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mercredi 30 septembre 2026

Le Dr Yehuda David, Clément Weill-Raynal et Actualité juive condamnés pour avoir diffamé Jamal al-Dura

Le 29 avril 2011, la XVIIe chambre du Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris a condamné le Dr Yehuda David, chirurgien, Clément Weill-Raynal, journaliste, et Actualité juive à payer solidairement 5 000 euros en dommages et intérêts à Jamal al-Dura pour l'avoir diffamé dans deux articles publiés en 2008 par cet hebdomadaire. Le Tribunal a jugé diffamatoires des propos alléguant que, le 30 septembre 2000, ce Gazaoui avait participé à une mise en scène diffusée par France 2, puis avait imputé à tort à des tirs israéliens la mort de son fils Mohammed et ses anciennes blessures afin de berner l'opinion publique, et ce, avec la complicité de médecins palestiniens. Ce jugement laisse entières certaines questions, voire en suscite d'autres notamment sur la date de l'hospitalisation à Amman de Jamal al-Dura et la "foi" de magistrats en un "rapport" médical jordanien. Ce qui affaiblit la crédibilité de ces images télévisées. Article republié en ce 26e anniversaire de la diffusion par le Journal télévisé (JT) de 20 h France 2 de ce "blood libel" (allégation infondée de meurtre rituel d'un enfant non-juif par des Juifs), et alors que, depuis et notamment durant la guerre israélienne existentielle Swords of Iron (Epées de fer), Pallywood/Gazawood a continué de mettre en scène, produire et diffuser à des médias occidentaux, naïfs ou cyniques, d'autres blood libels alimentant l'antisémitisme et diffamant l'Etat d'Israël. Faute d'une défaite judiciaire, politique et médiatique dans cette affaire al-Dura, Pallywood a continué sa production léthale pour Israël et les juifs. Le 30 septembre 2026, l'historien Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood").

Cet article a été publié en une version américaine plus concise par Ami magazine.
That article was published in American English and in a more concise version by Ami magazine.
Les blessures de Jamal al-Dura étudiées par le Tribunal correctionnel de Paris
La Cour d’appel de Paris a évoqué les blessures de Jamal al-Dura 
« Le fusillé du mur des cons » par Clément Weill-Raynal


C'est un jugement de treize pages à la motivation sévère, mais il ne convainc pas et ne clôt pas l'affaire al-Dura.

Des images aux "blessures"
L'affaire al-Dura a débuté le 30 septembre 2000, quand France 2 a diffusé le reportage de Charles Enderlin, son correspondant permanent à Jérusalem, déclarant en voix off sur des images signées par le cameraman palestinien Talal Abu Rahma :
« Près de l’implantation de Netzarim (bande de Gaza)… Jamal et son fils Mohamed (12 ans) sont la cible des tirs venus des positions israéliennes. Son père tente de le protéger... Une nouvelle rafale. Mohamed est mort et son père gravement blessé ».
Jamal al-Dura a été filmé alité dans un hôpital à Gaza le 1er octobre 2000, puis à Amman (Jordanie) le 5 octobre 2000 lors de la visite du roi Hussein de Jordanie.

L’image du « petit Mohamed » devient l’icône de l’Intifada II.

Ce reportage suscite des doutes, et des enquêtes dès fin 2000 de Nahum Shahaf, physicien israélien, de Stéphane Juffa, rédacteur en chef de l’agence de presse Mena (Metula News Agency). 

Nahum Shahaf et la Ména contestent l'authenticité des faits allégués dans ce reportage, et concluent à la mise en scène.

Au sein de la Ména, Gérard Huber, psychanalyste, et Luc Rosenzweig, journaliste confirmé, poursuivent leurs investigations. Gérard Huber publie un livre au titre significatif.

Dans son documentaire Trois balles et un enfant mort. Qui a tué Mohamed al-Dura ? diffusé en 2002 par ARD, Esther Schapira, documentariste allemande, soutient que l'enfant serait mort vraisemblablement par des balles palestiniennes. 

C'est Richard Landes, historien américain, qui parvient à interviewer Charles Enderlin, et forge le néologisme Pallywood pour désigner l'industrie audiovisuelle palestinienne de propagande…

La polémique sur ce reportage controversé est alimentée par le long refus de France 2 de rendre publics les rushes du reportage, et les versions successives et contradictoires de Talal Abu Rahma qui, le 3 octobre 2000, affirme sous serment, au Centre palestinien des droits de l’homme : « L’enfant a été tué intentionnellement et de sang-froid par l’armée israélienne », puis se rétracte le 30 septembre 2002, soit deux ans plus tard, dans un fax adressé à France 2 Jérusalem : « Je n’ai jamais dit à l’Organisation palestinienne des droits de l’homme à Gaza que les soldats israéliens avaient tué intentionnellement et en connaissance de cause Mohamed al-Dura et blessé son père ».

Le 23 octobre 2004, Talal Abu Rahma a filmé (13'04") Jamal al-Dura à son domicile Gazaoui en train de montrer les cicatrices censées remonter à l'incident du 30 septembre 2000. France 2 a diffusé ce film lors d’une conférence de presse le 18 novembre 2004 afin de mettre un terme à cette controverse.

Le 19 octobre 2006, la XVIIe chambre du TGI de Paris a condamné Philippe Karsenty, directeur de l'agence de notation des médias Média-Ratings, pour diffamation à l’égard de France 2 et de Charles Enderlin : il avait évoqué une « mise en scène » de ces images. Un jugement infirmé par la Cour d’appel de Paris qui a relaxé Philippe Karsenty le 21 mai 2008.

Les 4 septembre et 25 septembre 2008, Actualité juive (1) a publié l'interview du Dr Yehuda David, chirurgien à l’hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv, par Clément Weill-Raynal - article titré Les blessures de Jamal al-Dura existaient déjà en 1993 sans la moindre ambiguïté possible ! -, puis une réponse de ce journaliste à un droit de réponse de Charles Enderlin.

Le Dr Yehuda David y affirmait que Jamal al-Dura, victime en 1992, de blessures au couteau lors d’une rixe entre Palestiniens, avait d'abord été opéré dans la bande de Gaza : ces coups avaient sectionné des nerfs médian et cubital ; ils avaient induit une paralysie de la main droite. En 1994, le Dr David a opéré Jamal al-Dura à l'hôpital Tel ha Shomer à Tel-Aviv : pour restaurer la flexibilité des doigts de cette main droite, il a prélevé un tendon dans le pied et la jambe gauches du patient pour les transférer dans sa main droite. Ce chirurgien a d'une part reconnu dans des cicatrices de Jamal al-Dura au pied et à la jambe gauches ainsi qu'à la main et à l'avant-bras droit les cicatrices de blessures originelles et celles de son opération, et d'autre part, douté de l'authenticité de faits allégués par Jamal al-Dura, en particulier l'imputation à des balles israéliennes d'autres blessures (artère fémorale).

Le 9 septembre 2008, le professeur israélien Raphaël Walden a écrit un "rapport" d'une page en se fondant seulement sur "le dossier médical pour l'hospitalisation de Jamal al-Dura à l'Al-Hussein Medical City Hospital" à Amman le "1er octobre 2000". Il a listé les blessures de Jamal al-Dura selon leur localisation : "membre supérieur droit", "membre inférieur droit" et "membre inférieur gauche" en évoquant des "blessures par balles" dans les seuls deux membres inférieurs.

Le 8 février 2011, le Dr Yehuda David et Clément Weill-Raynal, journaliste à Actualité juive, ont comparu et, Serge Bénattar, directeur de cet hebdomadaire français, était représenté, devant la XVIIe chambre du Tribunal de grande instance (TGI) de Paris.  Ils étaient poursuivis pour diffamation par Jamal al-Dura, A Dura ou Dura, absent de l'audience.

10 000 euros à verser à Jamal al-Dura
Le Tribunal n'a donc pas suivi les réquisitions de relaxe des prévenus proposées par Dominique Lefebvre-Ligneul, représentant le Parquet.

Il a condamné chaque défendeur à une amende de 1 000 euros, assortie d'un sursis total, et tous trois solidairement à verser à Jamal al-Dura 5 000 euros au titre des dommages et intérêts, ainsi que 5 000 euros au titre de ses frais de justice.

Il a aussi ordonné la publication par Actualité juive d'un communiqué sur ce jugement dans le mois suivant sa notification.

Il a débouté Jamal al-Dura du surplus de ses demandes.

Une diffamation établie
La diffamation est une « allégation ou imputation d’un fait qui porte atteinte à l’honneur ou à la considération de la personne » (article 29 de la loi du 29 juillet 1881).

Le Tribunal estime que les six passages incriminés de ces deux articles sont diffamatoires car ils allèguent que Jamal al-Dura a participé à un incident mis en scène et qu'il a rendu "des tirs émanant de l'armée israélienne" responsables de "blessures anciennes", dans le but de tromper l'opinion publique "en faisant croire que des blessures venaient de lui être infligées au cours d'une fusillade qui avait fait perdre la vie à son fils", et avec le concours de complices médecins palestiniens.

Poursuivis pour diffamation, les prévenus peuvent être relaxés s’ils prouvent la vérité des faits allégués - exception de vérité -, ou s'ils démontrent leur bonne foi.

La « preuve des faits diffamatoires doit être parfaite, complète et corrélative aux imputations diffamatoires dans leur matérialité et toute leur portée ». Le Tribunal estime que celle des trois défendeurs ne l'est pas, et n'examine pas celle de Jamal al-Dura. Ainsi, il écarte des articles de presse et l'arrêt de la Cour d'appel de Paris de 2008 tançant Charles Enderlin au motif qu'ils ne "sont pas probants au regard des imputations dont la vérité est recherchée", ainsi que les témoignages de Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), et de Luc Rosenzweig, journaliste ayant enquêté sur l'affaire car "ils n'ont pas permis d'établir la preuve recherchée par les prévenus". Quant à l'attestation du Dr Stéphane Romano du 7 juin 2010, certes elle reconnaît que "l'aspect de la main et le handicap au membre supérieur de ce patient sont consécutifs à un traumatisme précédent son éventuelle implication dans la fusillade d'octobre 2000", mais "la description des blessures ne permet pas d'identifier celles qui proviennent des interventions précédentes et celles qui seraient nouvelles".

Par contre, le Tribunal retient le "document médical" que Jamal al-Dura "avait présenté lors de l'entretien télévisé du mois d'octobre 2004, ainsi que la capture d'écran du rapport médical (avec sa traduction), établi par les docteurs Ahmaed Abdallah, Mohamed al Zaher et Hakem al Kadi, médecins de la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie où il avait été hospitalisé le 4 décembre 2000" et qui "constate :
- un état anémique grave dû à l'hémorragie,
- une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit,
- une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite",
- une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza),
- des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes,
- d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit".

Ces "constatations distinguent clairement des blessures anciennes de la main droite d'autres blessures dont il n'est pas dit qu'elles seraient anciennes et dont il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport, qu'elles auraient été constatées lors de l'admission de Jamal al-Dura à l'hôpital Al Hussein d'Hammam".

Ces constatations "n'excluent nullement l'existence de blessures survenues ultérieurement à l'intervention du docteur Yehuda David et ne permettent donc pas de rapporter la preuve des imputations diffamatoires".

Pour résumer cet extrait du jugement fondé sur un argument chronologique : sur la base de ce "rapport médical", les "constatations" lors de l'admission de Jamal al-Dura dans cet hôpital "le 4 décembre 2000" ne permettent pas, selon le Tribunal, d'exclure l'hypothèse de blessures postérieures à 1994.

Sur la bonne foi, la jurisprudence requiert la réunion de quatre conditions : l’absence d’animosité personnelle, un but légitime, la prudence dans l’expression et une enquête préalable sérieuse.

Certes, le Tribunal reconnaît l'absence d'animosité du journaliste et du chirurgien à l'égard de Jamal al-Dura, ainsi que la nécessité d'informer sur un reportage ayant donné lieu à un "débat public et la polémique" et ayant généré une "affaire internationale particulièrement médiatisée", les "images de la mort du jeune Mohammed ayant fait le tour du monde et étant devenues emblématiques de la cause palestinienne".

Cependant, le Tribunal reproche au Dr David d'avoir manqué de prudence dans ses déclarations, de n'avoir pas examiné récemment Jamal al-Dura ni lu ses dossiers médicaux à Gaza et en Jordanie avant de s'exprimer sur certaines blessures. Quant à Clément Weill-Raynal, le Tribunal blâme son "engagement rédactionnel", son "acquiescement" aux propos du chirurgien, et une rétention d'informations à l'égard de celui-ci et des lecteurs, sans "donner au lecteur des éléments contradictoires lui permettant d'apprécier "la thèse de la mise en scène" développée".

Les trois défendeurs ont interjeté appel de leur condamnation.

Des avocats interrogés, seule Me Orly Rezlan, avocate de Jamal al-Dura, m'a répondu. Le 1er mai 2011, Me Orly Rezlan s'est réjouie de cette décision qui "reflète le contenu des débats à l’audience. Le docteur David a admis que son dossier médical ne pouvait expliquer les cicatrices les plus impressionnantes constatées sur le corps de Jamal al-Dura et en particulier, la cicatrice à l’aine... Il est ainsi démontré que les blessures de Jamal al-Dura ne préexistaient pas à la fusillade. Ce procès aura permis de poser à ce médecin des questions précises et de montrer les limites de son propos”.

Carences informatives et contradictions
Pourtant, le jugement laisse dubitatif par certaines assertions - notamment l'avis négatif sur l'enquête sérieuse menée par Clément Weill-Raynal -, ses contradictions et ses carences informatives, ainsi que ses partis pris non motivés : le Tribunal cite des déclarations officielles israéliennes anciennes (octobre et novembre 2000), mais non celles plus récentes, par exemples la lettre de la Direction nationale de l'Information auprès du Premier ministre le 21 octobre 2010 réfutant toute responsabilité israélienne dans la "mort de Mohamed al-Dura" ou les déclarations de Daniel Seaman, alors responsable du Bureau de presse gouvernemental (GPO), affirmant fin septembre 2007 au cabinet israélien d’avocats Shurat HaDin que "le cameraman Talal Abu Rahma a mis en scène tout l’incident" et précisant en 2008 que ce cameraman s'était vu retirer sa carte de presse par le GPO "car il était impliqué "dans la mise en scène d'évènements dans la bande de Gaza". On pourrait donc retourner au Tribunal le reproche de rétention d'informations qu'il adresse à Clément Weill-Raynal.

A cet égard, on comprend mal les louvoiements du gouvernement israélien entre deux thèses inconciliables : celle de la "mise en scène de l'incident al-Dura" et celle de la "mort de Mohamed al-Dura" selon "une forte probabilité" par des "balles palestiniennes". Il conviendrait qu'il fixe enfin sa position, et en tire toutes les conséquences.

Ce jugement du Tribunal suscite de nombreuses questions.

1. A quelle date Jamal al-Dura a-t-il été hospitalisé dans "la cité médicale Al Hussein à Hamman en Jordanie" ?
            - "sur la foi" du rapport jordanien d'hospitalisation de Jamal al-Dura à Amman, le Tribunal écrit que ce patient y "avait été hospitalisé le 4 décembre 2000".
            - se fondant sur le "rapport médical d'hospitalisation" de Jamal al-Dura à Amman, le professeur Raphaël Walden mentionne, dans son "rapport" évoqué devant le Tribunal, une autre date d'hospitalisation : le "1er octobre 2000".
            - le film montré par France 2 devant la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et sur son site Internet, indique que "le lendemain des faits", donc le 1er octobre 2000, "Jamal al-Dura est allongé sur son lit d'hôpital à Gaza" (11'13").
            - le rapport médical jordanien traduit par la Metula News Agency (ou Mena) est signé par les docteurs Issam Albshari, Mohamed Altihar et Hakim Alkadi. Il indique que Jamal al-Dura a été admis dans cet hôpital al-Hussein " le 1er octobre 2000 après avoir été transféré de la bande de Gaza, Camp de El Burej, des suites de blessures par balles deux jours avant son transfert", soit le 29 septembre 2000. Or, le reportage de France 2 sur l'incident al-Dura date du 30 septembre 2000.
            - Stéphane Juffa, rédacteur en chef de la Mena (1), a indiqué :
"en date du 26 novembre 2000, la Direction de la Coordination et des Liaisons de l’armée israélienne fait parvenir par courrier au chef de la Commission d’enquête sur les événements du 30 septembre 2000 à Nétzarim, Nahum Shahaf, un compte-rendu des "Mouvements de sorties à l’étranger de Jamal Mohamed Ahmed Dura – carte d’identité 942395930". Le rapport des mouvements de sorties est signé par Yekhezkel Dgani, le coordinateur de l’Enregistrement de la population – Mirsham Ha-okhluzinn -, l’administration israélienne en charge du Contrôle de l’Habitant. Le compte-rendu référencie les cinq derniers mouvements de Jamal. Or ce document mentionne spécifiquement que c’est le 4 octobre qu’A-Dura [Nda : "La carte d’identité israélienne et le rapport jordanien mentionnent Dura et A Dura, ce qui est équivalent", précise Stéphane Juffa] a quitté le territoire alors contrôlé par l’Etat d’Israël, au poste de l’aéroport de Dahanya, dans le sud de la Bande de Gaza".
            - le roi Hussein de Jordanie a été filmé le 5 octobre 2000 au chevet de Jamal al-Dura qui a été interviewé par deux journalistes israéliens.

C'est d'autant plus étrange qu'il ressortait des débats que Jamal al-Dura avait été hospitalisé une seule fois dans cet hôpital jordanien en 2000.

2. Quelles blessures ? Quelles cicatrices de quelles blessures ?
Il est regrettable qu'après les dix heures d'audience du 8 février 2011, et même en reprenant la teneur du "rapport médical" de trois médecins de l'hôpital Al Hussein à Amman, le Tribunal ne fournisse pas des données essentielles et indispensables : nombre, nature et localisations exacts des blessures de Jamal al-Dura attribuées aux tirs israéliens le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim. De même, manquent les comparaisons entre les blessures de 1992, celles opérées en 1994 et celles datant du 30 septembre 2000.

Selon le Tribunal, ce "rapport médical" jordanien évoque des "blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes", et pour elles seules. Pourquoi les trois auteurs de ce "rapport médical" jordanien ont-ils tenu à spécifier la nature des blessures - "par balles" - pour ces seuls membres ? Par cette précision, ses trois auteurs ont opéré une distinction parmi toutes les blessures, selon leur nature.

A contrario, et ipso facto, les autres blessures constatées - "une double fracture (avec effritement osseux) au niveau de l'humérus droit, une fracture au niveau du bassin plus l'os de la "hanche droite", une section de l'artère, de la veine et du nerf au niveau de la cuisse droite (une intervention ayant été pratiquée dans la bande de Gaza)" et "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit" - ne résulteraient donc pas de balles si l'on suit la distinction opérée par ces trois médecins. Et elles ne pourraient donc pas avoir été causées par des balles israéliennes le 30 septembre 2000.

Poursuivons ce raisonnement respectueux du sens littéral du "rapport médical" rédigé par trois praticiens jordaniens :

- ce "rapport médical" jordanien exclut ipso facto toute nouvelle blessure "au niveau de la main droite" et toute nouvelle "section du nerf cubital droit". L'état de la main droite de Jamal al-Dura se trouve donc en l'état résultant de l'opération chirurgicale effectuée par le Dr Yehuda David dans un hôpital réputé de Tel-Aviv en 1994.

- pourquoi le bras droit jusqu'à la main de Jamal al-Dura, hospitalisé le 1er octobre 2000 à Gaza, est-il entouré d'un plâtre ou bandage taché de rouge (surtout au niveau de la main, 11'12'') ? Surtout si seul "l'humérus droit" a subi une "double fracture" ?

- quand "l'intervention à la cuisse droite" a-t-elle été pratiquée "dans la bande de Gaza" ? Et dans quel hôpital ?

- quid du petit rond sur la fesse droite de Jamal al-Dura présenté comme la cicatrice d'une "blessure par balle" du 30 septembre 2000, filmé par Talal Abu Rahma le 23 octobre 2004 (13'40'') et omis par ce "rapport médical" jordanien et par le Tribunal qui a vu ce film ? Admettons qu'un médecin de cet hôpital d'Amman n'ait pas vu cette "blessure par balle" sur la fesse droite de Jamal al-Dura. Mais trois !? Ces trois médecins de l'hôpital d'Amman ont-ils ausculté leur patient à son arrivée ou se sont-ils fiés au dossier médical de l'hôpital palestinien en en recopiant une partie ? De quand date ce petit rond ? A l'audience, le Dr Yehuda David avait informé le Tribunal que des Palestiniens tirent une balle dans la fesse de ceux présumés avoir collaboré avec l’Etat d’Israël.

- Combien de "blessures par balles" ? "Neuf" selon des "sources médicales palestiniennes". Le Tribunal évoque, "sur la foi" du "rapport médical" jordanien, "des blessures multiples par balles de différents calibres au niveau des deux jambes". Dans le film tourné par Talal Abu Rahma pour France 2 le 23 octobre 2004 sur les cicatrices provoquées par des "blessures par balles" le 30 septembre 2000, Jamal al-Dura dirige son index le long de tracés de ce qui semble de longues et fines cicatrices sur sa jambe gauche (13'47''), puis désigne dans sa jambe droite ce qu'il présente aussi comme deux cicatrices : une petite zone que l'on peine à distinguer et qui semble au-dessous d'un rond foncé près du genou (14'22''), et un petit rond près du pied (14'28'').

- Jambe gauche. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura a " deux blessures par balles" situées " au milieu et au tiers supérieur". Cependant, Jamal al-Dura désigne de son index ce qui semble des cicatrices qui parcourent sa jambe du genou jusqu'au pied, donc bien au-delà du "milieu" de la jambe (13'47''-14'19''). Le Dr Yehuda David affirme que certaines cicatrices datent de son opération chirurgicale en 1994.
- Jambe droite. Selon le "rapport" du professeur Walden, Jamal al-Dura aurait de "multiples blessures par balles" et une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Jamal al-Dura ne désigne que deux zones de cicatrices de "blessures par balles". Pointée par l'index de Jamal al-Dura, la zone du petit rond près du pied droit apparaît dépourvue de plâtre ou bandage et sans aucune blessure le 1er octobre 2000 dans le film de France 2 (11'21'') ; elle ne peut donc pas correspondre à une blessure par balle israélienne le 30 septembre 2000, au carrefour de Netzarim. Comment Jamal al-Dura a-t-il pu se tromper ? Reste donc une "blessure par balle au tiers supérieur du tibia". Cette prétendue cicatrice est peu visible, et la caméra de Tala Abu Rahma la quitte rapidement pour se déplacer vers le petit rond près du pied.

- Quels calibres de balles ? A la différence du "rapport médical" jordanien cité par le Tribunal, le "rapport" du professeur Raphael Walden ne distingue aucune différence de calibre dans les balles censées avoir blessé Jamal al-Dura. Comment des balles de même calibre, provenant du même endroit, tirées par les mêmes soldats, peuvent elles provoquer des blessures tantôt aux "cicatrices" minuscules et rondes et tantôt aux cicatrices longues et fines ?

- Comment une fusillade aussi nourrie dans la durée - « Les balles pleuvaient autour de nous comme de la pluie » et ce, "pendant 45 minutes" selon Talal Abu Rahma -, a-t-elle pu laisser sur le corps de Jamal al-Dura si peu d'impacts de balles, toutes étrangement focalisées "au niveau des deux jambes", alors que sa tête était visible au-dessus du baril pendant 16 secondes sans être atteinte par des balles (7'58''-8'03'' et 8'19''-8'30'') ? "Les armes utilisées [par les soldats israéliens] sont des fusils d’assaut, capables de tirer par rafales et dont la cadence de tir est de six cents à huit cents coups à la minute. En supposant même qu’un seul tireur ait tiré 50 coups à la minute, le nombre de coups de feu sur une durée de 40 minutes aurait été de DEUX MILLE...", écrit l'expert balistique mandaté par Philippe Karsenty dans son rapport du 19 février 2008.

- Comment concilier "l'hémorragie" évoquée dans ce "rapport médical" jordanien et l'absence de sang sur les vêtements, le sol et le mur derrière Jamal al-Dura, pendant et après les "tirs venus des positions israéliennes" ? "Du sang sur un tee-shirt blanc, cela se voit", a ironisé le Dr David Yehuda interviewé par le rédacteur en chef Michel Zerbib sur Radio J, le 5 mai 2011. Et sur un pantalon bleu aussi, serait-on tenté d'ajouter. Le commentaire du film présenté par France 2 à la Cour d'appel de Paris en 2008 allègue qu'une tache près du bras droit serait du sang (8'14''). Mais le "rapport médical" jordanien, auquel le Tribunal accorde une telle "foi", ne relève des "blessures par balles" qu'au "niveau des deux jambes".

Quel crédit accorder à ce "rapport médical" jordanien ? C'est sur ce "rapport" que le Tribunal se fonde - "il y a lieu de croire, sur la foi de ce rapport" - avant de conclure que la "preuve des imputations diffamatoires" n'est pas apportée. En fondant ainsi sa décision sur ce "rapport médical" jordanien - certaines de ses phrases contredisent notamment un autre "rapport médical" -, le Tribunal semble avoir renoncé à son devoir de statuer en droit, avec bon sens et avec logique. A noter que la justice française offre des exemples où des magistrats motivent leurs jugements en se fondant sur des rapports d'experts - psychiatre, spécialiste en immobilier - contestables par leurs imprécisions, leurs contradictions, etc. Ce qui est préjudiciable pour les justiciables qui subissent des dommages.

Curieusement, ce Tribunal qualifie de "déclaration péremptoire" une observation du Dr Yehuda David induite par son expertise acquise en particulier sur les champs de guerres au sein d'unités de Tsahal. Ce chirurgien émérite a affirmé, notamment à l'audience, que Jamal al-Dura n'aurait pas survécu - il se serait "vidé de son sang en quelques minutes sans pouvoir atteindre l'hôpital de Gaza" - si son artère fémorale avait été touchée par des balles de M16 israéliens ce 30 septembre 2000.

On demeure au moins étonné, voire choqué, par le faible niveau des magistrats ayant rendu ce jugement. Des juges semblant dénués d'esprit logique, de raison... au pays de Descartes.

Une information majeure
En qualifiant de "limitée" la portée de la révélation du Dr Yehuda David, le Tribunal minore sans raison une information majeure.

En effet, en 2000, Jamal al-Dura avait attribué toutes ses blessures à Tsahal. C'est aussi ce qui ressort de ce film de Talal Abu Rahma pour France 2 et en date du 23 octobre 2004. Un film intégré dans celui montré par France 2 et Charles Enderlin à la Cour d'appel de Paris le 27 février 2008 et visible sur le site de France 2 (13'04''). En rappelant son opération de chirurgie réparatrice de 1994, le Dr Yehuda David non seulement a annihilé les allégations de Jamal al-Dura, de Talal Abu Rahma et de France 2 en ce qui concerne les membres opérés, mais a aussi réduit le crédit à apporter à leurs allégations d'autres "blessures par balles".

Et ce chirurgien se voit conforté dans ses affirmations par ledit "rapport médical" jordanien qui évoque, aux dires mêmes du Tribunal, "d'anciennes séquelles au niveau de la main droite, avec ancienne section du nerf cubital droit", et donc, a contrario, aucune autre nouvelle blessure à cette main de Jamal al-Dura.

Enfin, on peut s'interroger sur le choix de Jamal al-Dura d'avoir judiciarisé les questions visant ses blessures, alors qu'il aurait pu répondre aux questions de Clément Weill-Raynal et de Luc Rosenzweig, venir s'exprimer devant le Tribunal et surtout accepter d'être examiné par les experts d'une commission d'enquête indépendante chargée d'établir la vérité sur ce qui s'est produit le 30 septembre 2000 au carrefour de Netzarim, et dont la constitution a été demandée par Richard Prasquier, président du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en 2008, puis en 2011.

D'autant que les autorités israéliennes ont toujours indiqué qu'elles ne mettraient "aucun obstacle à ses déplacements".

Il est désolant qu'aucune des institutions publiques françaises - notamment la direction de France Télévisions, le ministère de la Culture et de la Communication et le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) - ne soit intervenue depuis tant d'années pour mettre un terme par des réponses à ces questionnements légitimes et logiques sur "l'incident al-Dura".

21es Rendez-vous de l'Histoire
Les 21es Rendez-vous de l'Histoire à Blois ont eu pour thème "La puissance des images" (10-14 octobre 2018).

Al-Jazeera
Le 30 septembre 2024, AJ+ français, branche française de la chaine qatari al-Jazeera, a diffusé sur X, ex-Twitter, un reportage (3'22'') ainsi commenté : 
"C'était le pire jour de ma vie.”
Le 30 septembre 2000, Mohammed al-Durrah, 12 ans, est tué par l'armée israélienne alors qu'il se trouve dans les bras de son père.Les images, diffusées le soir même sur France 2, marqueront le monde entier.
Ses parents témoignent pour AJ+ ".
Manal al-Durrah, présentée comme la mère de Mohammad al-Durrah - au lieu de "al-Dura" -, évoque ce dernier comme un "martyr" (shahid).

Mediapart
Le 30 septembre 2025 à
 10h32, Mediapart diffuse l'interview de Jamal al-Dura intitulée "Jamal al-Dura : « Le sang de Mohammed n’en finit pas de couler » et signée par Gwenaelle Lenoir.

Réservé aux abonnés, cet article débute ainsi :
"Il y a vingt-cinq ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes, derrière un cylindre de béton, à un carrefour de la bande de Gaza. Ce père, Jamal al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. Mediapart a pu le joindre et l’écouter.

