vendredi 17 mars 2017

Sigalit Landau-Miqlat (Abri)


Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme présente l’exposition Sigalit Landau-Miqlat (Abri, Shelter). Il y montre deux œuvres de cette artiste israélienne : une sculpture monumentale en bronze dans la cour d’honneur de l’hôtel de Saint-Aignan, et un film, I Wanted Better for Her – Not Worse (2016).

"Ici", "Jérusalem plomb durci" et "J'ai soif"
Pluriel. Regards sur l’art contemporain israélien 2012
Sigalit Landau-Miqlat (Abri)

Née en 1969, Sigalit Landau « a étudié à l'école des Beaux-Arts Bezalel (Jérusalem) et la Cooper Union School of Art and Design (New York) ». 

Elle « est l’une des personnalités les plus importantes de la scène artistique israélienne. Depuis ses premières réalisations dans les années 1990, elle s’est affirmée comme une figure radicale, se confrontant aux événements qui secouent son pays, explorant à travers une oeuvre protéiforme les notions de frontière, de mémoire, d’identité ou de contrôle. Les vidéos, sculptures, performances qui jalonnent son parcours font de chacun un témoin des tensions de l’Histoire, en s’inscrivant dans le corps et les gestes des visiteurs ». 

« Bénéficiant d’une reconnaissance internationale, elle a représenté Israël lors de la Biennale internationale d’art contemporain de Venise en 2011 ». 

Ses œuvres ont été acquises par de prestigieuses institutions publiques : Centre Pompidou à Paris, Kunstmuseum Kloster unser lieben Frauen, Magdeburg, en Allemagne, Museum of Modern Art à New York, Museo de Arte contemporáneo de Castilla y León en Espagne...

Là-bas et Ici
Au printemps-été 2012, la commissaire Marie Shek a conçu deux expositions « en parallèle » : Là-bas, à la Maison européenne de la photographie et Ici à la galerie Michel Rein (5 juin-28 juillet 2012). Paradoxe : Ici vise à « montrer des « ailleurs » construits par les artistes ».

Dans ces deux espaces, il s’agit de montrer des vidéos d’artistes israéliens : Nira Peleg (67 Bows, 2006), Sigalit Landau (Azkelon, 2011), Nir Evron (A Free Moment, 2011), Rona Yefman (Pippi Longstocking, 2008), Yael Bartana (Trembling Time, 2001), Talya Keinan (Last Watch, 2010), Tom Pnini (Volcano Demo, 2009), Daniel Landau (Not Very Nice People, 2010), Tamir Zadok (Gaza Canal, 2010) à la MEP ; Maayan Amir & Ruti Sela, Joseph Dadoune (Ofakim), Nir Evron, Raafat Hattab (Bidun), Nira Pereg (G-spotting), Public Movement créé par Omer Krieger et Dana Yahalomi en 2006 (Promotional Video) - six vidéos d’artistes israéliens sur « l’espace » - à la  galerie Michel Rein pour Ici, exposition politique et problématique.

On peine à comprendre le choix des vidéos dans l’une ou l’autre exposition.

Quant à l’art, il est souvent occulté ou teinté par un parti pris politique partial.

De manière surprenante, cette exposition est soutenue par la Fondation Entreprise Ricard et promue, comme celle du MEP, par l’ambassade d’Israël en France. De nombreux artistes israéliens n’ayant pas l’heur d’être cités par cette ambassade, on peut s’interroger sur les critères de sélection de manifestations artistiques par cette représentation diplomatique problématique.

J'avais interrogé la Ville de Paris et la MEP sur la légalité de soutenir par des fonds publics cette exposition partiale Là-bas et sur la nécessité de respecter le principe de neutralité d'un service public culturel. J'avais également contacté la Fondation Entreprise Ricard et la galerie Michel Rein. En vains.

Pluriel. Regards sur l’art contemporain israélien 2012
La Villa Emerige a présenté l’exposition éponyme Pluriel. Regards sur l’art contemporain israélien 2012 problématique. 

Quinze artistes israéliens – peintres, vidéastes, photographes, sculpteurs, etc. – présentent leurs œuvres, dont certains s’apparentent plus à de quasi-manifestes politiques biaisés et hostiles à l’Etat d’Israël qu’à des œuvres artistiques, et reflètent un mal-être identitaire malsain. 

Bénéficiant de partenaires prestigieux – Mairie de Paris et services culturels de l’ambassade d’Israël en France -, cette exposition choquante et partiale est annoncée dans des médias français Juifs et AkademScope, soutenu par le Fonds social juif unifié (FSJU) et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah (FMS). Comme si les expositions anti-israéliennes en France ne causaient pas assez de dommages à Israël et aux Juifs français.

Sigalit Landau a représenté Israël à la biennale de Venise 2011 sous le commissariat de Jean de Loisy.

Membre de plusieurs comités d’acquisitions de grands musées, dont celui du Musée national d’art moderne-Georges Pompidou ou le comité d’acquisitions d’art contemporain israélien du musée d’Israël à Jérusalem, Nathalie Mamane-Cohen déclare : « Sigalit Landau, qui jouit d’une carrière internationale mais qui vit plus de la moitié de son temps en Israël, a réalisé une vidéo, appartenant aujourd’hui au Centre Pompidou, où elle fait du Hoola Hoop avec un cerceau en fil de fer barbelé qui l’auto-flagelle sur la plage de Tel-Aviv. Le sel est également l’un de ses matériaux de prédilection pour ses sculptures : il fait référence à la mer Morte, à la culture biblique, à un ancrage dans la région ».

Commentaire du blog Lunettes rouges : « Sur une plage, l'artiste nue fait du Hula hoop avec un cerceau en fil de fer barbelé. Les barbes sont tournées vers l'extérieur, mais sa chair est blessée, maquillage ou réalité : c'est son giron, sa féminité, la partie de son corps faite pour engendrer, pour donner la vie, qui est blessée. Elle continue à danser, énergiquement, douloureusement jusqu'à l'épuisement... Aucun discours politique, aucun article ne peut aussi bien retranscrire la tragédie d'Israël aujourd'hui : barbelés conçus pour défendre, mais qui attaquent l'essence même du corps qu'on veut protéger, dans son sein, dans sa capacité à créer son futur ».

Arte
Arte diffusa le 26 octobre à 1 h 30 Arte Video Night 6 : "Pour la sixième année consécutive, ARTE célèbre l’art vidéo. Animée par la journaliste Agnès Olier, la sixième édition d'"ARTE Video Night" se décline en neuf thèmes, et donne, notamment, un coup de projecteur sur la création israélienne. Les commissaires artistiques Dominique Goutard et Jean-Luc Monterosso ont sélectionné 70 créations courtes, sans paroles, poétiques ou politiques, drôles ou tragiques, parfois déroutantes, toujours engagées. Plus de soixante-dix œuvres inédites sont à l’antenne, dans la nuit du samedi 25 octobre, puis sur ARTE Creative, la plate-forme de la chaîne dédiée à la création visuelle et numérique. Une nouvelle présentatrice, Agnès Olier, musicienne, journaliste à France Inter et à France Culture, nous guide tout au long de cette incursion noctambule dans l'art vidéo. Celle-ci se découpe en neuf thèmes : "Bizarre...", "Enfermement", "Elle & lui", "Bruits de fond", "Cas d’école", "Vu d’Israël" (avec, en vedette, l’artiste Sigalit Landau), "Rêves de formes", "Back to the city", "Résistance".

Sotheby's
Des œuvres de Sigalit Landau - un DVD de sa vidéo DeadSee - et d'Adi Nes - un tirage d'une photographie de sa série Soldats (1999) inspirée du dernier repas de Jésus de Nazareth représenté notamment dans La Cène de Léonard de Vinci ont été acquises, respectivement pour 125 000 $ et 377 000 $ - lors d'une vente aux enchères à Sotheby's (New York), le 17 décembre 2013.

La mer Morte
Sigalit Landau « est très engagée sur le thème de l’eau et particulièrement de la mer Morte ».

L'une de ses œuvres est une robe noire - "une réplique de la robe hassidique traditionnelle portée par le personnage Leah dans la pièce de théâtre yiddish « Le Dibbouk » - plongée dans la mer Morte, et qui au terme de deux mois, se transforme, sous l'érosion du sel, en vêtement blanc, brillant. 

Sigalit Landau a photographié cette robe à diverses étapes de cette métamorphose. 

Les "eaux riches en sel de mer ont cristallisé la robe, transformant un « symbole associé à la mort et à la folie en une robe de mariage qu’elle était toujours été destinée à être », a déclaré cette artiste lors de l'exposition en 2016 des photographies au musée contemporain Marlborough à Londres.

MAHJ
Le MAHJ montre deux œuvres de cette artiste israélienne : une sculpture monumentale en bronze dans la cour d’honneur de l’hôtel de Saint-Aignan, et un film, I Wanted Better for Her – Not Worse (2016).

Pour la première fois à Paris, Sigalit Landau montre Miqlat (Abri). Cette « sculpture monumentale en bronze a été créée en 2012 à partir du moulage de la bouche d’accès et de l’escalier d'un abri antiaérien situé au sud de Tel-Aviv ». 

Un « escalier étroit, escarpé, censé mener à un espace protégé. En prenant l'empreinte de cet élément pour le mettre au jour, l’artiste souligne avec ironie et poésie la fragilité du sentiment de sécurité. L’espace où se trouve le visiteur, en contrebas de l’escalier, pourrait être considéré comme celui de l’abri. Loin d’apaiser le visiteur, ce constat au contraire l’interroge : où se trouvent, dès lors, l’extérieur et la liberté ? D’en bas, l’escalier menant vers le vide devient une projection métaphorique, indiquant que l’issue demeure toujours inaccessible ». 

Ou le symbole du néant où aboutit un art politisé exprimant parfois la haine de soi.

Le commissariat de l’exposition est assuré par Fanny Schulmann, et l’éclairage par Franck Thévenon, avec le concours du mécénat de Concept Light.

Curieusement, le dossier de presse du MahJ omet de mentionner les expositions Là-bas et Ici ainsi que Pluriel. Regards sur l’art contemporain israélien 2012. 

Chevalier des arts et lettres
En Israël, Hélène Le Gal, ambassadrice de France en Israël, a remis le 9 mars 2017 les insignes de Chevalier des Arts et Lettres à Sigalit Landau.

Colloque des intellectuels juifs de langue française
Lors du Colloque des intellectuels juifs de langue française (19-20 mars 2017) consacré à la montée des violences, sera projeté le 19 mars 2017, dans le cadre de la session parallèle Femmes et violences la "vidéo artistique Sigalit Landau "Barbed Hula". Le modérateur en est Pierre Benghozi, et les orateurs : Catherine Chalier, Delphine Horvilleur, Julia Kristeva, Liliane Vana. 

D'autres artistes invités sont israéliens. Pourquoi le choix de ces artistes israéliens, et non d'artistes français juifs ?

CITATIONS

À l’intention de ceux qui voudraient émigrer : Miqlat (Abri)
par Moshe Ninio

"Miqlat (Abri) est la fonte en bronze grandeur nature du moulage d’un vestige architectural: la descente d’accès à un abri anti-aérien à Tel Aviv, dont la construction a été interrompue et qui a été abandonné, comme une verrue urbaine.
L’empreinte a été prise in situ, en deux parties distinctes, supérieure et inférieure, soudées en une seule masse formant un trou béant. Le résultat est une structure tridimensionnelle qui dégage une sensation à la fois menaçante et rassurante. Les deux niveaux sont exposés simultanément, comme dans un trompe-l’oeil de M. C. 
Escher (Sigalit Landau est avant tout une productrice-visionnaire de puissantes performances visuelles). Cette sculpture non-sculptée, qui n’a pas subi de modification esthétique, est simplement présentée comme une trouvaille extraite de contexte et sublimée par le matériau. C’est une enveloppe, celle d’une ouverture gradinée, telle une doline . Ce qui n’est presque jamais visible dans les sculptures en bronze – constituées d’une écorce de matière recouvrant un volume creux – devient ici le cœur du sujet. 
Miqlat est un maillon dans la longue série des œuvres de Sigalit Landau se rattachant au thème du passage et du seuil : ouvertures, trous, orifices, tunnels, antres, seaux à gravats, tuyaux et autres lieux de l’entre-deux. La descente à l’abri est un trait d’union entre deux états existentiels séparés d’à peine quelques pas. 
Dans Abri, l’escalier, à présent totalement visible à la surface, est présenté sur un échafaudage – des béquilles en fer, sans qualité artistique en regard de la « noblesse » du bronze – qui en accentue l’aspect biscornu, l’instabilité et surtout la vulnérabilité. L’accès à l’abri – qui à l’origine mène sous terre, vers ce qui est censé être un refuge collectif en cas de danger (ainsi que vers une brochette de figures symboliques liées à l’espace souterrain) – émerge à la manière d’un dinosaure de l’époque sioniste d’avant 1967, précédant le stade judéo-messianique israélien actuel. On peut ainsi relier Miqlat à une oeuvre évoquant l’époque du sionisme socialiste, dont la disparition est un sujet de lamentation récurrente chez Sigalit Landau : la machine à laver la vaisselle communautaire du kibboutz, dans l’installation Hadar-okhel (Réfectoire, 2008), oeuvre bancale, pleine de cliquetis, tel un rituel fantomatique dont les participants auraient disparu.
Un simple regard rétrospectif permet de constater que l’année 1967 marque la fin du chapitre de l’histoire d’Israël comme État hébreu. Les abris collectifs sont devenus obsolètes au début des années 1990, car la préparation à l’arrière a été réorientée vers la protection individuelle contre les attaques de missiles qui ne laissent pas le temps à la population d’aller s’abriter. La privatisation du service public, avec le passage à une économie néo-libérale, a fait porter la responsabilité de la protection sur le citoyen devenu consommateur, dans son environnement quotidien : l’État s’étant retiré de la construction et de l’entretien des abris publics, la différence entre classes sociales a atteint des degrés extrêmes jusque dans la question de la survie en temps de guerre.
Le titre de travail de Miqlat (oeuvre initialement nommée Soulam Ya ‘aqov (L’échelle de Jacob), une vision d’anges montant et descendant l’échelle), est – doit-on le préciser ? –une métaphore d’« Israël », entité qui revient sous diverses appellations, sarcastiques et poétiques, dans les œuvres de l’artiste : telle The Country (2002), une scène de carnage de la période de la seconde intifada, avec en toile de fond les toits de Tel Aviv, le tout exposé dans une galerie située dans un abri ; telle encore Ha-pitarôn ha-eynsofi (La solution non-finale, 2004), un marais putride auquel on accède par trois canalisations en béton pour les eaux usées. 
Avec Abri, la transformation, en apparence technique, d’une structure existante – un édicule construit dans un matériau vulgaire – en une empreinte de bronze, illustre à elle seule la puissance dramatique de cette verrue urbaine à laquelle, au quotidien, personne ne jette le moindre regard. Elle en fait un mini-monument, confirmant et infirmant à la fois son rôle. Au-delà de sa présence matérielle, l’édicule ainsi sorti de son contexte, acquiert une qualité archaïque, dans la mesure où le bronze révèle, par la volonté de l’artiste, la patine du temps… Dans la conception traditionnelle de la sculpture occidentale depuis la Renaissance, il s’agirait d’une masse qui, lourde en apparence, aspire à une forme d’élévation. Mais ici, c’est une forme grossière qui – à l’instar des figures de la mélancolie du temps perdu de Salvador Dalí – s’appuie sur des béquilles sans lesquelles elle s’écroulerait : la sensation du danger, déviée de sa fonction d’origine, est tout entière contenue dans le rapport entre le poids ressenti par l’oeil du spectateur et la forme prête à s’écrouler. S’y ajoute un visuel trait de génie présent dans le pathos sarcastique propre à Sigalit Landau : vue de côté, la « sculpture » peut être perçue comme une rampe d’accès à un avion, autrement dit à l’inverse de la fonction initiale de l’abri, et une solution de sauvetage préférable à long terme.
En ce sens, cette sculpture peut évoquer l’oeuvre la plus iconique du sionisme originel : le monument Ha-arie ha-shoeg (Le lion rugissant, 1934), érigé à la gloire des combattants de Tel Haï en 1920 par Avraham Melnikov (1892-1960), artiste affilié à la branche« révisionniste » du mouvement du mouvement sioniste. Après dix ans de dur travail, à peine sa sculpture héroïque achevée, déçu par le projet sioniste et l’idéologie nationaliste, il abandonna la Palestine pour une modeste carrière académique à Londres.
Miqlat (Abri) fait partie des installations sur le thème du « trou », récurrent dans l’oeuvre de Sigalit Landau, habitée par le désir urgent de s’extraire du marais de Ha-pitarôn ha-eynsofi (La solution non finale) – un désir qui la définit tout autant que les matériaux qu’elle emploie. Cette démarche a aussi fait l’objet d’une performance dans laquelle l’artiste creuse une canalisation à l’aide d’un petit couteau, entre l’espace d’exposition (situé dans un abri anti-aérien) et la plage de Tel Aviv – le point d’Israël le plus rapproché de l’Occident – où elle espère se faire « adopter » par une délégation de conservateurs-chasseurs colonialistes attendus à une quelconque biennale locale, la première en son genre (1994). Dans un autre espace, elle reconstitue la planque nocturne d’ouvriers palestiniens clandestins, dans un chantier – une sculpture-installation formée d’un trou semblable à un vagin évidé à l’aide d’un couteau dans des portes en bois superposées. L’ensemble évoque la violence sexuelle et le viol (Many Scratched Doors, 1994). Ce motif se décline dans le travail de Sigalit Landau en d’innombrables variations, aux côtés d’autres marques d’abus. Il est le centre lyrique de l’image évolutive de I Wanted Better for Her – Not Worse (2016), qui a pour thème le flétrissement accéléré.
Ces deux œuvres des débuts anticipent chez elle l’interférence entre deux thèmes centraux : le corps féminin et le territoire – une région aux frontières diffuses, connue aujourd’hui sous le nom d’« Israël », et évoquant une entité féminine, avec, au milieu, la mer Morte, vagin mortifère entouré de dolines, ressource pour la production d’une longue suite de objets « salés ».
Depuis vingt ans, son travail cherche à figurer au plus près la pulsion tribale posttraumatique et le fossé séparant la mémoire du traumatisme réel de sa métamorphose en psychose collective, en narcissisme sacrificiel, hermétique aux traumas des autres. Cette interférence se retrouve tout particulièrement dans sa vidéo Hoola-hoop barbelé (2000), qui met en scène le corps de Sigalit Landau et une terre qui l’enserre et la blesse longuement. La vidéo crée un contraste entre la sexualité permise par le sionisme à ses origines et l’enfermement, entre l’horizon de la mer, infini, grand ouvert et le corps meurtri par les barbelés, dans cette version féminisée, giratoire, de la Passion. La même dualité est à l’oeuvre dans Resident Alien (1997), une pièce qui, à de nombreux égards, annonce Miqlat (Abri) : elle simulait dans un espace clos, un voyage minimaliste entre deux ouvertures, l’une, béante, derrière le spectateur, et l’autre, à l’opposé, ménagée à la hâte et, laissant passer un peu d’oxygène par l’orifice de toilettes à la turque renversées. Ce voyage se déroule dans un container analogue à ceux où l’on découvre parfois des corps de réfugiés asphyxiés – un container au sol rouillé, dessinant le paysage rugueux du pays, comme s’il avait été violemment martelé.
Deux décennies plus tard, Miqlat (Abri) n’invite pas au mouvement, mais incite à se résigner à une existence dépourvue d’horizon. Elle évoque surtout l’accès à une grotte funéraire antique, de celles dont foisonne la Terre promise".

Moshe Ninio (né en 1953) est l’artiste lauréat du Prix Maratier 2015 décerné tous les deux ans par la fondation Pro mahJ. Une exposition individuelle, « Lapse », lui a été consacrée au MAHJ. Il "est un grand connaisseur de l’oeuvre de Sigalit Landau, avec laquelle il a souvent travaillé"


Jusqu'au 26 mars 2017
Au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme 
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Tél. : (33) 1 53 01 86 60
Du mardi au vendredi de 11 h à 18 h, samedi et dimanche de 10 h à 18 h

Visuels
Affiche
Sigalit Landau, Miqlat (Abri, 2012), cour d'honneur du mahJ, 2016 - photo Sigalit Landau

The Country, 2002

The Endless Solution, 2005

One Man's Floor is another Man's Feeling, 2011

I Wanted Better for Her – Not Worse


Sigalit Landau, Miqlat (Abri, 2012)
Nuit blanche 2016, mahJ

photo Sigalit Landau

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont extraites du dossier de presse.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire