Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mercredi 6 février 2019

« Momentum, la mécanique de l’épreuve » de JR


La Maison européenne de la photographie (MEP) présente l’exposition « Momentum, la mécanique de l’épreuve » du photographe français trentenaire JR qui se définit comme un « artiviste urbain » et pratique le collage d’immenses photographies dans les murs d’espaces publics dans le monde.


Né en 1983, JR, pour Jean René, est un artiste français multimédia qui serait d’origine juive tunisienne.

JR, un clin d’œil à J.R. Ewing, personnage méchant et principal de la série télévisée américaine Dallas diffusée en France dans les années 1980 et dont l'intrigue évoquait une riche famille texane d'exploitants pétroliers vivant dans un ranch.

JR "possède la plus grande galerie d’art au monde. Grâce à la technique du collage photographique il expose librement sur les murs du monde entier, attirant ainsi l'attention de ceux qui ne fréquentent pas les musées habituellement."

"Après avoir trouvé un appareil photo dans le métro parisien en 2001, il parcourt l’Europe à la rencontre de ceux qui s’expriment sur les murs et les façades qui structurent les villes, et colle leurs portraits dans les rues, les sous sols et les toits de Paris."

"Entre 2004 et 2006, il réalise Portrait d'une Génération : des portraits de jeunes de banlieue qu'il expose, en très grand format, dans les quartiers bourgeois de Paris."

"En 2007, avec Marco il réalise Face 2 Face, la plus grande expo photo illégale jamais créée. JR affiche d’immenses portraits d’Israéliens et de Palestiniens face à face dans huit villes palestiniennes et israéliennes et de part et d’autre de la barrière de sécurité."

"En 2008, JR part pour un périple international à l'occasion de Women are Heroes, un projet dans lequel il souligne la dignité des femmes qui sont souvent les cibles de conflits. À la même période, il met en place le projet The Wrinkles of the City. Les actions de ce projet visent à révéler l'histoire et la mémoire d'un pays à travers les rides de ses habitants. L’artiste choisit des villes ayant connu des bouleversements tel que Carthagène en Espagne, Shanghai, Los Angeles, La Havane, Berlin et Istanbul."

"En 2010, son film Women Are Heroes est présenté au festival de Cannes en compétition pour la Caméra d'Or. La même année, il crée Unframed, un projet dans lequel il utilise des images qui ne sont pas les siennes, par des photographes connus ou non, qu’il recadre dans un nouveau contexte, à une échelle plus grande, leur donnant un nouveau sens."

"En 2011, il reçoit le Ted Prize qui lui offre la possibilité de formuler "Un vœu pour changer le monde". Il crée Inside Out, un projet d'art participatif international qui permet aux personnes du monde entier de recevoir leur portrait puis de le coller pour soutenir une idée, un projet, une action et de partager cette expérience. En décembre 2016, plus de 320,000 personnes dans plus de 139 pays ont participé au projet, par courrier ou via des cabines photographiques géantes installées dans des musées ou les rues du monde entier, de Times Square à Fukushima."

En 2014, JR "conclut Women Are Heroes en collant un regard de femme sur un porte-conteneurs qui part du Havre pour rejoindre la Malaisie".

"En collaboration avec le New York City Ballet, il utilise le langage du ballet pour raconter son histoire des émeutes des banlieues françaises de 2005, et crée « Les Bosquets », un ballet et court-métrage éponyme, dont la musique est composée par Woodkid, Hans Zimmer et Pharrell Williams, et qui est présenté au Tribeca Film Festival."

"En 2014 encore, il crée une installation avec 4,000 visages sur le dôme du Panthéon à Paris, et à l’intérieur du monument. Cette notion de foule sera reprise lors d’une installation video projection au CAC Malaga, puis sur la façade de l’Assemblée Nationale et d’autres monuments parisiens au moment du sommet COP 21, fin 2015."

"Au même moment, JR travaille dans l’hôpital abandonné d’Ellis Island, un chapitre important dans l’histoire de l’immigration – et réalise le court-métrage ELLIS, avec Robert De Niro."

En 2016, JR "est invité par le Louvre, et il fait disparaître la pyramide à l’aide d’une surprenante anamorphose."

"Pendant les Jeux Olympiques de Rio, il crée de nouvelles installations sculpturales gigantesques, à l’échelle de la ville, à l’aide d’échafaudages, pour souligner la beauté du geste sportif".

Ses "projets récents incluent une exposition dédiée aux enfants au Centre Pompidou, une collaboration permanente avec les artistes brésiliens Os Gemeos au Palais de Tokyo, dans un espace utilisé pour stocker les pianos volés pendant l’Occupation, et un film avec Agnès Varda, co-réalisant un long-métrage avec cette icône de la Nouvelle Vague, pour confronter leurs visions lors d’un long voyage au cœur de la France à la rencontre des habitants."

JR "crée un « art infiltrant » qui s'affiche sur les immeubles des banlieues parisiennes, sur les murs du Moyen-Orient, sur les ponts brisés d'Afrique ou dans les favelas, au Brésil. Lors des actions de collage, les communautés participent au processus artistique. Au Brésil par exemple, des enfants se transforment en artistes pour une semaine. Dans ces actions artistiques, aucune scène ne sépare les acteurs des spectateurs."

"L'anonymat de JR et l'absence d'explication accompagnant ses immenses portraits lui permet de laisser un espace libre pour une rencontre entre un sujet/acteur et un passant/interprète, ce qui constitue l'essence de son œuvre. C'est sur cela que JR travaille, poser des questions..."

JR "est représenté par la galerie Perrotin : il a réalisé plusieurs expositions à Paris, Hong-Kong, Miami, et New York. JR est également représenté par Lazarides à Londres, Magda Danysz à Shanghai, Simon Studer Art à Genève et Springmann Gallery à Berlin."

"En 2013, les premières rétrospectives du travail de JR ont eu lieu à Tokyo (au musée Watari-Um) et au CAC de Cincinnati, suivies d’expositions au musée Frieder Burda de Baden Baden en 2014, et HOCA Foundation à Hong-Kong en 2015."

Le succès de JR s'explique peut-être par le nombrilisme des individus, une exacerbation d'egos aimant se voir (vogue des selfies) et participer à l'oeuvre, et le faible savoir artistique des publics. 

Face 2 Face
En 2007, « lors du projet Face 2 Face JR et Marco (Marc Berrebi) réalisent la plus grande exposition de photographie au monde. Pour ce projet, des portraits d’Israéliens et de Palestiniens sont collés face à face, dans des formats monumentaux des deux côtés du mur de séparation et dans plusieurs villes alentours ».

« Lorsque JR et Marco se sont rencontrés en 2005, ils ont décidé d'aller ensemble au Proche-Orient pour essayer de comprendre pourquoi les Palestiniens et les Israéliens ne parvenaient pas à vivre ensemble. »

« Ils ont alors traversé les villes palestiniennes et israéliennes sans beaucoup parler. En regardant simplement ce monde avec étonnement ».

« Ce lieu saint pour le judaïsme, le christianisme et l'islam ».

« Cette région minuscule où l'on peut voir des montagnes, la mer, des déserts et des lacs, l'amour et la haine, l'espoir et le désespoir mêlés ensemble ».

« Après une semaine, ils sont arrivés à la même conclusion : ces gens se ressemblent, ils parlent presque la même langue, comme des jumeaux élevés dans des familles différentes ».

« Une religieuse a sa sœur jumelle de l'autre côté. Un fermier, un chauffeur de taxi, un professeur, a son frère jumeau en face de lui. Et il combat sans fin contre lui ».

« C'est évident, mais ils ne le voient pas ».

« JR et Marco ont donc décidé de les mettre face à face, pour qu’ils réalisent ».

« Le projet Face2Face consistait à faire des portraits de Palestiniens et d'Israéliens faisant le même métier et de les coller face à face, dans des formats géants, à des endroits inévitables, du côté israélien et du côté palestinien, pour qu'enfin, chacun rie et réfléchisse en voyant le portrait de l'autre et son propre portrait ».

« Dans un contexte sensible, il faut être clair ».

« JR et Marco sont en faveur d'une solution dans laquelle deux Etats, Israël et la Palestine, vivraient en paix à l'intérieur de frontières sûres et internationalement reconnues ».

« Tous les projets de paix discutés (Clinton/Taba, Ayalon/Nusseibeh, Accords de Genève) convergent dans la même direction. Ils peuvent donc être optimistes ».

« Face 2 Face a contribué à une meilleure compréhension entre Israéliens et Palestiniens ». On peut en douter...

MEP
« Momentum, la mécanique de l’épreuve » est « la première grande exposition de JR au sein d’une institution française. Elle rassemble notamment les premières photographies de l’artiste, des collages de format monumental de ses plus grands projets, et plusieurs installations inédites ».

« Travaillant à la fois la photographie, le cinéma, le spectacle vivant et les arts visuels en général, JR mobilise des communautés, des quartiers et des villages entiers. Par des formats démesurément grands, il donne une voix aux anonymes. »

L’exposition « présente de nombreux projets et immerge le visiteur au sein même du processus créatif de JR, en revenant sur ses débuts lorsqu’il réalisait des graffitis, ainsi que sur ses premières photographies et ses premiers collages. Le parcours de l’exposition présente également des séries d’envergure : Portrait d’une génération (un projet d’affichage illégal de portraits réalisés avec un objectif 28 millimètres) ; Women are heroes (soulignant la dignité des femmes qui sont souvent les premières victimes lors de conflits ou de guerres) ; The Wrinkles of the City (dont les actions visent à révéler l’histoire et la mémoire d’un pays ou d’une ville en se focalisant sur les rides de ses habitants) ; Unframed (dans lequel JR s’approprie des images réalisées par d’autres photographes et qu’il recontextualise en leur donnant un sens nouveau)… »

L’exposition « Momentum, la mécanique de l’épreuve » « dévoile également une fresque interactive inédite. Celle-ci explore l’impossible contrôle des armes aux États-Unis. À travers des centaines de portraits et d’entretiens, et grâce à une plateforme en ligne spécialement conçue pour l’occasion, JR invite le visiteur à découvrir les témoignages et points de vue de nombreux personnages. »

« Seulement 2% de l’œuvre de JR est connue du public, exposée en galerie ou en musée, explique Fabrice Bousteau. L’autre partie, tout aussi importante voire plus, constitue son processus de travail créatif et esthétique, en interaction avec les gens ou depuis son atelier. »

Un « cycle de projections accompagne cette exposition, le week-end dès 15 h à l’auditorium de la MEP. Seul, mais aussi en commun avec des artistes et réalisateurs dont il est proche, JR signe la réalisation de plusieurs films de ce cycle. Ils font ainsi partie intégrante de son œuvre, et ne sont pas de simples « making-of » documentant son travail plastique ».


Du 7 novembre 2018 au 10 février 2019
A la Maison européenne de la photographie (MEP)
5/7 rue de Fourcy - 75004 Paris
Tél. : + 33 1 44 78 75 00
Ouvert du mercredi au vendredi de 11 h à 19 h 45, et du samedi au dimanche de 10 h à 19 h 45.

A lire sur ce blog :
Articles in English
Les citations proviennent des sites de la MEP et de l'artiste.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire