lundi 23 janvier 2017

L'Art de l'automobile. Chefs-d’œuvre de la collection Ralph Lauren


Le musée des Arts décoratifs a présenté 17 modèles de prestigieuses voitures de sport, des années 1930 à nos jours, sélectionnées dans la collection de Ralph Lauren, célèbre styliste et philanthrope Juif américain. Alfa Romeo, Bentley, Bugatti, Ferrari, Jaguar, Mercedes-Benz, Porsche... Ces voitures – de course et grand tourisme - sont remarquables par la beauté des lignes, leur vitesse et leurs performances. Un survol de l’histoire automobile européenne avec de magnifiques fleurons d’une activité économique par certains aspects artisanale. Le 20 janvier 2017, lors de la cérémonie d'investiture du Président élu Donald Trump, son épouse Melania Trump a porté une robe et une veste-boléro en cachemire signées Ralph Lauren. Certains couturiers - Marc Jacobs, Tom Ford, Sophie Theallet - avaient annoncé publiquement refuser de lui créer une robe pour cette cérémonie.


« Je ne me considère pas comme un collectionneur d’automobiles. Dans mon esprit, elles sont comme une part de moi-même. C’est un amusement, comme des jouets… Je les conduis et m’en sers pour me promener avec mes enfants », déclare Ralph Lauren à Rodolphe Rapetti, commissaire de cette exposition au Musée des Arts décoratifs.

En 1970, les Arts Décoratifs ont présenté Bolide Design, une sélection de voitures de compétition pour montrer que « l’art et la technique, chacun à leur niveau, sont l’expression de l’homme et de ses rapports avec la création ».

Au printemps 2005, le Museum of Fine Arts de Boston présente l’exposition Speed, Style and Beauty, Cars from the Ralph Lauren Collection avec 17 magnifiques automobiles de l’entre-deux-guerres aux années 1960 en soulignant le soin apportés par les fabricants pour les détails.

Inédite en Europe, cette exposition parisienne est scénographiée par Jean-Michel Wilmotte, les modèles choisis par Ralph Lauren et Rodolphe Rapetti conservateur général du patrimoine, pour leur représentativité des styles et techniques.

Le style Ralph Lauren
Ralph Lauren – son nom était Lifschitz - est né, à New York, le 14 octobre 1939 dans une famille Juive modeste d’origine russe. Il grandit dans le Bronx.

Admiratif des stars hollywoodiennes, dont Cary Grant, il apprend en cinéphile l’abécédaire de l’élégance masculine.

Il débute chez Brooks Brothers, puis est recruté comme vendeur par Rivetz, fabricants de cravates à Boston.

En 1967, Ralph Lauren crée sa marque de cravates Polo. Il innove par des rubans de soie noués, colorés et larges (big knots).


En 1970, il choisit comme emblème de sa marque le cavalier joueur de polo.

En 1972, il crée ses polos manches courtes déclinés en tons harmonieux. Un must du dressing masculin.

Sa marque devient mondialement célèbre quand Ralph Lauren dessine les vêtements pour Gatsby le Magnifique (The Great Gatsby), film de Jack Clayton inspiré du roman de Francis Scott Fitzgerald, avec de Robert Redford et Mia Farrow.

Au prêt-à-porter masculin et féminin, Ralph Lauren ajoute en 1978 les parfums et en 1983 des accessoires pour la maison.


Cet esthète façonne ainsi un univers harmonieux, sa way of life sous-tendue par l’idée de qualité et de confort, où l’élégance le dispute à la beauté, et les vêtements sport et décontractés côtoient ceux habillés et raffinés. Refusant toute provocation, Ralph Laurent prise les lignes épurées, les matériaux naturels, les étoffes soyeuses, les couleurs simples et les imprimés chatoyants. Il segmente ses produits en marques différenciées accompagnant l’être humain dans sa vie quotidienne, en conjuguant un style européen, surtout British ou côte Est, à une inspiration ancrée dans l’Ouest américain avec sa collection Western (1978). Ses publicités et ses partenariats – America’s Cup, Wimbledon - soignent cette image intemporelle et souvent sage, destinée souvent à une clientèle aisée.


A l’Elysée, Ralph Lauren a reçu en avril 2010 les insignes de la Légion d’Honneur des mains du Président de la République Nicolas Sarkozy.

En juillet 2012, a surgi une polémique sur la fabrication en Chine des uniformes de la délégation sportive américaine, conçus par Ralph Lauren, aux Jeux olympiques à Londres. Ce styliste s'est engagé à produire aux Etats-Unis les uniformes américains pour les prochains JO en Russie.


Le 20 janvier 2017, lors de la cérémonie d'investiture du Président élu Donald Trump, son épouse Melania Trump, ancienne top-modèle et philanthrope, a porté une robe et une veste-boléro en cachemire signées Ralph Lauren. 

Certains couturiers - Marc Jacobs, Tom Ford (« Elle ne repré­sente pas forcément l'image que je veux donner à ma marque »), Sophie Theallet, qui a habillé Michelle Obama quand celle-ci était First Lady - avaient annoncé publiquement refuser de lui créer une robe pour cette cérémonie.

« Bolide, objet de design »
Ralph Lauren considère les automobiles comme « de véritables œuvres d’art ». Il apprécie le côté artisanal : « Dans ma collection, certaines des plus anciennes ont réellement été faites à la main. Les finitions et le travail du métal étaient réalisés par des artisans. J’ai toujours aimé ces machines créées par des personnes qui mettent à profit leur passion pour la fabrication afin de donner naissance à de belles formes ou à des sons qui procurent du plaisir. Ettore Bugatti était un artiste de ce genre ».

En professionnel, il apprécie le soin apporté aux finitions : « Quand je contemple une voiture, j’aime ses prises d’air très stylisées, une rangée de rivets en acier, un enjoliveur ou un bouchon de réservoir, un volant parfaitement travaillé, des garnitures d’un cuir onctueux, un tableau de bord en ronce de bois soigneusement poli ou la beauté d’une sangle en cuir sur la capote ».

Une collection érigée source d’inspiration au styliste : « Il y a quelques années, je me suis inspiré de la fibre de carbone de ma McLaren. J’ai été saisi par l’idée que ces 54 couches de tissu carbone, que l’on ne trouvait autrefois que dans les jets les plus performants et les voitures de course, pourraient être utilisées pour un fauteuil à la fois incroyablement confortable et résistant. Nous avons conçu le fauteuil en fibre de carbone RL-CFI en 2003. Lorsque, l’an dernier, nous avons lancé la collection de montres Ralph Lauren, de nombreuses formes provenaient de dessins de nos archives. La plus novatrice est directement inspirée de ma Bugatti Atlantic. Je l’ai appelée The Dash parce que son cadran est une reprise du tableau de bord en ronce. Elle s’inscrit dans l’esprit des lignes pures de la voiture », note Ralph Lauren.

Les voitures exposées sont admirablement restaurées, dans un souci d’authenticité : « La restauration est surtout une question de qualité et de respect des détails d’origine », rappelle Ralph Lauren. Et le styliste de louer Paul Russel, historien de l’automobile et restaurateur de Boston, qui a travaillé avec lui pendant une vingtaine d’années : « Nous avons, par exemple, restauré une Alfa Romeo 2,9 avec toutes les précautions possibles et dans ses moindres détails. La couleur d’origine, un rouge brillant, a été retrouvée sous cinq couches de peinture. Quand la voiture a été exposée, certains ont trouvé la couleur si rutilante que, selon eux, elle ne pouvait être la bonne », se souvient Ralph Lauren.


« 17 fleurons de l’histoire automobile européenne »
« Durant ces années où la conception d’un véhicule se passe de l’ordinateur et des systèmes de projection sophistiqués qu’il autorise, s’est développé un aérodynamisme intuitif ou imaginaire... Mais il aura fallu plus d’un demi-siècle pour que cette fluidité investisse réellement la quasi-totalité des voitures de compétition, pour que des formes ovoïdes ou élancées – ancêtres du bio-design actuel – intègrent totalement les organes mécaniques dans une robe dont l’aérodynamisme unifie les différentes parties du véhicule », écrit Rodolphe Rapetti dans le catalogue de l’exposition (2011).

Il met en parallèle la modernité de la Porsche 550 Spyder et l’inspiration caractéristique des années 1930 définissant la Jaguar XK120.

« Beauté de la ligne et des couleurs, des matériaux et du design, mais aussi beauté mécanique résultant de la recherche d’efficacité et de précision. La course, laboratoire de toutes les innovations, est le fil conducteur de la passion du collectionneur… Mais le grand tourisme, qui acclimate à la vie quotidienne les acquis de la compétition en les mêlant au luxe, n’est pas oublié et permet de mesurer l’évolution face à la route des styles et des techniques, de la Bugatti Atlantique (1938) – dont seulement quatre exemplaires furent réalisés et que d’aucuns considèrent comme la plus belle voiture jamais construite – à la célèbre Mercedes 300 SL (1955). Chacun de ces véhicules d’exception a été conçu comme un chef-d’œuvre où s’allient innovation technologique et audace du style ». Le site Internet du musée permet d’en apprécier les détails.

Dotée d’une carrosserie massive, la Bentley « Blower » (1929) se classe deuxième au Grand Prix de France à Pau (1930).

Quant à la Mercedes-Benz SSK « Comte Trossi » (1930), dessinée par Willy White, elle est exportée au Japon en 1930, puis revient en Europe.

A noter deux Alfa Romeo : l’Alfa Romeo 8C 2300 Monza (1931) pilotée par la Scuderia Ferrari et l’Alfa Romeo 8C 2900 Mille Miglia (1938) aux « ailes profilées en goutte d’eau ».

La Bugatti 57 S(C) Atlantic (1938) ? Elle « exprime l’esthétique latine [de la carrosserie]. Une fantastique impression de légèreté se dégage de cette sculpture » selon Paul Bracq.

Rares : la Ferrari 375 Plus (1954) déclinée en cinq exemplaires ; héritière de la lignée des mythiques Type 35 et construite en huit exemplaires, la Bugatti 59 Grand Prix (1933) se caractérise par « ses roues à rayons d’une technique révolutionnaire, création originale de la maison Bugatti » ; la Ferrari 250 GTO (1962), « Grand Tourisme, produite à seulement 39 exemplaires ».

Dans la Mercedes-Benz 300 SL « Papillon » (1955), « l’implantation d’un châssis multitubulaire ultra léger a induit des portières originales : des portes papillon ouvrant de bas en haut ». Victorieuse aux 24 heures du mans (1952), elle a induit en 1953 une version de série achetée par Herbert von Karajan, Sophia Loren et Elvis Presley.

C’est dans sa Porsche 550 Spyder (1955) que le jeune acteur américain James Dean, star avec Natalie Wood, de La fureur de vivre (Rebel without a Cause) de Nicholas Ray est victime d’un accident mortel de la circulation en 1955.

Trois Jaguar : la Jaguar XK120 Roadster (1950) crée par William Lyons ; voiture anticonformiste conçue par Malcolm Sayer, la Jaguar XKD (1955) remporte trois victoires consécutives aux 24 heures du Mans (1955-1957) et demeure la « voiture la plus titrée de sa génération » ; version route d’une voiture de course, la Jaguar XKSS (1958) est destinée principalement au marché américain, et bénéficie de « capote, pare-chocs et habitacle plus civilisé ».

« L’originalité des ailes avant » de la Ferrari 250 Testa Rossa (Tête rouge) (1958) « permet de ne couvrir que partiellement les roues, afin d’obtenir un refroidissement efficace des freins à tambour ».
Avec sa « carrosserie en aluminium dessinée par Pinin Farina », la Ferrari 250 GT Berlinetta SWB (1960) est réalisée par les ateliers Scaglietti de Modène.

La voiture personnelle de Ralph Lauren : la Ferrari 250 LM (1964), « dotée d’un moteur situé en position centrale, qui lui confère une ligne alors inhabituelle ».


Enfin, la Mc Laren F1 LM (1996) est montrée avec l’« originale peinture de couleur « Papaya Orange », à la mémoire des célèbres formules 1 de Bruce Mc Laren, des « Supercars » contemporaines les plus célèbres ».

Histoire diffusa les 21 avril, 1er et 7 mai 2015 le numéro de la série L'âge automobile intitulé Génies du design, documentaire produit par Lynda Régnier et réalisé par Chris Hale : "Pendant plus d'un siècle, l'industrie automobile britannique a connu de nombreuses innovations. Paul McGann remonte le temps à la découverte des origines des voitures anciennes. Saviez-vous que certaines pièces détachées de véhicules de la Seconde Guerre Mondiale ont permis de créer les premières Land Rover ? Et que Dorothy Levitt" (1882-1922), née dans une famille britannique Juive sépharade, "l’une des premières pilotes automobiles, détentrices de records mondiaux féminins de vitesse terrestre (1905), championne de motonautisme, pionnière du mouvement féministe et journaliste, est à l’origine du rétroviseur ? D’Aston Martin à Bentley en passant par Jaguar et Lotus, bienvenue dans L'âge automobile !"

