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dimanche 2 août 2020

William Wyler (1902-1981)


William Wyler (1902-1981) était un réalisateur et producteur juif américain né en Alsace. L'Insoumise, Les Plus Belles Années de notre vie, L'Héritière, Vacances romaines, Les Grands Espaces, Ben-Hur, distingué par onze Oscar, figurent dans la filmographie de cet auteur hollywoodien polyglotte à la carrière s'étendant sur quarante ans, du cinéma muet aux années 1970. Arte diffusera le 3 août 2020 « L'héritière » de William Wyler.



Willi, dit William Wyler (1902-1981) est né dans une famille juive - père mercier suisse prospère, mère allemande cousine de Carl Laemmle, fondateur de Universal Pictures - à Mulhouse, en Alsace alors dans l’Empire allemand.

Il étudie le violon au Conservatoire de Paris.

Âgé de 18 ans, il se rend en 1920 à New York à l'invitation de Carl Laemmle. Il gravit les échelons dans la firme cinématographique américaine Universal Pictures, et en 1922 arrive à Hollywood.


En juillet 1925, il débute comme réalisateur d'un western, court métrage de deux bobines, The Crook Buster. Pendant presque cinq ans, il tourne des séries-B, à petits budgets.

En 1929, William Wyler réalise son premier film de série "A", Far West (1929), le premier film entièrement parlant et tourné hors d'un studio par Universal. Ce western, première version de l'histoire des "Three Godfathers" est un succès critique et commercial.


Les Etats-Unis traversent la Grande Dépression, éprouvant notamment pour l'industrie cinématographique. En 1932, Universal a été mise sous séquestre en raison notamment des problèmes induits par le népotisme - 70 membres de la famille Laemmle, dont William Wyler, étaient employés en même temps par Universal - et les coûts de production élevés du producteur Carl Laemmle Jr, fils du patron. En 1935, "l'oncle" Carl est contraint de vendre le studio qu'il avait créé en 1912 lors de la fusion de son Independent Motion Picture Co. avec d'autres sociétés de production.

William Wyler dirige pour Universal Le grand avocat (1933), adaptation cinématographique de la pièce d'Elmer Rice avec John Barrymore, et The Good Fairy (1935), comédie adaptée d'une pièce de Ferenc Molnár par Preston Sturges et interprétée par Margaret Sullavan, qui fut la femme de Wyler de 1934 à 1936. Les deux films ont été produits par son cousin, "Junior" Laemmle.

Au milieu des années 1930, William Wyler s'est imposé comme un réalisateur majeur quand il réalise des films pour le producteur indépendant Samuel Goldwyn. Il a vite vu sa liberté réduite par l'homme à la légendaire "touche Goldwyn", qui obligeait ses réalisateurs à remanier, réécrire et recouper leurs films, et parfois les remplaçait pendant le tournage.


William Wyler réalise "These Three" (Ils étaient trois, 1936) avec Miriam Hopkins, Merle Oberon et Joel McCrea, d'après la pièce de théâtre de Lillian Hellman "The Children's Hour" (1934) évoquant, dans le respect du Code Hays, un amour lesbien. En 1961, il en tourne un remake, La Rumeur, avec Audrey Hepburn, Shirley MacLaine, James Garner et Miriam Hopkins.

William Wyler signe son premier succès pour Goldwyn, Dodsworth (1936), une adaptation du portrait par Sinclair Lewis d'un mariage américain en voie de désintégration. Il est sélectionné pour l'Oscar du meilleur réalisateur. 

"William Wyler, A Talent for Trouble" de Jan Herman est remarquable. Les lettres, les textes qu’écrivait Wyler avant certains films révèlent un esprit très aigu, très intelligent qui pose toutes les bonnes questions. On découvre un cinéaste qui loin de suivre un découpage pré-établi, improvise parfois, change, fait réécrire des scènes pendant le tournage, réécrit lui même sur le plateau des séquences en mélangeant plusieurs versions d’un scénario... On découvre aussi un homme passionné, digne, luttant contre la Censure, se battant pour la démocratie. Quelques découvertes surprenantes : en fait Samuel Goldwyn ne voulait faire aucun des trois Wyler qui comptent parmi ses plus grands succès (Les Hauts de Hurlevent dont il abîma la fin en imposant les derniers plans) ou ses plus grandes réussites (Dodsworth, Les plus belles années de notre vie). A la place de ce film, il voulait imposer à Wyler une biographie de Eisenhower. Que reste-t il de Goldwyn en dehors des Wyler réussis : une pléthore de films oubliés et souvent détestables", a analysé le réalisateur Bertrand Tavernier.


Bertrand Tavernier de poursuivre : "Et j’ai passé de grands moments à revoir un bon nombre de Wyler à commencer par Dodsworth, un des quatre ou cinq chefs d’œuvre des années 30. Pendant une grande partie du film, il est quasi impossible de déceler les origines théâtrales du projet. Sous l’impulsion de Wyler, Sydney Howard qui adapte sa pièce tirée d’un roman de Sinclair Lewis, enchaîne une suite de scènes rapides, elliptiques, ramassées, riches en sous-entendus mais dialoguées de manière naturelle, sans tirade et se déroulant dans les lieux les plus divers : bureaux d’usine, intérieur d’une maison américaine provinciale et cossue, cabines, pont, salle à manger d’un transatlantique, suite d’hôtels, terrasse de cafés parisiens. La vivacité de la narration entraîne une incroyable économie visuelle. Durant ce voyage à l’étranger qu’un industriel, Dodsworth (Walter Huston), effectue sous la pression de sa femme, la caméra épousant le point de vue du personnage principal, ne fait jamais de tourisme. Certains décors sont traités de manière allusive, en peu de plans, en utilisant quelques éléments symboliques (une coursive, une terrasse de café). Le film est très adulte dans son traitement du divorce, très audacieux et il bafoue nombre d’interdits du code : le héros convole avant même que la séparation soit officielle."


"Dead End" en revanche ne me convainc toujours pas. Certes le scénario ne mâche pas ses mots sur les conditions de travail, les ateliers de sueur, l’insalubrité des logements ouvriers ou modestes, les salaires infimes. Wyler toute sa vie a bataillé contre les inégalités sociales et aussi contre la censure. Mais là, il est vaincu par Goldwyn qui l’oblige à tourner en studio (alors qu’il avait choisi des extérieurs réels), dans un décor somptueux qui écrase tout, fige et théâtralise l’action malgré le jeu nuancé de Joel McCrea et de Sylvia Sidney. Quand Wyler salissait le décor, Goldwyn le faisait nettoyer pendant la nuit, et il quitta le film. Le producteur le remplaça par Lewis Milestone mais Lilian Hellman (dont le portrait est chaleureux) et l’auteur de la pièce Sidney Kingsley (Detective Story) se solidarisèrent avec le réalisateur qui reprit le tournage tout en disant qu’il avait perdu une bataille avec ce film", considère Bertrand Tavernier.


Avec Bette Davis, William Wyler réalise L'insoumise (Jezebel, 1938) avec Henry Fonda et La lettre (The Letter, 1940) pour Warner Bros. et La vipère pour Goldwyn (1941). "Les compositions des images de Wyler présentaient souvent plusieurs plans horizontaux avec divers personnages disposés en diagonale à des distances variables de l'objectif de l'appareil photo. Créant une illusion de profondeur, ces prises de vue au foyer profond renforcent le naturalisme de l'image tout en accentuant le drame... William Wyler est pionnier dans l'utilisation de la cinématographie à focalisation profonde, notamment avec le cameraman éclairagiste Gregg Toland". Une profondeur de champs utilisée par Gregg Toland dans Citizen Kane d'Orson Welles.

William Wyler a remporté son premier Oscar en tant que Meilleur réalisateur avec "Mrs. Miniver" (1942) pour la MGM, qui a aussi reçu l'Oscar du Meilleur film. Le film montre les difficultés d'une famille de la classe moyenne britannique durant la Bataille d'Angleterre. Le Président démocrate  américain Franklin D. Roosevelt, après avoir vu le film lors d'une projection à la Maison Blanche, a déclaré : "Il faut le montrer tout de suite". Ceci, afin de préparer les Américains aux épreuves qu'ils traverseront durant le conflit. La cérémonie des Oscar a aussi distingué Greer Garson, Meilleure actrice, Theresa Wright, Meilleure actrice dans un second rôle, le directeur de la photographie Joseph Ruttenberg et les scénaristes George Froeschel, James Hilton, Claudine West et Arthur Wimperis.


William Wyler s'est engagé comme officier dans l'Armée de l'air américaine. Il a réalisé deux documentaires, dont un de propagande sur un bombardier B-17, Le Memphis Belle, histoire d'une forteresse volante (The Memphis Belle: A Story of a Flying Fortress, 1944).  "The Memphis Belle" évoque le bombardier B-17 éponyme lors de son 25e et dernier raid aérien effectué depuis une base en Angleterre. Ses images de batailles aériennes ont été tournées au-dessus du ciel de l'Allemagne par Wyler et son équipe dont un membre, qui photographiait à partir d'un autre avion, a été tué pendant le tournage des batailles aériennes. Wyler a perdu l'ouïe de l'oreille droite et est devenu partiellement sourd de l'autre en raison  du bruit de la DCA autour de son avion. 

