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lundi 16 novembre 2020

« 1324 : le pèlerinage de Mansa Moussa à La Mecque » de Lucie Cariès

Mansa Moussa (1280-1337) ou "Kankou Musa" était l'empereur musulman du Mali - une zone comprenant la Mauritanie et le Mali actuels, au carrefour de routes transsahariennes - de 1312 à 1332 ou 1337. En 1324, lors de son pèlerinage à La Mecque, le Mansa (roi des rois), accompagné de milliers de soldats, exhibe sa richesse immense fondée sur l'exploitation de mines d'or ainsi que le commerce du sel et des esclaves : "60 000 hommes, 12 000 esclaves, centaine de chameaux transportant chacun 150 kilos d'or pur". Arte diffusera le 22 novembre 2020, dans le cadre de « Quand l'histoire fait dates » (Zahlen schreiben Geschichte), « 1324 : le pèlerinage de Mansa Moussa à La Mecque » (1324, Pilgerreise des Mansa Musa) de Lucie Cariès.


Nommé au Collège de France en 2015, Patrick Boucheron dirige l’« Histoire mondiale de France » (Seuil, 2017) présentant "les nouvelles grandes dates mondiales qui ont façonné l’hexagone", "mettant en valeur les colonisés et l’islam" et assumant une "islamophilie systématique". Un anti-« Lieux de mémoire » du professeur Pierre Nora.

Un best-seller analysé dans « Histoire de l'islamisation française 1979-2019 » (Ed. L’Artilleur), controversé, critiqué notamment par Pierre Nora (« Politiquement, l’objectif est de lutter, « par une conception pluraliste de l’histoire, contre l’étrécissement identitaire qui domine aujourd’hui le débat public »).

Et fustigé par Eric Zemmour : « En près de 800 pages et 146 dates, on ne déviera pas de la ligne du parti: tout ce qui vient de l’étranger est bon. Les invasions barbares sont des « migrations germanique s» ; la défaite des Gaulois leur permit d’entrer dans la mondialisation romaine ; les conquérants arabes étaient bien plus brillants que les minables défenseurs carolingiens ; les martyrs chrétiens de Lyon venaient d’ailleurs et saint Martin était hongrois. Les théologiens chrétiens doivent tout au grand talmudiste Rachi ; « l’honteux traité de Troyes » de 1420 (qui donnait le royaume de France à la monarchie anglaise) est une heureuse tentative de construire la paix perpétuelle par l’union des couronnes ».


Quant à Alain Finkielkraut, il a estimé : 
« Je découvre, effaré, que ni Rabelais, ni Ronsard, ni La Fontaine, ni Racine, ni Molière, ni Baudelaire, ni Verlaine, ni Proust n’y figurent. Et si Mauriac est cité, ce n’est pas pour son œuvre, c’est pour sa critique honteusement réactionnaire du féminisme. Ainsi s’éclaire le sens de « monde » pour les nouveaux historiens. Mondialiser l’histoire de France, c’est dissoudre ce qu’elle a de spécifique, son identité, son génie propre, dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage. Et c’est répondre au défi islamiste par l’affirmation de notre dette envers l’Islam. De manière générale, l’Histoire mondiale de la France remplace l’identité par l’endettement. Ici doit tout à ailleurs. De la France, patrie littéraire, ce qui surnage, c’est la traduction des Mille et Une Nuits par Antoine Galland et l’audace qui a été la sienne d’ajouter au corpus original des histoires que lui avait racontées un voyageur arabe venu d’Alep.
Instructif aussi est le récit de l’invasion musulmane de 719 à Narbonne, où les cultures se sont mêlées avant que les Francs, hélas, n’arriment par la force cette ville à leur royaume. Ceux qui, en revanche, croient pouvoir mettre au crédit de la France naissante la première traduction latine du Coran par l’abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1143, sont avertis que cette démarche n’était pas inspirée par la curiosité mais par une volonté de dénigrement. Et peu importe le fait que l’Islam de son côté ne pouvait pas même envisager de traduire les Écritures saintes des religions antérieures à son avènement.
Nos éminents universitaires n’ont que l’Autre à la bouche et sous la plume. Ouverture est leur maître mot. Mais ils frappent d’inexistence Cioran, Ionesco, Kundera, Levinas, tous ces étrangers qui ont enrichi notre philosophie et honoré notre littérature. Car c’est à ce «notre» qu’ils veulent faire rendre l’âme...
Le dégoût de l’identité a fait place nette de la culture. Les façonniers de l’Histoire mondiale de la France sont les fossoyeurs du grand héritage français.
« Une histoire libre », dit le journal Libération pour qualifier ce bréviaire de la bien-pensance et de la soumission, cette chronique tout entière asservie aux dogmes du politiquement correct qui ne consacre pas moins de quatorze articles aux intellectuels sans jamais mentionner Raymond Aron, ni Castoriadis, ni Claude Lefort, ni aucun de ceux qui ont médité la catastrophe totalitaire et la bêtise de l’intelligence au XXe siècle…
« Histoire jubilatoire », ajoute Libération. Ce mot – le plus insupportablement bête de la doxa contemporaine – convient particulièrement mal pour une histoire acharnée à priver la France de son rayonnement et à l’amputer de ses merveilles.
Il n’y a pas de civilisation française, la France n’est rien de spécifiquement français: c’est par cette bonne nouvelle que les rédacteurs de ce qui voudrait être le Lavisse du XXIe siècle entendent apaiser la société et contribuer à résoudre la crise du vivre-ensemble.
Quelle misère! »
« Dans cette deuxième saison de la série" « Quand l'histoire fait date », "aussi érudite et ludique que la précédente, le médiéviste Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, poursuit son exploration alerte des dates marquantes de l’histoire, des trésors artistiques ornant la grotte de Lascaux, en 18 000 avant notre ère, au coup d’État militaire contre le président chilien Salvador Allende, le 11 septembre 1973 ». 

« Mobilisant son talent de conteur, associé à une animation qui s’appuie sur une riche iconographie, et convoquant éclairages de spécialistes et approche réflexive, l’historien bouscule notre regard sur vingt événements majeurs et les traces qu’ils ont laissées dans les mémoires, en les replaçant dans une perspective globale et en assumant les incertitudes de la science historique ». 

« Entrelaçant plaisir du récit, techniques d’animation et esprit critique, Patrick Boucheron dévoile vingt nouvelles enquêtes sur les grandes dates qui ont marqué l’histoire et la mémoire des hommes ». 

« 1324 : Le pèlerinage de Mansa Moussah à la Mecque »
Arte diffusera le 22 novembre 2020, dans le cadre de « Quand l'histoire fait dates » (Zahlen schreiben Geschichte), « 1324 : le pèlerinage de Mansa Moussa à La Mecque » (1324, Pilgerreise des Mansa Musa) de Lucie Cariès.

Dixième « mansa » (roi des rois), émir de Melle, seigneur des mines de Wangara, conquérant de Ghanata, de Fouta-Djalon et d'une douzaine d'autres territoires, Mansa Moussa (1280-1337) est empereur du Mali, en Afrique de l'Ouest, de 1312 à 1332 ou 1337.

Lors de son pèlerinage à la Mecque, hajj, le roi nommait un représentant qui devenait son dauphin. 

A l'accession au trône de Mansa Moussa, l'empire du Mali est constitué de territoires qui faisaient parties de l'empire du Ghana, de Melle (Mali) et de zones limitrophes. Mansa Moussa a porté "l’Empire du Mali à son apogée, du Fouta-Djalon à Agadez et sur les terres de l'ancien Empire du Ghana", à l'ouest de l'Afrique. Il a noué des relations diplomatiques avec le Portugal, le Maroc, la Tunisie et l’Égypte".

"L'Empire du Mali possédait les plus grands gisements aurifères connus à cette époque. Tout l'or du royaume appartenait à Mansa Moussa", a précisé Eamonn Gearon, auteur de "The Sahara, a Cultural History" au National Geographic.

Mansa Moussa exploite à son profit, outre le sel, "la moitié des réserves d'or de l’Ancien monde. Apprécié pour sa pureté, l'or africain est utilisé pour frapper des devises ou fabriquer bijoux et objets religieux."

Par l'exploitation de gisements aurifères et le commerce des esclaves, "Mansa Moussa, ou l'empereur Moussa, a amassé une fortune colossale estimée à 400 milliards de dollars d'aujourd'hui, grâce aux ressources des terres d’Afrique".

"Partant de Tombouctou, mais aussi d'autres débouchés des pistes sahariennes (les villes de Ghana, Gao, Djenné, Oualata...), le commerce se développe vers l'est - l'Orient - et le nord - le Maghreb, l'Europe. Ce qui accroît d'autant la richesse d'un empire aux ressources principalement minières dont le cuivre et surtout l'or, dont il était le plus gros producteur à l'époque avec les gisements de Bambouk et de Bouré. Le cuivre sert essentiellement de monnaie d'échange contre le métal jaune extrait dans le sud du pays par des populations animistes. Très pragmatique, Mansa Moussa a renoncé à les convertir après avoir constaté que les tentatives d'islamisation nuisaient à leur productivité. « Sa tolérance alla jusqu'à les exempter de la taxe due par les infidèles », observe l'historienne malienne Madina Ly-Tall dans son ouvrage."

"Le roi se réserve l'or en pépites, offert notamment à ses dignitaires les plus méritants. En revanche, la poudre de métal fin est destinée au commerce vers l'Egypte et le Maghreb. Outre l'or, les esclaves, l'ivoire et les plumes d'autruche sont échangés contre des tapis, des étoffes de luxe, des fruits secs, des parfums, des armes, des chevaux ou du sel venus du Moyen-Orient, d'Afrique du Nord et même d'Europe. Des produits destinés au souverain et à son entourage. Le peuple vit essentiellement d'une économie de subsistance fondée sur les cultures du mil, du founi (graines de moutarde), du riz et de l'élevage de poulets, de chèvres et de moutons (autour des cases), ou encore de bœufs (dans la brousse)". 

"Malgré un commerce florissant, les performances économiques du royaume et de son dirigeant, appelé le Seigneur des mines, sont peu connues au-delà de ses terres. C'est en 1324, lors de son voyage à La Mecque, qu'il exhibe sa richesse. Dans son long périple, le Mansa (roi des rois) embarque avec lui 60 000 hommes, 12 000 esclaves et une centaine de chameaux transportant chacun 150 kilos d'or pur, souligne L'Orient-Le Jour qui se réfère à une exposition aux Etats-Unis, Les caravanes de l'or, dédiée au rôle central de l'Afrique à l'époque médiévale. Le roi Moussa se fait remarquer en distribuant de l'or." L'exposition itinérante "Fragments in Time: Art, Culture and Exchange Across Medieval Saharan Africa", en partie virtuelle, a été montrée au Block Museum de la Northwestern University (26 janvier-21 juillet 2019), puis à l'Aga Khan Museum de Toronto (21 septembre 2019-23 février 2020), et le National Museum of African Art du Smithsonian Institut (11 avril-29 novembre 2020).

« Les chroniques arabes du XIVe siècle bruissent d'une rumeur : par-delà le désert du Sahara, un empereur noir, Mansa Moussa, et sa cour ont traversé les terres de l'islam pour se rendre en pèlerinage à La Mecque, en séjournant dans la capitale du monde islamique d'alors, Le Caire... » Là, il rencontre le sultan mamelouk An-Nâsir Muhammad ben Qalâ'ûn. 

A chaque étape de son périple, Mansā Mūsā a construit une mosquée.

L'afflux de l'or déséquilibre des économies locales : inflation de prix d'articles basiques, baisse de la valeur du métal précieux. Réaction de Mansa Moussa ? Il emprunte d'importantes sommes à des taux d'intérêt élevés aux prêteurs cairotes. Douze ans après, l'or n'avait pas récupéré sa valeur initiale.

« Fournie en or et en précieux cadeaux, cette démonstration de puissance et de symboles révèle au monde musulman, ébranlé par le pouvoir des nomades des steppes de l'Asie centrale mongole, que la propagation de la révélation de Mahomet a bâti un arrière-monde qui est aussi la principale source d'approvisionnement des empires en or et en esclaves. »

Sur la voie du retour à son empire, Mansa Moussa apprend la conquête de Gao, en pays Songhaï. Il garda captifs les deux enfants du roi vaincu.

A Tombouctou, il y amène des architectes venus d'Al-Andalus, dont Abou Ishaq es-Sahéli, et du Caire pour construire son palais et la mosquée Djingareyber. Située près du fleuve Niger, principale voie de transport de la région, la cité s'impose comme un carrefour religieux, culturel et commercial - ses marchés attirent les commerçants de l'Afrique occidentale comme d'Égypte, mais aussi de Venise, Gênes et Grenade qui vendent leurs produits manufacturés -. 

"Le style soudanais date de cette époque. Il s'agit en fait d'un style architectural arabo-berbère, aux lignes massives, qui donne aux constructions en terre séchée au soleil l'aspect de maisons fortifiées".

Comme Djenné et Ségou, Tombouctou a abrité une médersa ou madrassa, université théologique islamique qui a contribué à l'expansion de l'islam. L'université de Sankoré réunissait des juristes, des astronomes et des mathématiciens. Elle pouvait accueillir 25 000 étudiants. Sa bibliothèque a abrité près d'un million de manuscrits.

Après avoir été temporairement conquise en 1330 par le royaume Mossi, la ville est reprise par Mansa Moussa qui la renforce par des remparts, un fort et des soldats pour la défendre d'éventuels autres assauts.

Au décès de Mansa Moussa, l’empire du Mali s’étend de l’océan Atlantique "à la rive orientale de la boucle du Niger et de la forêt à Teghazza au milieu du désert".

"Après sa mort en 1337, son Empire ne résiste pas aux divisions et aux rébellions". 

"Mansa Moussa laisse un héritage culturel important à Tombouctou et dans d'autres villes de l'actuel Mali".

