jeudi 13 août 2015

« L’Enlèvement au sérail », de Mozart et Stephanie


Arte présentera le 15 août 2015 « L’Enlèvement au sérail » (Die Entführung aus dem Serail, The Abduction from the Seraglio), opéra de Wolfgang Amadeus Mozart, sur un livret en allemand de Gottlieb Stephanie dans une mise en scène de David McVicar. Créé le 16 juillet 1782 à Vienne, c’est un singspiel en trois actes qui fait s’affronter, par le dialogue, chrétiens captifs et musulmans de l’empire ottoman.

« Créé en 1934 par John Christie, grand mélomane anglais marié à une chanteuse professionnelle, le bucolique (et très chic) festival de Glyndebourne compte parmi les plus charmants d’Europe ». Le petit théâtre originel a été métamorphosé : sa capacité est passée de 300 places à 1 200 sièges. Une salle comparable à celle de grandes scènes mondiale.

« Depuis la première édition, qui avait pour point d’orgue Les noces de Figaro et Così fan tutte, le Festival est réputé pour ses productions d’opéras de Mozart ».

« Trop de notes »
L’édition 2015 présente une nouvelle mise en scène de L’enlèvement au sérail par David McVicar, qui s’était distingué pour avoir monté Giulio Cesare de Haendel ou La Bohème de Puccini. 

Sur une commande de l’empereur d’Autriche Joseph II, le livret en est signé Gottlieb Stephanie, et Wolfgang Amadeus Mozart y a contribué. 

Inspiré de la pièce de Christoph Friedrich Bretzner, cet opéra a été créé le 16 juillet 1782. 

« Trop de notes, mon cher Mozart ! », critique l’empereur Joseph II. « Sire, pas une de trop ! », se défend Mozart.

« Construit tel un Singspiel, forme d'art lyrique germanique où alternent parlé et chanté », L’enlèvement au sérail, « premier grand opéra en allemand, témoigne de l’influence » sur l’empire d’Autriche de l’Empire ottoman, pourtant récemment vaincu : la Crimée tatare a été annexée par l'Empire russe de Catherine II en 1782.

Ce « feu d'artifice, aux mélodies virtuoses et aux ornementations orchestrales orientales, défend de nobles et modernes vertus telles que le courage, la tolérance et le pardon ».

L’intrigue : noble d’Espagne, Belmonte tente de libérer Konstanze, sa fiancée, Blonde, sa suivante, Pedrillo, son valet et amant de Blonde, enlevés « par des pirates et vendus au pacha turc Selim. Pendant ce temps, Konstanze résiste stoïquement aux avances de Selim », gardien du sérail.

Reflétant l’idéologie des Lumières, des scènes opposent la condition de la femme sous l’islam à celle en Europe, constituent des odes à la liberté de la femme, exhortent à son respect. 

Le pacha et de Selim représentent deux musulmans au caractère différent : le pacha finira par être magnanime en pardonnant et en consentant à la liberté des deux jeunes couples chrétiens, alors que Selim aurait préféré que ces derniers soient tués.

C'est ce dialogue entre deux cultures si contraires qui inhibe parfois des artistes. Une oeuvre similaire pourrait-elle être créée en ce début du XXIe siècle ? On peut en douter.

Comme l’œuvre musicale est tombée dans le domaine public, il est loisible aux artistes d’instrumentaliser ou de déformer cet opéra et ses messages, en en modifiant souvent le contexte sous prétexte de moderniser l’oeuvre.

Ainsi, dans une version montrée au festival de Salzbourg  en 1997, sur une mise en scène de François Gaspar (1951-2011), "franco-palestinien" qui avait choisi comme patronyme Abou Salem, et sous la direction d’orchestre de Marc Minkowski, des textes et morceaux musicaux arabes ont été ajoutés à ceux de Mozart, et les spectateurs observaient sur scène les « barbelés d'un émirat patrouillé de gardes portant kalachnikov en bandoulière », un casque bleu…
  
  
« L’Enlèvement au sérail », de Mozart
ZDF, 2015, 180 min
Sur Arte le 15 août 2015 à 20 h 50
Chœur : The Glyndebourne Chorus
Chorégraphie : Andrew George
Composition : Wolfgang Amadeus Mozart
Direction musicale : Robin Ticciati
Décors : Vicki Mortimer
Lumière : Paule Constable
Orchestre : Orchestra of the Age of Enlightenment
Présentation : Annette Gerlach
Réalisation : David McVicar
Réalisation TV : François Roussillon
Avec : Sally Matthews(Constance), Tobias Kehrer(Osmin), Edgaras Montvidas(Belmonte), Mari Eriksmoen(Blonde), Brenden Gunnell(Pedrillo)


Visuels : © Richard Hubert Smith

Articles sur ce blog concernant :

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire