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samedi 7 septembre 2019

« Quand Hollywood s’en allait en guerre (1939-1945) » par Jascha Hannover


Arte diffusera le 8 septembre 2019 « Quand Hollywood s’en allait en guerre (1939-1945) » (Hollywoods Zweiter Weltkrieg), documentaire réalisé par Jascha Hannover. « Entre 1939 et 1945, de grands réalisateurs ont mis leur talent au service de l'effort de guerre. Nourrie d'images exceptionnelles, une plongée dans la Seconde Guerre mondiale en 16 millimètres, vue par Capra, Ford, Wilder… »
    

« Entre 1933 et 1938, pas un film américain ne montre de nazis à l'écran. L'heure est au divertissement pour oublier le marasme économique ».

« Les grandes puissances connaissent pourtant déjà l'efficacité de la propagande sur grand écran, surtout aux États-Unis, où deux tiers de la population va chaque semaine au cinéma ».

« Les patrons d'Hollywood sont frileux, même si nombre d'entre eux sont juifs – donc bien placés pour mesurer la force de l'antisémitisme américain ».

« En 1939, sous l'impulsion" du président américain démocrate Franklin D. Roosevelt, "la donne change ».

L'opinion publique américaine va être sensibilisée au danger représenté par le nazisme, opposé aux valeurs américaines d'attachement aux libertés, à la dignité humaine...

Parmi les vecteurs de cette information de l'opinion publique : les cartoons, les bandes dessinées et les films, notamment les Actualités cinématographiques et Hollywood.

Né dans une famille juive à Kiev, alors dans l'empire russe, et maintenant en Ukraine, Anatole Litvak - "Litvak" signifie "lituanien" en yiddish - a débuté sa carrière artistique à Saint-Pétersbourg, puis à Berlin qu'il fuit à l'arrivée au pouvoir des Nazis en 1933. Il tourna des films en Angleterre et en France : L'Équipage avec Charles Vanel, Annabella et Jean-Pierre Aumont (1935), Mayerling avec Danielle Darrieux et Charles Boyer (1936). Il devient un ami du journaliste et écrivain Joseph Kessel.

En 1936, il s'est installé à Hollywood où il a réalisé The Woman I Love (1937), Tovarich (Cette nuit est notre nuit, 1937) avec Charles Boyer, The Amazing Dr. Clitterhouse (1938), et The Sisters (Nuits de bal, 1938) avec Bette Davis et Errol Flynn. En 1939, il tourne Les Aveux d'un espion nazi (Confessions of a Nazi Spy) avec Edward G. Robinson dans le rôle d'un agent du FBI, George Sanders, Paul Lukas et Francis Lederer. « Les aveux d'un espion nazi, produit par la Warner et réalisé par Anatole Litvak, est le premier long métrage à dénoncer ouvertement le national-socialisme ». Après guerre, insulté en tant que Juif, il répondra par un coup de poing à son agresseur qu'il a terrassé.

« Et après Pearl Harbor, tout Hollywood ou presque participe à l'effort de guerre, en lien avec le service des armées. Clark Gable, Bette Davis et Rita Hayworth parcourent le pays pour réunir des fonds ».

« Frank Capra, terrassé par la projection du Triomphe de la volonté de Leni Riefenstahl, réplique en détournant les images du film de propagande nazi pour sa série documentaire Pourquoi nous combattons ». Né en Sicile, fervent républicain, ardent patriote, Frank Capra a manifesté dans ses films des années 1930 son attachement profond aux valeurs américaines et son idéalisme. Lors de ce conflit mondial, il y démontre sa gratitude envers son pays par ce film documentaire en sept parties.

Avec George Stevens et William Wyler, il fonde la société de production cinématographique Liberty Films. En 1948, la firme fait faillite.

Les années d'après-guerre seront difficiles pour le réalisateur : Frank Capra réalise en 1946 "It's a Wonderful Life" ("La vie est belle") avec James Stewart et Donna Reed. Mal reçu alors par le public et les critiques, ce film est régulièrement rediffusé pour la fête de Noël par des télévisions américaines et plébiscité par les téléspectateurs. Mais, soupçonné d'être communiste ou d'avoir collaboré avec des scénaristes communistes, il peine à réaliser ses projets et s'oriente vers d'autres collaborateurs pour l'écriture du scénario. Avec un succès mitigé et rare.

« John Ford, lui, s'envole vers le Pacifique pour y filmer la guerre en couleurs, dans La bataille de Midway ».

Neveu de Carl Laemmle, dirigeant des studios Universal, ayant grandi en Allemagne, « William Wyler accompagne les pilotes de bombardiers et réalise des images exceptionnelles avec Memphis Belle ». Dans l'Allemagne vaincue, il se rend dans une boutique appartenant à son père. La commerçante, mercière, persuadé pendant des années du retour des Wyler, lui remet l'argent qu'elle leur devait et qu'elle avait mis de côté pendant des années. Alors que William Wyler travaille sur Thunderbolt!, il est soumis à un volume sonore si élevé qu'il perd l'ouïe d'une oreille. Ce qui s'avère particulièrement handicapant pour un réalisateur de films. Sa fille raconte son enthousiasme quand elle l'a accueilli dans son foyer à son retour de sa mission. Ce qui fait penser à une scène bouleversante du film que William Wyler réalisera en 1946, The Best Years of Our Times (Les Plus Belles Années de notre vie, 1946) avec Myrna Loy, Fredric March, Dana Andrews, Teresa Wright, Virginia Mayo et Harold Russell. Cette oeuvre retrace le retour difficile aux Etats-Unis de trois soldats américains, dont l'un handicapé, après avoir combattu lors de la Deuxième Guerre mondiale. Trois facettes de William Wyler. Neuf Oscar la distinguent en 1947.

« Billy Wilder, qui a fui l'Allemagne en 1933, dirige un film sur la libération des camps qui sera montré au public allemand après la victoire des Alliés ». Il cherchera en vain des membres de sa famille demeurée à Vienne malgré ses efforts pour les convaincre de le rejoindre aux Etats-Unis et ayant péri dans la Shoah. Aux négationnistes, il répondait : "Où est ma mère ?" S'il juge justifié le combat contre les nazis, il ne comprend pas les bombardements détruisant des immeubles de villes allemandes.

« George Stevens, de son côté, capture les images terribles de la libération du camp de Dachau, qui seront projetées au procès de Nuremberg ». Des images qui le marqueront toute sa vie durant. Il n'oubliera jamais ce que des hommes ont infligé à d'autres êtres humains. En 1945, George Stevens réalise deux documentaires : "That Justice Be Done" et "Nazi Concentration Camps".

De sa filmographie émergent "A Place in the Sun" ("Une place au soleil") d'après "Une tragédie américaine" de Theodore Dreiser, avec Montgomery Clift, Elizabeth Taylor et Shelley Winters - six Oscars couronnent ce film -, "Shane" ("L'Homme des vallées perdues", western d'après le roman de Jack Schaefer, avec Alan Ladd, "Giant" ("Géant", 1956), adaptation du roman d'Edna Ferber, avec Elizabeth Taylor, Rock Hudson, et James Dean - un film contre le racisme -, et "The Diary of Anne Frank" ("Le Journal d'Anne Frank", 1959), d'après la pièce de théâtre de Frances Goodrich et Albert Hackett sur le destin d'une adolescente juive allemande cachée, dénoncée et déportée, avec Millie Perkins, Joseph Schildkraut et Shelley Winters - trois Oscars distinguent le film.

« Nourri de témoignages et d'impressionnants extraits des œuvres, ce film suit plusieurs des réalisateurs les plus influents de l'âge d'or hollywoodien dans leur participation à l'effort de guerre ».

« Un engagement qui dépassera bien souvent l'acte de propagande pour donner lieu à des chefs-d'œuvre, capter des témoignages de première importance, redéfinir le documentaire et bouleverser profondément la vie de ces hommes d'images ».


« Quand Hollywood s’en allait en guerre (1939-1945) » par Jascha Hannover
Allemagne, 2017
Sur Arte le 8 septembre 2019 à 22 h 35
Visuels :
William Wyler (2.v.l.) bei den US-Luftstreitkräften während der Dreharbeiten zu „The Memphis Belle“
© Public Domain

Frank Capra (re.) mit Cuttern
© Photofest

Anatole Litvak
© Getty Images

Frank Capra
© Photofest

Billy Wilder
© Photofest

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Les citations sont proviennent d'Arte.

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