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jeudi 26 mars 2020

« Betty Boop For Ever » de Claire Duguet


Arte diffusera le 27 mars 2020 « Betty Boop For Ever » de Claire Duguet. « À l'occasion des 90 printemps de la célèbre pin-up, ce documentaire enlevé et post #MeToo, revisite l'icône Betty Boop, plus émancipée que son célèbre jeu de jambes pourrait le laisser penser », et créée par Max Fleischer, aidé d'animateurs dont Grim Natwick.

« West Side Story » par Robert Wise 

En 1887, la famille juive Fleischer immigre de Pologne aux Etats-Unis. Dans la fratrie, Max Fleischer (1883-1972 ), né Majer Fleischer, et David Fleischer (1894-1979), surnommé Dave, s'affirment en pionniers du film d'animation, innovateurs techniques et artistiques ainsi que producteurs au sein de la société Fleischer Studios, et rivaux dans les années 1920 de Walt Disney. En 1915, Max Fleischer dépose le brevet du rotoscope, technique peu coûteuse et réaliste d'animation des personnages.  

« Loin d’être réductible à sa silhouette de pin-up et à sa sensuelle voix enfantine, Betty Boop, créée par les studios d’animation Fleischer en 1930, a reflété les avancées et les vicissitudes de son temps, en trois figures représentatives de la Grande Dépression. Une icône des temps modernes. »

« Le premier personnage humain à apparaître dans un cartoon, c'est elle ! Née en 1930 de l'imagination du génial Max Fleischer, un pionnier de l'animation, Betty Boop  arbore à ses débuts une tête de bouledogue mais, déjà, une silhouette de rêve ».

« Débarrassée de son faciès canin, elle va séduire la terre entière avec sa robe-bustier, sa jarretière froufroutante, son jeu de jambes et son "boop-oop-a-doop".

« Avant que le Code Hays ne l'envoie se rhabiller à la fin des années 1930, ce qui affadira les dessins animés et mettra un terme à sa carrière, mais pas à sa popularité, la brunette sexy aura fait preuve d'une bonne dose d'audace ».

« Mutine et insouciante, elle se tire de tous les mauvais pas et réconforte l'Amérique de la Grande Dépression. Elle gagne aussi sa vie en femme indépendante, fait la bringue quand ça lui chante et se présente même aux élections dans Betty Boop for President en 1932. »

« Si ses courbes affolantes lui valent d'être souvent dévêtue par des messieurs libidineux, la belle n'hésite pas à flanquer une gifle retentissante à un patron harceleur. #MeToo avant l'heure ! Le New Yorker ne s'y trompera pas en la mettant en une, la mine effarée, lors du scandale Weinstein en 2017. » Un dessin intitulé “Nowhere to Hide” et signé par Barry Blitt.

« Alors qu’elle s’apprête à souffler ses 90 bougies, ce documentaire revisite la carrière de la toujours pimpante Betty Boop, et raconte à travers elle une histoire de la condition féminine ».
« Mis en images avec peps, il entremêle des archives, des extraits de dessins animés jazzy et les interventions de nombreuses personnalités : Jeni Mahoney, l'arrière-petite-fille de Max Fleischer, la productrice Lili Zanuck, la styliste Chantal Thomass, la chanteuse Melissa Laveaux, la performeuse Viktoria Modesta, le créateur Jean-Charles de Castelbajac et le réalisateur Steve Moore. »

L’enfant du jazz 
« Dès sa première apparition dans le dessin animé Dizzy Dishes en 1930, elle subjugue en chantant d’une voix sucrée son iconique “Boop-oop-a-doop”. Popularisée par la chanteuse Helen “Sugar” Kane, qui elle-même l’avait “empruntée” à l’une des vedettes noires du Cotton Club de Harlem, Baby Esther, cette suite d’onomatopées s’inspire du scat, un chant associé au jazz, omniprésent dans les aventures de Betty Boop entre 1930 et 1934. Avec son swing bien balancé, la créature des frères Fleischer va en accompagner les plus célèbres représentants, dont Louis Armstrong en 1932, et Cab Calloway. Que ce soit Minnie the Moocher, Snow White – une relecture de Blanche-Neige – ou The Old Man of the Mountain, chaque dessin animé débute par une prise de vue réelle de l’orchestre et de son leader. Victimes de la censure, les musiciens noirs, les sous-entendus osés et les minirobes sexy disparaîtront de la série dès 1935 ».

La flapper en détresse 

« Archétype de la “flapper”, jeune fille délurée des années 1920 aux jupes et cheveux courts, l’ultrasexualisée Betty Boop porte une vision ambivalente de la femme. Sans cesse déshabillée, tantôt des yeux (par un pirate dans S.O.S, un patron libidineux dans Betty Boop’s Big Boss), tantôt d’un geste, elle se fait harceler, voire agresser par des hommes abusant de leur position (Chess-Nuts, Boop-oop-a-doop). Malgré cette vulnérabilité, la belle ingénue se défend, distribuant force gifles et regards réfrigérants. En maillot de bain dans Betty Boop’s Penthouse, elle neutralise d’un coup de vaporisateur le monstre venu l’enlever sur son toit new-yorkais. Mais à l’exception de The Bum Bandit, où elle vole au secours des passagers d’un train, pris en otage par un truand, Betty Boop témoigne davantage des difficultés rencontrées par la femme émancipée dans un monde masculin que d’un combat proto-féministe ». 

La working girl 
« En dépit de ses atours de séductrice, Betty Boop n’est ni une vamp ténébreuse, ni une mondaine, mais une fille simple au grand cœur qui a table ouverte pour ses amis (Halloween’s Party), tient une taverne et sauve d’une explosion ses clients mineurs de fond dans I Heard. Courageuse, elle affronte un ogre prédateur menaçant la communauté (The Old Man of the Mountain), mais subit aussi la précarité liée à la crise (le chantage sexuel pour loyer impayé dans She Wronged Him Right ou la maison saisie faute d’emploi stable dans Ups and Downs). En prise avec les problèmes de la société, elle est recruteuse pour l’armée, dentiste amateur (dans le subversif Ha! Ha! Ha!, évoquant la drogue) et va même jusqu’à se présenter à l’élection présidentielle de 1932 en dénonçant subtilement la chaise électrique. Une héroïne engagée ». 


« Betty Boop For Ever » de Claire Duguet 
France, ARTE France, Schuch pro et Joparige Films, 2020, 52 min
Sur Arte le 27 mars 2020 à 22 h 20
Disponible en ligne du 21 mars au 25 mai 2020
Visuels :
Betty Boop, court-métrage musical de Dave Fleischer "A Language of my own" (1935)
© Lobster
Betty Boop en Statue de la Liberté
© Joparige films / Schuch produc

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Les citations sont d’Arte et de Marie Gérard.

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