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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
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dimanche 18 octobre 2026

« LE DIBBOUK – Entre deux mondes » de Shalom An-Ski

Du 16 au 25 octobre 2026, le Théâtre de l’Épée de Bois propose « LE DIBBOUK – Entre deux mondes », pièce de Shalom An-Ski par la compagnie Lézart, dans une nouvelle adaptation de Jean-Henri Blumen et une mise en scène de Georges Perla.
L'âme d'un défunt habite le corps de sa bien-aimée qui allait épouser l'homme choisi par son père... Un classique du théâtre yiddish. Ce Théâtre accueille aussi l’exposition du peintre et sculpteur Alain Kleinmann intitulée « Les fruits de la mémoire ».
« … Un grand malheur est arrivé, l’âme de Khanan, qui est mort, a pris possession du corps de Léa ! … C’est un dibbouk !!! »

« Dans la croyance populaire juive, le dibbouk est l’âme d’un défunt qui, n’ayant pas trouvé le repos, s’attache au corps d’un vivant et en prend possession.»

"Le Dibbouk : Entre deux mondes. Légende dramatique en 4 actes" est inspiré par des traditions orales recueillies par Shalom An-Ski au début du XXe siècle. Cette « œuvre majeure du théâtre yiddish créée en 1920, avait déjà impressionné par son audace, sa force poétique, et sa modernité, les grands metteurs en scène de son époque (Stanislavski, Vakhtangov, Gaston Baty…) »

« La pièce raconte l’histoire d’une destinée amoureuse contrariée au milieu d’un drame mystique. À l’instar des grands drames amoureux, Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Orphée et Eurydice, l’amour entretient ici une relation poignante avec la mort et l’éternité. Jamais dans une œuvre ne fut poussée aussi loin l’union des amants. L’âme du défunt aimé habite le corps de sa fiancée prédestinée : c’est un scandale contre l’ordre du monde, les lois sociales, les convenances.»

« Comme l’indique son sous-titre, Le Dibbouk est un entre deux mondes. Il nous amène entre le monde des vivants et celui des morts, entre l’ancien monde qui vacille et le nouveau qui peine à naitre dans le bruit et la fureur. Cette tension dramatique qui traverse l’œuvre résonne avec nos inquiétudes contemporaines.» 

« L’amour entretient ici une relation poignante avec la mort et l’au-delà. Jamais ne fut poussée aussi loin dans une oeuvre théâtrale l’union des amants. L’oeuvre nous conduit entre le monde des vivants et celui des morts. Cette nouvelle adaptation nous plonge dans un monde du passé sous le regard de notre présent. Elle se veut claire et dynamique pour souligner l’essentiel : la force de l’amour, par-delà les conventions, vers l’éternité. »

Produite par les Compagnie Lézart et Compagnie Vice Versa, présentée au Théâtre de l’Épée de Bois, Le Dibbouk est mis en scène par Georges Perla dans une nouvelle adaptation de Jean-Henri Blumen. C'est la première représentation en France de cette pièce de théâtre depuis plus de douze ans. Cette pièce de théâtre est interprétée par Lemmy Constantine, David Duran Camacho, Shahar Fineberg, Henri Gruvman, Ulysse Lechine, Orit Mizrahi, Georges Perla, Hanna Rosenblum.  

Durant la représentation théâtrale, sont projetées des œuvres d’Alain Kleinmann.

* « La langue yiddish s’est créée au Moyen-âge à partir de l’hébreu et d’un dialecte allemand. Devenue langue populaire des Juifs d’Europe de l’Est, elle connaît un âge d’or entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle. Roman, poésie, théâtre, chanson, les auteurs yiddish nous ont légué un immense trésor littéraire. »

« Les fruits de la mémoire »
Le Théâtre propose aussi au public l'exposition « Les fruits de la mémoire » d'Alain Kleinmann. Une bonne introduction au contexte du Dibbouk.

Accompagne cette pièce de théâtre, le catalogue de l'exposition d'une trentaine de tableaux mixtes d'Alain Kleinmann, artiste dont l'oeuvre - collage, sculptures, huiles sur toiles - explore la mémoire, les souvenirs d'êtres humains ou de livres, la mémoire enfouie émergeant avec sa précision et son flou. Un oeuvre rappelant le monde juif ashkénaze, avec ses violonistes, ses rabbins érudits et les élèves studieux de yeshivas, ses escaliers mystérieux menant on ne sait où...

« Travailler sur la mémoire est un acte de projection vers le futur et non une nostalgie passéiste. Pour qu’un arbre ait un tronc, des branches et puisse porter des fruits, il faut d’abord qu’il établisse ses racines. C’est dans un rapport construit à la mémoire que se définit l’identité avec laquelle on peut fonder son présent et son avenir. La mémoire et l’identité sont peut-être d’ailleurs profondément des synonymes. L’une explique constamment l’autre et chacune est cette galaxie de petits morceaux de réalité séparés qui deviennent une unité et en peinture une unité plastique », a écrit Alain Kleinmann.

Le site Internet d'Alain Kleinmann propose des photographies de la pièce de théâtre et de ses œuvres.

PRESENTATION

« Le Dibbouk, oeuvre majeure du théâtre yiddish créée en 1920, avait déjà impressionné par son audace, sa force poétique, et sa modernité, les grands metteurs en scène de son époque (Stanislavski, Vakhtangov, Gaston Baty…) 
Fortement imprégnée de mysticisme, la pièce raconte l’histoire d’une destinée amoureuse contrariée. 
A l’instar des grands drames amoureux, Roméo et Juliette, Tristan et Iseult, Orphée et Eurydice, l’amour entretient ici une relation poignante avec la mort et l’éternité. L’âme du défunt aimé habite le corps de sa fiancée prédestinée. Jamais dans une oeuvre ne fut poussée aussi loin l’union des amants : C’est un scandale contre les convenances, les lois sociales, l’ordre du monde. 
Comme l’indique son sous-titre, Le Dibbouk est un entre deux mondes. Il nous amène entre le monde des vivants et celui des morts, entre l’ancien monde qui vacille et le nouveau qui peine à naitre dans le bruit et la fureur. Cette tension dramatique qui traverse l’oeuvre résonne avec nos inquiétudes contemporaines. 

Pour situer la pièce originale d’An-ski 
En toile de fond, un monde entièrement structuré par les traditions religieuses où se posent les questions du Bien et du Mal et celles du devenir des âmes. L’action écrite par An-ski se situe au XIXe siècle dans une bourgade juive de l’Empire Russe. Là-bas aucune frontière entre l’humain et le divin ; le monde des vivants communique avec les mondes invisibles peuplés d’esprits. 
Avec un énorme succès à Varsovie (troupe de Vilna 1920), et à Moscou (mise en scè ne Vakhtangov 1922), suivit de tournées en Europe et en Amérique, cette oeuvre marque le thé âtre expressionniste du XXe siècle. 
Le Dibbouk arrive à Paris en 1926 où il impressionne le monde théâtral. Gaston Baty le met en scène en 1928 au Studio des Champs-Élysées puis en 1930 au Théâtre Montparnasse, avec Marguerite Jamois dans le rôle principal. 
Films, téléfilms (Sidney Lumet), ballets (musique de Léonard Bernstein), romans (Romain Gary), une multitude de mises en scène, (Wajda), Le Dibbouk ne cesse de passionner les plus grands artistes. Jean-Louis Barrault l’accueille en 1955 au Théâtre des Nations, Daniel Mesguish le monte à Paris en 1998 et 2004, Krzysztof Warlikowski apporte sa mise scène aux Bouffes du Nord en 2004, Benjamin Lazar au TGP de Saint-Denis en 2015. » 

SYNOPSIS

« Khonen, jeune étudiant, est fou amoureux de Leye, la fille du riche Sender. Mais Sender préfère pour sa fille un fiancé fortuné. Leye sera mariée à un autre ; Khonen en meurt. Arrive la célébration du mariage : Leye repousse violement le fiancé choisi par son père. L’âme de Khonen vient de prendre possession du corps de Leye : c’est un Dibbouk !!! Le Dibbouk n’a pas été représenté en France depuis plus de dix ans. Cette nouvelle production replace ce chef d’oeuvre troublant dans notre culture vivante. » 

Note de l’auteur de l’adaptation
Jean-Henri BLUMEN

« Parti d’un texte comportant une multitude de personnages et des récits secondaires, je ne voulais pas que Le Dibbouk reste le « fantôme d’un monde révolu » ; (sous-titre de la magnifique exposition du M.A.H.J). Il me fallait chercher le coeur d’un drame qui nous touche encore aujourd’hui. 
Dans mon adaptation, j’ai accentué la tension dramatique de la pièce en réduisant le nombre de personnages ; chaque protagoniste porte avec intensité une des forces en présence, que ce soit l’ordre traditionnel, la passion amoureuse, la dimension mystique, le bon sens commun.. Il me fallait aussi mettre en évidence la singularité de la situation. Les deux jeunes amoureux sont face à un ordre établi, un véritable mur qui s’oppose à leur union dans le monde des vivants. Surtout, la promesse d’union non tenue faites par leurs pères avant leurs naissances crée un trouble qui les dépasse. Ces conflits sont exacerbés à tel point que l’apparition inattendue, choquante, déroutante, du Dibbouk en est la conséquence. 
Autour de ce drame, j’ai redessiné la trajectoire du Messager soulignant son rôle dans l’accompagnement des évènements. C’est lui qui tisse depuis le début de la pièce la toile du monde invisible qui mène à la révélation et à la conclusion. J’ai attribué un rôle central à Meir, le bedeau de la synagogue, voix de la sagesse populaire, autre fil, celui-là terrestre qui relie les vivants. La plupart des personnages sont traités comme des miroirs en reflet ou en opposition les uns aux autres. (ex : Ménaché, le fiancé apeuré, est tout le contraire de Khonen l’amoureux passionné qui ose tout). J’ai regroupé les lieux en un seul village qui devient la représentation du monde. De même, en condensant les temps dans un enchainement de scènes successives, j’ai pu renforcer le caractère fatidique des évènements qui conduit inéluctablement à l’accomplissement du destin. 
Au final, si un ordre social semble se retrouver avec la parole, l’amour, de son côté, va bien au-delà grâce à son chant : c’est le Cantique des Cantiques, sublime chant d’amour et de vie. Cela explique mes choix d’interventions musicales chantées en hébreu ou en yiddish à des moments clefs du récit. A la fin de la pièce, les amants enfin unis dans l’autre monde, se retrouvent avec leur chant d’amour. Malgré la tragédie, ils nous apportent la consolation et l’espoir. » 

NOTE DE MISE EN SCÈNE
Georges PERLA

« Monter aujourd’hui Le Dibbouk c’est faire entendre la force vitale qu’il contient : cette vitalité fait écho à nos inquiétudes. 

Une parole qui déborde la scène 
Le Messager raconte le cœur du monde et le pouvoir du chant. Il s’en ira à l’improviste, pour réapparaître, comme un passe-muraille, porteur de paraboles et avant que les lumières du théâtre ne s’éteignent, prononçant, énigmatique, la dernière parole. Ce personnage essentiel dévoile la trame d’un récit caché qui ne peut s’énoncer clairement parce qu’il en va du libre arbitre des personnages … et de notre liberté de spectateur. 

Les corps 
Le Dibbouk habite le corps de Léyé mais celle-ci accueille aussi le corps de son aimé. Elle provoque le scandale. C’est un défi à l’ordre du social ! Cette affirmation du désir se manifeste dans les corps. Ce jeu rend compte de l’invisible, nous le retrouvons chez les personnages qui se confrontent au monde des morts (Leyé convoquant les saints fiancés assassinés, Fradé, invoquant la mère défunte de Léyé ou le Rabbi appelant l’âme de Nissan venue de l’autre monde). En contre point, les comédiens jouent des personnages qui se déforment sous l’emprise de la comédie : Khonen trouve sa contrepartie dans Ménaché, le fiancé ridicule, Fradé « devient » excessive et dévote dans Khanna Esther, et le riche Sender « se retrouve » sous les habits d’un mendiant. Changements de perspectives : éclats de rire, un monde plus prosaïque. 

La table et ses invités 
Une longue table de bois usé définit le lieu des transformations de l’espace : 
- La synagogue, où l’on prie les « saints rouleaux » de la Torah. 
- La salle d’étude où l’on questionne les livres avec passion et conviction. 
- À quelques pas de la table mais déjà séparé, assis sur un petit tabouret Khonen étudie solitaire. 
- Le lieu des révélations, du jugement et de l’exorcisme. La table est donc le passage entre l’invisible et le visible, les morts et les vivants : tout peut se mettre en mouvement. 

Ombres et lumières 
La lumière trace l’espace, du visible à l’invisible. Les protagonistes du drame apparaissent et comme si leurs présences étaient provisoires, ils retournent à la pénombre. Le déroulement de la pièce est, au sens littéral, une révélation qui préserve une part d‘ombre et de mystère. 

Musiques 
La pianiste, présente durant toute la représentation, ouvre sur le monde des âmes. La musique prend une tonalité plus terrestre dans la danse des mendiants ou au cours de la noce. Elle se fait chaleureuse et tendre comme cette berceuse chantée à la mort de Khonen. La musique est entre deux mondes. Une composition donne toute la mesure de son rôle particulier : le Cantique des Cantiques. Il dit au-delà ce que ne pourraient pas élucider les paroles : le désir ardent des amants, la séparation, l’exil et la mort, mais aussi la Promesse et la Réparation du monde. » 

GLOSSAIRE

« Arche sainte - Espace de la synagogue vers lequel se tournent les fidèles. Tantôt ouverte, tantôt fermée par des portes et un rideau, elle contient les rouleaux de la Torah.

Bobéniou - Diminutif affectueux qui désigne une grand-mère.

Cholem Aleïchem ! - Bonjour !

Choul - Mot yiddish désignant la synagogue.

Kabbale - Ensemble de textes ésotériques et de pratiques mystiques qui visent à la connaissance des desseins cachés de Dieu.

Livre de l’Ange Raziel - Ouvrage de la kabbale de pratiques magiques.

Mazel Tov ! - Félicitation ! À la bonne heure !

Grand sanhédrin de Jérusalem - Assemblée des docteurs de la loi siégeant à Jérusalem avant la destruction du second Temple qui faisait office de tribunal suprême.

Prophète Élie - Personnage biblique qui peut réapparaître parmi nous sous toutes formes humaines. Il annonce la Délivrance.

Rouleaux de la Torah - La Torah, (en hébreu : la loi), constituée par les cinq premiers livres de la Bible, est écrite sur des rouleaux de parchemin enroulés autour de deux axes appelés arbres de vie.

Rabbi - Sage, maître.

Talmud - Ensemble de textes du judaïsme qui rassemblent lois, commentaires, traités et contes.

Schnorers - Mendiants.

Schmatess - Chiffons, fripes.

Shofar - Corne de bélier utilisée à l’occasion de célébrations religieuses. Sa sonnerie appelle au réveil spirituel et annonce la repentance et le jugement.

Yéchiva - École d’étude talmudique. »


Du 16 au 25 octobre 2026
Au Théâtre de l’Épée de Bois - Cartoucherie de Vincennes
Dans la Salle en bois : pièce de Shalom An-Ski
Route du Champ de Manœuvre. 75012 Paris
Billetterie : 01 48 08 39 74
Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, la LICRA, le Centre Medem, Maison de la Culture Yiddish, Journées européennes de la Culture Juive (JECJ), Yiddish sans Frontière
Durée : 1h45
Dans une nouvelle adaptation de Jean-Henri Blumen
Mise en scène de Georges Perla
Participation à la mise en scène : Henri Gruvman, Orit Mizrahi
Création musicale, piano et chant : Suzanne Ben Zakoun
Chorégraphie : David Duran Camacho
Création lumière : Jean Grison
Projections d’après les œuvres d’Alain Kleinmann
Costumes : Itris
Assistante de mise en scène : Éva Bitton
Avec Lemmy Constantine, David Duran Camacho, Shahar Fineberg, Henri Gruvman, Ulysse Lechine, Orit Mizrahi, Georges Perla, Hanna Rosenblum.
Projections : d'après les œuvres du peintre Alain Kleinmann
Jeudi et vendredi à 19h. Samedi à 14h30 et 19 h. Dimanches à 14h30. Mercredi 21 octobre 2026 à 20h30. 
Affiche : Crédit photo : Peinture d'Alain Kleinmann
Tout public

Exposition du peintre et sculpteur Alain Kleinmann
Alain Kleinmann, Le Dibbouk. Paris, 2026. 34 pages.


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