jeudi 12 novembre 2015

La renaissance de la culture Yiddish à travers l’avant-garde 1914-1938

Ben Uri, The London Jewish Museum of Art a présenté l'exposition  Costume and Stage Designs 1917 Kiev - 1929 New York (The Avant-garde Yiddish Theatre Costume and Stage Designs 1917 Kiev - 1929 New York, La renaissance de la culture Yiddish à travers l’avant-garde 1914-1938). Une partie de cette exposition a été présentée en 2010 par les galeries parisiennes Le Minotaure et Alain Le Gaillard : une sélection d’études de costumes et décors réalisées dans les années 1920-1930, pour le théâtre new-yorkais, par Boris Aronson (1898-1980). Benoit Sapiro et Yaron Lavitz de la galerie Le Minotaure avaient réuni dans leur espace des documents rares sur les artistes juifs majeurs – Nathan Altman, Boris Aronson, Issaschar Henryk Berlewi, Marc Chagall, El Lissitzky, Solomon Nikritine, Ber Ryback - de la Kultur-Lige, avant-garde culturelle yiddish (1914 -1938). La galerie Le Minotaure présente à Vallois America Preparing the Miracle: From Bronx to Broadway, Boris Aronson and the Yiddish Theatre (14 novembre - 23 décembre 2015).


Après la révolution russe, de jeunes intellectuels artistes juifs créent la Kultur-Lige, un mouvement avant-gardiste réunissant une maison d’édition et un programme pédagogique visant l’émancipation de la culture juive.


Ces créations témoignent de cette effervescence artistique, variée, où s’illustrèrent Nathan Altman, Henryyk Berlewi, Marc Chagall, Alexandre Tyshler ou El Lissitzky. « Le sol se dérobe sous nos pieds ; la tradition a disparu. Nous sommes démunis comme après un séisme... il nous faut tout reconstruire de neuf, un neuf qui n'a jamais existé », résume Henryk Berlewi.

Ainsi, Yankel (Jacob) Adler (1895-1949), né près de Lodz, il est influencé dès 1919 par le cubisme et l’expressionnisme, et introduit dans ses œuvres des inscriptions hébraïques et symboles kabbalistiques. Il est l’un des artistes stigmatisés par les nazis lors des expositions L’art dégénéré et Le juif errant. Après la défaite française en 1940, il se réfugie en Angleterre où il devient membre actif du groupe juif londonien Ohel.

Lazar Eliezer (El) Lissitzky (1890-1941) ne peut entrer à l’Académie des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg en raison du numerus clausus. C’est à l’Ecole polytechnique de Darmstadt, en Allemagne, qu’il étudie l’architecture et le dessin. Après avoir visité l’Italie et Paris en 1913, il entre en 1914 à l’Ecole polytechnique de Riga dont il sort diplômé d’ingénieur architecte. Il est envoyé par la Société juive d'histoire et d'ethnographie visiter, avec Issaschar Ber Ryback (1897-1935), les synagogues du Dniepr. En 1917, il crée Sikhes Khulin, en forme de rouleau, puis les aquarelles pour le livre Had Gadya publié par la Kultur-Lige en 1919. Il illustre des livres, notamment pour enfants, en yiddish, pour des éditeurs juifs. En 1919-1920, invité par Chagall, il enseigne l’architecture et dirige des ateliers graphiques à l'Académie des Beaux-arts de Vitebsk. Il rejoint l'Unovis, « groupe formé autour de Kazimir Malevitch ». Selon celui-ci, le « suprématisme ayant épuisé les ressources de l'art pictural, il s'agit de chercher des développements dans l'espace que Lissitzky, se référant à l'architecture, va concrétiser, notamment avec le Proun (projet pour l'affirmation du nouveau en art) ». A Berlin, où il vite jusqu'en 1923, il crée, avec Ilya Ehrenbourg, la revue Vechtch/Gegenstand/Objet, pour faire connaître l'art et la littérature russes. Il expose à Berlin, Amsterdam et Hanovre. Publie un album composé de lithographies à partir de ses projets pour La Victoire sur le Soleil, l'opéra futuriste d'Alexei Kroutchenykh et de Mikhail Matiouchine. Explore la photographie et tente une synthèse entre peinture, sculpture et architecture.

Parallèlement à ce mouvement, d’autres artistes ont exploré diverses voies riches en potentialités : Sonia Delauny, Arthur Segal, etc.


Lors de cet entre-deux guerres européen, dans ce Yiddish Land, « dans un contexte qui mêle révolution russe, émergence des idées d'autonomie culturelle et renaissance de la culture yiddish », cette « avant-garde prolifique a posé les jalons d'une expression artistique spécifiquement juive, s’inspirant des motifs et éléments ornementaux coutumiers et capable de dépasser cette tradition pour entrer de plain-pied dans la modernité ».

Certains artistes choisissent l’exil : Berlin de l’Allemagne de Weimar, puis Paris, et New-York.

Staline met un terme à ce mouvement en faisant assassiner les derniers artistes de ce mouvement vivant en Union soviétique.

Demeurent les œuvres de peintres comme Marc Chagall, de Boris Aronson pour le théâtre yiddish de New-York, Solomon Yudovin pour les ornements, Joseph Tchaikov pour les illustrations de livres et comptines, Bashevis Singer, Isaac Babel et David Hofstein, en littérature.

En 2009, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme avait rendu hommage à cette avant-garde dans son exposition Futur antérieur.

Sous la voûte du Grand Palais sont montrées des œuvres rares, sur toile et sur papier, d’une vingtaine d’artistes : des livres pour enfants - celui de David Hofstein illustré par Chagall, Le coq vantard, écrit par Peretz Markish etillustré par Joseph Tchaikov, le Mayselekh far kleyninke kinderlekh, écrit par Miryam Margolin et illustré par Issaschar Ber Ryback -, « les Ornements, issus d'interprétation de motifs décoratifs de synagogues ou de pierres tombales », telles les œuvres de Nathan Altman ou de Yakerson, le théâtre, avec des projets de costumes de Boris Aronson, Boris Anisfeld, Issachar Ber Ryback…

A voir aussi les huiles sur toile - Golgotha de Marc Chagall (1912) -, La parade sportive (1929), pièce d'Alexandre Tyschler, des œuvres sur papier de Marc Chagall de la période russe, dont la gouache "Village et violoniste".

Dans ces deux galeries germanopratines, sont exposées les études du décorateur, costumier et scénographe Boris Aronson à New-Tork, essentiellement dans les années 1920. « Inspirées des mouvements avant-gardistes cubistes et futuristes », ces œuvres « amorcèrent un véritable tournant dans la création scénographie américaine ».

Lors de la XXVe Biennale des Antiquaires (15-22 septembre 2010) au Grand Palais, Benoit Sapiro et Yaron Lavitz de la galerie Le Minotaure ont réuni dans leur espace des documents rares sur les artistes juifs majeurs – Nathan Altman, Boris Aronson, Issaschar Henryk Berlewi, Marc Chagall, El Lissitzky, Solomon Nikritine, Ber Ryback - de la Kultur-Lige, avant-garde culturelle yiddish (1914-1938). Les galeries parisiennes Le Minotaure et Alain Le Gaillard ont présenté une sélection d’études de costumes et décors réalisées dans les années 1920-1930, pour le théâtre new-yorkais, par Boris Aronson (1898-1980).

En novembre 2013, le MAMMM (Musée d'art multimédia de Moscou) a présenté l'exposition L'utopie et la réalité ? El Lissitzky, Ilya et Emilia Labakov.

La galerie Le Minotaure présente à Vallois America Preparing the Miracle: From Bronx to Broadway, Boris Aronson and the Yiddish Theatre (14 novembre - 23 décembre 2015). "Fils du grand rabbin de Kiev, Boris Aronson suit de 1912 à 1916, après le heder, les cours de l'Ecole d'art de Kiev et de l'école de dessin d'Alexandre Mourashko. En 1917-1918, il fréquente l'atelier d'Alexandra Exter qui influencera fortement son travail pour le théâtre. Avant la PremièreGuerre mondiale, il se lie avec des jeunes écrivains et peintres juifs modernistes appartenant au groupe de Kiev, et devient l'un des plus ardents défenseurs de leur théorie prônant la nécessité de créer une culture juive nouvelle qui soit portée par le yiddish. De 1918 à 1920, il est l'une des figures majeures de la Kultur-Lige, pour laquelle il fonde un musée d'art juif. En 1919, en collaboration avec Ryback, il publie dans la revue yiddish Oyfgang, "Les voies de la peinture juive", l'un des premiers manifestes de l'art juif d'avantgarde.A la fin de l'année 1920, il part pour Moscou, où il travaille pour les théâtres juifs, en particulier pour le Kamerny. En 1922, il s'installe à Berlin et étudie dans l'atelier du graveur Hermann Struck ; il participe à l'exposition d'art Russe de la galerie van Diemen. Ilpublie alors les livres de Marc Chagall et Sovremennaïa Evreïskaîa Grafika. A Paris où il séjourne ensuite, il réalise les esquisses et les costumes des Danses Assidiques de Baruch Agadati. En 1923, il s'installe à New York où il devient décorateur en chef de théâtre,notamment du Kunst-theater de Maurice Schwartz. A partir de 1930, il travaille pour les théâtres de Broadway: il met en scène une centaine de spectacles dramatiques, opéras, ballets et comédies musicales ; son style, qui mêle cubo-futurisme et constructivisme,renouvelle la scénographie américaine. Il devient l'un des décorateurs de théâtre les plus en vue de Broadway (il obtiendra 2 Tony Awards)".


Du 14 novembre au 23 décembre 2015
A Vallois America
27 East 67th Street, New York, NY 10065
Tel. : 212 517 3820
Du mardi au vendredi de 10 h à 18 h, le dimanche de 10 h à 17 h

Du 18 avril au 30 juin 2013
The Art Museum for everyone                                 


Tel.:  020 7604 3991
M: 077 6398 5350
Lundi de 13 h à 17 h 30, du mardi au vendredi de 10 h à 17 h 30, dimanche de 12 h à 16 h
Vernissage le 18 avril 2013 de 18 h 30 à 20 h 30
Jusqu’au 22 septembre 2010
Au Grand Palais
Avenue Winston Churchill. 75008 Paris
De 11 à 20 heures
Nocturnes les 16 et 21 septembre 2010 jusqu'à 22 heures


Exposition Boris Aronson, Der Yidish Teatre présentée auparavant à Tel-Aviv
Jusqu’au 30 octobre 2010
2, rue des Beaux-Arts, 75006 Paris
Tél. : 01 43 54 62 93
Ouvert du mardi au samedi de 10 h 30 à 13 h et de 14 h 30 à 18 h 30

Et

19, rue Mazarine, 75006 Paris
Tél. : 01 43 26 25 35
Du mercredi au samedi de 14 h à 19 h et sur rendez-vous

Visuels de haut en bas :
Issachar Ber Ryback (1897-1935)
Composition cubiste, 1918
Gouache et aquarelle sur papier, 32,5 x 24 cm, Signé

Issachar Ber Ryback (1897-1935)
La synagogue à Pianov, 1919
Huile sur toile, 57 x 77 cm

Marc Chagall (1887-1985)
La fuite, 1911
Gouache sur papier, 26,5 x 22

Alexander Tyshler (1898-1980)
Parade sportive, Moscou, 1927
huile sur toile, 80,2 x 67,5 cm

Affiche de la XXVe Biennale des Antiquaires
Boris Aronson (1900-1980)
Etude pour une peinture murale
Unzser Theatre, New York, 1925
gouache sur papier, 61 x 41 cm

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