vendredi 23 septembre 2016

Le destin d’Anne Frank : Une histoire d’aujourd’hui


"Le destin d’Anne Frank : Une histoire d’aujourd’hui" est une exposition itinérante (14 juillet-28 août 2016) sur la vie d’Anne Frank (12 juin 1929-février 1945), adolescente Juive allemande installée avec sa famille aux Pays-Bas pour fuir l'Allemagne nazie, et cachée dans L'Annexe (Achterhuis) à Amsterdam jusqu'à son arrestation, avec plusieurs familles Juives, après dénonciation et sa déportation vers les camps d'extermination nazis où elle meurt épuisée, vraisemblablement du typhus. Et à travers l'histoire d'Anne Frank, l'histoire d’autres enfants Juifs victimes de l’action génocidaire et antisémite du régime nazi. Une exposition qui soulève des questions. Histoire présentera le 25 septembre et le 1er octobre 2016 Devant la maison d'Anne Frank, documentaire de Robert Schinkel et Martijn Bink (The media brother, 2014). "Ce documentaire se penche de manière inédite sur l'histoire d'Anne Frank, en mettant en parallèle les histoires personnelles de visiteurs de la maison de la jeune fille à Amsterdam, et la lecture de pages de son journal. Un couple de Kurdes ayant échappé à la dictature irakienne de Saddam Hussein en se cachant pendant plusieurs mois dans les montagnes, une Autrichienne, deux moines tibétains, un afro-américain... Tous sont touchés par le sort d'Anne Frank. Soixante-dix ans après sa mort, son histoire poignante bouleverse encore le monde entier..." Le 25 août 2016, le New York Times a publié l'article Anne Frank Today Is a Syrian Girl (Anne Frank est aujourd'hui une fille syrienne), de Nicholas Kristof qui a suscité une polémique.



Cette exposition, Anne Frank: A History for Today, a été conçue par la Fondation Anne Frank-Amsterdam. Après avoir été présentée au Japon, en Argentine et au Brésil, elle a été accueillie à Paris par le CDJC en 2002. Par son didactisme, elle touche un public très large.

Elle suit l’ordre chronologique en réunissant judicieusement des extraits du Journal d’Anne Frank, des témoignages de membres de sa famille, d’amis ou d’autres Juifs européens persécutés, ainsi que des photographies rares. Elle décrit la montée du nazisme, son expansionnisme belliciste et sa politique d’extermination. Mais elle révèle des carences informatives et évite des parallèles contemporains.

L’Abbaye de Stavelot (Belgique) a accueilli la Maison Anne Frank  « en résidence » pour l'exposition « Anne Frank » (3 avril 2015-14 février 2016). Après le Musée Wellington et la Maison Anne Frank, le collège Dinet de Seurre (21) a présenté  l'exposition éponyme (2 mai-30 juin 2015) sur la vie d’Anne Frank (12 juin 1929-février 1945).


Le Nelson Mandela Gateway Museum a présenté cette exposition itinérante (14 juillet-28 août 2016). Les élèves sud-africains en sont les guides. Cette exposition de la Anne Frank House d'Amsterdam fait partie d'un programme du Cape Town Holocaust Centre et du Robben Island Museum.

"Du 12 juin 1942 au 1er août 1944, Anne Frank a tenu son journal, qui prit la forme de lettres adressées à un personnage fictif dénommé Kitty, et a révélé la vie quotidienne de Juifs cachés en établissant un lien symbolique avec les souffrances de la population juive durant la Deuxième Guerre mondiale. Grâce au regard observateur vif  d'Anne Frank, le journal reflète les inquiétudes et joies banales d'une fille de treize ans avec les problèmes globaux qu'affrontaient les Juifs se cachant des persécutions. C'est devenu un travail iconique après guerre. Le meilleur point de repère commémorant la vie d'Anne Frank et le Journal, est la Anne Frank House à Amsterdam où la famille Frank a vécu cachée. Les écoles impliquées dans le programme de trois semaines sont Bonteheuwel High School, St Joseph’s High School à Rondebosch et Isilimela High School à Langa. “Ce partenariat était très important, Le Journal d'Anne France a inspiré des prisonniers politiques comme Nelson Mandela et Govan Mbeki qui lisaient ce Journal et en tiraient de l'espoir” a dit Linda Hackner, éducatrice principale au Cape Town Holocaust Centre et résidente à Sea Point. Et d'ajouter : "Il ne s'agit pas seulement d'enseigner l'histoire aux élèves, mais aussi de leur donner un sens de ce qu'ils peuvent réaliser et leur donner confiance dans leur relation avec le public". Elle estime qu'il s'agit d'une histoire de discrimination, de stéréotypes et de racisme : " Nous luttons contre ces faits, pas seulement dans notre pays mais aussi dans le monde. Ce sont toutes les questions qui émergent dans l'exposition et nous rendent plus conscients et déterminés à ce que cela ne se reproduise pas de nouveau. Plus des jeunes comprennent cette histoire et les conséquences, plus sûr sera le monde. Les jeunes peuvent se sentir concernés par l'histoire d'une jeune fille. Sanele Nkomombini, un élève de Grade 10 à Isilimela High School, et Zinobulali Mtingeni, de la St Joseph's High School, deux des élèves ayant pris part au projet, ont appris beaucoup du programme sur l'histoire et eux-mêmes, et ont évoqué Nelson Mandela.


 ”Les jeunes élèves avec lesquels nous travaillons ont passé du temps sur la Robben Island en début d'année”, a déclaré Richard Freedman, directeur du Holocaust Centre. “Je pense qu'il y a beaucoup de messages importants (de l'histoire d'Anne Frank). C'est sur une jeune personne montrant du courage et c'est une histoire  incroyable de résilience.” Il a insisté sur deux documentaires : The Short Life of Anne Frank créé par la Anne Frank house et Het Agter Huis op Robben Island réalisé par la télévision néerlandaise sur le rôle joué par le Journal dans l'île. Il contient des interviews de Nelson Mandela, Govan Mbeki et Ahmed Kathrada.
Il est dommage qu'aucun ne prononce le mot "antisémitisme".

La famille Frank
C’est dans l’Allemagne de la république de Weimar, ébranlée par la crise économique de 29, que vivent Otto et Edith Frank, et leurs filles, Margot et Anne, nées en 1926 et 1929.

Otto Frank dirige une banque familiale quand Hitler arrive au pouvoir. La famille Frank est libérale, Juive, bourgeoise et patriote. 


Elle s’exile dès 1933 de l’Allemagne nazie vers un pays voisin : les Pays-Bas.

A Amsterdam, Otto Frank crée une société de commerce de la pectine, qui sert dans la production de confitures, et d’épices.

Dans ce pays occupé par les Nazis, dès le printemps 1941, Otto Frank songe à une cache : ce sera « l’Annexe, un entrepôt vide, derrière son entreprise au Prinsengracht ». A la vue de la convocation des SS adressée à Margot, la famille Frank se réfugie le 6 juillet 1942 dans cet endroit confiné. Elle y est bientôt rejointe par M. et Mme Van Pels et leur fils, Peter, ainsi que par le dentiste, Fritz Pfeffer. Avec quelques amis, Miep Gies, la dévouée collaboratrice de Otto Frank, leur fournit l’aide nécessaire.


Là, du 12 juin 1942 au 1er août 1944, Anne Frank rédige en néerlandais son Journal, sur un album reçu peu auparavant, pour son treizième anniversaire. Parallèlement, l’adolescente décide au printemps 1944, de le réécrire afin qu’il soit publié après la guerre, comme le recommande, en mars 1944 à la BBC, le ministre de l’Education du gouvernement néerlandais en exil.

Mais le 4 août 1944, les huit clandestins sont arrêtés sur dénonciation par les S.S., et déportés à Auschwitz, Bergen-Belsen - où en février ou mars 1945 meurent du typhus les deux sœurs affaiblies - et d’autres camps.

Le 31 mars 2015, la Maison Anne France a rendu public le résultat de ses recherches "sur les derniers mois d’Anne Frank". "La date exacte de la mort d’Anne Frank n’est pas connue. Elle se situe quelque part entre le 1er et le 31 mars, avait estimé à l’époque la Croix rouge. Des recherches effectuées récemment par la Maison d’Anne Frank jettent une nouvelle lumière sur les derniers mois d’Anne Frank et de sa sœur Margot. Les chances qu’elles aient été encore en vie au mois de mars sont peu probables, la date de leur mort devrait se situer en février 1945. Des témoins oculaires parlent des derniers jours de Margot et d’Anne Frank dans le camp de Bergen-Belsen. Dans la lande de Lunebourg, sur l’énorme étendue du Mémorial du camp de concentration de Bergen-Belsen, se trouve un petit monument à la mémoire d’Anne Frank et de sa sœur Margot. Des fleurs et de petits cadeaux y sont souvent déposés, comme s’il s’agissait de leur tombe. En réalité, tout comme des dizaines de milliers d’autres victimes du camp de concentration de Bergen-Belsen, elles sont mortes à une date inconnue et dans un endroit inconnu. La Croix rouge avait à l’époque conclu que leur décès devait se situer entre le 1er et le 31 mars 1945. Par la suite, les autorités néerlandaises fixèrent la date officielle du décès au 31 mars, aussi bien en ce qui concerne Anne que Margot. Mais d’où vient cette date ? La Maison d’Anne Frank a entrepris de nouvelles recherches sur les derniers mois d’Anne et de Margot. Elle a étudié les archives de la Croix Rouge, du Service International de Recherches de Bad Arolsen et du Mémorial du camp de concentration de Bergen-Belsen ainsi que le plus grand nombres de témoignages pertinents de survivants. Par ailleurs, elle a consulté la littérature existante".

Le Journal
Seul survit Otto Frank.

Miep Gies lui remet les feuilles volantes et les carnets contenant les Journaux qu’elle avait cachés sans les lire. Le père mêle les deux versions du Journal en une troisième mouture, concise, où « aux interrogations habituelles d’une adolescente se mêle l’angoisse d’une recluse » (Isabelle Rosselin-Bobulesco).

Le "texte rédigé et composé par Otto Frank finit par tomber entre les mains de Jan Romein et de sa femme Annie Romein-Verschoor, tous les deux historiens. Annie Romein fait plusieurs tentatives pour trouver un éditeur, mais en vain. Jan Romein écrit un article. Otto Frank n’est pas au courant. L’article paraît le 3 avril 1946 en première page du quotidien Het Parool".

"Dès lors, plusieurs éditeurs se montrent intéressés. Les éditions « Contact » à Amsterdam l’emportent. Quelques passages intimes sont supprimés à la demande de l’éditeur. En outre, le rédacteur apporte quelques modifications au texte. 

En juin 1947, Otto Frank parvient à faire publier le Journal, exauçant ainsi le vœu de la narratrice, écrivain dans l’âme. Le "25 juin 1947 paraît le Journal sous son titre original " Het Achterhuis. Dagboekbrieven van 14 juni 1942 tot 1 augustus 1944 ", il est tiré à 3000 exemplaires. Annie Romein-Verschoor écrit la préface. Dans son agenda, Otto Frank note ce jour-là : " livre ". Plus tard, il déclarera : "Comme Anne aurait été fière, si elle avait été là."

"Un certain nombre de noms ont été remplacés par d’autres en vue de la publication du Journal. Anne Frank, dans ses notes, avait joint une liste avec les changements de noms, en vue d’une publication éventuelle. Otto Frank en reprend quelques-uns et en modifie d’autres. Voici la liste des noms tels qu’ils figurent dans le "Journal d’Anne Frank" :
Hermann van Pels = M. (Hermann) Van Daan 
Auguste van Pels = Mme. (Petronella) Van Daan 
Peter van Pels = Peter van Daan 
Fritz Pfeffer = M. (Albert) Dussel 
Victor Kugler = M. (Harry) Kraler 
Johannes Kleiman = M. (Simon) Koophuis 
Bep Voskuijl = Elli Vossen 
Miep Gies = Miep van Santen 
Jan Gies = Henk van Santen"

Le succès est inattendu : le livre est traduit en 55 langues en plus de 80 éditions, et 20 millions d’exemplaires sont vendus, etc. Ce qui permet d’éviter en 1957 la destruction de la cachette...

Ce Journal, dont l’authenticité est établie, est le témoignage bouleversant de destins brisés et de l’affirmation d’une jeune personnalité déterminée et sensible.

En 1950, Meyer Levin (1905-1981), journaliste et romancier américain ayant découvert comme correspondant de guerre en Europe en 1944-1945 les camps nazis de concentration et d'extermination, prend connaissance du Journal d’Anne Frank grâce à son épouse Tereska Torres, résistante et femme de lettres. Il convainc Otto Frank, le père de l’adolescente Juive, de l’intérêt d’une adaptation théâtrale du livre. « La voix d’Anne Frank est devenue la voix des six  millions d’âmes Juives disparues », écrit Meyer Levin dans The New York Times (1952). Evincé de l’adaptation théâtrale du Journal d’Anne Frank - Frances Goodrich et Albert Hackett lui sont préférés – il souhaitait insister sur « la lutte pour une identité juive lors de l’extermination de la population Juive européenne » -, Meyer Levin se brouille avec Otto Frank. Dans The Obsession (1973), il relate les problèmes, notamment juridictionnels, liés à son adaptation théâtrale du Journal.

Tereska Torrès évoque cette obsession dans Les maisons hantées de Meyer Levin (1974, rééd. en 2005).

En 1996, dans sa thèse universitaire An Obsession with Anne Frank: Meyer Levin and the Diary, Lawrence Graver retrace ce combat de Meyer Levin : « L’histoire de Levin atteste de l’incommensurable difficulté, voire de l’impossibilité, de trouver un chemin authentique pour témoigner de la Shoah dans une société gouvernée par l’argent, la culture de masse, l’omnipotence des médias, l’optimisme démocratique et une certaine prédisposition au réconfort facile » indiquait un dossier de presse en 2003.

Le 26 juin 2013, un tribunal d'Amsterdam a ordonné à la Maison Anne Frank à Amsterdam (Pays-Bas) de rendre au Fonds Anne Frank, institué en 1963 par Otto Frank, à Bâle (Suisse) 10 000 archives - photographies et documents sur Anne et Otto Frank - que ce Fonds lui avait confiés en 2007. Ce Fonds gère les copyrights du Journal d'Anne Frank. Lors de ce procès initié en 2011, le Fonds Anne Frank avait reproché à la Maison Anne Frank d'avoir décontextualisé Anne Frank et de l'avoir présentée comme une sainte, une icone séduisante de l'espoir en évoquant insuffisamment son identité Juive et en ne soulignant pas assez sa place parmi les millions de victimes tuées lors de la Shoah.

Qui a dénoncé ?

Le "cours des événements du 4 août qui ont conduit à l’arrestation des huit clandestins de l’Annexe et de deux de leurs protecteurs reste inconnu. A ce jour, aucune des hypothèses au sujet de la dénonciation n’apporte une réponse  définitive".

Divers biographes ont mis un nom sur le délateur ou la délatrice à l'origine de l'arrestation de la famille Frank.

Au début des années 2000, Carol Ann Lee a avancé celui d’Anton Ahlers, un associé de Otto Frank, alors que Melissa Mueller a penché pour Lena Hartog, qui assurait le nettoyage de l’Annexe.

L’Institut national néerlandais pour la documentation de guerre, qui édite le texte officiel du Journal, a ordonné en juillet 2002 une enquête au cours de laquelle ont été consultés les dossiers de la police, les archives nationales...

En 2015, "dans leur livre intitulé Bep Voskuijl, het zwijgen voorbij (Bep Voskuijl, au-delà du silence) Jeroen de Bruyn et Joop van Wijk, le plus jeune fils de Bep Voskuijl, pointent du doigt Nelly Voskuijl comme étant celle qui aurait peut-être dénoncé les huit clandestins de l’Annexe à Amsterdam. Nelly Voskuijl, la sœur de Bep Voskuijl, avait pour petit ami un sous-officier allemand et aurait collaboré avec les Allemands".

Jeroen de Bruyn et Joop van Wijk "proposent dans leur livre une nouvelle piste concernant la dénonciation basée sur un certain nombre de suppositions. Les interprétations privilégiées par les auteurs convergent vers Nelly Voskuijl. Suite à cette nouvelle hypothèse la Maison d’Anne Frank ne voit aucune raison de reprendre à son compte les soupçons à l’encontre de Nelly Voskuijl. Selon les deux auteurs, Nelly Voskuijl a obtenu, fin 1942, rapidement et sans aucun frais un visa allemand par le biais de connexions allemandes et a pu ainsi fuir en douce la maison paternelle. D’après certaines sources, elle a fait une demande de passeport néerlandais auprès de la municipalité d’Amsterdam. Sa demande montre que Nelly, mineure, a obtenu ce passeport avec l’autorisation de ses parents et grâce à la participation de l’Agence nationale pour l’emploi. Son but était de partir en “Allemagne”, et sans l’ombre d’un doute avec l’intention d’y travailler. A l’époque ces demandes de passeports étaient souvent réglées en deux ou trois jours et n’entraînaient aucun frais pour celui ou celle qui allait ou devait travailler en Allemagne. L’officier du SD Dettmann aurait raconté à son second Silberbauer que la délation provenait d’une source fiable. Cependant, Silberbauer ne s’est jamais prononcé sur cette question. En 1963, lors d’un interrogatoire par la police de Vienne et la police judiciaire néerlandaise, il déclarait : « Comme il était d’usage, Dettmann ne m’a pas donné le nom de la personne qui l’avait informé de cette affaire. » Quant à Dettmann, il n’a jamais été interrogé à ce sujet vu qu’il est mort en juillet 1945. A l’époque, il était très rare que l’on donne des renseignements sur leurs missions aux subalternes. La thèse selon laquelle Silberbauer aurait été informé qu’une jeune femme aurait téléphoné n’est pas suffisamment étayée. A l’époque, grâce à sa sœur, Bep Voskuijl n’a pas été arrêtée. La suggestion selon laquelle elle aurait profité d’une protection tacite en raison de la collaboration de sa sœur ne repose que sur des spéculations. Sa collègue Miep Gies, elle non plus, n’a pas été arrêtée, et cela est arrivé plus d’une fois pour ce qui est des protecteurs de clandestins. Selon Silberbauer, dans ce genre de situations c’était la direction qui était tenue pour responsable et non pas la (les) secrétaire(s)".

