samedi 21 octobre 2017

« Les Juifs ont résisté en France 1940-1945 »

L’AACCE  (Association des amis de la Commission centrale de l’enfance) a publié les actes du colloque éponyme placé en 2006 sous la présidence d’honneur d’Adam Rayski (1913-2008). Les 21 octobre à 19 h 05, 22 octobre à 11 h, 24 octobre à 22 h 43, 26 octobre 2017 à 8 h 10, Toute l'Histoire diffusera Ils étaient juifs et résistants, documentaire d'Alain Jomy (55 '). "En juin 1940, la France perd la guerre et l'Occupation allemande débute. Les juifs représentent alors une infime fraction de la population française. Venus de tous les horizons, appartenant à des mouvements de jeunesse ou à des partis politiques, ils ont été très nombreux à s'engager dans tous les mouvements de résistance. Celle-ci a commencé avec l'entraide. Puis, face à la répression et aux persécutions raciales, elle s'est poursuivie avec la propagande et l'action armée. Ce document reconstitue cette histoire peu connue, celle de tous ces citoyens juifs qui sont entrés en résistance contre le nazisme sur le territoire français".

« Les Juifs ont résisté en France 1940-1945 »
Femmes en résistance
« Des « terroristes » à la retraite », de Mosco Boucault
« Le maquis des Juifs » par Ariel Nathan
L'Outre-mer français dans la guerre 39-45
Max Guedj (1913-1945), héros méconnu de la France libre
« Les Juifs d'Afrique du Nord pendant la Seconde Guerre mondiale » de Claude Santiago et Antoine Casubolo

Les résistances des Juifs ont été longtemps occultées au détriment de l'image de Juifs victimes sans avoir combattu la Shoah et gommées dans le récit de la Résistance aux Nazis et aux collaborateurs de ces derniers.

Actes du colloque
L’AACCE  (Association des amis de la Commission centrale de l’enfance) avait organisé un colloque sur les Juifs résistants avec l’Union des juifs pour la résistance et l’entraide (UJRE), les Anciens de l’Union de la jeunesse juive (UJJ), l’association pour la Mémoire de la résistance juive de la Main d’œuvre immigrée (MRJ-MOI), le Musée de la résistance nationale de Champigny-sur-Marne, et avec le soutien de la Ville de Paris.

Ce livre  passionnant, à la riche iconographie, est accompagné du DVD « Paroles de témoins » réalisé à partir d’interventions, notamment les témoignages émouvants de résistants filmés lors du colloque.

Il s’ouvre sur les témoignages d’enfants de ces résistants juifs, et vise à réfuter deux idées fausses diffusées pendant environ 30 ans : l’une « occultait l’importance de la participation des étrangers et immigrés dans la Résistance », l’autre alléguait que les Juifs « s’étaient laissés mener passivement à l’abattoir ».

La résistance Juive comprend à la fois celle des mouvements Juifs et celle d’organisations ne se définissant pas comme Juives (MOI).

Historiens, journalistes, résistants en montrent les composantes, les stratégies, la complexité et la diversité : engagement volontaire de Juifs étrangers dans l’armée française (1939-1945), participation au sauvetage des enfants Juifs, etc. Ils évoquent les motivations, qualités – courage, ténacité, solidarité, abnégation - et valeurs animant ces combattants.

Si José  Aboulker  (1920-2009), Jacques Bingen  (1908-1944), Henri Krasucki  (1924-2003) et Pierre Mendès-France  (1907-1982) sont cités ainsi que beaucoup d’autres, manque notamment Max Guedj  (1913-1945), héros de la France Libre au sein de la RAF (Royal Air Force).

Marianne
En mai 2015, Marianne a consacré un hors-série aux résistances Juives. "Les juifs, durant la Seconde Guerre mondiale, n'ont pas été des victimes passives de la folie génocidaire de l'Allemagne nazie. Ils l'ont aussi activement combattue, armes à la main, participant à la libération du continent européen du joug hitlérien. C’est cette histoire européenne que veut rappeler le numéro spécial de "Marianne" consacré aux "Résistances juives". Ce hors-série, disponible en kiosques à partir du 13 mai, est accompagné d’un documentaire d’Ariel Nathan, "Le Maquis des juifs", relatant ce que furent la vie et les idéaux des combattants juifs dans les montagnes du Sud-Ouest entre 1942 et 1944... Il y a 70 ans, lors de l’ouverture des camps de la mort, le monde étonné et bouleversé découvrait le génocide des juifs. L’horreur, l’ampleur des massacres industriels perpétrés par les nazis et leurs alliés, le soupçon ignominieux d’une forme de passivité des victimes, occultèrent l’engagement des juifs dans la Résistance partout en Europe. Les recherches historiques tordent le cou à cette fable ignoble, permettant de révéler qu’au-delà de l’héroïsme des combattants du ghetto de Varsovie, plus de 80 autres ghettos se révoltèrent. Que des soulèvements eurent lieu à Auschwitz, Treblinka ou Sobibor, aux portes mêmes des chambres à gaz. Qu’en France, les juifs s’organisèrent pour le sauvetage de leurs coreligionnaires menacés d’extermination et formèrent des bataillons de combat. C'est ce que montre le documentaire "Le Maquis des juifs".

Documentaire
Les 29 janvier à 22 h 35 et 11 février 2017 à 0 h 15, France 5 diffusa Ils étaient juifs et résistants, documentaire d'Alain Jomy (55'). "En juin 1940, la France perd la guerre et l'Occupation allemande débute. Les juifs représentent alors une infime fraction de la population française (0,3%, soit environ 350 000 âmes). Venus de tous les horizons, appartenant à des mouvements de jeunesse ou à des partis politiques, ils ont été très nombreux à s'engager dans tous les mouvements de résistance. Celle-ci a commencé avec l'entraide. Puis, face à la répression et aux persécutions raciales, elle s'est poursuivie avec la propagande et l'action armée. Ce document reconstitue cette histoire peu connue, celle de tous ces citoyens juifs qui sont entrés en résistance contre le nazisme sur le territoire français". De la résistance civile - distribution de tracts, de messages et d'affiches appelant les jeunes à la résistance, sauvetage d'enfants juifs - à celle armée.

Dans les revues, tels Libération ou Combat, participent Benjamin Crémieux, Marc Bloch... La presse clandestine juive, notamment en yiddish, diffuse des informations capitales sur les Juifs déportés.

L'UGIF est créée "pour mieux séparer les Juifs du reste de la population".

La MOI a été créée par la CGT. Elle recrute parmi les jeunes juifs des quartiers populaires, notamment dans le XIe arrondissement de Paris.

40 000 Juifs sont déportés en 1942, soit environ la moitié des Juifs déportés de France pendant la guerre.

Adam Rayski a écrit : « Sur l'horloge de l'histoire, les aiguilles avancent plus vite pour les Juifs que pour les autres peuples. Le temps des autres n'est pas précisément le nôtre".

Robert Gamzon réunit les dirigeants des Scouts juifs locaux, et entre dans la clandestinité. Moisac s'avère un centre actif. Près de 10 000 enfants juifs sont sauvés. Des fermes écoles sont instituées.

Beaucoup d'associations sont repliées à Lyon. Après l'invasion de la Zone libre par les Nazis, la résistance y débute par la distribution de tracts, comme à Paris.

A Paris, la VIe Section fabrique de faux papiers. Les "réseaux juifs résistants sont fragiles, à la merci des dénonciations", des filatures. Il reste 65 jeunes FTP-MOI, pas tous armés. Les "autres groupes ont été éliminés. Les directions des FTP-MOI tombent les unes après les autres".

Pour éviter les attentats sous formes de déraillements de trains, les Allemands nazis joignent aux wagons militaires des wagons transportant des civils.

En 1943, les Allemands envahissent la zone italienne. Les premières rafles ont lieu à Nice. Certains Juifs rejoignent le Vercors. "L'action du Maquis était intégrée" au sein des plans des Alliés en cas de Débarquement. Des résistants juifs tentent de rejoindre les Forces françaises livres en Afrique du Nord. Après avoir quitté des camps d'internement en Espagne, certains sont affectés à la IIe Division blindée du général Leclerc.

L'OJC réunit diverses organisations juives, et combat dans des maquis, notamment dans le Tarn.

A Paris, les filatures cernent les résistants juifs et les arrêtent vers le 16 novembre 1943. Le groupe Manouchian figure dans l'Affiche rouge dénonçant "l'Armée du crime". Une campagne antisémite naît.

Dédié à Stépha Skurnik, ce documentaire passionnant souffre d'un défaut majeur : il oublie que la France avait à l'époque des départements et un empire outre-mer avec d'éminents juifs résistants.


Les Juifs ont résisté en France 1940-1945. AACCE, 2009. 335 pages. 39 euros. ISBN / EAN13 : 2000000004310

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Cet article a été commandé, mais ni publié ni payé par L'Arche. Il a été publié le 2 avril 2014, puis les 20 mai 2015 et 29 janvier 2017 sur ce blog.

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