samedi 26 décembre 2015

« Le drapeau américain hissé au sommet de l’île japonaise d’Iwo Jima - Joe Rosenthal »


Arte diffusera le 27 décembre 2015 les 12 volets de la série Pictures for Peace, ces photos entrées dans la légende (Pictures For Peace - Fotos, Die Die Welt Bewegten), de Rémy Burkel. Le 23 février 1945, le photographe américain né de parents juifs Joe Rosenthal (1911-2006), qui couvre la guerre du Pacifique, photographie des soldats américains plantant un drapeau au sommet de l’île japonaise d’Iwo Jima », en signe d’une victoire acquise après de durs combats ». Un cliché qui lui vaut le Prix Pulitzer.

Lors du Summer of Peace en 2015, Arte a proposé Pictures for Peace, La paix au bout de l’objectif, « série documentaire dédiée aux images de guerre ou de paix qui ont marqué notre histoire récente.

« Saisir l'image choc qui fera le tour du monde, pour dénoncer la guerre ou célébrer l'espoir de paix : de la Seconde Guerre mondiale à nos jours, cette série documentaire décrypte les clichés qui ont marqué l'opinion publique et notre histoire récente ».

Willy Brandt à genoux à Varsoviela poignée de main entre Rabin et Arafatla manifestation du 11 janvier 2015 à Paris, la jeune Algérienne pleurant sa famille décimée à Bentalha (Algérie)… : douze modules courts sur des photos entrées dans les consciences ». Une série souvent décevante par les commentaires révélant une incompréhension de la situation politique, « politiquement corrects », etc.

Guerre du Pacifique
Fils d’immigrants juifs russes, Joseph Rosenthal se convertit  au catholicisme lors de sa jeunesse.

Son hobby pour la photographie, il l’exerce comme photographe-reporter en 1932 pour le San Francisco News après avoir obtenu le diplôme de l’Université de San Francisco.

Réformé de l’US Army pour sa vision mauvaise, Joe Rosenthal collabore à l’Associated Press (AP), puis rejoint l’US Maritime Service comme photographe et couvre la guerre du Pacifique parmi l’US Marine Corps.

Le 23 février 1945, après des combats tragiquement éprouvants, des soldats américains plantent le drapeau national sur l’île japonaise d’Iwo Jima durement conquise après cinq jours de combats. Le photographe américain Joe Rosenthal saisit six soldats marquant ainsi leur victoire.

En 1945, il est recruté par le San Francisco Chronicle. Il y collabore jusqu’à sa retraite en 1981.

Pour Joe Rosenthal, sa photographie symbolise l’espoir de victoire né dans le cœur des Américains lors d’une guerre contre un ennemi particulièrement fort.

Oeuvre iconique
L'oeuvre iconique de Joe Rosenthal a été reproduite dans 3,5 millions de posters, 15 000 panneaux d’affichages et 137 millions de timbres. Sans que son auteur en perçoive le moindre bénéfice.

