Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

mardi 6 février 2018

L’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient)


L'UNRWA est l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient. Un organisme critiqué pour sa création en 1949 et sa persistance alors qu'existe l'UNHCR (Haut Commissariat onusien pour les réfugiés), pour son enseignement de la haine des Juifs et du djihad, pour sa définition bizarre du "réfugié palestinien", pour son effectif pléthorique et souvent lié dans la bande de Gaza au mouvement terroriste islamiste Hamas dont la charte vise la destruction de l'Etat d'Israël, etc. En janvier 2018, le Président Donald Trump a réduit l'aide américaine à l'UNRWA.
A shorter version of that article is published in English: The UNRWA Commissioner-General Karen Abu Zayd’s biased discourse.


L'UNRWA (United Nation Relief and Work Agency for Palestine Refugees in the Near East, Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) a été institué en décembre 1949 pour un mandat d'un an.

Son but originel ? "Contribuer à établir les Arabes de la Palestine mandataire qui avaient fui, généralement volontairement ou à l'appel de dirigeants arabes, lors de la guerre de 1948". Combien étaient-ils à fuir ? Selon les calculs en 2011 de l'historien Efraim Karsh qui se fonde sur des nombres d'habitants de localités abandonnées durant la guerre selon des sources juives, britanniques et dans une moindre mesure arabes, lors de la guerre d’Indépendance de l’Etat d’Israël, 583 000-609 000 Arabes palestiniens - chiffres de janvier 1949 - ont fui leurs foyers, généralement de plein gré et en raison des actions menées par les dirigeants arabes, donc des exilés pour la plupart volontaires. 

En 2016, le journaliste Richard Mather a listé les statistiques fournies par des sources officielles - palestiniennes, onusiennes, etc. - , et évalue le nombre d'Arabes ayant fui à environ 270 000.

"Selon un article de Tibor Mende dans Le Monde en 1951, « certains [de ces réfugiés] ne voulaient pas vivre dans un État juif, d'autres ont fui la bataille et, une fois celle-ci terminée, n'ont pas pu rentrer chez eux. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui sont partis parce qu'on leur avait dit que c'était pour quelques jours, quelques semaines au plus, et qu'ils reviendraient avec les armées arabes triomphantes ». Curieusement, les 900 000 à un million de réfugiés juifs contraints de quitter les pays Arabes, la Turquie, l'Iran et la partie de Jérusalem occupée par la Transjordanie n'ont bénéficié d'aucune agence onusienne.

Hormis la Jordanie, les autres Etats arabes ont sciemment refusé d'intégrer leurs frères Arabes : interdiction d'exercer des métiers au Liban, refus d'octroi de la nationalité, etc.

Critiques fondées durables
Dans son article publié le 18 janvier 2018 par Le Figaro, le documentariste Pierre Rehov, auteur notamment de From the River to the Sea - A Call for Genocide sur cette agence, a clairement listé ces critiques fondées adressées à l'UNRWA.

Contrairement à la définition internationale du réfugié, le statut de réfugié réservé aux Arabes de Palestine ayant fui est héréditaire, et se revendique même si ce "réfugié" bénéficie de passeport de nationalités diverses : américaine, française, etc. "L'UNRWA a aujourd'hui la charge de plus de cinq millions d'âmes, dont seulement quelques 20 000 devraient être considérés comme réfugiés selon la définition internationale des Nations unies, qui s'applique aux millions d'exilés dans le monde… Exception faite des Palestiniens", souligne Pierre Rehov.

"En 1950, alors que le général canadien Kennedy, et Sir Henry Right, premiers responsables de l'UNRWA, devaient constater que leur travail était rendu impossible par la politisation de la crise humanitaire dont ils avaient la charge, et que leur mandat ne pourrait s'achever en un si court laps de temps, un parlementaire anglais travailliste, Richard Crossrian, fut appelé à expliquer leur échec devant la Chambre des Communes. Sa réponse fut éloquente :
«Tant que nous compterons sur l'ONU pour faire quelque chose de sérieux pour l'établissement des réfugiés, nous ne ferons que nous leurrer, car l'ONU est une organisation politique. Il y a la ligue arabe, et toute la politique de la ligue arabe. La ligue arabe a besoin du problème des réfugiés pour maintenir la cohésion contre Israël. L'établissement des réfugiés la priverait de son sujet de plainte le plus important…»
L'UNRWA est l'objet de multiples controverses liées à son existence alors que l'ONU dispose déjà d'une agence pour s'occuper de tous les réfugiés du monde, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR), liées à ses enseignants, souvent membres de groupes terroristes, à l'enseignement du djihad prodigué, etc. Et le HCR s'occupe des Arabes palestiniens ayant fui l'Irak après la chute de Saddam Hussein et vivant dans des conditions lamentables en Jordanie.


"Tous les réfugiés de la planète (à l'exception des Palestiniens) sont pris en charge par le Haut Conseil aux Réfugiés des Nations unies (UNHCR). Un staff de 10 966 cadres et employés tente de porter secours à 65,6 millions de victimes, depuis le Congo jusqu'à Myanmar. L'UNRWA quant à elle déploie 30 627 exécutifs et 21 571 chargés d'éducation pour s'occuper des descendants de « réfugiés » palestiniens, dont le nombre quoiqu'en inflation à cause de la nature perverse du système, reste dix fois inférieur à celui de tous les autres déplacés. Autrement dit, chaque bénéficiaire reçoit une aide en assistance humaine et en argent environ 50 fois supérieure à celle d'un Africain ou d'un Asiatique directement victime de persécutions !", rappelle Pierre Rehov.

L'UNHCR "travaille dans 130 pays avec une équipe de près de 11 000. En 2016, il a réinstallé 190 000 personnes. Depuis 1950, l'UNHCR a tenté de placer des réfugiés dans des situations nouvelles permanentes, alors que depuis 1950 l'UNRWA a avec son équipe d'environ 30 000 individus “aidé”  près de cinq millions Palestiniens “réfugiés” pour demeurer des “réfugiés.” L'UNRWA dispose d'un effectif triple de celui de l'UNHCR – mais aide moins de gens que les 17 millions de  réfugiés que l'UNHCR tente d'assister", a écrit Alex Benjamin, directeur de l'EIPA (Europe Israel Public Affairs), groupe pro-israélien bruxellois disposant de bureaux à Paris et Berlin (The Jerusalem Post, 21 janvier 2018). Il s'interroge sur la raison pour laquelle "les Etats-Unis donnent à l'UNRWA un montant double ou triple de celui de tous les donateurs Arabes réunis. Par exemple, l'immensément riche Qatar a donné un million de dollars à l'UNRWA en 2016".

Et Pierre Rehov de poursuivre : "Le budget annuel de l'UNRWA avoisine le milliard de dollars. Dont, nous l'avons vu, plus d'un tiers est financé par les USA. Mais il y a plus. Contrairement aux autres agences humanitaires onusiennes, celle en charge des descendants de réfugiés palestiniens dispose d'un fonds de pension et de retraite placé en bourse dans divers pays pour un montant de plus d'un milliard et demi de dollars. Ces chiffres astronomiques ne font que souligner et compléter plusieurs aberrations de l'UNRWA".

Selon l'UNRWA “un réfugié de Palestine est une personne dont le lieu de résidence habituelle était la Palestine entre juin 1946 et mai 1948 et qui a perdu à la fois son domicile et ses moyens de subsistance en raison du conflit israélo-arabe de 1948.» Clairement, tout travailleur immigré ou visiteur, quelle que soit son origine, pouvait entrer dans les statistiques de l'UNRWA et transmettre ce droit, dès lors qu'il pouvait justifier avoir passé ces deux dernières années à l'intérieur de ce qui était devenu Israël", observe Pierre Rehov.

