mercredi 26 août 2015

« Dessins de Buchenwald », de Boris Taslitzky


Le Musée de la Résistance Nationale a montré en 2002 cent dessins et aquarelles réalisés par Boris Taslitzky (1911-2005), artiste Juif déporté-résistant, au camp de Buchenwald d’août 1944 à avril 1945. Moyens de lutter contre la déshumanisation des déportés/internés, ces portraits s'avèrent des témoignages historiques précieux. C’est la deuxième fois, et l’une des dernières, qu’ont été exposés ces documents fragiles sur les victimes de l’univers concentrationnaire nazi. Lancée par Evelyne Tazlitzky, la pétition Sauvegarder les œuvres de Boris Taslitzky à Levallois-Perret a recueilli 5103 signatures. 


Boris Taslitzky est né en 1911 à Paris dans une famille Juive originaire de Russie dont le père, sergent, meurt en 1915. 

Il étudie aux Beaux-arts. 

Peintre réaliste et dessinateur, communiste, il participe à la lutte contre le fascisme. 

Le soldat combat sur le front de la Marne. 

Prisonnier de guerre, il s’évade et entre dans la Résistance. Arrêté, il est condamné en novembre 1941.

 Après trois ans dans des prisons françaises, il est transféré à Buchenwald, où il reste jusqu'à la libération du camp. 

Fin 1945, grâce à Aragon, sont publiés ces dessins.

Par l’organisation de résistance internationale clandestine du camp, une dizaine d’artistes obtiennent de petits crayons et du papier hygiénique ou découpé dans des fiches administratives (états signalétiques quotidiens remplis par les déportés). 

Boris Taslitzky récupère ainsi sa boîte d’aquarelles confisquée à son arrivée. 

Au Musée, les dessins étaient surélevés au-dessus de miroirs, ce qui permet de voir leurs rectos.

Cet acteur-témoin dessine des scènes de la vie quotidienne. Vêtus d’habits distribués à leur arrivée ou obtenus par échanges, les hommes dialoguent, écoutent une conversation, dorment épuisés, lampent une « soupe », ou poussent une charrette emplie de cadavres. 

Figurent notamment les visages d’un adolescent gitan, du violoniste Maurice Hewitt, et du Dr Franck (dessin inachevé car le sujet s’est évadé). 

La maquette de Buchenwald permet de localiser les endroits esquissés par le dessinateur : le petit camp, le block 34, la place d’appel, etc. 

Une aquarelle saisit la pesée d’hommes décharnés à la prison centrale de Riom.

Dans un documentaire, Boris Taslitzky confiait : « Le moral, c’est ce à quoi nous étions chargés de veiller, du matin au soir. Cela aide à veiller au sien, et à apprendre à se tenir debout ». 

Influencés par Géricault, Daumier et Greco, ces dessins y ont contribué...

Lancée par la fille de ce peintre, Evelyne Taslitzky, la pétition Sauvegarder les œuvres de Boris Taslitzky à Levallois-Perret a recueilli 5103 signatures. "Un permis de démolir est affiché depuis le 22/07 sur la crèche Louise Michel à Levallois-Perret. Cette crèche est décorée depuis 1968 par des panneaux monumentaux en béton gravé, réalisés et signés par Boris Taslitzky. Cet artiste, dont les œuvres sont conservées dans de grands musées en France et à l'Etranger (Musée d'Art Moderne de Paris, Centre Pompidou à Paris, Tate Modern à Londres, Yad Vashem à Jérusalem, etc.) est l'un des représentants de l'art figuratif du XXe siècle. La destruction de ces oeuvres serait une perte irréparable sur le plan artistique et historique. Il y a urgence ! Nous avons jusqu'au 22 septembre au plus tard pour faire revenir sur sa décision Monsieur le Maire de Levallois-Perret, Monsieur Patrick Balkany, et qu'il propose une solution permettant de sauvegarder ces oeuvres, en les déplaçant par exemple, avec toutes les précautions nécessaires, sur un autre bâtiment officiel de la Municipalité". Commandés en 1968 par la mairie alors communiste, cinq panneaux de Boris Taslitzky sont gravés dans les murs cette crèche Louise Michel située rue Vergniaud, et qui doit être démolie pour être remplacée par un immeuble d'habitations. Evelyne Taslitzky a confié au Parisien (20 août 2015) avoir reçu un courrier électronique du maire Patrick Balkany réfléchissant à la solution du déplacement de ces panneaux.


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Cet article a été publié dans Actualité juive, et sur ce blog le 27 janvier 2015.

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