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mardi 9 mars 2021

Joan Baez

Joan Baez est une chanteuse, parolière, guitariste et militante polyglotte américaine, à l'aise dans la folk song et la protest song (chanson protestataire). Elle a été une des premières artistes à interpréter des chansons de Bob Dylan au début des années 1960. Elle s'est engagée pour le mouvement des droits civiques, contre la guerre au Vietnam, pour les droits de l'homme... Arte diffusera le 12 mars 2021 « Joan Baez - How Sweet the Sound », documentaire réalisé par Mary Wharton. 

Le siècle du jazz 
« La révolution du 78 tours » par Dagmar Brendecke 
Martial Solal, pîaniste de jazz 

Née à New York en 1941, Joan Baez 
grandit à Brooklyn. Catholique, son père se convertit au méthodisme, puis étudie les mathématiques et la physique. Détenteur d'un PhD de physique à l'université Stanford, il a coinventé le microscope à rayons X, et rédigé un manuel de physique. Il décline la proposition de collaborer au « projet Manhattan ». La famille Baez se convertit au quakerisme.

Dans son article "The Secret Jewish History Of Joan Baez" (Forward, 18 septembre 2018), Seth Rogovoy rappelle qu'adolescente, Joan Baez "a donné l'une de ses premiers récitals publics à Saratoga, en Californie, devant un groupe de jeunes Juifs américains de la Congrégation Beth Jacob de Redwood City".

"Quelques années plus tard, après avoir fait sensation sur la scène de la musique folk de Boston, alors en plein essor, Joan Baez a fait ses débuts en concert à New York à l'âge de 19 ans, en novembre 1960, à l'Association hébraïque des jeunes hommes et des jeunes femmes de la 92e rue - le 92nd Street Y. Presque deux ans jour pour jour après cela, à 21 ans, Baez est apparue sur la couverture du Time Magazine, un exploit étonnant pour une chanteuse populaire de 21 ans qui venait juste de sortir son troisième album, un enregistrement live intitulé "In Concert", qui comprenait deux chansons écrites par un parfait inconnu du nord du Minnesota - un Juif nommé Robert Allen Zimmerman qui avait adopté le pseudonyme Bob Dylan - en plus de son interprétation de "Kumbaya".

Le "premier album - disque d'or (ce qui signifiait à l'époque un million de dollars de ventes) -, qui contenait la chanson Donna Donna, a été produit par Fred Hellerman, né à Brooklyn, membre du groupe de musique folk les Weavers, et aux parents immigrés juifs originaires de Riga, en Lettonie."

"Au fil des ans, Joan Baez a reconnu que l'éducateur et libraire Ira Sandperl - un érudit gandhi autodidacte né en 1923 dans une famille juive de gauche à St Louis, Missouri - était son mentor intellectuel. Ils ont tous deux fondé l'Institut pour l'étude de la non-violence au milieu des années 60, et il est resté son gourou des tactiques de désobéissance civile pendant des décennies."

Joan Baez "a également privilégié, outre les chansons de Bob Dylan, celles des deux autres membres de la Great Male Jewish Rock-Poet Trinity - Paul Simon et Leonard Cohen -, ainsi que celles du chanteur de folk protestataire juif américain Phil Ochs."

Durant une carrière de soixante ans, Joan Baez a prêté sa voix cristalline de soprano à des chansons du folklore américain ou yiddish (Donna Donna), de Léo Ferré (Pauvre Rutebeuf) ou de Bob Dylan (Blowin' in the Wind), à un gospel devenu hymne du combat pour les droits civiques aux Américains noirs (We Shall Overcome), à la musique d'Ennio Morricone pour le film Sacco et Vanzetti de Giuliano Montaldo(Here's to You)...

En 1978, Joan Baez "était invitée au "festival de Woodstock" israélien dans le désert du Sinai, à l'oasis de Nuweiba.  Lorsque des militants pacifistes israéliens lui ont dit que c'était en territoire occupé (c'est-à-dire égyptien), elle a annulé sa participation. Cependant, elle a insisté pour venir se produire en Israël et au Liban, afin de montrer son identification avec les Israéliens et les Palestiniens. Sa visite a coïncidé avec l'un des premiers grands dialogues israélo-palestiniens, organisé par le mensuel de paix New Outlook, basé à Tel-Aviv. Elle a ensuite été publiée sous forme de livre sous le titre When Enemies Dare to TalkElle a profité de l'occasion pour rencontrer les participants israéliens au dialogue dans la maison à Jérusalem de Yaacov Arnon, ancien directeur général du ministère des finances, et une des premières personnes à entamer un dialogue permanent avec le président de l'OLP, Yasser Arafat. Elle a également rencontré des Palestiniens au domicile du professeur Nafez Nazzal à Ramallah, et des universitaires de l'université de Birzeit."

En 1988, peu après la première Intifada, alors que divers artistes fustigeaient (Maurice Béjart) ou boycottaient (Steve Lacy) l'Etat Juif, Joan Baez s'est rendue, après une tournée en Europe, en Israël et dans les territoires disputés. 

Elle avait déclaré aux centaines de Palestiniens rassemblés en son honneur au National Palace Hotel à Jérusalem : “I must have the humility to admit that I will never understand what it would be like to be a Palestinian Arab living in occupied territory. And on the other hand,  will never understand what it is to be Jewish (and) feel 2,000 years of homelessness, fear, persecution and desperation". Elle a évoqué son engagement en faveur de la désobéissance civile non-violente. Une position reçue dans un "silence gêné". Joan Baez n'a pas pu rencontrer Mubarak Awad. En première partie de la soirée, le chanteur et compositeur palestinien Mustafa Kurd avaient chanté des chansons en arabe : "We are sending stones against the tanks,” et “We are the children of the land, and in our hands are stones.” Joan Baez s'est rendue au camp de réfugiés de Jalazone où elle a chanté en arabe pour des enfants palestiniens.

Joan Baez a rencontré Anatoly (Natan) Sharansky et a aussi chanté à Césarée. Elle a notamment interprété la chanson de la chanteuse de rock israélienne Si Himan, “Shooting and Crying". Une chanson critiquant la réponse israélienne à l'Intifada, et interdite par Galei Tsahal qui n'a pas retransmis le récital en direct, mais en différé de deux heures, et sans cette chanson. Autre moment critiqué : l'apparition de Joan Baez la dernière nuit de son séjour à un rassemblement à Tel Aviv à l'initiative de Yesh Gvul, un groupe 500 soldats israéliens signataires d'une déclaration refusant de participer à la “suppression du soulèvement et de l'insurrection dans les Territoires occupés". Certains spectateurs israéliens demeuraient dubitatifs quant à expérimenter en Israël la non-violence prônée par Joan Baez.

Militant pour la cause des droits civiques, contre les guerres au Vietnam et en Irak, pour la défense animale et de l'environnement, elle a chanté pour Occupy Wall Street en 2011.

« En voilà une qui n'a pas trahi les combats des années 1960. Petite fille de pasteur élevée chez les quakers, cette artiste pacifique et engagée fait en 1962 la une du Time sous le titre : "La madone des pauvres gens". De la marche sur Washington en 1963, sous l’œil admiratif de Martin Luther King, à ses prises de position contre la guerre en Irak devant chez Bush, le chant insurrectionnel de cette beauté latine s’est fait partout entendre, lui valant même de la prison lors de la guerre du Viêtnam. Si ses contempteurs l’ont raillée, c’est qu’elle leur rappelait cruellement leurs propres vicissitudes et renoncements. Actuellement en tournée européenne, elle se produira le 9 juillet au festival Pause guitare à Albi », a écrit Ludovic Perrin pour Arte en 2016.

« Joan Baez - How Sweet the Sound »
Arte diffusera le 12 mars 2021 «
Joan Baez - How Sweet the Sound », documentaire réalisé par Mary Wharton.

« En archives rares et propos choisis (tenus par elle-même, Bob Dylan, David Crosby…), un portrait vibrant de la grande dame du folk, qui fut star avant ses 20 ans. »

« De ses premiers pas de musicienne à ses plus récents concerts, ce portrait de Joan Baez retrace un demi-siècle de chanson et de combats, grâce aux propos, sobres et lucides, de celle qui fut baptisée "reine du folk" alors qu'elle n'avait pas 20 ans, mais aussi aux archives rares de ses premiers concerts, et aux interviews de Bob Dylan, David Crosby ou Jesse Jackson ».

« Si ses cheveux ont grisonné, Joan Baez, née en 1941, sait toujours électriser les foules avec la même inimitable douceur ». 

« Ce portrait retrace un demi-siècle de chansons et de combats, grâce aux propos, sobres et lucides, de celle qui fut baptisée "reine du folk" alors qu’elle n’avait pas 20 ans, mais aussi grâce à des archives rares et aux interviews de Bob Dylan (qui fut son éphémère compagnon et qu’elle fit connaître sur scène), de son ex-époux, le militant pacifiste David Harris, de David Crosby, de Roger McGuinn, de Jesse Jackson… »

« On découvre l’adolescente gracile lors de l’une de ses premières apparitions publiques au fameux Club 47 de Cambridge ; la star en devenir du Festival de Newport où, en 1959, à 18 ans, elle donne un concert légendaire ; l’activiste incarcérée pour son soutien aux objecteurs de conscience du Viêtnam, et conspuée pour être allée chanter à Hanoï… »

« Un portrait émouvant et riche, bercé par la voix sereine d'une grande dame de la scène ».

« Joan Baez. The Fare Thee Well Tour 2018 »
« Joan Baez. The Fare Thee Well Tour 2018 » est réalisé par Karim Ouaret.
« L’égérie du folk revisite la BO de sa vie lors d’intimistes adieux à la scène captés à l’Olympia de Paris en juin 2018 ».

« Après Elton John et Paul Simon, Joan Baez, qui a fêté en janvier 2020 ses 79 ans, a choisi de tirer sa révérence scénique lors d’une tournée planétaire ». 

« Après six décennies d’une carrière jalonnée de trente albums et d’infatigables combats pacifistes, la reine du folk, à l’élégance intacte, a interprété, pieds nus et guitare en bandoulière, les standards de sa vie devant le public ému de l’Olympia, à Paris ». 

« De son timbre désormais délicatement voilé – la fragilité de ses aigus l’ayant poussée à mettre un terme à sa carrière –, Joan Baez a ainsi entonné les immortels "Don’t Think Twice, it’s All Right" de Dylan, "Farewell, Angelina" ou "Diamonds and Rust", en duo avec Grace Stumberg, avant un final en apothéose au son de "Here’s to You", hymne mondial en faveur des droits civiques, repris en chœur par une salle au comble du bonheur. »

« Joan Baez. Live in New York »
« Joan Baez. Live in New York » est réalisé par David Horn.

« L'icône de la musique folk et des mouvements contestataires a célébré son 75e anniversaire en janvier 2016 lors d’un concert donné au Beacon Theater de New York ».  

« Entourée sur scène de David Crosby, Paul Simon, Jackson Browne, Mary Chapin Carpenter, Judy Collins, Emmylou Harris, les Indigo Girls, Damien Rice, Mavis Staples et Nano Stern, ainsi que de jeunes artistes qu’elle aide à percer, Joan Baez a interprété les mélodies qui ravissent son public depuis près de six décennies dans la jolie salle Art déco du Beacon Theater de New York ». 

« Militante médiatisée dans les années 1960-1970 aux côtés, notamment, de Bob Dylan et Pete Seeger, la chanteuse, qui fêtait alors ses 75 printemps, continue à s'engager pour de nombreuses causes : défense des minorités, féminisme, mouvements pour la paix ou protection de l'environnement ». 


« Joan Baez - How Sweet the Sound » de Mary Wharton
Allemagne, 2014, 1 h 24 mn
Sur Arte le 12 mars 2021 à 22 h 30 et 19 mars 2021 à 23 h 25
Disponible du 12/03/2021 au 10/04/2021
Visuels :
La chanteuse Joan Baez
© SWR/Eikon Film/ Jim Marshall
La chanteuse Joan Baez
© SWR/Eikon Film/Dana Tynan
La chanteuse Joan Baez avec sa soeur Mimi
© SWR/Eikon Film

France, 2018, 1 h 31 mn
Production : Artibella, en association avec ARTE France 
Disponible sur arte.tv du 10/04/2020 au 16/05/2020

« Joan Baez. Live in New York » par David Horn
Allemagne/États-Unis, 2016, 1 h 15mn

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