Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 12 juillet 2019

Hommages à Marie Vassilieff (1884-1957)


Marie Vassilieff (1884-1957) est une artiste peintre et sculpteur russe juive, éminente figure de l’Ecole de Paris dans le quartier de Montparnasse où se trouvait son atelier. « Une journée avec Marie Vassilieff » est un « hommage à cette artiste sous la forme d’une exposition en deux parties » : l’une à Paris, l’autre à Nogent-sur-Marne.


« La Fondation des Artistes et la Villa Vassilieff s’associent pour rendre hommage à Marie Vassilieff qui installa son atelier au 21 avenue du Maine au début des années 1910 et choisit de passer les dernières années de sa vie, de 1953 à 1957, à la Maison nationale des artistes à Nogent‑sur‑Marne. »

« Une journée avec Marie Vassilieff emprunte son titre à A Day with Picasso (1997), un ouvrage de l’historien de l’art et ingénieur Billy Klüver dans lequel ce dernier tente de retracer, grâce à une série de photographies prises par Jean Cocteau, le parcours d’une après-midi de promenades de Pablo Picasso dans les rues de Montparnasse en compagnie, notamment, de Marie Vassilieff. Dans cette exposition, il s’agit de rendre hommage à la méthodologie de Klüver tout en décentrant notre regard, s’éloigner de Picasso pour s’attarder sur une figure presque située dans le hors-champ de l’histoire de l’art classique : Marie Vassilieff. »

« Marie Vassilieff fut une artiste centrale du Montparnasse de la première moitié du XXe siècle : par son travail plastique et par son rôle charismatique de médiatrice entre artistes, intellectuel•le•s et critiques du Paris artistique des années 1910-1930. La vie et l’oeuvre de Marie Vassilieff sont notamment caractérisées par une volonté de décloisonnement permanent, entre l’espace domestique et l’espace public (elle transforme son atelier en académie puis en cantine) et entre beaux-arts et arts appliqués (elle traite avec le même soin son travail pictural et sa fabrication de poupées, de décors de théâtre ou de cache-bouteilles). Artiste, femme, apatride, Marie Vassilieff est, par ses recherches, sa démarche artistique et sa vie, résolument contemporaine. » Une artiste juive.

« C’est sur cette artiste rassembleuse, à l’art méconnu, qu’est porté un regard contemporain. Pour ce faire, l’auteure Émilie Notéris a écrit un texte la replaçant dans une histoire de l’art féministe. Son essai sert ainsi de fil conducteur au parcours de l’exposition où une douzaine d’artistes contemporain•e•s - Mercedes Azpilicueta, Carlotta Bailly-Borg, Yto Barrada, Michel François, Christian Hidaka, Laura Lamiel, Mohamed Larbi Rahhali, Anne Le Troter, Flora Moscovici, Émilie Notéris, Liv Schulman, Thu-Van Tran - ont été invité•e•s à dialoguer avec l’oeuvre de Marie Vassilieff en imageant des rencontres fictives avec l’artiste russe ou en faisant écho à sa pratique artistique. »

« Interventions artistiques contemporaines et oeuvres de Marie Vassilieff empruntées à son collectionneur passionné Claude Bernès accompagnent notre déambulation dans les espaces de la Fondation des Artistes à Nogent-sur-Marne qui, dans un format inédit, les réserve dans leur ensemble à l’exposition, y compris la Bibliothèque Smith-Lesouëf récemment rénovée qui rouvre ses portes à cette occasion ; ainsi que dans ceux de la Villa Vassilieff située au coeur de Montparnasse. »

 On ne peut que regretter l'intrusion de "l'écriture inclusive" et l'omission de la judéité de l'artiste dans ce dossier de presse.

On peine à distinguer le lien entre les oeuvres de ces artistes contemporains et Marie Vassilieff. Il eût été préférable de rendre hommage à cette artiste majeure en présentant ses oeuvres - tableaux, sculptures - et celles d'autres artistes influencés par elle.  


BIOGRAPHIE DE MARIE VASSILIEFF

12 février 1884 : naissance de Marie Vassilieff à Smolensk (Russie).
1905 : grâce à une bourse de la Tsarine, elle part en voyage d’étude à Paris, après un passage à Munich, en Italie et en Espagne. Elle s’installe à la Grande Chaumière et commence à étudier à la Palette.
1908 : après avoir exposé à Saint-Pétersbourg, elle revient à Paris et suit les cours d’Henri Matisse dans sa nouvelle Académie. Elle se lie d’amitié avec la communauté artistique de Montparnasse.
1912 : elle devient directrice de l’Académie russe de peinture et de sculpture au 54, avenue du Maine (Paris XVe).
Forcée de démissionner, elle ouvre ensuite sa propre Académie au 21 de la même avenue.
Février 1915 : ouverture de la cantine au 21 avenue du Maine pour les artistes, modèles et soldats en permission.
14 janvier 1917 : « Banquet Braque », un événement marquant pour tous les participants, en l’honneur de Georges Braque revenu blessé du front.
1920 : Marie Vassilieff s’intéresse de plus en plus aux arts décoratifs. Elle dirige l’atelier des Ballets Suédois de Rolf de Maré jusqu’en 1925.
1932 : Marie Vassilieff déclare liquider ses oeuvres et arrêter sa carrière pour devenir « Bonne à tout faire ».
1938-1946 : elle vit à Cagnes-sur-Mer, avant de revenir à Paris. Elle imagine plusieurs couvertures pour ses Mémoires, titrées La Bohême du XXe siècle.
1949 : collaboration avec l’Atelier de céramique Lafourcade. Marc Vaux organise dans son Foyer d’Entr’aide aux Artistes et Intellectuels de Montparnasse sa première rétrospective : Hommage à Marie Vassilieff - Peintre de la grande époque de Montparnasse - Peintures - Masques - Dessins -Céramiques.
1er avril 1952 : elle prend sa retraite à la Maison des Artistes de Nogent-sur-Marne, où elle continue à peindre et à façonner des poupées.
14 mai 1957 : mort de Marie Vassilieff.

Extraits de ses Mémoires

« Oui, c’est moi, Marie Vassiliev, toute petite, toute blonde, toute ronde, les yeux très gris, les cheveux très courts et qui vit, depuis vingt ans déjà, dans cet enfer, ce paradis unique qui est Paris. (folio 1)

Je cherchais toujours mon professeur. Pour cela il fallait … Revoir tous les Salons. Me voilà au grand palais au Salon d’Automne. J’entre, je regarde toutes ces toiles immenses … mon oeil s’arrête sur des fleurs, avec des poissons dorés … Dans une vasque ronde très grande, très colorée … Etait le genre de peinture que je cherchais …, nette, et très naïve surtout. Je regarde le (nom) … Je vais au bureau de renseignements, je demande l’adresse … me donne le prix du tableau « Mais, non, dis-je, je cherche un professeur pour me donner quelques petites leçons de peinture «… me répond le brave homme, Henri Matisse en ce moment a une … Ecole Boulevard des Invalides, 33, tout à fait Moderne ». (folio 4)

J’avais remarqué à quel point les artistes étaient malheureux : plus de travail, les théâtres supprimés, plus d’argent : une vie très misérable. Je décidai d’organiser une petite cantine très bon marché pour les artistes : pour 60 centimes on pourrait manger une soupe, un plat de viande et un dessert, et pour 2 sous boire un verre de vin. Chacun à son tour m’aidait à faire la cuisine et la vaisselle. Tous les samedi, il y avait une soirée avec musique et poésie, chaque artiste pouvant à l’improviste faire un numéro original. Ce fût chaque fois très bien. Ma cantine eut un grand succès et fût connue dans tout Paris. (folio 41&42)

A ce moment revenait du front un artiste très connu : Braque, blessé et réformé. J’eus envie de lui organiser un banquet dans mon atelier. Et le comité fut formé par Matisse, Picasso, Max Jacob et Galverssème. Je pus avoir 35 couverts et avec Jacob nous fîmes la liste des invités ; le comité d’abord, Braque et sa femme, rois de la fête, Friesz, Lhota, Dufy (…). Et je pus faire très bonne chère à tout le monde pour 6 francs par personne, vin et champagne compris. J’avais préparé des couronnes d’or sur des coussins noirs pour couronner les héros de la fête. Puis tout le monde a commencé à chanter et j’ai posé les couronnes dorées sur la tête de Braque et de sa femme. 
(folio 69&70)
Il y a vingt ans que je vis en France, venue de la grande Russie, directement de Petrograd, où j’ai reçu mon éducation artistique et mes premières récompenses. J’ai traversé l’Europe entière, en pensant enrichir les sensations d’artiste. Roulée comme une boule sur la route des catastrophes, je suis connue, j’ai obtenu le luxe en travaillant beaucoup. J’ai créé la poupée qui a joué un si grand rôle à l’époque du Moyen Age. Elle a été oubliée et perdue dans les boutiques d’antiquités. Je lui donnai un renouveau, en tant qu’objet d’art moderne. Dans ma peinture religieuse, je donne l’image de l’art chrétien de notre époque. J’ai créé ma religion pour exprimer l’état de mon âme, égorgée dans les catacombes des cafés de Montparnasse, où l’on est poursuivi par les vrais Satans (ce sont les marchands de natures mortes). »


Du 17 mai au 20 juillet 2019 
21 avenue du Maine. 75015 Paris
Tél. : 01 43 25 88 32
Du mardi au samedi de 11h à 19h
Entrée libre

Du 16 mai au 21 juillet 2019 
A la Fondation des Artistes
16 rue Charles VII. 94130 Nogent-sur-Marne
Tél. : 01 48 71 90 07
Les jours de semaine de 13h à 18h. Les samedis et dimanches de 12h à 18h. Fermeture les mardis et les jours fériés
Entrée libre

14 rue Charles VII. 94130 Nogent-sur-Marne
t : 01 48 71 28 08
https://www.fondationdesartistes.fr/lieu/maison-nationale-des-artistes/
Tous les jours de 10h à 12h et de 14h à 18h
Entrée libre

Bibliothèque Smith-Lesouëf
14 bis rue Charles VII. 94130 Nogent-sur-Marne
Les jours de semaine de 13h à 18h. Les samedis et dimanches de 12h à 18h. Fermeture les mardis et les jours fériés
Entrée libre
Accès MABA, Maison nationale des artistes, Bibliothèque Smith-Lesouëf

Visuels :
Affiche
Marie Vassilieff
Costume Arlequine pour le Bal banal, 1924
Photographie Pierre Delbo
Droits réservés
Collection Claude Bernès

Marie Vassilieff dans son atelier du 21 avenue du Maine, 1922
Photographie agence Trampus
Droits réservés
Collection Claude Bernès

Jean Börlin de dos en costume de « crabe » conçu par Marie Vassilieff pour le Bal Olympique, 1924
Photographie Isabey
Droits réservés
Musée de la Danse de Stockholm
et collection Claude Bernès

Marie Vassilieff et Jean Börlin costumés pour le Bal Olympique, 1924
Photographie Isabey
Droits réservés
Collection Claude Bernès

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent du dossier de presse.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire