jeudi 17 novembre 2016

Helmut Newton (1920–2004)



La Fondation Helmut Newton présente à Berlin (Allemagne) l'exposition Alice Springs: The MEP Show. Helmut Newton: Yellow Press. Mart Engelen: Portraits. Helmut Newton (1920–2004) avait fui son Allemagne natale sous l’ère nazie en 1938 pour se réfugier en Australie dont il a acquis la nationalité après guerre. Photographe de mode – Balenciaga, Courèges, Yves Saint-Laurent, Ted Lapidus, Karl Lagerfeld pour Chloé, Van Cleefs & Arpels – et pour de prestigieux magazines internationaux – Vogue, Elle, Marie-Claire, Stern, Vanity Fair, The New Yorker –, il a imposé dès les années 1980 un style « porno chic » inspirant une gêne. 


« La force des photos d’Helmut Newton réside dans l’implacable rigueur de leur évidence… Chez lui, la force esthétique est sous-tendue par une volonté narrative qui en est la matrice », observe José Alvarez, directeur des Editions du Regard.

Pour la première rétrospective en France du photographe Helmut Newton depuis son décès en 2004, ont été réunies au Grand Palais, en 2012, plus de 200 images généralement narratives, dont un autoportrait en 1936, essentiellement « des tirages originaux ou vintage réalisés sous le contrôle d’Helmut Newton –polaroïds, tirages de travail de divers formats, œuvres monumentales -, des archives de presse », et le film Helmut by June réalisé par June Newton, épouse du photographe pendant soixante ans et photographe.


De Neustädter à Newton

Helmut Neustädter nait à Berlin en 1920, du deuxième mariage de sa mère.
En 1927, il rencontre « par le biais de son frère aîné, Erna la Rouge, « prostituée célèbre », « aux cheveux roux », aux « cuissardes rouges », et à la « cravache », souvenir qu’il relatera souvent comme une des scènes primitives de la construction de son imaginaire ».

En 1932, il achète avec ses économies son premier appareil photo, un Box Tengor Agfa, et prend ses premières photographies dans le métro.

Après les lois antisémites de Nuremberg, excluant notamment les enfants juifs des écoles allemandes, Helmut est inscrit à l’école américaine. Il ambitionne d’être caméraman de cinéma, comme son cousin Benett, ou à défaut photographe.

Helmut est placé par sa mère en 1936 comme apprenti chez la célèbre photographe Yva (Else Neuländer-Simon). Il apprend le portrait, le nu et la photographie de mode. Lors de la fermeture du studio, il pratique librement la photographie.

Remplacé par un Aryen à la direction de son affaire, Son père, est relégué à un poste de subalterne. Photographe et mentor, Yva perd la direction de son studio et refuse de quitter Berlin.

Avec l’argent tiré de la vente de leur voiture, la mère d’Helmut achète deux ans plus tard les billets pour fuir l'Allemagne.

Helmut quitte l’Allemagne le 5 décembre 1938. Il ne reverra jamais son père.

Il arrive à Singapour où il est recruté comme photographe mondain par le Singapore Straits Times. Sous le pseudonyme d’Helmut Marquis, il vit dans le luxe de l’hôtel Raffles et devient l’amant d’une femme riche plus âgée que lui, Josette Fabien.

En 1940, il se réfugie en Australie. Là, il est interné dans le camp de Tatura, près de Melbourne.

Il s’engage en 1942 dans l’armée australienne.

Après la Seconde Guerre mondiale, il devient citoyen australien en1946 et prend le nom de Helmut Newton, une traduction de son nom patronymique. Il gagne sa vie en réalisant des portraits et des photos de mariage. Il apprend la mort de son père.

Il rencontre en 1947 l’actrice June Brunell, un de ses modèles. Ils se marient le 13 mai 1948 à la cathédrale Saint-Patrick de Melbourne. Avant de l’épouser, Helmut Newton la prévient : « La photographie sera toujours ma priorité. Tu ne viendras qu’en seconde position ». « Helmut se disait fragile, il avait besoin d’une femme forte à ses côtés, à l’image de sa mère et de ces amazones qui l’ont toujours fasciné (Newton n’a jamais aimé les femmes « cent pour cent féminines », et son oeuvre est peuplé de femmes androgynes dont on sent la force), écrit Jérôme Neutres.

En 1957, Helmut Newton signe un contrat d’un an à Londres avec l’édition britannique de Vogue. Onze mois plus tard, il quitte cette ville pour Paris, et l’hôtel Boissy d’Anglas. Il essuie des échecs cuisants, notamment chez Elle, puis accepte une proposition pour Jardin des modes.

En 1959, ne s’habituant pas au travail en studio, il retourne en Australie, contre la volonté de June et achète une maison à Melbourne. Il renoue avec le Vogue australien.

A Paris, Newton travail en 1961 à plein temps pour le Vogue français, et publie parfois des photos dans l’édition anglaise.

La publication par le magazine Queen en 1964 des photos d’Helmut Newton sur la nouvelle collection Courrèges qui suscite la colère de la rédactrice en chef de Vogue, Françoise de Langlade. Celle-ci croyait détenir l’exclusivité et le contrôle des images de Newton. Newton est licencié. Il initie un travail plus personnel, pour Elle, Marie Claire, Nova, Queen… Des clichés qu’il publiera sous le titre de « Fired » (viré).

Le couple achète la petite maison d’un vignoble de Ramatuelle. C’est à Saint-Tropez que Newton effectuera de nombreuses prises de vues.

Rédactrice en chef de Vogue, Francine Crescent signe un contrat en 1966 avec Newton. Celui-ci devient un collaborateur permanent et libre du magazine.
Forte de sa campagne pour la marque de cigarettes Gitanes, June débute à partir de 1970 sa carrière de photographe sous le nom d’Alice Springs.

En 1971, Helmut Newton réalise des photographies à New York pour Vogue Etats-Unis. Il est victime d’une crise cardiaque causée par un rythme de vie épuisant.

La galerie Nikon à Paris présente sa première exposition monographique en 1975. Helmut Newton débute ses doubles prises de vues, « habillé/déshabillé ».


Il expose dès 1975 dans des galeries, musées - musée d’Art moderne de la Ville de Paris, « Mode et portrait » (1984-1985), National Portrait Gallery, « Helmut Newton – Portraits » (1988-1989), Maison européenne de la photographie, « Us and Them – Helmut Newton and Alice Springs » (1999), rétrospective de son oeuvre à la Neue Nationalgalerie de Berlin à l’occasion de son quatre-vingtième anniversaire (2000) – et festivals - Perpignan (France), Visa pour l’image, International Festival of Photojournalism - en Europe, aux Etats-Unis, au Japon.

En 1976 est publié son premier livre, White Women / Femmes secrètes, qui « provoque un scandale, et à propos duquel est employé pour la première fois le concept du « porno chic ».

En 1981, les Newton se fixent à Monte-Carlo. La galerie Templon Paris présente l’exposition des « Grands nus ».


Il est l’auteur Un monde sans hommes (Worlds without Men, 1984). Son autobiographie, Autoportrait, est éditée en 2002.

En 1987, Helmut Newton lance son magazine, le Helmut Newton’s Illustrated, dont June est la directrice artistique. Ce périodique comprendra quatre numéros.


Helmut Newton est distingué par le Grand Prix national de la photographie (1990) et promu commandeur dans l’ordre des Arts et Lettres par le ministère français de la Culture et de la Communication (1996).

Il réalise la série « Domestic nudes » au Château-Marmont, à Los Angeles (1992).

Depuis 1991, la célèbre photographe June Newton, alias Alice Springs, filme au jour le jour la vie et le travail de son mari avec un regard complice, imprégné d'humour et d'admiration. Son épouse tourne le film documentaire Helmut by June (1995).


En 2003, Helmut Newton signe un accord avec le gouvernement allemand et la ville de Berlin. Il élit comme siège de sa « fondation un bâtiment prussien de 1909 voisin de la gare du Zoo d’où il avait fuit Berlin en 1938 ».

Il décède le 23 janvier 2004 lors d’un accident de voiture : victime d’une attaque cardiaque, il perd le contrôle de sa Cadillac à Hollywood. Il meurt à l’âge de 83 ans.

La fondation Helmut Newton est inaugurée à Berlin en juin 2004.

Au  printemps 2013, June Newton et la Fondation Helmut Newton à Berlin ont offert à la Maison Européenne de la Photographie (MEP) "un ensemble exceptionnel de tirages d’Helmut Newton. Cette donation complète l’importante collection d’œuvres d’Helmut Newton conservée par la MEP et qui compte 120 tirages, fruit de trente ans de relations confiantes et amicales. Le "portfolio « Private Property Suite I-III » a été conçu par Helmut Newton en 1983. Il constitue une anthologie, en 45 tirages, de son travail des dix années précédentes. Ces images sont devenues pour la plupart des icônes : Elsa Peretti, New York, 1975, Woman into man, 1979, Self Portrait with Wife and Models, 1981, etc." Elles sont reproduites dans « Helmut Newton, Private Property » (éditions Schirmer Mosel, 1989). Helmut Newton avait réalisé ce projet à une époque où le marché de la photographie contemporaine en Europe était encore balbutiant. Il porta un soin tout particulier à la qualité de l’ensemble. Les tirages gélatino-argentiques virés au sélénium et réalisés par Thomas Consilvio en 1984, sous le contrôle de l’artiste, sont remarquables".

« Porno chic »
« D’abord simple illustration de catalogue, la photographie de mode sous l’impulsion d’Harper's Bazaar, de Vanity Fair ou de Vogue devient de plus en plus audacieuse. L’univers pictural d’artistes singuliers tels Newton, Sieff ou Avedon s’invite alors dans le quotidien des consommateurs ».

Une rétrospective d’Helmut Newton ? Non, pas vraiment. Cette exposition thématique - mode, nus, portraits - est focalisée sur la période la plus connue de ce photographe talentueux, de la fin des années 1960 aux années 1990. Jalonnée de clichés célèbres, souvent provocateurs et réalisés lors des 20-30 dernières années de sa longue carrière. Eclairée par des citations de l’artiste.

Donc les débuts de la carrière d’Helmut Newton sont occultés. On subodore la part matricielle du Berlin cosmopolite et nocture de l’enfance et de l’adolescence de Newton dans son oeuvre. On relève l’influence d’Hitchcok – scène célèbre de Cary Grant fuyant un avion dans La mort aux trousses (North by Northwest (1959) - dans ce jeune mannequin apeurée, vêtue de la dernière mode, poursuivie par un avion dans un paysage déserté et rural (British Vogue, Londres, 1967).

Et le visiteur peine à comprendre l’évolution de l’œuvre d’Helmut Newton vers ce qui signe sa marque : un style alliant beauté, luxe et érotisme, sous-tendu parfois de violence et suscitant souvent la gêne, le choc. Un mauvais goût et une volonté de déranger revendiqués.

La mode ? Selon Pierre Bergé, Yves Saint Laurent a donné le pouvoir aux femmes. Helmut Newton a trouvé dans les années 1980-1990 le cadre idéal de son oeuvre : le luxe raffiné de lieux prestigieux, l’argent érigé en valeur, la diffusion de films pornographiques par des télévisions, d’images scabreuses par des affiches publicitaires, de désinhibition et subversion tendance dans le langage – mots crus et grossiers - et le comportement, une mode marquée par des vêtements structurés aux épaules carrées, des femmes androgynes en smoking ou sculpturales, émancipées aux formes épanouies, élancées, assurées, conquérantes, dominatrices perchées sur des escarpins aux hauts talons aiguilles - stylisés par Christian Louboutin, ils complètent la silhouette ou la panoplie de la femme sexy -, détenant des éléments de pouvoir, arpentant un univers professionnel sans céder leur féminité, ne craignant pas le rapport de forces. « Ce sont des femmes qui, fortes de leur révolution sexuelle, assument la pleine liberté de leur corps, sans heure ni cadre, ouverte à tous les fantasmes ».


Les portraits. Politiciens - Margaret Thatcher (1991), Jean-Marie Le Pen et ses Doberman -, artistes - Salvador Dali malade à Figueras (Vanity Fair, 1986), Billy Wilder et sa femme Audrey (Los Angeles, 1985), Andy Warhol, Elisabeth Taylor, Catherine Deneuve à la lingerie raffinée (Esquire, 1976), Isabelle Huppert, (Hôtel Carlton, Cannes, 1976) -, marchands d’art et de chevaux de course - Daniel, Guy et Alec Wildenstein (1999) -, souverains et princesses – Son Altesse royale l’Aga Khan, les princesses Caroline et Stéphanie de Monaco (1986),  -, photographes - Brassai devant sa porte (1975), Leni Riefenstahl (Vanity Fair, 2000) -, égéries de mode et people - Loulou de la Falaise (Hôtel Pont-Royal, 1975), Claus von Bülow -… Controversés ou estimés, à l’aube, à l’apogée ou en fin de gloire, tous ont été saisis, quasi-croqués par Helmut Newton. Sans oublier de rares autoportraits (1936, 1981).


Les nus. La pratique du nu a évolué historiquement : « de support artistique pour la peinture et la sculpture au XIXe siècle, elle se mue en acte politique durant la libération sexuelle des années 60 ». Partiellement ou entièrement dévoilé - Charlotte Rampling (1973) -, le corps féminin est fragile et impressionnant, musclé et intimidant, capté et offert avec retenue.

Certaines photos révèlent un Newton féru d’histoire de l’art et aur regard enpreint de dérision : ainsi, est patente la référence à la vanité, genre pictural dans le cadre d’une nature morte savamment composée pour symboliser la précarité de la vie humaine, dans cette photo de deux mains - l’une ouvre un poulet rôti par le croupion, l’autre main près d’un couteau de boucher arbore une bague sertie d’un grand saphir et un bracelet orné de diamants (Vogue France, Paris, 1994) – ou de la radio d’une cheville entourée une chainette et hissée sur des talons aiguille (Rayon X, Van Cleffs & Arpels, Vogue France, 1994). Ou cette déclinaison de la Vénus au miroir (Toilette de Vénus) de Vélasquez (1660). Ou cette mise en abyme (Autoportrait avec June et modèles, Paris, 1981).


« Sulfureux, parfois choquant, l’œuvre de Newton a cherché à restituer la beauté, l’érotisme, l’humour, parfois la violence que sa sensibilité lui permettait de relever dans les rapports sociaux des mondes qu’il fréquentait : la mode, le luxe, l’argent, le pouvoir ».

Un « œuvre qu’il n’a eu de cesse de libérer de toute contrainte imposée, alors qu’il travaillait le plus souvent dans un cadre de « photographie appliquée » à la mode et aux portraits ».

« Helmut Newton, c’est l’irruption du militarisme prussien dans l’univers de la mode. Irruption ironique car les soldats en question n’ont pour seule armure que leurs longues jambes, leur tendre postérieur et leur ravissante silhouette... Dans les années 1970, le mouvement gay regorgeait de seyants costauds déguisés en SS, en tortionnaires, amoureusement enlacés à d’autres athlètes. Se grimer en brutes, en gestapistes, c’est ridiculiser le système d’oppression dans ses signes mêmes, comme si des bataillons entiers sombraient, par la grâce du travestissement, dans le dévergondage. Comme Hitler a lancé ses divisions blindées dans toute l’Europe, Newton a lancé ses légions de nus à l’assaut du monde, semant le trouble et la splendeur. S’il choque et fascine dès ses premières parutions, ce n’est pas pour avoir inventé le porno chic ou recyclé la quincaillerie SM, ce qui n’est déjà pas mal en soi ; c’est pour avoir introduit une rigueur implacable dans une époque qui valorise la spontanéité et l’improvisation. Le scandale fut esthétique avant d’être érotique. On trouve chez lui la fascination du bordel, l’amour du cabaret, du cirque, l’influence des films de Murnau, du mouvement des garçonnes des années 1930, aux cheveux courts, et même, plus lointaine, une réminiscence du futurisme, de ces visages tendus vers l’avenir, amoureux de la vitesse, du progrès. Tout l’élan de la première modernité est là, en arrière-fond…. Tout dans ces clichés est énergie, puissance, mouvement... Les muscles sont durs, rigides comme des lances, tous les instruments du plaisir peuvent devenir des armes », a estimé Pascal Bruckner.
Après le Grand Palais, le musée de la photographie à Berlin  a rendu hommage au photographe Juif Helmut Newton (1920–2004) en montrant l'exposition Helmut Newton: World without Men / Archives de Nuit.

En 2013-2014, la Maison de la Photographie a présenté Helmut Newton & Alice Springs. Collection de la Maison Européenne de la Photographie, Paris. Une exposition réalisée en partenariat avec la Maison Européenne de la Photographie et qui présentait les plus célèbres photos de mode d'Helmut Newton dans les années 1960 à 1980, et des portraits réalisés par les deux artistes.
"Je perçois la vérité et la simplicité des portraits d'Alice Springs. Quant à moi je reconnais la part de manipulation et de parti pris qui existe dans mes images” disait Newton.

Helmut Newton "est aujourd'hui reconnu comme l’un des plus grands auteurs de la photographie du XXème siècle. Ses photographies de mode sophistiquées, ses portraits de célébrités et ses nus audacieux, bouleversent le monde des magazines dans les années 1960, avant de se retrouver sur les cimaises des musées quelques décennies plus tard. Il sera accompagné pendant toute sa carrière par celle qui fut son épouse pendant 56 ans, de leur mariage en 1948 jusqu'à la disparition de Newton en 2004. Celle-ci est devenue une formidable portraitiste sous le nom d'Alice Springs. Ces deux artistes formaient un couple fusionnel où chacun respectait et admirait le travail de l'autre".

Pour son cinquantième anniversaire, le célèbre "calendrier de charme" de la marque italienne de pneumatiques Pirelli a choisi douze photographies inédites, en noir et blanc, datant de 1985, réalisées en Toscane (Italie) et à Monte-Carlo, d'Helmut Newton. Pour des raisons personnelles, Helmut Newton n'avait pu réaliser tout le projet. Et la filiale britannique de Pirelli publia son calendrier avec des photographies du photographe américain  Bert Stern (1929-2013). Vingt-neuf clichés des coulisses des séances photos sont ajoutées au calendrier 2014 de Pirelli.

En 2014, Mind’s Eye Galerie Adrian Bondy a présenté "Au confluent d'un rêve et d'une réalité”,  portraits photographiques. Une exposition collective avec notamment un cliché d'Helmut Newton. Une "présentation du portrait photographique dans toute sa diversité : portraits de studio ou de rue, portraits posés ou instantanés, portraits de groupes ou d'individus, portraits de célébrités ou d'inconnus, portraits anciens ou contemporains, portraits signés ou anonymes".

Pour son dixième anniversaire, la Fondation Helmut Newton a présenté à Berlin (Allemagne) ces deux expositions “Us and Them” d'Helmut Newton/Alice Springs et “Sex and Landscapes” dédiées aux travaux de June Newton, connue sous son nom d'artiste d'Alice Springs, et de son époux Helmut Newton, présentés pour la première fois depuis l'ouverture du musée.

"In June 2014 the Helmut Newton Foundation celebrates its tenth year anniversary. The museum first opened its doors with the exhibitions "Us and Them" and "Sex and Landscapes," which were selected by Helmut Newton shortly before his death. Now, ten years later, foundation president June Newton (a.k.a. Alice Springs) has chosen the same combination.

"Us and Them" is a joint exhibition and book project by Helmut and June Newton. A photographic journal of their life together, the project includes self-portraits, at times intimate, reciprocal portraits, as well as photographs of actors, artists, and other prominent figures of the times. Taken during the 1980s and 1990s at separate sittings, the photographs of the international jet set by Helmut Newton and Alice Springs are presented side-by-side in pairs.

The exhibition "Sex and Landscapes" brings together large-format landscapes and nude photographs taken in black-and-white and color between 1974 and 2001. Overclouded seascapes and breaking waves outside Monte Carlo or neo-baroque Madonna figurines in small Italian towns mingle with nudes in glamorous and provocative scenes of erotic obsession, played out by a female cast".

Cette fondation propose l'exposition permanente Helmut Newton's Private Propertyainsi que Helmut Newton: Sex and LandscapesNewton, Nachtwey, Lachapelle: Men, War & PeacePigozzi and the Paparazzi, et Helmut Newton PolaroidsPhoto Shanghai, foire artistique organisée par la World Photography Organisation (11-13 septembre 2015), présente les œuvres d'artistes célèbres, dont Helmut Newton.

La Fondation Helmut Newton a présenté à Berlin (Allemagne) l'exposition Helmut Newton: Pages from the Glossies | Greg Gorman: Color Works. "The exhibition “Pages from the glossies” offers us a new perspective on many of helmut newton’s iconic photographs. spanning more than four decades, the images are presented as facsimiles of the original magazine pages in which they were first published, between 1956 and 1998. during this considerable length of time, newton was regularly commissioned by publishers and editors from renowned magazines around the world to impart his version and vision of contemporary fashion. this continuity remained an exception in the otherwise fleeting fashion business".

"Photographs that would later become celebrated and coveted were first published in the context of fashion editorials for the likes of vogue, elle, queen, and stern. in 1998, Newton compiled a selection of these images in his book, pages from the glossies. The Helmut Newton foundation is presenting the first-ever exhibition of these single- and double-paged images featured in this book, exhibited as enlarged facsimiles. they include the original headlines, page numbers, commentary, and captions from the magazines they originally appeared in. this presentation remains true to its source, showcasing more than 230 magazine pages and nearly 500 individual pictures. some of them have never before been exhibited. as published prints approved by helmut newton, they too are considered a legitimate part of his oeuvre. This comprehensive exhibition of newton’s work will again be accompanied by the work of another photographer: greg gorman shows in june’s room color portraits of prominent musicians, visual artists, and actors, mostly hailing from the united states, including david bowie, Grace Jones, Andy Warhol, and Julianne Moore".


Le 1er juin 2016, la Fondation Helmut Newton présentera l’exposition Alice Springs: The MEP Show. Helmut Newton: Yellow Press. Mart Engelen: Portraits. "Under the pseudonym Alice Springs, June Newton, the widow of the legendary photographer of fashion and nudes, also worked as a photographer, with a particular focus on portraiture. helmut newton and alice springs often exhibited their work together, most notably in their joint project “us and them.” the first alice springs retrospective was presented at the helmut newton foundation in berlin in 2010.

"Now her second retrospective, organized in 2015 by the Maison européenne de la photographie (MEP) in paris, will also be shown in Berlin, showcasing more than 100 portraits she has made of fellow photographers like Richard Avedon, Braissaï, Ralph Gibson, and naturally helmut newton, as well as other prominent figures like Nicole Kidman and luciano pavarotti. the intense portraits, both in black & white and in color, are complemented by an expansive series of street photographs Alice Springs shot along Melrose avenue in los angeles, where she documented the californian punk and hip-hop scene in the 1980s. Helmut Newton did not only work exclusively for fashion magazines and designers. he also nurtured an interest in offbeat subjects, paparazzi pictures, police photography, and crime stories, in short: “yellow journalism.” the exhibition “yellow press”, which was compiled and first presented by the photographer himself in 2002 at his former gallery in zürich, is an eclectic mix culled from works realized between 1973 and 2002. it includes several photo series that were never published in newton’s books during his lifetime, for example his series “self-appropriation”, a nude series about “lolita” for playboy magazine, and a documentation of court proceedings in Monaco that he shot for paris match. many of the motifs we encounter here would not customarily be associated with helmut newton, allowing them all the more to enrich the general image we have of newton and his work. Once again, helmut newton’s wish to invite a photographer to exhibit in “June’s room” will be posthumously fulfilled. amsterdam-based photographer mart engelen, who also publishes an exclusive photography magazine, will show more than 20 black & white portraits from the contemporary cultural scene, inspired by french film noir and including the likes of writer michel houellebecq, visual artists gilbert & george, and musician pete doherty".


Quelques citations d’Helmut Newton

« Mes photos sont rigoureusement programmées, mais je suis attentif à l’événement qui peut surgir. La mise en scène est facilitée du fait que je travaille avec des mannequins professionnels, ce qui exclut toute justification psychologique ou morale. Mes instructions étant d’une grande simplicité, elles réclament une réponse mécanique. Le plus important étant le choix du modèle. Ce choix est brutal, irrationnel, mon rapport au mannequin est exclusivement fonction du résultat escompté, de la photo visualisée. Durant le temps de la prise de vues la fille devient ma créature. Par ailleurs, on dispose devant moi les plus belles femmes du monde dans la perfection du travail des meilleurs coiffeurs, maquilleurs etc., qui leur donne qualité d’oeuvre d’art. Ces excès par lesquels une femme peut devenir belle m’intéressent. J’ai souvent, et avec obstination, tenté “l’instant décisif”, en échouant douloureusement. Je rejette la spontanéité. »

Série FIRED
« Au cours de l’été 1964, Courrèges présenta une collection qui fit sensation. Je travaillais avec Claire Rendlesham sur les collections de haute couture pour Queen magazine. […] C’était un scoop. […] Quand tous les magazines sont sortis, avec leurs articles sur les collections de haute couture de la saison, Françoise de Langlade, la rédactrice en chef de Vogue, m’a fait venir dans son bureau. Elle était furieuse, vraiment furieuse. Elle avait le numéro de Queen sur son bureau, elle l’a pris et a frappé la table en disant : “Helmut, qu’est-ce que ça veut dire ?” […] Nous avons eu une terrible altercation ; elle m’a viré sur l’heure et pendant deux ans j’ai trouvé refuge à « Elle magazine ».
Helmut Newton Autobiography, Londres, Duckworth, 2003, p. 172-173

Série FASHION
« Une bonne photographie de mode doit ressembler à tout sauf à une photographie de mode. À un portrait, à une photo souvenir, à un cliché de paparazzi… »
Helmut by June, 18’24’’

Section DRESSED/UNDRESSED
« Les “Grands Nus”, commencés en 1980, m’ont été inspirés par des photos d’identité judiciaire de terroristes allemands. J’en ai réalisé vingt et une, par intermittence, jusqu’en 1993. C’est aussi en 1980 que je me suis lancé dans les “Nus et habillés”, que j’ai fini par abandonner en 1990 parce que l’exercice était techniquement trop difficile ».
Helmut Newton Autobiography, Londres, Duckworth, 2003, p. 251

Série KODAKROME
« Rien n’a été retouché, rien n’a été modifié par des moyens électroniques. J’ai photographié ce que j’ai vu ».
Helmut Newton Work, Cologne, Taschen, 2000, p. 29

Section EROTISM
« J’adore la vulgarité. Je suis très attiré par le mauvais goût, plus excitant que le prétendu bon goût qui n’est que la normalisation du regard. Si le monde de l’art me rejette, je ne peux que dire : “Good luck to the world of art.” Si je cherche la vérité d’un point de vue, je ne vais pas me conformer à ce que l’art accepte ou non. Les mouvements sado-maso, par exemple, me paraissent toujours très intéressants ; j’ai en permanence dans le coffre de ma voiture des chaînes et des menottes, non pas pour moi mais pour mes photos ».
Conférence de presse, 1984, Autriche


Série PORTRAITS
« J’aime photographier les gens que j’aime, ceux que j’admire et ceux qui sont célèbres, surtout quand c’est pour de mauvaises raisons ».
Helmut Newton Work, Cologne, Taschen, 2000, p. 131


Section SPECIALS
« J’aime et recherche les réactions. Je n’aime ni la gentillesse ni la douceur. La volonté de provocation ne répond pas au désir de provoquer, mais certains sujets me sont nécessaires afin de créer de nouveaux effets photographiques, de nouvelles tensions visuelles qu’ils m’autorisent. La seule provocation que je déteste est celle de l’image surréaliste. Elle n’a pas sa place dans mon univers ».
Du 4 juin au 16 novembre 2014
A la Fondation Helmut Newton
Museum of Photography

Du 19 février 2014 au 26 avril 2014
MIND’S EYE GALERIE ADRIAN BONDY
221, rue Saint Jacques. 75005 Paris
Tél. : 06 85 93 41 92
Du mercredi au samedi de 15 h à 19 h.  Vernissage le 22 février 2014 
Du 12 décembre au 26 janvier 2014
A la Maison de la Photographie
28 rue Pierre Legrand - 59000 Lille
Tél. : 03 20 05 29 29
Du lundi au vendredi de 10h à 18h. Le samedi de 14 h à 18 h. Le 26 janvier 2014 de 14 h à 18 h.

Jusqu'au 13 octobre 2013
Au musée de la photographie à Berlin rend hommage à ce photographe

Jusqu’au 30 juillet 2012
Au Grand Palais
Galerie Sud-Est
3, avenue du Général Eisenhower. 75008 Paris
Entrée : avenue Winston Churchill. 75008 Paris
Ouverture tous les jours, sauf le mardi, de 10 h à 22 h
Tél. : +33 (0)1 44 13 17 17 (serveur vocal)

Visuels :
Affiche de l’exposition
© Affiche Réunion des musées nationaux – Grand Palais
Photo : Yves Saint Laurent, Vogue France, Rue Aubriot, Paris 1975
© Helmut Newton Estate

Elle, 1968
© Helmut Newton Estate
Sie Kommen (Elles arrivent), Vogue France, Paris, 1981
© Helmut Newton Estate

While others were taken at a vineyard in Tuscany
Photo By Pirelli/Helmut Newton

Affiche
Alice Springs, Chateau Marmont, Hollywood, 1991
© Helmut Newton Estate © Alice Springs

Alice Springs
Helmut Newton
Monte Carlo, 1987
© Alice Springs

Helmut Newton
Castello di Rivoli
Turin, 1998
© Helmut Newton Estate

Articles sur ce blog concernant :

Les citations sont extraites du dossier de presse.
Cet article a été publié le 27 juillet 2012, puis les 11 juillet et 15 septembre 2013, 24 janvier, 18 février, 24 avril et 14 novembre 2014, 9 septembre 2015. Il a été modifié le 30 septembre 2016.

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