mardi 16 février 2016

La Comédie-Française s’expose au Petit Palais


Le Petit Palais a accueilli la maison de Molière, créée en 1680. Il a invité à découvrir l’envers du décor d’un théâtre emblématique : « les trésors d’une institution vieille de trois siècles, d’ordinaire conservés dans le secret de ses bureaux, couloirs et foyers… ». Environ 200 œuvres – tableaux, bustes, accessoires, marionnettes, perruques, masques, éléments de costumes, objets personnels, maquettes -, souvent inédites, sur un théâtre légendaire, au répertoire varié, aux interprètes talentueux et aux nombreux métiers. Le rapport public annuel 2016 de la Cour des comptes a épinglé la gestion des théâtres nationaux, dont la Comédie Française.


De 1680 à 2011, la Comédie-Française a « su préserver et valoriser un patrimoine littéraire, riche et varié. Elle se modernise et évolue avec son temps et les attentes des spectateurs. Institution mythique, elle participe à l’enrichissement culturel de la France ».

Mais elle a perdu une partie de son lustre par des mises en scènes absconses, des « revisites » prétentieuses d’œuvres magistrales, des décors minimalistes, des costumes moches, des comédiens au triste jeu.

Pour ceux ayant apprécié sur la scène de la mythique Comédie-Française, sur les grand et petit écrans la fine fleur de la troupe du Français des années 1930 aux années 1980 – Jacques Charon, Robert Hirsch, Micheline Boudet, Pierre Dux, Robert Manuel, Lise Delamare -, le plaisir d'un texte bien articulé et dit sur le ton juste, cette exposition fleure bon la nostalgie, mais leur accorde trop peu d’espaces.

Pour d’autres, plus jeunes, dont le parcours éducatif, même dans de prestigieux lycées parisiens, a tristement éludé les comédies de Molière (1622-1673), cette exposition constitue une complète découverte.

Pour tous, elle recèle des trésors sur un haut lieu culturel au répertoire associant textes du passé, du présent et de l’avant-garde littéraire, conservant des œuvres dont certaines illustrent des manuels scolaires - portrait de Molière par Nicolas Mignard, tableau représentant Les Farceurs français et italiens -, lié étroitement à l’histoire française, politique, culturelle et sociologique et disposant, comme l’Opéra, de ses propres ateliers où sont confectionnés costumes, accessoires, etc.

Deux cents œuvres rassemblées au Petit Palais « racontent cette célèbre maison : peintures, sculptures, documents d’archives, objets personnels, accessoires et maquettes sont autant de témoignages qui font revivre les grandes heures » de la Comédie-Française.

L’occasion de (re)découvrir les « comédiens dans leurs emplois, les grands auteurs dramaturges, les séances du Comité de lecture, le travail de la scène, les accessoires les plus prestigieux, tel le fauteuil dans lequel Molière joua son dernier rôle… »

L’opportunité de mieux saisir les relations entre les comédiens et des artistes – peintres, sculpteurs, dramaturges - célèbres : Mignard, Coypel, Houdon, Delacroix, Ingres, Renoir, Rodin, Cocteau…

Ce patrimoine artistique varié témoigne de l’histoire d’une grande famille, celle de la troupe de Molière, de la Société des Comédiens-Français, du XVIIe siècle à nos jours en passant très brièvement sur l’Occupation, l’exclusion des artistes Juifs et les comédiens résistants. Une troupe parcourue d’affections et d’inimitiés, se produisant dans la salle historique Richelieu, au Théâtre du Vieux-Colombier ou du Studio-Théâtre, appréhendant la réunion de fin d’année au cours de laquelle sont décidés la promotion de pensionnaires au rang de sociétaires et la fin des contrats. Une troupe d’ambassadeurs d’un magnifique patrimoine théâtral français lors de ses tournées dans le monde entier.

Molière, fil conducteur
L’exposition s’articule autour des collections acquises depuis la création de la Comédie-Française en 1680 et qui ont « une valeur documentaire et historique, car elles témoignent de la « vie » au sein de la troupe : portraits d’auteurs et de comédiens, scènes de vie, portraits de troupe, maquettes de décors, accessoires de scène, manuscrits, éléments de costumes et de décors, etc. »

Elles présentent aussi « une valeur artistique et esthétique illustrant près de trois siècles d’histoire de l’art. Environ 170 œuvres et près de 80 maquettes en volume, accessoires et éléments scéniques racontent l’histoire de la « Maison de Molière » selon une organisation thématique. Molière, le patron, qui rythme encore aujourd’hui la vie de l’institution ».


1680, fondation de la Comédie-Française
Au XVIIe siècle, des « troupes itinérantes italiennes (commedia dell’arte), espagnoles ou françaises sillonnent les routes de France, alors que s’établissent à Paris quelques troupes sédentaires ».

Avant 1640, le trio de farceurs français de l’Hôtel de Bourgogne – Turlupin, Gros-Guillaume, Gaultier-Garguille – connait un grand succès. Une farce pratiquée aussi par Molière à la française.

Vers le milieu du XVIIe siècle, ces troupes se spécialisent par genre dramatique : la tragédie pour l’Hôtel de Bourgogne, les pièces à machines pour l’Hôtel du Marais.

En 1658, Molière et sa troupe font irruption sur la scène parisienne. Désormais ils « sont protégés par le Roi, qui leur accorde la salle du Petit-Bourbon où ils jouent, principalement la comédie, en alternance avec les Comédiens Italiens ».

Les « luttes acharnées entre les quatre troupes stimulent les talents et les combats littéraires la créativité ».

Sont exposés des portraits : Floridor, attaché à Corneille, Montfleury et la Champmeslé, interprètes privilégiés du répertoire tragique et de l’œuvre de Racine, Baron, élève de Molière.

À la mort de Molière en 1673, Louis XIV, le Roi-Soleil, « ordonne la jonction de sa troupe avec celle de l’Hôtel du Marais, qui s’installe à l’Hôtel Guénégaud, puis en 1680, la troupe nouvellement formée fusionne avec celle de l’Hôtel de Bourgogne, toujours sur ordre du monarque ».

La troupe du Roy, résultant de cette réunion obtient le privilège du répertoire en français dans Paris et ses faubourgs.

La Comédie-Française, dont le nom se forge par opposition à la Comédie-Italienne, « naît ainsi de deux dates : le 21 octobre 1680, le Roi ordonne la jonction par une lettre de cachet afin de « rendre la représentation des comédies plus parfaite », le 5 janvier 1681, l’acte de société est signé par les comédiens « pour nourrir paix et union entre eux ».

Homme de confiance de Molière, le comédien La Grange dirige la nouvelle troupe en 1680, assurant ainsi la continuité après la mort du maître.

A ce jour, la Comédie-Française se reconnaît aussi sous le nom de Maison de Molière, en hommage à son fondateur spirituel, décédé sept ans avant sa création.

Auteur, comédien, chef de troupe, metteur en scène avant l’heure, Jean-Baptiste Poquelin dit Molière « incarne le modèle de l’homme de théâtre, au sens le plus complet du terme, raison pour laquelle les comédiens en font encore aujourd’hui leur mentor. Né à Paris en 1622 dans une famille de tapissiers, rien ne le prédisposait au théâtre. Il fonde en 1643 sa troupe l’Illustre-Théâtre avec Madeleine Béjart. La concurrence des deux puissantes troupes de l’Hôtel de Bourgogne et de l’Hôtel du Marais mène l’Illustre-Théâtre à la faillite. Molière et ses compagnons entament alors une itinérance qui dure treize années. À leur retour à Paris en 1658, ils sont, cette fois, protégés par Monsieur, frère du Roi. Ils jouent Nicomède de Corneille, suivi de la farce du Docteur amoureux devant le Monarque, et gagnent son soutien. La vie de Molière est alors émaillée de batailles littéraires et dramaturgiques : L’École des femmes (1662), Le Tartuffe (1664), Dom Juan (1665) ».

Le 17 février 1673, Molière meurt après la quatrième représentation du Malade imaginaire.


L’institution et ses demeures
La Comédie-Française recèle de nombreux témoignages de la vie et de l’œuvre de Molière : le portrait de Molière dans le rôle de César (La Mort de Pompée de Pierre Corneille) par Nicolas Mignard « représente paradoxalement le plus grand acteur comique de son époque dans un rôle tragique, à une époque où la tragédie est le genre noble par excellence ».

Plus tard, Charles-Antoine Coypel, « qui n’a pas pu connaître son modèle, idéalise la figure de l’auteur, image que retiendra sa postérité ».

Témoins émouvants de sa vie d’homme et de comédien, « le fauteuil de malade dans lequel il incarna son dernier rôle, Argan du Malade imaginaire, ainsi que le registre de La Grange, mémoire du quotidien de la troupe, quittent exceptionnellement la Salle Richelieu pour le Petit Palais ».

En 1680, la troupe de comédiens l’Hôtel Guénégaud – les comédiens de Molière dont le chef est La Grange – et celle de l’Hôtel de Bourgogne donnent leur première représentation ensemble. Cette troupe investit le théâtre de l’Hôtel Guénégaud, mais en est vite chassée.

À son répertoire : Corneille, Molière, Racine, Rotrou, Scarron.

En 1689, les comédiens inaugurent leur nouveau théâtre dans le Jeu de paume de l’Étoile aménagé par François d’Orbay, rue des Fossés-Saint-Germain-des-Prés.

Ils conservent cette salle jusqu’en 1770, année où ils s’installent provisoirement dans la Salle des Machines du Palais des Tuileries en attendant l’édification de leur nouveau théâtre, conçu par les architectes Peyre et de Wailly, au Faubourg-Saint-Germain.

A la suite « des troubles révolutionnaires, une partie de la troupe fait sécession en 1791 et s’installe rue de Richelieu dans le nouveau théâtre conçu par Victor Louis, avec à sa tête le comédien Talma ».

À nouveau réunie en 1799, la troupe ne quitte plus la Salle Richelieu, sauf lors de travaux de grande ampleur comme ceux prévus en 2011-2012. La salle à l’italienne permet encore aujourd’hui d’interpréter les pièces dans le rythme de l’alternance. Les esthétiques les plus classiques (plafond d’Albert Besnard) cohabitent avec le rideau d’Olivier Debré.

Un répertoire vivant
Le répertoire de la Comédie-Française est constitué des pièces interprétées par les Comédiens-Français sur leur scène principale, la Salle Richelieu : depuis 1680, près de 2700 pièces de plus de 1000 auteurs différents y sont entrées.

Composé de comédiens et de personnalités extérieures, le Comité de lecture « examine les pièces anciennes ou contemporaines susceptibles d’en faire partie, sur proposition de l’administrateur général. Chaque année, plusieurs pièces viennent s’ajouter, et leur entrée en tant que telle, est entérinée à l’occasion d’une première mise en scène Salle Richelieu ».

Ce patrimoine littéraire s’enrichit d’œuvres parfois immortelles, et d’autres qui ne résistent pas au temps.

La mission de la Comédie-Française consiste à enrichir le répertoire de nouvelles créations et à faire revivre le répertoire du passé « apprécié à l’aune de la sensibilité contemporaine. Voltaire, le plus grand auteur dramatique du XVIIIe siècle a ainsi cédé la place à Marivaux, auteur malheureux de la Comédie-Française lors de la création de ses pièces ».

« Le Théâtre-Français n’est pas un théâtre comme les autres. Quand on y apporte un manuscrit, il y a les Bustes qui vous regardent », a écrit Alexandre Dumas fils qui a lu sa pièce Francillon devant le comité de lecture représenté par l’administrateur Jules Claretie.

Quand au XVIIIe siècle, « les comédiens éprouvent la nécessité de « décorer » leur théâtre d’œuvres d’art, c’est naturellement leur patrimoine littéraire, le répertoire, qu’ils choisissent d’illustrer par une collection de bustes représentant les grands auteurs du XVIIe et du XVIIIe siècle ». L’idée « ne se réalise qu’en 1775 grâce à Caffieri qui offre le buste de Piron en échange d’une entrée à vie ; c’est le premier d’une longue série de bustes, toujours monnayés grâce à des échanges en nature contre des places. Tout un « mobilier » est ainsi conçu par les plus grands sculpteurs du temps (Huez, Caffieri, Foucou, Boizot, Pajou, Berruer, Houdon). Les figures de Molière par Houdon, de Corneille par Caffieri, de Racine par Boizot font face au monumental Voltaire assis de Houdon, offert par la nièce de Voltaire en 1780 ».