L’image est mauvaise, le son se hache avant de revenir et puis de repartir, la liaison coupe souvent. Mais les mots et les traits de Jamal al-Dura nous parviennent quand même, depuis le camp d’Al-Bureij, dans la partie centrale de la bande de Gaza. Son visage est long et émacié, ses cheveux gris, sa peau semble un peu jaune. « Je me suis rendu chez des amis pour vous parler, dit-il à Mediapart, le 15 septembre en fin d’après-midi. Chez moi, c’est impossible, j’habite dans les ruines de ma maison, j’ai réussi à y aménager un coin, mais obtenir une liaison internet"

Co-fondateur de Mediapart, Edwy Plenel a annoncé ainsi cet article sur X, ex-Twitter à 11 h13 :
"Il y a 25 ans, le 30 septembre 2000, Mohammed al-Dura mourait dans les bras de son père, tué par des balles israéliennes à un carrefour de la bande de #Gaza. Ce père, Jamal  al-Dura, vit toujours dans le camp d’Al-Bureij. @Mediapart  a pu le joindre."

Pourquoi ce regain d'intérêt pour l'affaire al-Dura ? Pour tenter d'effacer le souvenir des fakes, notamment sur "la famine dans la bande de Gaza" ? Pour renforcer l'image diffamant Israël et ses soldats présentés faussement comme "tueurs d'enfants" depuis des décennies, notamment auprès de la génération née en 2000 (génération Z ou Gen Z) ?

Richard Landes
Le 30 septembre 2026, Richard Landes a publié sur son blog "Al Durah, The First Post-Modern Blood Libel. Pallywood’s Most Spectacular Success" ("Al Durah, la première accusation de meurtre rituel post-moderne. Le succès le plus spectaculaire de Pallywood") :
"Le 30 septembre 2000, Charles Enderlin, correspondant de France 2 au Moyen-Orient, a présenté une cinquantaine de secondes d'images floues, filmées par son caméraman palestinien Tala abu Rahmeh, comme illustrant l'histoire d'un garçon et de son père pris entre deux feux, cachés derrière un baril au carrefour de Netzarim, dans la bande de Gaza, visés et tués « par des tirs provenant d'une position israélienne ». En réalité, les images ne montrent rien de tel : les tirs proviennent d'une position opposée (c'est-à-dire palestinienne ), ils n'ont pas été pris au piège mais placés là, comme le révèlent des images de l'AP et de Reuters, il n'y a aucune trace de sang sur le mur ni sur le père (qui a reçu 11 blessures), et le garçon, après avoir été déclaré mort par Enderlin, lève le coude et regarde la caméra (une scène qu'Enderlin a coupée au montage).
Rien dans les images utilisées par Enderlin ne confirme le récit qu'il a diffusé avec son caméraman : une pluie de balles, une blessure à l'estomac, un meurtre de sang-froid, un ambulancier tué en venant à la rescousse. S'il avait fait preuve d'un tant soit peu du scepticisme professionnel qu'exigeait un reportage aussi sensationnaliste, Enderlin n'aurait certainement pas utilisé ces images (comme CNN l'avait fait auparavant). Au lieu de cela, il n'a pas raisonné selon le principe : « Est-ce crédible ? » mais plutôt : « Que puis-je rendre crédible ? »
Et, hélas, l'histoire se propagea comme une traînée de poudre. Dans le monde musulman, elle devint la preuve irréfutable que les Infidèles – les Juifs ! – tuaient des musulmans innocents, justifiant ainsi le ciblage des « civils » infidèles. En Occident, elle fut largement adoptée par les progressistes comme un moyen d'« effacer, de remplacer » l'icône de l'Holocauste : une échappatoire à la honte de l'Holocauste . L'inversion de l'Holocauste – les Juifs sont les nouveaux nazis, les Palestiniens les nouvelles victimes juives du génocide – se banalisa.
Al Durah était le saint patron de Durban, le cri de ralliement de la vague d'antisémitisme qui a déferlé sur ces événements, la présence dominante au mariage des progressistes occidentaux et des suprémacistes musulmans.
Il s'agissait de la première accusation de crime rituel « post-moderne », la première à réussir en Occident après la Shoah, la première diffusée par un Juif (et Israélien), la première relayée par des médias d'information modernes et professionnels. Pourtant, à ce jour, les journalistes occidentaux, y compris israéliens, ont-ils manifesté une grande réticence à envisager la possibilité d'une mise en scène, le plus grand succès de Pallywood, cette industrie cinématographique vouée à accuser Israël de crimes de guerre. Cette affaire a électrisé le monde entier, attisant une haine qui a lié les progressistes occidentaux aux suprémacistes djihadistes.
À l'instar de la blessure infligée par la lame de Morgul dans Le Seigneur des Anneaux (Lord of the Rings), tant que ce fragment de l'œuvre la plus malveillante de Pallywood restera ancré dans le récit des médias traditionnels, présenté comme une information plutôt que comme une erreur professionnelle colossale, la couverture occidentale d'Israël et de ses ennemis sera gangrenée par la propagande de guerre djihadiste : ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui ciblent les enfants ; ce sont les Israéliens (et non les Palestiniens) qui commettent un génocide. L'Occident est littéralement aveuglé, désorienté, moralement écœuré par ce journalisme de guerre contre-productif et son appétit apparemment insatiable pour les récits de Juifs se comportant mal."


Articles à lire sur
- l'affaire al-Dura/Israël
- la France
- le Judaïsme/Juifs
- le Monde arabe/Islam
- Articles in English

Cet article a été modifié le 15 octobre 2011 puis les 13 mai 2011, 30 septembre 2016, 2 octobre 2018, 29 septembre 2019, 2 octobre 2020, 28 septembre 2022, 28 septembre 2023, 30 septembre 2024, 30 septembre 2025.

jeudi 10 septembre 2026

« Histoire du judaïsme » par Sonia Fellous

La Documentation française a publié en 2008, après un fascicule sur l'islam et avant celui sur le christianisme, une Histoire du judaïsme, par l'historienne Sonia Fellous, chercheur au CNRS-IRHT. Destinée à un public enseignant, cette publication assortie de visuels demeure problématique par certaines explications, minorations et omissions. Article republié à l'approche de Roch HaChana 5787 (Nouvel an juif), ce vendredi 11 septembre 2026 au soir ce qui correspondra à l'entrée de chabbat. En Israël, les juifs célèbrent la fête un seul jour, alors qu'en diaspora les juifs la célèbrent sur deux jours. Lexique des fêtes et prières en fin d'article.

La circoncision
Poussin et Dieu
« La Bible » par John Huston
Chagall et la Bible
Interview de Laurence Sigal, directrice du MAHJ, sur l'exposition « Chagall et la Bible »
« Histoire du judaïsme » par Sonia Fellous
« Histoire de la Bible de Moïse Arragel - Quand un rabbin interprète la Bible pour les chrétiens (Tolède 1422-1433) » de Sonia Fellous
« Les religions » par Sylvie Deraime
Il était plusieurs fois… et Kuehn Malvezzi House of One au 104
Lieux saints partagés. Coexistences en Europe et en Méditerranée
Le peintre-verrier Marc Chagall : Hadassah, de l’esquisse au vitrail 
Zurbarán's Jacob and His Twelve Sons: Paintings from Auckland Castle
Poussin et Moïse, histoires tissées
« Moïse et Aaron » par Arnold Schönberg 
« Mehitza. Ce que femme voit » de Myriam Tangi 

L’enseignement du judaïsme est marginal dans l'enseignement secondaire français qui traite très brièvement des Hébreux au collège et l’extermination des Juifs (Shoah) au collège puis au lycée. En 2008, le judaïsme ou les Juifs sont évoqués dans la Méditerranée au XIIe siècle, le Proche-Orient et le fait religieux depuis 1850.

Après L’histoire de l’islam, la Documentation française et l’IESR (Institut européen en sciences des religions) présidé par Dominique Borne publient une Histoire du judaïsme composée d’un dossier illustré signé Sonia Fellous, chercheur au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), et de huit pages de propositions de travaux sur transparents réalisées par Hélène Lefevre, professeur de lettres-histoire en lycée.

Ce « numéro souhaite donner aux enseignants une histoire scientifique et critique de cette religion ». Auteur de la remarquable Histoire de la Bible de Moïse Arragel - Quand un rabbin interprète la Bible pour les chrétiens (Tolède 1422-1433), Sonia Fellous « analyse les évolutions du judaïsme dans le temps et l'espace ».

Pourtant, malgré un style clair, ce fascicule rédigé par Sonia Fellous se révèle problématique.

D’autant plus qu’il s’adresse à des professeurs et  à des élèves et que Sonia Fellous a signé la remarquable « Histoire de la Bible de Moïse Arragel - Quand un rabbin interprète la Bible pour les chrétiens (Tolède 1422-1433) » 

Quelques exemples.

« A priori, le sionisme (de Sion, un mont de Jérusalem), qui visait la constitution d’un Etat en Palestine, ne répondait pas à la définition d’un mouvement de libération nationale », écrit Sonia Fellous. Peut-être que cette constitution a été envisagée aussi en Eretz Israël (la terre d’Israël)... De plus, « Palestine » s’avère un terme piégé historiquement, idéologiquement et à la géographie évolutive.

Retracer « le judaïsme au XXe siècle » (pp.14-15) sans évoquer la collaboration entre dirigeants nazis et arabes, dont le grand mufti de Jérusalem al-Husseini, ainsi que l’exode d’environ un million de Juifs des pays arabes, de Turquie, d’Iran et d'une partie de Jérusalem, essentiellement des années 1940 aux années 1970 surprend.

Sonia Fellous distingue « Ashkénazes et sépharades » (p. 48) par un seul critère géographique. Lors de la conférence de la Fraternité judéo-noire (FJN) du 9 janvier 2011, le professeur Shmuel Trigano a indiqué que les Juifs Noirs, omis par Sonia Fellous (p. 62), étaient des Juifs sépharades, la distinction Ashkénazes/Sépharades étant liée à une application de la Halakha (loi juive), généralement plus rigoureuse par les Juifs Ashkénazes

Evoquer des « sciences juives » (p. 46) et associer la « Terre promise » (p. 58) à l’Amérique laissent pour le moins perplexe.

« Juifs en Afrique du Nord : une disparition progressive » (p. 50) ? C’est masquer que l’exode essentiellement forcé des Juifs de « terre d’islam » s’est effectué souvent rapidement, a constitué une mesure de rétorsion de dirigeants musulmans refusant la recréation de l’Etat Juif et a concerné aussi les Juifs au Moyen-Orient (Turquie, Iran, Yémen, etc.) Sans parler des demandes de dédommagements pour les spoliations et autres exactions subies par ces Juifs, devenus pour une partie des réfugiés. Quid de l’attentat islamiste du 11 avril 2002 contre la synagogue de la Ghriba à Djerba (Tunisie) ?

Quant au « statut de dhimmi (protégés, mais aussi soumis) », l’auteur élude, par cette définition lacunaire, le caractère cruel, avilissant, de ce régime imposé aux non-musulmans - Juifs, chrétiens, etc. - en « terre d’islam ». Quand Sonia Fellous revient sur la dhimmitude, elle en précise certaines caractéristiques – « ils sont tenus d’habiter un quartier particulier – le mellah au Maroc, la hâra en Tunisie -, d’où ils ne peuvent sortir que déchaussés. Ils doivent porter un vêtement spécial, il leur est interdit de monter à cheval » (p. 50) -, mais elle occulte l’impôt dénommé la jizya perçu avec humiliation (Coran, 9, 29), l’insécurité permanente, l’exploitation économique, les pogroms, les conversions forcées, les esclavages, etc. ainsi que ses pires éléments constitutifs, notamment le fait que la notion de « tolérance », provisoire et concédée aux vaincus du djihad s’oppose à celle de droits.

La mort du shtetl (agglomération, petite ville Juive en Europe centrale et orientale) n’est pas expliquée (p. 54), n’est pas liée à la Shoah (Holocaust)…

Navrant.

LEXIQUE

La Mishna (« répétition », en hébreu) est la transcription par écrit de la loi juive orale, et donc de la littérature rabbinique. 
Elle a été écrite, essentiellement en hébreu, sauf des versets en araméen, sous la direction de Rabbi Juda Hanassi entre 200 et 220 de l'ère commune. 
Elle réunit des normes éthiques ou religieuses, ainsi que des prescriptions rituelles ou juridiques, en six ordres divisés en 63 traités. Ces six ordres sont :
- Zéraïm (semences), qui évoque les lois agricoles ;
- Moëd (rendez-vous / fête) ;
- Nachim (femmes), qui traite de la législation de la famille ;
- Nézikin (dommages), qui concerne la législation civile ;
- Kodachim (sainteté), qui liste les lois du Temple, notamment celles concernant l'abattage rituel (che'hita) ;
- Taharot (puretés), qui est relatif aux lois de purification.

Le Tanakh est la Bible hébraïque. C'est l'acronyme de l’hébreu « תּוֹרָה - נביאים - כתובים », en français : « Torah (la Loi ou Pentateuque) - Nevi'im (les Prophètes) - Ketouvim » (les Écrits saints ou Hagiographes), formé par l'initiale du titre de ces trois parties constituant la Bible hébraïque. 
Il contient vingt-quatre livres, dont les cinq livres de la Torah.
La Torah comprend :
1. Bereshit (בראשית, « Au commencement » / Genèse) ;
2. Shemot (שמות, « Noms » / Exode) ;
3. Vayiqra (ויקרא, « Et Il appela » / Lévitique) ;
4. Bamidbar (במדבר, « Dans le désert » / Nombres) ;
5. Devarim (דברים, « Paroles » / Deutéronome).

Les Nevi'im (נביאים, « Prophètes ») sont :
Neviim rishonim (נביאים ראשונים, « Premiers prophètes ») :
6. Yehoshoua (יהושע, Josué) ,
7. Shoftim (שופטים, Juges) ,
8. Shemouel (שמואל, Livres de Samuel – I et II) ,
9. Melakhim (מלכים, Livres des Rois - I et II) ;
Neviim aharonim (נביאים אחרונים, « Derniers prophètes ») :
10. Yeshayahou (ישעיהו, Isaïe) ,
11. Yrmeyahou (ירמיהו, Jérémie) ,
12. Yehezqel (יחזקאל, Ézéchiel) ,
13. Trei Assar (תרי עשר) :
I. Hoshéa (הושע, Osée) ,
II. Yoël (יואל, Joël) ,
III. Amos (עמוס, Amos) ,
IV. Ovadia (עובדיה, Abdias) ,
V. Yona (יונה, Jonas) ,
VI. Mikha (מיכה, Michée) ,
VII. Nahoum (נחום, Nahum) ,
VIII. 'Havaqouq (חבקוק, Habacuc) ,
IX. Tsephania (צפניה, Sophonie) ,
X. Haggaï (חגי, Aggée) ,
XI. Zekharia (זכריה, Zacharie) ,
XII. Malakhi (מלאכי, Malachie).

Les Ketouvim (כתובים, « Écrits ») consistent en :
14. Tehilim (תהילים, « Louanges » / Psaumes) ;
15. Mishlei (משלי, « Paraboles » / Proverbes) ;
16. Iyov (איוב, Job) ;
17. Shir Hashirim (שיר השירים, Cantique des cantiques) ;
18. Routh (רות, Ruth) ;
19. Eikha (איכה, « Où » / Lamentations) ;
20. Qohelet (קהלת, « Prédicateur » / Ecclésiaste) ;
21. Esther ((אסתר ;
22. Daniel (דניאל) ;
23. Ezra-Nehemia (עזרא ונחמיה, Ezra wuNekhem'ya, Esdras et Néhémie) ;
24. Divrei Hayamim (דברי הימים, Chroniques - I et II).

La Torah comprend l’enseignement de Dieu transmis par Moïse dans cinq livres : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres et le Deutéronome. 
Le Sefer Torah, ou rouleau de la Torah, est composé de 54 parties, nombre de semaines de l'année solaire. Il est lu dans les synagogues durant l'année liturgique, à raison d'une section par semaine, durant le chabbat - le samedi, matin et après-midi -, ainsi que le lundi matin et le jeudi matin, soit un écart maximal de trois jours. On dénomme "paracha" (ce qui est extrait, séparé) ou "sidra" (ce qui est ordonné) cet extrait hebdomadaire qui porte comme nom le premier mot de cette section.
Lors de Simh'at Torah (joie de la Torah), ultime fête du mois de Tichri, les fidèles lisent les dernières lignes du rouleau de la Torah qui évoque la mort de Moïse. Ce rouleau est ensuite rembobiné, puis on recommence la lecture au commencement, avec la Genèse (Béréchit).
Cette lecture remonte à Moïse, et a été instituée par Ezra, guide religieux des Hébreux de retour de l'exil de Babylone.
Le Sefer Torah (livre, rouleau de la Torah) est protégé par un "manteau" en velours brodé en fils, souvent d'or. Il est surmonté par deux rimonim, grenades métalliques ornées de clochettes.
Les fidèles lisent le Sefer Torah à l'aide d'un Yad (main, en hébreu), un objet pointeur en forme de main afin d'éviter de toucher directement le parchemin.


Quelques fêtes juives

- Les fêtes de Tichri en septembre-octobre. Le mois hébraïque de Tichri réunit trois fêtes juives majeures : Rosh HaShana (Nouvel an juif), Yom Kippour (Jour du Grand pardon) et Souccot.

       - Roch HaChana, littéralement "Tête de l'Année" est le Nouvel An juif. Il "rappelle :
- La création d'Adam et Eve, créés à l'image divine, et dont descend l'humanité tout entière.

- La ligature d'Isaac, quand l'Eternel refusa le sacrifice humain pour le sacrifice animal.

La leçon de Roch Hachana est double : L'humanité dans son ensemble, peuples, individus, est jugée par le Juge suprême, afin de souligner le partenariat irréversible qui existe entre le Créateur et ses créatures. Ce jugement divin fait écho à la liberté et à la responsabilité des hommes, les uns par rapport aux autres.
Comme Adam puis Caïn, chaque personne doit répondre à Roch Hachana à deux questions : « Où es-tu ? » et « Où est ton frère ? »
En refusant le sacrifice d'Isaac, l'Eternel a enseigné que le service divin ne pouvait passer que par le sacrifice de son animalité intérieure et non par l'assassinat de l'homme.
En écoutant la corne de bélier (chofar), nous nous rappelons ces leçons, afin de revenir vers notre Père et d'accepter sa volonté".

   - Kippour, "appelé communément « jour du grand Pardon » est le jour de la ferveur juive par excellence". 
"Ce jour de jeûne et d'abstinence appelle le fidèle à revenir vers l’Éternel d'un cœur sincère et à se réconcilier avec son prochain. Pour le prophète Isaïe (LVIII), Kippour n'a de sens que si chacun comprend qu'il vit pendant 25 heures la condition de l'indigent, pour ensuite s'investir pour aider les plus démunis".
La Neʿila (תפילת נעילה) est la cinquième et ultime prière juive. Elle est  entonnée par les fidèles à la synagogue.
« Le juif de Kippour » ressemble à un fils parti en voyage qui revient plein de nostalgie vers la maison paternelle. Kippour souligne que l'Eternel, tel un père miséricordieux, pardonne à ceux qui font amende honorable, qu'elle que soit leur religion, leur culture et leur passé, comme les habitants de Ninive à l'époque du prophète Jonas."

  - Souccot. C'est la fête des Cabanes. Elle rappelle :
"La protection particulière que l'Eternel accorda pendant quarante ans aux enfants d'Israël, depuis leur sortie d'Egypte jusqu'à l'arrivée en terre promise.
Les cabanes que construisirent les Hébreux dans le désert.
Ces deux explications soulignent à la fois la protection générale qui s'exerce sur Israël, en tant que peuple témoin de la Révélation divine, et la valeur de chaque maison d'Israël au sens propre, comme au sens des différences approches identitaires".

- Hanoucca vers décembre. Hanouca - orthographiée aussi Hanoucca, Hanouka, Hanoukka, Ḥānukkāh, Chanukah - est une fête rabbinique qui rappelle le souvenir d’un évènement historique jugé important par les rabbins qui ont voulu en perpétuer les enseignements.
Hanouca, fête des Lumières, commémore la victoire en l'an -165 avant l’ère commune des Hasmonéens, dirigés par Juda Macchabée – fils du grand prêtre Matatiahou -, sur la dynastie hellénistique séleucide qui dominait la Judée et voulait que les Juifs adoptent l'hellénnisme, et donc rejettent le Judaïsme.
Le roi Antiochos IV visait à helléniser la Judée. Surnommé « épimane » (insensé), il persécute les Juifs : il place l’auteur du dieu Baal Shamen dans le Temple de Jérusalem, veut offrir des porcs en holocauste (sacrifice religieux), prohibe la brith mila (circoncision) et le chabbat, tue des Juifs, etc. Moins nombreux, les courageux Juifs révoltés parviennent miraculeusement à vaincre les soldats Grecs aguerris d’Antiochos IV et à libérer Eretz Israël du joug grec. Ils prient et allument alors une ménorah (chandelier à sept branches) avec une fiole d’huile consacrée dans le Temple de Jérusalem. Au lieu de durer un jour, l’huile brûle miraculeusement pendant huit jours.
La fête de Hanouca « rappelle cette victoire spirituelle et militaire ainsi que le renouvellement de l'huile consacrée qui, selon la tradition, a accompagné la restauration du culte juif dans le Temple de Jérusalem ».
Les Juifs célèbrent cette fête en allumant à la tombée de la nuit, pendant huit jours - du 25 kislev au 2 tevet (mois de novembre ou décembre du calendrier grégorien) -, de gauche à droite, une lampe ou une bougie supplémentaire de la hanoukia (hanoukiot, pluriel en hébreu), candélabre à neuf branches placé près d’une fenêtre. Ils allument chacune des huit bougies par le chamach (serviteur), neuvième branche placée au centre de la hanoukia.
Cet allumage symbolise la victoire de la lumière sur l’obscurité, de la Torah.
Les enfants jouent avec des toupies. Ils reçoivent des cadeaux. Dès le XIIe siècle, le Rambam évoque la coutume de leur donner des pièces de monnaie. 'Hanouka a la même racine que 'hinoukh (éducation). Car après leur victoire, les Judéens ont effectué un travail éducatif envers les Juifs hellénisés. Cet aspect pédagogique perdure dans les cadeaux incitatifs orientés vers le spirituel, et notamment la tsedaka (don d'un dixième de la valeur monétaire reçue). L'enfant doit percevoir le potentiel en lui, comme celui de la fiole d'huile.

- Tou Bichvat signifie "15 (du mois) de chévat", ou nouvel an des arbres car il correspond à la période de montée de la sève dans l'arbre. Les Juifs consomment "des fruits d'abondance et, en particulier, les 7 espèces que la Torah énumère en louange de la Terre d'Israël : « un pays de blé, d'orge, de vin, de figues et de grenades, d'olives et de miel », le vin renvoyant biensûr au raisin et le miel étant de dattes. De l'homme, la Torah nous dit qu'il est « tel l'arbre des champs ». L'arbre est un végétal, en hébreu, tsoméa'h, celui qui pousse. D'abord graine, il devient un arbuste et, envers et contre tout, s'efforce de grandir jusqu'à être un arbre portant ses fruits".

