vendredi 23 mai 2014

« Le récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias », par Jérôme Bourdon

 Voici quelques jours, I24News a présenté un débat évoquant notamment l'affaire al-Dura. L'un des deux orateurs minimisait l'importance de l'affaire al-Dura. Le gouvernement israélien n'est pas tombé dans le piège tendu par la propagande palestinienne sur la prétendue mort de deux jeunes Palestiniens, et un responsable militaire a évoqué l'affaire al-Dura.
C’est un livre intéressant, riche en informations et irritant, voire choquant par ses partis pris, sur un sujet de polémiques et de passions : l’« importation en mots et en images » du conflit « israélo-palestinien ».
Directeur du Département de Communication de l’Université de Tel-Aviv, Jérôme Bourdon présente un historique des récits médiatiques du conflit, dont la date charnière est 1967, et des fonctionnements des médias utilisant des stringers (informateur local).
« Jews are news »
Il décrit des médias surveillés (monitoring) et accusés d’alimenter l’antisémitisme ou de « propager des stéréotypes négatifs de l’islam », demandeurs d’images de paix ou de « dialogues entre frères ennemis », même si ces images reflètent une réalité superficielle et marginale, et soumis à des impératifs financiers ou de marketing.
Et il conclut que « les variations dans l’image d’Israël et des Palestiniens, sur le long terme, tiennent d’abord à des changements dans la nature des évènements et les conditions de travail des journalistes ».
Le lectorat ? Eclaté et divers  (Internet abolit des frontières).
Tout d’abord, le titre est doublement partial et réducteur. Le terme « récit » (narrative, en anglais), alors qu’il s’agit d’histoire. Ne s’agit-il pas plutôt d’une guerre, dont certains fronts sont médiatiques et lexicaux, du monde musulman contre l’Etat juif ?
Ce livre pêche aussi par ses inexactitudes, ses carences – quid de Pallywood, industrie audiovisuelle palestinienne pourvoyeuse de narratifs présentés par des médias comme des faits ? Quid des études argumentées propres à fonder les critiques sur un traitement partial du conflit par des médias anglo-saxons ? – et une terminologie orientée : « occupation », « kamikazes » au lieu de « bombes humaines » car les kamikazes visaient des cibles militaires, pas des civils, « territoires occupés » au lieu de « territoires disputés » car aucune souveraineté n’y a été reconnue avant leur conquête par Israël en 1967, etc.
L’auteur occulte les « faux-tographes » et cameramen palestiniens usant de leur métier comme arme contre Israël, Ne liste pas les invraisemblances et incohérences dans l’affaire al-Dura, etc.
Et tout est mis au même niveau : l’auteur n’accorde pas à certains faits la place majeure qui leur revient. Ne cite pas les médias palestiniens ou des Palestiniens tenant des propos antisémites…

 
Jérôme Bourdon, Le récit impossible. Le conflit israélo-palestinien et les médias. De Boeck-Ina éditions, coll. Médias recherches, 2009. 240 pages, 24,50 euros. ISBN-13: 978-2804104559

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Cet article a été commandé, mais non publié par L'Arche. Il a été publié sur ce blog le 27 décembre 2013.

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