"Interrogé sur ce sujet par l'auteur de cet article, le biographe d'Arafat et ancien conseiller de Saddam Hussein, Saïd Aburish, lui-même réfugié de la région du nord d'Israël, a révélé d'autres aberrations du même ordre :
«Dès lors que l'ONU les a pris en charge, les Palestiniens se sont mis à enterrer leurs morts la nuit, sans les déclarer, afin de se partager leurs rations. Ce qui fait que pendant près de 20 ans, le taux de mortalité officiel dans les camps était proche de zéro. De plus, il y avait beaucoup de mouvements entre les camps. Mais ces déplacements étaient rarement répertoriés, de sorte qu'un Palestinien pouvait apparaître dans plusieurs camps au même moment, multipliant ainsi les aides financières auxquelles il avait droit.»
"Mais dès qu'il s'agit de l'UNRWA, les termes employés pour décrire leur mission perdent rapidement leur sens. Par exemple, les banlieues de Djénine et de Ramallah, composées de petites maisons cossues, avoisinant quelques résidences surpeuplées, continuent d'être appelées «camps de réfugiés» alors que les tentes et les réchauds ont depuis longtemps été remplacés par des constructions en dur, le tout à l'égout et l'électricité", constate Pierre Rehov.

Exemple fourni par ce documentariste : "Dans les années soixante, l'administration israélienne avait développé un projet humanitaire destiné à l'auto-réhabilitation des réfugiés de Gaza. L'idée était simple: il s'agissait de construire des quartiers résidentiels modernes dans les terrains encore inexploités de l'enclave. Les 160 000 Palestiniens vivant alors dans des camps auraient obtenu des prêts gratuits, leur permettant d'accéder rapidement à la propriété, tandis que nombre d'entre eux auraient participé à la construction des unités, des infrastructures, des écoles et des hôpitaux, en échange d'un salaire qui leur permettrait de rembourser le prêt. La réaction ne se fit pas attendre. Yasser Arafat en appela immédiatement à la ligue arabe qui fit aussitôt pression sur les Nations unies, entraînant l'organisation à condamner Israël une fois de plus pour son initiative, et concluant sa résolution par l'injonction suivante « Renvoyez les réfugiés dans les camps ! » Le projet fut avorté après que seulement 7 500 Palestiniens ont pu en profiter".

Et Pierre Rehov relève : "Le 12 février 2017, l'ONG «UN WATCH» "a dénoncé auprès du secrétaire général des Nations unies Antonio Gutteres, la prise de position d'une quarantaine de responsables de l'UNRWA dont les pages Facebook font l'apologie du nazisme, vénèrent Hitler, appellent à l'extermination des Juifs, célèbrent le meurtre et l'enlèvement d'Israéliens, publient la propagande du Hamas à la gloire des «martyrs» et, plus généralement, refusent le droit à l'existence d'Israël, quelles que soient ses frontières".

"Pendant les guerres opposant Israël aux organisations terroristes qui dirigent Gaza, des roquettes étaient couramment tirées depuis les écoles de l'UNRWA, ou à proximité de ses hôpitaux. Les accès à plusieurs tunnels ont été creusés sous ses infrastructures. Des munitions ont été retrouvées dans un collège. Évidemment, interrogés sur ce point, les responsables de l'UNRWA se sont empressés de condamner l'intolérable utilisation de leur neutralité à des fins guerrières. Ce qui n'a pas empêché l'UNRWA de rendre au Hamas les roquettes et autres mortiers trouvés dans ses infrastructures…", a déploré Pierre Rehov.

Et de conclure : "Plusieurs reportages vidéo conduits par le Center For Near East Policy auprès d'élèves d'écoles de l'UNRWA sont encore plus inquiétants. Aucun enfant, interrogé sur ce point, ne reconnaît le droit à l'existence d'Israël. Tous, filles comme garçons, rêvent de devenir un jour des martyrs à la cause palestinienne, certains affirment sans honte que leur plus grand souhait est de tuer des Juifs. Interrogés sur la source de leur motivation, la plupart répondent que leurs enseignants leur ont appris l'histoire de leur pays «volé par les Juifs ».

Discours biaisé de Karen Abu Zayd

En 2009, Karen Abu Zayd, commissaire générale de l'UNRWA a donné une conférence de presse au CAPE (Centre d’accueil de la presse étrangère), à Paris. Après avoir imputé au « blocus et à l’occupation » la vie difficile des Gazaouis, elle a dressé un parallèle révisionniste entre l’Opération Plomb durci et la Shoah. Elle a souvent et délibérément exprimé le narratif palestinien comme la réalité. 

Le 15 octobre 2009, je me pressais pour assister à la conférence de presse de Karen Abu Zayd, commissaire générale de l'UNRWA, à Paris.

Zut, j’arrivais en retard.

Les rangs étaient clairsemés.

Le ton grave, Karen Abu Zayd alertait sur le déficit de sept millions de dollars du « budget couvrant les dépenses générales » de l’UNRWA, qui a 29 000 employés et est responsable de « 4,6 millions de réfugiés au Liban, en Syrie, en Jordanie, dans les territoires occupés ».

Karen Abu Zayd espérait obtenir un engagement du gouvernement français pour ses actions. Elle recherchait aussi des partenaires, publics et privés.

Pendant environ 25 minutes, elle a souvent imputé à l’Etat d’Israël, « au blocus, à l’occupation », les problèmes des Gazaouis. 

Les dommages aux bâtiments de l’UNRWA ? « Israël est prêt à payer des compensations, en particulier pour la destruction de notre entrepôt, mais il faut que notre rapport soit vérifié par les assureurs responsables de l’évaluation des dommages ». Les destructions sont « limitées à 37 écoles et 11 cliniques, et ne sont pas des destructions importantes, donc nous avons été capables de les réparer ». Si l’UNRWA est indemnisée, « ce sera un précédent qui nous aidera pour aborder les questions liées aux conséquences de l’Intifada ».

Noha Rashmawi, collaboratrice à la délégation de l’Autorité palestinienne (AP) à Paris, s’enquérait : l’UNRWA va-t-elle poursuivre judiciairement Israël ? « Non », répondait Karen Abu Zayd expliquant que telle n’est pas la mission de l’UNRWA. Et de renvoyer aux ONG « en Israël et en Palestine ».

Karen Abu Zayd insistait sur l’impact de la guerre sur le fonctionnement de l’UNRWA. « Nous sommes un peu privilégiés dans la mesure où Israël souhaite que nous restions sur place et nous permet de continuer à fonctionner… Nous avons pu obtenir tout le matériel nécessaire pour organiser nos « jeux d’été » ». Ravie, elle racontait que les enfants de Gaza « sont entrés dans le livre Guiness des records car ils ont réussi à avoir, à un moment donné, en l’air, 3 167 cerfs-volants avec des messages de paix ».

Je posais la dernière question. Quid des manuels scolaires utilisés dans les écoles gérées par l’UNRWA et du futur enseignement de la Shoah ?

Karen Abu Zayd indiquait que, respectant « un accord signé avec l’UNESCO voici 60 ans, l’UNRWA utilise les manuels scolaires déterminés par les autorités locales : Liban, Syrie, Jordanie, Cisjordanie et Gaza. L’UNRWA prodigue aussi un enseignement complémentaire, négocié avec les ministères de l’Education de chacun des pays concernés, de la tolérance, aux droits de l’homme et à la résolution des conflits. C’est particulièrement important à Gaza, qui vit ce conflit sous occupation, et que les enfants palestiniens connaissent leurs droits ». Quant à l’enseignement de la Shoah, « les gens sont préoccupés de savoir que leurs enfants vont apprendre la Shoah alors qu’ils ont vécu cette guerre horrible en janvier et que tous leurs droits de la Déclaration universelle des droits de l’homme sont violés. Ils se posent des questions. Nous allons préparer le programme en discutant avec les professeurs d’universités qui nous conseillent, les parents, les groupes chargés des droits de l’homme ».

Plus le temps de relancer la question : la conférence était terminée.

Je m’avançais vers Karen Abu Zayd pour l’interroger sur ce parallèle choquant entre la Shoah et la situation des Gazaouis. Un autre journaliste avait priorité. Je m’éloignais donc.

