samedi 11 mars 2017

Claude Lelouch sur Arte


Arte diffusera le 12 mars 2017 à 19 h, dans le cadre de Personne ne bouge ! Lelouch / King Kong / Boris Vian. "Alors que sort le 15 mars Chacun sa vie, son dernier film, avec Johnny Hallyday, Claude Lelouch fête ses 60 ans de carrière".
            

Claude Lelouch est né en 1937 dans une famille juive parisienne. Confectionneur du quartier du Sentier, son père Simon Lelouch, est le septième client à avoir acquis un poste de télévision.

Sous l’Occupation, Eugénie Lelouch, mère de Claude Lelouch, le cache dans des salles de cinéma ; ce qui suscite chez l’enfant une passion pour les films.

Malgré son échec au baccalauréat, Claude Lelouch se voit offrir par son père une caméra.

Cameraman d’actualité, il filme clandestinement la vie quotidienne à Moscou (Quand le rideau se lève) en 1957, et assiste au tournage de scènes du film Quand passent les cigognes de Mikhaïl Kalatozov aux studios Mosfilm. Un long métrage qui rompt avec les thématiques idéologiques et le style politisé du cinéma soviétique.

Claude Lelouch effectue son service militaire au Service cinématographique des Armées. Là, il affine sa direction d’acteurs et constate que ceux-ci gardent leur spontanéité pour avoir un jeu le plus naturel possible.

Il crée sa société de production qu’il appelle Les Films 13.

En 1960, son premier long métrage Le Propre de l’homme essuie un cinglant échec commercial et est éreinté par des critiques, tels celui de la revue Les Cahiers du Cinéma : « Claude Lelouch… Souvenez-vous bien de ce nom : vous n’en entendrez plus jamais parler ». Un échec qui affecte particulièrement son père.

Claude Lelouch gagne sa vie en réalisant des scopitones, clips musicaux diffusés dans des machines installées dans des cafés, de jeunes chanteurs en vogue et des films publicitaires. Ainsi, il perfectionne sa maîtrise technique, notamment du cadrage, et finance ses films : L’amour avec des si (1962), Une fille et des fusils (1964)...

C’est Un homme et une femme (1966) qui le rend mondialement célèbre - Palme d’or à Cannes, deux Oscar, quarante Prix dans le monde -, lui permet d’affirmer son indépendance financière.

Il produit sa quarantaine de films aux succès variés et les films d’autres réalisateurs : Ça n’arrive qu’aux autres de Nadine Trintignant (1971), Far West de Jacques Brel (1973), Molière d’Ariane Mnouchkine (1978).

Parmi ses thématiques récurrentes : les facultés de résilience, les jeux des apparences, les destins qui se croisent, les chances à savoir saisir.

Claude Lelouch réalise aussi Les Perdants, un des reportages sportifs constituant Visions of Eight sur les Jeux olympiques de 1972 à Munich.

Arte diffusa dans le cadre d’un cycle Claude Lelouch : Un homme et une femme (Ein Mann und eine Frau) le 2 janvier, La Bonne année (Ein glückliches Jahr) le 2 janvier, Tout ça… pour ça ! (Alles für die Liebe) le 4 janvier, L’Aventure c’est l’aventure (Die Entführer lassen grüßen) le 9 janvier 2017.

On peut regretter qu’Arte n’ait pas choisi Un homme qui me plait (1969), Le Voyou (1970), Un autre homme, une autre chance (1977), Attention Bandits (1987) ou Itinéraire d’un enfant gâté (1988).

Un homme et une femme 
« Un homme et une femme se rencontrent à Deauville... Auréolé d’une Palme d’or et de deux Oscars, le film qui a révélé Claude Lelouch, avec le couple mythique Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant ».

« Anne Gauthier travaille comme technicienne dans le cinéma et élève seule sa fille depuis la mort de son mari cascadeur. Jean-Louis Duroc est pilote automobile et s’occupe seul de son fils depuis le suicide de sa femme. Tous deux se rencontrent alors qu’ils rendent visite à leur enfant en pension à Deauville. Anne rate son train pour rentrer à Paris, Jean-Louis propose de la raccompagner en voiture. Débute alors un amour passionné, tendre et flamboyant ».

« En mai 1966, Un homme et une femme reçoit les éloges de la critique et enthousiasme le jury du Festival de Cannes qui lui décerne la Palme d’or. S’ensuivent pas moins de quarante-deux récompenses internationales dont deux Oscars ».

« Depuis, le film, à l’aura mythique, a rencontré l’unanime approbation d’un public qui fredonne encore inlassablement » le « Chabadabada » fredonné par le regretté Pierre Barouh et Nicole Croisille sur une musique de Francis Lai.

Les « raisons d’un tel succès ? D’abord, un jeu d’acteurs irréprochable : par leur complicité à l’écran, Anouk Aimée et Jean-Louis Trintignant forment un couple légendaire dans l’histoire du cinéma français. Mais cette harmonie tient surtout à la réalisation originale de Lelouch, qui utilise la technique émergente de la caméra à l’épaule pour encercler les personnages et conférer à l’image une liberté peu commune. Un procédé qui cristallise son style et participe du réalisme de ses films ».

L’aventure c’est l’aventure
« Cinq malfrats comparaissent pour une longue série de rapts juteux... Une épopée drolatique et désormais culte, à travers le regard amusé de Claude Lelouch sur les années 1970. Avec un quintette de légende : Lino Ventura, Jacques Brel, Charles Denner, Charles Gérard et Aldo Maccione ».

« À Paris, cinq malfrats comparaissent pour une longue série de rapts juteux, alors que leur avocat les présente comme de généreux militants ayant agi au nom d’un idéal. Le temps du procès, le sympathique quintette franco-italien, grand amateur de spaghettis, revit toutes ses rocambolesques aventures. Délaissant l'attaque de banque, démodée, pour le plus rentable kidnapping de star du show-biz, de diplomate ou de leader suprême, les cinq compères ont couru le monde pour emporter le magot à chacune de leurs candides entreprises, élevant la maladresse au rang des beaux-arts ».

« Au moment où j’ai fait L'aventure c'est l'aventure, les affrontements idéologiques étaient à leur apogée. Mai 1968 avait réduit le fossé entre le patron et les ouvriers. Jamais la France n’avait été aussi politisée. Je voulais filmer cette confusion qui, au fond, me faisait rire. Je voulais montrer à quel point les intellos mélangent tout. Ils sont séduits par n’importe quel discours si l’orateur a du charisme. J’avais envie de faire intervenir des voyous qui n’ont rien à cirer de rien, mais qui se servent de la politique pour faire de l’argent », s’est souvenu Claude Lelouch.

« Film emblématique des années 1970, dont il décline avec style et fantaisie toutes les tendances – prostituées glamour et féministes, luttes marxistes en Amérique du Sud, émergence du show-biz… –, L’aventure, c’est l’aventure repose d’abord sur un irrésistible quintette. Lino Ventura en boss impeccable, Jacques Brel en escroc intello et hilarant pirate de l’air belge, le classieux Charles Denner, l’éternel « Charlot » Charles Gérard, et enfin Aldo Maccione, tout en fraîcheur à l’aube de sa carrière, lancée par sa fameuse démarche de dragueur ringard. Leur complicité, aux accents improvisés, emporte cette comédie haute en couleur vers des sommets délicieux, dans la nostalgie d’une époque, la meilleure de Claude Lelouch ».

La Bonne année 
« Lino Ventura prépare le casse du siècle sur la Côte d’Azur, avant d’être pris dans les filets de l’amour. Signé Claude Lelouch, un film jubilatoire, emblématique des années 1970 ».

« Libéré à l’occasion d’une amnistie de fin d’année, Simon entreprend d’organiser le casse du siècle avec son compère Charlot. Leur cible : une bijouterie de luxe sur la Croisette. Dans un premier temps, les deux hommes se préparent minutieusement, surveillant le moindre mouvement dans la joaillerie. Mais au grand dam de Charlot, le regard de Simon se porte bientôt sur la séduisante et très raffinée antiquaire qui travaille à côté… »

 La Bonne Année est l’un des films dont Lino était le plus fier. Pour le dernier plan, il ne savait pas de quel côté aller. Il était très emmerdé car il ne pouvait pas admettre qu’un homme puisse pardonner à une femme qui l’avait trompé. Lino n’était pas au courant de l’épilogue. Et il ne savait pas qu’il s’agissait du dernier plan. Je lui ai dit « Je vais te filmer et tu vas te poser la question de savoir si tu lui pardonnes ou pas. Maintenant que tu sais ce dont parle le film, laisse-toi porter ! ». J’ai filmé un vrai Ventura. Il est passé par toutes les phases. On se dit qu’il pardonne quand même, mais du bout des lèvres. Et qu’il le fera payer… C’était le plan préféré de Stanley Kubrick… », a déclaré Claude Lelouch.
«

« Emblématique du cinéma français des années 1970, La bonne année réjouit par la vivacité de ses dialogues et la force de caractère stylisée de ses protagonistes. En gangster irréductible qui vacille sous les feux de l’amour, Lino Ventura est au sommet de son art. L’habileté du scénario tient justement à l’introduction inopinée de l’idylle dans l’univers viril des deux compères, Simon et Charlot. Alors qu’ils sont entièrement dédiés à la préparation du hold-up, le trouble du premier nuit bientôt à sa concentration, tandis que le film dérive peu à peu vers la comédie romantique. Dans un décor de Croisette en Cinémascope, le trio signe une performance délicieuse, mise en scène avec entrain par Claude Lelouch ».

Tout ça... pour ça !
« Deux couples de juristes en proie à l’infidélité prennent part au procès de trois petits voyous au cœur brisé... Une comédie sentimentale pleine de piquant, portée par l’improvisation joyeuse de ses interprètes (Fabrice Luchini, Francis Huster, Vincent Lindon, Gérard Darmon...) »

« Avocate à Lyon, Marie est mariée à un confrère, Fabrice, mais entretient une liaison avec le président du tribunal, Francis, lui-même en couple avec Allessandra. Les amants organisent une escapade à quatre au mont Blanc dans l’espoir que leurs conjoints succombent eux aussi à l’appel de l’adultère. Parallèlement, Marie prépare la défense de trois voyous à la petite semaine légèrement suicidaires, conduits derrière les barreaux par une série de déboires sentimentaux : Lino, le garçon de café accro au jeu, Jacques, le coiffeur cafardeux, et Henri, le chauffeur de taxi magouilleur ».

« D’un côté, trois pieds nickelés collectionnent les peines de cœur et pansent leurs plaies dans l’amitié ; de l’autre, un quatuor de vaudeville oscille entre soif de liberté et jalousie incontrôlée. À travers ces personnages, Claude Lelouch convoque deux regards sur l’amour dans son prétoire et signe une comédie sentimentale très personnelle – réunissant les femmes de sa vie –, dopée par la spontanéité de l’improvisation, dans laquelle excelle un Fabrice Luchini aussi grivois que déjanté ».

Personne ne bouge !
Arte diffusera le 12 mars 2017 à 19 h, dans le cadre de Personne ne bouge ! (Abgedreht!Lelouch / King Kong / Boris Vian. "Au sommaire de ce numéro, trois monstres sacrés : Claude Lelouch, qui  fête ses 60 ans de carrière ; King Kong, le gorille géant à la peau dure ; et Boris Vian, de "L'écume des jours" à "J'irai cracher sur vos tombes".

"Alors que sort le 15 mars Chacun sa vie, son dernier film, avec Johnny Hallyday, Claude Lelouch fête ses 60 ans de carrière. Personne ne bouge ! dresse la liste des anecdotes qu'on ignore sur lui, à commencer par son rôle dans l'invention du clip. Bien qu'auréolé d'un Oscar et d'une Palme d'or, le cinéaste ne fait pas l'unanimité auprès de la critique. S'agit-il d'un auteur ou d'un imposteur ? Enfin, Claude Lelouch n'a pas son pareil pour réunir des castings d'enfer. Comment sortir du lot dans ses films ?"

King Kong. "Le gorille géant a la peau dure. En témoigne l'irruption en salles de Kong: Skull Island, blockbuster de Jordan Vogt-Roberts et énième résurrection du mythe depuis le chef-d'œuvre d'Ernest B. Schoedsack en 1933. Depuis ses débuts, la bête séduit les belles en robe blanche : l'occasion de raconter l'histoire de cette tenue virginale. Le monstre a aussi inspiré la Mano Negra : avec son single "King Kong five", le groupe a électrisé les foules en 1989".

"Il y a soixante-dix ans, L'écume des jours faisait entrer l'ingénieur fou de jazz au panthéon des écrivains. Retour sur cette œuvre majeure et sur son adaptation au cinéma en 2013. Un autre de ses romans, J'irai cracher sur vos tombes, a fait, lui, scandale auprès des bien-pensants. Perle rare : son unique interview filmée, en anglais, par France Roche".

CITATIONS

Politique
« J’ai toujours été un homme du centre. Je veux me laisser la possibilité de prendre les bonnes idées là où elles se trouvent, et elles se trouvent partout. À gauche comme à droite ».

La vie
« J’aime le suspens, j’aime les surprises, je ne demande pas à l’ouvreuse de me raconter la fin du film : je crois à la force du présent comme seule valeur sûre de la vie ».

Le cinéma
« Le cinéma est omniprésent dans mon existence. Il est au cœur de mes motivations, de ma réflexion, de mon passé et de mes projets. Il est pour moi comme l'oxygène dans le sang. Tout ce que je fais dans la vie doit être un jour transformé en film. Le cinéma m'a éveillé au monde. Il m'a fait aimer la vie, il m'a donné envie d'écouter de la musique, de voir des tableaux, de lire des romans. Il est mon père et ma mère réunis. Si la chanson est une drogue douce, le cinéma, lui, est une drogue dure. J'en suis dépendant. Une semaine sans film et je ne vais pas bien ».

« J'ai eu sept enfants avec cinq femmes différentes. Moi, j'ai vécu une grande histoire d'amour avec le cinéma. Comme un sale égoïste, j'ai souvent plus aimé ma caméra que mes femmes et mes enfants. Et je m'en suis voulu. J'ai culpabilisé toute ma vie ».

Un homme et une femme, par Claude Lelouch
Les Films 13, 1966, 99 min
Image : Claude Lelouch, Jean Collomb, Patrice Pouget
Montage : Claude Lelouch, Claude Barrois
Musique : Francis Lai
Producteur/-trice : Claude Lelouch
Scénario : Claude Lelouch, Pierre Uytterhoeven
Avec Anouk Aimée, Jean-Louis Trintignant, Pierre Barouh, Valérie Lagrange, Simone Paris, Antoine Sire, Souad Amidou, Yane Barry, Paul Le Person, Henri Chemin 
Sur Arte le 2 janvier 2017 à 22 h 45

L’Aventure c’est l’aventure,  par Claude Lelouch
France, Italie, Les Films 13, Les Films Ariane, Les Productions Artistes Associés, Produzioni Europee Associati, 1972, 117 min
Image : Jean Collomb
Montage : Janine Boublil
Musique : Francis Lai, José Padilla
Producteur/-trice : Georges Dancigers, Alexandre Mnouchkine
Scénario : Pierre Uytterhoeven, Claude Lelouch
Avec Lino Ventura, Jacques Brel, Charles Denner, Aldo Maccione, Charles Gérard, Johnny Hallyday
Sur Arte le 9 janvier 2017 à 20 h 55

La Bonne année, par Claude Lelouch
France, Italie, Les Films 13, Rizzoli Film, 1973, 111 min
Image : Jean Collomb
Montage : Georges Klotz
Musique : Francis Lai
Producteur/-trice : Pierre Pardon
Scénario : Pierre Uytterhoeven, Claude Lelouch
Son : Bernard Bats
Avec Lino Ventura, Françoise Fabian, Charles Gérard, André Falcon, Mireille Mathieu, Claude Mann, Frédéric de Pasquale, Gérard Sire, Silvano Tranquilli 
Sur Arte le 2 janvier 2017 à 20 h 50

Tout ça… pour ça !, par Claude Lelouch 
Les Films 13, TF1 Films Production, 117 min
Image : Claude Lelouch, Philippe Pavans de Ceccatty
Montage : Hélène de Luze
Musique : Francis Lai, Philippe Servain
Producteur/-trice : Claude Lelouch
Scénario : Claude Lelouch
Avec Fabrice Luchini, Francis Huster, Vincent Lindon, Alessandra Martines, Marie-Sophie L., Gérard Darmon, Jacques Gamblin 
Sur Arte le 4 janvier 2017 à 20 h 55

Lelouch / King Kong / Boris Vian
ARTE, France, 2017, 40 min
Culture pop - 
Sur Arte le 12 mars 2017 à 19 h

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 2 janvier 2017.

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