les blessures de Jamal datent de son opération, en Israël, en 1994", 13 décembre 2007 ; Charles Enderlin, "Droit de réponse à Actualité juive", 20 septembre 2008.

(55) Télérama, 20 octobre 2000.

(56) Cet avocat a porté plusieurs procès liés à l’affaire al-Dura devant la juridiction administrative française et la Cour européenne des droits de l’homme.

(57) JT de 13 h du mardi 16 octobre 2008.

(58) Cette phrase annonçait la fin de la représentation dans les théâtres romains de l’Antiquité.

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Cet article a été publié le 24 juillet 2017, puis le 9 mars 2023.