"A la fin du XIVe siècle, le "Lion du Mali", figure dans l'Atlas Catalan de 1375, une référence importante pour les navigateurs de l'Europe médiévale. On y voit Moussa assis sur un trône tenant dans la main une pépite d'or" et dans l'autre un sceptre. Un portulan, un recueil de cartes enluminées, élaboré par le cartographe Juif majorquin de Palma, Abraham Cresques, et par son fils Jehuda Cresques, pour le roi d'Aragon qui l'offre au roi Charles V de France. De sa main droite, "Mansā Mūsā offre une énorme pépite d'or à un homme voilé sur un chameau, l'un des marchands Touaregs qui sillonnaient les routes commerciales transsahariennes."

Dans son Pantagruel (1532), Rabelais évoque le royaume de Mansa Moussa.

« Le temps retrouvé »
(Arte mag n° 36. Le programme du 29 août au 4 septembre 2020)

« Pour sa deuxième saison, Quand l’histoire fait dates offre une exploration audacieuse de grands événements et de leurs représentations. Entretien avec son concepteur, l’historien Patrick Boucheron. Propos recueillis par Benoît Hervieu-Léger ».

« Quels critères ont guidé votre approche pour ces vingt nouveaux épisodes ?
Patrick Boucheron : Nous avons radicalisé notre proposition initiale ! Depuis sa conception, la série interroge les diverses manières de faire événement.
Elle propose une collection de problèmes davantage que de périodes. Nous avons, cette fois-ci, voulu aller plus loin en retenant des dates dont on cherche l’événement, comme l’an mil. Nous avons joué sur le contre-factuel * dans l’épisode sur la mise à sac du palais d’été de Pékin en 1860. 
Nous avons même poussé l’audace jusqu’à dater un événement qui n’a pas eu lieu. Au IVe siècle, l’empereur Constantin est censé avoir donné la moitié de son empire au pape. Le texte de la donation est un faux. Le non-événement a pris une importance que l’événement réel n’aurait pas eue.

La représentation de l’histoire compterait donc plus que l’histoire elle-même ?
Une date a l’apparence de l’évidence, comme Marignan en 1515.
Or derrière chaque date il y a une petite intrigue aussi captivante à explorer que le récit en soi. C’est pourquoi la série inclut deux fils narratifs : le récit que l’on raconte et nous-mêmes en train de le raconter. Cette approche se lit en particulier dans l’épisode sur la révolution religieuse d’Akhenaton, en Égypte ancienne. À la fin de sa vie, Freud, miné par la maladie et l’exil, a voulu en percer le mystère pour expliquer la montée du nazisme et de l’antisémitisme à son époque. La solution aux énigmes du présent se trouve parfois dans le passé.
L’histoire de l’esclavage et de la colonisation resurgit depuis l’affaire George Floyd.

Un épisode aurait-il pu faire écho à ce présent si enraciné dans le passé ?
La question de la justice et de l’égalité, aiguisée par la crise sanitaire, est abordée avec la Déclaration d’indépendance des États-Unis, en 1776. Ce moment marque la première affirmation des droits universels de l’humain dans un pays dont on sait qu’il détruit les nations indiennes et qu’il deviendra esclavagiste. La “question noire”, déjà traitée dans la première saison avec la libération de Mandela, revient maintenant avec le pèlerinage du roi malien Mansa Moussa en 1324.
Nous aurions certes pu aborder plus frontalement la question de la décolonisation. Elle apparaît malgré tout dans l’épisode sur le massacre des Algériens, à Paris le 17 octobre 1961. L’événement pose clairement la question du racisme, de la violence policière et du legs colonial en France.

* Type de raisonnement qui consiste à imaginer l’issue nouvelle d’un événement historique, après avoir modifié l’une de ses causes. »


France, 2020, 27 min
Sur Arte le 22 novembre 2020 à 17 h 35
Disponible du 15/11/2020 au 20/01/2021
Visuels
L' Atlas catalan (1375) est la plus importante carte catalane de la période médiévale. Il a été produit par l' école cartographique majorquine et est attribué à Cresques Abraham, un enlumineur juif qui se décrivait lui-même comme un maître des cartes du monde ainsi que des boussoles. Il est conservé à la Bibliothèque royale de France (aujourd' hui la Bibliothèque nationale de France) depuis la fin du 14e siècle
© AKG-images / Pictures From Hi

Abraham Cresques (?). Leafs 3 through 6 from the Atlas of Maritime Charts (The Catalan Atlas), 1375. Illuminated parchment mounted on six wooden panels, each 64.5 x 25 cm. Bibliothèque nationale de France, Paris, Ms. Espagnol 30

Les citations sur le film proviennent d'Arte. Les cartes proviennent du site Internet de l'exposition.

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