Soudain, j’étais interpellée par Noha Rashmawi, mécontente. Elle justifiait ce parallèle avec la Shoah, alléguait un génocide contre les Palestiniens. Je l’interrogeais : « Combien de morts ? » Un génocide suppose aussi une intention. Réponse : « Une seule mort est de trop ». « Cela n’est pas la définition juridique du génocide », lui dis-je. « C’est ma définition ! », me rétorquait-elle. A ses côtés, une journaliste du groupe public France Télévisions demeurait curieusement silencieuse.

J’invitais Karen Abu Zayd à s’expliquer sur son parallèle avec la Shoah. Elle répondait, sèchement : « Si vous viviez à Gaza et si vous aviez connu les 22 jours de la guerre, c’est ce que vous auriez à l’esprit ». Et elle s’éloignait.

Karen Abu Zayd, qui prendra prochainement sa retraite, a souvent exprimé le narratif palestinien anti-israélien en occultant le rôle du Hamas.

Ainsi, elle a imputé à Israël de nombreux problèmes des Gazaouis sans dire un mot sur le désengagement israélien de la bande de Gaza  en 2005 ou sur le Hamas, qui dirige la bande de Gaza, avait notamment saisi trois de ses ambulances à l’été 2009, ni sur la florissante économie des tunnels notamment pour la contrebande d’armes, ni sur la belle vie estivale sur les plages de Gaza.

Il était curieux que l’UNRWA minorât l’aide israélienne à Gaza, n’évoquât pas au moins le rôle du Hamas dans les destructions de ses bâtiments et l’obligation du mouvement terroriste islamiste à participer à cette indemnisation. En effet, le Hamas a utilisé les civils israéliens comme cibles, ce qui explique la réponse militaire israélienne, les civils gazaouis comme boucliers humains - ce qui constitue des crimes de guerre - et les bâtiments de l’UNRWA comme lieux de tirs vers les Israéliens ou de stockage d’armes, ce qui en fait des « cibles militaires légitimes ».

Le cerf-volant ? Symbole de liberté, emblème de la circulation dans un espace sans entrave au contraire de « Gaza, prison à ciel ouvert », c’est un thème privilégié de la propagande anti-israélienne, de films en expositions.

Last but not least, ce parallèle infamant entre la situation des Gazaouis et la Shoah. Karen Abu Zayd l’avait déjà allégué le 7 octobre 2009 à l’AFP-Jérusalem, sans semble-t-il être contesté. Infondé, nazifiant les Israéliens, ce parallèle était omniprésent dans les défilés de la « rue arabe » pro-Hamas lors de l’opération Plomb durci pour exiger boycott et condamnation de l’Etat juif par l’ONU et par la Cour pénale à La Haye (Pays-Bas). Il avait été utilisé notamment dans une conférence organisée par le Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien (CEIRPP) au siège de l’UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), à Paris, en avril 2008.

Il est choquant et grave que la commissaire-générale de la controversée UNRWA avalise cette comparaison infamante révisionniste, dissimulant les  raisons pertinentes de l’opération Plomb durci contre le Hamas ainsi que le comportement éthique de Tsahal, et occultant l'aide économique et humanitaire d'Israël aux Gazaouis. De quoi s’interroger sur la manière dont sera enseignée la Shoah dans les écoles gérées par l’UNRWA.

Ce parallèle récurrent de la propagande palestinienne poursuivait une autre finalité : désolidariser les juifs de diaspora d’Israël. S’ils ne le font pas, alors pour l’opinion publique, ils ne valent pas mieux que les Israéliens, et les agressions antisémites sont justifiées. Et « que ces juifs ne viennent pas s’en plaindre et réclamer protection et justice ! », s’exclamera cette opinion publique. Ce parallèle tend également à marginaliser au sein de leur pays les juifs de diaspora solidaires d’un Etat juif diabolisé et à les éloigner de leurs concitoyens sensibles à une propagande anti-israélienne éhontée.

Enfin, ce discours, qui occulte l’aide d’Israël aux Palestiniens et ternit l’image d’Israël, était destiné à apitoyer l’opinion publique via les médias, à justifier des demandes récurrentes d’aide financière et à dissimuler l’importante manne financière dont la communauté internationale a gratifié les réfugiés palestiniens depuis environ 60 ans. Et à éviter de s’interroger sur la pertinence de l’existence de l’UNRWA, alors que le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR ou HCR) existe. L’UNRWA est en effet critiquée pour son inefficacité à résoudre le « problème des réfugiés palestiniens » au statut héréditaire et pour les liens entre des bâtiments et employés de l’UNRWA et des organisations terroristes.

Karen Abu Zayd a agi délibérément. Ainsi, le 2 novembre, présentant son dernier rapport à la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) des Nations unies – le mandat de Karen Abu Zayd arrive à échéance en décembre 2009 -, elle a reconnu qu’elle n’employait pas le terme « blocus » dans « son sens juridique ».

L’expression par une instance onusienne, dont on attend la neutralité, du narratif palestinien, jusque dans le révisionnisme, demeure inquiétante.

Faran Haq
Le 16 octobre 2015, UN Watch a interrogé Faran Haq, porte-parole de Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, sur son rapport prouvant que des membres du personnel de l'UNRWA exhortent les Palestiniens à poignarder les Juifs israéliens. Il a déploré la stratégie de déni et de d'ajournement de décision de l'ONU.

Mohammad Assaf
Mohammad Assaf, chanteur vainqueur du concours Arab Idol, nommé premier “Regional Youth Ambassador for Palestine Refugees” (Ambassadeur régional de la jeunesse pour les réfugiés palestiniens" par l'UNRWA, est né en 1989 en Libye de parents venant de la Palestine mandataire.

Quatre ans plus tard, la famille Assaf s’est installée à Gaza. Mohammad Assaf a grandi dans le camp de réfugiés de Khan Younis, et y est scolarisé dans une école élémentaire de la controversée l’UNRWA (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees), dont les manuels scolaires incitent à la haine des Juifs.

En 2013, alors que le « printemps arabe » a éclipsé la « cause palestinienne », la deuxième édition du concours télévisuel Idole arabe (Arab Idol), diffusé par MBC (Middle East Broadcasting), a permis à Mohammad Assaf de rappeler opportunément aux télespectateurs arabes que cette cause perdurait, et de la cimenter autour d’elle. Surmontant les difficultés, il s’est présenté aux auditions en Egypte.

Le 19 avril 2013, il a chanté « Ya Teir al-Tayir », « Oh Flying Bird ». Eloge de la Palestine, cette chanson évoque un oiseau adressant ses souhaits aux « réfugiés » de Palestine  des lieux qu’il survole. Quasiment tous ces lieux sont israéliens : Jaffa, Tibériade, Saint-Jean d'Acre (Acco), Haïfa, Beit Shean, Safed, la Galilée, le Neguev :

« Oh flying bird, circling around
[oh, toi l’oiseau qui vole et tournoie]
by Allah, oh traveling bird, I burn with envy
[par Allah, toi l’oiseau qui voyage, je brûle d’envie]
My country Palestine is beautiful.
[Mon pays de Palestine est beau]
Turn to Safed, and then to Tiberias,
[Tourne-toi vers Safed et puis vers Tibériade]
and send regards to the sea of Acre and Haifa.
[Et salue la mer d’Acre et Haïfa]
Don’t forget Nazareth – the Arab fortress,
[N'oublie pas Nazareth – la forteresse arabe]
and tell Beit Shean about its people’s return.
[Et dis à Beit Shean que son peuple va revenir]
Oh flying bird, circling around…
by Allah, oh traveling bird, I burn with envy.
My country Palestine is beautiful… 
Go to Jenin and bring me from its valley
[Va à Jenine et ramène-moi depuis sa vallée]
Greeting to Nablus, Tulkarem and their soil.
[Saluant Naplouse, Tulkarem et la terre]
Drink the water of Jaffa’s port,
[Bois l’eau au port de Jaffa]
Do not forget Ramle and Ramallah.
[N’oublie pas Ramla et Ramallah] 
Oh flying bird, circling around
by Allah, oh traveling bird, I burn with envy.
My country Palestine is beautiful. »

Ce qui signifie l’élimination d’Israël supplantée par la « Palestine ».
  
Pour sa dernière performance, Mohammad Assaf a choisi « Ali al-Kuffiyeh  » (Brandis le keffieh), une chanson palestinienne nationaliste. Il a exhorté les Palestiniens à le porter et à s’unir. Il a donc associé un accessoire symbolique, le keffieh, à un message visant à surmonter l’antagonisme entre Hamas et Fatah. Des centaines de milliers de Palestiniens ont suivi sa prestation.

Le 22 juin 2013, Assaf a été déclaré vainqueur d’Arab Idol. Une victoire qu’il a dédiée aux « martyrs » et aux prisonniers palestiniens, et qui a été saluée avec enthousiasme par la « rue palestinienne ». Il a recueilli les suffrages du jury et du public. Fut comparé au chanteur égyptien Abdel Halim Hafez. Et obtint une couverture des médias internationaux.

« Je ne peux pas séparer mon art de mon attitude patriotique », a déclaré Assaf, qui a reconnu avoir été inspiré par Samer Issawi, membre du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) et libéré avec 1027 autres terroristes lors de l’échange en vue de la libération de Guilad Shalit en 2011. Il a stigmatisé l’occupation israélienne de la Judée et de la Samarie.

Le succès de Mohammad Assaf a inspiré en 2015 le réalisateur Hany Abu-Assad qui réalisa The Idol, en gommant le message politique revendiqué par Assaf. Un film bien accueilli par la presse française, notamment juive.

"Fauxtographie"
En juin 2017, lors d'une collecte de fonds, l'UNRWA a publié la photographie d'une enfant syrienne près d'un bâtiment en ruines en la présentant comme fille palestinienne près des vestiges d'un immeuble détruit par des bombardements israéliens. La photographie était ainsi légendée par l'UNRWA :
"Imagine being cut off from the world – for your whole life. That’s reality for children like Aya. The blockade of Gaza began when she was a baby, the occupation in the West Bank before her parents were born. Now she is eleven, and the blockade goes on.
Aya’s childhood memories are of conflict and hardship, walls she cannot escape, and the fear that the only home she knows, however tiny, could be gone when she returns from school.
This Ramadan, please help support children like Aya who have known nothing but conflict and hardship. Donate here: http://buff.ly/2qgsP0Y#forPalestinerefugees".
Une "fauxtographie" dénoncée par UNWatch qui a trouvé cette image dans les pages du site Internet de l'UNRWA consacrées à la Syrie et assortie de cette légende : "A young girl stands in the rubble of Qabr Essit, near Damascus. In 2014, UNRWA was able begin rebuilding facilities within the neighbourhood, including a school and community centre © 2014 UNRWA Photo by Taghrid Mohammad".

Président Donald Trump
Le budget annuel de l'UNRWA s'élève à 600 millions de dollars, dont environ 250 millions proviennent des Etats-Unis. Ceux-ci ont contribué depuis 1949 à hauteur de 4,4 milliards de dollars.

En janvier 2018, le Président Donald Trump a décidé de couper 65 millions à l'aide américaine destinée à l'UNRWA. En 2016, les Etats-Unis ont transféré plus de 368 millions de dollars à l'UNRWA.

Le 4 janvier 2018, l'éditorialiste Caroline Glick a lié l'UNRWA, le Hamas et l'Iran :
"If Iran is Hamas’s greatest state sponsor, UNRWA is its partner. UNRWA is headquartered in Gaza. It is the UN’s single largest agency. It has more than 11,500 employees in Gaza alone. UNRWA’s annual budget is in excess of $1.2 billion. Several hundred million each year is spent in Gaza.
The US is UNRWA’s largest funder. In 2016, it transferred more than $368m. to UNRWA.
For the past decade, the Center for Near East Policy Research has copiously documented how UNRWA in Gaza is not an independent actor. Rather it is an integral part of Hamas’s regime in Gaza.
UNRWA underwrites the jihadist regime by paying for its school system and its healthcare system, among other things. Since 1999, UNRWA employees have repeatedly and overwhelmingly elected Hamas members to lead their unions.
In every major missile campaign Hamas has carried out against Israel since the group seized control of the Gaza Strip in 2007, UNRWA facilities have played key roles in its terrorist offensives. Missiles, rockets and mortars have been stored in and fired from UNRWA schools and clinics.
UNRWA teachers and students have served as human shields for Hamas missile launches against Israel.
UNRWA ambulances have been used to ferry weapons, including mortars, and terrorists.
UNRWA officials have served as Hamas mouthpieces in their propaganda war against Israel.
In the UNRWA school curriculum, the overwhelming message in nearly every class, and nearly every textbook, is that students should seek martyrdom in jihad against Israel. They should strive to destroy the Jewish state.
Hamas’s youth group, which provides children’s military training and jihadist indoctrination, gathers at UNRWA schools.
Despite repeated demands by the US Congress, and the passage of US laws requiring UNRWA to bar Hamas members from working for the agency, UNRWA administrators have insisted for more than a decade that they have no way to conduct such screening. Yet rather than cut off US funding for the agency, successive US administrations have increased funding for UNRWA every year.
Given all of this, Hamas is comfortable using Iran’s $100m. to build attack tunnels and missile launchers, because it trusts that the US and other UNRWA donor countries will continue to underwrite its regime through UNRWA.
If the US cuts off its assistance, then at least some of Iran’s money will have to be diverted to teachers’ salaries.
Hamas’s recently escalating rocket attacks on Israel may be happening because Iran wishes to deflect international attention away from its plan to brutally suppress the anti-regime protesters at home.
So the more Hamas is financially squeezed by the US and other UNRWA funders, the more likely any Hamas-Iran war plans being advanced now will be placed on the back burner".
"Tout en soutenant avec enthousiasme les objectifs politiques de Trump", le géopoliticien Daniel Pipes a suggéré en janvier 2018 "que la rétention des fonds n'est pas la bonne stratégie. Il serait préférable de se concentrer sur le statut de « réfugié palestinien ». Le fait de refuser ce statut à toute personne ne répondant pas à la définition classique d'un réfugié selon le gouvernement américain (à savoir être âgé d'au moins 69 ans, être apatride et vivre hors de Cisjordanie et de Gaza), diminuerait la pression irrédentiste qui pèse sur Israël de plus de 99%. Cela remettrait également en cause le statut de « réfugié palestinien », permettrait à des millions de Palestiniens de vivre plus sainement, désamorcerait l'antisionisme arabe et aiderait à résoudre le conflit israélo-arabe. Par conséquent, je propose que le président adapte la politique américaine pour travailler avec Jérusalem et continue à envoyer de l'aide aux Palestiniens tout en la subordonnant à la reconnaissance formelle par l'écrasante majorité des bénéficiaires du fait qu'ils ne sont pas et n'ont jamais été des réfugiés".

"And now, reports that the administration is considering holding the UN’s Palestinian refugee agency UNRWA to the same definition of “refugee” as the Office of the UN High Commissioner for Refugees means another Palestinian high card is in danger. If Trump carries out his threat, then the only Palestinians who will be eligible for refugee status will be the 20,000 Palestinians who left Israel between 1947 and 1949. In one fell swoop, Trump would wipe out the Palestinian demand to destroy Israel through mass immigration of five million foreign-born Arabs to its territory – in the framework of peace", analyse Caroline Glick (The Jerusalem Post, 1er février 2018).


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Cet article a été publié le 19 novembre 2009, puis le 20 octobre 2015.

2 commentaires:

  1. L onu EST DISCREDITEE DEPUIS LONGTEMPS;
    Le problème est comment neutraliser le pouvoir de nuisance de ce machin!

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  2. La delegitimation de l etat Juif existe depuis plus trop longtemps , ce sont toujours les memes populations de l europe et autres pays dans le monde qui y contribuent , les " palestiniens " sont les meilleurs fers de lance contre Israel
    Car leur narratif sert a dedouaner leur culpabilite pendant la shoah et leurs innombrables massacres commis pendant des siecles !
    La negation d Israel a encore de beaux jours .

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