- Pourim "rappelle la délivrance de la communauté juive exilée en Perse (vers - 520), grâce au courage d'Esther et de son cousin Mardochée pour contrecarrer le décret d'extermination d'Aman. Le mot Pourim est un mot perse qui signifie " tirage au sort ", car Aman tira au sort la date du 14 adar pour exterminer la communauté. Par reconnaissance à l'Eternel, nous nous réjouissons en accomplissant quatre mitsvot.
Les quatre mitsvot de Pourim sont :
- la lecture de la méguilat (Livre) d'Esther le soir et le matin ; 
- le repas de Pourim (michté) ;
- l'envoi de mets entre voisins, michloah manot ;
- les dons aux pauvres (matanot laévionim)".
Cette fête est marquée aussi par le jeûne d'Esther (11 Adar, 21 février 2013, 4 mars 2015).

- Jeûne du 10 Tevet. Il rappelle le début du siège de Jérusalem avant la destruction du Temple par Nabuchodonosor en 586 avant l'ère commune. Le "10 tévet - 587, le roi de Babylone commença le siège de Jérusalem, ce siège s'acheva par la destruction du Temple et de la ville" le 9 av de l'an 586 avant l'ère commune. Le "jeûne du 10 Tevet est lié au traumatisme de la destruction (hourban) des deux Temples et de Jérusalem. Le choc fut terrible, non seulement à cause des nombreuses victimes (Flavius Joseph évalue à près d'un million, le nombre de Judéens massacrés par les légions de Titus), mais parce que cette catastrophe, et l'exil qui en découla, sapèrent toute la vision du messianisme biblique que l'on avait reçue depuis Abraham. En effet, le message spirituel d'Israël devait obligatoirement émaner du peuple ayant reçu la Torah à partir de la terre des promesses".

Pessah, Chavouot et Soukot sont des fêtes de pèlerinage : elles rappellent "les trois étapes de la sortie" des Hébreux d'Egypte.

- Pessah (Pâque juive, 14-22 Nissan) commémore la sortie d'Egypte ancienne des Hébreux où ils y étaient tenus en esclavage, leur libération, leur errance dans le désert du Sinaï pendant 40 ans. Seuls leurs enfants, qui n'ont pas connu l'état d'esclaves, entrent dans la Terre Promise. Cette fête juive est aussi appelée fête de la liberté. Une liberté liée à Eretz Israël ;

- Chavouot rappelle le don de la Torah, sur le mont Sinaï, au peuple Juif et le début de la saison de la moisson du blé. Une fête juive au cours de laquelle les Juifs prient, lisent le Livre de Ruth - un personnage biblique Moabite convertie au judaïsme - , consomment des laitages. 
Lors de la fête de Chavouot en 1941 a éclaté le Farhud, pogrom contre les Juifs à Bagdad, scellé par l'alliance entre les Nazis et les Arabes musulmans, notamment le grand mufti de Jérusalem al Husseini qui s'était installé dans l'Irak pro-nazi, et qui a contribué à l'exode des Juifs irakiens de leur terre natale depuis des siècles.  

PRIERES

Trois prières rythment la journée (moyen mnémotechnique pour se souvenir de leur ordre Chéma, première lettre des trois prières et signifiant "Ecoute") :
- Cha'harith est la prière du matin instituée par le premier patriarche Abraham ;
- Min'ha est celle de l'après-midi instituée par Itzhak ;
- Arvith est celle du soir instituée par Jacob.



Le Judaïsme respecte l'animal.
Parmi les animaux terrestres, peuvent être consommés les ruminants ayant des sabots fendus, comme la vache. Des bêtes "dénuées de griffes, poursuivies, et non poursuivantes", donc non prédatrices. "La chair de ces animaux permettra assurément à ceux qui en consomment de s'imprégner de ce tempérament si cher aux yeux de D.ieu, qui n'attend de l'homme qu'effacement et humilité" (Hamodia, 7 avril 2010). Ces trois critères sont cumulatifs. Sont interdits notamment le cheval, le porc ou l'âne.
Parmi les oiseaux, la Torah liste 24 volailles prohibées car prédatrices ou oiseaux migrateurs.
Les poissons peuvent être mangés s'ils ont écailles et nageoires.
La Torah interdit toute consommation de sang "car le sang est l'âme" (Deutéronome, ch. 12 v. 23).
Pour être consommables, ces animaux doivent être tués de manière rituelle (shehita), en réduisant leur souffrance et après vérification de l'état des voies respiratoires, dont les bronches. Après avoir été lavée et salée, la viande cacher "repose". La viande ne peut être cuite et consommée avec le lait : "Tu ne feras pas cuire le chevreau dans le lait de sa mère" (Exode ch. 23 v.19). Le fidèle juif ne doit pas tirer un profit quelconque de ce mélange interdit.


Histoire du judaïsme. Documentation française et IESR,  Documentation photographique, septembre-octobre 2008, n° 8 065. Dossier de Sonia Fellous, 64 pages : 10,80 euros. Dossier et projetables d'Hélène Lefevre : 20,50 €. Réf. : 3303331280651

Visuel :
Ce rouleau d'Esther de 1746 est conservé par la Bibliothèque Gottfried Wilhelm Leibniz de Hanovre. L'artiste de ce rouleau est Wolf Leib Katz Poppers, scribe Juifs et  illustrateur né à Hildesheim. Rouleau manuscrit dans un étui en bois, avec un cahier explicatif signé Falk Wiesemann, Taschen. Edition multilingue: allemand, anglais, français, hébreu. 642 x 33,5 cm, 194 pages. 

Articles sur ce blog concernant :

  Cet article a été commandé et non publié par L'Arche. Il a été modifié pour la dernière fois le 16 mai 2013.
Il a été publié sur ce blog le 16 septembre 2012, et republié les 25 janvier, 20 février, 25 mars, 26 avril, 14 mai et 4 septembre 2013 à l'approche de la fête de Rosh Hashana (Nouvel an juif) 5774,
- 13 septembre 2013 à l'approche de la fête de Kippour 5774, 29 septembre 2013 en cette fête de Hanoucca 5774 ;
- 15 janvier 2014 en cette fête de Tou Bichvat (nouvel an des arbres).
- 14 avril 2014 ;
- 3 juin 2014. Le Livre de Ruth est lu lors de la fête juive de Chavouot (3 juin au soir au 5 juin 2014 au soir, du 5 au 7 Sivan 5774) au cours de laquelle sont célébrés le don de la Torah sur le mont Sinaï et le début de la saison de la moisson du blé ;
- 24 septembre 2014. Rosh HaShana (Nouvel an juif) 5775 débute ce 24 septembre 2014 ;
- 4 février 2015, en ce jour de Tou Bichvat (Nouvel an des arbres) ;
- 13 septembre 2015 à l'approche de Rosh HaChana 5776 (nouvel an juif) ;
- 11 octobre 2016 à l'approche de Yom Kippour 5777 (Jour du Grand Pardon) ;
- 20 septembre 2017 à l'approche de Roch HaChana 5778 (Nouvel an juif) ;
- 11 septembre 2018 à l'approche de Roch HaChana 5779 (Nouvel an juif) ;
- 1er octobre 2019 à l'approche de Roch HaChana 5780 (Nouvel an juif) ;
- 24 septembre 2020 à l'approche de Roch HaChana 5781 (Nouvel an juif) ;
- 6 septembre 2021 à l'approche de Roch HaChana 5782 ;
- 22 septembre 2022 à l'approche de Roch HaChana 5783 ;
- 2 octobre 2024 à l'approche de Roch HaChana 5785 ,
- 22 septembre 2025 à l'approche de Roch HaChana 5786.