jeudi 30 mars 2017

« Opération Barbie. Affaire d’Etats », de Bertrand Delais


Arte a rediffusé « Opération Barbie. Affaire d’Etats », documentaire de Bertrand Delais. Révélant des informations inédites, ce film relate l'enquête, la traque de dix ans nécessaire à l’arrestation en Bolivie, l’expulsion, puis au procès en France de Klaus Barbie (1913-1991), « boucher de Lyon » - une expression portant atteinte à la réputation des bouchers. Le Mémorial de la Shoah va présenter l'exposition Le procès Klaus Barbie. Lyon, 1987. 


Le chef de la section IV (SIPO-SD, Sicherheitspolizei und Sicherheitsdienst) des services de la police de sûreté allemande aux Pays-Bas, à Lyon, l’un des Nazis les plus actifs contre le ghetto d’Amsterdam, le tortionnaire de Jean Moulin, ancien préfet de la République, chef du Conseil national de la Résistance et Délégué général du général de Gaulle, l’organisateur de rafles de 44 enfants de la maison d’Izieu, le 6 avril 1944, fait permettant de le juger en France en 1987 pour crime contre l’humanité… C’est Klaus Barbie (1913-1991).

Une longue traque 
A la Libération de la France, Klaus Barbie se rend en Allemagne. Il est recherché par les Alliés – Etats-Unis, France - pour ses crimes de guerre.

En 1947, Barbie entre dans le réseau Peterson dirigé par Kurt Merk, et soutenu financièrement par le CIC (Counter Intelligence Corps) de l’Armée américaine.

Dès 1948, la France demande l’extradition de Klaus Barbie. Refus du CIC : pendant la Guerre froide, l’expérience acquise sous l’Occupation par Barbie dans la lutte contre les résistants communistes s’avère un atout.

En 1951, la police allemande l’accuse de vol. Grâce à de nombreux appuis (CIA, prêtre catholique Krunoslav Draganović), Barbie échappe de nouveau à tout procès et se réfugie en Argentine au terme d’un périple qui le mène à Vienne où il bénéficie de l’aide de Kurt Waldheim, Milan, Rome, puis Gênes.

En 1952 et 1954, Barbie est condamné par contumace, à la peine de mort, dans les procès visant René Hardy, soupçonné d’avoir trahi Jean Moulin.

En Bolivie, dont il acquiert la nationalité, Barbie prend le nom de « Klaus Altmann ». Directeur d’une entreprise d’exploitation de bois, Barbie dirige une compagnie maritime (1966-1971) et effectue le trafic de drogues et d’armes pour des dictatures militaires sud-américaines.

Dès 1964, Barbie collabore avec l’armée bolivienne. Il met de nouveau au service des pouvoirs politiques successifs, en particulier au Pérou, son expertise en matière de recherche d’opposants politiques et de torture.

En 1966 et 1967, Barbie aurait aussi été un agent du Service de renseignement de la République fédérale d’Allemagne (RFA) sous le nom d’Adler.

En 1961, la police ouest-allemande repère Barbie en Bolivie, et en 1969 connaît son nom d’emprunt. C’est à l’initiative de Beate Klarsfeld que le dossier n’est pas classé.

Le 18 février 1972, Beate Klarsfeld affirme que Klaus Altmann et Barbie ne sont qu'un seul et même individu. Toujours en 1972, TFl diffuse l’interview, en Bolivie, par le journaliste Ladislas de Hoyos de Klaus Altmann, qui nie être Barbie. Mais ses empreintes digitales le trahissent et prouvent sa réelle identité.

Régis Debray et ses amis survivants de la guérilla, dont Gustavo Sanchez, militant d'extrême gauche en Bolivie, tentent d'organiser l'enlèvement de Barbie/Altmann, "symbole de l'oppression nazie et sur les peuples d'Amérique latine". Debray rencontre le couple Klarsfeld. Celui-ci veut traduire devant la justice l'ancien dirigeant nazi, et non un "règlement de compte". Serge Klarsfeld réunit les fonds, utilise un "faux" passeport prêté par un ami. Direction : la Bolivie. Klarsfeld remet l'argent aux "apprentis agents". Barbie est caché dans la "prison dorée" de San Pedro par les autorités boliviennes.

18 février 1973. La demande d'extradition de la France est rejetée par la Bolivie. Barbie est libéré.

Une amie des Klarsfeld entre dans le cercle d'amis de Barbie et le surveille. Pendant dix ans, Barbie continue de mener ses affaires sans être inquiété.

En février 1982, un émigré bolivien annonce au couple Klarsfeld son intention du tuer Barbie. Mais il renonce à son projet en espérant la fin de la dictature militaire. Peu après la Bolivie et la France sont présidées par un président de gauche.  C'est la "période romantique" du début de la présidence de François Mitterrand.

Conseiller du Premier ministre Pierre Mauroy sous la présidence de François Mitterrand, ambassadeur, né à Béziers, né de parents espagnols républicains, Bernard Garcia, suggère une collaboration entre les deux pays afin de récupérer le criminel de guerre Barbie. « Il était nécessaire de le renvoyer devant la justice. Et surtout, qu'il ne meure pas dans son lit, comme d'autres », se souvient Bernard Garcia. Échanger Barbie contre des armes : un marché longtemps tenu secret.

Encouragé par Gaston Defferre, Garcia contacte alors Régis Debray, chargé de mission pour les relations internationales auprès de l'Élysée. Serge Klarsfeld renoue avec Régis Debray qui rédige une note au Président Mitterrand. Une réunion interministérielle décide d'une rencontre entre le président bolivien Zuazo et Garcia afin de proposer ce marché, et présenter Barbie à un juge à Cayenne. Contre Barbie, le président Zuazo demande "un équipement sérieux pour la police". Un accord est conclu entre les autorités au plus haut niveau des deux pays. Le 5 novembre 1982, Christian Riss, juge d'instruction, lance un mandat d'arrêt international. Refus surprenant d'Interpol. Influence de Kurt Waldheim ?

Robert Badinter, ministre de la Justice, est favorable à un procès de Barbie. Malgré le soutien du Premier ministre socialiste Pierre Mauroy, le Président Mitterrand hésite, est "embarrassé". Crainte de voir renaître les dissensions de l'Occupation ? "Mitterrand a un grand sens de l'Histoire. Il mesurait que ce serait le procès des criminels contre l'humanité. Ce serait porter à son crédit", analyse Robert Badinter.

La CIA évalue la transaction d'armes françaises à 10 millions de francs. Les "Etats-Unis décident de ne plus soutenir les dictatures d'Amérique latine de plus en plus liées au cartel de la drogue".

La demande d'extradition d'un juge allemand court toujours. La RFA ne souhaite pas un procès de Barbie sur son sol. 

Le 4 février 1983, Barbie, colonel honoraire des renseignements en Bolivie, est expulsé vers la France, après avoir été emprisonné pour une dette fiscale en janvier 1983. Sans mandat d'arrêt ni demande d'extradition. Pour tromper les soutiens de Barbie, un faux "Barbie" est mené en voiture jusqu'à l'aéroport. Barbie croit que l'avion le transportant l'amènera en Allemagne, "où il pense ne rien avoir à craindre". Il demeure "arrogant, loquace" avec le journaliste Carlos Soria Galvarro qui l'interviewe lors du trajet. "Il n'a eu aucun signe de regret" à l'égard de ses actes lors de la Deuxième Guerre mondiale, se souvient ce journaliste.

Après sept heures de vol, l'Hercule bolivien se pose sur l'aéroport de Cayenne, en Guyane française. Barbie est stupéfait. Le procureur lui signifie son mandat d'arrêt.

En France métropolitaine, Barbie est détenu, selon la volonté de Robert Badinter, à la prison de Montluc, là où a été torturé Jean Moulin pendant deux jours.

L'instruction débute. Il y a prescription pour la mort de Jean Moulin. Barbie ne peut être poursuivi que pour des crimes pour l'Humanité. Klarsfeld retrouve l'original de l'ordre de l'arrestation des enfants Juifs d'Izieu - le plus jeune enfant avait quatre ans -. D'autres crimes sont révélés, dont la rafle de la rue Sainte-Catherine au cours de laquelle le père de Robert Badinter a été arrêté. "En voyant l'ordre de déportation de son père, je mesure que l'abolition de la pine de mort concernait au premier chef l'assassin de mon père. Je me suis interrogé à ce sujet Ce que j'ai appris au long de cette affaire : l'abolition correspondait à ce qu'il était", déclare d'une voix émue Robert Badinter.

