mercredi 18 novembre 2015

Le MAHJ collectionne... la photographie


Dans le cadre de « Paris collectionne », 30 ans du Mois de la Photo, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté l’exposition éponyme réunissant des œuvres d’une vingtaine de photographes, de toutes nationalités, et présentant un panorama varié de la vie des Juifs, du XIXe au début du XXIe siècle, dans divers pays. Cet article est republié au cours de la 4e édition de Photo Saint-Germain (7-22 novembre 2015).


Le MAHJ est une institution culturelle jeune – environ dix ans d’âge – qui a constitué, par une politique déterminée d’achats et d’attraction de donateurs – photographes, collectionneurs, etc. -, une collection remarquable de photographies, dont certaines ont été présentées lors d’expositions.

Elle en présente une sélection déclinant les genres photographiques – reportages, portraits, recherches artistiques, telles celles de Nathan Lerner, professeur puis directeur du News Bauhaus à Chicago – et les sujets : célébrités ou anonymes.

Reportages et documents évoquant la vie des juifs du XIXe siècle à nos jours dans le monde. La collection a été constituée grâce à des achats patients et à des dons de photographes ou de collectionneurs.

Parmi ces photographes, citons Robert Capa, François Margolin, Pierre Abensur, Evgueni Khaldeï, Edward Hillel, Didier Ben Loulou, Nathan Lerner...

« Portraits de famille, témoins d’une vie passée, portraits de personnalités, portraits autour de moments historiques, l’affaire Dreyfus en particulier, visages de communautés passées et présentes, en Europe orientale, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et jusqu’en Inde ». Le MAHJ déroule « une petite histoire de la photographie… caractéristique de la place de ce médium, entre archive et œuvre d’art, dans le musée ».

Le MAHJ a sélectionné divers clichés, en accordant une place privilégiée à une « œuvre phare appartenant à la Maison européenne de la Photographie (MEP), la série de portraits du père de l’artiste américain Richard Avedon – emblématique de la présence juive dans la photographie du Nouveau Monde ». Une série émouvante du père du photographe, spécialiste du portrait sur fond blanc, atteint d’un cancer.

Des photos qui entament des dialogues.

Entre Georges Perec, saisi lors du tournage du documentaire sur Ellis Island (1979) et ces réfugiés Juifs arrivant en 1949 dans le port de Haïfa dont Robert Capa montrent leur émotion, leur fatigue, leur curiosité pour cet Etat renaissant.

Entre ces Juifs d’un village agricole soutenu par l’ORT dans le Yiddishland et qui témoignent d’un monde détruit par la Shoah et Simone Veil attentive lors d’un office de prières, à la grande synagogue des Victoires, rappelant le 30e anniversaire de la libération d’Auschwitz.

Entre ces élèves d’une école primaire juive à Istanbul (1984) par Laurence Salzmann et ces étudiants talmudistes qui débattent à New York devant l’objectif de Leonard Freed (1954).

Des photos qui révèlent la pluralité des regards. La Jérusalem de Didier Ben Loulou (1991-2006) et celle de François Margolin montrant la fête de Seged (1995), spécifique aux Juifs originaires d’Ethiopie.

Les Juifs d’Inde vus par Frédéric Brenner, ceux d’Asie centrale – Tachkent ou Samarkand - par Gueorgui Pinkhassov, et ceux d’Iran par Pierre Abensur. Si loin et si proches…

Isaac Pereire (1806-1880), Alfred Dreyfus, ou le sculpteur Jacques Lipchitz en 1950 par Arnold Newman, réputé pour exceller dans le « portrait environnemental ».


Jusqu’au 23 janvier 2011
Au musée d'art et d'histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple
75003 Paris
Du lundi au vendredi de 11 h à 18 h le dimanche de 10 h à 18 h, nocturnes les mercredis jusqu’à 21 h

Visuels de haut en bas :

Affiche de l'exposition
Enfants de Constantine Algérie, fin du XIXe siècle
Auteur anonyme ©MAHJ

Nathan Lerner
Charley’s Eye, Chicago, 1940
© Kiyoko Lerner

Frédéric Brenner
Le rabbin et sa femme, Village d’Alibag, Inde, 1984
© F. Brenner

Lotte Jacobi
Olga Klein Astrachan costumée, Berlin, 1928
© University of New Hampshire
Didier Ben Loulou
Jérusalem
© Didier Ben Loulou

Evgheni Khaldeï
Terre calcinée, Mourmansk, région arctique, juin 1942
© Famille Khaldeï

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Cet article a été publié sur ce blog le 15 janvier 2011.

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