Les tableaux et dessins représentant les différentes salles de la Comédie-Française sont l’occasion d’étudier le rapport entre le public et le plateau, des spectateurs occupant la scène au XVIIe siècle aux entractes mondains du XIXe siècle, en passant par la bataille d’Hernani » qui révèle, le 25 février 1830, le drame romantique.

Une troupe et des emplois
Longtemps, le « fonctionnement de la troupe est régi non seulement par l’acte de société et les différents règlements qui l’organisent, mais aussi par la répartition des emplois au sein de la troupe : un comédien interprète le même type d’emploi pendant toute sa carrière, quel que soit son âge (dans la tragédie : roi, confident, reine, grande princesse, jeune princesse, confidente, suivante, dans la comédie : ingénue, amoureuse, jeune première, grande coquette, amoureux, petit maître, marquis, manteau, grime, barbons etc.) » Certains comédiens, telle Denise Gence, sont engagés pour des emplois "de composition".

Les « traditions de jeu se transmettent d’acteur en acteur et les apprentis comédiens grandissent dans l’ombre de leur chef d’emploi qu’ils remplacent à de rares occasions et auprès de qui ils apprennent leur métier ».

Crispin permet à des lignées d’acteurs d’interpréter un rôle « caractérisé par un costume particulier et un défaut de prononciation (bredouillement) ». Peint par Théodor Netscher, Raymond Poisson « fonde la dynastie. Il transmet son emploi à son fils Paul qui lui-même le lègue à son fils Philippe. Arnould Poisson succède à son frère. Parmi ses successeurs, en dehors de la famille, Monrose ou André Brunot à l’aube du XXe siècle, poursuivent la tradition de se faire portraiturer dans ce rôle favori ».

Il « en est de même pour les emplois de tragédies ou ceux des comédies de Molière où dominent les Harpagons : Grandmesnil par Jean-Baptiste Desoria au début du XIXe siècle, Talbot par José Frappa en 1896 ou Denis d’Inès par Max Moreau en 1932. Scapin, Mascarille fournissent également aux comédiens l’occasion d’arborer des costumes typiques ou extravagants ».

Les « emplois romantiques féminins permettent de constater l’émergence d’un nouveau type d’actrices dont le charme et la beauté sont des atouts indispensables ; elles sont portraiturées par Henry Scheffer, Eugène Deveria ou Thomas Couture ».

Grands comédiens, révolutions dramaturgiques, portraits manifestes
Les comédiens les plus talentueux, ceux ayant influé sur l’art de la comédie, inspirent des œuvres picturales remarquables par la qualité de leur exécution et leur innovations esthétiques.

Ainsi, le portrait d’Adrienne Lecouvreur dans le rôle de Cornélie (La Mort de Pompée, Corneille) par Charles-Antoine Coypel, prélude un « mouvement qui conjugue peinture d’histoire et ressemblance du portrait incarné par une comédienne ».

Manifeste, le Portrait de Lekain en Orosmane (Zaïre, Voltaire) par Simon-Bernard Lenoir « l’est aussi par l’orientalisme du costume, proche du sujet de la pièce, réforme que portent à la fois Lekain et Voltaire ».

Peint par Lagrenée et de manière posthume, par Delacroix, Talma est aussi sculpté dans le marbre par David d’Angers.

Le « portrait monumental de Rachel incarnant La Tragédie (1859) par Jean-Léon Gérôme aborde son sujet par l’allégorie – Rachel incarne un genre « réduit à son essence : le costume et la coiffure sont dépouillés de tout ornement ; aucun triomphe ni aucune force, car figée telle une statue antique, elle s’adosse au décor et s’immobilise ; son regard s’abîme dans la contemplation de l’irrémédiable : la mort » -, tout comme les marbres de Jean-Baptiste Lemoyne donnant l’image de Mlle Clairon en Melpomène (muse de la tragédie) et de Mlle Dangeville en Thalie (muse de la comédie) ».

Qualifiée par Edmond Rostand de « reine de l’attitude », Sarah Bernhardt (1844-1923) maitrise son image picturale ou photographique. Elégamment vêtue à la ville et sur scène, elle met en scène son intimité. Georges Clairin la peint « coiffée d’une petite couronne de strass dans ce rôle emblématique de Dona Maria de Neubourg ». Il « décrit avec soin la robe de soie rose et de satin broché de perles qui s’enroule autour du corps cambré de l’actrice ».

Les bijoux de Rachel et de Sarah Bernhardt offrent un contrepoint aux parures des portraits peints.

La proximité de Mounet-Sully et de Jean-Paul Laurens s’incarne dans deux portraits, ainsi que celle de Sarah Bernhardt et de Clairin.

Les représentations peintes et sculptées se raréfient au XXe siècle.

C’est alors la photographie d’art qui popularise le visage des comédiens : les portraits officiels de la troupe, qui pose généralement en tenue de soirée, sont publiés dans les programmes de la Comédie-Française.

Puis le cinéma et la télévision vont rendre familiers des comédiens du Français : Fernand Ledoux, Jean Debucourt, Denise Gence, Louis Seigner, Robert Manuel, Jean Piat, Jacques Sereys, Claude Winter, Geneviève Casile, François Chaumette, Bernard Dhéran, Michel Aumont, Georges Descrières, et tant d’autres dont parmi la jeune génération : Guillaume Gallienne et Laurent Stocker.

Molière mythifié et mis en scène
La « filiation de la troupe avec Molière s’est opérée dès les premières années d’existence de la Comédie-Française, en particulier grâce à La Grange ».

Le « mythe du grand homme, du patron, s’est forgé peu à peu et se reflète dans les œuvres présentées. Lors de l’élaboration du programme statuaire des années 1770, les comédiens se sont très tôt préoccupés d’obtenir un buste de Molière. C’est sous le signe de Molière que de nombreux comédiens se font représenter, dans un rôle de son répertoire, ou devant son effigie comme c’est le cas de Préville et Dugazon ».

Le « XIXe siècle porte à son paroxysme le « moliérisme » et son hagiographie. Molière, différents épisodes de sa vie ainsi que certaines scènes de son œuvre deviennent des sujets pour les peintres : Molière à la table de Louis XIV par Jean-Dominique Ingres, Molière lisant Tartuffe chez Ninon de Lenclos par Nicolas-André Monsiau, La Mort de Molière par Pierre-Antoine-Augustin Vafflard. Cette vague moliériste culmine en 1857 avec le tableau du comédien-peintre Geffroy : Molière et les caractères de ses comédies ».

Longtemps, les comédiens ont réglé la mise en scène de pièces du répertoire, notamment des classiques. « Le jeu des comédiens était jugé à l’aune de leurs prédécesseurs dans le rôle, et des traditions de jeu, transmises de génération en génération. Des interprétations contradictoires pouvaient s’opposer et faisaient école parallèlement, avec chacune leurs partisans ».

Dès les années 1930, la mise en scène moderne entre à la Comédie-Française.

« Désormais, le metteur en scène revendique une esthétique et un parti pris particuliers que son décorateur expose dans la maquette du décor ».

Le mur de petites maquettes en volume, « étonnantes petites maisons de poupées », ne permet pas « d’évaluer la diversité d’approches des pièces, des esthétiques les plus classiques aux plus fantaisistes ».

Portraits de comédiens et de la troupe
Autant les photos en noir et blanc du studio Harcourt magnifient les comédiens, autant celles d’Andres Serrano en 2006 de comédiens revêtus du costume de leur choix durcissent leurs traits.

L’image officielle la plus récente de la troupe, ouverte à le diversité, remonte à 2010. Christophe Raynaud de Lage a saisi chaque comédien avec l’accessoire de son choix puisé dans le vestiaire de la Comédie-Française. Un lien théâtralisé entre le passé et le présent restituté en un mur de photos.


Jusqu’au 15 janvier 2012
Au Petit Palais
Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Avenue Winston Churchill - 75008 Paris
Tel: 01 53 43 40 00
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h, nocturne le jeudi jusqu'à 20 h.


Visuels de haut en bas :
Affiche
Molière dans le rôle de César (La Mort de Pompée, Corneille) / Nicolas Mignard (I 260)
© Patrick Lorette / Comédie-Française

Un entracte à la Comédie-Française un soir de première, en 1885 / Edouard Joseph Dantan,
1886 (I 192) - © Patrick Lorette / Comédie-Française

Sarah Bernhardt dans le rôle de la Reine (Ruy Blas, Victor Hugo)
/ Georges Clairin, 1879 (I 236)
© Patrick Lorette / Comédie-Française

Les citations sont extraites du dossier de presse.

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Cet article a été publié le 13 janvier 2012.

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