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lundi 28 janvier 2019

« Hiroshima, la défaite de Staline » par Cédric Condon


Arte diffusera le 29 janvier 2019, dans le cadre de « Les coulisses de l'Histoire » (Wahre Geschichte), « Hiroshima, la défaite de Staline » (Hiroshima. Stalins Niederlage) par Cédric Condon. « Les explosions atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945 constituent-elles l’unique raison de la capitulation japonaise au sortir de la Seconde Guerre mondiale ? La véritable cause de la reddition de l’empire du Soleil Levant est pourtant à chercher du côté de la Russie... »




Les « mythes ont la vie dure et l’histoire du XXe siècle n’échappe pas à cette loi d’airain. Nous vivons, aujourd’hui encore, avec des idées reçues que nous tenons pour vérités d’Evangile. Ainsi, nous croyons que Hiroshima fit capituler le Japon, que le plan Marshall sauva l’Europe, qu’Adolf Hitler fut un génie militaire, ou que Mao Zedong fut finalement un mal nécessaire pour moderniser la Chine ».

« Certes, ces jugements comportent une part de véracité ; mais, trop sommaires pour être fidèles, ils trahissent la réalité historique, dont ils nient la complexité. Et si la vérité était légèrement différente ? En explorant les grandes mythologies nationales ou transnationales, cette série entièrement basée sur des archives revisite l’histoire du XXe siècle à travers un angle inédit  ».


« De l’imposture militaire d’Hitler aux lourdes contreparties du plan Marshall, des motifs oubliés de la capitulation japonaise, au lendemain des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, au mythe erroné d’un Mao Zedong artisan de la modernisation de la Chine, cette passionnante collection documentaire se penche sur de grands personnages et des événements charnières de l’histoire du XXe siècle pour en proposer une lecture revue et corrigée, portée par un récit limpide tissé de saisissantes archives ».

Spécialiste du XXe siècle et en particulier de la Seconde Guerre mondiale, l’historien Olivier Wieviorka a dirigé la nouvelle collection documentaire “Les coulisses de l’Histoire”. Il explique à Maria Angelo les objectifs de cette série : « Le livre Les mythes de la Seconde Guerre mondiale, que j’ai codirigé, recensait ceux qui ont donné une image déformée, voire erronée, de ce conflit. Dans le même esprit, il s’agit, avec cette collection, de rétablir quatre grands épisodes historiques dans toute leur complexité. Certaines vérités s’imposent parfois comme paroles d’Évangile, elles correspondent soit à une mémoire diffuse des événements, soit à une construction des appareils de propagande. Ainsi, contrairement à l’opinion communément admise, le plan Marshall n’a pas été qu’une entreprise philanthropique destinée à sauver l’Europe de la misère, mais aussi un moyen d’affermir les intérêts politiques et économiques des États-Unis. De même, le Japon n’a pas seulement capitulé à cause d’Hiroshima. Nous allons également surprendre en interrogeant des légendes fermement ancrées concernant Mao et Hitler. Ce dernier, par exemple, ne fut pas le stratège qui faillit soumettre l’Europe à sa loi, mais plutôt un médiocre tacticien ».

Et d'expliquer : « La distance avec l’événement permet aux historiens de poser un regard froid et neuf sur ces épisodes. Qui se souvient, par exemple, qu’au lendemain de l’attaque d’Hiroshima, l’Union soviétique a envahi la Mandchourie (occupée alors par le Japon), les États-Unis et l’URSS étant alors lancés dans une véritable course pour se partager les fruits de la proche reddition du Japon ? Si cette invasion figure bien dans les manuels, elle a été occultée par une véritable construction mémorielle, qui a permis à l’empereur Hirohito de présenter son peuple comme les victimes d’une arme terrifiante et d’échapper au tribunal. Quant aux États-Unis, ils ont pu s’arroger le seul bénéfice de la victoire. Pourtant, c’est bien la perspective d’une occupation soviétique et le risque d’assister à la fin de la dynastie impériale, qui ont en réalité amené Hirohito à capituler. De nouvelles archives ont-elles été mises au jour ? »

Et cet historien conclut : « Quantité d’images permettent d’incarner ces nouvelles interprétations. Par exemple, ce document dans lequel Hitler, enregistré à son insu, avoue sa surprise face à la résistance soviétique devant Moscou. Nous avons aussi exhumé des perles, telle cette séquence d’une chanson espagnole, entonnée à tue-tête, vantant le plan Marshall pour sortir l’Espagne de la misère. En outre, nous avons pu exploiter de nombreuses images tournées en Chine et accessibles depuis peu. Bien sûr, il ne s’agit pas avec ces films d’énoncer une opinion, mais de procéder à une démonstration nuancée, qui s’appuie sur un travail scientifique, et qui fait aujourd’hui à peu près consensus parmi les historiens ».

« Les explosions atomiques sur Hiroshima et Nagasaki en août 1945 constituent-elles l’unique raison de la capitulation japonaise au sortir de la Seconde Guerre mondiale ? C’est ce que l’histoire officielle a retenu, dans une version qui attribue aux Américains le seul rôle décisif ». 

« La véritable cause de la reddition de l’empire du Soleil Levant est pourtant à chercher du côté de la Russie. Staline voulant récupérer les îles Kouriles et Sakhaline, confisquées par Tokyo en 1905, il est prêt à soutenir le débarquement américain du général Mac Arthur ». 

« Mais le choix du président Truman d’utiliser la bombe le prend de court ». 

Longtemps réticents à accepter la défaite de l'empire nippon, les généraux hésitent. Hostiles au communisme, ils souhaitent éviter l'occupation de leur territoire par l'Armée rouge et maintenir au trône l'empereur Hirohito ainsi que leur civilisation et leurs traditions.

« Le 9 août, rompant le pacte russo-japonais de non-agression, l’Armée rouge entre en Mandchourie et anéantit les troupes nippones ».

Le 15 août 1945, pour la première fois, les Japonais entendent la voix de leur empereur lors d'un discours radiodiffusé. Le Japon accepte la Déclaration de la conférence de Potsdam..

Le 2 septembre 1945, la capitulation du Japon est officialisée par la signature des actes de capitulation du Japon à bord de l'USS Missouri (BB-63).

La Deuxième Guerre mondiale est finie. 

Va bientôt s'ouvrir le Tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient ou TMIEON devant lequel l'empereur Hirohito ne comparaîtra pas. Conformément à l'accord conclu entre MacArthur et l'empereur Hirohito, l'implication de ce dernier et des membres de la famille impériale dans la commission de crimes de guerre ou dans la conduite des opérations militaires ne sera pas jugé par ce Tribunal.


« Hiroshima, la défaite de Staline » par Cédric Condon
France, 2017
Sur Arte le 29 janvier 2019 à 20 h 50
Visuels :
L'Empereur japonais Hirohito ou Empereur Shōwa (1901-1989), essentiellement connu pour être l'un des principaux protagonistes de la Seconde Guerre mondiale (ou guerre du pacifique) pendant laquelle il déclare la guerre aux États-Unis (1941, bombardement de Pearl Harbor, USA).
Credit : © Critical Past

La ville d'Hiroshima dévastée par la bombe atomique le 6 août 1945.
Le président des états-Unis, Harry S. Truman (1945)
Soldats américains lors de la bataille d'Okinawa (Japon, du 1er avril au 22 juin 1945)
Un conscrit (jeune soldat appelé à combattre pour l'armée) de l'armée japonaise pendant la seconde guerre mondiale (guerre du pacifique, 1941-1945).
Crauté des combats : un soldat mutilé pendant la guerre du pacifique (1941-1945).
La population américaine fêtant la réddition du japon (août 1945).
Une du journal new yorkais l'EXTRA (8 août 1945) annonçant la déclaration de guerre de la Russie au Japon.
Credit : © ADA

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