lundi 9 janvier 2017

« Le lait : mensonges et vérités de Winfried Oelsner


Arte diffusa « Le lait : mensonges et vérités » (Milch - Ein Glaubenskrieg), de Winfried Oelsner. « Le lait, ami ou poison ? Indispensables à une alimentation équilibrée et source de nombreux nutriments pour les uns, associés au développement de maladies pour les autres, les produits laitiers suscitent aujourd’hui une vive controverse. Enquête sur le lait et ses dérivés, sujet qui déchaîne aujourd'hui les passions ».

Le « lait  est-il vraiment aussi sain que le prétendent ses défenseurs ? Depuis plusieurs années, le débat fait rage chez les nutritionnistes, les professionnels de la santé ou les industriels du secteur agroalimentaire ». 

« Indispensables à une alimentation équilibrée et source de nombreux nutriments pour les uns, associés au développement de maladies pour les autres, les produits laitiers suscitent aujourd’hui une vive controverse ». 

« L’industrie laitière, bien entendu, ne cesse de vanter leurs vertus et ils figurent au menu de tous les programmes de nutrition mais, parallèlement, ils sont de plus en plus critiqués ».

« Certains scientifiques et médecins s’appuient sur les résultats d’études récentes et sur le cas de patients pour démontrer que le lait joue un rôle dans l’apparition de nombreuses pathologies, telles que les allergies ou le diabète ».

« Dans ce contexte, difficile pour le consommateur d’y voir clair. Le lait et ses dérivés peuvent-ils réellement rendre malade ou faut-il continuer de les consommer  régulièrement ? »

« En Allemagne, en France et dans d’autres pays européens, ce documentaire part à la rencontre de scientifiques, médecins, producteurs et représentants du secteur laitier pour tenter d’apporter des réponses ».

Pourquoi les autorités continuent-elles alors à promouvoir le lait ? « Ce dogme émanant du lobbying industriel et relayé par les autorités sanitaires, est un leurre qui remonte à l'après-guerre. En 1954, Pierre Mendès France a par exemple instauré la distribution de lait (sucré !) dans les écoles », a déclaré à Arte le journaliste scientifique Thierry Souccar.

En 1954, Pierre Mendès France, alors Président du Conseil (Premier ministre),  voulait lutter contre la consommation élevée d'alcool et la dénutrition en France : des parents, notamment dans les milieux ruraux pauvre, veillaient à ce que leurs enfants partent à l'école le matin après avoir consommé un verre d'un vin fort. Et sa campagne en faveur du lait a suscité l'hostilité de ceux vivant de la vente du « gros rouge » : betteraviers, propriétaires de cafés, etc. Malgré cette opposition teintée d'antisémitisme, Pierre Mendès France a persévéré en argumentant : « Quels sont les faits ? Aucune population ne consomme plus d'alcool que la population française. Nos hôpitaux psychiatriques ne peuvent abriter toutes les victimes de l'alcool, dont le nombre croît chaque année... Il s'agit de rendre des hommes libres, conscients des dangers qui les menacent, et de les aider à éviter ces dangers... Les sommes annuellement gaspillées, tant pour la production exagérée des boissons alcoolisées que pour le traitement des victimes de l'alcoolisme, atteignent un montant astronomique, des centaines et des centaines de milliards ». Le plan de Pierre Mendès France « est arrêté : les récoltes de betteraves seront prioritairement orientées vers la production de sucre, et non plus d'alcool ; les 3,5 millions de bouilleurs de cru amateurs et professionnels seront surveillés pour que la fraude sur les quantités distillées cesse. Enfin, le lait sera promu et distribué chaque jour aux écoliers de France et de Navarre ». Et aux jeunes effectuant leur service militaire.

"Le lait et ses dérivés (les laits fermentés, yaourts, fromages…) ont des qualités nutritionnelles qui leur apportent une place privilégiée dans l’équilibre alimentaire. Ils sont la source principale de calcium, nutriment bien connu et essentiel dans la constitution du squelette et des dents. Ils sont aussi des fournisseurs importants de protéines contenant tous les acides aminés indispensables, de lipides, source énergétique et d’acides gras dont l’intérêt n’est plus à démontrer, de vitamines, et de lactose (le sucre du lait). Sans oublier que le lait est aussi composé à 89% d’eau, ce qui en fait un excellent moyen d’hydratation".

