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mercredi 7 novembre 2018

« Les Yatzkan » par Anna-Célia Kendall-Yatzkan


« Les Yatzkan » (Die Familie Yatzkan) est un documentaire réalisé par Anna-Célia Kendall-Yatzkan (2012). Le 7 novembre 2018, il sortira au cinéma Saint-André des Arts (Paris). Diverses rencontres sont prévues. « De Paris au Yiddishland, entre Pologne et Lituanie, la réalisatrice renoue les fils de sa famille dispersée par la Shoah, en un cheminement aussi poignant qu'espiègle » remontant vers la presse Yiddish avant la Deuxième Guerre mondiale, en particulier Haynt, journal populaire sioniste fondé par son grand-père maternel Shmuel Yankev Yatskan


« À la mort de ma mère, je me retrouve dépositaire d’une centaine de cartons remplis de documents apparemment sans valeur. Photos de parfaits inconnus, lettres illisibles, tickets de tiercé et facturettes de monoprix, un piano délabré… C’est de ces « restes » que surgit l’histoire de ma mère et de sa famille. Une évocation de leur périple dans une Europe du vingtième siècle à feu et à sang, depuis les confins de la Lituanie jusqu'à Paris : la grande Histoire vue par le prisme de la petite et la découverte de la figure de celui qui fut non seulement mon grand-père mais encore magnat de la presse yiddish d'avant guerre. Jusqu’à ce que je trouve enfin que faire de l'encombrant piano », explique Anna-Célia Kendall-Yatzkan, réalisatrice des Yatzkan, documentaire Lauréat de la Bourse « Brouillon d’un rêve » de la Scam.

« Élevée par une mère fantasque à l'incurable accent yiddish, la réalisatrice découvre après le décès de celle-ci, dans un fatras d'archives, petits billets et souvenirs, les fragments d'une histoire familiale qui ne lui a jamais été racontée. Son grand-père maternel, dont elle apprend en même temps le patronyme, Yatzkan, fonda en 1906, puis dirigea jusqu'à sa mort, en 1936, un grand quotidien populaire en yiddish, Haynt  (« Aujourd'hui »), véritable miroir d’une culture engloutie par la Shoah, dont le siège fut un temps polonais ».

Ancien élève de yeshiva, Shmuel Yankev Yatskan (1874-1936) fonda Haynt avec des éditeurs associés, les frères Noyekh et Nekhemye Finkelshteyn. Il en fut le rédacteur en chef. Il eut l’idée de ce quotidien en Yiddish publié à Varsovie de 1908 à 1939 en observant le succès du quotidien populaire, et peu coûteux, Idishes tageblat (1906–1910) qu’il avait lancé.

Avec Der Moment (Le Moment, 1910-1939), Haynt est l’un des deux journaux marquants de la presse en yiddish d’Europe centrale, notamment polonaise. De huit à dix pages en semaine, ce journal s’étoffe pour son édition du chabbat et des fêtes juives. Les raisons du succès de Haynt ? De bonnes plumes - Chalom Aleichem, qui y publia son roman Der Blotiker Shpas (La plaisanterie sanglante), Lettres de Menachem Mendel, I.L. Peretz, Hillel Zeitlin, David Frishman, Sholem Asch et H.D. Nomberg -, la couverture d’une actualité large – pages culturelles, dédiées à la femme, consacrées à la santé - en suivant les évolutions de la Pologne indépendante et reflétant les aléas de la condition Juive, les romans feuilletons à sensation, les « Shondromanen » (romans à l’eau de rose), son sionisme. Le lectorat : des juifs orthodoxes à ceux laïcs. Les ressources provenaient des ventes, des abonnements et des annonces. Face à la crise économique, la journal se constitue en coopérative dénommée Alt-nay. L’éclatement de la Seconde Guerre mondiale fait éclater l’équipe du journal dont une partie tenta de fuir les bombardements nazis et les persécutions antisémites, suit les routes de l’exode, ou est décimée par la Shoah.

Grâce à un projet de l’université de Tel Aviv et de l’Israel National Library, la collection de ce journal est publiée sur le site de la Jewish Historical Press.

« Entre pianotages sur Internet, retrouvailles émues avec des cousins d'Amérique inconnus et voyage dans les plaines enneigées qui virent naître les siens, Anna-Célia Kendall-Yatzkan reconstitue peu à peu dans ce film « la ligne brisée » de son ascendance maternelle, retraçant les derniers pas de ses ancêtres assassinés ». 

« Mais cette « enquête de mémoire » à la première personne du singulier, dans laquelle elle se met en scène avec autant de malice que de sérieux, est aussi un chemin vers l'apaisement : un tribut solennel – mais non dénué d'espièglerie – aux disparus, pour tenir en respect l'oubli et le déni ».

Sortie en salles

Le 7 novembre 2018, sortira au cinéma Saint-André des Arts (Paris) ce film. Les séances seront suivies de rencontres avec la réalisatrice et des personnalités. L'historienne Annette Wieviorka interviendra notamment le 12 novembre. "Les Yatzkan" bénéficie du soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, du Musée d’art et d’histoire du judaïsme (mahJ), de la Maison de la Culture Yiddish, et du Cercle d’étude de la Shoah. Une Sélection Les Découvertes du cinéma Le Saint André des Arts.

Le 6 novembre 2018, sur France Culture, aura lieu un jeu durant l’émission de Arnaud Laporte « La Dispute » avec des places à gagner pour Les Yatzkan — "une incitation que grand-père Yatzkan n’aurait pas désavouée, initiateur de telles pratiques dans la presse juive".


"Que faire des affaires de ma mère, de la paperasse, des bouts de ficelle et de son piano déglingué ?" ironise l’auteur-protagoniste quand surgit des cartons son histoire familiale passée sous silence. L’aventure d’Anna, la réalisatrice de ce film, commence avec un papier enfoui dans la paperasse laissée par sa mère. Elle y découvre les hauts faits de son grand-père, Samuel Yacov Yatzkan, pionnier de la presse populaire yiddish. La voilà lancée sur les traces de son grand-père, Yatzkan, grande figure de la presse populaire du "Yiddishland" du début du XXe siècle. Levant le voile sur les épisodes douloureux de ces confins de l’Europe, une "enquête de mémoire" menée avec autant d’obstination que de fantaisie. Depuis le Yiddishland lituanien du XIXe siècle jusqu’à Paris, de fil en aiguille et de recherches sur Internet en rencontres émouvantes, cette "enquête de mémoire" renoue les fils d’une famille dispersée par la Shoah".

"Comment s’inscrire dans une lignée quand la ligne est brisée ? Que faire des affaires de sa mère, de ses mille petits papiers et bouts de ficelles inutilisables, que faire de son piano tout déglingué ? De ces "restes" surgit l’histoire de sa famille. Anna retrace son périple, à la poursuite de l’apaisement, non sans une pointe d’espièglerie. Jusqu’à ce qu’elle sache enfin que faire de l’encombrant piano."


Ce film a été récompensé d’une Etoile de la SCAM en 2016 (précédemment lauréat de la bourse Brouillon d’un Rêve de la Scam), il a été présenté aux États généraux du film documentaire à Lussas, et en avant-première par les Amis du Lieu de Mémoire au cinéma du Chambon-sur-Lignon, au MAJH et au Mémorial de la Shoah dans le cadre du mois du film documentaire et il a été diffusé par ARTE-La Lucarne.


« Les Yatzkan » par Anna-Célia Kendall-Yatzkan
Idéale Audience  - ARTE France « La Lucarne », avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, avec le soutien de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, la Région Ile-de-France, la Procirep Angoa – société des producteurs et la participation du CNC – Aide à la réécriture et Cosip 2012, 75 min
Sur Arte le 3 novembre 2015 à 0 h 35, le 16 janvier 2018 à 2 h 35 
Les Yatzkan d'Anna-Célia Kendall-Yatzkan
Au Mémorial de la Shoah le dimanche 29 novembre 2015 à 16 h 30, dans le cadre du Mois du film documentaire. " Que faire des dessins de ma mère, de son piano déglingué, de ses mille petits papiers ?" s’interroge la réalisatrice.  Du fond d’un carton où elle découvre une note sur les hauts faits de Yatzkan, son grand-père, débute une aventure, qui la mène sur ses traces, depuis le Yiddishland lituanien du XIXe siècle jusqu’à Paris".
En présence de la réalisatrice, de Jérôme Prieur, écrivain, réalisateur (sous réserve), Lydia Flem, écrivaine, psychanalyste et photographe, Doris Bloom, plasticienne et Harold Halpern.

Du 7 au 20 novembre 2018
30, rue Saint-André-des-Arts. 75006 Paris
Tous les jours (sauf le mardi 13 novembre) à 13 h
Séance supplémentaire : mardi 27 novembre à 13 h

Visuels :
© Courtesy Musée Ethnographique de Cracovie/Michal Greim
© ACKY
© Idéale Audience/Hélène Le Coeur
© ACKY
© National Library of Israel
© Idéale Audience/Hélène Le Coeur

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont extraites d'Arte, d'Idéale Audience et de la Scam. Cet article a été publié le 2 novembre 2015, puis le 16 janvier 2018.

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