samedi 9 septembre 2017

La Collaboration 1940-1945


Dans le cadre des commémorations du 70e anniversaire de la libération de la France et de la victoire contre le nazisme, les Archives nationales ont présenté  dans leur site parisien l’exposition  éponyme  didactique, chronologico-thématique, mais partielle, assortie d’un catalogue intéressant, mais lacunaire. Collaborations politique, administrative, économique, policière, militaire, idéologique ou culturelle… Près de « 600 documents souvent inédits - affiches, rapports, lettres, journaux intimes, insignes, tracts, procès-verbaux, objets, photographies -, rassemblés chronologiquement suivant les principaux événements de la collaboration entre juin 1940 et avril 1945 », montrent « toutes les nuances de la Collaboration, de l’engagement total jusqu'à l’accommodement des circonstances ». Avec des omissions : le rôle de la SNCF (Société nationale des chemins de fer français) et de son président Pierre-Eugène Fournier, d’Eugène Schueller, fondateur de L'Oréal, de la brigade Mohammed, la collaboration dans l’empire français, etc.  Le 9 septembre 2017 à 6 h 45, dans le cadre Histoire de comprendre, Histoire diffusera 1940, Pétain prend le pouvoir, réalisé par Robert Mugnerot (1997). "En juin 1940, jamais la France n'avait connu pareil désastre. L'armée française est humiliée. Dans ce paysage apocalyptique, le maréchal Pétain entre en scène et devient, avec Laval, l'acteur principal d'une mutation catastrophique de la politique française : le régime de Vichy. Pourquoi les Français ont-ils remis leur destin entre les mains d'un vieillard de 83 ans ?"

« Signes de la collaboration et de la résistance » par Michel Wlassikoff et Philippe Delangle
La Collaboration 1940-1945
Spoliés ! L’« aryanisation » économique en France 1940-1944
La spoliation des Juifs : une politique d'État (1940-1944)
Des galeries d’art sous l’Occupation, une histoire de l’histoire de l’art
« Les Bastilles de Vichy. Répression politique et internement administratif 1940-1944 » par Vincent Giraudier
« Sigmaringen, le dernier refuge » par Serge Moati

Une première pour les Archives nationales.

Elles ont conçu et accueillent l’exposition La Collaboration (1940-1945) qui « propose une relecture de ce complexe héritage à travers de nombreux documents, pour la plupart inédits, provenant d'institutions patrimoniales françaises et étrangères prestigieuses ainsi que de collections privées ». Et ce, dans le cadre des commémorations du 70e anniversaire de la Libération de la France et de la victoire contre le nazisme.

Près de 600 documents – affiches, rapports, lettres, journaux intimes, insignes, tracts, procès-verbaux, mains courantes, pièces à conviction, registres d’écrou, albums photographiques, objets, cartes, etc. –, dont environ la moitié inédits, sont réunis selon une trame chronologique, de juin 1940 à avril 1945. Fonds exceptionnels des Archives nationales, séries du contre-espionnage encore inexploitées du Service historique de la Défense, dossiers des Brigades spéciales des Renseignements généraux à la préfecture de police, pièces d’un des collectionneurs les plus importants de la place de Paris : avec ces archives, pour beaucoup inédites, c’est la collaboration sous toutes ses formes qui est présentée. Une somme qui fera date ».

Parmi ces documents, citons les procès-verbaux de surveillance de membres du groupe Manouchian, et une version du Statut des Juifs annotée et signée par Pétain qui en renforce la dureté. Comment être sûr de l’authenticité du document ? Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS et président du conseil scientifique du Mémorial de Caen, m’a répondu en deux temps : une vérification graphologique et la confrontation avec d’autres versions émanant de proches de Pétain.

Collaborations
22 octobre 1940. Montoire-sur-Loir  (Loir-et-Cher). Vice-président du Conseil et secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Pierre Laval, rencontre Otto Abetz, ambassadeur d’Allemagne en France, puis le Führer Adolf Hitler et von Ribbentrop, ministre allemand des Affaires étrangères.

24 octobre 1940. Quai de la gare de Montoire. Président de l’Etat français et du Conseil [des ministres] depuis le 11 juillet 1940, le maréchal Pétain serre la main de Hitler qui s’était entretenu le 23 octobre 1940 avec le général Franco à Hendaye. 