"Comme l’organisme ne sait pas fabriquer le calcium, il est impératif de l’apporter par voie alimentaire. C’est tout l’intérêt des produits laitiers, car ils offrent la meilleure absorption au niveau intestinal et assimilation par l’os (c’est la « biodisponibilité »). La spécificité de cette famille d’aliments fait que l’on parle du calcium des produits laitiers comme du calcium de « référence ». De plus, parmi les autres nutriments présents dans le lait, certains optimisent cette « biodisponibilité », comme les protéines, le lactose, la vitamine D et le phosphore... Du fait de ses qualités nutritionnelles, le calcium des produits laitiers devrait représenter 2/3 de nos apports quotidiens. Le tiers restant est complété par l’apport des autres aliments, essentiellement l’eau et les végétaux. Afin d’atteindre cet objectif, il est conseillé de consommer au moins un produit laitier par repas. Sans produits laitiers, difficile de couvrir ses besoins en calcium !"

Isaac Carasso (1874-1939), né à Salonique et vivant à Barcelone (Catalogne, Espagne), déplorait  la malnutrition des enfants espagnols. Intéressé par les travaux du savant russe Élie Metchnikoff concernant les vertus des ferments lactiques, il lance la fabrication de yaourts sous sa marque, Danone. Des produits laitiers d'abord vendus en pharmacies, puis distribués par les crèmeries.


Les objectifs d'une agriculture permettant aux agriculteurs de vivre de leur métier, respectueuse des animaux, des consommateurs et de la Nature, de produits agricoles non nocifs pour la santé, etc. sont bien sûr louables.

Mais cette énième soirée alarmiste et partiale semble conçue par des bobos pessimistes qui voudraient transformer l’être humain carnivore, omnivore, en herbivore, inspirer des peurs infondées auprès des téléspectateurs afin qu’ils achètent des produits bio très coûteux, et mettre un terme à une aventure humaine marquée par la domestication animale. Au risque de fragiliser des filières agro-industrielles efficaces. Et ce, alors que la consommation de lait diminue en France : désaffection pour le petit-déjeuner, allergies au lactose, mode du véganisme, etc.

Il aurait été plus intéressant de proposer une enquête sur la responsabilité de ministres de l'Agriculture, de syndicats agricoles, de l'Union européenne, etc. dans la crise d'une partie du secteur agricole français, de préciser les tailles des échantillons des études citées dans le documentaire, d'évoquer la variété de labels "bio" en France et les critères variables des produits "écolos" dans les pays de l'Union européenne et hors de l'UE, les conditions de travail des ouvriers agricoles dans des exploitations "bio"...

Judaïsme
Si le judaïsme autorise la consommation de lait de vache, il interdit de mélanger la viande et le lait animal, les produits lactés et carnés : « Tu ne cuiras pas le chevreau dans le lait de sa mère » (Exode XXIII, 19 et XXXIV, 26 et Deutéronome XIV, 21). Un verset qui apparaît à trois reprises dans la Torah. Pour respecter la cacherout, les Juifs observent un délai de plusieurs heures entre la consommation de la viande et l'ingestion de lait, recourent à des laits végétaux, notamment de soja, d'amandes ou de noix de coco, utilisent des vaisselles distinctes. "L’interdit de « cuire le chevreau dans le lait de sa mère » a été interprété de plusieurs manières par la tradition rabbinique et les anthropologues : volonté de rompre avec d’anciens rites de fertilité païens, distinction du groupe de fidèles des autres, besoin de spiritualité et d’élévation qui détache l’homme de son animalité, souci d’éviter toute cruauté envers les animaux, séparation de la vie et de la mort, métaphore du tabou de l’inceste…"

La Bible décrit la Terre de Canaan (Eretz Israël) comme le "pays où coule le lait et le miel".

« Le lait : mensonges et vérités » (Milch - Ein Glaubenskrieg), de Winfried Oelsner
Allemagne, 2016, 60 min
Sur Arte le 10 janvier 2017 à 20 h 50

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Les citations sont d'Arte.

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