dimanche 19 mars 2017

Le premier concours Judaïca 21 a mis la mezouza à l'honneur


L'Association européenne pour la culture juive (AECJ) a organisé ce concours en 2011 afin de promouvoir un art Judaïca, ou hébraica, contemporain. Une initiative visant à récompenser par quatre prix joliment dotés, en ce début de XXIe siècle, la créativité d'artistes, professionnels ou amateurs, et d'artisans, Juifs ou non-Juifs, dans la conception et la fabrication d'objets rituels liés au judaïsme. Sujet d'inspiration de cette première édition : la mezouza dont la vision rappelle à chaque Juif "l'obligation de se conformer aux commandements de la Torah". Tamar Schwartz, psychosociologue et enseignante du Tanakh, donnera deux conférences de 20 h 30 à 22 h sur la mezouza - une mézouza apposée au montant de la porte identifie la maison comme juive. Quelle sont ses significations ? Pourquoi se met-elle aux portes ? - le 19 mars  au siège de Association Séphora Berrebi (Paris) et le 20 mars 2017 au Beit Halimoud de Bordeaux.
Malgré les débats sur la signification d'un "art Juif" - créateur Juif ? Thématique Juive ? Lettres de l'alphabet hébraïque ? -, l'intérêt suscité par l'art Judaïca - œuvres "célébrant le calendrier juif, son rituel, sa tradition" - ne faiblit pas.


La diversité du Judaïca
Dès l'Antiquité, les objets liés aux services des deux Temples de Jérusalem et aux cérémonies religieuses ont été élaborés et produits avec une extrême attention.

Au fil des siècles, des artistes et des artisans - orfèvres, enlumineurs, bijoutiers, tisserands, brodeurs -, Juifs et non-Juifs, ont concouru à des œuvres "Judaïca" associant utilité et spiritualité, tradition et innovations techniques, souci esthétique et qualité, respect des principes Juifs et influences locales, et destinées aux synagogues et foyers des fidèles : bougeoirs, calendrier du Omer - calendrier permettant le décompte des 50 jours séparant la fête de Pessah de celle de Chavouot (des Semaines) -, coffret pour l'étrog (cédrat en hébreu) lors de la fête de Souccot (fête des cabanes), couvre halot (pains), décoration de Méguila (rouleau de la reine Esther lié à Pourim) et crécelle, hanoukia (chandelier à huit branches) et toupie à quatre faces, mezouza, Netilat Yadayim (ablution), plat de Séder, récipient pour le miel - le premier soir de Roch HaChana, les Juifs trempent une pomme dans du miel, symbole de la douceur espérée en cette nouvelle année -, set pour Havdalah - la prière de Havdalah (séparation) marque la fin du shabbat et de fête juive -, verre de Kiddouch (sanctification), cérémonie ouvrant le repas de fêtes...

Fait récent, cet art Judaïca connait un nouvel essor, plus particulièrement aux Etats-Unis et en Israël, sous l'impulsion d'artistes épris d'une modernité qu'ils déclinent en matériaux, langages et styles. Citons les lampes d'artistes pour Hanouca (fête des lumières) présentées par le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) lors de l'exposition Cent lumières pour Casale Monferrato.

"Réinventer le passé"
Fidèle à sa mission - "mettre en valeur et favoriser l'épanouissement de la vie et de la diversité de la culture Juive" -, l'AECJ encourage résidents européens majeurs, artistes ou artisans, professionnels ou amateurs, Juifs ou non Juifs, à renouveler l'art Judaïca.

Bénéficiant du soutien de la KC Shasha Foundation et de la Fondation Moses Mendelssohn (Paris) et du partenariat du magazine trimestriel Jewish Renaissance, ce concours de l'AECJ est doté de quatre Prix, dont l'un récompense un Jeune talent, d'une valeur de 1 000 € à 5 000 €.

Créée par l'Alliance israélite universelle (AIU) à Paris et par l'Institute for Jewish Policy Research à Londres, bénéficiant du soutien du Programme Culture 2000 de la Commission Européenne, l'AECJ inscrit sa triple démarche - spirituelle juive, artistique et patrimoniale -, qui relie la tradition à l'innovation, sous un slogan audacieux : "Réinventer le passé".

Spiritualité juive, car l'AECJ s'attache aux "objets liés à la célébration des fêtes ou des événements du cycle de la vie : Hanoukiya, plat de Séder (rituel de la fête de Pessah, Pâque juive), ketouba (contrat juif de mariage), etc."

Artistique, car les auteurs candidats disposent d'une large gamme de disciplines pour s'exprimer : peinture, sculpture, gravure, dessin, photographie, video, création sur ordinateur, design, graphisme, joaillerie, etc. Seule limite : la dimension doit être raisonnable pour permettre l'exposition de ces œuvres originales.

Patrimoniale, car les œuvres primées constitueront un ensemble d'objets de valeur destinés à une large diffusion notamment via Internet, un catalogue et des expositions.

La mezouza
Chaque année, l'AECJ retiendra une thématique spécifique. Pour cette première édition, le sujet d'inspiration est la mezouza, un boîtier renfermant un parchemin sur lequel sont inscrits deux extraits du Pentateuque et apposé sur le montant de portes d'un foyer Juif. Le candidat peut créer un boîtier ou "une œuvre librement inspirée par ce sujet sous un autre support : peinture, sculpture, vidéo..." Grande latitude est donc laissée à l'auteur qui décide aussi seul du choix de la matière, de la décoration de cet étui, etc.

Une initiative bénéfique à l'art Judaïca, à ses amateurs et à ses créateurs qui doivent envoyer via Internet leurs inscription et dossier avant le 31 juillet 2011.

Informés au plus tard le 15 septembre 2011, les candidats sélectionnés devront remettre leurs réalisations avant le 30 novembre 2011.

Les prix seront proclamés en janvier 2012.

Informations sur le concours Judaica 21 :
19, rue de la Tour d’Auvergne. 75009 PARIS
Tel/Fax : +33 (0)1 48 78 58 92
Renseignement : paris@aecj.eu en indiquant « Judaïca 21 »
Sur Facebook : http://www.facebook.com/pages/JUDAICA-21/216070405078462

Visuels de haut en bas : © DR
Coffret pour étrog

Oshrit Raffeld, raffeld@zahav.net.il
Décoration de Méguila d'Esther

Couvre halot

Bougeoirs

Mezouzot
Ce texte est un rédactionnel. Il a été publié le 16 juin 2011.

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