  
Jusqu’au 28 août 2011
107, rue de Rivoli. 75001 Paris
Tél. : +33 (0)1 44 55 57 50
Du mardi au dimanche de 11 h à 18 h, jeudi jusqu’à 21 h


Visuels de haut en bas :
Affiche
© DR

Alfa Romeo 8C 2300 Monza, 1931

Collection Ralph Lauren

© Photo Michael Furman



Ferrari 375 Plus, 1954

Collection Ralph Lauren

© Photo Michael Furman



Jaguar XK120 Roadster, 1950

Collection Ralph Lauren

© Photo Michael Furman

 

Bugatti 57 S(C) Atlantic, 1938

Collection Ralph Lauren

© Photo Michael Furman


 Bentley « Blower », 1929

Collection Ralph Lauren

© Photo Michael Furman
Mercedes-Benz SSK « Comte Trossi » , 1930
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman
 Alfa Romeo 8C 2900 Mille Miglia, 1938
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman
 Bugatti 57 S(C) Atlantic, 1938
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman

Bugatti 59 Grand Prix, 1933
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman

Mercedes-Benz 300 SL « Papillon », 1955
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman

Porsche 550 Spyder, 1955
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman
 Jaguar XKD, 1955
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman

Ferrari 250 Testa Rossa, 1958
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman 

Ferrari 250 GT Berlinetta SWB, 1960
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman
 
Ferrari 250 LM, 1964
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman
 
Mc Laren F1 LM, 1996
Collection Ralph Lauren
© Photo Michael Furman  

Les citation sont extraites du dossier de presse.

Articles sur ce site concernant :
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 - France

Cet article a été publié le 22 août 2011, puis le 14 juillet 2012 et le :
- 4 février 2013 à l'approche de  Retromobile, salon des amoureux de la voiture de collection, à Paris (6-10 février 2013) ;
- 25 août 2013 alors que Le Monde a publié un portrait de Ralph Lauren ;
- 15 octobre 2013 ;
- 9 mars 2014. Le 84e Salon internationale de l'automobile et des accessoires se tient à Genève (6-16 mars 2014) ;
- 3 octobre 2014. Le Mondial de l'automobile s'est tenu à Paris (4-19 octobre 2014) ;
- le 6 février 2015. Le "département voitures de collection d’Artcurial a découvert 60 automobiles de collection de grandes marques, des débuts de l’automobile aux années 70. Retrouvées après 50 ans de sommeil, la collection Baillon sera vendue aux enchères par Artcurial Motorcars en première partie de la traditionnelle vente du Salon Rétromobile, le 6 février 2015, à Paris. Ces automobiles dormaient dans l’ouest de la France, sous des abris de fortune, recouvertes de tôles ondulées et sous les auvents des dépendances de la propriété" ;
- 20 avril 2015. Histoire diffusa les 21 avril, 1er et 7 mai 2015 le numéro de la série L'âge automobile intitulé Génies du design, documentaire produit par Lynda Régnier et réalisé par Chris Hale : "Pendant plus d'un siècle, l'industrie automobile britannique a connu de nombreuses innovations. Paul McGann remonte le temps à la découverte des origines des voitures anciennes. Saviez-vous que certaines pièces détachées de véhicules de la Seconde Guerre Mondiale ont permis de créer les premières Land Rover ? Et que Dorothy Levitt" (1882-1922), née dans une famille britannique Juive sépharade, "l’une des premières pilotes automobiles, détentrices de records mondiaux féminins de vitesse terrestre (1905), championne de motonautisme, pionnière du mouvement féministe et journaliste, est à l’origine du rétroviseur ? D’Aston Martin à Bentley en passant par Jaguar et Lotus, bienvenue dans L'âge automobile !"
- 5 février 2016. Le Salon RetroMobile se déroule du 3 au 7 février 2016 ;
- 14 octobre 2016. Le Salon de l'automobile se déroulait du 1er au 16 octobre 2016.

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