La France « a fait le choix de la collaboration. Mais qui a intérêt à collaborer ? Les Français ou les Allemands ? Qui en sont les acteurs ? Quel rôle jouent les ultras ? Qui s’est enrichi ? Quelle est l’ampleur de la collaboration militaire ? Quel rôle a joué Vichy dans la déportation des Juifs de France et dans la répression de la Résistance ? À quel point, intellectuels et artistes se sont-ils compromis ? »
« Prenant en compte le poids de l’occupation allemande dans une France défaite militairement, cette exposition cherche ainsi à mieux faire comprendre, au rythme de ces quatre « années noires et de l’influence du cours de la guerre, toutes les évolutions dans le temps des choix politiques des trois acteurs en présence : les autorités allemandes, dans toute leur pluralité, dont le joug systématique et prégnant ne cessera de peser sur la vie des Français et de déterminer les adhésions et les renoncements des collaborateurs ; le Gouvernement de Vichy qui fait le choix d'entrer à l’automne 1940 dans la voie de la collaboration et de mettre en œuvre la Révolution nationale ; les partis collaborationnistes enfin dont l'engagement idéologique aux côtés de l'occupant dans une vision assumée de la France et de l'Europe constituera, pour le régime de Vichy, parfois un appui, plus souvent un aiguillon pressant et contraignant ».

En une approche chronologico-thématique, cette exposition explore les diverses formes de la Collaboration - politique, administratif, économique, militaire, idéologique, culturel – ainsi que toutes « ses nuances, avec en filigrane cette question obsédante : quelle a été l'attitude des Français et leur degré d'implication, depuis l'engagement absolu aux côtés de l’occupant jusqu'à l'accommodation plus ou moins franche aux circonstances ? » Diverse selon les domaines, les mobiles et les degrés d’engagement, la Collaboration requiert un traitement historique qui respecte la singularité et la complexité du sujet.

Débutant par une chronologie et la présentation de vingt documents – dont le fichier des Juifs -, l’exposition s’articule autour de sept thèmes : acteurs et objectifs de la Collaboration - les acteurs allemands, le régime de Vichy et la Révolution nationale, les Collaborationnistes parisiens et les jeux d’acteurs selon la chronologie de l’Occupation : 1940-1944 -, des ennemis communs - l’anticommunisme, l’antisémitisme et la persécution des Juifs, la lutte contre les Francs-maçons -, la collaboration des polices contre les résistants et les Juifs - des décisions politiques (1941-1944), la collaboration dans le déportation des Juifs de France et la répression de la Résistance (exemple des groupes armés communistes) -, la culture et les médias aux ordres - le monde des lettres, les médias et la culture au service de la Collaboration, médias sous contrôle -, produire avec le Reich - « La Collaboration constructive » (1940-1942), le temps des contraintes allemandes (1942-1944), les « profiteurs » et opportunistes : le cas Joinovici -, Aux armes ! Avec l’Allemagne - En France, la Milice, « Avec la Wehrmacht », agents des services allemands (la Sipo-SD, l’Abwehr) et membres des Gestapo françaises -, la fin des collaborations.

L’exposition « entend, par une mise en perspective historique, revenir sur les « années noires » qui les ont précédées et dont la Collaboration constitue, dans la conscience individuelle et collective, un lourd et complexe héritage ».

« Confrontant de nombreux documents originaux variés tant dans leurs formes que leurs typologies et pour beaucoup inédits », l’exposition « cherche à rendre compréhensible les événements et césures historiques comme les réalités du quotidien de chacun des acteurs, du plus célèbre à l’inconnu et vise à restituer l’atmosphère idéologique de la période à travers notamment la reconstitution de lieux tels que le bureau du chef de l’État français, celui d’un dirigeant collaborationniste ou la création d’ambiances sonores.

« De la lettre de dénonciation adressée aux autorités allemandes jusqu’au statut des Juifs annoté par le maréchal Pétain, ces documents montrent un appareil étatique, des partis politiques, une vie publique, le monde des arts et des entreprises œuvrant au bénéfice de l’occupant allemand et d’une politique de Collaboration au service d’une certaine vision de la France ».

« De par la richesse de leurs fonds, les Archives nationales présentent de nombreux documents dans le cadre de cette exposition tirés tant de fonds d’origine publique (archives du ministère de la Justice, de la Haute Cour de justice, de la cour de justice du département de la Seine et de ses chambres civiques, de la Cour de sûreté de l’État, de la section spéciale de la cour d’appel de Paris, du ministère de l’Intérieur, du Commissariat général aux questions juives, de la Délégation générale aux relations économiques franco-allemandes, de la Propaganda-Abteilung Frankreich, du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale), que d’origine privée (collection particulière de photographies relatives à Philippe Pétain, fonds Fernand de Brinon, fonds Le Petit Parisien). Parmi ceux-ci figurent un certain nombre de documents inédits encore non librement communicables dont le ministère de la Justice a accordé spécifiquement, dans le cadre de cette exposition et de la publication qui l’accompagne, l’ouverture par anticipation. Des prêts de nombreuses institutions patrimoniales françaises et étrangères viennent par ailleurs enrichir cette première sélection. Enfin sont aussi présentés des archives et objets provenant de collections privées exposés pour la première fois ».

Les « sources originales allient la variété des supports (documents d’archives, journaux, brochures, affiches, images fixes et animées, archives sonores et objets) aux reproductions, dans une préoccupation à la fois didactique et pédagogique ».

Après cette exposition, Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS et président du conseil scientifique du Mémorial de Caen, et un des deux commissaires de cet événement, a envisagé une exposition sur l’Epuration.

A observer cette incitation à la haine des Juifs distillée sous l’Occupation par de nombreux vecteurs, et le zèle antisémite dans la spoliation institutionnelle des Juifs, on ne peut s’empêcher de songer à des faits graves actuels : spoliation de familles françaises Juives (Dr Lionel Krief), désinformation sur les Juifs, excusez-moi, les Yaoud, euh… les Sionistes, autrement dits les Israéliens, diabolisation et délégitimation de l’Etat d’Israël. Et ce, sans sanction et par des organes publics : « politique arabe » de la diplomatie, médias (affaire al-Dura), institution judiciaire, etc.

Le séquestre des biens de Philippe Pétain
« Constitution et premiers projets (1944-1949). Le 20 août 1944, peu après le départ de Philippe Pétain pour Sigmaringen et alors qu’il n’est pas encore condamné à la confiscation de ses biens (15 août 1945), les premières mesures confiscatoires sont prises sur ordre du secrétariat général du Gouvernement provisoire de la République. Provenant de l’hôtel du Parc et du château de Charmeil, sa résidence d’été, les objets sont répartis en deux inventaires : les biens personnels et les cadeaux officiels. Deux cent cinquante caisses sont déposées par l’administration des domaines au Mobilier Natio¬nal en janvier 1945. L’appartement personnel de l’ancien chef de l’Etat français est l’objet d’un autre inventaire notarié. Le 10 décembre 1946, 20 des 30 lots du séquestre constitués à partir des biens de l’appartement sont vendus anonymement en salle des ventes. En 1947, les lots qui n’ont pas été vendus compte tenu de leur caractère symbolique et ceux provisoi¬rement stockés au Mobilier National sont rassemblés au Palmarium du jardin d’acclimata¬tion du bois de Boulogne. Le 12 février 1947, un nouvel inventaire du séquestre répartit les objets en trois catégories : les biens patrimoniaux (235 lots), ceux qui peuvent être aliénés (293 lots) et ceux qui, pour des raisons politiques, doivent être gardés par l’État. En 1949, les biens patrimoniaux sont déposés dans des institutions selon la répartition suivante : 97 à la BDIC, 66 au musée de l’Armée, 36 au musée du conservatoire national des Arts et Métiers et 36 à la manufacture de Sèvres. Le second groupe devait être vendu anonymement le 19 mai 1949 mais l’État renonce finalement à cette solution et ce sont désormais 1293 lots qui doivent être conservés alors que la vétusté du Palmarium oblige l’administration à trouver un nouveau lieu d’accueil ».

« Entre errance et traitement (1949-2014). En juillet 1949, le séquestre Pétain est transféré dans un bâtiment lui-même sous séquestre puis, en 1950, dans la cave du siège de la direction des domaines au 2 rue de la Banque. Il y reste douze ans mais son encombrement est tel qu’il faut trouver un autre lieu. En 1962, il se retrouve dans un autre immeuble de la même rue mais n’y reste que trois ans. En 1965, pour la quatrième fois en moins de quinze ans, l’encombrant séquestre rejoint le deuxième sous-sol du 15 rue Scribe, siège du service central des ventes mobilières. Le bâtiment devant être aliéné, la question du séquestre Pétain resurgit en 2003. Le 1er juillet 2004, sous couvert de la Direction de la mémoire du patrimoine et des archives, le Service historique de la défense collecte 52 caisses de livres et d’archives dont une partie est ensuite rétrocédée en 2007 aux Archives nationales. Le musée de l’Armée en reçoit 52 autres qui ne lui sont toutefois ni affectées ni même déposées à proprement parler.

À la fin de l’année 2012, la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives (DMPA) du ministère de la Défense entreprend une étude des archives du séquestre conservées au Service historique de la défense. Ce travail permet de mieux comprendre sa constitution et ses pérégrinations mais aussi de documenter un certain nombre de pièces. Entre janvier et mars 2013, un inventaire est enfin dressé. Enfin en janvier 2014, la manufacture nationale de Sèvres reprend les pièces provenant de ses ateliers ; au mois de juin, après douze mois d’étude afin d’effectuer une sélection pertinente, le musée de l’Armée présente à la commission scientifique compétente pour les acquisitions des musées de la défense un choix des objets qui pourront être inscrits à l’inventaire de ses collections. Quant aux autres biens du séquestre, ils ont été proposés à diverses institutions patrimoniales ou sont destinés à rejoindre les collections du ministère de la Défense.

C’est la première fois que plusieurs objets issus de ce séquestre sont présentés dans une exposition à caractère historique. Ils sont aujourd’hui conservés par le musée de l’Armée, la Cité de la Céramique – Sèvres et Limoges, et le ministère de la Défense (DMPA) ».

Films
Une programmation parallèle évoque le « regard porté, après-guerre, par le cinéma français sur la Collaboration à travers un florilège d’extraits de films présentés dans la salle de projection de l’hôtel de Soubise. Au programme : La traversée de Paris, de Claude Autant-Lara (1956), Lacombe Lucien, de Louis Malle, (1974), Section spéciale, de Costa Gavras (1975), Monsieur Klein, de Joseph Losey (1976), Papy fait de la Résistance, de Jean-Marie Poiré (1983), Monsieur Batignole, de Gérard Jugnot (2002) et 93, Rue Lauriston, de Denys Granier-Deferre (2004).

« Politiquement et islamiquement correcte »
Les commissaires scientifiques ? Réputés : Denis Peschanski et Thomas Fontaine, a soutenu en 2013 une thèse majeure sur la déportation de répression, chercheur associé au Centre d’histoire sociale du XXe siècle et docteur en histoire de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Commissariat associé : Violaine Challéat-Fonck conservateur du patrimoine, Archives nationales, département de la Justice et de l’Intérieur, Pascal Raimbaut, secrétaire de documentation, Archives nationales, département de la Justice et de l’Intérieur Marion Veyssière conservateur en chef, Archives nationales, responsable du département de la Justice et de l’Intérieur.

Bref, tout semblait réuni pour faire de cette exposition une « somme ».

Las ! Apparaissent surtout des soustractions, tant les omissions s’avèrent nombreuses, et graves.

Denis Peschanski, que j’interrogeais sur l’absence de toute mention sur la SNCF  dans l’exposition, m’a répondu que le catalogue de cette manifestation évoquerait le rôle de cette entreprise nationale de chemin de fer. Combien d’occurrences de la SNCF dans ce catalogue ? Six, dont deux titres de livres sur l’entreprise : le « rapport documentaire » de Christian Bachelier La SNCF sous l’Occupation allemande. 1940-1944  (1996) et Une entreprise publique dans la guerre : la SNCF. 1939-1945, sous la direction de Marie-Noëlle Polino (PUF, 2001). Le catalogue occulte le rôle du président de la SNCF, Pierre-Eugène Fournier, dans l’aryanisation des biens détenus par les Juifs, en résumé dans leur spoliation, le paiement par la SNCF pour ses trains de la déportation des Juifs, etc. Citons : « Ce choix politique de la collaboration devient alors une obligation pour toutes les structures de l’État, pour la fonction publique — la police, la gendarmerie, la Justice, etc. — et pour les entreprises nationales — comme la SNCF dans le cas des déportations — chargées de le mettre en œuvre; un piège pour des agents confrontés au devoir d’obéissance, qu’ils ferment les yeux ou qu’ils fassent du zèle » (p. 7), « Les 4, 7 et 13 juillet, des réunions de police au plus haut niveau avec, côté allemand, Knochen et Dannecker, les représentants de la Sipo-SD, côté français, Bousquet ou son représentant en zone Nord, Jean Leguay, le nouveau CGQJ Darquier de Pellepoix (choisi par les Allemands), mais aussi des responsables de la SNCF, organisent la rafle à Paris et en banlieue qui débute grâce au plein concours de plusieurs branches de l’administration française le 16 juillet à 4 heures du matin pour se terminer le 17 juillet en fin de journée » (p. 174), « [les préfets régionaux de zone Sud] disposaient également de la composition exacte du train fourni par la SNCF : des wagons de marchandises (l’expression «wagons à bestiaux » est utilisée), munis de « seaux hygiéniques », et une voiture de voyageurs. On devait privilégier un horaire matinal pour l’embarquement. En cours de route, l’escorte avait autorité pour empêcher les évasions. On le constate, nombre d’administrations et la SNCF étaient impliquées dans la logistique des transferts des Juifs de France » (p.186).

L’exposition omet toute mention de l’empire colonial et des territoires d’outre-mer de la France. Quid des camps d’internement en Afrique du Nord ? Quid de l’application du Statut des Juifs en Afrique du Nord ? Quid de l'Indochine ? 

Le catalogue intègre une brève allusion aux notaires et administrateurs judiciaires. Rien sur les huissiers de justice. 

Quid du silence sur la RATP, les ministères de l’Education, l’institution juridictionnelle, les ordres professionnels, notamment de médecins ou d’avocats, etc. ? 

