Citations

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jeudi 25 mars 2021

Menachem Gueffen (1930-2016), peintre

Menachem Gueffen (1930-2016) était un peintre figuratif israélien, dont la carrière s'est déroulée en France, en Grande-Bretagne, dans le swinging London, et aux Etats-Unis
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  A Nantes, la Galerie des Oubliés lui rend hommage par une exposition inaugurale réunissant 21 tableaux peints durant les années londoniennes de l'artiste (1963-1972) et magnifiant une femme rêvée.


Un artiste vit de la vente de ses oeuvres résultant de commandes, publiques ou privées, ou montrées lors d'expositions et de Salons, voire insérées dans le décor de films. Après sa mort, ses ayants-droit ont la responsabilité de faire vivre ce patrimoine artistique en organisant des manifestations visant à éviter l'oubli cruel et injuste.

« La Galerie des Oubliés a choisi d’aller à la rencontre des œuvres restées intimes, et de les faire partager aujourd’hui. Ce concept unique en son genre, est un projet à dimension familiale. En effet, Izabeau Jousse est peintre et expose dans de nombreuses galeries depuis 1992 et son fils, Léopold Cottineau né dans cette famille ou la création artistique est un quotidien se sont lancés ensemble dans cette aventure artistique et humaine ».

La Galerie des Oubliés « se consacre aux artistes qui n’ont pas eu la reconnaissance de leur époque malgré la valeur artistique de leur travail. »

« Ces artistes en décalage avec leur temps n’ont fait aucune concession à leur art. Créateurs secrets, brillants introvertis ou esprits tumultueux, ils n’ont jamais ou très peu exposé. Ils sont restés dans l’ombre parfois toute leur vie dans un acharnement productif et silencieux. »

Menachem Gueffen naît en 1930 à Haïfa, alors en Palestine mandataire dans une famille juive d’origine polonaise.

Il « étudie l’art à L’Académie des Beaux-Arts de la «  Bezalel Art School » de Jérusalem, puis à l’Ecole des Beaux Arts de Paris. »

« Grand coloriste, il interprète les leçons du cubisme grâce aux femmes, les grandes inspiratrices de sa vie. Ces tableaux, ce sont des tètes rondes et des cous coniques, des corps aux formes simplifiées pas si sages que ça. Des éventails qui prolongent des mains, hommage à Velasquez. Ce sont des personnages qui vous regardent dans les yeux et pourtant sont ailleurs. Des icônes un peu pop, prêtes à sortir du cadre. »

Des femmes aux yeux immenses, au cou étiré, mises en scène, théâtralisées, vêtues de costumes bariolés, aux formes plantureuses, dotées d'accessoires soulignant leur féminité - escarpins aux hauts talons -, et à la silhouette en opposition à celle, androgyne, caractéristique de la mode des années 1960.

Des femmes-oiseaux. Des femmes aux bras-anses protecteurs ou aux bras-ailes repliés.

Les décors ? Souvent absents. Mais les fonds des tableaux sont très travaillés.

On décèle à des détails l'influence de l'Art Nouveau, du style des icônes, de Rembrandt et un souci de l'exubérance qui détone avec des yeux parfois tristes.

« De 1959 à 1963, Menachem Gueffen s’installe à Paris et participe au Salon des surindépendants en 1962 et au salon de la jeune peinture en 1963 au Musée d’Art moderne ». 

« Il vit dans le quartier latin et goûte pleinement au prestige que représente ce pays pour un artiste. Tout s’offre à lui.  Il est né pour être artiste, il le sera toute sa vie ».

Il expose en Espagne, en Allemagne, en Italie...

« Londres est ensuite son port d’attache jusqu’en 1988 où il est très actif artistiquement. O’Hana gallery lui consacre à plusieurs reprises des expositions personnelles ainsi que la Gallery One. Malheureusement il ne rencontre pas le succès espéré auprès du public et des critiques » qui prisent souvent un art abstrait conceptuel, pédant et abscons.

En 1973, il épouse la comédienne britannique talentueuse, politiquement engagée en faveur des Juifs de l'Union soviétique, Diana Rigg (Chapeau melon et bottes de cuir,  Au service secret de Sa Majesté, Genghis Cohn, Game of Thrones). Le couple divorce en 1976.

« En 1977, le Museum of natural History de New York lui commande une série de 5 peintures « The Cycle of Life of Judaism » à laquelle on ne peut malheureusement pas avoir accès aujourd’hui, car bien enfouie dans les réserves… »

« En 1988, essoufflé artistiquement et fragilisé par le doute, il décide de revenir en France. Sa production est encore importante mais il se sent peu soutenu par ce pays qui ne remarque pas le talent qui élit domicile sur ses terres Mayennaises. Il y vivra pourtant durant 30 ans avec sa femme Judy qui quitte l’Angleterre pour lui. »

Menachem Gueffen « n’aura de cesse de peindre la femme, toujours la femme, comme un manifeste pour mieux la comprendre et l’aimer. Mais cette fois elle sera peu exposée. Il la gardera pour lui. »

En plus de ses tableaux, Menachem Gueffen a illustré le livre "Robinson Crusoé" de Daniel Defoe pour un éditeur israélien et "The World's Best Jewish Jokes" par Ben Eliezer (1984), et effectué des collages avec la jute de sacs.


Du 28 janvier au 29 mai 2021
2, rue de Bréa. 44000 Nantes
Tél. : 07 56 99 65 12
Du mercredi au samedi de 13 h à 19 h
Visuels :
Menachem Gueffen
Tableau sans titre
100 cm x 73 cm
Huile sur toile
Circa 1960

Menachem Gueffen
Tableau sans titre
126cm x 89cm
Huile sur toile
1967

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