lundi 9 octobre 2017

Golem ! Avatars d’une légende d’argile


Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme  a présenté l’exposition Golem ! Avatars d’une légende d’argile. Une exploration du « riche devenir de la figure du Golem, être d’argile animé à l’aide de lettres sacrées, dans les arts visuels, à travers un parcours mêlant peinture, dessin, photographie, théâtre, cinéma, littérature, bande dessinée et jeu vidéo ». Le 13 octobre 2017 à 18 h 45, au Cinéma Impérial, le Festival du nouveau cinéma de Montréal (Canada) présentera Der Golem, ciné concert par Socalled et invités

« Etre d’argile animé à l’aide de lettres sacrées, le Golem est l’un des mythes juifs les plus célèbres et l’une des figures majeures de la littérature fantastique. Celui que l’on a coutume de représenter sous les traits d’un géant aux pouvoirs surhumains n’a cessé de fasciner et d’endosser de multiples significations au fil du temps ».

« Au Moyen Age puis à la Renaissance, c’est une entité connue des seuls mystiques, qui débattent des opérations magiques permettant de lui donner vie. Au XIXe siècle, le Golem devient une figure populaire : une créature destinée à soulager la communauté juive de travaux pénibles et à la protéger des persécutions. Mais nombre de récits insistent sur l’épisode où le Golem se retourne contre Rabbi Yehoudah Loew, son créateur, et c’est à ce moment que naissent les premières images du Golem. Hugo Steiner-Prag lui donne en 1915 une physionomie mongoloïde et inquiétante dans les illustrations du célèbre roman de Gustav Meyrink, et Paul Wegener lui confère dans son film de 1920 des traits qui marqueront durablement l’imagier du XXe siècle. Il fascine les artistes qui voient dans la création du Golem une métaphore de leur position de créateurs face à une matière inerte à laquelle « donner vie ». D’emblée, ils soulignent son ambivalence : être miraculeux et monstrueux à la fois, il oscille entre humanité et inhumanité, entre protection et menace. »

La « plasticité du mythe du Golem est à l’origine de la plupart des créatures artificielles, imaginaires ou réelles, et sa féconde descendance ne cesse de croître, notamment dans le domaine de la robotique et de l’informatique. Précurseur des super-héros et des avatars numériques, le Golem est aussi une figure qui permet de penser un monde où l’homme pourrait perdre le contrôle sur ses inventions ».

L’exposition « Golem ! Avatars d’une légende d’argile » explore, « avec 136 œuvres provenant de 28 institutions et prêteurs privés, le riche devenir de la figure du Golem dans les arts visuels, à travers un parcours mêlant peinture, dessin, photographie, théâtre, cinéma, littérature, bande dessinée et jeu vidéo ».

« De la présentation d’un remarquable Sefer Yetsirah (Livre de la création) imprimé à Mantoue en 1512 à la projection d’extraits de Terminator 2, en passant par des œuvres de Boris Aronson, Christian Boltanski, Gérard Garouste, Antony Gormley, Philip Guston, Amos Gitai, R.B. Kitaj ou Anselm Kiefer, l’exposition montre comment cette légende juive médiévale opère encore aujourd’hui dans un imaginaire mondialisé ».

Elle « est accompagnée d'un important programme comprenant des films - Le Golem de Julien Duvivier (1936, 100 min), Le Golem, comment il vint au monde, de Paul Wegener et Carl Boese (Allemagne, 1920, 84 min) - , une conférence, une performance, des activités pédagogiques et un livret-jeu ». Le commissariat général de l’exposition est assuré par Paul Salmona, mahJ, le commissariat par Ada Ackerman, Thallm-CNRS et la coordination par Dorota Sniezek

Cette « exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication/Direction générale des patrimoines/Service des musées de France. Elle bénéficie à ce titre d’un soutien financier exceptionnel de l’Etat ». Elle « a reçu le soutien de la direction régionale des Affaires culturelles d’Ile de France ministère de la Culture et de la Communication, de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de la fondation Pro mahJ, du Centre tchèque de Paris et de l’unité mixte de recherche théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (CNRSThallm) ». Le MahJ remercie l'Office National Tchèque de Tourisme – CzechTourism. Son partenaire est France Culture.

Curieusement, le dossier de presse de l'exposition désigne Eretz Israël par "Palestine".

Qui est le Golem ?
La « première mention du terme « golem » apparaît dans la Bible, au Psaume 139, dans la bouche d’Adam qui s’adresse à Dieu, se désignant comme une « masse informe ». Fait de glaise et animé par le souffle divin, Adam est donc le tout premier golem. Le Talmud rapporte plusieurs cas d’êtres artificiels (hommes et veaux) créés par des sages ». 

« En découlent d’intenses débats, au Moyen Age puis à la Renaissance, au sein de cercles de kabbalistes juifs et chrétiens. On discute des opérations permettant d’engendrer un golem et de leurs implications philosophiques, morales, théologiques et pratiques. Le golem doit-il être considéré comme un homme à part entière ? Quelle est sa place dans la société ? » 

« Pour le kabbaliste qui souhaiterait animer un golem, le manuel de référence est le Sefer Yetsirah (Livre de la création), qui détaille la création du monde par Dieu à l’aide de combinaisons alphabétiques et insiste sur le pouvoir de la lettre hébraïque. L’aspiration à fabriquer un golem est alors perçue comme un désir d’entrer en relation privilégiée avec Dieu. Seul le sage peut espérer y parvenir ».

Un héros protecteur
« Parmi les différents visages que les artistes ont donnés à la figure ambivalente du Golem, on trouve celui du protecteur, à l’apparence sympathique et rassurante, notamment dans les œuvres à destination des enfants. Souvent, les artistes traduisent la capacité du Golem à défendre la communauté juive contre ses ennemis en insistant sur son aspect colossal et sur ses facultés surhumaines ».

« C’est cette veine qu’explorent les comics américains, pour la plupart créés par des auteurs et des dessinateurs d’origine juive, familiers du mythe ». Le « Golem reprend ainsi du service, de manière récurrente, pour défendre les juifs contre les nazis. S’il apparaît comme un nouveau justicier, il est aussi souvent dépeint comme un défenseur impuissant, n’ayant pu mener a bien sa mission. Le Golem devient alors le symbole d’un « monde disparu », d’une communauté juive meurtrie et brisée ».

Un monstre incontrôlable
Le « caractère inhumain du Golem – créature rudimentaire et hybride, décrite comme muette et privée d’âme – conduit les artistes à en privilégier la composante monstrueuse. Ils choisissent dès lors de le dépeindre comme une entité inquiétante et terrifiante, qui échappe au contrôle de celui qui l’a façonnée ». 

Le « Golem provoque la peur, se présentant selon les cas sous les traits d’un colosse menaçant, d’un spectre ou d’un démon ». 

« Constituant ainsi l’un des premiers monstres du cinéma, il en inspirera bien d’autres. Il permet d’incarner l’« autre », celui qui inquiète par sa différence et son anormalité ».

« En tant que double de l’homme, il représente sa part obscure, pulsionnelle et inconsciente, et, à ce titre, effrayante ». 

Il « peut enfin symboliser la prétention outrancière de l’humanité à égaler Dieu, prétention qui l’amène à transgresser l’ordre naturel. Le mythe du Golem fusionne alors avec d’autres récits, tel celui du Dr Frankenstein, imaginé par Mary Shelley (1818), et de son épouvantable créature ».

Variations théâtrales
« Parmi les différentes œuvres théâtrales sur la créature d’argile, Le Golem. Poème dramatique en huit scènes est l’une de celles qui ayant engendre les images les plus variées et les plus inventives. Due à l’écrivain yiddish H. Leivick (1888-1962) et publiée en 1921, cette pièce critique la révolution russe et sa violence. Exceptionnellement dotée de la parole, le Golem supplie son créateur de ne pas lui donner la vie ».

« Pour la publication de ce texte, l’artiste américain Max Weber conçoit des illustrations qui frappent par la diversité des styles et des influences artistiques ».

« L’œuvre de H. Leivick inspire de multiples mises en scène, dont celle du théâtre Habima à Moscou en 1925, qui rencontre un succès considérable. Les esquisses de costumes et de personnages réalisées à cette occasion par Ignati Nivinski (1881-1933) constituent une interprétation très libre et imaginative du texte ».

« On retrouve une même créativité dans les décors imagines par Boris Aronson (1898-1980) pour le projet de mise en scène de Maurice Schwartz en 1931, a New York, qui ne verra pas le jour ».

Un mythe plastique
« Depuis le XIXe siècle, le mythe du Golem n’a cessé d’être représenté, probablement parce que ce récit, centré sur l’animation d’une matière inerte, affirme le pouvoir créateur de l’homme ».

« En traitant d’un être qui vit de sa vie propre et qui échappe au plan initial, il instaure un parallèle fécond avec l’activité artistique ».

« Le cinéma, domaine dans lequel la question de l’animation est centrale, a ainsi constitué un medium privilégié pour mettre en scène le Golem ».

Le « mythe comporte par ailleurs un ensemble d’enjeux plastiques : il se présente comme un récit d’opérations matérielles (modelage, pétrissage, expérimentation) ; le Golem, être rudimentaire qui finit par être détruit, est en permanence menacé par l’informe ».

Les « artistes ont parfois choisi de se représenter en golems, faisant d’eux-mêmes leur propre matériau. Ils revendiquent ainsi la possibilité, à travers un rituel, de réinterpréter leur naissance, mais aussi de se transformer, tout en interrogeant le statut de leur création : double, extension d’eux-mêmes ?

 « Enfin, ces autoportraits en golems jouent sur une équivalence entre chair et terre qui fait écho aux origines de l’homme dans la Genèse ».

Les descendants du Golem
« Nombre d’inventions contemporaines peuvent être pensées à l’aide du Golem, comme le suggérait en 1964 Norbert Wiener, père de la cybernétique, dans God and Golem, inc. Sur quelques points de collision entre cybernétique et religion ».

« L’année suivante, Gershom Scholem (1897-1982), spécialiste de la kabbale, donne officiellement le nom de « Golem I » à l’un des premiers ordinateurs israéliens ».

« De même que la créature d’argile est animée par la combinatoire des lettres, l’ordinateur et l’intelligence artificielle obéissent aux codes du langage informatique ».

« Parmi les descendants du Golem, les robots, doubles de l’homme, occupent une place particulière et partagent son ambivalence. Conçus pour améliorer le quotidien des êtres humains, ils suscitent attachement et empathie mais aussi méfiance et inquiétude, notamment en raison de leur impact sur la société et de leur possible émancipation, objet de bien des fantasmes ».

Le « robot féminin, qui connait une grande fortune, fait écho a la légende relative au poète andalou Salomon Ibn Gabirol (XIe siècle), lequel, souffrant d’une maladie de peau handicapante, se serait façonné une compagne artificielle pour tenir sa maison ».

L’homme-démiurge
Le « mythe du Golem trouve de fortes résonances aujourd’hui dans les évolutions scientifiques, médicales, technologiques, industrielles et économiques tels le clonage, le corps « augmenté », l’hybridation génétique, les nanotechnologies, l’énergie nucléaire ou les transactions informatiques ».

« L’homme étend son pouvoir de transformation à l’ensemble de la Création, qu’il entend améliorer, s’octroyant la place de Dieu ».

« Certains artistes s’emparent de cette dimension démiurgique en modifiant leur corps pour en accroitre les possibilités, ou en faisant du vivant un matériau artistique ».

« L’homme devenant pour lui-même un golem à perfectionner, on passe ainsi du golem originel, être d’argile incomplet et rudimentaire, à un golem transhumai ou post humain, aux capacités démultipliées et enrichies ».

« Toutefois, de même que le golem, initialement conçu pour soulager l’humanité, peut se retourner contre celle-ci, de même les nouvelles technologies peuvent échapper à l’homme et l’asservir alors qu’il croyait qu’elles le libéreraient ».

Der Golem
Le 13 octobre 2017 à 18 h 45, au Cinéma Impérial, le Festival du nouveau cinéma de Montréal (Canada) présentera Der Golem, ciné concert par Socalled et invités. "Les prémices du cinéma fantastique sur fond de musique déjantée. Josh "Socalled" Dolgin, artiste étonnant et touche-à-tout, et ses invités mettent en musique le célèbre film d’horreur muet Der Golem, réalisé par Henrik Galeen et Paul Wegener, sur un scénario de Paul Wegener, avec Paul Wegener, Henrik Galeen, Lyda Salmonova. Créé en 1915, ce chef d’œuvre du cinéma expressionniste allemand nous conte l’histoire de la création d’un monstre d’argile qui sèmera la terreur dans le ghetto juif plutôt que de sauver son peuple. Il est présenté dans sa version allemande. Créé pour Halloween, en 2016, à Toronto, le ciné-concert est joué pour la première fois à Montréal".

Le Golem de A à Z

« Alef
Première lettre de l’alphabet hébreu. Le alef (א) est la lettre à laquelle les kabbalistes attribuent le pouvoir d’animer un golem et, à l’inverse, de lui ôter la vie lorsqu’on l’efface.

Cybernétique
Science regroupant l’ensemble des théories relatives au contrôle, à la régulation et à la communication dans l’être vivant et la machine. D’elle découleront, entre autres, l’informatique, la théorie de l’information, l’intelligence artificielle, la robotique.

Eliyah Ba’al Shem de Chelm (1550-1583)
Kabbaliste polonais crédité par des sources chrétiennes du XVIIe siècle pour avoir créé un golem a partir du Sefer Yetsirah* (Livre de la création) afin d’en faire son serviteur.
C’est avec cette légende du Golem de Chelm qu’apparait la composante menaçante et dangereuse du Golem qui, ne cessant de croitre au point de devenir incontrôlable, doit être réduit à néant.

Emet (de l’hébreu, « vérité »), met (de l’hébreu, « mort »)
Dans l’une des versions les plus populaires de la légende du Golem, le mot « emet » אמת) ) doit être gravé ou tracé sur son front pour lui donner vie. En effaçant la première lettre, alef* ( א), du mot « emet », le mot « met » ( מת ) apparaît, retirant la vie au golem et le faisant retourner à l’état inerte. L’utilisation magique des mots repose sur la croyance que les lettres hébraïques sont dotées d’une puissance créatrice.

Salomon ibn Gabirol (1021-entre 1054 et 1058)
Poète et philosophe connu pour sa poésie sacrée, il est considéré comme l’un des auteurs religieux juifs andalous les plus éminents et les plus féconds. Des récits du XVIIe siècle lui prêtent la fabrication d’un automate féminin, qu’il aurait animé pour en faire sa compagne.

Halakhah
Ensemble des lois régissant la vie religieuse juive, dont le mariage, les prescriptions alimentaires, l’observance des fêtes, etc.

Kabbale (de l’hébreu qabbalah, littéralement « réception »)
Nom donne à la tradition ésotérique juive depuis le Moyen Age. Elle traite principalement des dix sefirot*, de la création de l’univers par Dieu, de la place de l’homme dans la création et du rôle cardinal de la Halakhah* dans la rédemption divine.

Gustav Meyrink (1868-1932)
Romancier autrichien né à Vienne et mort à Starnberg en Allemagne, il passe une grande partie de sa jeunesse à Prague, qu’il dépeindra souvent dans ses œuvres.
Travaillant dans la banque, il fréquente les artistes et les intellectuels praguois, et se passionne pour l’occultisme et différentes traditions mystiques qui nourriront sa production littéraire. La popularité qu’il acquiert avec son premier roman, Le Golem (1915), ne se démentira jamais par la suite. L’ensemble de son œuvre relève du genre fantastique d’inspiration ésotérique. Das grune Gesicht (Le Visage vert, 1916) et Walpurgisnacht (La Nuit de Walpurgis, 1917) comptent parmi ses autres récits célèbres.

Mishna (de l’hébreu, littéralement « enseignement »)
Première compilation exhaustive de la Loi orale rédigée vers 200 en Palestine » - Eretz Israël -, « qui servit ensuite de base à l’élaboration du Talmud*. Se présentant comme un recueil de débats et de discussions halakhiques, elle constitue le document religieux le plus important après la Bible.

Gershom Scholem (1897-1982)
Grand spécialiste moderne de la kabbale*, ne a Berlin. Son ouvrage Zur Kabbalah und ihrer Symbolik (La Kabbale et sa symbolique, 1960) comprend un chapitre intitule « L’idée du Golem dans ses rapports telluriques et magiques », fruit de recherches entreprises à partir des années 1930, s’appuyant sur la découverte et l’examen détaillé de nombreux manuscrits et textes décisifs pour la question qui le passionna sa vie durant. Cette étude sur le Golem, premier travail scientifique digne de ce nom sur le sujet, s’applique à restituer l’aspiration à créer un être artificiel dans le contexte du mysticisme juif et permet de comprendre le passage du domaine magique à celui de la légende. Il s’agit donc d’une étape déterminante dans l’historiographie sur le Golem.
Scholem se montra par ailleurs sensible aux liens pouvant associer le récit du Golem aux technologies qui lui étaient contemporaines, telle l’informatique naissante.

Talmud (de l’hébreu, littéralement « étude, enseignement »)
L’un des textes fondamentaux du judaïsme, il traite de la Loi juive. Ce commentaire de la Mishna* a été produit par les maitres des académies de Palestine » – Eretz Israël – « et de Babylonie. Il existe deux Talmud. Le Talmud dit « de Jérusalem » (Talmud yeroushalmi) a été hâtivement compilé à Tibériade vers la fin du IVe siècle. Le Talmud de Babylone (Talmud babli) fut constitué progressivement, sa mise en forme définitive ayant été engagée par Rav Ashi (352-427), chef de l’académie de Soura, et achevée par l’un de ses successeurs, Rabina I (mort en 499). L’autorité du Talmud de Babylone prévaut dans l’ensemble du monde juif.

Sefer Yetsirah (Livre de la création)
Court traité de cosmogonie et de cosmologie hébraïque, dont il existe deux versions et dont la datation demeure incertaine (entre le IIIe et le VIe siècle). Il présente les éléments fondamentaux et les opérations à l’aide desquels Dieu a créé le monde et qui assurent le fonctionnement de ce dernier. La création du monde y est comparée à l’ouvrage d’un potier et d’un sculpteur. De nombreux commentateurs médiévaux s’en servaient pour élaborer des consignes permettant de fabriquer un golem.

Sefirot (de l’hébreu s-f-r, « nombre »)
Les dix émanations, ou puissances, à travers lesquelles se manifeste la Divinité ; elles sont au cœur de la pensée kabbalistique. Dans le Sefer Yetsirah*, les sefirot sont les dix « nombres » primordiaux qui, avec les vingt-deux lettres de l’alphabet hébraïque, constituent les trente-deux voies mystérieuses à l’aide desquelles Dieu créa le monde.

Torah
Nommée en français « Pentateuque », la Torah se compose de cinq livres : la Genèse, l’Exode, le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome.

Paul Wegener (1874-1948)
Personnalité marquante et décisive du cinéma expressionniste allemand. Apres des débuts au théâtre, Wegener réalise Der Student von Prag (L’Etudiant de Prague, 1913), film fantastique qui lui fait découvrir la ville de Prague et ses légendes, dont celle du Golem qu’il décide d’adapter au cinéma, avec l’aide d’Henrik Galeen. C’est ainsi qu’entre 1915 et 1920 il tourne une trilogie, dont les deux premiers films ont en grande partie disparu, et dont le troisième deviendra un classique du cinéma : Der Golem. Wie er in die Welt kam (Le Golem. Comment il vint au monde), réalisé avec Carl Boese. La photographie est signée Karl Freund, le chef opérateur de Fritz Lang. Auteur du scénario, Wegener y interprète également le colosse. Der Golem tient notamment sa force du recours à des trouvailles visuelles et à des techniques cinématographiques encore peu usitées, permettant de filmer les mouvements de la foule de manière spectaculaire. Wegener tire ensuite un roman de son film, illustré de photogrammes de ce dernier et publié en 1921. Sa participation a la vie culturelle sous le régime nazi, fera comparer le cinéaste lui-même à un golem.

Norbert Wiener (1894-1964)
Mathématicien américain brillant, passionne de philosophie, il est surtout connu pour avoir fonde la cybernétique*. Son travail scientifique s’accompagne toujours d’une réflexion éthique, nourrie par ses engagements – il refuse de participer à l’élaboration de l’arme nucléaire. Wiener mobilise la figure du Golem pour réfléchir à la place de la science dans le monde de l’après-guerre, aussi bien dans God & Golem, Inc. Sur quelques points de collision entre cybernétique et religion (1964), que dans son premier ouvrage, La cybernétique : Information et régulation dans le vivant et la machine (1948).

Yehoudah Loew ben Bezalel, dit le Maharal de Prague (vers 1525-1609)
Halakhiste et kabbaliste que la légende rendit célèbre en lui attribuant, des siècles après sa mort, la création d’un golem, bien que lui-même n’ait jamais écrit sur la question. Il fut grand rabbin de Moravie, de Poznań et de Prague. Auteur prolifique, ses ouvrages, eurent un profond retentissement sur la pensée et la mystique juives. Personnage à l’aura considérable, sa biographie oscille entre histoire et légende.

Zohar (Sefer ha-zohar, Livre de la splendeur)
Le plus important livre de la kabbale*, rédigé en Espagne au XIIIe siècle ».


Du 8 mars 2017 au 16 juillet 2017
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Tél. : 01 53 01 86 65
Mardi, jeudi, vendredi de 11 h à 18 h. Mercredi de 11 h à 21 h. Samedi et dimanche de 10 h à 19 h

Visuels 
Affiche
Paul Wegener, Le Golem, comment il vint au monde, 1920.
Deutsche Kinemathek, Berlin © succession Paul Wegener

Miloslav Dvořák,
Le Golem et Rabbi Loew près de Prague, 1951
Huile sur toile,
244 x 202 cm
Prague, Židovské Muzeum © Jaroslav Horejc – heirs, 2017

Steve Niles (texte), Dave Wachter (dessin)
Breath of Bones. A Tale of the Golem
Milwaukie (Oregon), Dark Horse Comics, 2013
Paris, musée d’art et d’histoire du Judaïsme © Dark Horse Comics

Dennis Hopper,
Wallace Berman, 1964
Tirage argentique
Paris, collection Catherine et Jean Madar
Courtesy galerie Frank Elbaz

Christian Boltanski, Le Golem, 1988
Technique mixte,
19 × 11,5 × 27 cm
New York, The Jewish Museum © Adagp, Paris, 2017

Anselm Kiefer
Rabi Löw : Der Golem
1988-2012
Plastique, bois, plomb, verre, résine synthétique, acier et charbon de bois,
95 × 95 × 58 cm

Anselm Kiefer, courtesy
galerie Thaddaeus Ropac,
Paris-Salzbourg

Sefer Yetsirah (Livre de la création)
Mantoue, 1562
Livre imprimé, 21 × 16 cm
Paris, bibliothèque de l’Alliance israélite universelle

Ignati Nivinski,
Esquisse pour les costumes de la pièce Le Golem de H. Leivick, 1925
Crayon, aquarelle, tempera sur papier,
23 × 15 cm
Moscou, Archives nationales russes de littérature et d’art

Walter Schulze-Mittendor]
Copie, réalisée par Moulages du Louvre en 1994, de Maria, le robot du film Metropolis (1926) de Fritz Lang
Résine peinte,
190 × 74 × 59 cm
Paris, Cinémathèque française

Joachim Seinfeld
Golem, 1999
Série de cinq photographies, panneaux sur verre, 39,5 × 40 cm
Prague, Židovské
Muzeum © Adagp, Paris, 2017

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Les citations non sourcées sont du mahJ. Cet article a été publié le 14 juillet 2017.

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