Le combattant (The Fighting Lady, 1944) sur le porte-avions américain USS Yorktown (CV-10) obtient l'Oscar du Meilleur film documentaire en 1945.


William Wyler "remporta une grande victoire avec Les plus belles années de notre vie où Goldwyn ne put intervenir. Oliver Stone déclarait que ce film admirable n’aurait pas été financé un an plus tard. Wyler qui revenait de la guerre y a insufflé une urgence, une passion (et des moments autobiographiques) qui, quelques mois plus tard, auraient été dénoncés comme de la propagande communiste. D’ailleurs une scène très puissante en jette les prémisses. Elle s’inspire de ce qui arriva à Wyler, lors de son retour à Washington. Il entendit un portier d’hôtel lui dire après avoir raccompagné un client : « Voilà un youtre de moins » et Wyler lui déclara : « Vous avez parlé à la mauvaise personne » et le cogna. Il fut dénoncé. Comme il était en uniforme, on le menaça du conseil de guerre. « Je me suis battu pendant 18 mois contre des gens qui parlaient ainsi. » On lui répondit que pour l’armée américaine « youpin, youtre » n’étaient pas des insultes", relate Bertrand Tavernier. Bouleversante, la scène soudainement muette du retour chez lui du personnage incarné par Fredric March révèle à elle seule le génie du réalisateur, la subtilité du jeu de la si distinguée Myrna Loy, la sensibilité retenue de ce grand comédien et l'intense émotion des retrouvailles d'une famille américaine séparée pendant des années par l'engagement militaire du mari et père durant la Deuxième Guerre mondiale.

"J’ai adoré revoir Mrs Miniver, Hell’s Heroes, la meilleure version des Three Godfathers, The Westerner où Gary Cooper et Walter Brennan ont des moments de grâce avec des couleurs très rares et très subtiles, et The Liberation of Lb Jones. Ce chant du cygne est un grand film engagé, radical où Wyler exprime sa haine du racisme et aussi du Sud qu’il détesta. Il abandonna le documentaire qu’il devait tourner pour Capra sur les Noirs dans l’armée parce qu’il n’avait pas le droit de rester dans les mêmes pièces, les mêmes bars ou restaurants que son co-scénariste noir. Et le racisme qu’il constata dans l’armée l’horrifia. La colère resurgit dans ce film où l’on ne trouve aucun compromis (le rapprochement Poitier-Steiger dans Dans la chaleur de la nuit qui faisait enrager James Baldwin). L’un des flics assassins blancs qui ont tué et lynché un Noir, ne sera jamais poursuivi par la justice qui l’a identifié. L’autre sera exécuté par un jeune noir qui parviendra à s’en sortir. C’est un des seuls films de l’époque avec deux meurtres impunis. Et le jeune avocat repartira dans le Nord. On a l’impression d’un premier film tant est fort le sentiment d’urgence et cette œuvre bat en brèche ce que je disais dans la précédente chronique sur le déclin de certains cinéastes. Le Wyler de Lb Jones, le Huston de The Dead, le de Toth de Play Dirty sont des exceptions aux USA. Musique très efficace d’Elmer Bernsteiné", a analysé le réalisateur Bertrand Tavernier.  


« L'héritière »
« L'héritière » (Die Erbin) de William Wyler (1949) est interprété par Ralph Richardson (Dr. Austin Sloper), Olivia de Havilland (Catherine Sloper), Montgomery Clift (Morris Townsend), Miriam Hopkins (Lavinia Penniman), Vanessa Brown (Maria), Mona Freeman (Marian Almond), Ray Collins (Jefferson Almond).

Le film est adapté par les scénaristes Ruth et Augustus Goetz de leur pièce de théâtre (1947) transposant sur scène le roman d'Henry James Washington Square (1880). Un succès à Broadway.


En 1996, The Heiress a été choisi pour être préservé dans le United States National Film Registry par la Library of Congress comme étant "culturellement, historiquement, ou esthétiquement significatif".

« Un père s’oppose au mariage de sa fille, persuadé que son prétendant n’en veut qu’à sa fortune... Avec Olivia de Havilland et Montgomery Clift, un drame psychologique élégant et cruel réalisé en 1949 par William Wyler ("Ben-Hur", "Vacances romaines") »

« New York au mitan du XIXe siècle. Le richissime docteur Sloper, veuf depuis de longues années, désespère de marier sa fille Catherine, qui ne brille ni par sa grâce ni par sa conversation. Lors d’un bal, cette dernière est courtisée par Morris Townsend, un jeune homme aussi beau que désargenté. Quelque temps plus tard, Morris demande la main de Catherine. Mais le docteur Sloper, persuadé d’avoir affaire à un coureur de dot, la lui refuse et entraîne sa fille en Europe. À leur retour, les amoureux se retrouvent, toujours déterminés à se marier. Menaçant sa fille de la déshériter, le père de Catherine lui avoue le fond de sa pensée : au regard de ses attraits limités, Morris ne peut que convoiter sa fortune… »

« La manifestation du mépris réprimé de son père, habité par le souvenir idéalisé de sa défunte épouse, et la perte de ses illusions amoureuses conduiront la timide Catherine sur la voie de l’émancipation. "Je peux être très cruelle. J’ai été à l’école des plus grands maîtres", dira-t-elle à sa tante (formidable Miriam Hopkins) à l’heure de la revanche ». 

« Malmenée par le shakespearien Ralph Richardson et l’irrésistible Montgomery Clift, dont le jeu dépouillé diffuse une troublante ambiguïté, Olivia de Havilland, justement oscarisée, évolue de la vulnérabilité à l’implacabilité avec une justesse époustouflante. » 

« Direction d’acteurs impeccable, décors et cadrages soignés, complexité psychologique…: avec "L’héritière", adapté d’une pièce de théâtre de Ruth et Augustus Goetz, elle-même tirée du roman d’Henry James "Washington Square", William Wyler ("Ben-Hur", "Vacances romaines") signe un mélodrame aussi cruel que subtil, et l’une de ses plus belles réussites ».

William Wyler "décide de couper toute une tirade à la fin de L'Héritière juste avant de tourner la scène", indique Bertrand Tavernier. 

« A la fin du XIXème siècle, Catherine Sloper vit dans une riche demeure de Washington Square en compagnie de son père, un veuf richissime et tyrannique. La jeune fille, timide et sans grands attraits, fait la rencontre du séduisant Morris Townsend lors d’un bal. Le jeune homme lui fait aussitôt une cour empressée. Devenant un habitué de la maison des Sloper, il demande la main de Catherine à son père. Mais, celui-ci ne tarde pas à accuser le jeune homme d’être un coureur de dot et refuse… », a résumé Olivier Père.

Et d’analyser : « William Wyler n’est toujours pas sorti du purgatoire de la cinéphilie. Jamais un cinéaste américain n’a été autant admiré et couvert de lauriers de son vivant puis méprisé et oublié par les générations suivantes. Son œuvre suscite au mieux un ennui poli, et le cinéaste est désormais considéré comme un parangon d’académisme impersonnel. C’est assez injuste et Wyler mérite d’être redécouvert, et certains de ses films, pas forcément les plus célèbres, réévalués. Mais ses grands succès sont aussi à la hauteur de leur réputation : Les Plus Belles Années de notre vie (1946) est un chef-d’œuvre tandis que Ben-Hur (1960), l’une des plus spectaculaires superproductions hollywoodiennes jamais réalisées, continue de ridiculiser les blockbusters contemporains. »

Et de poursuivre : « L’Héritière appartient à la série des films de prestige que Wyler réalisa dans les années 30 et 40, productions en costumes adaptées d’œuvres littéraires. Le film s’inspire d’une pièce de théâtre, elle-même tirée du roman de Henry James « Washington Square ». Cette histoire cruelle se déroule presque entièrement dans une demeure de la haute société new-yorkaise. Wyler renforce ce sentiment d’enfermement par son utilisation subtile des décors tandis que sa mise en scène privilégie les longs plans et accentue la profondeur de champ. Ainsi Wyler ne cherche pas à effacer les origines théâtrales de son film mais les intègre au contraire dans sa gestion de l’espace et du cadre, remarquables. L’Héritière repose sur des bases solides, mais l’ensemble est transcendé par la qualité exceptionnelle de l’interprétation, confiée à un quatuor de comédiens venus d’horizons divers : le shakespearien Ralph Richardson dans le rôle du père, Miriam Hopkins dans celui de la tante, le jeune Montgomery Clift dans celui du prétendant ambigu et Olivia de Havilland dans celui de l’héritière."


Et Olivier Père de conclure : "Olivia de Havilland qui fut l’une des incarnations du glamour hollywoodien à l’écran est géniale dans ce rôle de composition, enlaidie par le maquillage pour interpréter une jeune femme au physique ingrat et aux manières maladroites. Elle justifie à elle seule le visionnage de L’Héritière. C’est de la belle ouvrage. Wyler se montre peut-être sans génie mais son perfectionnisme et la précision de sa direction d’acteurs accouchent d’un excellent drame psychologique, quintessence du « women’s picture ». La performance d’Olivia de Havilland fut récompensée par l’Oscar de la meilleure actrice en 1950. L’actrice américaine a fêté son cent quatrième anniversaire le 1er juillet » et est décédée le 26 juillet 2020 à l'âge de 104 ans.

Libertés

Durant le maccarthysme, William Wyler co-fonde, avec Myrna Loy, John Huston et Philip Dunne, le Comité pour le premier amendement. 

Pour garantir son indépendance à l'égard des studios hollywoodiens, il fonde avec George Stevens et Frank Capra, la société de production, Liberty Film. 

Mais les échecs commerciaux de La Vie est belle, L'Enjeu et Si l'on mariait papa de Capra conduisent au dépôt de bilan en 1948.

Audrey Hepburn
En 1953, Roman Holiday (Vacances romaines), de Willam Wyler - Dalton Trumbo, Ian McLellan Hunter et John Dighton ont co-écrit le scénario, Henri Alekan et Franz Planer, ASC sont les directeurs de la photographie - rend mondialement célèbre Audrey Hepburn.

Elle est alors la première actrice à gagner un Academy Award, un Golden Globe et le BAFTA Award pour son rôle dans ce film. Durant le tournage, pressentant que ce film ferait de sa jeune collègue une vedette, Gregory Peck insiste auprès des producteurs pour que le nom d'Audrey Hepburn figure au-dessus du titre du film et en caractères de même taille que le sien. Ce qu'il obtient.

William Wyler retrouvera Audrey Hepburn pour 
La Rumeur (The Children’s Hour) en 1961 et pour "Comment voler un million de dollars" (How to Steal a Million) en 1966. Une comédie interprétée aussi par Peter O'Toole, Hugh Griffith et Eli Wallach.


"Ben-Hur"
Après avoir tourné Un amour désespéré (1952), La maison des otages (1955), La loi du Seigneur (1956) et Les grands espaces (1958), William Wyler tourne "Ben-Hur" (1959), un remake du film de 1925 réalisé par Fred Niblo dont il était assistant. Succès populaire, le film, qui remporta onze Oscar dont celui de Meilleur réalisateur, est interprété par Charlton Heston, Jack Hawkins, Haya Harareet et Stephen Boyd.


Des films suivant, retenons L'obsédé (The Collector, 1965) avec Terence Stamp, Samantha Eggar et Mona Washbourne, Funny Girl (1968), pour lequel Barbra Streisand comme Audrey Hepburn quinze ans plus tôt, a reçu un Oscar dans son premier rôle principal et On n'achète pas le silence (1970).

Célèbre pour son exigence, son perfectionnisme et ses nombreuses prises, William Wyler a été surnommé "Once-More Wyler" (Une de plus Wyler). Mais Laurence Olivier a manifesté de la reconnaissance à son égard car ce réalisateur a appris à ce grand comédien, habitué des grandes scènes britanniques, à jouer pour un film durant le tournage des Hauts de Hurlevent (1939).

William Wyler a été distingué par trois Oscar. Marié en 1938 avec l'actrice Margret Tallichet - le couple a eu cinq enfants -, il a mis fin dans les années 1970 à sa carrière. de ses cinq enfants, se contentent de voyager. 


« L'héritière » de William Wyler
Etats-Unis, 1949
Auteur : Henry James
Scénario : Ruth Goetz, Augustus Goetz
Production : Paramount Pictures
Producteur/-trice : William Wyler
Image : Leo Tover
Montage : William Hornbeck
Musique : Aaron Copland
Costumes : Edith Head et Gile Steele
Avec Ralph Richardson (Dr. Austin Sloper), Olivia de Havilland (Catherine Sloper), Montgomery Clift (Morris Townsend), Miriam Hopkins (Lavinia Penniman), Vanessa Brown (Maria), Mona Freeman (Marian Almond), Ray Collins (Jefferson Almond)
Sur Arte le 3 août 2020 à 20 h 55
Visuels : © NBC Universal

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