Ce qui est gênant dans l’exposition est le focus en plusieurs panneaux sur Joseph Joinovici (1905-1965) et son équipe sans indiquer ses liens avec la résistance au moins dès juillet 1941. Le catalogue consacre quatre pages à « Février 1941. L’empire Joinovici, le règne des bureaux d’achat allemands », « la petite entreprise de chiffonnier-ferrailleur d’avant-guerre » de Joseph Joinovici « s’est transformée en une véritable firme spécialisée dans le trafic avec l’occupant grâce à l’aide de ses employés dont Lucie Bernard — dite « Lucie-Fer », également la maîtresse de Joinovici —, de ses hommes de main pour toutes les basses-œuvres, des indispensables prête-noms des multiples sociétés-écrans, de la famille enfin… qui entoure le « Parrain » - Mordhar, son frère, est l’homme de confiance de Joseph. C’est en particulier avec le plus gros des bureaux d’achat, le fameux « bureau Otto » géré par l’industriel-espion Hermann Brandl, qui avait près de 400 employés au printemps 1941 et fit sans doute plus de 50 milliards de chiffre d’affaires, que Joinovici gagna le plus d’argent ». Le catalogue précise qu’en 1942, une « lettre est adressée au chef du Service des affaires juives de la Sipo-SD, Heinz Röthke, et elle concerne les frères Joinovici. Si, aux yeux des services policiers, la famille est bien juive et devrait donc être arrêtée — on est le 28 juillet 1942 et les déportations massives débutent —, pour le MBF et les services allemands qui utilisent les talents du chiffonnier-ferrailleur, l’analyse est tout autre : « Les frères Joinovici travaillent depuis des années pour l’armée allemande et procurent mensuellement en moyenne 500 tonnes de métaux importants pour l’armée allemande.» Joseph Joinovici leur est trop utile ».

C’est dans le catalogue que l’on trouve une seule mention incomplète sur la collaboration des musulmans dans la page « 5 juillet 1943 Er-Rachid, le «messager» d’une indépendance sous protection allemande » : « Er-Rachid, « le Messager », fondé en janvier 1943, journal du Comité musulman de l’Afrique du Nord, doit tout à l’activité de Mohamed El Maadi. Cet Algérien, né en 1902, fut très tôt un opposant à la colonisation française. Avant-guerre, il est lié à la Cagoule. Décoré de la Légion d’honneur pour son engagement en 1939-1940, il adhère au MSR puis au RNP, avant de créer son propre comité pour mieux servir la cause indépendantiste, dont il espère la réussite grâce à la victoire allemande. Mais, début juillet 1943, si la couverture du n° 8 rappelle que le « cadenas » d’une Europe nazie semble encore bien fermé, l’Afrique du Nord est aux mains des Alliés. Une raison supplémentaire pour que la propagande d’Er-Rachid imprègne peu la communauté nord-africaine de métropole. Ce n’est que grâce au soutien financier et au réseau d’Henri Lafont, le patron de la Gestapo française de la rue Lauriston, qu’El Maadi réussit à sauver son journal pro-allemand et antisémite. Il le remerciera en l’aidant en 1944 à recruter des hommes pour sa Brigade nord-africaine ». Bref, la collaboration de musulman est réduite au journal Er-Rachid, « le Messager », et à Mohamed El Maadi. Sans expliquer ce que fut cette Brigade nord-africaine.

La Légion nord-africaine (LNA), dénommée aussi Brigade nord-africaine (BNA) et Phalange nord-africaine a été fondée janvier 1944 par Henri Chamberlin dit Henri Lafont (1902-1944), un chef de la Gestapo française de la rue Lauriston (75016), et par Mohamed el-Maadi (1902-1954 ou 1957), dont le père était le Caïd Mahfuz al-Ma'adi, Bachagha, commandeur de la Légion d'honneur, et la mère française : en janvier 1943, cet ex-officier français et militant pour l'indépendance algérienne fonde le bimensuel « Er Rachid » grâce à l'argent de l'Abwehr et au tirage, remarquable en période de pénurie, de 80 000 exemplaires. Cette Légion nord-africaine a pour supérieur hiérarchique le colonel SS Helmut Knochen. Elle sert l’armée allemande occupante. Elle compte dans ses rangs des musulmans originaires d'Afrique du Nord et habitant en Ile-de-France. Non seulement elle lutte contre la résistance intérieure française, dans les maquis de Corrèze, en Dordogne et en Franche-Comté, mais en plus elle commet des massacres à Brantôme (26 mars 1944), Sainte-Marie-de-Chignac (27 mars 1944), Saint-Martin-de-Fressengeas, Mussidan (52 fusillés), Saint-Germain-du-Salembre et des Piles à Cornille. Après sa dissolution en août 1944, une partie de ses membres accompagnent en Allemagne Mohamed el-Maadi. Celui-ci y est accueilli par le Grand Mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, puis s'installe au Caire (Egypte). 

Citons un autre musulman allié des Nazis : Saïd Mohammedi, dont le nom de guerre était Si Nacer (1912- 1994), kabyle aspirant de l'armée française, s'engage dans la Waffen-SS et la LVF (Légion des volontaires français contre le bolchevisme), lutte sur le front russe, séjourne à Berlin, est décoré par la croix de fer, en mission de renseignement et sabotage en Algérie à la demande de l'Abwehr, fin 1944, avec 5 compagnons d'armes, arrêté, condamné aux travaux forcés et à l'emprisonnement à perpétuité, libéré après des remises de peine en 1952, il lutte pour l'indépendance de l'Algérie en portant son Stahlhelm casque allemand et sa mitraillette de cette période de collaboration, colonel de l'Armée de libération nationale (ALN) en Wilaya III, député (1962), ministre des Anciens combattants et victimes de la guerre (moudjahidines), et finit sympathisant du FIS, etc. 

Ces expositions et documentaires « arabiquement ou islamiquement corrects » révèlent les tabous de la société française, y compris parmi ses historiens, archivistes, réalisateurs, etc. 

Et ils ternissent l’image d’Israël, peuple et Etat, en le présentant en particulier comme amoral, cynique, ingrat. Ainsi, le 5 mars 2015, France 2 a diffusé dans son JT (journal télévisé) de 20 h un reportage d'Isabelle Baechler sur Abdelkader Mesli, imam sous l’Occupation à la grande mosquée de Paris, et présenté comme ayant sauvé des Juifs. Un reportage émaillé de fautes historiques, et alléguant à tort que la mosquée de Paris aurait été "un refuge pour certains Juifs sépharades". Il occultait le rôle ambigu de Benghabrit, recteur de la mosquée de Paris, sous l'Occupation. Jean Laloum,  chercheur au CNRS, a révélé qu’interrogée par le Commissariat général aux questions juives sur l'éventuelle judéité de personnes, la Mosquée de Paris a répondu négativement pour certaines, mais pas pour toutes . Avec des conséquences tragiques pour les présumés Juifs n’ayant pas eu l’heur de bénéficier de cette attestation islamique : direction le camp d'internement et de transit de Drancy, puis Auschwitz pour ces personnes non protégées par la Mosquée de Paris.

En outre, Yad Vashem, World Holocaust Center, à Jérusalem (Israël) a distingué comme Justes parmi les Nations une soixantaine de musulmans, principalement de Bosnie et d’Albanie, ou Arabe, tel le Dr Mohamed Helmy (1901-1982), praticien né à Khartoum (Soudan) de parents égyptiens, et travaillant alors à Berlin. Mais en octobre 2013, les ayants-droit égyptiens de ce médecin ont refusé  ce titre éminent car il était décerné par l'Etat d’Israël…

ADDENDUM
Le 18 janvier 2015, à 19 h, le Mémorial de la Shoah A accueillI les rencontres 1940-1945 : La collaboration et le camp de DrancyAnimé par Eduardo Castillo, journaliste, cet événement réunira Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS, Thomas Fontaine, historien, François Broche, auteur du "Dictionnaire de la Collaboration", et Renée Poznanski, professeur, département de Politics and Governement, université Ben Gourion du Neguev (Israël). "Concept mouvant, la collaboration suppose une adaptation permanente et se caractérise par la diversité des comportements et des degrés d’implication. Trois parutions récentes reviennent sur la collaboration et l’histoire du camp de Drancy, dans lequel furent internés ses victimes, et après la libération, ceux suspectés d’y avoir participé".

Le 3 décembre 2015, à 23 h 40, France 3 diffusa Henri Lafont, le parrain de la Gestapo, documentaire de Jean-Pierre Devillers et Grégory Auda (55 min) : "En juin 1940, alors que la France s'effondre et s'apprête à vivre à l'heure allemande, la pègre choisit son camp. Ainsi, Henri Chamberlin, dit «Henri Lafont», est l'un des premiers Français à proposer ses services aux Allemands. Rapidement promu chef d'un service de police situé au 93, rue Lauriston, Lafont réunit autour de lui une équipe de malfaiteurs professionnels. Bientôt rejoints par des policiers corrompus, ces truands vont profiter de leur situation pour harceler les Juifs, piller le pays et torturer les Résistants. Retour sur les exactions de ces opportunistes, ainsi que sur leur implication dans la machine répressive allemande".

Le 16 mai 2016, à 20 h 55, France 3 diffusa Vichy, la mémoire empoisonnée, documentaire de Michaël Prazan avec l'historien américain Robert Paxton. Ce film "revient sur l’un des épisodes les plus sensibles et traumatisants de l’histoire de France. Mais, au-delà du régime de Vichy en lui-même, ce film de Michaël Prazan s’intéresse à l’héritage embarrassant laissé par la France occupée, et plus précisément celle qui a collaboré. Entre procès, législation vichyste et chasse à l’homme, la page de ce passé ô combien dérangeant n’a jamais été entièrement tournée".
Le "régime de Vichy, sa politique de collaboration avec l'Allemagne nazie et ses nombreux crimes ont longtemps été passés sous silence par un pouvoir soucieux d'oublier le passé afin d'organiser la réconciliation de tous les Français. Il faut attendre 1995 et le discours historique de Jacques Chirac pour entendre une reconnaissance officielle des crimes de Vichy. Si des livres, des films ou le travail des historiens ont aidé à faire évoluer les consciences, c'est surtout la société civile qui a mené le combat contre la falsification et le déni, au nom de la vérité et de la justice. Un combat long d'un demi-siècle".
"Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle signe une ordonnance qui déclare le régime de Vichy nul et non avenu. Pour autant, rien ni personne ne parviendra à occulter cet épisode dramatique de la mémoire collective. Le documentaire Vichy, la mémoire empoisonnée recense les multiples conséquences que la collaboration française a eues sur les plans sociaux, politiques et historiques. Les tumultes liés à cette ultime compromission surgissent dès la fin du conflit, avec les procès de Pétain et de Laval. Alors que le premier condamné à mort est gracié par de Gaulle, le second n’échappe pas à son sort et sera fusillé au terme de son procès. « En accordant la grâce à Pétain, de Gaulle veut montrer aux Français qui se sont compromis, c’est-à-dire l’immense majorité d’entre eux, que la page est tournée », estime l’historien Tal Bruttmann. « La force du Général a été de faire croire aux Français qu’ils étaient dans le camp des vainqueurs alors qu’ils ne l’étaient pas », explique pour sa part l’ancien garde des Sceaux Robert Badinter. En marge de la justice officielle, une autre, tout aussi implacable, se met à régner : on dénombre ainsi près de 10 000 personnes accusées de collaboration tuées par pendaison, lorsqu’elles ne sont pas purement et simplement lynchées. Sans compter les nombreuses femmes tondues en place publique, livrées à la vindicte pour avoir censément couché avec des nazis".
"Même après l’émotion de la fin de la guerre, la collaboration continuera à tenir, d’une façon ou d’une autre, une place incontournable dans la société française. Lois, décrets, mesures civiles…, nombreuses sont les dispositions adoptées sous ce régime qui ont perduré par la suite. Au même titre que certaines institutions comme la police nationale".
"Mais c’est surtout grâce à l’activisme de certaines personnalités que la France sera contrainte de regarder en face la question de Vichy. Ainsi, Serge et Beate Klarseld mèneront un combat médiatique et surtout judiciaire pour faire comparaître devant les tribunaux d’anciens collaborateurs, comme Paul Touvier. D’abord gracié de sa double condamnation à mort par Pompidou en 1972, une plainte pour complicité de crime contre l’humanité le visant est déposée par des associations de résistants en 1973. S’ensuit une cavale de l’ancien chef de la milice de Lyon qui alimentera régulièrement les pages des journaux, jusqu’à une arrestation tardive en 1989. Le soutien apporté aux anciens collaborateurs pose aussi question, et cela, jusque dans les plus hautes sphères de l’État, concernant notamment les liens entre Mitterrand et René Bousquet. Ou encore en considérant la lenteur de nombreuses procédures judiciaires intentées à leur encontre. La condamnation tardive de Maurice Papon, nommé préfet au lendemain de la guerre, et suspecté d’avoir autorisé la déportation de 6 690 Juifs, alors qu’il était haut fonctionnaire sous Vichy, en est l’un des meilleurs exemples" (Yannick Sado)

Comment peut-on justifier la comparaison entre les rafles contre les Juifs sous l'Occupation et les arrestations d'Algériens à Paris à la fin de la guerre d'Algérie, qui revêt un aspect djihadiste ?
L'indemnisation des victimes de la Shoah est présentée sans évoquer les questions : faible indemnisation des survivants, opacité de l'action de certaines organisations, etc.
Choquant aussi. Michel Charasse allègue que Mitterrand a reçu la Francisque "comme on reçoit une barre de chocolat" !?
La gerbe sur la tombe de Pétain ? Me Kiejman, ministre délégué à la Justice (1990-1991) la justifie en citant celles déposées sur les ordres des présidents ayant précédé François Mitterrand.
L'un des effets contemporains de Vichy réside dans l'action hostile à l'Etat juif du Président François Mitterrand, actif à la Légion française des combattants et des volontaires de la révolution nationale du gouvernement de Vichy puis, au Commissariat au reclassement des prisonniers de guerre, décoré de la Francisque, et d'enfants de collaborateurs : Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères (1997-2002), nommé en 2005, par le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, membre du Haut Conseil pour l'Alliance des Civilisations, et fils du vichyssois décoré de la Francisque Jean Védrine, Catherine Tasca, fille d'Angelo Tasca, socialiste rallié à la Révolution nationale, et sénatrice des Yvelines depuis 2004, etc.
La spoliation actuelle de Français juifs, tels le Dr Lionel Krief, Eva Krief et Monica Waitzfelder, par des magistrats s'avère d'autant plus cruelle par l'évocation du régime spoliateur de Vichy.

Le 31 janvier 2017, RMC diffusa, dans le cadre de la France des mystères, Sous l'Occupation nazie : "En 1940, les troupes allemandes viennent d´envahir la France et s´installent sur notre territoire. Ils mettent en oeuvre des chantiers gigantesque, s´approprient des lieux de prestige et construisent des sites qui vont être mis au service de l´idéologie nazie et de leurs sombres desseins. Avec ce nouvel épisode, nous allons sillonner notre pays à la découverte de ces lieux où l´armée allemande a œuvré, dans le plus grand secret et pour le pire. Des lieux qui soulèvent de nombreuses interrogations. Que cherchaient les nazis à Montségur, au fin fond de l´Ariège ? Que s´est il passé dans le gigantesque complexe en béton de la discrète commune de Margival ? Que sont venus faire en Bretagne les archéologues nazis ? Quels furent les enjeux de l´incroyable complot qui s´est déroulé entre les murs du château de la Roche Guyon ? Des histoires de légendes, un château qui a abrité une conspiration, une base secrète qui a bien failli changer le cours de la guerre...Mais aussi des sites qui témoignage de la barbarie nazie. Tous ces lieux, disséminés sur le territoire français racontent encore la terrible soif de conquête et de domination du troisième Reich".


Vidéos sur l’exposition :

Thomas Fontaine et Denis Peschanski, La Collaboration. Vichy, Paris, Berlin (1940-1945). Coédition Tallandier, Ministère de la Défense, Archives nationales, 2014. 313 pages. 537 illustrations. 39,90 euros
                          
Jusqu’au 5 avril 2015
Hôtel de soubise 
60, rue des Francs-Bourgeois. 75003 paris
Du lundi au vendredi de 10 h à 17 h 30. Samedi et dimanche de 14 h à 17 h 30. Fermée le mardi et les jours fériés

Visuels :
Affiche
Portrait d'Adolf Hitler et portrait du maréchal Philippe Pétain, affiche de Draeger
Archives nationales/Atelier photo des Archives nationales.
© Design Saluces.com

Lettre du 18 juin 1942 de René Bousquet, secrétaire général à la police, à Karl Oberg, chef de la Gestapo à Paris, concernant la collaboration des polices française et allemande
Archives nationales, F/7/14886

Brassard de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme
Archives nationales, Z/6/35 dossier 604
© Archives nationales / Alain Berry

Le maréchal Pétain, Pierre Laval et Otto Abetz, ambassadeur d'Allemagne, se retrouvent à la préfecture de Tours quelques heures avant l'entrevue de Montoire, 24 octobre 1940
Archives nationales, 411AP/5
© Archives nationales / Rémi Champseit

Le retour des écrivains ayant participé au voyage en Allemagne, en gare de l’Est, novembre 1941
Archives nationales, Z/6/731 dossier 5467
© Archives nationales / Alain Berry

Lettre de félicitations de Louis-Ferdinand Céline à Lucien Rebatet à l'occasion de la publication
de son livre Les Décombres, sans date
Archives nationales, Z/6/1050 scellés du dossier 2999
© Archives nationales / Alain Berry

Journal de Marcel Déat
Archives nationales, F/7/15342
© Archives nationales / Alain Berry

Papillons proférant des menaces à l'encontre de Georges Koiranski,
Archives nationales, Z/5/36 dossier 1447
© Archives nationales / Pierre Grand

Registre du camp allemand du fort de Romainville listant les détenues françaises déportées en
Allemagne, mai 1944
Archives nationales, F/9/5578
© Archives nationales / Alain Berry

Télégramme de René Bousquet aux préfets régionaux précisant les consignes de mise en oeuvre
de la déportation des Juifs étrangers de zone sud, 22 août 1942
Archives nationales, 3W/91 dossier de René Bousquet devant la Haute cour de justice
© Archives nationales / Alain Berry

Affiche du parti Le Feu
Coll. BL.
© Archives nationales / Alain Berry

Lettre de Maurice Papon, secrétaire général de la préfecture de Gironde, au directeur du Service
du contrôle des administrateurs provisoires l’informant du placement sous administration
provisoire de l’affaire Lutetia, 3 juillet 1942
Archives nationales, AJ/38/4129 dossier 5515
© Archives nationales / Alain Berry

Voyage du maréchal Pétain et de l'amiral Darlan à Villefranche-sur-Saône et Lyon en septembre
1941 : les enfants sur le perron de la mairie
Archives nationales, F/7/16961
© Archives nationales / Carole Bauer

Photographie anthropométrique de Joseph Joinovici
Archives nationales, Z/6/845 dossier 5751
© Archives nationales / Alain Berry

Maurice Papon, ministre du budget, et Raymond Barre premier ministre quittant le palais de l'Elysee apres le conseil des ministres le 25 mars 1981.
© Rue des Archives/AGIP

Serge Klarsfeld à la manifestation de l'Union des Etudiants Juifs de France devant le site de l'ancien Vel d'Hiv le 12 novembre 1992 a Paris, France.
© William STEVENS/GAMMA

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Cet article a été publié les 2 avril, 18 juin et 3 décembre 2015, 16 mai 2016, 31 janvier 2017. Les citations proviennent du dossier de presse.

2 commentaires:

  1. Bonjour,
    Dans le documentaire il y a des illustrations, de qui sont-elles ?
    Merci

    RépondreSupprimer
  2. Bonjour.
    Je vous invite à contacter les documentaristes et les producteurs du documentaire.
    Ces illustrations doivent provenir en partie des archives nationales.
    Cordialement.

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