Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

jeudi 22 novembre 2018

Nina Mushinsky


Nina Mushinsky est une artiste peintre et photographe née en 1964. Son travail dans chacune de ces deux disciplines s’avère intimement lié, mais s’inscrit dans des temps et registres distincts. Dans le cadre de Photo Saint-Germain 2018, la Galerie Le Minotaure et la Galerie Dina Vierny proposent l’exposition « Nina Mushinsky – Portraits  ».
    

Né en 1964 à New York, Nina Mushinsky saisit dans la rue un moment, un personnage en situation, une émotion. L’immédiateté. Puis, dans son atelier, cette artiste peint, en un an, de mémoire, son souvenir, ce qu’a filtré, retenu, altérés, a mémoire.

« Nina Mushinsky déniche et photographie ses images en Europe centrale avant de les retranscrire en peintures dans son atelier de New York, peintures qui imposent un même sentiment d’errance que celles du peintre danois Vilhelm Hammershøi. Mushinsky fait preuve d’un travail très minutieux qui combine l’expérience vécue avec l’illusion visuelle. Son travail se concentre sur les limites de la réalité en utilisant à la fois la technologie moderne que constituent la photographie et la peinture traditionnelle. Et c’est entre ces deux médiums que se situe sa mystérieuse grisaille. Dans le travail de Nina Mushinsky, il s’établit une véritable relation entre des techniques et méthodes impersonnelles, et une tendre sensibilité. Son travail de peintre, caractérisé par une réelle virtuosité, nous décrit des valeurs humanistes à dimension morale. Aussi, les peintures de Mushinsky pourraient à la fois se revendiquer de l’appropriationnisme ».

« L’ensemble de peintures et de photographies fonctionne comme une histoire de ma propre vie et celle des personnes qui en font partie. Isoler les images les aspire dans un trou noir, les anéantit et les éclaire en même temps. J’observe, j’habite et je pénètre dans divers milieux à première vue sans rapport les uns avec les autres. Ils ont tous quelque chose qui relève du spectacle. Entre mes mains, les membres éminents des communautés manquent presque d’être des leaders ou des iconoclastes et deviennent des icônes à part entière. Je me soumets à une présence réitérée de ces individus en devenant à la fois vulnérable et réfractaire à leur influence. Je me donne comme objectif un amour et une dévotion incessants. En fin de compte, je les aime comme des humains ; et ensuite ils meurent ! Ils forment un groupe culturellement diversifié. J’ai rencontré beaucoup d’entre eux dans ma ville d’origine. Les photographies brouillent les lignes entre le théâtre et la vie réelle », a analysé Nina Mushinsky.

« Le peintre Nina Mushinsky découvre et photographie ses images dans des cadres insolites, puis les transforme en tableaux dans l’intimité de son studio. Ces toiles inspirent un sentiment de déplacement. Mushinsky fait preuve d’une concentration exceptionnelle qui marie une expérience réelle et une illusion visuelle. Elle travaille sur les marges de la réalité en utilisant à la fois la technologie moderne qu’est la photographie, et la peinture traditionnelle. Sa grisaille mystérieuse se situe quelque part entre ces deux médias. Dans le travail de Mushinsky, il existe une relation entre les méthodes – techniques et impersonnelles –, et une sensibilité empreinte de douceur. Les œuvres de Mushinsky s’appliquent à des questions telles que l’appropriation d’images déjà existantes, l’hybridation et le mélange des genres. Avec la photographie, le moment est immortalisé en partant du principe qu’il est préservé pour l’éternité. En revanche, les peintures ne sont pas liées à un instant précis, elles sont « intemporelles ». Les tableaux de Mushinsky, ainsi que ses photographies, font ressortir les deux parties de l’histoire. L’artiste, après avoir pris une photo, attend parfois plusieurs années avant de l’imprimer. Elle la met ensuite de côté pour la peindre principalement de mémoire. Le souvenir d’un souvenir d’un souvenir, voilà̀ comment on pourrait qualifier sa peinture. Les photographies de Mushinsky n’ont rien d’instantané à part peut-être son tour de passe-passe. Trois décennies passées à photographier ce qui un jour finira peut-être par devenir une toile, ont amené Nina Mushinsky à filer dans l’image originale son résultat définitif. La prémonition d’un souvenir d’un souvenir d’un souvenir, voilà comment on pourrait qualifier son œuvre photographique », a écrit Janos Gat. 

Et d’expliquer : « Le photographe Nina Mushinsky peint dans son studio des jours durant. Quand elle sort avec son appareil photo, ses yeux sont comme affamés. Elle photographie avidement tout ce qui les attire, mais ce sont généralement des sujets revêtus – par la nature ou par le temps – de la même patine que celle qui recouvre ses objets domestiques usagés. Alors que la photographie est censée figer un moment précis, on attend de la peinture qu’elle le dilate et le fasse durer à jamais. Dans son travail, Mushinsky rejette ces idées préconçues. Pour elle, le temps, en plus d’être un élément et une dimension, constitue un thème obligatoire. il faut généralement un an à Mushinsky pour achever un tableau. auparavant, cela prenait deux ans. avant que l’impression numérique ne soit inventée, elle disposait minutieusement des points gris, les uns à côté des autres, pour recouvrir ses toiles ; sa main agissant à la manière d’un outil de dispersion de la peinture dans ce qui devenait finalement un procédé de jet d’encre anthropomorphisé. Depuis que la technologie l’a rattrapée, la technique de Mushinsky est devenue plus « picturale ». il n’y a rien dans sa touche de pinceau qu’un « vieux maître » ne reconnaîtrait pas, et il y a beaucoup de choses qu’un « vieux maître » approuverait. D’autre part, alors qu’aujourd’hui il su!t à Mushinsky d’un simple « clic » pour capturer l’instant, chaque photographie sortant de sa chambre noire témoigne de l’inéluctable déclin universel. Un photographe « classique » n’a pas grand-chose à reconnaître, chacune de ses images étant un instantané de Dorian Gray ».


Du 7 novembre 2018 au 24 novembre 2018
A la Galerie Le Minotaure
2, rue des Beaux-arts. 75006 Paris
Tél. : 01 43 54 62 93
Du mardi au samedi de 11 h à 13 h et de 14 h à 19 h
Et
A la Galerie Dina Vierny
36, rue Jacob 75006 Paris
Tél. : 01 42 60 23 18
Du mardi au samedi de 14 h à 19 h

Visuels :
Nina Mushinsky, Gypsy girls, Gyor, Hungary, 1988 © Nina Mushinsky
Nina Mushinsky, Arad, Romania, 1995 © Nina Mushinsky
Nina Mushinsky, Hugo and my shadow, Coney Island, 2008 © Nina Mushinsky
Nina Mushinsky, New Years Eve, Vukovar, Croatia, 1999 © Nina Mushinsky
Nina Mushinsky, Self Portrait, Hotel Gellert, Budapest, 1992 © Nina Mushinsky

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Les citations sont extraites des communiqués de presse.

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