Photographe Juif pour l'Armée rouge, Evgueni Khaldeï (1917-1997) a vu cette photographie de son confrère. Il a souhaité créer le pendant photographique de l'oeuvre de Joe Rosenthal. En avril 1945, il se trouvait dans Berlin vaincue par l'Union soviétique. Staline voulait un cliché représentant la victoire sur le IIIe Reich. Khaldeï "a demandé, quelques jours plus tôt, à Grisha Lioubinsky, l'économe de l'agence Tass, de lui offrir quelques-unes des belles nappes rouges qu'il utilise lors des réunions du Parti", expliquent Pierre Bellemare et Jérôme Equer dans "Histoire secrète des 44 photos qui ont bouleversé le monde". Avec son ami le tailleur Israël Kichitser, Evgueni Khaldeï "a fabriqué dans la nuit trois drapeaux soviétiques. Le plus dur a été de réaliser le marteau et la faucille. Le premier de ses drapeaux fut planté à l'aéroport de Tempelhof où se dresse un aigle gigantesque, symbole du Reich hitlérien. Le deuxième sera érigé au sommet de la porte de Brandebourg, devant le quadrige de Johann Gottfried Schadow, sur lequel trône la déesse de la Victoire". Par manque de recul, Khaldei ne peut pas montrer Berlin. Le troisième et dernier drapeau ? Il est destiné au toit du Reichstag. Ce qui offre une belle vue de la ville, en partie détruite par les combats. Le 30 avril, à 22 h 40, alors que Berlin était encore en proie aux combats, en l'absence de photographe, un drapeau soviétique y avait été installé. Le 1er mai, les Allemands l'avaient enlevé. Le 2 mai, "devant le Reichstag, j'en ai sorti un et les soldats se sont écriés : 'Donnez-nous ce drapeau, on va le planter sur le toit'", a raconté le photographe à "Libération", en 1995. Et d'ajouter : "J'ai demandé à un jeune soldat de le tenir le plus haut possible. Il avait 20 ans, il s'appelait Alexis Kovalev. Je cherchais le bon angle, je lui ai demandé de grimper encore plus haut. Il a répondu "D'accord, mais que quelqu'un me tienne les pieds". Ce qui a été fait. La photo est partie, a plu, etc."

Ce cliché a été sciemment obscurci par son auteur pour en renforcer le caractère dramatique, et donner l'impression que les combats perdurent. En outre, il a été retouché : deux montres entouraient les poignets du soldat, qui tient son camarade brandissant le drapeau soviétique. Pour éviter d'alimenter les rumeurs et récriminations contre les pillages dus aux soldats soviétiques, l'une de ces deux montres a été supprimé de l'oeuvre diffusée.

" En 1995, Visa pour l’Image tombait trois mois après le 50e anniversaire de 1945 et de toutes les commémorations en Normandie, il fallait trouver une idée… J’ai pensé à faire se rencontrer Joe Rosenthal, auteur de la célèbre photo du drapeau d’Iwo Jiwa, avec l’auteur d’une autre photo historique avec un drapeau, celle réalisée par Khaldeï, lors de la prise du Reichstag à Berlin.... La rencontre entre Khaldeï et Rosenthal a été fabuleuse et reste l’un des plus forts moments de l’histoire du Festival. Un jour, ils sont allés tous deux déjeuner à Collioure, avec leurs interprètes respectifs. A
leur retour, visiblement ils avaient adoré les vins du Roussillon, ils riaient comme deux vieux complices. Quand je leur ai demandé pourquoi ils se marraient autant, ils m’ont répondu : « Nous avons réalisé que nous sommes Juifs tous les deux. Tu te rends compte du mal que nous avons fait à Hitler ? », s'est souvenu Jean-François Leroy, directeur du Visa pour l'Image, festival international de photojournalisme à Perpignan.

Au cimetière national d’Arlington, l’United States Marine Corps War Memorial (Iwo Jima Memorial) a été inauguré en 1954. Il est dédié à tous les membres du corps des Marines américains morts en défendant les Etats-Unis depuis 1775. Il est composé principalement d’une statue monumentale représentant cet événement saisi par Joe Rosenthal.

Certains ont allégué que Joe Rosenthal avait mis en scène sa célèbre photographie. Ce qu’a nié l’auteur de la photographie.

Son cliché a vraisemblablement influencé le photographe Thomas E. Franklin quand il a pris le 11 septembre 2001, jour des attentats terroristes islamistes aux Etats-Unis, sa célèbre photo Raising the Flag at Ground Zero où trois pompiers de Brooklyn hissent le drapeau « Stars and Stripes » (étoiles et bandes).

En 2006, Clint Eastwood a réalisé deux films relatant l’histoire de la bataille de Iwo Jima - l'un vu côté américain (Flags of Our Fathers) d'après le livre de James Bradley et Ron Powers, l'autre vécu côté japonais (Letters from Iwo Jima) - et des six soldats américains immortalisés par Joe Rosenthal.


2015
Sur Arte le 27 décembre 2015 à 3 h 35

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