Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 10 décembre 2017

Barbara (1930-1997)


Barbara, née Monique Andrée Serf, (1930-1997) est une auteure-compositrice-interprète juive française, et généreuse notamment à l’égard de chanteurs. Sous le nom de Barbara Brodi, Barbara, qui a conçu sa silhouette, débute dans les cabarets parisiens et connait la célébrité, dans les années 1960, en pleine vague Yéyé, en nouant une relation particulière avec son public, par des chansons souvent autobiographiques et dramatiques - Enfance, L’Aigle noir, Nantes, Göttingen, Marienbad, Une petite cantate -, parfois teintées d’humour : Si la photo est bonne, Moi je me balance. Pour le 20e anniversaire de son décès, la Philharmonie de Paris rend hommage à cette artiste par l’exposition Barbara assortie d’un catalogue intéressant, Mathieu Amalric par son film Barbara avec Jeanne Balibar, le comédien Gérard Depardieu par ses concerts, CD et films Depardieu chante Barbara, et Arte en diffusant le 10 décembre 2017 « Barbara - Chansons pour une absente » (Barbara, die Lady des französischen Chansons), documentaire de Cyril Leuthy.


« La Longue dame brune » chantée par Georges Moustaki, la « Dame en noir », et peut-être « Madame Nostalgie » interprétée par Serge Reggiani… Monique Andrée Serf, (1930-1997) a créé sa silhouette, son nom d’artiste, Barbara, s’est affirmée en auteur-compositrice-interprète après avoir chanté un répertoire allant de classiques du début du XXe siècle aux « chansons à textes » de Brassens ou Brel.


A la Philharmonie de Paris, l’exposition Barbara offre un portrait vivant, incarné par des archives exceptionnelles et par l’émotion que l’artiste continue d’imprimer dans l’esprit et le cœur de ceux qui ont créé l’exposition : sa commissaire tout d’abord, Clémentine Deroudille, et Bernard Serf, neveu de Barbara, dont la générosité fut décisive à ce projet, et tous ceux qui, anciens familiers ou admirateurs dévoués, ont spontanément ouvert leur collection ou leurs souvenirs – comme s’ils lui étaient éternellement redevables. Dresser le portrait vivant de Barbara, vingt ans après sa mort, impliquait d’en revisiter le mythe, et notamment l’image figée et monolithe qui la résument trop souvent : celle d’une femme en noir qui chante sa tristesse. Par les nombreuses photographies, vidéos d’archives, correspondances ou même messages répondeurs rassemblés, l’exposition dévoile le quotidien de la chanteuse pour l’incarner vraiment, dans son identité plurielle. Ses débuts maladroits à Bruxelles, les tricots qu’elle filait à Précy, sa dépendance au Zan comme aux somnifères… autant de petits gestes, volontairement anecdotiques, qui animent toute la complexité d’une personnalité », ont écrit Marie-Pauline Martin, directrice du Musée de la musique, et Laurent Bayle, directeur général de la Cité de la musique-Philharmonie de Paris.

Et de poursuivre : « À rebours de l’image sombre que l’on garde parfois exclusivement de Barbara, la scénographie de l’exposition, signée par deux grands talents du cinéma et de l’opéra, Christian Marti et Antoine Fontaine, relaie aussi l’aura rayonnante de la chanteuse. Car Barbara elle-même, dans ses propres concerts, aimait se mettre en scène, vibrante et lumineuse, à l’image des célèbres concerts de Pantin donnés en 1981, dans un chapiteau implanté justement sur l’actuel site de la Philharmonie. Restituer la part vivante de Barbara, c’est également lui reconnaître la capacité peu commune de réinventer sans cesse le fil de sa carrière. Certes, sa silhouette allongée et sertie de noir a peu évolué. Mais la chanteuse qu’elle fut se défendait d’être « fonctionnaire ». Le temps long de sa carrière fut celui d’expériences toujours renouvelées, voire de chemins de traverse. En 1986, l’étonnante comédie musicale Lily Passion la dévoilait ainsi au public en… récitante, aux côtés de Gérard Depardieu, seul chanteur du spectacle. Voici l’un des mérites de cette exposition : ouvrir le regard sur l’aventurière véritable que fut Barbara. Car si l’oreille retient volontiers le style identifié des seules chansons des années 1961-1965 (Dis quand reviendras-tu ?, Göttingen, Nantes…), le cheminement de sa carrière montre au contraire qu’elle a sans cesse renouvelé son rapport à la scène, expérimenté d’autres écritures, d’autres langages musicaux, quitte à se tromper, quitte à essuyer des échecs. Évoquer Barbara au présent, c’est trouver enfin, au cœur d’une œuvre et d’une personnalité, le relai de réflexions toujours pressantes. Parmi elles, la question de l’identité des femmes, aujourd’hui éminemment politique, est primordiale. Historiquement, Barbara fut l’une des toutes premières femmes à avoir imposé une carrière d’auteur-compositeur. Dès 1964 à Bobino, à l’issue d’un concert de Brassens qu’elle ouvrait en première partie, plusieurs critiques voyaient là l’éclipse des totems masculins de la chanson française. Sans créer une arbitraire hiérarchie des genres, l’exposition de la Philharmonie pointe davantage la couleur si particulière, magistrale et fragile à la fois, de la féminité assumée de Barbara. La chanteuse déployait bien sur scène, comme dans sa vie, une séduction puissante, presque dominatrice. Parce qu’elle courtisait sans détour, parce qu’elle vivait en nomade et affrontait sa fragilité sans pudeur, elle est celle qui, aujourd’hui encore, avive le goût de la liberté – faut-il en payer le prix de la solitude. Or Barbara militait autant par son identité propre, que pour des causes extérieures, elles aussi toujours actuelles. En prise avec l’histoire comme l’actualité, l’exposition de la Philharmonie révèle ainsi les nombreux combats qu’elle mena avec engagement, pour les autistes, les prisonniers, les malades du sida ou encore les prostituées. À l’absente, mais toujours bien présente, « Merci, et chapeau bas ».

Une « longue dame brune, un visage aux traits dessinés, des textes ciselés, chargés de mélancolie… : C’est l’image de Barbara qui s’impose sur papier glacé. L’exposition propose de passer littéralement derrière le rideau et de dévoiler l’extraordinaire richesse de l’artiste, une femme vibrante et lumineuse qui a décidé que le spectacle serait sa vie, et les scènes de théâtre, les décors de son quotidien ».

Cette « première exposition à la Philharmonie de Paris sur une artiste femme est une invitation à découvrir ce que signifie être une femme libre, une femme qui écrit, compose et interprète, dans cette seconde moitié du XXe siècle ».

« Artiste d’exception, Barbara a été la muse des années cabarets de la rive gauche, pour devenir la découverte de Bobino, puis chanter sur les plus grandes scènes parisiennes. La chanteuse est devenue un mythe et ses concerts, des moments de recueillement extraordinaires. Le public, debout, ne quittait la salle qu’après de longs adieux ».

Photographies, manuscrits, partitions, dont des documents inédits ou méconnus, textes ébauchés, maintes fois recommencés, correspondances intimes et documents personnels … L’exposition, en partenariat avec l’Institut national de l’audiovisuel (INA),  s’articule autour de quatre thèmes : De Monique Serf à Barbara, « Petits zinzins » (1964-1969), L’aventurière (1970-1981), La légende (1981-1997). Un parcours permet aux visiteurs de « découvrir une chanteuse aux multiples facettes, livre de précieux indices sur la façon de composer, de faire de sa vie des chansons intemporelles, des confidences chantées ».

Barbara « a été beaucoup et magnifiquement photographiée. L’exposition présente les clichés rares ou emblématiques de nombreux photographes qui ont su gagner sa confiance et l’ont immortalisée sur scène ou dans un contexte plus intime : Just Jaeckin, Marcel Imsand, Jean-Pierre Leloir, Tony Frank, Jo Cayet, Georges Dudognon… »

La « chanteuse aura façonné son image, comme en témoigne ses costumes de scène. Les journaux, les programmes révèlent le contexte de l’époque et le regard porté sur celle qui sut conserver son mystère, s’offrir sans pour autant se démasquer ».

Clémentine Deroudille « a assuré le commissariat de l’exposition « Brassens ou la liberté » à la Cité de la musique, fruit d’un travail à quatre mains avec Joann Sfar. Elle est aussi l’auteur du catalogue Brassens paru chez Dargaud en 2011. Passionnée d’archives sonores, elle a réalisé plusieurs parcours d’expositions. Sa production récente comporte notamment, la réalisation d’un film documentaire sur son grand-père, « Robert Doisneau, le révolté du merveilleux », diffusé sur Arte en 2016 ».

La « mise en scène de l’univers poétique de Barbara a été confiée à deux grands noms du spectacle : Antoine Fontaine et Christian Marti, qui avaient déjà collaboré sur l’exposition « Brassens ou la liberté » à la Cité de la musique en 2011. Avant de devenir un des plus grands décorateurs de cinéma pour les films de Claude Berri, Daniel Auteuil, Joann Sfar, Manoel de Oliveira…, Christian Marti a commencé sa carrière sur des spectacles de chanteurs, notamment avec Jacques Higelin mais aussi Barbara, pour Lily Passion. Antoine Fontaine a déjà réalisé de nombreuses scénographies d’expositions. Il est devenu l’un des grands maîtres du décor peint, avec les fresques de La Reine Margot de Patrice Chéreau, les décors de scène de Marie-Antoinette de Sophia Coppola et il a réalisé depuis de nombreux décors d’opéra ».

De Monique Serf à Barbara
« Comment Monique Serf (née le 9 juin 1930 à Paris, 17e), petite fille juive et pauvre, marquée par la guerre et une enfance meurtrie, est-elle devenue Barbara, l’artiste iconique dont nous nous souvenons aujourd’hui ? »

La « publication de son autobiographie Il était un piano noir, parue peu après sa mort, révèle le drame intime de l’enfance. La cicatrice mémorielle, l’errance de ville en ville, éclairent sous un autre jour certaines paroles de ses chansons ».

« L’enfance, c’est aussi l’affirmation du désir vibrant de jouer du piano, de chanter, mais aussi la découverte d’Edith Piaf ».

« Dans la lignée des chanteuses du début du siècle – Yvette Guilbert, Damia, Marie Dubas et Marianne Oswald –, Barbara a commencé sa carrière par des tours de chant à Bruxelles, où elle s’est enfuie sur un « coup de tête » à 20 ans, puis dans des cabarets parisiens d’après-guerre comme l’Écluse, minuscule salle de 70 places. « L’Écluse est la première maison que j’ai trouvée. Là il y avait vraiment un cœur qui battait. Une famille qui m’a accueillie. C’est là que j’ai commencé à respirer, que tout s’est déclenché ». Barbara y devient la « chanteuse de minuit ».

Au début de sa carrière artistique, Barbara s’accompagne au piano, puis choisit des pianistes pour l'accompagner dès 1959 : France Olivia, Darzee et Liliane Benelli dès 1963. Liliane Benelli décède  dans un accident de voiture le 12 août 1965 dans l'accident de voiture qui a coûté la vie à Jean- Claude Ghrenassia, frère d'Enrico Macias, régisseur de la tournée, et a gravement blessé le chanteur Serge Lama. Barbara, qui commence à écrire ses propres chansons, lui dédie Une petite cantate. Les deux femmes avaient composé ensemble La Mante religieuse et Ce matin-là.

« Petits zinzins » (1964-1969)
« Grâce à ses premiers succès, Barbara quitte les cabarets pour se produire à Bobino. Elle cesse alors d’interpréter les chansons des autres – Brel, Brassens – pour composer sans relâche ce qu’elle appelle ses « petits zinzins ». Des mots simples, des confidences chantées, une manière de s’offrir sans se révéler : Barbara écrit et enregistre beaucoup ; elle fascine ceux qui l’écoutent ».

Elle « poursuit sa transformation en travaillant sans relâche sur ses mêmes instruments : son piano, son émotivité, sa voix. Elle construit son image, impose sa silhouette comme en témoigne ses costumes et les photographies de Just Jaeckin ou Jean-Pierre Leloir. Gauche et réservée à ses débuts, à la diction trop travaillée, elle dompte peu à peu ses peurs pour « habiter » ses récitals ».

« C’est sur la scène de l’Ecluse que Denise Glaser découvre Barbara ». Sa « rencontre avec la présentatrice Denise Glaser  (1920-1983) est décisive : une complicité de femmes, une admiration réciproque qui donnent lieu à de rares confessions personnelles lors de ses fameux Discorama », émission télévisée. « Un visage de presque madone et une voix grave, presque privée d'intonations, languide, comme une seule et même note tirée par l'archet à la contrebasse… » C’est ainsi que Barbara décrit Denise Glaser, résistante juive française, à qui elle confie dans un Discorama : « Le mystère… C’est ce que les autres ont voulu que je sois ».

Denise Glaser fait de Barbara « l’invitée récurrente de son émission, Discorama. À la chanteuse timide que Glaser présente en 1959, succède bientôt à l’écran la « longue Dame brune », complice de Georges Moustaki dans de nombreux duos, avant de laisser place à l’auteur compositrice qui vient dévoiler ses « petits zinzins ».

« Pendant plus de dix ans, l’amitié indéfectible qui lie les deux femmes fait du plateau de Discorama un terrain propice aux confidences. Devant le public de Denise Glaser, Barbara dément sa réputation de femme mystérieuse, dit ses peurs comme ses succès. Elle raconte « le métier », ses inspirations mais aussi les duos qu’il lui plairait de faire. Parmi eux, certains verront le jour quelques années plus tard en direct de l’émission de Maritie et Gilbert Carpentier, Top à…, à l’instar de « Toi mon ombre » avec Johnny Hallyday ou « le Rouge et le noir », avec Claude Nougaro ».

Les années 1960 » sont aussi marquées par des tournées incessantes à travers la France : Barbara vit sur la route entourée de quelques intimes et se produit sur scène près de 300 jours par an. Ses tournées avec Serge Gainsbourg, Serge Reggiani et Georges Moustaki l’amènent à se produire en Italie, en Israël et au Liban notamment… » Ayant apprécié en 1964 le disque de Serge Reggiani interprétant des chansons de Boris Vian, Barbara demande au comédien en 1966 de faire la première partie de son tour de chant. Elle lui apprend à construire un tour de chant, et vit avec lui une histoire d’amour qui s’achève deux ans plus tard.

« Chaque concert est l’occasion du même cérémonial, où se mêle croyances, discipline, exigence : Barbara arrive très tôt dans les théâtres, arpente la salle pour superviser au plus près les moindres détails du spectacle, puis s’enferme dans sa loge jusqu’au moment d’entrer en scène ».

L’aventurière (1970-1981)
« Olympia 1969 : à la surprise générale, Barbara annonce l’arrêt, non pas de la scène mais de ses tours de chant, d’une façon traditionnelle de faire de la chanson... »

« Dès lors, elle s’aventure, guidée par ses intuitions et ses amitiés, s’essaie au théâtre (sans succès avec Madame), au cinéma avec Jacques Brel (Franz, 1972), Jean-Claude Brialy (L’Oiseau Rare, 1973) ou Maurice Béjart (Je suis né à Venise, 1977) ».

« Avec L’Aigle noir, Barbara devient une véritable artiste populaire, touche un nouveau public et fait la une des magazines ».

En 1973, « c’est sur les routes de France que Barbara se confie à la caméra de Gérard Vergez le temps d’une tournée. Ce voyage au plus près de la singularité de la chanteuse donnera le documentaire exceptionnel Barbara ou ma plus belle histoire d’amour, qui restitue l’atmosphère des spectacles et des répétitions, les secrets des coulisses et l'intimité de la loge de Barbara ».

« Mais à mesure que sa popularité grandit, l’artiste se fait plus discrète. Elle impose ses choix, comme le jeune François Wertheimer pour composer La Louve. Elle se retire à la campagne, dans sa maison de Précy-sur-Marne, qui devient son refuge, son espace de liberté et de création. C’est là qu’elle imagine ses futurs spectacles, compose ses chansons jusqu’à la fin de sa vie ».

La légende (1981-1997)
« Imaginés à Précy, les concerts de Pantin sous le chapiteau de 2000 places, en 1981, font définitivement basculer Barbara dans la légende. La chanteuse revient après des années de silence. Elle invente une nouvelle façon de construire des tours de chant, les premiers concerts-spectacles. La voix a changé mais la communion avec le public est plus forte que jamais ». 

« Toujours guidée par le désir de se réinventer, Barbara imagine une comédie musicale avec Gérard Depardieu, Lily Passion, sur laquelle elle travaille pendant cinq ans, n’hésitant pas à dérouter son public. Absente des médias, les concerts deviennent mythiques : Châtelet en 1987 et 1993, Mogador en 1990… »

Barbara « s’investit également, de façon très confidentielle, dans un combat contre le sida auprès des malades et des associations ; visite et chante en prisons. Femme engagée, elle participe à la campagne électorale de François Mitterrand en 1988, aux côtés de Jacques Higelin ».

Elle « enregistre son dernier disque en 1996, avant de s’éteindre le 23 novembre 1997 ».

Autour de l’exposition
Conférences, « concerts - Alexandre Tharaud, Barbara Carlotti, Albin de la Simone, Tim Dup, Cléa Vincent, Camélia Jordana -, rencontres, écriture de chansons, catalogue, coffret collector de quatre vinyles « , projections de films - Barbara à Pantin, concert filmé par Guy Job (France, 1981, 100 minutes), Franz, film de Jacques Brel (France/Belgique, 1971, 90 minutes), Barbara au Châtelet, concert filmé par Guy Job (France, 1987, 90 minutes), Barbara ou Ma plus belle histoire d’amour, film de Gérard Vergez ( France, 1973, 46 minutes), L’Oiseau rare, film de Jean-Claude Brialy (France, 1973, 80 minutes), et Je suis né à Venise, film de Maurice Béjart (France, 1976, 100 minutes) -, « permettent de découvrir le parcours de la chanteuse de façon vivante et imagée ».

Les « jeunes visiteurs se voient remettre un livret à l’entrée de l’exposition : un album illustré par Charles Berberian. L’auteur de bande-dessinée retrace les grands évènements de la vie de Barbara, de la petite fille qui voulait chanter à la « longue dame brune » et son immense succès ».

Les « admirateurs de Barbara, personnalités connues ou moins connues, sont invités à rendre hommage à la chanteuse en écrivant quelques mots sur des télégrammes exposés à la fin du parcours. Des télégrammes vierges sont mis à disposition des visiteurs pour qu’ils puissent également laisser un message. Ces télégrammes sont gracieusement fournis par la Fondation d’entreprise La Poste ».

« À 20 ans, un jeune accordéoniste et pianiste né à Alger arrive à Paris avec un rêve : accompagner Barbara. Roland Romanelli partagera avec elle la scène comme la vie pendant vingt ans. Avec ce spectacle, il raconte leur complicité entre souvenirs, confidences et chansons, interprétées avec sa compagne d’aujourd’hui Rébecca Mai ».

« En 1998, les éditions Fayard publiaient Il était un piano noir…, poignantes mémoires que la chanteuse Barbara n’eut guère le temps d’achever. Elle se raconte superbement, elle, la petite fille des Batignolles, qu’une enfance vagabonde, sur fond d’Occupation, amènera notamment à Marseille, à Tarbes, à Saint-Marcellin, avant le retour à Paris… Puis la jeune fille poursuivra obstinément son rêve : chanter, devant un piano noir, jusqu’aux débuts à L’Écluse, pour les premiers succès... Témoignage sensible et vrai sur un métier, la chanson, autoportrait d’une femme rebelle, artiste, solitaire malgré l’adulation de ses fans, et qui aura retenu jusqu’au bout quelques aveux déchirants, livrés dans ces pages que Juliette Binoche, accompagnée par Alexandre Tharaud, s’approprie ».

Barbara 
Mathieu Amalric a réalisé Barbara avec Jeanne Balibar.

« Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l'envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle » .

"Jeanne Balibar ne va pas jouer Barbara. Jeanne va jouer le personnage d’une actrice… qui doit jouer Barbara dans un film. Et à partir de là, tout pourrait devenir vivant. Tout ce qu’on aime peut entrer en étoile, en douce, en toile d’araignée. Un film dans le film comme dispositif, je dirais, amoureux. Une mise en abime pour éviter une mise en bière. Un film tricoté avec des contre-champs, des recadrages, des échappées de l’actrice dans la même matière visuelle et sonore. Des rouages de récit, de fictions malaxées, organiques… une capillarité". (Notes d’avant (extraits) de Mathieu Amalric)

 Depardieu chante Barbara
Le comédien Gérard Depardieu rend hommage à l'artiste Barbara par ses concerts, CD et films Depardieu chante Barbara.

"Avec le pianiste Gérard Daguerre, l’acteur a préparé puis enregistré dans la maison de Barbara, à Précy-sur-Marne (Seine-et-Marne), le répertoire de l’album... D’une chanson à l’autre, Depardieu dit des mots de Barbara, pendant que Daguerre joue – des regards et sourires traduisent une complicité. « Puisque je suis mystérieuse, autant le faire avec classe », « j’aimais mieux m’ennuyer seule que m’ennuyer à deux, ou à plusieurs », « on est étrange quand on est différent ». A l’occasion, Depardieu fait siens ces mots. Lorsqu’il dit « chanter c’est mon poison et ma médecine », chanter pourrait être remplacé par jouer. Par des gestes des mains, des avancées du corps, il accompagne les textes des chansons. Plutôt avec sobriété. Debout, à côté du piano, parfois assis, c’est lorsque la part de l’acteur est en retrait, quand il est plus dans la douceur, dans la fêlure de la voix, dans le souffle, une retenue d’expression, qu’il est le plus émouvant. Comme lors de Marienbad, Drouot, La Solitude (parfaite) ou A force de (écrite pour le dernier album de Barbara par Guillaume Depardieu, le fils de l’acteur, mort en 2008), beau moment de fragilité" (Le Monde, 11 février 2017).

« Barbara - Chansons pour une absente  »
Arte diffusera le 10 décembre 2017 « Barbara - Chansons pour une absente » (Barbara, die Lady des französischen Chansons), documentaire de Cyril Leuthy.

« En 1964, alors que la France vibre au son sucré des yé-yé, une jeune femme tout de noir vêtue, formée à l’intraitable école des cabarets, impose définitivement sa voix singulière dans le paysage musical tricolore. Rivalisant avec un Brel ou un Brassens, celle qui se définit simplement comme « une femme qui chante » touche au cœur un large public en mettant en mots et en notes de piano les morsures de l’existence. Mais si ses compositions touchent à l’universel, c’est à la source de sa propre expérience que Barbara a puisé leur émouvante authenticité ».

« Souvent qualifiée de mystérieuse, la dame en noir n’a pourtant cessé de se raconter au fil de sa carrière, de son « Enfance » à ses « Insomnies », de « Nantes » à « Göttingen ». Croisant captations de ses intenses interprétations, sur scène ou en studio, et extraits de ses rares interviews, dans lesquelles les mots, souvent, achoppent sur sa pudeur, Cyril Leuthy compose un admirable autoportrait musical – illustré de séquences d’animation poétiques – de Barbara, femme à la fois gaie et torturée, amoureuse passionnée, artiste exigeante et habitée, dont la musique fut « le poison et la médecine ».

« Tissé de ses plus belles chansons et d’extraits de ses rares interviews, un autoportrait sensible et musical d’une immense artiste, disparue il y a vingt ans, le 24 novembre 1997. Au travers de quelques-unes de ses plus belles chansons et d’extraits d’interviews, Barbara se raconte. Cette immersion dans ses mots compose un véritable autoportrait intime et sensible et un concert idéal ».

" Je ne fais pas de chansons engagées. Göttingen, c'est une chanson d'amour", a déclaré Barbara qui souligne le caractère autobiographique de ses chansons.



Deroudille Clementine, Barbara. Flammarion – Philharmonie de Paris, 2017. 24 x 31 cm. 288 pages. Broché. 300 illustrations. ISBN-13: 978-2081415881. 35€

« Barbara - Chansons pour une absente  », documentaire de Cyril Leuthy
Miyu Productions, INA, Arte, CNC, COSIP, Procirep et Angoa, 2016, 62 min
Animation réalisée par Sébastien Laudenbach
Sur Arte le 10 décembre 2017 à 18 h 10
Visuels
Barbara est une auteur-compositeur-interprète française née en 1930 à Paris. Nombre de ses chansons sont devenues des classiques de la chanson française, notamment : Dis, quand reviendras-tu ?, Au bois de Saint-Amand, Göttingen, La solitude, L'Aigle noir, Ma plus belle histoire d’amour... Elle a aussi jouer dans trois films et dans deux pièces musicales.
© INA

Du 13 octobre 2017 au 28 janvier 2018
A la Cité de la musique - Philharmonie de Paris
Espace d’exposition – Philharmonie
221, avenue Jean-Jaurès. 75019 paris
Tél. : 01 44 84 44 84
Du mardi au jeudi de 12 h à 18 h. Vendredi de 12 h à 20 h. Samedi et dimanche de 10 h à 20 h

Visuels
Affiche
Barbara © Just Jaeckin

Barbara au Théâtre municipal de Lausanne, fin des années 1960 © Marcel Imsand, Association Barbara Perlimpinpin

Barbara sur scène avec ses musiciens © Marcel Imsand

Barbara, rue de Seine, vers 1958 © Collection Georges Dudognon

La chanteuse Barbara, rue de Seine, vers 1958 © Collection Georges Dudognon

Barbara, 1965 © Stan Wiezniak

Barbara, 1969 © Claude Delorme

Texte manuscrit de la chanson Nantes
L’écriture de la chanson débute le 20 décembre 1959, lorsque Barbara apprend la mort de son père qu’elle n’a pas revu depuis qu’il a déserté l’appartement familial dix ans plus tôt. La chanteuse termine les couplets peu avant de l’interpréter sur scène au théâtre des Capucines en décembre 1963

Barbara à Bruxelles, années 1950 © DR Jean Soulat

Barbara à Göttingen, 1967© Marcel Imsand, Association Barbara Perlimpinpin

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Les citations sont extraites du dossier de presse.

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