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« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
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dimanche 8 novembre 2020

John Wayne (1907-1979)

John Wayne (1907-1979) était un acteur, réalisateur et producteur conservateur, patriote, américain surnommé « The Duke » (« Le Duc »). De sa filmographie impressionnante, émergent les westerns de John FordLa Chevauchée fantastique (1939), Le Massacre de Fort Apache et Le Fils du désert (1948), La Charge héroïque (1949), Rio Grande (1950), La Prisonnière du désert (1956), L'Homme qui tua Liberty Valance (1962) - et Howard Hawks : La Rivière rouge (1948), Rio Bravo (1959), El Dorado (1966) et Rio Lobo (1970). Arte diffusera le 8 novembre 2020 « Rio Lobo » de Howard Hawks, puis « John Wayne - L'Amérique à tout prix » (John Wayne - Amerika um jeden Preis) de Jean-Baptiste Péretié.


« J'ai joué John Wayne dans tous mes films et ça m'a plutôt pas mal réussi », a déclaré avec ironie, et modestie, John Wayne  (1907-1979) né Marion Robert Morrison et surnommé « The Duke » (« Le Duc »).

Du cinéma muet au parlant, sa carrière dure un demi-siècle. Peu de comédies romantiques - L'Homme tranquille (1952) de John Ford avec Maureen O'Hara - ou policières, des films de guerre (The Longest Day, 1962), et des nombreux westerns où il a campé une figure de cow-boy, shérif ou bandit, solide et complexe : La Chevauchée fantastique (1939), Le Massacre de Fort Apache et Le Fils du désert (1948), La Charge héroïque (She Wore a Yellow Ribbon, 1949) - la scène où le capitaine Nathan Brittles, peu avant sa retraite, se recueille devant la tombe de son épouse est bouleversante -, Rio Grande (1950), La Prisonnière du désert (The Searchers, 1956) - dans la scène finale, en hommage à Harry Carey, John Wayne s'éloigne d'Olive Carey et tient son épaule droite avec sa main gauche, imitant un geste effectué par Carey dans de nombreux films. Selon Wayne, l'actrice et veuve de la star du muet ont pleuré après avoir tourné cette scène -,  Les Cavaliers (1959), L'Homme qui tua Liberty Valance (1962) de son mentor John Ford, et La Rivière rouge (1948), Rio Bravo (1959), El Dorado (1966) et Rio Lobo (1970) de Howard Hawks. 

Le grand regret de ce patriote, père de famille nombreuse, est de n’avoir pas pu combattre lors de la Deuxième Guerre mondiale.

En 1936, John Wayne a voté pour le Président Franklin D. Roosevelt, et a ensuite exprimé son admirateur pour son successeur Harry S. Truman. Farouchement anti-communiste en particulier durant la Guerre Froide et l'action de la Commission des activités anti-américaines de la Chambre des Représentants -, dirigeant de la Motion Picture Alliance for the Preservation of American Ideals, conservateur, il a réalisé et produit Alamo (1960) et The Green Berets (1968). En 1966 et 1970, il a soutenu Ronald Reagan lors de ses campagnes pour le poste de gouverneur de Californie.

"Le célèbre photographe de célébrités Philip Stern, qui a photographié Louis Armstrong, Lauren Bacall, Count Basie, Humphrey Bogart, Marlon Brando, James Dean, Marilyn Monroe et Frank Sinatra pour Life, Look, Vanity Fair et d'autres magazines illustrés, a rappelé une anecdote sur John Wayne : "A plusieurs reprises, quand nous étions tous les deux un peu saouls, je l'ai traité de "fasciste de Néandertal". Il me traitait de "bolchevik lanceur de bombes". Nous étions, en effet, un drôle de couple", a écrit Seth Rogovoy dans son article "John Wayne certainly had a racist history — does he have a Jewish one?" (Forward, 29 juin 2020).

Et Seth Rogovoy de poursuivre : "Wayne a sans aucun doute travaillé avec des dizaines de Juifs - écrivains, réalisateurs, producteurs, acteurs - et il n'a pas laissé le souvenir d'être antisémite. En fait, Wayne a joué un rôle déterminant en 1966 dans le projet cinématographique "Cast a Giant Shadow", une superproduction pro-israélienne. Le scénariste et producteur juif américain Mel Shavelson avait essayé de faire un film d'après l'histoire du colonel de réserve David "Mickey" Marcus, qui a terminé commandant d'unités des Forces de défense israéliennes naissantes pendant la guerre arabo-israélienne de 1948. Mais il s'est heurté à des refus, y compris de directeurs de studios, dont beaucoup étaient eux-mêmes juifs, réticents envers un film aussi ouvertement juif (malgré le succès de son prédécesseur, l'épopée sioniste "Exodus" [d'Otto Preminger], sorti en 1960). Shavelson a demandé à Wayne de rejoindre la distribution dans le rôle du général américain Mike Randolph. Avec l'accord de Wayne, le film porterait l'imprimatur de la star de cinéma américaine. C'est Wayne qui a ensuite fait appel à Kirk Douglas pour jouer le rôle de Marcus, et à partir de là, ils ont réussi à attirer Frank Sinatra, Yul Brynner et Angie Dickinson au sein de l'équipe. Le financement et la distribution par United Artists n'ont pas tardé à suivre. Wayne a expliqué à son biographe, Michael Munn, "Je voulais rappeler au monde comment nous avons aidé ce petit pays, Israël, à obtenir son indépendance et que c'est un officier de l'armée américaine qui a donné sa vie pour cela".

Cast a Giant Shadow
(L'Ombre d'un géant, 1966) de Melville Shavelson est, aux côtés d'Exodus (1960) d'Otto Preminger, l'un des films hollywoodiens les plus marquants sur la fondation d'Israël. Il s'intéresse moins aux particularités des étapes naissantes du conflit israélo-arabe, et fonctionne plutôt comme une approbation sans réserve de l'interventionnisme militaire américain dans les conflits étrangers à un moment où les États-Unis intensifiaient de façon spectaculaire leur présence militaire au Vietnam. Le film se positionne comme le deuxième volet d'une trilogie non officielle de cinéma pro-interventionniste ouvertement propagandiste produite par la société de production Batjac de John Wayne dans les années 1960, aux côtés de The Alamo (1960), le premier film de Wayne en tant que réalisateur, et du film pro-Vietnam War, notoirement jingoïste, The Green Berets (1968). Israël a permis à Wayne de mettre efficacement son art au service de ses convictions politiques", a analysé Rodney Wallis.

A titre posthume, John Wayne a reçu la Presidential Medal of Freedom, la plus haute distinction civile américaine.

Vague du "woke" (conscience face à l'injustice, au racisme) et de la "cancel culture" ? En juin 2020, le parti démocrate du comté Orange (Californie) a demandé que l'aéroport John Wayne soit débaptisé, et que la statue de la star soit enlevée. Il a allégué des propos racistes, anti-Afroaméricains qu'aurait tenus l'acteur à Playboy en 1971.

Extraits :
"Avec beaucoup de Noirs, il y a beaucoup de ressentiment et de dissidence, et peut-être même à juste titre. Mais nous ne pouvons pas tout d’un coup nous mettre à genoux et tout remettre entre les mains des dirigeants noirs. Je crois en la suprématie des Blancs tant que les Noirs ne sont pas éduqués jusqu’à un certain point à la responsabilité. Je ne crois pas qu’il faille donner l’autorité et des postes de direction et de jugement à des personnes irresponsables... Je ne me sens pas coupable du fait qu’il y a cinq ou dix générations, ces gens étaient des esclaves. Maintenant, je ne cautionne pas l’esclavage"

Le 29 juin 2020, le Président Donald Trump a twitté sur cette "stupidité incroyable".

Réponses de Jean-Patrick Grumberg pour Dreuz :
"John Wayne a fait ce commentaire à propos d’une communiste [Angela Davis, Ndlr]. Comprenons bien qu’aux Etats-Unis, on savait à l’époque que le communisme, c’était comme le nazisme. Un communiste, c’est un nazi et rien d’autre : il soumet les autres à son idéologie par la force et la terreur, et la mort est la réponse à toute désobéissance.
Wayne explique que la souffrance des Noirs à cause de l’esclavage est légitime, mais « nous ne pouvons pas tout d’un coup nous mettre à genoux et tout remettre entre les mains des dirigeants noirs ». A ce titre, il reflète la majorité écrasante de la population américaine, qui ne croit pas à l’idée de réparations.
Lorsqu’il dit : « Je ne crois pas qu’il faille donner l’autorité et des postes de direction et de jugement à des personnes irresponsables », il parle d’une communiste, comment ne pas applaudir. Regardez comment les syndicats communistes ont miné l’industrie française. Regardez le désastre du Venezuela ou de la Corée du Nord, ou de la Chine où les gens crevaient de faim avant qu’elle adopte une économie capitaliste.
Sur la discrimination positive : « À quoi bon inscrire quelqu’un dans une classe d’algèbre ou de calcul supérieur s’il n’a pas appris à compter ? » Rien à redire, l’argument est solide, et d’avoir mis en place une discrimination positive a en partie plombé la jeunesse noire.
Sur l’esclavage et les réparations, là encore, une remarque de pur bon sens : « Je ne me sens pas coupable du fait qu’il y a cinq ou dix générations, ces gens étaient des esclaves. Maintenant, je ne cautionne pas l’esclavage ».
Et encore ceci, résolument politiquement incorrect, mais l’élection d’Obama lui donne raison : « je pense que tout noir qui peut rivaliser avec un blanc aujourd’hui peut obtenir un meilleur résultat qu’un blanc. J’aimerais bien qu’ils me disent où dans le monde ils sont mieux qu’ici en Amérique ».
Sur la parité imposée : « J’ai réalisé deux films et j’ai donné aux Noirs la position qui leur convenait. Si c’est censé être un personnage noir, naturellement j’utilise un acteur noir. Mais je ne vais pas jusqu’à chercher des positions pour eux ».

Le 10 juillet 2020, la USC’s School of Cinematic Arts a annoncé qu'elle allait enlever l'exposition John Wayne après des mois de manifestations hostiles d'étudiants alléguant que John Wayne aurait soutenu les suprémacistes blancs. 

"Le Fils du désert"
"Le Fils du désert"(3 Godfathers) de John Ford (1948) a été écrit par Frank S. Nugent et Laurence Stallings, d'après une nouvelle éponyme de Peter B. Kyne. En 1919, John Ford avait réalisé "Marked Men" d'après ce récit, mais ce film semble avoir disparu. "Trois bandits en cavale dans le désert se retrouvent avec un bébé sur les bras... Nourri de références bibliques, un superbe western de John Ford sur l'amour, l'amitié, l'expiation, le sacrifice et le pardon. Avec John Wayne, très attachant dans un rôle inhabituel."

"Après avoir dévalisé la banque de la petite ville de Welcome en Arizona, trois bandits, Robert, Pedro et William, s'enfuient dans le désert poursuivis par le shérif Perley et ses adjoints. William est blessé et leurs gourdes sont transpercées par les balles. Pour se réapprovisionner en eau, les trois hommes se dirigent vers un tanker sur la voie ferrée, mais Perley les a précédés et ils doivent rebrousser chemin, sans eau. Près d'un puits asséché, ils découvrent une jeune femme sur le point d'accoucher. Son mari, parti chercher du secours, l'a abandonnée dans un chariot. Grâce aux soins de Pedro, le bébé naît, mais la mère, à bout de forces, meurt en confiant son fils aux bandits."

"Loin des chevauchées, des guerres indiennes et des charges de cavalerie, Le fils du désert a tout d’une parabole sur l'amour, l'amitié, l'expiation, le sacrifice et le pardon", écrivait Patrick Brion dans John Ford (Éditions de la Martinière). Remake parlant des Hommes marqués (1919) du même Ford, cette variation humaniste autour du thème des Rois mages est dédiée à l'acteur Harry Carey. Décédé quelques mois avant le tournage, ce dernier tourna une vingtaine de films avec John Ford, dont Les hommes marqués. C'est d'ailleurs son fils, Harry Carey Jr., qui joue à son tour le rôle de William, l'un des trois parrains. Tourné dans la Vallée de la Mort, ce western séduit par ses magnifiques images Technicolor, baignées d'une lumière quasi divine."

Dans "Le Fils du désert (3 Godfathers, 1948), John Ford cinéaste transpose l’épisode biblique de la Nativité dans le désert californien – une grande partie du film fut tournée dans la Vallée de la Mort et le désert Mojave. Trois hors-la-loi en cavale après l’attaque d’une banque découvrent sur leur chemin une femme abandonnée, sur le point d’accoucher. Cette dernière, avant de mourir, leur confiera le bébé. Ce western empreint de religiosité est la deuxième version, sonore et en Technicolor, d’une histoire déjà filmée par Ford en 1919, Marked Men, avec Harry Carey en vedette. John Ford dédie Le Fils du désert à son premier acteur fétiche, mort d’un cancer en 1947. Le plus jeune des nouveaux Rois Mages, aux côtés de John Wayne et Pedro Almendáriz, n’est autre que Harry Carey Jr, qui apparaîtra dans plusieurs films de Ford. Marked Men était lui-même un remake d’une précédente adaptation cinématographique d’une nouvelle de Peter B. Kyne, The Three Godfathers (1916) de Edward LeSaint. Le livre inspirera au moins deux autres longs métrages, Hell’s Heroes (1929) de William Wyler et Three Godfathers (1936) de Richard Boleslawski", analyse Olivier Père.

Et Olivier Père de poursuivre : "Ford illustre cette parabole chrétienne en l’inscrivant dans un paysage naturel sauvage et inhospitalier magnifié par la mise en scène, qui saisit le petit groupe humain perdu dans l’immensité du désert. Les scènes de tempêtes de sable sont impressionnantes. Ford y fait preuve de son habituel génie du cadre. Le mariage entre les nombreuses séquences tournées en extérieurs et certaines où surgissent les artifices théâtraux des décors en studios produit un effet poétique, qui souligne la dimension de fable biblique du film. Le Fils du désert est un film sur la bonté, qui fait l’éloge du don de soi et de l’entraide, et montre trois brigands sur le chemin du sacrifice et de la rédemption. L’imagerie sulpicienne est contrebalancée par l’humour de Ford, son sentimentalisme et son goût pour les personnages truculents et foncièrement sympathiques."

« L’Homme qui tua Liberty Valance » 
« L’Homme qui tua Liberty Valance » (The Man Who Shot Liberty Valance ; Der Mann, der Liberty Valance erschoss) est un film réalisé par John Ford. « Qui viendra à bout du sanguinaire Liberty Valance » dans ce Wild West ? « Quand John Ford revisite la légende de la conquête de l'Ouest, il réalise un chef-d’œuvre du western. Avec John Wayne en héros très discret, James Stewart, Lee Marvin et Vera Miles ».

« Après des années d’absence, le sénateur Stoddard et son épouse arrivent dans la petite gare de Shinbone. Intrigués, les journalistes locaux interrogent l’homme politique sur ce retour. Pressé de questions, celui-ci finit par tout raconter : au temps de la diligence, quand il n’était encore qu’un jeune avocat, il s’est fait dévaliser par Liberty Valance… »

 « On est dans l'Ouest ici. Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende." (« This is the West, sir. When the legend becomes fact, print the legend »). Cette réplique en forme d'aveu résume l’état d’esprit de John Ford, alors dans le dernier tournant de sa carrière  ».

 « Mais elle entame à peine le mythe de la conquête de l’Ouest tel qu'il l'a lui-même forgé » et du cow boy voué à la solitude et à l'oubli de l'Histoire.

 « Car si le cow-boy Doniphon, aussi vif pour dégainer que malchanceux en amour, tire sa révérence et laisse sa place à Stoddard, le frêle politicien, tous deux auront finalement contribué à briser la loi du plus fort. L'homme qui tua Liberty Valance raconte avec force le long cheminement d’une contrée sauvage vers la démocratie, à travers un triangle amoureux et une série d’affrontements ».

« La tendresse que Ford éprouve pour Tom, le héros oublié, joué par son acteur fétiche, un John Wayne à la prestance décontractée, avec un rien de mélancolie dans les yeux, rend le film très attachant »

Une réflexion cinématographique sur les apparences, sur les paradoxes entre réalité/Histoire et mensonge/mythe, sur l'amitié et l'amour, sur la fidélité, sur la victoire du droit par la force, sur l'emprisonnement dans un mythe, sur la presse - quatrième pouvoir - et l'archétype du journaliste honnête qui ose dénoncer les puissants malhonnêtes, sur le passage tumultueux de l'ère des Cattlemen vers la civilisation des Homesteaders dans un Etat en formation.

Un chef d’œuvre, à la structure très habile en flash backs, au regard parfois désenchanté, bouleversant, aux répliques cultes.

En 2007, ce film en noir et blanc a été inscrit pour le préserver sur la liste du National Film Registry de la Library of Congress car il est "culturellement, historiquement, ou esthétiquement significatif".

« Rio Lobo »
Arte diffusera le 8 novembre 2020 « Rio Lobo
 » de Howard Hawks (1970) avec John Wayne (Colonel Cord McNally), Jorge Rivero (Capitaine Pierre Cordona), Jennifer O'Neill (Georgina Delaney).

« Après la guerre de Sécession, un colonel yankee et un capitaine confédéré s’allient pour libérer de son tyran une bourgade du Sud... Dernière œuvre de Howard Hawks, "Rio Lobo" réunit, comme un adieu du maître au genre, tous les ingrédients de ses célèbres westerns, notamment ceux, de "Rio Bravo" à "El Dorado", tournés avec John Wayne, acteur fétiche qu’il retrouve ici vieilli, tout comme lui. »

« Après s’être affrontés à la loyale pendant la guerre de Sécession, le colonel yankee Cord McNally et le capitaine sudiste franco-mexicain Pierre Cordona se sont liés d’amitié. Quand une jolie veuve impétueuse leur annonce qu’un potentat local fait régner la terreur sur Rio Lobo, une bourgade du Sud où vit l’ancien adjoint de Cordona avec son vieux père fermier, ils décident de libérer la ville, flanqués de la Calamity Jane résolue. À leur arrivée, Cord McNally découvre que le tyran n’est autre que l’officier qui l’a trahi pendant le conflit ».

 « Dernière œuvre de Howard Hawks, Rio Lobo réunit, comme un adieu du maître au genre, tous les ingrédients de ses célèbres westerns, notamment ceux, de Rio Bravo à El Dorado, tournés avec John Wayne, acteur fétiche qu’il retrouve ici vieilli, tout comme lui ».

« C’est peut-être cet ultime tour de piste en miroir du duo qui donne au film, introduit par un classieux solo de guitare, son charme et son émotion teintée de nostalgie ». 

« Car le cinéaste y décline une fois encore tout son art : les attaques de train en Technicolor, la complicité des anciens ennemis aux valeurs partagées, l’idylle glamour autour du feu − entre le beau capitaine Cordona (l’acteur mexicain Jorge Rivero) et l’indomptable Shasta (Jennifer O’Neill, parfaite pétroleuse) –, le vieux lascar alcoolique au grand cœur et à la gâchette facile et, bien sûr, la brute épaisse sans foi ni loi ». 

« Et si l’épopée, ode à l’amitié virile et à la transmission entre générations, paraît traversée de machisme, les femmes s’y insurgent tête haute contre le statut imposé par les hommes, combattantes intrépides qui rivalisent avec eux de courage et d’esprit ». 

« À l’aube des seventies, Hawks passe le relais ». 

Arte diffuse sur son site Internet "Rio Lobo" de Howard Hawks - Un regard, une minute » ("Rio Lobo" von Howard Hawks - Ein Film, eine Minute). « Rio Lobo est un western crépusculaire. C'est le dernier film du vétéran Howard Hawks réalisé en 1970. Rio Lobo joue sur cette même idée de petites villes de l'ouest sauvage, où le bien doit triompher de l'ombre. Face à un John Wayne vieillissant qui se fait vanner pour ses kilos en trop, les femmes donnent le tempo en surgissant soudainement ». 

« John Wayne - L'Amérique à tout prix »
Arte diffusera le 8 novembre 2020 « John Wayne - L'Amérique à tout prix » (John Wayne - Amerika um jeden Preis), documentaire de Jean-Baptiste Péretié.

« Incarnation même de la légende de l'Ouest, John Wayne a porté haut les valeurs de l’Amérique. Mais comment l’acteur a-t-il revêtu le lourd uniforme du héros qu'il n'était pas ? Un formidable portrait du "Duke" signé Jean-Baptiste Péretié. »

« C’est l’histoire d’un rêve américain, celui d’un acteur incertain, né en 1907, qui gravit un à un les échelons pour se hisser durablement au firmament d’Hollywood ». 

« Marion Morrison, qui se fait appeler "Duke", passe le balai sur les plateaux quand John Ford le repère ». 

« Grâce à ce mentor, sévère figure paternelle, ce colosse maladroit aux yeux clairs, qui enchaîne les westerns fauchés pendant une décennie, finit par imposer son double de cinéma ». 

« L’indomptable John Wayne promène alors sa démarche chaloupée et son jeu nuancé au fil d’une impressionnante filmographie – de La chevauchée fantastique à Rio Bravo –, jusqu’à se fondre avec la légende même de l'Ouest ». 

« Mais alors que d’autres stars s’engagent lors de la Seconde Guerre mondiale, lui renonce, profitant d’opportunités de rôles qui le propulsent bientôt au zénith de la popularité ». 

« Une dérobade qui restera comme une douleur lancinante et qu’il tentera d’effacer en professant un ferme patriotisme, jusqu’à l’obsession ». 

« Inlassable soldat héroïque à l’écran (d’Iwo Jima aux Bérets verts qu’il réalise et produit) et zélé serviteur du maccarthysme pendant la guerre froide, John Wayne, figure mythique, a porté haut l'Amérique et ses valeurs, dans des postures ultraconservatrices ». 

« Une idéologie en rupture avec les idéaux de la jeunesse de l’époque : le héros, archétype du mâle viril et fier propagandiste de la guerre du Viêtnam, a vieilli ».

« Au fil de témoignages de proches et d’extraits de films minutieusement choisis, Jean-Baptiste Péretié signe un passionnant portrait politique du charismatique acteur, dévoilant, derrière le monument John Wayne, les fêlures du "Duke".

« Si le film ne ménage pas la star en proie à un aveuglement patriotique, le lonely cowboy hanté par le remords touche, comme son attachement filial à John Ford, qui lui offrira le rôle de L’homme tranquille qu’il n’était pas ». 

« Quarante ans après sa mort, le parcours, entre gloire et culpabilité, d’un géant hollywoodien qui livrera avec panache sa dernière bataille contre le cancer ». 


"Le Fils du désert" de John Ford

Etats-Unis, 1948
Image : Winton C. Hoch, Charles P. Boyle
Montage : Jack Murray
Musique : Richard Hageman
Production : Argosy,
Producteur/-trice : John Ford, Merian C. Cooper
Réalisation : John Ford
Scénario : Laurence Stallings, Frank S. Nugent, Avec John Wayne, Pedro Armendáriz, Harry Carey Jr., Ward Bond, Mae Marsh, Mildred Natwick, Charles Halton, Hank Worden, Jane Darwell, Guy Kibbee

« L’Homme qui tua Liberty Valance » par John Ford
Paramount Pictures, John Ford Productions, 1962
Auteur : Dorothy M. Johnson
Image : William H. Clothier
Montage : Otho Lovering
Musique : Cyril J. Mockridge, Alfred Newman
Producteur/-trice : Willis Goldbeck
Scénario : James Warner Bellah, Willis Goldbeck
Avec  James Stewart, John Wayne, Lee Marvin, Vera Miles, Edmond O'Brien, Andy Devine
Visuels : © Paramount Pictures
Sur Arte les 5 juin à 20 h 50 et 26 juin 2017 à 13 h 35, 17 mars 2019 à 20 h 50, 27 mars 2019 à 13 h 35
Visuels 
"Qui viendra à bout du sanguinaire Liberty Valance ? Quand John Ford, le maître du western, met en scène le déclin du genre qui a fait sa gloire. Avec John Wayne en héros très discret".
© Paramount Pictures

« Rio Lobo » de Howard Hawks
Etats-Unis, 1970
Scénario : Burton Wohl, Leigh Brackett
Production : Batjac Productions, Cinema Center 100 Productions Malabar
Producteur : Howard Hawks
Image : Wiiliam H. Clothier
Montage : John Woodcock
Musique : Jerry Goldsmith
Avec John Wayne (Colonel Cord McNally), Jorge Rivero (Capitaine Pierre Cordona), Jennifer O'Neill (Georgina Delaney), Jack Elam (Phillips), Christopher Mitchum (Sergent Tuscarora Phillips), Victor French (Ketcham), Sherry Lansing (Amelita)
Sur Arte le 8 novembre 2020 à 20 h 55
Visuels : © ARD/Degeto
John Wayne sur le tournage du film " The Big Trail, 1941
© PictureLux / The Hollywood Ar

Picture Goer 1939

Movie Story 1946

Cinemonde septembre 1951

France, 2020
Disponible du 01/11/2020 au 30/11/2020

« John Wayne - L'Amérique à tout prix » de Jean-Baptiste Péretié
France, 2018, 53 min
Sur Arte le 8 novembre 2020 à 22 h 45
Disponible du 01/11/2020 au 14/11/2020

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Les citations sont d'Arte.

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