mardi 16 mai 2017

Les nouveaux musées-mémoriaux de la Shoah

Le Mémorial de la Shoah a présenté l'exposition Les nouveaux musées-mémoriaux de la Shoah en France. Des panneaux associant photographies, images de synthèse, archives et extraits audiovisuels, présentent des projets européens de musées-mémoriaux « d’un point de vue architectural et scénographique ». Un mouvement mémoriel et une exposition « islamiquement corrects ». Le Monténégro a suscité une polémique par sa décision d'autoriser la transformation d'une île-forteresse, ancien camp de concentration durant la Deuxième Guerre mondiale, en hôtel de luxe. Le 18 mai 2017, dans le cadre de la Journée internationale des musées, le Cercil-Musée-mémorial des enfants du Vél d’Hiv’ proposera la conférence "Les lieux mémoriaux peuvent-ils raconter l’indicible ?" avec Laurent Aucher, maître de conférences en sociologie à l’université d’Orléans. Si, "à l’instar de la madeleine de Proust, les "lieux de mémoire" jouent un rôle essentiel dans le maintien et le rappel des souvenirs individuels, ils sont aussi porteurs d’autres enjeux, notamment sociaux. S’appuyant sur une enquête par observations des pratiques de visite réalisée à Berlin en juillet 2014 au Mémorial aux juifs assassinés d’Europe (denkmal für die ermordeten Juden Europas) de Peter Eisenman, le sociologue montre que cet espace mémorialisé n’est pas neutre. Plus encore, il est celui duquel sourdent des comportements paradoxaux : alors même qu’il est conçu pour un usage mémoriel, le dispositif architectural d’Eisenman favorise des attitudes liées à la société de consommation et de loisirs. Musées et histoires douloureuses, dire l’indicible dans les musées".

Les nouveaux musées-mémoriaux de la Shoah en France
Le Centre de documentation juive contemporaine, 1943-2013 : documenter la Shoah

Après la Seconde Guerre mondiale, les mémoriaux de la Shoah ont « d’abord été conçus comme de simples monuments commémorant la mémoire des victimes juives du nazisme ». L’historienne Anne Grynberg considère que « ces premières constructions ne visaient pas directement l’acquisition de connaissances, mais voulaient plutôt susciter l’empathie et l’émotion ».

Erigé en 1950 sur le site de l’ancien camp nazi, le Musée d’Auschwitz  affronte de nombreux problèmes : conservation des lieux sur un espace gigantesque, des vestiges, des restes, cheveux, vêtements, béquilles et chaussures des déportés, gestion de l’espace, financement, recherche d’une scénographie plus moderne et claire, gestion d’un afflux de touristes de tous âges depuis quelques décennies, meilleure formation des guides. Chaque année, ce musée  dirigé par le remarquable  Piotr M. A. Cywiński  accueille un million et demi de personnes, venues presque du monde entier.

Nouveaux musées-mémoriaux, divers emplacements
Depuis les années 1990, parallèlement à la recrudescence des travaux historiques sur la Shoah, de nombreux nouveaux musées-mémoriaux « rendant hommage aux victimes du nazisme ont été construits en France et à l’étranger, sur l’emplacement d’anciens camps ou dans de grandes villes du monde occidental ».

Ces lieux « intègrent une vocation pédagogique et deviennent davantage des « musées-mémoriaux », destinés à ne pas oublier le nom des victimes, mais également à comprendre et à réfléchir sur le génocide. Le travail mémoriel passe en effet désormais par la narration des faits, par l’exposition d’archives et le témoignage des survivants ainsi que par la compréhension des mécanismes menant au crime contre l’humanité. Ces monuments d’un nouveau genre jouent donc désormais sur une nouvelle partition architecturale ».

Il est difficile de classer en une seule catégorie ces nouveaux « musées-mémoriaux » en raison de leurs formes hétérogènes, issues des réflexions des acteurs chargés de concevoir ces monuments : architectes, muséographes, collectivités, historiens, etc. Parfois, et de manière dommageable, les scénographes d’exposition sont écartés du projet.

Un point commun à ces créations muséales ? L’abstraction architecturale visant à traduire dans la « pierre » les atrocités nazies, retranscrire « l’histoire de la destruction des Juifs d’Europe ».

Construit en 1956 dans le Marais Juif de Paris par les architectes Alexandre Persitz et Georges Goldberg, le Tombeau du Martyr Juif Inconnu (devenu le Mémorial de la Shoah  ouvert en 2005) préfigure « cette nouvelle génération de musées-mémoriaux à allier dans la pierre commémoration et information. Ce bâtiment symbolique, d’une simplicité monumentale très évocatrice, abrite les archives » du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC). Il est bordé par l’Allée des Justes parmi les nations.

Depuis quelques années, des musées-mémoriaux ont été construits ou sont en construction en Europe, notamment en Allemagne, Pologne et France, et en Israël.

Plusieurs « mémoriaux élevés à la fin du XXe siècle dans les grandes capitales perpétueront cette formule « architecture symbolique – message pédagogique ». L’objectif est en effet, d’une part, de penser une architecture sensible qui, par son symbolisme, joue sur l’émotion des visiteurs et, d’autre part, d’intégrer une scénographie et des espaces de documentation visant à faire réfléchir le visiteur sur la Shoah ».

Édifiés ex-nihilo sur « des terrains n’étant pas d’anciens lieux de déportation, la plupart des mémoriaux des grandes capitales relèvent une gageure supplémentaire par rapport aux mémoriaux construits à l’endroit d’anciens camps. Puisqu’ils sont édifiés sur des terrains sans lien historique avec la Shoah, ils se doivent souvent d’être plus spectaculaires et plus évocateurs : leurs architectes mettent au point des dispositifs architecturaux saisissants et émouvants afin de rappeler au visiteur les conditions subies par les déportés ».

Citons Yad Vashem, complexe muséal à Jérusalem (Israël), l’USHMM  (U.S. Holocaust Memorial Museum) à Washington (Etats-Unis), et à Berlin (Allemagne) le Denkmal für die ermordeten Juden Europas  (Monument aux Juifs assassinés d’Europe) de Peter Eisenman, architecte américain prônant la déconstruction architecturale, et situé entre la Porte de Brandebourg et la Potsdamer Platz.

Inauguré en 2005,  le Mémorial de l'Holocauste à Berlin est composé notamment de 2 711 stèles en béton armé qui se délitent progressivement. En 2010, deux blocs ont été retirés en raison du danger de chute sur des visiteurs. En 2012, la Fondation chargée de la gestion du Mémorial a obtenu du Tribunal de grande instance de Berlin une expertise judiciaire pour déterminer les personnes responsables des dommages : l'architecte Peter Eisenman, le gouvernement du Land de Berlin - tous deux étaient maîtres d'ouvrages -, l'entrepreneur - interrogé sur la longévité de ces stèles, le chef de l'entreprise de construction chargée de fabriquer les stèles de béton, Bodo Rothert les avait comparées aux pyramides égyptiennes -, etc. ?

Notons que le Jüdisches Museum Berlin  (musée juif) réalisé par Daniel Libeskind, architecte américain né à Łódź (Pologne), est un musée Juif de Berlin controversé en raison de ses conférenciers, expositions, etc. S'intéresser seulement à l'architecture occulte des questionnements autrement plus pertinents. 

Dans son documentaire Ein weites Feld (Vastes étendues, 2008, 66 mn), Gerburg Rohde-Dahl filme la construction dès 2003 du Mémorial aux Juifs assassinés d’Europe dans le centre de Berlin. « Jusqu’à deux ans après son ouverture (2007), elle recueille les réactions des passants face à ce monument. De là, jaillissent des questions sur le rôle de son père durant l’ère nazie, le sens de la culpabilité collective et l’influence de ces années sur ses propres convictions ».

Avec son projet Stolperstein, l’artiste conceptuel allemand Gunter Demnig souhaite créer l’un des plus grands mémoriaux européens de la Shoah. De la fabrication des pavés à leur placement devant les dernières résidences connues des victimes du nazisme, le documentaire Stolperstein (Pierre d’achoppement, 2007, 75 mn) de Dörte Franke retransmet les impressions des détracteurs, et celles d’ardents supporteurs du projet.

Le 18 mai 2015, Slate a publié l'article Au Mémorial de la Shoah, pourquoi les touristes sourient-ils sur leurs selfies ? de Vincent Glad. Ce journaliste a interviewé ceux, souvent jeunes, qui se photographient souriant entre ou sur les stèles de ce monument, et insèrent leur selfie en photo de profil de leur page Facebook. Parmi ces visiteurs peu respectueux : des mannequins posant pour un reportage de mode.

Le 16 octobre 2015, a été inauguré par le Premier ministre socialiste Manuel Valls et par la ministre de l'Education nationale Najat Vallaud-Belkacem le Mémorial du camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées orientales. Le 14 janvier 1941, 17 500 personnes ont été internées dans ce camp : 53% sont espagnoles, 40% Juives, 7% tziganes. Environ 5 00 Juifs et des réfugiés espagnols y furent internés lors de la Seconde Guerre mondiale. La moitié en fut déportée vers les camps de concentration nazis. Cet ancien site militaire Joffre couvrait une superficie de 600 hectares.  En novembre 1942, le camp devient une garnison allemande. Dans les années 1960, il a accueilli les harkis, des rapatriés de Guinée et d'Indochine. A la fin des années 1960, il a été fermé. En 1997, le journal L'Indépendant révèle la découverte, dans une décharge, d'une liste de noms de Juifs qui auraient séjourné au camp de Rivesaltes. En 2007, le conseil général des Pyrénées orientales achète 42 hectares du camp pour y édifier le Mémorial. En 2010, l'architecte Rudy Ricciotti dessine un monolithe en béton de 4 000 m² plutôt hideux.

Divers projets de musées-mémoriaux de la Shoah sont étudiés en Italie, en Pologne et en Belgique.

Construits à l’emplacement d’anciens camps, les mémoriaux français se distinguent de lieux de mémoire « nationaux » érigés dans des grandes villes européennes : ils s’avèrent moins grandiloquents. Les vestiges des lieux d’internements « sont suffisamment évocateurs pour ne pas nécessiter la construction d’architectures dramaturgiques. Ces mémoriaux témoignent donc d’une certaine modestie formelle et d’une intériorisation de l’émotion, leur environnement immédiat jouant un rôle complémentaire essentiel au discours offert au visiteur ».

En France, de nombreux musées-mémoriaux sont situés dans des camps d’internement ou de concentration, sur les lieux-mêmes de la mémoire de la Shoah. C’est le cas du Mémorial de l’internement et de la déportation camp de Royallieu  (Oise), du camp de Natzweiler, partie du camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin), du site-mémorial camp des Milles  (Bouches-du-Rhône), seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact et accessible au public », du Mémorial de la Shoah à Drancy  (Seine-Saint-Denis) inauguré le 21 septembre 2012  et le Mémorial de Rivesaltes  (Pyrénées-Orientales).

Architectes, historiens et collectivités ont repensé ces lieux « pour permettre l’intégration d’un espace d’accueil et d’information dédié au public, sans les dénaturer et tout en préservant leur vocation mémorielle ».

Tourisme de mémoire
Le numéro de mars-avril 2016 des Chemins de la Mémoire, revue du ministère français de la Défense, a été consacré au "tourisme de mémoire, un enjeu national". Ce tourisme constitue "un enjeu civique et pédagogique pour la transmission du patrimoine mémoriel aux jeunes générations, un enjeu culturel et touristique aussi, pour la préservation des témoignages de l’histoire et le développement des territoires".

"Lieux de souvenir et de recueillement, les neuf hauts lieux de la mémoire nationale sont le théâtre des cérémonies commémoratives nationales... Cinq autres hauts lieux sont consacrés à la Seconde Guerre mondiale : le Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien à Suresnes (Hauts-de-Seine), le Mémorial national de la prison de Montluc à Lyon, le Mémorial des martyrs de la Déportation, situé sur l’Île de la Cité à Paris, le site de l’ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof en Alsace et le Mémorial du débarquement et de la libération en Provence, au Mont-Faron à Toulon".

Monténégro
Ex-république yougoslave ayant accédé à l'indépendance en 2006, le Monténégro, qui "négocie son adhésion à l'Union européenne", parie sur l'essor du tourisme pour relancer son économie. En juillet 2012, il avait concédé à la société pétrolière d'État azerbaïdjanaise Socar, pour 90 ans, "une base militaire à des fins touristiques".

Cet Etat  a suscité une polémique par sa décision d'autoriser la transformation d'une île-forteresse, prison devenue camp de concentration à l'initiative du Duce Benito Mussolini durant la Deuxième Guerre mondiale, en hôtel de luxe. Localisé sur l'île de Mamula dans la mer Adriatique, la forteresse a été édifiée au XIXe siècle. Le Monténégro a accordé un bail de 49 ans à la holding helvético-égyptienne Orascom, qui veut y construire un palace "haut de gamme incluant une discothèque, un spa et un port de plaisance pour un montant de 15 millions d'euros".  "Nous avons deux options: laisser le site tomber en ruine ou trouver des investisseurs qui voudront le restaurer et le rendre accessible aux visiteurs. Des pays beaucoup plus riches que le Monténégro ont choisi de préserver des bâtiments semblables de cette manière, même des sites protégés par l'Unesco", a déclaré à l'AFP Olivera Brajovic, chef du conseil d'administration national pour le développement du tourisme.

"Selon l'association locale des anciens combattants, 80 détenus y sont morts exécutés et 50 de faim, sur un total de plus de 2 000" lors de la guerre. "Construire un hôtel de luxe tourné vers les loisirs à cet endroit où tant de personnes sont morts et ont souffert est un exemple flagrant de mépris de l'Histoire. Aucun camp de concentration dans le monde n'a été transformé en hôtel", s'est indignée auprès de l'AFP Olivera Doklestic, dont les grand-père, père et oncle ont été emprisonnés à Mamula. Mme Doklestic "souhaiterait que la place forte soit restaurée et ouverte aux visiteurs comme site historique". Selon Mme Brajovic, le projet "prévoit un mémorial en hommage aux anciens prisonniers, et l'agence de communication représentant Orascom assure que l'association locale d'anciens combattants a approuvé le projet, qui prévoit de conserver la forteresse".

"En règle générale, les lieux in situ ont été tout de suite préservés et sont devenus des mémoriaux, comme les camps d’Auschwitz, Buchenwald, Dachau, Mauthausen et en France, Oradour-sur-Glane. On attend alors qu’une signification émerge du site, ou des installations qui y sont présentées. Il existe aussi des lieux qui retrouvent leur fonction précédente, comme la cité de la Muette à Drancy qui est redevenue une cité HLM, d’autres où il ne reste plus rien, comme à Pithiviers. Et parallèlement, des mémoriaux complètement déconnectés du site où s’est déroulée l’histoire. C’est le cas du mémorial de la Shoah à Paris, intitulé « Tombeau martyr du juif inconnu » quand il a été inauguré ou des 200 mémoriaux aux États-Unis dont le United States Holocaust Memorial Museum de Washington. À Oradour-sur-Glane, on a décidé de conserver toutes les ruines en l’état et de reconstruire le village à côté. Cela coûte si cher qu’on se demande à présent s’il ne faut pas conserver seulement les lieux emblématiques du massacre. J’ai visité Oradour quand j’avais 15 ans et je n’ai jamais oublié. Mais quand j’y suis retournée, j’ai trouvé que la façon dont les ruines avaient vieilli enlevait de l’émotion. Il n’y a vraiment pas de règle pour la conservation de ces lieux.", a observé l'historienne Annette Wieviorka, le 17 janvier 2016.

Et d'observer : "En la matière, il n’existe donc pas de règle. Il me semble que si le sens du lieu n’est pas ancré dans le pays, ou qu’il n’est pas un enjeu pour des associations, il n’y a pas forcément de raison de le conserver. Sinon, en Europe, on irait de lieu de mémoire en lieu de mémoire. Si l’on regarde une carte d’Allemagne avec tous les camps de concentration et kommandos, on s’aperçoit qu’il y en a des milliers. Combien de musées mémoriaux un pays peut-il supporter ? Ce qui est plus récent, c’est une institutionnalisation de la mémoire. La mémoire devient un métier. Souvent, ce ne sont plus les associations qui s’en occupent et cela coûte même très cher, pour un résultat douteux. Au mémorial du camp de Rivesaltes près de Perpignan, je n’ai pas vu grand monde, en dehors du public scolaire qui est captif. Les mémoriaux se sont multipliés et on peut se demander combien sont réellement fréquentés, vivants... Aller dans ces lieux change tout de même un peu votre vision. Je suis allée très souvent travailler à Auschwitz ou à Bergen Belsen. Il y a des choses qu’on comprend mieux là. Ce n’est pas indispensable, cela permet cependant une meilleure appréhension. Je ne l’aurais pas dit il y a dix ans mais je le pense aujourd’hui... À Pithiviers, il y a un lycée à son emplacement, à Jargeau, où les Tsiganes étaient enfermés, un collège, avec une plaque. Tous les élèves qui arrivent en sixième apprennent ce que ce lieu a été. Le Lutetia, où l’on a accueilli les déportés est resté un grand hôtel. Évidemment, un complexe touristique, c’est plus choquant mais que les lieux des camps aient été transformés n’a donc rien d’exceptionnel. Et il faut ajouter que le « tourisme de mémoire » est aujourd’hui une réalité. Le Nord-Pas-de-Calais profite ainsi des champs de bataille de la guerre de 14, ce tourisme autour de la mémoire des conflits fait vivre des régions ou des pays entiers".

Camps en Afrique du Nord
Curieusement, cette exposition et ce mouvement mémoriel oublient les camps d’internement en Afrique du Nord, du Maroc à la Libye, par exemple Bedeau en Algérie. Les survivants de ces camps auront bientôt tous disparu. Et les vestiges de ces camps aussi.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, la France et la Belgique étaient des puissances coloniales, disposant de départements (Algérie française), protectorats (Maroc et Tunisie) et colonies (Congo belge) outre-mer. Là, ont été internés des Juifs conformément à des mesures antisémites. Il convient donc que les communautés Juives et les autorités politiques des pays concernés intègrent dans leur Histoire ces faits dramatiques. Un travail historique nécessaire sur ces lieux de mémoires.

Un travail indispensable de mémoire et d’histoire s’impose aux dirigeants des communautés Juives concernées et aux autorités politiques de ces pays, européens et africains. Malheureusement, ces leaders s'en dispensent. Pour ne pas heurter la sensibilité arabe ou/et musulmane ?

Dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, s'est tenue la conférence Le classement des lieux de mémoire : acte politique ou acte de préservation ?, le 15 septembre 2013 à 16 h 30 au Mémorial de la Shoah. "Un certain nombre de lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale ont été classés monuments historiques en France. Comment interpréter cette inscription au patrimoine historique national ? S'agit-il d'un acte politique ou d'une mesure de préservation ? Ces questions sont débattues au regard des sites de la persécution des Juifs de France

Une cérémonie commémorative du 70e anniversaire du camp de Natzweiler a eu lieu les 21 et 22 juin 2014 et a été dédiée à Gilbert May, résistant déporté.

Le 18 mai 2017, dans le cadre de la Journée internationale des musées, le Cercil-Musée-mémorial des enfants du Vél d’Hiv’ proposera la conférence "Les lieux mémoriaux peuvent-ils raconter l’indicible ?" avec Laurent Aucher, maître de conférences en sociologie à l’université d’Orléans. Si, "à l’instar de la madeleine de Proust, les "lieux de mémoire" jouent un rôle essentiel dans le maintien et le rappel des souvenirs individuels, ils sont aussi porteurs d’autres enjeux, notamment sociaux. S’appuyant sur une enquête par observations des pratiques de visite réalisée à Berlin en juillet 2014 au Mémorial aux juifs assassinés d’Europe (denkmal für die ermordeten Juden Europas) de Peter Eisenman, le sociologue montre que cet espace mémorialisé n’est pas neutre. Plus encore, il est celui duquel sourdent des comportements paradoxaux : alors même qu’il est conçu pour un usage mémoriel, le dispositif architectural d’Eisenman favorise des attitudes liées à la société de consommation et de loisirs. Musées et histoires douloureuses, dire l’indicible dans les musées".

Jusqu’au 31 mars 2013
Au Mémorial de la Shoah
 
17, rue Geoffroy-l'Asnier, 75004 Paris
Tél. : 01 53 01 17 26
Entrée libre – Niveau crypte
Tous les jours, sauf le samedi, de 10 h à 18 h, nocturne le jeudi jusqu’à 22 h

Visuels :
Camp de Natzweiler, partie du camp de concentration de Natzweiler-Struthof (Bas-Rhin)
© Centre européen du résistant déporté - site du Struthof

Yad Vashem
© DR

Entrée à la 15th Street/Eisenhower Plaza de l'U.S. Holocaust Memorial Museum
© Max Reid, USHMM Photo Archives

Monument aux Juifs assassinés d’Europe
Champ des stèles et hall d'entrée à l'exposition sous ce champ des stèles
© Marko Priske

A lire sur ce blog :
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France
Il ou elle a dit...
Judaïsme/Juifs
Monde arabe/Islam
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Cet article a été modifié le 20 mai 2015 et a été publié les 27 mars et :
- 21 juin 2013 à l'approche de la cérémonie commémorative sur le site de l'ancien camp de Natzweiler, au Struthof, les 22-23 juin 2013. Le 23 juin 2013 a été rendu un hommage particulier aux 2 483 déportés Nach und Nebel ("Nuit et brouillard") de ce camp ;
- 14 septembre 2013 à l'approche de la rencontre, dans le cadre des Journées européennes du patrimoine, de la conférence Le classement des lieux de mémoire : acte politique ou acte de préservation ?, le 15 septembre 2013 à 16 h 30 au Mémorial de la Shoah. "Un certain nombre de lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale ont été classés monuments historiques en France. Comment interpréter cette inscription au patrimoine historique national ? S'agit-il d'un acte politique ou d'une mesure de préservation ? Ces questions sont débattues au regard des sites de la persécution des Juifs de France ;
- 29 mai 2014. Les 2 711 stèles en béton composant le Mémorial de l'Holocauste à Berlin inauguré en 2005 se délitent progressivement ;
- 20 juin 2014 et 15 octobre 2015, 7 février 2016.
Les citations proviennent du communiqué de presse. 

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