Citations

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mercredi 18 août 2021

« Moscou 1941 – Les voix de la mémoire » de Artem Demenok

Arte diffusera le 24 août 2021 « Moscou 1941 – Les voix de la mémoire » (Moskau 1941 – Stimmen am Abgrund) de Artem Demenok. 
« Une incursion au cœur de l’histoire à travers les écrits intimes des Moscovites de 1941, rédigés alors que l’armée allemande marchait sur la capitale. »

L’Ermitage, la naissance du musée impérial – Les Romanov, tsars collectionneurs
« Goulag - Une histoire soviétique » de Patrick Rotman
« Le procès » par Sergei Loznitsa 
Ilya Trauberg (1905-1948)

« Il y a quatre-vingts ans, le 22 juin 1941, la Wehrmacht envahissait l’Union soviétique et avançait sans répit à travers les terres russes, menaçant, puis assiégeant Moscou. » Une violation du pacte de non-agression germano-soviétique signé en août 1939. Et un Blitzkrieg - Opération Typhon dans le cadre de l'opération Barbarossa - sur le front oriental, tandis que la Grande-Bretagne, seule, poursuit le combat contre l'Allemagne nazie dans un continent européen asservi.

Les objectifs du IIIe Reich s'avèrent historiques - récupérer les territoires cédés par le traité de Versailles après la Première Guerre mondiale -, stratégiques - s'emparer vite du centre économique russe, "levier de la domination globale du continent eurasiatique" -, militaires - "vaincre une puissance voisine disposant d'une importante armée et ainsi apparaître comme le vainqueur incontestable du second conflit mondial" - et idéologiques : la mise en œuvre géopolitique des plans nazis pour abattre le communisme et pour conquérir un espace vital à l’est : le Lebensraum".

Les forces du IIIe Reich ? "3,5 millions d'hommes, 3 500 tanks et 3 000 avions. En moins d'un mois d'offensive éclair, la moitié de l'Armée rouge était anéantie ou disloquée, et on croyait à l'effondrement prochain de l'URSS".

"Contrairement à ce que prétendra, après la mort de Staline, son ex-acolyte Khrouchtchev, le dictateur ne sombre pas pour autant dans la prostration : onze heures de réunion d'affilée au Kremlin le 22 juin, vingt-deux le lendemain ! Pas assez toutefois pour réparer ses faux-pas d'antan. Décapiter l'Armée rouge à la fin des années 1930, c'était du marxisme-léninisme pur jus : les militaires, sait-on jamais ce qu'ils trament ? Il n'empêche que les trois maréchaux, les huit amiraux, les 430 généraux et les 35 000 à 40 000 officiers supérieurs tombés dans cette purge géante manquent cruellement aujourd'hui. Pire, au jeu de la désinformation, le Vojd a trouvé plus fort que lui. En analysant la concentration allemande à ses frontières comme une surenchère banale en vue d'un partenariat économique plus favorable à l'Allemagne, il s'est trompé. Et plus encore en gobant comme des œufs les deux lettres personnelles de Hitler qui « informait » son vis-à-vis que les divisions allemandes n'étaient là que pour se soustraire aux regards aériens anglais. Promis, juré, elles repartiraient vers l'Ouest dès le 15 ou le 20 juin pour l'assaut final... contre la Grande-Bretagne. Et Staline a cru pareilles sornettes...", a analysé Rémi Kauffer (Le Figaro, 17 juin 2011).

Et Rémi Kauffer de poursuivre : "Rien de plus catastrophique que le résultat de deux années de manœuvres diplomatiques byzantines dans l'espoir de détourner une seconde fois la foudre hitlérienne vers l'Angleterre. Faut-il du coup, comme Gabriel Gorodetsky, banaliser Staline en homme d'Etat cherchant le salut dans de très classiques négociations entre chancelleries ? Certainement pas. Tout à son désir de pourfendre l'absurde « théorie » d'une offensive nazie prévenant de quelques jours celle - imaginaire - qu'aurait préparée Staline, cet historien israélien finit par occulter la dimension idéologique du problème. Or, cette dernière reste primordiale. Digne continuateur de Lénine, Staline ne séparait jamais la défensive, axe secondaire imposé par les circonstances, de l'offensive anticapitaliste, axe principal. Offensive qu'il comptait bien prendre contre Hitler, mais seulement autour de 1943, quand l'URSS y serait enfin prête. L'erreur aura été de polariser son attention sur cette date fatidique, au point d'écarter toute autre hypothèse. Y compris la bonne : Hitler attaquant dès 1941 sans déclaration de guerre."

« Ce documentaire présente cette période charnière du XXe siècle sous un angle historique singulier, donnant vie – grâce à un chœur de voix – aux lettres et aux journaux intimes des Moscovites de l'époque ». 

« Rares sont pourtant les documents qui ont subsisté, car dans le contexte de terreur qui régnait en URSS, les écrits personnels étaient bien souvent détruits par leurs auteurs, de crainte qu’ils ne deviennent compromettants. »

« Les espoirs et inquiétudes, joies et difficultés de nombreux intellectuels, diplomates, fonctionnaires et observateurs étrangers sont révélés, offrant un précieux témoignage de leur vie au jour le jour, dans une ville à feu et à sang ». 

Des Moscovites patriotes. Car la défaite de l'armée allemande s'explique par ce patriotisme du peuple russe galvanisé par Staline et l'aide militaire américaine. « Ils ne se sont pas battus pour nous, mais pour la sainte Russie», devait glisser après-guerre Molotov, un des bras droits de Staline, à l'ambassadeur américain à Moscou. Rarement aveu fut plus justifié."

« Regorgeant d’observations, de commentaires et de confessions, ces récits narrés sur fond d’images d’archives reconstituent, à travers l’expérience de ses habitants, le siège d’une capitale jusque dans ses heures les plus sombres – entre bombardements allemands, survie dans une métropole détruite et effort de guerre surhumain », entre espoirs, rumeurs et inquiétudes, actes héroïques et aspirations intimes, spectacle de danse classique et heures de canonnades allemandes, pénurie et lectures, épuisement et amertume devant "un pouvoir incapable qui a failli", chansons patriotiques à la radio et fuite de Moscovites, dont les Juifs. 


Allemagne, 2021, 89 minutes
Production : Schmidt & Paetzel Fernsehfilm, Russkoje Wosroschdenije, pour RBB, NDR, en association avec ARTE
Sur Arte les 24 août 2021 à 20 h 50, 3 septembre 2021 à 9 h 25 et 7 septembre 2021 à 2 h 10
Visuels : © Schmidt & Paetzel Fernsehfilme

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