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jeudi 11 mars 2021

Rita Hayworth (1918-1987)

Rita Hayworth (1918-1987) était une star, danseuse et productrice américaine, catholique et démocrateSurnommée « la déesse de l’amour », elle devient célèbre par Gilda, film noir de Charles Vidor (1946). Elle épousa notamment Orson Welles et le prince Ali Khan. Arte diffusera le 14 mars 2021 « Rita Hayworth - Gloire et blessures » (Rita Hayworth. Zu viel vom Leben) de Henning van Lil et Katja Runge.


De l'aveu même du danseur Fred Astaire, Rita Hayworth a été sa partenaire préférée, meilleure selon lui lors du tournage qu'en répétition. Souriante, sensuelle, elle virevolte dans ses bras ou à ses côtés. 

Tous deux tournent dans  "You'll Never Get Rich" (1941) de Sidney Lanfield avec des titres de Cole Porter ("Since I Kissed My Baby Goodbye") - un succès commercial - et "You Were Never Lovelier" de William A. Seiter (1942) avec des chansons du compositeur Jerome Kern et du parolier Johnny Mercer ("I'm Old Fashioned", "Dearly Beloved"). Deux flms de la Columbia Pictures, le studio hollywoodien fondé par Harry et Jack Cohn, ainsi que Joe Brandt.

« Son destin ressemble à un roman à l’eau de rose : une enfance traumatique, une beauté hors norme, des hommes destructeurs, le succès ravageur et le long déclin… Une histoire flamboyante et malheureuse, comme sait si bien en façonner l’usine à rêves hollywoodienne",  a écrit Jonathan Lennuyeux-Comnène  pour Arte

Et de poursuivre : "Rita Hayworth fut “le” sex-symbol des années 1940, immortalisé par la célèbre scène de Gilda où elle joue de sa chevelure et retire sensuellement ses gants de satin noir. Son surnom de "déesse de l’amour” était à mille lieues de son tempérament blessé et introverti. Quand, avec Orson Welles, le “moins mal” intentionné de ses cinq maris, elle tenta de faire voler en éclats cette image dans La dame de Shanghai, le public ne la comprit pas. Un portrait documentaire revient sur la destinée de cette inoubliable star, danseuse d’exception (voir ses mémorables duos avec Fred Astaire), qui pouvait aussi être une comédienne émouvante, quand sa mélancolie affleurait derrière le glamour ».
  
« Rita Hayworth - Gloire et blessures »
Arte diffusera le 14 mars 2021 « Rita Hayworth - Gloire et blessures » (Rita Hayworth. Zu viel vom Leben) de Henning van Lil et Katja Runge

« Déroulant la trajectoire de la flamboyante Rita Hayworth, cet émouvant portrait explore le fossé entre le glamour de la star et les fêlures de la femme. »

"Tous les hommes que j'ai connus sont tombés amoureux de Gilda, mais ils se sont réveillés avec moi."

« Élevée au rang de "déesse de l’amour" grâce à son numéro de femme fatale dégantée au son de "Put the Blame on Mame" dans le film de Charles Vidor, Rita Hayworth était à mille lieues de l’image qu’elle renvoyait à l’écran ». 

« Née Margarita Carmen Cansino en 1918 à Brooklyn, elle arrête l’école à 12 ans pour devenir la partenaire de scène de son père, professeur de danse d’origine sévillane ». 

« C’est pour sortir de ses griffes incestueuses qu’elle épouse l’homme d’affaires Ed Judson, lequel voit en elle son billet d’entrée à Hollywood ». 

« Son mari et Harry Cohn, le tyrannique patron de la Columbia, s’entendent pour gommer ses racines espagnoles, de son patronyme à sa chevelure ». 

« Désormais prototype de l’idéal de beauté américain, Rita Hayworth virevolte aux côtés de Fred Astaire ou de Gene Kelly (La reine de Broadway), tandis que les soldats partis au combat s’arrachent ses portraits », et notamment la célèbre photographie de Bob Landry publiée en août 1941 par Life qui la consacre comme la pin-up la plus populaire, avec la blonde Betty Gable.

Durant la Deuxième Guerre mondiale, elle contribue à l'effort financier de guerre et participe à des tournées de collectes de fonds.

En mars 1942, Rita Hayworth se rend au Brésil comme ambassadrice culturelle pour la "Good Neighbor policy" de l'administration Roosevelt sous les auspices de l'Office of the Coordinator of Inter-American Affairs. 

Durant les années 1940, Rita Hayworth a aussi contribué aux initiatives de la diplomatie culturelle de l'OCIAA en soutien au Pan-Américanisme via des émissions vers l'Amérique du sud  sur la "Cadena da las Américas" du réseau radiophonique de 
CBS.

Démocrate, Rita Hayworth soutient le Président Roosevelt.

« Timide et rongée par un complexe d’infériorité, la belle s’éprend du génial Orson Welles, qui lui donne une fille et un rôle incompris (La dame de Shanghai) ». 

« Dévastée par leur divorce, elle se réfugie en Europe, où elle rencontre le prince – charmant mais infidèle – Ali Khan, avec qui elle convole en 1949 ». 

Durant la procédure de divorce, cette Américaine catholique lutte pour que leur fille Yasmin soit élevée comme Américaine et chrétienne. 

« De retour aux États-Unis quatre ans plus tard, l’actrice reprend le chemin des plateaux (L’enfer des tropiques), tout en s’abîmant dans une union alcoolisée avec le chanteur Dick Haymes ». 

Elle révèle l'étend de son registre dramatique dans certains films, où elle n'hésite pas à se montrer peu maquillée.

« Marquée par les épreuves et les années, puis par les assauts d’une maladie d’Alzheimer qui ne dit pas encore son nom et l’emportera en 1987, Rita Hayworth assume de vieillir à l’écran, révélant la profondeur de son jeu dans des films tels que Tables séparées (produit par son cinquième et dernier mari, James Hill) ou Ceux de Cordura. »

« Convoquant images d’archives, extraits de films et témoignages (sa deuxième fille, la princesse Yasmin Aga Khan, Budd Burton Moss, son dernier manager, mais aussi l’actrice Constance Towers ou la journaliste Patricia Bosworth), ce film brosse le portrait sensible d’une icône fragile, danseuse et comédienne éblouissante qui, derrière son sourire radieux, cachait de profondes blessures et un désir inassouvi d’être aimée pour ce qu’elle était. »

"La dame de Shanghai"
En 1943, Orson Welles épouse Rita Hayworth. Le couple a une fille, Rebecca (1944-2004).

Orson Welles joue dans Jane Eyre, Hollywood Parade, et réalise Le Criminel (1946) montrant des images de camps de concentration.

Tourné en 1946, La Dame de Shanghai (The Lady from Shanghai) est adapté librement d’un roman policier de Sherwood King.

Le “marin Michael O'Hara vole au secours d'Elsa Bannister, aux prises avec des malfaiteurs. Le lendemain, le mari de celle-ci embauche le matelot sur son yacht pour une croisière... Une idylle naît entre Michael et Elsa, bientôt découverte par Grisby, l'associé de Bannister. Celui-ci veut conclure un étrange marché avec le jeune marin…”

Orson Welles surprend “par sa liberté créatrice, l'originalité de ses cadrages et de ses angles de vue. À savourer pour son charme vénéneux et ses scènes cultes. Un style baroque, une mise en scène exceptionnelle. “Au-delà des règlements de comptes avec l'industrie du cinéma et avec sa femme, Rita Hayworth - le couple est alors en plein divorce -, le cinéaste excelle une fois encore à sonder l'âme humaine et la tentation de la chute, en défiant avec une classieuse désinvolture les règles classiques de la narration".

"Le public goûta peu à l'époque qu'on joue avec l'image d'une de ses stars favorites (qui avait insisté pour que son mari dirige le film) et bouda La dame de Shanghai” lors de sa sortie en 1948".

"Endossant le rôle d'une femme peu fiable au charme vénéneux, sacrifiant pour la première fois sa chevelure rousse au profit d'une coupe courte et blonde, l'actrice, fragilisée, n'en est pas moins belle, et le célèbre final aux miroirs, maintes fois parodié, au cours duquel son image vole littéralement en éclats, sonne aussi comme un narcissique et fascinant cri de dépit amoureux.

Après des tentatives de réconciliations, le couple divorce en 1948.

"La blonde ou la rousse"

Frank Sinatra "est de nouveau au sommet de la gloire lorsqu’il joue en 1957 dans La blonde ou la rousse, film  (Pal Joey) de George Sidney (105 min), qui l’avait déjà dirigé dans Escale à Hollywood où il chantait (et dansait) aux côtés de Gene Kelly" (Olivier Père).

Frank Sinatra y interprète Joey Evans, "crooner séduisant et inflammable, quelque peu gigolo", qui "hésite entre deux femmes opposées en tout : Linda, la jeune, jolie et plutôt sage chorus girl (Kim Novak), et Vera, la milliardaire qui aime à s’encanailler" (Rita Hayworth). "Vaniteux, mythomane, arriviste, enjôleur, bluffeur, mais capable de sincérité, Joey devra choisir…"

George Sidney "était un élève exemplaire de la Metro-Goldwyn-Mayer" (MGM), studio hollywoodien. "Chacun de ses films était une mise en application rigoureuse des règles archétypales du musical hollywoodien. La blonde ou la rousse, adaptation d’un grand succès de Broadway, n’échappe pas à ce perfectionnisme."

Un "classique de la comédie musicale et sentimentale, avec un florilège de grands acteurs : l’éternel Frank Sinatra, charmeur de ces dames et chanteur envoûtant, Rita Hayworth, rousse flamboyante qui joue un rôle de femme mûre, et la pulpeuse et blondissime Kim Novak.  À ce casting prestigieux, qui folâtre sur ton léger et comique, s’ajoute une musique entraînante" avec des standards : "My funny Valentine", "The lady is a Tramp", Zip et Bewitched, Bothered & Bewildered.

L'"Oscar pour Tant qu’il y aura des hommes en 1954 a remis Frank Sinatra "en selle après une traversée du désert et sa carrière d’acteur s’enrichit de rôles dramatiques sous la direction de grands réalisateurs. Sinatra tournera avec Mankiewicz, Preminger, Minnelli, Capra ou Frankenheimer mais c’est surtout dans le registre de la comédie et du divertissement hollywoodien que sa filmographie s’épanouira, transposant sur grand écran la mythologie personnelle du crooner. Ainsi La Blonde ou la rousse est-elle une charmante comédie musicale située dans les coulisses des boîtes de nuit californienne, avec un Technicolor rutilant".

Sinatra y interprète un chanteur et animateur de cabaret ambitieux peu avare de son pouvoir de séduction auprès de la gent féminine, notamment pour parvenir à ouvrir son propre night-club. L’année de son divorce avec Ava Gardner, Sinatra joue avec décontraction un personnage proche de ce qu’il est dans la vie : un homme à femmes. La Blonde ou la rousse met en scène la facette égrillarde et salace de Sinatra, insatiable charmeur prêt à conquérir toutes les belles femmes qui croisent son chemin, avec un bagout pas toujours très classe mais plutôt irrésistible. La blonde éclipse la rousse puisque Kim Novak la nouvelle star de la Columbia à l’époque est particulièrement sexy dans ce film, tandis que Rita Hayworth, qui connut son apogée en 1946 avec Gilda, n’est déjà plus au meilleur sa forme.

Le film est ressorti également au cinéma à partir du 16 décembre, distribué par Park Circus et programmé à Paris à la Filmothèque du Quartier Latin.


"Le plus grand cirque du monde"
"Le plus grand cirque du monde" (Circus World) de Henry Hathaway a été réalisé en 1964. "Les coulisses de la vie d'une troupe de cirque au début du XXe siècle. Un film choral à grand spectacle, emmené par l'olympien John Wayne."

"Directeur d'un célèbre cirque américain, Matt Masters décide d’emmener son spectacle dans les grandes villes européennes. Secrètement, il espère y retrouver Lili, la femme qu'il aimait et qui a disparu après la mort accidentelle de son mari trapéziste il y a quatorze ans. Rongée par la culpabilité, Lili a laissé derrière elle sa fille Toni, que Matt a élevée comme son propre enfant. Bientôt ruiné par le naufrage de leur bateau dans le port de Barcelone, Matt ne se laisse pas abattre : pour remonter un nouveau cirque, il entreprend de recruter les meilleurs artistes..."

"Pour cet hommage à l'âge d'or des grands cirques, Henry Hathaway orchestre un spectacle hollywoodien mêlant action, amour et rivalité, dont il confie les rênes à John Wayne et à deux actrices étincelantes : Rita Hayworth, alors au faîte de sa carrière, et Claudia Cardinale, en pleine ascension. Un régal !"

« Rita Hayworth - Gloire et blessures » de Henning van Lil et Katja Runge
Allemagne, 2019, 52 minutes
Coproduction : ARTE, Bremedia Produktion, Radio Bremen
Sur Arte les 14 mars à 22 h 25 et 21 mars 2021 à 10 h 40
 Disponible du 14/03/2021 au 12/04/2021
Visuels : © Anna-Maria Meyer/Radio Bremen

1947, 54 min
Sur Arte les 10 mai à 20 h 45 et 15 mai 2015 à 2 h 50, 4 mars 2019 à 22 h 40 
Auteur :  Sherwood King
Image :  Charles Lawton Jr., Rudolph Maté, Joseph Walker
Réalisation :  Orson Welles
Production :  Columbia Pictures Corporation, Mercury Productions
Montage :  Viola Lawrence
Scénario :  Orson Welles, William Castle, Charles Lederer, Fletcher Markle
Producteur/-trice :  Orson Welles, Harry Cohn
Musique :  Heinz Roemheld
Avec : Rita Hayworth, Orson Welles, Everett Sloane, Glenn Anders et Ted de Corsia

La blonde ou la rousse, film de George Sidney
Etats-Unis, 105 min
Montage : Viola Lawrence, Jerome Thoms
Producteur : Fred Kohlmar
Production :  Essex Productions, George Sidney Productions
Auteur : John O'Hara
Scénario : Dorothy Kingsley
Image : Harold Lipstein
Musique : Richard Rodgers, Morris Stoloff
Avec : Rita Hayworth, Frank Sinatra, Kim Novak, Barbara Nichols, Bobby Sherwood
Sur Arte le 23 décembre à 13 h 35 

Visuels : © Columbia Pictures Industries
 
"Le plus grand cirque du monde" de Henry Hathaway
États-Unis, 1964, 2 h 12mn 
Production : Samuel Bronstons Productions
Scénario : Ben Hecht, James Edward Grant, Julian Halevy d'après une histoire originale de Philip Yordan et Nicholas Ray
Musique composée et dirigée par Dimitri Tiomkin
Sur Arte les 25 décembre 2020 à 13 h 35, 4 janvier 2021 à 13 h 35, 5 février 2021 à 13 h 35
Avec Claudia Cardinale (Toni Alfredo), John Wayne (Matt Masters), Rita Hayworth (Lili Alfredo) - 
Disponible sur arte.tv du 25/12/2020 au 23/01/2021

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