Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

lundi 18 juin 2018

Les Yézidis ou Yazidis


Les Yézidis ou Yazidis forment une des minorités confessionnelles en Irak. Arte diffusera le 19 juin 2018 « ARTE Regards - Des mots contre Daech » (Re: Mit Worten gegen den IS - Eine Jesidin erhebt die Stimme) et « Esclaves de Daech - Le destin des femmes yézidies » (Sklavinnen des IS - Suche nach Gerechtigkeit) par Philippe Sands et David Evans : « Deux femmes yézidies réduites en esclavage sexuel par Daech en Irak livrent leur terrible témoignage, dans l’espoir que justice soit rendue. Bouleversant et courageux. » 

L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse
Les Yézidis ou Yazidis
L' Etat islamique
Interview de Bat Ye’or sur le califat et l’Etat islamique/ISIS

Les Yézidis ou Yazidis constituent une minorité ethnique, kurdophone confessionnelle. 

Le yézidisme ou yazidisme est une religion monothéiste, née au Moyen-Orient. Il emprunte des éléments au zoroastrianisme, au judaïsme, au christianisme et à l'islam.

"Bien que monothéistes, les Yézidis croient que Dieu a confié la direction des affaires terrestres à Malek Taous, littéralement "l’ange-paon", qu’ils adorent également, ce qui leur vaut de la part des musulmans les accusations de satanisme... Avant de repartir ils nous montrent avec fierté leur sanctuaire à l’architecture si particulière : une pièce très sombre dans laquelle on pénètre par une petite porte basse, sans poser le pied sur le seuil. Un dôme en étoile surmonte le bâtiment".

Les Yézidis souffrent d'être appréhendés comme des "adorateurs de Satan". « Pour Daech, nous ne sommes que des païens. Au prétexte que nos textes religieux ne sont pas cités dans la Bible ou le Coran, l'Etat islamique nous a exclus de la communauté des gens du Livre et ne nous laisse comme choix que la conversion ou la mort", a expliqué Khurto Hajji Ismail, "le baba cheikh des yézidis, le chef spirituel de cette minorité", en 2016

Le calendrier des Yézidis commence 990 ans avant celui juif, 4 750 ans avant celui chrétien, et 5 329 ans avant celui islamique.

Les Yézidis pratiquent l'endogamie, et non le prosélytisme. 

Ils vivent principalement dans le nord de l'Iraq. La Syrie, la Géorgie, l'Arménie, la Turquie et divers pays occidentaux abritent des communautés yézidies. 

Environ 300 000 Yazidis se sont réfugiés auprès des Kurdes irakiens pour fuir les persécutions de l'Etat islamique : mise en esclavage, viols, etc.

L'Etat islamique (Daech, Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) ou en anglais Islamic State of Iraq and al-Sham (ISIS) - al-Sham désignait la province de Syrie dans les précédents califats - a commis un génocide notamment à l'égard des Yézidis.

CYCI et Steve Maman
Homme d'affaires philanthrope canadien juif d'origine marocaine, Steve Maman a fondé CYCI (Christian and Yazidi Children of Iraq) en 2015. Cette fondation vise à libérer des femmes chrétiennes et yézidies réduites à l'esclavage sexuel par l'Etat islamique.

CYCI a allégué avoir libéré, via des intermédiaires et Gill Rosenberg, 140 Yézidies contre le versement de sommes d'argent.

Une polémique a surgi concernant l'authenticité de ces libérations. Certains ont aussi réclamé plus de transparences sur les actions menées par CYCI. Et ce, d'autant que cette fondation reçoit des fonds.

Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit 
Le 13 décembre 2016, au Parlement européen, Nadia Murad et Lamia Haji Bachar, deux jeunes Irakiennes yézidies « ont reçu  le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit ». Kidnappées, asservies en esclaves sexuelles par l’Etat islamique, elles avaient fui. Elles ont exhorté à poursuivre les chefs de l'EI devant la Cour pénale internationale (CPI). 

Lamia Haji Bachar « raconte son enlèvement à 15 ans par des membres de l’Etat islamique, comment elle a été vendue à quatre reprises, l’enfermement, les tortures, les viols… Elle porte les stigmates de l’horreur sur son visage. Une mine antipersonnel l’a défigurée quand elle tentait de s’échapper. « Promettez-moi que plus jamais vous ne permettrez de tels actes », lance-t-elle à l’assemblée ». Et de poursuivre : « Quand nous avons subi les viols, quand nous avons été vendues et revendues par Daech, nous n'avons jamais perdu confiance en Dieu parce que nous savons que Dieu est là et nous n'avons jamais pensé à nous venger ».
  
« En costume traditionnel, le visage inexpressif, les yeux dans le vague », Nadia Murad « demande à l’Europe, à la communauté internationale d’en faire beaucoup plus pour les siens ! « Les minorités religieuses doivent être protégées, si le monde n’en est pas capable, je vous invite à ouvrir vos portes, à accueillir les quelques 500 000 Yézidis d’Irak, à organiser une migration comme celle qui a suivi l’Holocauste. Ce qui se passe à Alep, c’est de l’injustice pure et dure. Les premières victimes sont des innocents. Tout ce qui se passe en ce moment en Syrie se passait aussi en Irak. Et la cause de tout cela, c’est Daech  », a-t-elle expliqué. Et d’indiquer aux journalistes : « C'est notre espoir que le prix Sakharov "aide à changer la perception des gens vis-à-vis des réfugiés, que les réfugiés soient mieux tolérés ». Nommée mi-septembre ambassadrice de l'ONU pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains, Nadia Murad milite pour que les persécutions commises en 2014 contre les Yézidis soient considérées comme un génocide.

Toutes deux ont souligné « l'importance de ne pas seulement vaincre l'EI militairement, mais également de traduire ses chefs devant la Cour pénale internationale (CPI) : « Daech n’est pas qu’une force militaire. C’est aussi une idéologie. Il faut aussi stopper cette idéologie. Il faut prendre toutes les mesures pour mettre fin au soutien dont jouit Daech maintenant. Il faut combattre Daech militairement, il faut traduire les responsables de Daech devant la Cour pénale internationale. Il faut mettre fin à tout soutien militaire, logistique ou financier dont jouit encore Daech », a plaidé Nadia Murad. Elle a également souligné que « 3 500 femmes yézidies » restaient prisonnières du groupe jihadiste. La jeune femme est désormais ambassadrice de l'ONU pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains et milite pour que les persécutions commises en 2014 contre les Yézidis soient considérées comme un génocide. Les deux jeunes femmes ont exprimé l'espoir que le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit, dont elles sont donc les lauréates 2016, aide à faire évoluer les mentalités et changer la perception des réfugiés auprès des citoyens européens ».

Père Patrick Desbois
Prêtre catholique, le Père Patrick Desbois "a consacré sa vie aux recherches sur la Shoah, au combat contre l’antisémitisme et à l’amélioration des relations entre catholiques et Juifs. Il préside Yahad-In Unum".

Il a co-écrit, avec Nastasie Costel, La Fabrique des terroristes - Dans les secrets de Daech. Le 29 juin 2017, sur i24News, le père Patrick Desbois s'est indigné du silence sur le génocide commis par l'Etat islamique à l'égard des Yézidis, et probablement aussi d'autres minorités religieuses : "Ce qui est le plus choquant pour moi c'est que Baghdadi, la police religieuse, ont commis un génocide contre les Yézidis et peut-être contre d'autres minorités. Ils ont aussi expulsé tous les chrétiens, les ont maltraités. Personne n'est accusé de génocide, on parle de l'Etat islamique comme d'une entité qui disparaît". Il a souligné l'importance de désigner les coupables de ce génocide par leur nom. Il demeure sceptique à l'égard de la "mort" de l'Etat islamique qui selon lui "a besoin d'argent", se projette ailleurs", dans d'autres pays, et compte sur ses "lionceaux" pour poursuivre sa guerre. Il a évoqué le sort bouleversant des enfants captifs, convertis de force, victimes de "lavages de cerveaux", revendus - 25 000 dollars la fille, 15 000 dollars le garçon - et ne reconnaissant pas leurs parents ou les traitant de "koufars" (mécréants, en arabe). Yadad-In Unum construit des "ateliers avec des psychologues pour réveiller les enfants yazédis", forme des femmes, souvent veuves, à des métiers afin qu'elles acquièrent leur indépendance, etc.

Yad Vashem
En juillet 2017, Nadia Murad et Haider Elia ont visité Yad Vashem, musée de la Shoah, à Jérusalem (Israël). Si d’autres Yézidis s’y étaient déjà rendus, Nadia Murad et Haider Elia s’en distinguaient par leurs objectifs : « apprendre comment raconter, commémorer et enseigner un génocide ».

Lors de cette visite, « l’ancienne esclave sexuelle de l’Etat islamique s’est effondrée. Deux ans après la découverte des premiers charniers à Sinjar, cette région du nord de l’Irak où sa mère et six de ses neufs frères ont été assassinés par l’Etat islamique en 2014, Nadia Murad, 24 ans, était en train de découvrir des photographies montrant les pelotons nazis de la mort en train d’observer les dépouilles des Juifs empilées dans des fosses fraîchement creusées ». Ambassadrice de bonne volonté de l’ONU et nominée au prix Nobel, elle vit en Allemagne.

« Si seulement nous étions en mesure de retourner sur notre terre ancestrale dont nous avons été chassés… Nous ferions la même chose », a-t-elle déclaré à l’issue de la visite. La communauté yézidie « serait capable de créer une sorte de musée similaire où on conserverait… Les foyers qui ont explosé, les piles d’os, les squelettes abandonnés, nous pourrions faire quelque chose de tout cela. Et toutes les choses qui nous sont arrivées – nous le rappellerions aux générations futures pour qu’elles puissent… se défendre et s’assurer que cela ne leur arrivera jamais à elles [ou à nous] à l’avenir », a-t-elle dit. Et de pointer des éléments communs avec la Shoah : « Le guide de Yad Vashem évoquait la faim, la colère, un morceau de pain – plus de 100 000 Yézidis se trouvaient dans les montagnes et ils étaient affamés, et cela est arrivé à des centaines d’entre eux, sinon des milliers. Les gens mourraient de faim tout comme il le racontait ». « S’adressant au personnel de Yad Vashem, Murad a indiqué qu’elle avait « toujours désiré pouvoir rencontrer des gens qui ont traversé les mêmes choses que ce qu’à traversé mon peuple ». Elle a souligné que les Yézidis ont appris qu’ils « doivent se protéger eux-mêmes » par un organisme sécuritaire régional. Et ce, pour éviter les conquêtes territoriales par l’Etat islamique.

« Contemplant une photographie représentant un soldat nazi tuant une femme et son enfant à bout portant, Haider Elia a écouté le guide de Yad Vashem se référer à une recherche de Christopher Browning, auteur du livre « Ordinary men », qui affirmait que les êtres humains sont intrinsèquement capables de faire le mal dans certains cadres sociaux. Des mots qui ont résonné pour Elias, né à Sinjar, qui a répondu que cette observation était « très pertinente » concernant les meurtres des yézidis tombés entre les mains de l’Etat islamique ». « La nuit dernière, une femme musulmane me demandait : ‘Ces membres de l’EI, ils avaient pris de la drogue ? Ils étaient alcooliques ? Ils étaient normaux ?' » « Ce qu’elle avait compris, m’a-t-elle dit, était qu’ils étaient toujours drogués avant de commettre un crime. Et je lui ai dit : ‘Non, ils étaient des gens ordinaires. C’était seulement des gens ordinaires mais qui se levaient pour tuer les autres ». Elias se trouvait au Texas le 3 août 2014 durant ces massacres au cours desquels son frère, son neveu et 50 de ses amis ont été tués par l’Etat islamique. A la fin de ce mois fatal, il a cofondé une organisation, Yazda, qui a commencé à réunir des témoignages oraux et des preuves contre les djihadistes dans l’espoir d’une future traduction en justice du groupe terroriste devant les tribunaux internationaux. Son témoignage personnel, où il se rappelle de sa vie à Sinjar avant l’Etat islamique et la tentative d’annihilation de son peuple, dure 13 heures et demi. Ce projet est une course contre le temps parce que « les souvenirs s’évanouissent et on oublie le détail de ce qu’il s’est exactement passé. La première année, les gens étaient très concentrés et ils pouvaient nous raconter exactement ce qu’ils avaient vécu », explique-t-il, ajoutant que certaines victimes ont été capables de dire les noms de leurs bourreaux de l’EI. « Aujourd’hui, ils ont tendance à oublier les détails et c’est pour cela que si c’est si important pour Yazda et pour ceux qui croient à ce projet… de créer ces archives ».

Vers un Etat Yézidi ? « Cela dépendra largement du soutien apporté par la communauté internationale parce que les Yézidis forment une communauté minuscule et ils n’ont pas de diaspora pour faire du lobby, juste quelques personnes comme moi… Peut-être en avons-nous une – il y a 100 000 personnes – mais nous ne sommes pas encore forts. [Sans intervention de la communauté internationale pour contribuer au retour des Yézidis à Sinjar] bien sûr, chacun partira dans un pays différent et nous n’aurons plus de terre natale », a expliqué Haider Elias. 

Environ 3 000 femmes yézidies se trouveraient captives des djihadistes dans le « califat » dominant des régions de l’Irak et de la Syrie. Les « garçons yézidis ont été intégrés par la force dans les rangs de l’EI et les tous petits ont été réduits en esclavage. Cinq différentes milices sont actuellement sur le front dans toute la région et des centaines de milliers de yézidis sont déplacés en Irak et en Turquie » selon les militants. Des milliers ont fui en Allemagne, au Canada et en Australie.

Les « Nations unies ont affirmé que les atrocités commises constituaient un génocide, puis les dirigeants américains, du Royaume-Uni, du Canada, de la France et d’Ecosse, ont également approuvé cette reconnaissance officielle. 


Lors d'une audience à la Knesset, Nadia Murad a demandé que le Parlement israélien reconnaisse ce génocide. « Les Juifs et les Yézidis partagent une histoire commune de génocide qui a modelé l’identité de nos populations mais nous devons transformer notre douleur en action. Je respecte la manière dont vous reconstruisez une communauté juive globale dans le sillage du génocide. C’est un voyage que ma communauté va devoir effectuer... Nous, Yézidis, sommes un peuple pacifique. Jamais, dans notre histoire de 5 000 ans, nous avons combattu et tué les autres. Mais ce caractère pacifique ne nous a pas rendu service. Nous avons dû affronter 74 pogroms, souvent motivés par des interprétations extrêmes de l’islam. Et j’ai peur que ce génocide, celui qui continue aujourd’hui, ne soit mené à bien si nous ne pouvons pas retourner sur la terre qui nous a vus naître », a déclaré Nadia Murad.

« L’Etat islamique a cherché à éliminer les yézidis par le meurtre, l’esclavage sexuel, l’esclavage, la torture et des traitements inhumains et dégradants, ainsi que par des transferts forcés qui ont causé des maux graves, que ce soit au niveau physique ou mental. L’organisation terroriste a infligé des conditions de vie qui entraînent une mort lente, l’imposition de mesures pour empêcher les enfants yézidis de naître, dont des conversions forcées d’adultes, la séparation des hommes et des femmes et des traumatismes psychologiques ; et le transfert des enfants yézidis obligés de quitter leur propre famille pour rejoindre les combattants de l’EI, en les coupant par conséquence de leurs croyances et des pratiques de leur propre communauté religieuse », indique un rapport onusien de juin 2016.

« Les Yézidis, un peuple entre exil et résistance »
En 2018, l’Espace architecture La Cambre Horta à Bruxelles (Belgique) a accueilli « Les Yézidis, un peuple entre exil et résistance », exposition de photographies prises par Johanna de Tessières Une initiative de la cellule Démocratie ou barbarie de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en partenariat avec l’ONG ULB-Coopération.

Johanna de Tessières a effectué trois reportages en trois ans sur les Yézidis en Irak, pour La Libre Belgique ("avec Christophe Lamfalussy dont les textes éclairent parfaitement l'exposition)". "L’émotion, et donc la prise de conscience, sont encore plus fortes quand on voit ces femmes esclaves qui ont pu s’échapper et sont arrivées au camp de Dohuk. Elles se cachent le visage pour ne pas être reconnues et que leurs familles en subissent les conséquences. Une d’elle a gravé sur l’avant-bras, « Sinjar » pour ne jamais oublier. On y reconnaît la militante Nadia Murad, prix Sakharov 2016. L’expo montre judicieusement que les Yézidis ne sont pas que victimes. On voit les portraits de ces « activistes » courageux qui ont organisé les exfiltrations des réfugiés et alerté les opinions. Johanna de Tessières a suivi le grand pèlerinage annuel des Yézidis au temple de Lalesh dans le Kurdistan irakien. Son reportage photographique continue en s’invitant dans la diaspora yézidie, en Allemagne (40 000 Yézidis, installés parfois depuis les années 60) et, en Belgique, à Liège où vit - bien peu le savent - une communauté yézidie de près de 5000 personnes, souvent arrivés de Turquie, déjà fin des années 80, fuyant les exactions alors de l'armée turque, quand la Belgique était plus ouverte aux réfugiés".


"Minorité parmi les minorités, le peuple yézidi installé dans le nord de l'Irak a connu au cours de son histoire de nombreuses vagues de persécutions. Tantôt tolérés tantôt faisant l'objet de répressions, les Yézidis ont été, à partir d'août 2014, directement visés par l’idéologie de Daech et ses atrocités. La population a été décimée, des milliers de femmes enlevées et réduites à l'état d'esclaves sexuelles, les hommes exécutés et de nombreux enfants convertis en enfants soldats appelés « lionceaux du califat ». Ceux qui ont pu fuir (420.000 personnes) ont trouvé refuge dans des camps ou se sont exilés. En Belgique, la communauté yézidie représente aujourd’hui entre 35.000 et 45.000 personnes, principalement installées à Liège."

« ARTE Regards - Des mots contre Daech  
« Farida Khalaf est Irakienne et fait partie de la communauté kurdophone des Yézidis, persécutés de longue date par les djihadistes. Avec sa mère et ses deux frères, elle a échappé aux griffes de Daech et vit désormais en Allemagne. Elle témoigne des sévices dont elle a été victime ».

« Esclaves de Daech - Le destin des femmes yézidies »
« Esclaves de Daech - Le destin des femmes yézidies » (Sklavinnen des IS - Suche nach Gerechtigkeit) est un documentaire réalisé par Philippe Sands et David Evans : « Deux femmes yézidies réduites en esclavage sexuel par Daech en Irak livrent leur terrible témoignage, dans l’espoir que justice soit rendue. Bouleversant et courageux. » 

À l’été 2014, les yézidis se retrouvent au centre de l’attention internationale, quand l’État islamique » (ISIS ou ISIL) « prend Sinjar, principale ville de cette minorité monothéiste kurdophone, située dans le nord-ouest de l’Irak, près de la frontière syrienne ».

« Là et dans les villages alentour, Daech a perpétré des crimes épouvantables, jetant sur les routes des dizaines de milliers de personnes, assassinant les hommes et réduisant les femmes à l’esclavage sexuel ».

« Avec le concours de Jan Ilhan Kizilhan, psychologue allemand et yézidi, un millier de femmes victimes de violences sexuelles en Irak et en Syrie sont accueillies dans le Land allemand du Bade-Wurtemberg. Parmi elles, Dalal et Lewiza réapprennent à vivre, portées par l'espoir que, notamment grâce à leur témoignage, justice soit rendue. Dalal et Lewiza ont accepté de raconter à visage découvert leur sort tragique face à la caméra de l’écrivain, avocat et réalisateur franco-britannique Philippe Sands, spécialisé dans la défense des droits de l’homme. Enlevées avec d’autres femmes et jeunes filles de leur famille, vendues puis revendues comme esclaves sexuelles, elles sont parvenues à fuir leurs ravisseurs après plusieurs mois de captivité. Dans une communauté où le viol déshonore celles qui en sont victimes et entraîne leur exclusion, ces deux témoignages se révèlent d’autant plus courageux et précieux que des dizaines de femmes yézidies abusées ont préféré se donner la mort plutôt que d’être reniées. Bouleversant et courageux ».

« Dans ce documentaire d’une rare intensité, coréalisé avec David Evans, Philippe Sands porte jusqu’à la Cour pénale internationale (CPI) le récit des atrocités subies par les deux jeunes femmes, avec pour but la tenue d’un procès international. »

Lewiza souligne l'attachement des Yézidis à leur village, se souvient de la peur généralisée à l'égard de l'Etat islamique.

Les femmes ayant pu fuir l'Etat islamique ont rejoint des camps de réfugiés.

« À terme, le calvaire des femmes yézidies pourrait être qualifié de génocide, le viol systématique étant reconnu comme tel et l’esclavage sexuel, comme un crime contre l’humanité ».

« Dans l’attente d’une telle issue, le film nous immerge dans le quotidien de Dalal et Lewiza, femmes à l’incroyable force de caractère, chacune tentant de surmonter son traumatisme et de s’intégrer dans un pays inconnu, si loin des quelques membres rescapés de leurs familles. Une lueur d’espoir apparaît quand, pour la première fois dans l’histoire de la communauté yézidie, le grand prêtre, qui représente l’instance suprême, s’emploie à réformer la tradition afin que les femmes violées ne soient plus rejetées par leurs familles, offrant ainsi un possible avenir à ces vies brisées. »


Allemagne, 2017
Sur Arte les 19 juin 2018 à 13 h, 4 juillet 2018 à 10 h 50

Allemagne, 2018
Sur Arte le 19 juin 2018 à 22 h 20
Visuels : © SWR/Oxford Films

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