Le 11 mai 1987 « débute à Lyon le procès de Klaus Barbie, accusé de crimes contre l'humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale. Détenu au fort Montluc d'où il avait ordonné les exactions contre les Juifs et les résistants, l'ancien chef de la Gestapo est condamné à la réclusion à perpétuité. Mais pour en arriver à ce procès hors norme, dix ans de traque et d'intrigues entre États ont été nécessaires. La colère de citoyens, de journalistes et de conseillers politiques qui refusaient de voir Barbie en liberté aura finalement eu raison du « boucher de Lyon ».

En 1987, à l’issue d’un procès se déroulant sur 37 jours d’audience (11 mai-4 juillet 1987) au cours desquels sont entendus 107 témoins et experts, plaident 39 avocats de parties civiles, trois avocats, dont Me Jacques Vergès, pour le prévenu, la cour d’assises du Rhône installée au palais de justice de Lyon, présidée par André Cerdini - Pierre Truche représentant le ministère public - condamne Klaus Barbie à la réclusion criminelle à perpétuité pour crimes contre l’Humanité : rafles de 86 personnes au siège de l'UGIF (Union générale des israélites de France), sis au 12, de la rue Sainte-Catherine le 9 février 1943 et d’Izieu le 6 avril 1944, déportation de plus de six cents Juifs et résistants dans le convoi du 11 août 1944. Une double première : le procès d’un dirigeant nazi en France, filmé (145 heures).

Simone Lagrange
Simone Lagrange avait témoigné lors du procès de Barbie. Elle était née dans une famille juive originaire du Maroc, du nom de Kadoshe. La famille Kadoshe s'était fixée dans les années 1930 à Saint-Fons (métropole de Lyon). À l'âge de 13 ans, Simone "avait été arrêtée avec ses parents au domicile familial sur dénonciation le 6 juin 1944. Conduits dans les locaux de la Gestapo à Lyon, fille et parents avaient été interrogés et torturés par son chef Klaus Barbie, surnommé « le boucher de Lyon », qui voulait savoir où étaient cachés les plus jeunes des enfants de la famille". Détenues à Montluc, Simone et sa mère "avaient été transférées à Drancy le 23 juin, puis déportées sept jours plus tard vers le camp d'Auschwitz-Birkenau par le convoi n° 76. Mère et fille avaient été sélectionnées à leur arrivée pour le travail dans le camp des femmes de Birkenau, mais la mère de Simone avait été gazée dès le 23 août. Son père avait été déporté par le convoi parti de Lyon le 11 août 1944, avec deux des enfants de sa fille aînée âgés de 5 et 7 ans. Seule Simone avait survécu au travail forcé et aux marches de la mort, au cours desquelles son père fut tué sous ses yeux le 19 janvier 1945. De retour en France fin mai 1945, elle retrouva ses jeunes frère et sœur qui avaient été cachés dans une institution religieuse".

Simone Kadoshe, devenue ensuite Simone Lagrange, a été "un des témoins clés du procès de Klaus Barbie, tenu à Lyon en 1987". « Barbie a tiré sur la résille qui retenait mes longs cheveux blonds. Ils se sont déroulés, il a tiré dessus de toutes ses forces et j'ai reçu la première paire de gifles de ma vie. Mon père a tenté de s'interposer, on lui a mis un revolver sur la tempe », expliquait Simone Lagrange. Elle a aussi retranscrit ses souvenirs dans des livres, témoigné dans les établissements scolaires et transmis son expérience de l'horreur de l'espace concentrationnaire nazi dans un documentaire sur France 2 intitulé Moi petite fille de 13 ans: Simone Lagrange témoigne d'Aushwitz (2010). Elle est morte le 17 février 2016 à l'âge de 85 ans à Grenoble, en Isère. 

Grâce à des archives du ministère français des Affaires étrangères, des services secrets de l’ex-République fédérale allemande, et du ministère américain de la Justice, aux témoignages d’acteurs contribué à l'arrestation de Klaus Barbie, aux interviews de Serge et Beate Klarsfeld, qui avaient échoué à enlever Klaus Barbie, ainsi que de Robert Badinter, alors ministre de la Justice, Régis Debray, le « voile se lève sur les dix années de traque et d'intrigues entre Etats qui ont été nécessaires pour aboutir au procès de l'ancien nazi ».

A quand un documentaire sur une chaîne publique française sur le rôle du ministère français des Affaires étrangères, soucieux de la « politique arabe » de la France, dans la fuite en mai 1946 vers l’Egypte, après un séjour très agréable d’un an à Paris et dans sa banlieue, du grand mufti de Jérusalem Mohamed Amin al-Husseini, éminent collaborateur des Nazis, alors que la Grande-Bretagne et la Yougoslavie voulaient le juger pour crimes de guerre ?

Les 10 mai 2016 à 21 h 40, 12 mai à 18 h 15, 13 mai à 12 h 35, 15 mai à 23 h 23, Toute l'Histoire diffusera Opération Barbie, affaire d'Etats, documentaire de Bertrand Delais (2014, 52 min) : "Le 11 mai 1987 débute à Lyon le procès de Klaus Barbie, accusé de crimes contre l'humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale. Détenu au fort Montluc, d'où il avait ordonné les exactions contre les juifs et les résistants, l'ancien chef de la Gestapo est condamné à la réclusion à perpétuité. Mais pour en arriver à ce procès hors norme, dix ans de traque et d'intrigues entre États ont été nécessaires. La colère de citoyens, de journalistes et de conseillers politiques qui refusaient de voir Barbie en liberté aura finalement eu raison du «boucher de Lyon ».

La maison d'Izieu
Après la visite du Président François Mitterrand le 24 avril 1994 pour l'inauguration de la Maison d'Izieu-Mémorial des enfants Juifs assassinés (Ain), lieu (Ain), lieu de la rafle du 6 avril 1944, à l'initiative de Klaus Barbie et exécutée par la Gestapo, de 41 enfants Juifs âgés de quatre à dix-sept ans, et de sept adultes Juifs vers les camps nazis de la mort, le Président François Hollande s'est rendu le 6 avril 2015 dans ce lieu pour y inaugurer une extension. En 1944, cette maison était dirigée par Sabine Zlatin, qui a survécu, et Miron Zlatin. Le enfants et adultes Juifs raflés ont été assassinés dans les camps d'Auschwitz-Birkenau (Pologne) et de Reval (Estonie). Le Président était accompagné par Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Éducation nationale, et par Jean-Marc Todeschini, secrétaire d'État chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire. L'extension de la maison s'était avérée nécessaire pour accueillir les 26.000 visiteurs qui s'y recueillent chaque an, dont de nombreuses classes et leurs enseignants.

« Je suis là pour les enfants d'Izieu, et pour les 11.000 enfants et les 64.000 adultes déportés en France pendant la Seconde guerre mondiale. Je suis là pour eux et tous les enfants martyrisés partout dans le monde, victimes du fondamentalisme religieux qui s'empare des peurs, au Kenya, en Syrie, en Irak, où des hommes, des femmes, des enfants sont pourchassés en raison de leurs traditions et de leur religion. Tous les aspects de notre passé doivent être enseignés dans nos établissements scolaires. La barbarie n'a pas d'âge, de limite et de couleur. Le repli et l'isolement sont toujours des poisons mortels pour une nation. Dans notre civilisation de l'image, tout doit être fait pour que la mémoire trouve sa place. L'école doit s'ouvrir aux témoins, aux artistes, aux scientifiques et lutter contre les préjugés.Tous les aspects de notre passé doivent être enseignés dans nos établissements scolaires : l'esclavage, la colonisation, la Shoah », a déclaré le Président de la République François Hollande.

Juifs originaires de Pologne et de Russie, Sabine et son époux Miron Zlatin sont arrivés en France dans les années 1920 pour fuir l'antisémitisme. Ils ont obtenu leur naturalisation en  1939. En mai 1943, aidés par Pierre-Marcel Wiltzer, sous-préfet de Belley, ils ont installé à Izieu (Ain), une « colonie d'enfants réfugiés ». Là, dans cette zone sous occupation italienne, ils ont hébergé une centaine d'enfants orphelins. La colonie d'Izieu a accueilli une centaine d'enfants orphelins. Le 8 septembre 1943, l'Italie capitule ; "les départements occupés jusque-là par les Italiens passent sous la férule nazie. Sabine Zlatin comprend alors qu'il faut disperser les enfants mais elle n'y parviendra pas à temps.

Le 6 avril 1944, un détachement de la Wehrmacht et une voiture de la Gestapo lyonnaise, dirigée par Klaus Barbie, débarquent et emportent 45 enfants et 7 adultes.  Le télex signé par Klaus Barbie, le 6 avril 1944, annonce l'arrestation des enfants d'Izieu et ordonne leur transfert à Drancy: « Ce matin, la maison d'enfants juifs ‘Colonie Enfant' d'Izieu - Ain a été dissoute. Au total ont été arrêtés 41 enfants âgés de 3 à 13 ans. En outre, nous avons réussi à arrêter la totalité du personnel juif »  Miron Zlatin est fusillé dans le camp de Reval, en Estonie (aujourd'hui Tallinn) en août 1944. Sa femme Sabine, absente pendant la rafle, échappe à l'extermination et meurt en 1996 après avoir dévoué sa vie à la mémoire des enfants juifs déportés.  Par décret présidentiel du 3 février 1993, la Maison d'Izieu est désignée par la République comme l'un des trois lieux de la mémoire nationale où sont organisées des cérémonies officielles lors de la « Journée nationale commémorative des persécutions racistes et antisémites commises sous l'autorité de fait dite ‘gouvernement de l'État français' (1940-1944) ».

Après la visite du Président François Mitterrand le 24 avril 1994 pour l'inauguration de la Maison d'Izieu-Mémorial des enfants Juifs assassinés (Ain), lieu de la rafle du 6 avril 1944, à l'initiative de Klaus Barbie et exécutée par la Gestapo, de 41 enfants Juifs âgés de quatre à dix-sept ans, et de sept adultes Juifs vers les camps nazis de la mort, le Président François Hollande s'est rendu le 6 avril 2015 dans ce lieu pour y inaugurer une extension de de Mémorial.

Il a déclaré : "Le crime contre l’humanité s’est produit, ici, dans ce cadre admirable et paisible, sur ce terre-plein où je me situe et qui domine la vallée du Rhône, au milieu des montagnes du Bugey et du Dauphiné. Il était 8h30, le 6 avril 1944. C’était le début des vacances de Pâques. L’innocence avait trouvé refuge dans cette Maison. Des enfants avaient confiance dans la vie, ils pensaient être, ici, à l’abri. Ils ignoraient qu’ils étaient une proie. Ordre avait été donné par Klaus Barbie aux soldats SS et à la Gestapo de ratisser la région et de rechercher tous les juifs qui pouvaient s’y cacher, et notamment les enfants, pour les déporter et les conduire au supplice. Une voiture, deux camions se sont donc arrêtés devant la Maison et ont emmené vers la mort les 44 enfants et les 7 adultes qui étaient avec eux. Ces enfants – dont certains n’avaient pas 4 ans – ont d’abord été conduits dans la prison de Montluc à Lyon, puis transférés à Drancy, inscrits sous les numéros 19185 à 19235 ; et quelques jours après, ce fut le départ pour un voyage dont la seule survivante fut Léa Feldblum. Les plus jeunes ont péri dans la chambre à gaz d’Auschwitz, tandis que les plus âgés, c'est-à-dire les adolescents et les éducateurs ont été fusillés à Reval en Estonie".

Les 10 mai 2016 à 21 h 40, 12 mai à 18 h 15, 13 mai à 12 h 35, 15 mai à 23 h 23, Toute l'Histoire diffusa Opération Barbie, affaire d'Etats, documentaire de Bertrand Delais (2014, 52 min).


« Opération Barbie. Affaire d’Etats  », de Bertrand Delais
Arte France / Siècle Productions, avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, 2014, 53 min 

Visuels :
Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon, est considéré comme l'un des plus grands criminels de guerre
© Siècle Productions

Klaus Barbie, surnommé le "boucher de Lyon" lors de son procès
© Marc Riboud

Le politicien Robert Badinter
© Siècle Productions

Un article dans le journal "Presencia" sur l'extradition de Klaus Barbie en France, 1983.
© Siècle Productions

© Présidence de la République - C.Chavan

Colonie d'Izieu, été 1943 (maison d'Izieu, succession S. Zlatin)

Télex du 6 avril 1944. (CDJC, Mémorial de la Shoah)

A lire sur ce blog :
Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié sur ce blog les 10 mars et 7 septembre 2015, 18 février et 9 mai 2016.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire