jeudi 12 janvier 2017

« Carl Lutz, un diplomate en résistance » par Jacques Malaterre


Arte rediffusera le 14 janvier 2017, dans la série de Jacques Malaterre« Les oubliés de l'Histoire » (Vergissmeinnicht), « Carl Lutz, un diplomate en résistance » (Carl Lutz, Retter), par Jacques Malaterre. Diplomate suisse en Hongrie pendant la Deuxième Guerre mondiale, Carl Lutz (1895-1975) « a réussi, au péril de sa vie, à aider soixante-deux mille juifs hongrois à échapper à une mort programmée ». Un Juste parmi les Nations.
La série documentaire « Les oubliés de l'Histoire » propose « une traversée haletante de l’histoire européenne du XXe siècle à travers les destins extraordinaires d’hommes et de femmes étonnamment peu connus du grand public ».

Des Justes parmi les nations ayant sauvé des Juifs à Budapest (Hongrie) lors de la Deuxième Guerre mondiale, on peut citer les noms de Raoul Wallenberg, homme d’affaires et diplomate suédois né en 1912, Per Johan Valentin Anger (1913-2002), secrétaire à l’ambassade de Suède, Károly Szabó (1916-1964), secrétaire-dactylographe à l'ambassade de Suède à l'ambassade de Suède à Budapest, Alberto Carlos de Liz-Texeira Branquinho (1902-1973), diplomate portugais, Carlos de Almeida Fonseca Sampaio Garrido (1883-1960), diplomate portugais, Giorgio Perlasca (1910-1992), fonctionnaire et homme d'affaires italien, Friedrich Born (1903-1963), délégué pour le Comité international de la Croix-Rouge  (CICR) à Budapest, Angelo Rotta (1872-1965), archevêque catholique et diplomate italien – nonce apostolique -, Ángel Sanz Briz (1910-1980), diplomate espagnol...

Vice-consul de la Suisse, pays neutre, en Hongrie (1942-1945), Carl Lutz  (1895-1975) demeure un Juste parmi les Nations méconnu. Ce diplomate et photographe amateur est pourtant l’auteur de la plus grande action pour sauver des Juifs lors de ce conflit international. « Grâce à un travail acharné » pendant des mois « contre la rigidité des autorités de son pays, il réussit, au péril de sa vie, à aider soixante-deux mille juifs hongrois à échapper à une mort programmée ». Environ la moitié de la population juive de Budapest a pu survivre, n’a pas été déportée vers les camps nazis d’extermination.

Budapest
Né en 1895 en Suisse, Carl Lutz  (1895-1975) émigre à l’âge de 18 ans aux Etats-Unis où il réside plus de vingt ans.

Dès 1920, il travaille pour la Légation suisse à Washington et poursuit ses études.

En 1926, il est muté au consulat suisse à Philadelphie, puis à Saint-Louis.

En 1934, il est nommé vice-consul de Suisse à Jaffa (Eretz Israël), alors Palestine sous mandat britannique. Il occupe ce poste jusqu’en 1942, année où il devient vice-consul de Suisse en Hongrie.

Rapidement, il coopère avec l’Agence juive pour la Palestine. Il fabrique des sauf-conduits suisses qui permettent à plus de 10 000 enfants juifs hongrois d’émigrer.

En mars 1944, quand les Allemands envahissent Budapest, capitale de la Hongrie, ils commencent à déporter les Juifs vers les camps nazis d’extermination.

Carl Lutz négocie un accord spécifique avec le gouvernement hongrois et les Nazis. Il obtient l’autorisation d’émettre des lettres de protection pour permettre à 8 000 Juifs hongrois d’émigrer en Palestine mandataire.

Carl Lutz utilise sciemment cette autorisation pour des familles, et non des individus, et fabrique des dizaines de milliers de lettres de protection supplémentaires, en indiquant dans chacune d’elles un nombre compris entre 1 et 8 000.

Il met en place aussi 76 « maisons de sécurité » dans les environs de Budapest, en les déclarant comme annexes de la Légation suisse et échappant donc à l’autorité des forces hongroises et des soldats nazis. Parmi ces « maisons de sécurité », se trouve la célèbre Maison de verre (Üvegház) au 29 de la rue Vadász. Environ trois mille Juifs hongrois ont trouvé refuge dans ce lieu et dans un immeuble dans son voisinage.

Voyant une Juive hongroise blessée par des tirs du Parti des Croix fléchées tomber dans le Danube, Carl Lutz a plongé pour la ramener vers le quai qui, plus tard, sera appelé le quai Carl Lutz. Une fois sur le quai, il a assuré aux officiers hongrois dirigeant ces Croix fléchées que cette femme était sous la protection de la Suisse, l’a emmenée dans sa voiture devant ces soldats médusés.

Carl Lutz poursuit ses efforts avec le soutien de Maximilian Jaeger (1915–1999), ministre suisse qui dirige la mission suisse à Budapest (1936-1944).

Dans les semaines précédant l’entrée de l’Armée rouge à Budapest, Carl Lutz bénéficie de l’aide de Harald Feller qui succède à Jaeger.

Dans ces actions de sauvetage, Trudi Lutz, épouse de Carl Lutz, joue un rôle important.

Après la fin de la guerre, la Suisse critique Carl Lutz en lui reprochant d’avoir excédé ses pouvoirs et mis en danger la neutralité du pays.

En 1958, la Suisse réhabilite Carl Lutz.

En 1963, Haïfa baptise une de ses rues du nom de Carl Lutz.

C’est en 1965 que Yad Vashem remet à Jérusalem le diplôme et la médaille de Juste parmi les Nations à Carl Lutz. Des arbres ont ensuite été plantés.

En 1991, à l’entrée de l’ancien ghetto de Budapest, un mémorial est dévoilé en hommage à Carl Lutz, décédé en 1975.

A Budapest, rue Dobutca, un mémorial lui rend hommage.


« Carl Lutz, un diplomate en résistance », par Jacques Malaterre
France, 27 min
Sur Arte le 14 janvier 2017 à 17 h 15

Visuel : © Les Films du Tambour de soie

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Les citations sont d'Arte.

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