Le 16 mars 2015, Bernard "Buddy" Elias, dernier parent direct d'Anne Frank, est mort à Bâle (Suisse). Il s'y était réfugié avec ses parents après l'avènement du nazisme, tandis qu'Otto Frank avait choisi les Pays-Bas. Après la Seconde Guerre mondiale, Buddy Elias était devenu célèbre comme patineur lors de spectacles de Holiday on Ice, acteur, souvent comique. Bouleversé par le destin d'Anne Frank, il avait présidé le Fonds Anne Frank de Birsfelden, près de Bâle, qui "soutient des projets en faveur d'enfants en détresse, et pour la paix".

Exposition consensuelle
Le Centre de Documentation Juive Contemporaine (CDJC) a présenté en 2002 l'exposition éponyme sur la vie d’Anne Frank (12 juin 1929-1945), et à travers elle, celle d’autres victimes de l’action meurtrière du régime nazi. Dans deux salles, en 55 panneaux anglais/français et assortis de nombreuses photos, elle encourage à la tolérance et à la solidarité avec les victimes du racisme. Elle a évoqué aussi des exemples contemporains« consensuels » de discriminations.

Elle est au "cœur de l'action de la Maison Anne Frank en France où elle circule depuis 2002 dans plus d'une centaine de villes et de villages, et notamment au Mémorial de Caen, au Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane (durant près d’un an), et au Centre du Résistant déporté de Natzweiler-Struthof. L’Abbaye de Stavelot (Belgique) accueillera la Maison Anne Frank  « en résidence » pour l'exposition « Anne Frank » (3 avril 2015-14 février 2016). "La Maison Anne Frank (Amsterdam), le PAC Verviers et l'Abbaye de Stavelot s’associent pour un projet partenarial d’exposition (nouvelle présentation), permettant de découvrir l’histoire d’Anne Frank dans son contexte historique. Grâce à cette exposition tout à fait inédite, de très nombreux visiteurs, en particulier des scolaires, pourront mener une réflexion sur l’histoire de l’Allemagne nazie, de l’Occupation durant la Seconde Guerre mondiale en Europe et sur la Shoah. Au fil de la visite, les visiteurs sont amenés à s’interroger sur les processus qui ont mené à la Shoah et à réfléchir aux enjeux de ce passé dans notre présent". Après le Musée Wellington et la Maison Anne Frank, le collège Dinet de Seurre (21) présentera "Anne Frank, une histoire pour aujourd'hui" (2 mai-30 juin 2015), "exposition itinérante conçue et réalisée par la maison Anne Frank d'Amsterdam. Ce sont 15 élèves de 3e du collège Dinet à Seurre (21) qui, formés pour devenir les guides, feront les visites pour les autres élèves du collège".

Cette exposition itinérante a reçu plus d’un million de visiteurs, parmi lesquels 350 000 scolaires accueillis dans le cadre d’une visite animée par des guides. Grâce à un partenariat établi avec les éditions Belin, de nombreux outils éducatifs et pédagogiques sont édités en français".

Cette exposition invite à lutter contre le racisme et l’antisémitisme. L’intituler « Une histoire d’aujourd’hui », c’est vraisemblablement signifier que ce destin touche par son universalité et son « intemporalité », et peut-être qu’il est celui d’autres adolescents de ce début de XXIe siècle. Par son consensualisme - elle cite des racismes à l’identification non problématique -, elle inspire moultes réflexions. Il aurait été ainsi intéressant de distinguer la Shoah d’autres génocides perpétrés par exemple au Cambodge ou au Rwanda.

De plus, une photo montre dans l’Allemagne nazie des années 30 des élèves juifs baisser les yeux de honte car ils sont stigmatisés par leur professeur, devant leurs camarades, et près d’un tableau où est inscrit : « Le Juif est notre plus grand ennemi ! Méfions-nous des Juifs ». Les manuels scolaires palestiniens n’enseignent-ils pas la haine des Juifs ?

Cette exposition temporaire souligne la volonté des dirigeants nazis d’édifier un 3e Reich judenrein. Mais certains pays arabo-musulmans ne sont-ils pas aussi (quasiment) sans Juifs après l’exode de communautés dont la présence est/était multiséculaire ? Et une partie de la population desdits pays, parfois ignorante de ce passé multiconfessionnel, n’est-elle pas antijuive ?

Pourquoi évoquer les dangers du seul nationalisme russe et des néo-nazis suédois en omettant l’antisémitisme habillé en antisionisme, d’une extrême gauche alliée aux « anti-mondialisation » ?

Seul moment ironique de cette exposition : une photo exposée en 1935 à Berlin est ainsi légendée : « Deux magnifiques enfants aryens ». Il s’agit de Herbert Lévy et de sa cousine Ellen Eva, Juifs tous les deux.

Divers articles dans des médias israéliens et américains ont révélé le parti-pris anti-israélien de la Fondation Anne Frank qui gère la Maison Anne Frank. D'après le journaliste Giulio Meotti (Arutz 7, 17 avril 2013), un rapport récent sur la xéenophobie et le racisme de la Fondation Anne Frank a présenté le conflit entre le monde arabe et Israël selon une perspective arabe palestinienne : “Il y a un équilibre entre les attentats-suicides palestiniens commis au hasard et le fait qu'Israël ne s'inquiète pas des victimes civiles et de la punition collective. Israël pousse les Palestiniens économiquement ans un coin et les humilie psychologically" Anne Frank "symbolise-t-elle cela ?", interroge Giulio Meotti.

Selon Peter Martino (Gatestone Institute, 4 novembre 2013), la Fondation Anne Frank poursuit "trois buts : lutter contre l'antisémitisme, diffuser les "droits égaux", une "société pluriforme" et une "citoyenneté active" pour combattre "les préjugés, l'exclusion et l'extrémisme". Ces trois derniers objectifs ont complètement subverti le premier : la Fondation Anne Frank est pro-palestinienne et une critique virulente des politiciens néerlandais qui critiquent l'islam et défendent l'Etat d'Israël. La Fondation a aussi alerté sur la croissance de "l'islamophobie et des opinions négatives" sur les musulmans aux Pays-Bas".

En janvier 2004, une exposition à la Maison Anne France a présenté des caricatures comparant le Premier ministre israélien Ariel Sharon au führer Adolf Hitler. Membre du gouvernement israélien, Natan Sharansky a alors exprimé son indignation. Le Musée a alors expliqué que ces caricatures figuraient dans une vidéo d'une manifestation anti-israélienne à Amsterdam en avril 2002, et avaient été montrées pour représenter l'antisémitisme européen. Natan Sharansky avait objecté que la Maison Anne Frank n'était pas le lieu adéquat pour ces images.


ADDENDUM
Le 14 janvier 2008, Boomerang, site Internet de cartes, présentait une carte montrant la photo en noir et blanc Anne Frank souriante portant un keffieh palestinien rouge et blanc.

Le 22 janvier 2008, CIDI (Centre de documentation et d’information sur Israël) a condamné la distribution de cette carte de Boomerang :
« C’est une falsification de l’histoire. Boomerang, la société qui l’a publiée, la décrit comme « une image idyllique de la paix » ! L’image, dont l’auteur est T., a suggéré que les Palestiniens ont été persécutés comme les Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Israël et les Palestiniens sont engagés dans un conflit. Les Palestiniens ne sont pas persécutés, il n’y a pas de camps d’extermination et il n’y a pas de génocide ».
Le 24 janvier 2008, Boomerang récusait une quelconque falsification de l'histoire et avançait une interprétation artistique. CIDI a appelé les cinémas, cafés et autres à refuser les cartes postales gratuites distribuées aux Pays-Bas avec cette photo trafiquée.

Le compte Twitter de BDS (Boycott désinvestissement sanction) Amsterdam a intégré dans sa photo de profil celle d'Anne Frank, jeune allemande Juive ayant fui l'Allemagne nazie pour se réfugier aux Pays-Bas, d'où elle fut déportée vers le camp nazi Auschwitz, au keffieh rouge. Et ce mouvement hostile à l'Etat Juif reprend pour chaque Tweet ce portrait d'Anne Frank au keffieh rouge !

Vers le 20 février 2014, les pages de 265 exemplaires du Journal d'Anne Frank ou de livres la mentionnant ont été déchirées dans des bibliothèques japonaises. Le 7 mars 2014, la police de Tokyo a arrêté l'auteur de ces actes de vandalisme, un chômeur trentenaire.

Le 30 avril 2014, un arbrisseau issu du marronnier qu'observait Anne Frank du grenier sera planté au Capitole à Washington en mémoire d'Anne Frank. En 2010, une forte bourrasque avait déraciné ce marronnier centenaire.

Le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté Le Journal d'Anne Frank, dessin animé  de Nagaoka Akiyoshi et Julian Y. Wolff (1999, 1 h 29), le 21 mai 2014 à 15 h. 


Une adaptation théâtrale controversée - identité Juive minorée, américanisation, Anne Frank survit à la Shoah, etc. -, Anne, fondée sur la vie d'Anne Frank se joue depuis le 8 mai 2014 au Theater Amsterdam spécialement construit (1100 places dans la salle, restaurant) pour cette oeuvre. Ecrite par Leon de Winter et son épouse Jessica Durlacher, auteurs néerlandais célèbres et enfants de survivants de la Shoah, cette pièce de théâtre reprend l'intégralité des versions du Journal d'Anne Frank. Soutenue par la fondation Anne Frank de Bâle (Suisse) créée par Otto Frank, elle est produite par Robin de Levita, producteur expérimenté à Broadway.


Toute l'Histoire a diffusé le 26 octobre 2014 le premier épisode d'Anne Frank, l’après journal (2008) : "Le 4 août 1944, la famille Frank est dénoncée à la Gestapo. Anne et sa soeur Margot sont déportées vers le camp de Bergen-Belsen où elles décèdent du typhus, persuadées que toute leur famille s'est éteinte avant elles. Miep Gies, un ami de la famille, découvre le journal de la jeune Anne dans l'Annexe qui abritait les Frank. Otto, le père, qui a survécu, entreprend alors de faire publier l'ouvrage qui bouleversera profondément des générations de lecteurs. Devenu un monument historique, la Maison d'Anne Frank située au 263 du Prinsengracht à Amsterdam attire chaque année des dizaines de milliers de touristes venus rendre hommage au témoignage de cette petite fille ordinaire symbolisant une jeunesse brisée". Une adaptation théâtrale controverséeAnne, fondée sur les écrits d'Anne Frank, se joue au Theater Amsterdam spécialement construit pour cette oeuvre.

Lors du Festival d'Avignon, le Petit Chaudron a accueilli (4-26 juillet 2015) les représentations du Journal d'Anne Frank,  adapté par Dominique Durvin (1 h 20), avec Mathilde Carpentier : "J’ai treize ans! Treize ans et toute la vie devant moi! Mais voila, je n’ai pas d’amie, enfin pas de véritable amie. Juive à 100% comme on dit autour de moi, j’ai du mal, maintenant que les Allemands occupent la Hollande, à laisser s’épanouir mes humeurs, ma jeunesse, mes attentes, mes désirs. Nous, les juifs, nous n’avons, jusqu’à l’absurde aucun droit, pas le droit de ceci, pas le droit de cela… Mais à treize ans, on trouve des échappatoires, on vit, malgré tout et les contraintes on s’en joue, on s’en moque. Néanmoins, il faut faire attention, les Allemands n’aiment guère qu’on leur résiste ou qu’on se moque aussi peu que ce soit d’eux. Je crois! Oui! Je crois que je vais dire tout ça et écrire un journal". 

Le Journal d'Anne Frank devait tomber dans le domaine public le 1er janvier 2016. Or, dans un communiqué à Livres Hebdo, le Fonds Anne Frank à Bâle (Suisse) a annoncé que ce journal demeurera protégé par le droit d'auteur au-delà de cette date. Les arguments du Fonds Anne Frank : mort en 1980, Otto Frank, a été crédité de co-auteur de la première version, donc la date à laquelle cette version tombera dans le domaine public s'avère le 1er janvier 2050 ; la seconde, éditée en 1980, bénéficie du régime particulier des œuvres posthumes et tombera dans le domaine public le 1er janvier 2050, soit 70 ans après le décès d'Otto Frank. Une polémique a saisi le milieu des éditeurs Cette annonce a créé une vive polémique dans le milieu de l'édition. Certains invoquent les 30 millions d'exemplaires du Journal d'Anne Frank, et la crainte du Fonds de l'exploitation de cet ouvrage par les révisionnistes ou négationnistes.

Histoire présentera le 25 septembre et le 1er octobre 2016 Devant la maison d'Anne Frank, documentaire de Robert Schinkel et Martijn Bink (The media brother, 2014). "Ce documentaire se penche de manière inédite sur l'histoire d'Anne Frank, en mettant en parallèle les histoires personnelles de visiteurs de la maison de la jeune fille à Amsterdam, et la lecture de pages de son journal. Un couple de Kurdes ayant échappé à la dictature irakienne de Saddam Hussein en se cachant pendant plusieurs mois dans les montagnes, une Autrichienne, deux moines tibétains, un afro-américain... Tous sont touchés par le sort d'Anne Frank. Soixante-dix ans après sa mort, son histoire poignante bouleverse encore le monde entier..."

Le 25 août 2016, le New York Times a publié l'article Anne Frank Today Is a Syrian Girl, de Nicholas Kristof qui a suscité une polémique. Fils d'un réfugié de la Deuxième Guerre mondiale, Nicholas Kristof a cité une lettre d'Otto Frank du 30 avril 1941 à un ami américain. Otto Frank soulignait l'urgence d'émigrer aux Etats-Unis, "seul pays où aller", essentiellement pour sauver la vie de ses enfants. Il allègue que les raisons opposées à l'arrivée alors de Juifs sont les mêmes que celles avancées pour refuser l'entrée aux Etats-Unis de Syriens ou de Honduriens : peur d'espions nazis sous le couvert de réfugiés juifs allemands d'un côté, crainte de terroristes musulmans sous l'apparence de réfugiés syriens de l'autre.


Le 29 août 2016, l'Observer a publié La comparaison obscène de Nicholas Kristof: une fille syrienne blessée n'est pas Anne Frank, la réponse de Abraham H. Miller,professeur de sciences politiques à l'University de Cincinnati, et distinguished fellow du Haym Salomon Center. L'auteur souligne que les "réfugiés juifs n'ont pas causé d'explosion de viols et de violence sexuelle comme les réfugiés musulmans l'ont fait en Suède et en Allemagne". Il liste les différences entre les situations : portes ouvertes dans de nombreux pays occidentaux aux "migrants syriens" qui bénéficient de soutiens aux plus hauts niveaux dans l'Union européenne, existence de pays Arabes et musulmans avec lesquels les réfugiés syriens partagent la même religion et culture, les Juifs européens comme les Frank étaient "assimilés, polyglottes et bien éduqués, à la situation socio-économique florissante, dévoués à la culture occidentale, souvent laïcs", etc.


Et de poursuivre : "Ces réfugiés juifs ne croyaient pas que leur religion était triomphaliste, ni qu'ils avaient l'obligation religieuse de la guerre sainte... Il est quasiment impossible de les imaginer exiger de la nourriture cacher comme les réfugiés somaliens à Minneapolis ont exigé de la nourriture gratuite Halal. Il est presque impossible que des réfugiés juifs seraient allés devant les tribunaux pour exiger une école différente de celle assignée à leurs enfants comme l'ont fait les réfugiés musulmans de Pennsylvanie. Les réfugiés juifs étaient victimes de mensonges alléguant qu'ils étaient des espions nazis et des agitateurs bolcheviques. Cela ne signifie pas que les réfugiés musulmans n'étaient pas éduqués dans une culture qui hait les Juifs et les personnes LBGT, considèrent les femmes comme inférieures aux hommes, même devant la loi... Notre première obligation n'est pas d'accepter tous les réfugiés, mais de préserver notre mode de vie démocratique".

 Abraham H. Miller conclut en faveur de l'accueil de ces réfugiés musulmans par les nombreux pays arabes et musulmans, figurant souvent parmi les plus riches au monde. Des Etats qui ont en commun avec ces migrants "une culture, une langue et une orientation religieuse communes"

Jusqu'au 14 février 2016
l’Abbaye de Stavelot (Belgique) 

Anne, le musical
Le 30 janvier 2014, à 20 h 30
Au Théâtre Gymnase Marie Bell
38, boulevard de Bonne nouvelle. 75010 PARIS
Tél. : 01 42 46 79 79

Jusqu'au 3 février 2014
Au Musée Wellington
Chaussée de Bruxelles, 147. B1410 Waterloo Belgique
Tél. : 32 (0)2 357 28 60
Tous les jours. Du 1er avril au 30 septembre de 9 h 30 à 18 h, du 1er octobre au 31 mars de 10 h à 17. h

Visuels :
© AFH (Amsterdam)/ AFF (Bâle)
Photo d'Anne Frank bébé. © Anne Frank Fonds Basel
Rosa in de media

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English


Cet article a été publié par Guysen en 2002 et sur ce blog le :
- 12 juin 2012 ;
- alors qu'Anne Frank et la Shoah sont instrumentalisés par les partisans du mariage entre homosexuels, notamment dans leur manifestation ;
- 12 février 2013 à l'approche de la diffusion sur France 2 d'un téléfilm sur Anne Frank à 20 h 40 ;
- 1er juillet 2013 après le jugement rendu le 26 juin 2013 par un tribunal d'Amsterdam et ordonnant à la Anne Frank House de rendre des archives - environ 10 000 documents et photographies - concernant Anne Frank et son père Otto Frank prêtées en 2007 par le Anne Frank Fonds ;
- 25 novembre 2013 et 15 janvier 2014 car le Gymnase a présenté le 30 janvier 2014, à 20 h 30, une représentation exceptionnelle d'Anne, le musical ;
- 22 février, 20 mai, 30 juin et 15 octobre 2014 ;
- 16 avril 2015 en ce Yom HaShoah 2015 ;
- 11 juillet et 16 octobre 2015, 4 août 2016.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire