Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 4 octobre 2026

« USA 1960-1980, la révolution conservatrice » de Cédric Tourbe

Arte diffusera le 6 octobre 2026 dès 21 h « USA, 1960-1980 la révolution conservatrice », série documentaire partiale de Cédric Tourbe. « Comment, entre 1960 et 1980, une frange conservatrice ultra minoritaire s'est imposée au sein du Parti républicain avant de conquérir le pouvoir aux États-Unis. Une exploration passionnante, tout en archives, de la face cachée d'une époque plus souvent identifiée aux luttes progressistes. »


« Par quels événements historiques et phénomènes culturels, et avec quels moyens politiques le projet ultraconservateur d'un ancien acteur de série B, marginal vingt ans plus tôt y compris au sein de son propre parti, a-t-il pu conquérir l'ensemble de la société ? » Ronald Reagan a aussi été élu Président d'un puissant syndicat d'acteurs, notamment de stars, à Hollywood, a été élu gouverneur et a suivi des cours d'économistes libéraux et d'experts de l'URSS (Union des républiques socialistes soviétiques). On pourrait aussi s'interroger : comment Barack Obama, qui se présentait dans son autobiographie comme né au Kenya, ayant grandi comme musulman en Indonésie, ayant été travailleur social à Chicago puis avocat et membre du Nouveau Parti Socialiste (NPS), a pu être élu Président démocrate des Etats-Unis en ayant menti sur une partie de son passé ? 

« Cédric Tourbe (Capitalisme américain – Le culte de la richesse) ausculte habilement les signaux faibles (comme les films à succès) et forts (les grands débats des mouvements civiques, la guerre du Viêtnam) qui ont façonné l'évolution politique du pays, et retrace la succession des campagnes et des scrutins qui ont fini par ouvrir le bureau ovale à Reagan. »

« Le commentaire de Cédric Tourbe accompagne une extraordinaire moisson d'archives (non dénuée d’humour, comme le prouve la sélection attentive de clips de campagnes tous plus ridicules les uns que les autres) pour raconter l'autre versant d'une période historique généralement associée aux mouvements pour les droits civiques et aux victoires des démocrates, et montrer comment une société traumatisée a choisi de se replier sur elle-même pour s'offrir à l’extrême droite du Parti républicain. » 

La décennie 1960 a permis la reconnaissance des droits civiques aux Noirs américains. 

La décennie 1970 a été marquée en particulier par la crise économique et l'insécurité à New York dont témoigne la série des films initiée par "Un justicier dans la ville" (Death Wish) réalisé par Michael Winner (1974) avec Charles Bronson, et par Rocky réalisé par John G. Avildsen (1976) avec Sylvester Stallone, scénariste ayant inventé l’histoire de Rocky Balboa, boxeur amateur italo-américain de Philadelphie et qui incarne le rêve américain.

La décennie 1980 a été notamment marquée par Rambo (First Blood), réalisé par Ted Kotcheff (1982) avec Sylvester Stallone qui incarne John Rambo, vétéran de la guerre du Vietnam, mal accueilli dans son pays, et ne parvenant pas à s’y intégrer.

Le parti démocrate s'est désintéressé du peuple américain, de ses valeurs, de ses préoccupations : immigration illégale, insécurité, etc. Il a adopté un programme politiquement gauchiste, a présenté des mauvais candidats dont récemment Hillary Clinton.

« 1960. Le Parti républicain peine à se distinguer de son adversaire démocrate, toujours auréolé de l'héritage de Roosevelt, qui a imposé des deux côtés de l'échiquier le même consensus libéral (au sens anglo-saxon du terme) – la régulation de l'économie, accompagnée de protection sociale. »

« Ronald Reagan, lui, au terme d'une longue et médiocre carrière d'acteur, rêve de renverser la table, avec un projet sociétal de glorification de la liberté individuelle et des valeurs traditionnelles, porté par une détestation viscérale du système social, de l'Etat et des impôts. »

« Recruté par la direction de General Electrics, Reagan n'a longtemps été chargé que d'enregistrer des messages glorifiant les valeurs de la compagnie à l'intention du personnel… »

« L'entreprise est l'un des bastions du conservatisme, un courant de pensée politique encore minoritaire chez les républicains jusqu’au milieu des années 1960. »

« L'ascension de Reagan l’opposera au vice-président Richard Nixon, patron du Grand Old Party, bien décidé lui, à se frotter au jeune John Fitzgerald Kennedy, héraut charismatique du camp opposé. »

« En 1980, la campagne de Ronald Reagan, futur 40e président des États-Unis, est soutenue par le monde des affaires, les ennemis de l'impôt, la majorité des cadres supérieurs et moyens, les puissants syndicats ouvriers, une grande part de l'Amérique "profonde" et la droite chrétienne. »

« La convention nationale démocrate de 1968 tourne au pugilat entre pro et antiguerre au Viêtnam. Après la présidence impopulaire de Lyndon Johnson, qui renonce à se présenter, le parti affiche ses fractures aux yeux de la nation. »

« En Floride la primaire des républicains désigne Richard Nixon d'un score sans appel contre Reagan, qui ne recueille que 15 % des voix. »

« Sitôt élu président, "Tricky Dick" (Dick le roublard) impose le culte du secret comme méthode de gouvernance. Malmené sur le Viêtnam, il invoque la "majorité silencieuse", et se réclame ainsi d'une Amérique travailleuse et discrète, plus préoccupée du quotidien que des mots d'ordre militants. »

« Reagan, lui, teste un nouveau discours à l'intention des électeurs : il incrimine les profiteurs de l'État-providence avec la figure d'une prétendue "reine des aides sociales", une mère célibataire noire qui profiterait grassement des allocations. »

« Le succès inattendu de certains films divise la société, à l’image de Joe (1970), où un ouvrier révolté contre une jeunesse démocrate qui "crache sur l’Amérique" se prend d’amitié pour un riche cadre de la publicité qui vient d’assassiner sa fille, passée à l’ennemi hippie... Jusque-là acquise au Parti démocrate, la classe ouvrière, syndiquée, mieux payée que jadis, bénéficiant de l'État social mais hostile à la contre-culture, bascule avec armes et bagages dans le camp de la droite républicaine et contribue à réélire Nixon en 1972. » 

« Après le Watergate et la démission de Nixon, la grâce que lui accorde son successeur, Gerald Ford, qui fut son vice-président, ulcère les citoyens, en proie à une crise économique sans précédent. »

« L'essence devient si chère que les routiers s'arment pour faire face aux vols de carburant. New York sombre dans le chaos. Asphyxiée par ses charges, la mairie a licencié 25 % du personnel hospitalier, des pompiers, des éboueurs et des policiers. »

« À l'international, la guerre du Viêtnam tourne à la débâcle, médusant les citoyens. »

« La société se découvre un goût pour le genre naissant du vigilante movie, avec le succès phénoménal du film Death Wish (1974), où un homme se fait justice lui-même pour pallier l'inaction des pouvoirs publics. »

« Avec son optimisme d'airain, Ronald Reagan profite des maladresses de son rival Gerald Ford, empêtré à la Maison-Blanche dans le chaos intérieur et extérieur, pour tenter de remporter la primaire républicaine, sans succès. »

« Ford est battu par Jimmy Carter à la présidentielle de 1976, à son tour rapidement désavoué par une Amérique qui doute profondément d’elle-même. Après une année d'inflation record, le débat se crispe à nouveau sur le contrôle des armes. La National Rifle Association (NRA), traditionnellement apolitique, se métamorphose lors d'une assemblée générale houleuse en lobby conservateur agressif… » Elle veut défendre un droit garanti par le deuxième amendement de la Constitution américaine.


France, 2026
Coproduction : ARTE France, La Générale de production  
Sur Arte 
1ère partie (53 min) : les 6 octobre 2026 à 21 h, 02 novembre 2026 à 9 h 55
Visuel : © LA Generale De Production Audiovisuelle - Richard Nixon Library
2e partie (54 min) : les 6 octobre 2026 à 21 h 50, 02 novembre 2026 à 10 h 50
Visuel : © LA Generale De Production Audiovisuelle - Scott McPartland - GettyImages - Walter Leporati
3e partie (54 min) : les 6 octobre 2026à 22 h 45, 02 novembre 2026 à 11 h 45
Visuels : 
© LA Generale De Production Audiovisuelle - George Rose - Getty Images
© LA Generale De Production Audiovisuelle - Bettmann - Getty Images
© LA Generale De Production Audiovisuelle - Bettmann - GettyImages
Sur arte.tv du 29/09/2026 au 01/06/2027


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire