Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
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dimanche 11 février 2024

Le cycle menstruel

Contrôlé par des hormones, le cycle ovarien ou menstruel est constitué par des phénomènes physiologiques, généralement réguliers, préparant l'organisme féminin à une possible fécondationArte diffusera le 17 février 2024 à 22 h 25 « Le cycle menstruel, la fin d’un tabou » de Maja Meiners et Heinke Schröder.


Contrôlé par des hormones, le cycle ovarien ou menstruel est constitué par des phénomènes physiologiques, généralement réguliers, préparant l'organisme féminin à une possible fécondation. Il apparaît par des pertes sanguines. En Occident, sa durée de référence a été fixée à 28 jours.

Débutant à la puberté, ce cycle prend fin avec la ménopause.

Les scientifiques étudient ce cycle pour traiter les problèmes liés à la menstruation, l'infertilité. 

Judaïsme
La hala'chah (loi juive) précise les lois dites de la nidda ou niddah ("pureté"). Pendant cette période de douze jours - 5 jours + 7 jours de pureté - dès l'apparition de la première goutte de sang, la femme ne doit pas avoir de relations sexuelles. Certains gestes, comme toucher un Sefer Torah, sont interdits durant cette période.

A l'issue de cette période, elle se lave et s'immerge dans un mikvé (bain rituel) où se mêle l'eau de pluie et l'eau de source. A la tombée du jour, elle ne doit porter aucun vêtement lors de son immersion, et prononcer une bénédiction. C'est un moment symbolique sur un plan spirituel.

Hindouisme
"Au Népal, lorsqu’une femme ou une jeune fille a ses règles, elle est bannie de son foyer. En effet, selon la tradition hindoue de la « chhaupadi » ou « exil menstruel », les menstruations sont impures et dans plusieurs communautés du pays, pendant cette période, les Népalaises sont obligées de dormir dans une hutte à l’extérieur de leur foyer".

"Pour tenter de faire évoluer les traditions, le parlement népalais a approuvé, le 9 août 2017, une nouvelle loi contre la « chhaupadi » : désormais, quiconque forcera une femme à se plier à cette tradition est passible d’une peine de trois mois de prison et/ou d’une amende de 3 000 roupies (environ 26 €). Mais dans ce pays où la population est majoritairement hindoue, cette tradition est tenace et perdure malgré une première interdiction il y a une dizaine d’années".

Islam
"Dans l’islam, s’inspirant de la sourate 5 du Coran, les légistes ont établi que l’état de pureté rituelle conditionne la validité de la prière – mais aussi du jeûne, du pèlerinage et d’autres actes comme toucher le Coran –, et que cet état est atteint par des purifications dont la nature diffère selon les facteurs d’impureté. Ils distinguent ainsi les impuretés mineures, pour lesquelles les parties du corps concernées par les ablutions sont celles qu’énumère le Coran, et les impuretés majeures – dont les menstruations font partie –, lesquelles impliquent de se laver entièrement le corps."

"Pendant leurs règles, les Musulmanes n’ont donc pas le droit d’effectuer les cinq prières rituelles quotidiennes, tout comme elles ne peuvent jeûner, toucher le Coran ou tourner autour de la Kaaba".

Congé menstruel
Au Sénat, le groupe socialiste a proposé le 18 avril 2023 une proposition de loi visant à améliorer et garantir la santé et le bien-être des femmes au travail. 

Présentée notamment par Mmes Hélène Conway-Mouret et Laurence Rossignol, ce texte précise dans l'exposé des motifs :
"Douleurs pelviennes, abdominales et dorsales, nausées, céphalées, troubles hormonaux, mal-être... La liste des effets indésirables liés aux menstruations est malheureusement longue pour de très nombreuses femmes...
Aujourd'hui, il n'existe aucun cadre légal dans notre pays permettant aux femmes de s'arrêter sans perte de salaire lorsqu'elles souffrent de dysménorrhée invalidante. De plus en plus d'entreprises et de collectivités locales en France font le choix d'octroyer un arrêt aux employées qui en ont besoin. Parmi ces acteurs, la mairie de Saint-Ouen sur Seine a été précurseure, mais aussi le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. Pour répondre à ce mouvement, enclenché dans les secteurs public et privé, il devient urgent d'apporter une solution juridique qui réponde à une attente forte exprimée de longue date par une majorité de femmes.
Dans le reste du monde, cette avancée sociale existe dans un certain nombre de pays. Le Japon a inscrit ce droit dans sa loi dès 1947, l'Indonésie un an plus tard, tout comme la Corée du Sud en 2001, Taïwan en 2013 et la Zambie en 2015. Le 16 février 2023, l'Espagne a adopté une loi créant un congé menstruel, intégralement financé par l'État, devenant ainsi le premier pays européen à franchir cette nouvelle étape dans la reconnaissance des droits des femmes.
Il est temps que l'État français se montre exemplaire et prenne davantage en considération les enjeux liés à la santé des femmes. La France honorerait ainsi une nouvelle fois les valeurs humanistes et progressistes qui font son histoire et son héritage en permettant aux femmes qui le demandent de pouvoir s'arrêter sans perte de salaire en cas de règles incapacitantes. Les femmes doivent pouvoir travailler, comme leurs collègues masculins, dans des conditions optimales. Cette avancée permettra aussi d'aller vers plus d'égalité, notamment en matière de rémunération et de promotion. Nous nous devons, en qualité de législateur, de faire évoluer le cadre légal existant pour lui permettre de prendre en compte la question de la santé et du bien-être des femmes au travail. L'esprit des Lumières qui nous anime et notre attachement collectif aux libertés fondamentales et à la quête de l'égalité ne peuvent que nous y encourager...
Les articles 1er, 2 et 3 prévoient ainsi l'instauration d'un arrêt maladie pour douleurs menstruelles à destination des femmes souffrant de dysménorrhée, dont l'endométriose, sans jour de carence et pour lequel l'indemnité journalière serait fixée à 100 % du salaire journalier de base. Ils précisent également la durée de cet arrêt variant d'un à deux jours par mois sur la base d'un certificat médical établi par un médecin généraliste, une sage-femme en première intention et par un médecin spécialiste en cas de besoin. Ce certificat serait valable un an et renouvelable à chaque échéance. Ainsi, ce suivi médical permettra aux nombreuses femmes qui souffrent de cycles menstruels incapacitants à ne plus devoir gérer seules les douleurs et conséquences physiologiques occasionnées.
L'article 4 confère un caractère flexible à l'arrêt menstruel en donnant la possibilité aux femmes souffrant de dysménorrhée de télétravailler depuis leur domicile, pour celles dont l'activité professionnelle est compatible avec l'exercice du télétravail, à défaut d'opter pour un arrêt". 
"Réunie le mercredi 7 février 2024, la commission n’a pas adopté de texte sur la proposition de loi n° 537 (2022-2023) visant à améliorer et garantir la santé et le bien-être des femmes au travail. En conséquence, en application du premier alinéa de l’article 42 de la Constitution, la discussion portera en séance sur le texte de la proposition de loi déposée sur le Bureau du Sénat."

Le 15 février 2024, le texte sera discuté en séance publique au Sénat.

A l'Assemblée nationale, le député Sébastien Peytavie (Ecologie - NUPES), a déposé le 15 juin 2023 une proposition de loi "portant diverses mesures relatives à la reconnaissance de la santé menstruelle et gynécologique dans le monde du travail". Parmi les signataires : Sandrine Rousseau, Marie‑Charlotte Garin, Christine Arrighi, Delphine Batho, Julien Bayou.

Ce texte prévoit le "recours à l’arrêt de travail pour menstruations incapacitantes. Il habilite le médecin généraliste, le médecin spécialiste, la sage‑femme et le médecin du travail à constater les menstruations incapacitantes via un document dont les conditions de validité de fond comme de forme sont renvoyées à la voie réglementaire. Cette reconnaissance ouvre le droit à un arrêt de travail, intégralement pris en charge par l’assurance maladie, exempt de jours de carence, allant jusqu’à 13 jours ouvrés, posés consécutivement ou séparément, sur une durée d’un an et sans limite mensuelle. Le médecin peut, à titre exceptionnel et dans les cas les plus graves, renouveler une fois dans l’année l’arrêt de travail, dans les mêmes conditions que celles exposées dans le présent article. La personne reconnue comme souffrant de menstruations incapacitantes gère de manière autonome la pose de son ou ses arrêts de travail via la plateforme Ameli en ligne ou la caisse primaire d’assurance maladie qui lui est affiliée. Le recours à ces arrêts ne fait obstacle à aucune autre prescription".

Ces textes parlementaires soulèvent plusieurs questions relatives au secret médical, à la discrimination à l'embauche - durant la période d'essai, l'employeur peut être incité à ne pas recruter définitivement une salariée régulièrement absente  ou à la productivité réduite mensuellement -, etc.

« Le cycle menstruel, la fin d’un tabou »
Arte diffusera le 17 février 2024 à 22 h 25 « Le cycle menstruel, la fin d’un tabou » de Maja Meiners et Heinke Schröder.

« Longtemps entouré d’idées reçues liées à sa prétendue impureté ou simplement négligé, le cycle menstruel mérite que l’on s’attarde sur ses spécificités. Tour d’horizon des récentes recherches scientifiques sur le cycle féminin. » 

« Alors qu'il ne s’observe que chez 1 % des mammifères, peut-on expliquer son apparition par un avantage évolutif ? Le syndrome prémenstruel, qui se manifeste très différemment d’une femme à l’autre, est-il vraiment causé par les fluctuations hormonales, comme on l’a longtemps supposé ? Quel est le lien entre le moment du cycle et les performances physiques et intellectuelles ? Les cellules souches contenues dans le sang des règles auraient-elles un potentiel thérapeutique insoupçonné ? » 

« Force est de constater que la science a encore beaucoup à découvrir – et de retard à rattraper – sur cette “période” qui touche pourtant intimement la moitié de l’humanité ».

« Ce documentaire donne à voir un éventail de découvertes et de recherches prometteuses en génétique, médecine du sport ou sociologie… qui contribuent à briser les tabous sur les règles : un prérequis pour faire efficacement avancer la science. »

« Il montre aussi l’intérêt que peuvent avoir, pour les femmes, l’observation et la connaissance de leur cycle pour mieux maîtriser leur fécondité et se réconcilier avec leur corps. »



« Le cycle menstruel, la fin d’un tabou » de Maja Meiners et Heinke Schröder
Allemagne, 2023, 52 mn
Coproduction : ARTE/ZDF, ThurnFilm
Sur Arte le 17 février 2024 à 22 h 25
Sur arte.tv du 17/02/2024 au 17/03/2024


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