mercredi 10 août 2016

Jeanne Lanvin


Le Musée de la Mode de la Ville de Paris célèbre « la plus ancienne maison de couture française encore en activité » : celle fondée par Jeanne Lanvin  (1867-1946) en 1889 à Paris et dont le directeur artistique est Alber Elbaz, créateur de mode Juif israélo-américain. Environ cent modèles retracent le parcours de cette modiste en chapeaux, devenue femme d’affaires avisée en créant une maison de haute couture pour femmes - emblématique « robe de style », bleu Quattrocento fétiche -, puis pour enfants et homme, compositrice du parfum Arpège, conceptrice de mobilier (lifestyle, mode de vie), et mère adorant sa fille-muse Marguerite. Manque l’évocation de Bella Ariel (1912-1943), mannequin Juive  turque chez Jeanne Lanvin faubourg Saint-Honoré (Paris), dénoncée , déportée et tuée à Auschwitz. Le musée des Arts décoratifs présente l'exposition Fashion Forward. Trois siècles de mode (1715-2016).
« Lors de mon premier jour chez Lanvin, on m’a présenté le logo. Un logo c’est un peu comme un nom de famille, celui de Lanvin c’est une mère et sa fille. Il résume à lui tout seul l’esprit de la maison… Je pense que nous sommes arrivés à faire une exposition autour du rêve de la mode », écrit Alber Elbaz, né en 1961 à Casablanca (Maroc), directeur artistique de la maison Lanvin, et collaborateur à cette exposition du Palais Galliera.

En une centaine de modèles, le Palais Galliera « présente la première rétrospective parisienne consacrée à Jeanne Lanvin (1867-1946), styliste ayant une vision globale incluant non seulement les vêtements pour la famille - adultes et enfants, mais aussi le mobilier, fondatrice de la plus ancienne maison de haute couture encore en activité ».

En fait, 1993 marque la fin de cette activité chez Lanvin dont les propriétaires se sont succédés depuis le décès de Marguerite de Polignac : Midland Bank londonienne, Orcofi, L'Oréal, la businesswoman chinoise Shaw-Lan Wang.

Femme d’affaires avisée
Née dans une famille parisienne nombreuse – onze enfants – et pauvre, Jeanne Lanvin est familiarisée avec son futur métier au contact de sa mère, couturière.

Elle travaille dès l’âge de treize ans dans des boutiques de chapeaux.

Après un bref séjour à Barcelone (Espagne), c’est en 1885, à Paris, que Mademoiselle Jeanne débute comme modiste de chapeaux « Jeanne Lanvin » rue du Marché-Saint-Honoré. Pour Jeanne Lanvin, les chapeaux constitueront toujours « l’accessoire indispensable pour compléter ses silhouettes ».

Dès 1889, Jeanne Lanvin  ouvre une boutique « Lanvin (Mlle Jeanne) Modes » au 16 rue Boissy d’Anglas, entre les places de la Madeleine et de la Concorde.

En 1893, elle obtient son pas de porte au 22 rue du Faubourg-Saint-Honoré. 

Mariée en 1896 au comte Emilio di Pietro, Jeanne Lanvin devient mère en 1897 de Marguerite. Sa fille unique chérie devient sa muse, celle qui lui inspire de nouvelles voies d’essor pour sa maison de haute couture. « C’est pour l'émerveiller, que de fil en aiguille, elle émerveillera le monde », écrivit la femme de lettres Louise de Vilmo­rin.

Divorcée en 1903, Jeanne Lanvin épouse Xavier Mélet, journaliste au quotidien conservateur Le Temps et consul de France à Manchester. Elle découvrira d'autres cultures, d'autres vêtements et coloris lors des voyages du couple. 


La relation mère-enfant, celle liant Jeanne à sa fille Marguerite, caractérise la maison Lanvin. En 1908, la première collection Lanvin pour enfants s’inspire des tenues conçues pour Marguerite et ses poupées admirées par les autres fillettes et leurs mères qui les commandent. Chez Jeanne Lanvin, « tenues pour enfant et pour adulte entretiennent des liens stylistiques très étroits, imprimant un caractère juvénile aux créations de la maison qui se déclinent pour femme et pour enfant ou jeune fille. Si l’emblématique robe de style est proposée en version réduite telle la robe « Les Petites Filles Modèles », la maison proposera également quelques tenues pour garçonnets ». 

Puis, en 1909, Jeanne Lanvin ouvre un département jeune fille et femme.

Elle dédie un espace « spécifique « mariée » au sein de sa maison de couture et propose également des tenues de cérémonie et de cortège pour enfant et jeune fille, fidélisant, de mère en fille, une clientèle prestigieuse photographiée dans Femina, Vogue, L’Art et la Mode, Excelsior Modes… »

Jeanne Lanvin « adhère alors au Syndicat de la couture et entre dans le monde très fermé des « Maisons de couture ». 

Portraits photographiques, garde-robe personnelle, papiers à en-tête, griffes de la maison où le logo noir se détache sur fond blanc et jusqu’aux modèles : « Orphée », « Passionnata », « Concerto », « Sèvres »… qui jouent sur le positif et le négatif, Jeanne Lanvin affiche, dès la fin des années 1910, une prédilection pour le noir et le blanc. Cette esthétique bicolore va de pair avec des jeux graphiques et géométriques qui domineront les années 1930.

Jeanne Lanvin élargit son offre dans des « départements lingerie, fourrure, et dès le début des années 1920, s’ouvrent les départements décoration et sport ».

Dès 1924, la « maison adopte le célèbre logo dessiné par Paul Iribe » représentant la couturière Jeanne Lanvin et Marguerite. « Inspiré d’une photographie prise lors d’une fête costumée », ce logo résume « à lui seul l’élan et l’amour » de Jeanne Lanvin pour sa fille Marguerite. Ce « logo dansant d’une femme et d’une enfant qui se tiennent par les mains, se décline sur des supports aussi variés que les papiers à en-tête, les boîtes d’emballage… et vient désormais habiller la griffe « Jeanne Lanvin ». Ce logo perdure à ce jour pour distinguer les créations Lanvin.

Nouvelle étape : en 1926, Jeanne Lanvin « part à l’assaut de la mode masculine ». Elle conçoit le costume d'académicien d'Edmond Rostand.

Accompagnant sa clientèle dans ses lieux de villégiatures, cette femme d’affaires inaugure aussi des succursales à Deauville, Biarritz, Barcelone, Cannes, Le Touquet… Elle implante sa marque à Buenos-Aires (Argentine).

De Fra Angelico et des vitraux gothiques, Jeanne Lanvin emprunte le bleu Quattrocento, sa « couleur fétiche. La litanie des noms de ses modèles évoque les multiples variations du coloris : « Vitrail », « Azur », « Ciel bleu », « Delft », « Lavande », « Firmament », « Bleu nuit », « Saphir », « Pervenche », « Indigo », « Lazuli », « Outremer »… Bleu lavande, bleu roi, bleu dur, bleu vitrail, bleu marine… Comme en témoignent les échantillons de l’album de la collection Biarritz. Bleues les ceintures, bleues les doublures, bleus les cartons d’invitation, boîtes d’emballage, flacons de parfum… Au bleu Lanvin, sont adjoints le rose Polignac et le vert Vélasquez. En 1923, Jeanne Lanvin, qui affectionne les couleurs, crée son atelier de teinturerie à Nanterre.

Avec son département Lanvin Décoration ouvert dès les années 1920, Jeanne Lanvin « choisit avec Armand-Albert Rateau, un ton bleu pour le Théâtre Daunou, le même que pour la chambre et le boudoir de son hôtel particulier rue Barbet-de-Jouy (conservés aux Arts décoratifs), de ce bleu qui deviendra « le » Bleu Lanvin ».

En 1927, pour les trente ans de sa fille - âge de la maternité pour Jeanne Lanvin - , Jeanne Lanvin compose Arpège, le plus célèbre des parfums Lanvin imaginé par André Fraysse et André Vacha. Une fragrance d'une « impeccable modernité » selon Colette, où "rose bulgare, jasmin de Grasse, chèvrefeuille et muguet caracolent dans une sensuelle partition". Le nom « Arpège » rend hommage au talent de pianiste de Marguerite, devenue Marie-Blanche de Polignac. Le « logo de la maison, représentant la couturière et Marguerite, est apposé sur le flacon boule réalisé par Armand-Albert Rateau ». Le « logo - mère et fille inséparables - se détache à l’or sur la célèbre boule noire opaque d’Armand-Albert Rateau", décoré par le dessin de Paul Iribe, et "qui contiendra tous les parfums de la maison » dès 1925.

André Fraysse crée une douzaine de parfums pour Jeanne Lanvin : le Sillon, Le chypre, Comme-ci comme ça, Lajea, J’en raffole, Ladogaresse, Fleurit l’oranger, Geranium d’Espagne, Après-Sport, Friction, Cross Country , My Sin… Arpège est décliné en eau de parfum (1987), en Eclat d'Arpège (2002) et en Arpège pour Homme (2005). Les noms des parfums Lanvin des années 1920-1930 sont évocateurs : Âme Perdue et Pétales Froissées (1928), Scandal (1933), Rumeur (1934) qui sera réédité en 2006, trois ans après la réédition de Vetyver.

Savoir-faire
Environ « mille ouvrières, petites mains, premières proposent des centaines de modèles » Jeanne Lanvin par an, et attestent le savoir-faire  sophistiqué de cette maison.

« Carnets de voyages, échantillons de tissus ethniques, bibliothèque d’art, Jeanne Lanvin n’aura de cesse de cultiver sa curiosité pour créer ses tissus, motifs et couleurs exclusifs ».

Jeanne Lanvin, « c’est l’art de la matière et de la transparence, des broderies, surpiqûres, entrecroisés, spirales, découpes : la virtuosité du savoir-faire ».

C’est « un parfait classicisme à la française avec des robes de style très XVIIIe – buste affiné, taille basse, jupe ample gonflée – dialoguant avec la ligne « tube » de l’Art déco, ses géométries en noir et blanc, sa profusion de rubans, cristaux, perles, fils de soie… » 

Jeanne Lanvin, c’est aussi « l’art des broderies, de la matière et de la transparence, des surpiqûres, entrecroisés, spirales, découpes : la virtuosité du savoir-faire ». 

« L’emploi des surpiqûres souvent matelassées, aux motifs géométriques parfaitement raccordés devient une signature à l’image du manteau « Lohengrin », des robes et boléro : « Phèdre », « Fouquet’s », « Platine »… tout comme la virtuosité des applications et découpes, le jeu des transparences et de l’opacité avec les robes « Saturne », « Milady », « Grand soir », « Marguerite de la nuit » et « My Fair Lady »…

Des « robes du soir, des boléros, des manteaux d’exception où s’exerce le prodigieux savoir-faire des ateliers Lanvin contribuent au rayonnement de la maison de couture ».

La maison Jeanne Lanvin a aussi signé les costumes de pièces de théâtre à succès dont la mise en scène est signée Louis Jouvet - Jean de la Lune de Marcel Achard et Amphitryon 38 de Jean Giraudoux (1929), Domino de Marcel Achard (1932) à la Comédie des Champs-Élysées, Le Château de cartes de Steve Passeur, (1937) au Théâtre de l'Athénée, Cantique des cantiques de Jean Giraudoux (1938) à la Comédie-Française,  Les Bonnes de Jean Genet (1947) au Théâtre de l'Athénée - ou Pierre Fresnay : Du côté de chez Proust de Curzio Malaparte au Théâtre de la Michodière et Auprès de ma blonde de Marcel Achard, au Théâtre des Célestins en 1948.

« Travail, intuition, compréhension du monde moderne, le succès de cette femme discrète au destin exceptionnel est au rendez-vous ».

Robes-bijoux
« Plusieurs robes connues de celui qui fut à l’origine de l’art de la Haute Couture sont brodées de cristaux. Dès la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, Charles Frederick Worth utilise des cristaux semés sur les tissus aux grands motifs qui sont la signature de ses robes ». Conservée au Palais Galliera, présentée lors de l’exposition universelle de 1900, griffée de la Maison Paquin, une robe « exceptionnelle déploie sur le buste et la traîne une fantaisie de cristal savamment développée qui donne une poésie et un mystère au modèle unique. Les robes bijoux des années folles sont des hypothèses plus sérieuses encore à l’utilisation du cristal. De formes simples, elles semblent trempées de paillettes, de perles ou de cristaux étincelants…. »

Dans « ce contexte d’ultra sophistication, Jeanne Lanvin ne fait pas exception. Certaines de ses robes du soir, dont les plus notoires comme « Bel Oiseau » ou « Cavallini » associent le taffetas de soie, le satin noir et le cristal lumineux qu’elle dispose en motif d’oiseau ténébreux ou de nœud frivole ». 

En 1925, Paris accueille l’Exposition internationale des Arts décoratifs  et industriels modernes. Etant un art décoratif, la mode est « très largement représentée » et Jeanne Lanvin y joue un rôle déterminant. « Au prestigieux pavillon de l’Élégance dévolu au grand luxe parisien, elle expose un ensemble de robes aussi précieuses que des bijoux, couvertes de perles, cristaux, lamés or et argent… dans les tons vert absinthe : « Lesbos » avec sa cape « Clair de lune », « La Duse », « Prélude », « Mille et Une Nuits ». À ces lignes tubulaires, elle oppose « La Cavallini » : une robe de style noire avec un nœud brodé surdimensionné accompagnée de « Rita », une cape rouge vif ».

Dans les années 1920 et 1930 « où son art délicat de l’élégance culmine, Jeanne Lanvin associe formes sobres, volumes expressifs et motifs à disposition qui prennent feu sous l’usage des cristaux à la mode. D’autres noms comme Elsa Schiaparelli sauront distribuer dans leurs créations ces points qui semblent de lumière taillée ».

« Dès la fin des années 1910, Jeanne Lanvin brode de cristaux ses robes du soir. Nous sommes particulièrement fiers que plusieurs pièces exposées soient ornées de cristaux Swarovski, à l’instar de la magnifique robe du soir « Bel Oiseau » de la collection Automne-Hiver 1928-1929 », observe Nadja Swarovski, membre du Conseil d’Administration de Swarovski. 

Robes brodées et perlées

Chez Jeanne Lanvin « plus que chez d’autres encore, la parure est un art. Les broderies de toute origine, de tous les matériaux embellissent littéralement les vêtements. Ce goût immodéré que la couturière entretient avec les métiers de l’apparence explique la naissance d’atelier de broderie dans sa maison même quand d’autres se tournent vers les artisans en titre ».


Grâce à ses trois ateliers de broderie, les collections de Jeanne Lanvin accordent une part privilégiée « aux luxuriantes broderies, entre exotisme et géométrisme, en vogue dans les années 1920 ».

« Brodés ou appliqués sur fond uni, les motifs se déploient en d’impressionnants décors naturalistes et figuratifs, telle la robe « Bel oiseau », souvent décentrés, disposés en diagonale, selon une asymétrie chère à Jeanne Lanvin ».

Dans les années 1930, « flamboyance de l’ornement et classicisme cohabitent, boléros, cols et collets pailletés, bijoux en trompe-l’œil, ceintures rehaussent de leur brillance la sobriété des robes du soir ».

La robe de style
La « robe de style, robe de garden-party, connaît son plein épanouissement chez Jeanne Lanvin dans les années 1920 et rencontre un succès jamais démenti pour une clientèle d’enfants, de jeunes filles et de femmes ». 

Vêtues par Lanvin à la ville et à la scène, Jane Renouardt (1890-1912), Raquel Meller (1888-1962) et Yvonne Printemps (1894-1977) en « véhiculent l’image. Avec force volants, pétales, dentelles, rubans, cocardes, nœuds… une jupe très évasée, toujours longue en dépit des courants de la mode, montée sur cerclettes, cette silhouette à la taille fine, au corsage ajusté s’oppose radicalement à celle tubulaire des années 1920 ».

Une « ligne qui doit autant au XVIIIe siècle qu’au Second Empire, aux paniers qu’à la crinoline se décline avec « Au temps jadis », « Un brin d’histoire », « Fêtes galantes », « Impératrice », « Versailles », « Vision d’antan », « Les Petites Filles Modèles »…

« Le succès des robes de style composées par Lanvin a toujours été tel que, très simplement, le modèle à jupe bouffante est devenu la “robe Lanvin” », écrit Vogue en octobre 1924. 

Inspirations
Les inspirations de Jeanne Lanvin ? Exotiques et ethniques, géométrisme et Art déco.

Si « l’exotisme a toujours été une inépuisable source d’inspiration pour la mode, il trouve son point d’orgue dans les années 1920, aucune maison de couture n’échappant à ce courant. Aux décors inspirés par la Chine, la Turquie ou le Japon viennent s’ajouter les motifs décoratifs issus de l’empire colonial français, des répertoires aussi enrichis par les créations des ateliers de broderie des russes blancs venus se réfugier à Paris. Textiles rapportés de voyages ou achetés aux Puces, albums d’échantillons de broderies réalisées par les ateliers de la maison constituent, au même titre que sa riche bibliothèque de livres d’art, un précieux témoignage des recherches de Jeanne Lanvin ».

Dès 1924, « vêtements et motifs liturgiques, lignes monacales imprègnent le travail de Jeanne Lanvin grâce au savoir-faire de ses ateliers qui subliment ces inspirations religieuses et médiévales. Comme La Légende Dorée parcourt la vie des saints, les titres de ses modèles : « Croisade », « Chevalier », « Lancelot », « Alléluia », « Angélus », « Oraison », « Reliquaire », « Vitrail »… sont autant d’invitations à entrer dans son imaginaire ».

« Boulogne » et « Guilhem » anticipent « la tendance de la mode des années 20 inspirée par les grands courants du cubisme, de l’abstraction suivis par toutes les maisons de couture des plus avant-gardistes aux plus traditionnelles. Le jeu des contrastes entre le fond crème et les motifs noirs ou bleu marine de ces deux modèles – l’un, ponctué d’une ceinture corail – se radicalise par le recours au rythme, strictement répétitif, d’une succession de triangles identiques répartis en bandes verticales. Quant aux sweaters de la maison, ils offrent un panorama complet de ces possibilités offertes par le géométrisme et les décors inspirés par l’art abstrait ».

Bella Ariel, mannequin Juive sépharade
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, « l’été 1939 voit la haute couture briller de mille feux. Les robes du soir romantiques, larges et vaporeuses sont une invitation à la valse ».

« Paris fut rarement plus brillant. On voletait de bal en bal. Craignant le cataclysme inévitable, on gardait l’espoir désespéré de l’éviter, et, de toute façon on voulait finir en beauté », se souvient Christian Dior.

Exemples de cette élégance sophistiquée : les robes « Scintillante » et son boléro en trompe-l’œil, « Cyclone » et son réticule assorti.

Lors de l’hiver 1945-1946, à la veille du décès de Jeanne Lanvin, son manteau du soir « Sérénade » dit aussi « Barcarolle » s’impose par son élégante sobriété » à ce jour.

Sa fille Marguerite succède à Jeanne Lanvin comme styliste, et demeure propriétaire de la maison jusqu'à sa disparition en 1958.

Curieusement, alors que Alber Elbaz, créateur de mode Juif israélo-américain, a collaboré à cette exposition du Palais Galliera, cette dernière omet d’évoquer Bella Ariel (1912-1943). Un sort tragique qui méritait quelques mots. Car, lors de défilés parfois filmés, lors de présentations privées à des clientes, les mannequins ont aussi représenté le style Lanvin.

Mannequin Juive  turque brune, élancée, distinguée, chez Jeanne Lanvin faubourg Saint-Honoré à Paris, Bella Ariel  a été dénoncée, déportée et tuée à Auschwitz. Sur le site de l'INA (Institut national de l'audiovisuel), deux vidéos sur Jeanne Lanvin et ses ateliers montrent Bella Ariel.

La lettre la dénonçant est ainsi rédigée : Bella Ariel « est donc en contact constant avec la clientèle. Elle se vante de sa race, injurie les antisémites et fait de la propagande gaulliste. Le numéro de téléphone de son domicile est Littré 45.28 mais les renseignements du téléphone ont instruction de ne pas indiquer l’adresse ». 

En « juin 1943, l’inspecteur Arrighi se rend chez Jeanne Lanvin ; il y trouve Bella Ariel, née en 1912 à Constantinople, qui prétend « ne travailler qu’en studio et de ce fait ne pas se trouver en contact avec le public ». Comme elle loue un appartement près de son travail, sans autorisation, elle se trouve en infraction avec les ordonnances allemandes 3 et 6, et est consignée au poste de police de l’Opéra. 

Elle est déportée le 18 juillet 1943 dans le convoi 57. Elle n’est pas revenue ». 

L’historien Laurent Joly précise : « Les renseignements semblent émaner d’un administrateur provisoire. Sur cette missive, on reconnaît l’écriture » de Joseph Antignac, entrepreneur et directeur du cabinet de Louis Darquier de Pellepoix, Commissaire général aux Questions Juives (CGQJ) où il est chargé de l' « aryanisation économique » : « Faire faire une enquête. Renseignements fournis par de Fontréault. » Le dossier est transmis le 26 mai 1943 à la SEC. Le délateur à l’origine de cette affaire n’est autre que Marcel de Font-Réaulx, futur président de l’Association française des propriétaires de biens aryanisés. Font-Réaulx avait été l’associé de l’ami de Bella Ariel au sein de la société Line Peuch. Notons qu’interrogé en 1949 (Font-Réaulx est, lui, décédé en 1948), ce dernier avoue son incrédulité : « Je ne pense pas qu’il soit le dénonciateur. Je précise que lorsque cette dernière était internée à Drancy, j’avais également chargé De Font-Réaulx d’intervenir auprès d’ANTIGNAC pour la faire libérer. Il m’a dit ne pas avoir obtenu satisfaction. » (Centre des archives contemporaines (CAC), 890158/13, audition d’Édouard M., 18 juin 1949) Mais il est plus que probable que Font-Réaulx ait fait à peu près l’inverse, alimentant Antignac des ragots et informations précises que l’on peut lire dans une lettre adressée par le directeur de cabinet du CGQJ à la Gestapo : « Je vous confirme que les renseignements qui viennent de me parvenir m’indiquent que l’amant de cette juive, M. M. Édouard […] ne cesse de faire des démarches en vue de faire libérer sa maîtresse. […] En conséquence, je vous demande de vouloir bien maintenir la juive ARIEL à DRANCY et de la faire déporter le plus rapidement possible à moins que son pays d’origine ne la réclame. Je vous signale enfin qu’une liaison est établie entre M. M et sa maîtresse et, grâce à la complicité du personnel de DRANCY, cette dernière reçoit des lettres et des paquets tous les jours et qu’il lui est possible de pouvoir écrire à son amant quotidiennement. » (CAC, 890158/13, copie d’une lettre de Joseph Antignac à Heinz Röthke, 1er juillet 1943) » (Laurent Joly, La délation antisémite sous l'Occupation, Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2007/4, n° 96)


CITATIONS DU CATALOGUE

« Le Patrimoine Lanvin », par Charles-Henry Paradis, avec la contribution de Laure Harivel et Hania Destelle 
« À l’aube des années 1980, dans l’obscurité des greniers de la plus ancienne maison de couture encore en activité, reposent plus de cinq cents modèles de l’époque de Jeanne Lanvin… Pourquoi tant de robes entreposées en ce lieu ? Était-ce une volonté de Jeanne Lanvin de constituer ses archives ? Le mystère reste entier. Les malles ne sont pas numérotées, aucun document n’accompagne leurs hôtes… Le nombre de modèles, leur date et la diversité qu’ils révèlent pourraient correspondre à une méthode de travail de la couturière… 

Ainsi, la robe de mariée de sa fille chérie, de nombreuses robes perlées datant des années 1920, des costumes de théâtre et robes de style, des ensembles ethniques et vêtements pour enfants ont été conservés ici, à l’abri du temps. À cet important fonds textile s’ajoutent une collection de parfums et de cosmétiques, près de vingt-cinq années d’échantillons de perlages et de broderies, ainsi qu’une multitude de documents et photographies amassés par la couturière. 
L’hypothèse selon laquelle Jeanne Lanvin avait un goût pour archiver ses collections se vérifie avec le formidable ensemble de livres de croquis. La couturière disposait en effet d’un atelier de dessin. Visionnaire, elle laissait libre cours à son imagination, demandant à ses modélistes d’écrire ses idées avec le tissu, comme un peintre écrit avec la couleur. Tous les modèles des collections présentés aux clientes et à la presse étaient systématiquement représentés sous la forme d’un dessin ou d’une gouache, répertoriés par saison dans de gros albums reliés. La créatrice préférait les baptiser d’un nom propre, tel que « Bel Oiseau », plutôt que d’un numéro. Fait unique dans les annales de la mode, le Patrimoine Lanvin conserve l’intégralité des croquis de collections de Jeanne Lanvin. Plus de trois cents albums sont préservés et numérisés (depuis 2012). Ce principe étant devenu une tradition, la maison Lanvin conserve ainsi les dessins de tous les créateurs qui ont succédé à la fondatrice, entre autres Antonio del Castillo (1950-1963), Jules-François Crahay (1964-1984), Claude Montana (1990-1992) ou Alber Elbaz (2001)...
Au début des années 1920, Jeanne Lanvin décide d’assurer une production de décoration d’intérieur en s’associant à l’architecte décorateur Armand-Albert Rateau. Cette association va constituer un nouveau fonds mobilier. Tables, bureaux, chaises, fauteuils, boiseries représentent un autre aspect exceptionnel du Patrimoine Lanvin. Placé dans les boutiques historiques, ce mobilier a su trouver sa place de nos jours, notamment dans le concept des boutiques Lanvin.
Au troisième étage de l’immeuble historique, une pièce calme est le cœur vibrant de la maison. Entièrement décoré par Eugène Printz en 1931, le cabinet de travail de Mme Lanvin s’articule autour d’un bureau en laque noire et métal. Une grande bibliothèque en laque gris tourterelle s’étend sur tout le pourtour de la pièce, offrant des rayonnages mobiles à ses livres, ses carnets de voyage, ses exemplaires de la Gazette du Bon Ton et du Journal des Dames et des Modes, ses ouvrages de faune et de flore, ainsi qu’à divers autres documents religieux, régionaux et théâtraux. En partie basse, derrière des vitrines claires coulissantes, sont rangés ses étoffes et costumes ethniques d’inspiration rapportés de voyages. Ce lieu rempli d’histoire est toujours soigneusement entretenu…
Pour enrichir son fonds, les quatre collections de mode femme et homme qui défilent pendant l’année sont inventoriées, puis archivées.
En parallèle, des restaurations textiles sont entreprises sur des modèles importants. Et, depuis 2007, Lanvin est labellisée « Entreprise du patrimoine vivant » pour son département Sur-mesure Homme qui existe depuis 1926. Une reconnaissance de l’État français à l’égard de son savoir-faire exceptionnel ».

« La robe de style », par Sophie Grossiord
« La bibliothèque de Jeanne Lanvin, où La Galerie des Modes et Costumes français voisine avec Les Modes parisiennes, Le Journal des Demoiselles, Le Journal des Dames et des Modes, Le Magasin des Demoiselles, La Mode illustrée, ainsi que les gravures ornant les salons de vente photographiés pour Les Modes en 1912 par Henri Manuel révèlent toute la place que tiennent les modes et les styles du passé dans son inspiration.
On rencontre le terme « robe de style » dès 1912. C’est une robe de style de Marcief que porte Mlle Mistinguett, photographiée par William Henry Fox Talbot pour Les Modes en février de la même année.
Des cerclettes lui donnent déjà une certaine ampleur.
Issue de la crinoline de guerre en vogue chez les couturiers en 1915, la robe de style, robe de garden-party, de cérémonie, de cortège, connaît son plein épanouissement chez Lanvin dans les années 1920 et rencontre un succès durable auprès d’une clientèle jeune. Présente dans chaque collection, elle connaît des variantes dans ses proportions, peut être agrémentée de volants ou de pétales superposés en taffetas montés sur tulle, ou encore garnie de dentelle.
On la trouve chez la femme, la jeune fille et l’enfant… Affiches et documents publicitaires exploitent cette silhouette, exacerbée par le dessin.
Et si d’autres maisons, telles que Boué Sœurs ou Callot Sœurs, la proposent dans leurs collections, chez Lanvin, elle apparaît comme une signature. La robe est souvent ornée de rubans, d’une cocarde ou d’un nœud, aux proportions parfois impressionnantes, comme en témoigne « La Cavallini » en 1925. L’ampleur de la jupe sur laquelle se déploie le décor, extrêmement évasée, toujours longue en dépit des courants de la mode, mettant en valeur la finesse de la taille et le corsage très ajusté l’opposent radicalement à la silhouette tubulaire des années 1920 dont Jeanne Lanvin, indépendante, s’affranchit à maintes reprises.
« Comment ne pas songer aux grâces des menuets et des révérences alanguies devant les toilettes de style, cependant si modernes, de Mme Lanvin ? […] Mme Lanvin a compris que ces belles robes élargies s’harmonisent à la femme de toutes les époques, et que leur charme est éternel comme celui d’une véritable œuvre d’art. »
En 1921, quelques descriptifs mentionnent la présence de cerclettes ; ainsi des robes « Firmament » en taffetas bleu lavande à « cerclettes sur les côtés donnant l’effet élargissant », « Datura », « Sylvie » ou « Rosemonde ». Cependant, les robes « Marjolaine », « Colombine » et « Raquel Meller », aujourd’hui au Palais Galliera, n’ont malheureusement pas conservé ce dispositif. Lyrique, la Gazette du Bon Ton, revue à laquelle Jeanne Lanvin collabore depuis mars 1914, exprime son émerveillement : « Quant aux robes de style, elles se sont, si étrange que cela puisse paraître, encore renouvelées. Tant il est vrai que l’artiste, même en s’inspirant du document, fait œuvre personnelle et anime de son souffle des éléments de beauté qu’elle puise dans le passé. Ces robes sont des œuvres d’art, non seulement par l’effort de reconstitution dont elles témoignent, mais encore par l’imagination décorative qui rajeunit les thèmes anciens […]. »
« Casanova », « Au temps jadis », « Dubarry », « Madame de Lamballe », « Un brin d’histoire », « Greuze », « La Malibran », « Fêtes galantes », « Infante », « Impératrice », « Versailles », « Duchesse », « Vision d’antan », « Cendrillon », « Minuit », « Bergamasque », « Maîtresse du roi », « La Vallière », « Longhi », « Les Petites Filles Modèles » : les noms des modèles renvoient en effet à nombre de références culturelles du passé. Ils deviennent romantiques avec « Celle que j’aime », « J’aime les fleurs », « Pour danser », « Rêve d’amour », « Rêve d’or », « Féerie », « Aimez-moi » ou « Mariage des roses ». 
La fidélité de Jeanne Lanvin à la robe de style est constante, et les longues robes du soir des années 1930, dont la jupe s’évase comme sur les modèles « Idole » ou « Les Ondes », en sont les héritières. Cette invitation à la valse aboutit aux robes romantiques et vaporeuses de l’été 1939, dont le Palais Galliera conserve, avec « Scintillante », « Cyclone » et « Fusée », quelques exemples parmi les plus prestigieux.
« Quant au nom de Lanvin, il était lié, pour moi, au souvenir des jeunes filles en robes de style, avec lesquelles j’avais dansé mes premiers fox-trots, charlestons et shimmys. Dans les bals, elles étaient toujours les mieux habillées », écrira plus tard Christian Dior avec nostalgie. La robe de style n’annonce-t-elle pas le New Look ? »

« Le romancier des robes, Alber Elbaz », par Olivier Saillard
« Qu’il s’agisse de Geoffrey Beene, Guy Laroche, Yves Saint Laurent, ou aujourd’hui Jeanne Lanvin, auxquels il offre sa vision de robes cousues et décousues, Elbaz n’apparaît jamais mieux que lorsqu’il feint de servir. D’une maison à l’autre, ses frontières stylistiques demeurent intactes. Alber Elbaz agit de même que ces grands auteurs qui ont su donner de leur talent en traduisant d’autres écrivains du patrimoine littéraire qu’ils admirent.
Son travail est le dessin, devenu une forme d’écriture offensive. Dès l’âge de 5 ans, dessiner était son occupation et sa préoccupation. À une institutrice admirée, il fit le cadeau, enfant, de tous les vêtements qu’elle portait et dont il avait enfermé les souvenirs quotidiens dans le trait. Il n’a jamais cessé depuis de dessiner. Toujours des robes pour des femmes aux visages imaginaires. Le livre de sa vie est parcouru de majuscules en jupes, de minuscules à volants, de parenthèses en pardessus et d’étoles de suspension… Alber Elbaz se dit amoureux des femmes et de leurs correspondances, qu’il collectionne et compile en architecture insensée de papier.
Griffonneur, correcteur, embellisseur, Alber Elbaz est né d’une mère peintre et d’un père coloriste qui possédait un salon de coiffure. L’historien de mode ne peut espérer mieux pour décrire celui dont les créations en tissu semblent tout droit sorties des tubes de l’enfance. Aux châssis et aux cheveux, il préfère la mousseline, le crêpe ou le satin des doublures qu’il adule tels des épidermes de fantaisie dans lesquels il a taillé son œuvre.
Cette généalogie artistique et insolite l’a conduit de Tel Aviv à New York, puis de New York à Paris.
En 2001, il est nommé directeur artistique de la plus ancienne des maisons de mode encore en activité : la maison Jeanne Lanvin. Dans les livres d’échantillons que la couturière a compilés, dans les tissus traditionnels et exotiques qu’elle a accumulés, Alber Elbaz apprécie la sincérité du détail. Dans les robes de jour et du soir que les décennies du XXe siècle ont coupées avec finesse, il aime la légèreté, qui aiguise ses ciseaux. Des soies, des tulles froissés observés dans les archives de la maison, il conserve la fragilité…
Si Chanel inventa la modernité annexée aux logistiques médiatiques, si Schiaparelli fit de l’art son conjoint, si Grès s’incarna dans la technique et Vionnet dans la coupe virtuose, Lanvin fut à l’origine d’une réflexion générale sur le style de vie (life style). Les nombreux départements que la couturière inaugura (mode, haute couture, chapeaux, enfant, homme et tailleur, décoration…) servent aujourd’hui encore de sédiment pour l’invention d’une couture qu’Elbaz entend « express »… Avec Jeanne Lanvin, Alber Elbaz partage le goût pour la discrétion. À cet éveil à la création, un motif dans lequel les formes se révèlent encore plus intemporelles, il ajoute les caractères effrontés qui signifient son écriture.
Deux photographies troublantes de similitudes montrent, sans qu’Elbaz en ait eu connaissance les deux couturiers dans l’exercice du portrait. Jeanne Lanvin, sur une photographie de François Kollar, Alber Elbaz sur une photographie de David Sims dissimulent leur visage dans leurs mains et surexposent les doigts qu’ils ont pour outils magnifiques. Au-delà de cette posture partagée, une philosophie et une ligne de conduite les assemblent. Elbaz voit dans le travail un antidote à la vie ». 

REPERES BIOGRAPHIQUES

« 1867 1er janvier. « Naissance de Jeanne Lanvin, l’aînée de onze enfants
1880. Apprentie chez Madame Bonni modiste ; son surnom est la petite omnibus
1885. S’installe à son compte, rue du Marché-Saint-Honoré
1889. Ouvre sa boutique de modiste au 16, rue Boissy-d’Anglas
1893. L’adresse de la maison est 22, rue du Faubourg-Saint-Honoré
1896. Mariage avec Emile di Pietro
1897. Naissance de Marguerite, Marie, Blanche di Pietro
1903. Divorce d’Emile di Pietro
1907. Remariage avec Xavier Mélet
1908. Ouverture du département enfant. Premier modèle publié en couverture des Modes
1909. Inscription au Syndicat de la Couture comme couturière. Création des départements Femme et Jeune fille, puis des départements Mariée et Fourrure 
1914. Première collaboration à la Gazette du Bon Ton
1915. Exposition Universelle de San Francisco
1916. Ouverture des boutiques de Deauville et Biarritz
1917. Mariage de Marguerite avec René Jacquemaire-Clémenceau
1918. Possède la totalité du 22, rue du Faubourg Saint-Honoré
1921. Création de Lanvin Décoration, 15, rue du Faubourg-Saint-Honoré avecArmand-Albert Rateau. Inauguration du théâtre Daunou
1922. Divorce de Marguerite
1923. Création d’une usine de teintures à Nanterre
1924. Remariage de Marguerite avec le comte Jean de Polignac qui la rebaptise Marie-Blanche
Ouverture de Lanvin Fourrures et Lanvin Parfums, 4, rond-point des Champs-Elysées.
Ouverture des boutiques de Cannes, du Touquet Paris Plage
1925. Exposition internationale des Arts Décoratifs & industriels modernes (28 avril-25 octobre). Vice-présidente de l’organisation et présidente de la classe 20 – le vêtement.
Parmi 70 couturiers, elle expose dans l’Allée de la parure au Grand Palais, et, avec Callot, Jenny et Worth, Cartier et Hermès, au Pavillon de l’Elégance, sur le Cours la Reine, Création de Lanvin Sport et Lanvin Homme, 15, rue du Faubourg-Saint-Honoré
1926. Chevalier de la Légion d’honneur
1927. Lancement d’Arpège
1931. Exposition coloniale internationale à Paris. Elle préside le groupe de la couture
1935. Défilé de haute couture lors de la traversée inaugurale du paquebot Le Normandie. Exposition universelle de Bruxelles
1937. L’Exposition universelle à Paris
1938 19-22 juillet. Visite de George VI d’Angleterre et d’Elizabeth. Ils reçoivent pour leurs filles, Elizabeth et Margaret, un porte-habits Louis Vuitton, deux poupées France et Marianne, dont la garde-robe est griffée Lanvin, Rochas, Patou, Lucile Paray, Weill…
Novembre : officier de la Légion d’honneur.
Sacha Guitry fait son éloge
1939. Expositions internationales de San Francisco et New-York
1945. Exposition du Théâtre de la mode à Paris
1946 6 juillet. Décès à Paris, rue Barbet-de-Jouy. Jeanne Lanvin est inhumée au cimetière du Vésinet »

    
Jusqu’au 23 août 2015
Musée de la Mode de la Ville de Paris
10, avenue Pierre Ier de Serbie. 75116 Paris
Tél. : 01 56 52 86 00
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. Nocturne le jeudi jusqu’à 21 h

Visuels :
Affiche
Manteau, 1937
Taffetas noir, broderies de paillettes dorées superposées
Patrimoine Lanvin
© Katerina Jebb, 201
"Ce modèle spectaculaire est brodé de paillettes superposées, de taille décroissante, une technique qui permet de démultiplier les jeux de lumière tout en attestant l’excellence du travail des brodeuses, si spécifique aux ateliers Jeanne Lanvin".

Jeanne Lanvin par Harcourt
© Patrimoine Lanvin

Dessin Maison Lanvin « Les petites filles modèles », 1925. © Patrimoine Lanvin

« Vogue », maillot, Eté 1924
Velours de soie, broderies de tubes, miroirs ronds et cristaux Swarovski Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014

« Jeanne Lanvin drapant un tissu sur un mannequin » par Laure Albin Guillot © Laure Albin Guillot / Roger-Viollet

« Alcmène », ensemble du soir, 1929
Crêpe de soie rose, broderies de cristaux Swarovski et de tubes Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014

« La Cavallini », robe du soir, 1925 Taffetas noir décoré d’un noeud brodé de fil argenté, de perles, strass et perles fines. Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014 + Dessin Maison Lanvin « La Cavallini & Rita », 1925. © Patrimoine Lanvin

« Colombine », robe de style, Hiver 1924-1925 Taffetas de soie, applications de velours de soie, broderies de perles et de fils métalliques, nœud en velours de soie Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014

Manteau (dos), 1937 Taffetas, manche kimono et décolleté dos bénitier, broderies de paillettes Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014

« Marguerite de la nuit », robe, été 1929 Tulle de soie, fleur en satin de soie surpiqué, broderies de paillettes Collection Palais Galliera © Katerina Jebb, 2014

« Les petites filles modèles », robe pour enfant, 1925 Organdi brodé de rosettes en organdi et dentelle Patrimoine Lanvin © Katerina Jebb, 2014

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Les citations non sourcées proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 20 août 2015.

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