vendredi 25 novembre 2016

Imanuel Yerday


Imanuel Yerday est un musicien et chanteur juif israélien d'origine éthiopienne. Ce "citoyen du monde" vit entre Israël, la France et d'autres pays. Après plusieurs aventures musicales dans divers groupes évoluant dans la World Music, il prépare l'album DBlacklion aux sonorités de World Reggae, Roots & Culture. Ce premier double album comprend 26 titres : 13 titres chantés, dont certains en hébreu, et ces 13 titres en "version instrumentale (ou Dub)". Pour compléter le financement de ce projet musical, il fait appel au crowdfunding et propose certains titres sur son site Internet. Un beau cadeau à offrir pour Hanoucca ou le nouvel an civil.


Né à Ashkelon en 1975 dans une famille pionnière d’origine éthiopienne, Imanuel Yerday grandit à Ashdod. 

Citoyen du monde
Il reçoit une éducation dans une yechiva de Bnei Akiva, une communauté dont les fidèles « portent la kippa sruga (Nda : tricotée à la main), et effectuent leur service militaire tout en étudiant à la yeshiva ».

La France ? « Au début, c’était une escapade », pour tenter sa chance artistiquement en apprenant « la langue française, terreau fertile pour [sa] musique qui diffuse des idées positives relevant du judaïsme, de [sa] culture qu’il chérit ». L’une des chansons récentes de cet auteur-compositeur-chanteur exhorte à « lutter pour son droit à la justice ».

Imanuel Yerday prépare l'album DBlacklion dont on peut entendre certains airs sur son site Internet qui propose de le co-financer par le crowdfunding.

Ce "nouveau projet musical apparaît comme une suite logique dans sa carrière".

En effet, "cela fait de nombreuses années qu'il s'est frayé un chemin dans le monde de la musique".

"Chanteur, compositeur et jouant de plusieurs instruments, il écrit et compose depuis son plus jeune âge. Sa quête musicale l'a emmené en Afrique, entre autres en Ethiopie, le pays de ses ancêtres et également en Europe, et aux Etats-Unis".

Imanuel Yerday "a d'abord fondé le groupe Jah Tribes dans lequel il portait la double casquette de chanteur et de compositeur. De 1992 à 1998, il fut le chanteur du groupe Roots Africa pour lequel il composa la musique et les textes de chansons. Ce groupe se produisit sur des scènes internationales et dans des Festivals, notamment le Achziv Reggae Festival.

C'est "en mars 1997 qu'il enregistra l'album de ses débuts Rise Oh Israel, au Sparkside Studios à Londres, Brixton. Des milliers de copies du CD ont été distribuées par NMC Music".

En France, Imanuel Yerday "a dirigé un groupe de musiciens aux origines africaines et françaises, reflétant le milieu cosmopolite et multiculturel particulier dans lequel sa musique évolue depuis près de vingt ans".

Résultat: ses textes sont socialement engagés, sa musique et ses arrangements, au confluent de plusieurs influences reflètent aussi bien le style world, jazz, reggae, soul, rock n'roll que la musique éthiopienne traditionnelle.

Ce premier double album dBlack Lion comprend 26 titres : 13 titres chantés, dont certains en hébreu, et ces 13 titres en "version instrumentale (ou Dub)" sur lesquels l'auditeur pourra chanter.

Imanuel Yerday "a su s'entourer d’une quarantaine des meilleurs musiciens de la scène internationale à Paris. Venant de Paris, de la Nouvelle Orléans et de Brooklin, ils lui ont dit oui et ont participé à ce merveilleux projet: Sam Koné, Abongy “Richacha” Balengola, et Carlos Gbaguidi à la batterie; Raymond Doumbé, David “Ras Jumbo” Jno-Baptiste, Yovo M’Boueke, Philippe Gnangny, et Emanuel Yerday à la basse; Muctaru Wurie au clavier; Fabio Deldongo et Vincent Théard au piano; Nelson Ferreira, Thierry “AEB” Elbaz, Alex Legrand, Florian de Junnemann, and Shahar Mintz à la guitare; Breno Brown saxophone ténor; Boney Fields à la trompette; Pierre Chabrele au trombone; Izia Wallerich Mirabelle Gilis et Léo Dedieu au violon; Olive Perrusson à l'Alto; Julien Roussel au violoncelle; Vincent Bucher à l'harmonica; Romain Maquet à la flute traversière; et Philippe Nalry, Emanuel Yerday, Carlos Gbaguidi, Armando “Rumba” Assouline aux percussions".

"L'ensemble donne aux titres une sonorité exceptionnelle, des accents très éclectiques et en 4 langues. Loin de vivre dans sa tour d'ivoire, Imanuel Yerday a écrit des textes bien ancrés dans notre époque, qu'il s'agisse de Arise, Sitting in Darkness, Darfur, Entaï Coinca, Shlomit, You Cant't sleep forever, Sport International, Citoyen du monde ou Ma seule liberté".

Enfin, une campagne de projet participatif (ou crowfunding) a été lancée afin de finaliser ce double album.

Vous "aimez cette formidable musique du monde? Vous pouvez rejoindre ce projet en likant, en partageant et en invitant vos ami(e)s à liker la page Facebook dBlack Lion". Déjà, la page Facebook a 9115 Like...

Judaïsme
« Le judaïsme constitue la seule religion où l’on peut trouver une éducation par rapport aux altérités. Ce qui contribue à rendre le judaïsme universel. Il faut aimer l’autre comme tu t’aimes », estime Imanuel Yerday qui n’a « jamais apprécié l’arrogance de certains Juifs. Le judaïsme n’est pas un cadeau, mais une mission. Il faut dégager une énergie exemplaire ».

Ce fidèle trouve à la synagogue consistoriale parisienne Montmartre, rue Saint-Isaure (75018) la « chaleur juive, un des points fondamentaux du judaïsme et désormais souvent méconnue en France ».

Imanuel Yerday déplore « l’incompréhension par des Juifs de diaspora des enjeux en Israël ». En effet, il regrette « l’ère actuelle de déclin de l’esprit juif en Israël et que la communauté judéo-éthiopienne soit placée en bas de l’échelle socio-économique en Israël, bien au-dessous des Arabes. Les Judéo-éthiopiens subissent une politique de ségrégation : des écoles, voire des quartiers, sont peuplés uniquement de personnes d’origine éthiopienne de façon à ce que la pauvreté ainsi que l’écart culturel se perpétuent ».

Sur la prétendue « malédiction de Cham », cet artiste présente plusieurs explications : « Nos exégèses avancent que Cham, par souci d'héritage, procéda à la stérilisation de son père, afin d'éviter la naissance d'un quatrième frère. Subséquemment, la malédiction porte sur le 4e fils de Cham, Canaan ». 

Imanuel Yerday précise : « Le mot Kouch signifiait autrefois l’Ethiopie, et plus précisément l’Afrique. Aucune précision n'est fournie par le texte biblique sur sa couleur de peau. Plus loin dans le texte, cette personne se territorialise en Afrique. D'après l'explication historique, Canaan, fils de Cham, a été maudit, et est devenu un peuple en Israël parmi les Jebussin, Hivi, Hittites, etc. Tous ces peuples ont été éliminés par les Hébreux lors de la conquête de la terre de Canaan, Israël. Environ 2000 ans à peu près plus tard, on a fait le lien entre le territoire et la couleur de la peau. Le caractère négatif de la couleur noire n'existe donc pas dans le texte biblique. Au contraire, le texte se réfère à la couleur noire de façon plutôt positive. Ainsi, dans le livre du roi Salomon, Le Cantique des Cantiques, le narrateur dit : « Je suis noire et belle, ô fille de Jérusalem », métaphore mettant en relief la couleur noire comme une sorte de critère de beauté. Dans ce cas, on peut constater la modification apportée par la traduction latine qui nous suggère la traduction suivante : « Je suis noire mais belle... », opposant la couleur noire et la beauté. Or, ces tendances raciales, qui ne feront que s'amplifier au fil des ans, trouvent leur source peu avant l'arrivée du christianisme, à la suite de la substitution des esclaves africains aux esclaves slaves ».

Visuels :
Imanuel Yerday jouant de la guitare
© Noam Chojnowski

Autres photos
© Rob Sitbon

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Cet article avait été commandé par L'Arche, publication du FSJU (Fonds social juif unifié), pour s'insérer dans un dossier sur les Juifs noirs. Mais ce dossier n'a jamais été publié par ce magazine.

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