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mardi 21 juin 2016

« Arthur Rubinstein » de Marie-Claire Margossian et « Arthur Rubinstein interprète Chopin, Concerto pour piano n° 2 »


Arte diffusa Arthur Rubinstein, documentaire (2010) de Marie-Claire Margossian et Arthur Rubinstein interprète Chopin, Concerto pourpiano n° 2 (1975/2010). Un portrait d'Arthur Rubinstein (1887-1982), pianiste Juif polonais, naturalisé américain, charismatique, polyglotte, virtuose, aimant la vie et post-romantique - interprète privilégié de Chopin, suivi d’un concert dirigé par Andre Previn. Article republié en cette Journée de fête de la musique.

Karel Ančerl (1908-1973), chef d’orchestre tchèque
Daniel Barenboim  
« Leonard Bernstein. The Making of "West Side Story », par Christopher Swann
« Un virtuose sans égal. Le violoniste Jascha Heifetz » par Peter Rosen
Yehudi Menuhin (1916-1999), violoniste et chef d’orchestre
« Menahem Pressler, la note consolatrice » d’Emmanuelle Franc
« Alma Rosé : Ne m’oubliez pas, s’il vous plaît » d’Edward Arckless
« Arthur Rubinstein » de Marie-Claire Margossian et « Arthur Rubinstein interprète Chopin, Concerto pour piano n° 2 »
« Alice Sommer Herz, un destin d'exception » de Christopher Nupen
« La force de la musique, la famille Wallfisch » de Mark Kidel
L’orchestre philharmonique d’Israël


« Je suis né avec cinq sens et un sens pour la musique... Il faut savoir aimer la vie sans condition... L'homme le plus heureux que je n'ai jamais rencontré... J'ai toujours été un collectionneur de moments d'éternité ». Tel se définissait Arthur Rubinstein. Sa fille Eva Rubinstein confirme la curiosité de son père pour tout ce qui nourrissait aussi son art : la littérature, les voyages, les visites de musées, etc. Un style de vie qui a aussi favorisé son imagination.

Et cet artiste singulier d'ajouter : " La musique est un bon médium". Et non "une tour d'ivoire" pour Arthur Rubinstein, précise le chef d'orchestre Daniel Barenboïm.

Pianiste post-romantique
Arthur Rubinstein nait dans une famille Juive de négociants - le père dirige une usine de textile -,  à Łódź (actuelle Pologne) en 1887. Arthur Rubinstein se plaisait à se décrire comme "paresseux" dans son travail au piano. Il ne reçoit pas l'affection souhaitée de ses parents, selon son fils John Rubinstein.

Cet enfant prodige donne son premier concert en 1894, avec un orchestre philharmonique. Quatre ans plus tard, à l’initiative du violoniste Joseph Joachim, il part étudier à la Hochschule für Musik de Berlin.

Il débute une carrière européenne, et poursuit son éducation auprès d’un précepteur.

En 1904, il fait la connaissance à Paris des compositeurs Maurice Ravel et Paul Dukas, ainsi que du violoniste Jacques Thibaud, et interprète le Second concerto pour piano de Saint-Saëns.

Il débute au Carnegie Hall de New-York (Etats-Unis) en 1906, puis s’installe à Paris.

Déprimé, endetté, il tente de se suicider en 1908. Il est désormais empli d'un nouvel et durable amour de la vie.

Pendant la Première Guerre mondiale, il demeure en Grande-Bretagne. Il donne des concerts dans ce pays d'accueil  et poursuit sa carrière internationale - Espagne, Amérique latine, etc. - qui lui permet de rencontrer des compositeurs : Manuel de Falla, Enrique Granados, Isaac Albeniz, Villa-Lobos..

Les années 1930 marquent l’avènement d’une jeune génération de pianistes illustrée par Rubinstein, après des pianistes âgés réputés mondialement, Sergueï Rachmaninov et Josef Hofmann. Rubinstein apparaît alors dans la lignée des pianistes postromantiques.

En 1932, il arrête ses concerts pour améliorer sa technique, épurer son interprétation tout en restant fidèle au compositeur, peaufiner son ton, et définir son répertoire lyrique, épouse Anelia Mlynarska, fille du chef d’orchestre Emil Mlynarski, avec qui il a cinq enfants, dont l'un décède en bas âge."Il valait mieux être d'accord avec lui", résument ses enfants.

Durant la Seconde Guerre mondiale, il s’établit aux Etats-Unis dont il acquiert la nationalité en 1946. Ce pianiste célèbre est choisi pour donner un concert lors de la cérémonie d’ouverture de l’Organisation des Nations unies (ONU) en 1945.

Sa famille est décimée par la Shoah. Ce qui motivera son refus de jouer en Allemagne. « Il faut manifester un certains respect pour les morts  », expliquait Rubinstein qui jouait à la frontière allemande. 

Ce pianiste virtuose, prisant l’audace et une interprétation venant du cœur, mais haïssant le maniérisme, se réinstalle à Paris dans sa maison qui avait été réquisitionnée par la Gestapo sous l’Occupation nazie.

« J'ai besoin du risque du moment », précise Rubinstein à propos du concert. Fort d’une abondante discographie, poursuivant une carrière multiple - soliste, musicien de chambre notamment avec Jascha Heifetz et Pablo Casals, professeur de master classes -, Rubinstein acquiert une célébrité et une popularité rares en interprétant Beethoven - «  Je l'adore » -, Brahms, un compositeur qui lui correspondait - « Quand il le jouait, c'était lui », selon les filles de Rubinstein -, Mozart et Bach, deux «  purs », Liszt, Ravel, Debussy et surtout Chopin qu’il « a extirpé des boudoirs de jeunes filles » et dans le respect de l'oeuvre, de son  « accent musical ».

« Pleines d'humour et de chaleur, les interprétations de Chopin par Arthur Rubinstein sont légendaires ». Arte propose l’enregistrement par Rubinstein du Concerto pour piano n° 2 en fa mineur, réalisé en 1975 avec le London Symphony Orchestra, sous la baguette d'André Previn, suivi du Scherzo en si bémol mineur pour piano seul, aussi de Chopin.

Anecdote savoureuse sur l'humour de Rubinstein : « Quand on lui disait après un concert : « Vous avez joué comme un Dieu »,  « mais Dieu ne joue pas du piano ! », rétorquait-il. Un « joyeux drille et un seigneur », se souvient le journaliste Jacques Chancel qui évoque les diners chez les Rubinstein avec Marcel Pagnol.


La biographie de ce virtuose en trois volumes est publiée de 1973 à 1980.

Rubinstein a été distingué par de nombreux Prix pour ses concerts de Beethoven, Schumann et Chopin.

Grand ami d'Israël où il a souvent séjourné en particulier pour des raisons professionnelles - il a dirigé l'orchestre philharmonique d'Israël pour la 3e symphonie de Brahms (1969) -, cet artiste a toujours revendiqué ses liens avec le peuple Juif et avec sa Pologne natale. Créée en 1974, une compétition pianistique à Tel-Aviv porte son nom.

Grâce aux souvenirs de trois de ses enfants, des témoignages de Jacques Chancel, ami intime de la famille souvent invité par les Rubinstein à Paris, de Daniel Barenboim ou Zubin Mehta, qui partagèrent l'affiche avec le pianiste, ce documentaire de Marie-Claire Margossian brosse un portrait émouvant de cet artiste.

Souffrant de début de cécité dès 1975, Rubinstein donne son dernier concert en 1976 à Londres, et décède en 1982 à Genève (Suisse).

En 1983, ses cendres ont été placées dans une urne, enterrée dans un lieu dénommé La forêt Rubinstein, près de Jérusalem, en Israël. Selon son souhait.

En 2007, la famille de cet artiste a donné à la Juilliard School de New York des manuscrits et livres de la collection d'Arthur Rubinstein dont il avait été spolié à Paris par les Nazis sous l'Occupation, et qui lui avaient finalement été restitués.

Visuels : © Zone d'Images, Unitel

Documentaire de Marie-Claire Margossian
ARTE France/Zone d’Images, 2010, 52 minutes
Diffusions les 15 août 2012 à 22 h 30 et 21 août 2012 à 5 h.

Allemagne/Royaume-Uni, 1975/2010, 43 minutes
Direction musicale : André Previn
Avec Arthur Rubinstein et le London Symphony Orchestra ~ Réalisation : Hugo Käch
Diffusions les 19 août 2012 à 19 h et 24 août 2012 à 6 h.

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Cet article a été publié le 14 août 2012.

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